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"Des experts avertissent que les kits d’édition de gènes utilisés à domicile posent un risque pour la société" par GMWatch

Traduction et compléments de Jacques Hallard
samedi 3 décembre 2016 par GM Watch



ISIA²S Génomique

Des experts avertissent que les kits d’édition de gènes utilisés à domicile posent un risque pour la société

L’article d’origine s’intitule « Experts warn home ’gene editing’ kits pose risk to society  »  ; il a été publié le 01 octobre 2016 par GMWatch et il est accessible sur le site : http://gmwatch.org/news/latest-news/17252-experts-warn-home-gene-editing-kits-pose-risk-to-society - Illustration

L’organisme britannique ‘Nuffield Council on Bioethics * a repéré sur le marché des matériels nécessaires, pour effectuer des expériences d’édition génomique, qui sont maintenant disponibles pour les ’bricoleurs scientifiques bossant dans leur garage’, mais il met la pédale douce pour une meilleure réglementation.

* « C’est un organisme de bienfaisance indépendant, basé au Royaume-Uni, qui examine et rend compte des questions de bioéthique soulevées par les nouveaux progrès de la recherche biologique et médicale. Créé en 1991, le Conseil est financé par la Fondation Nuffield, le Medical Research Council et le Wellcome Trust ».Haut du formulaire

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La version courte et accessible du ‘’Nuffield Council’ concernant le rapport de bioéthique sur l’édition génomique note qu’il existe des « préoccupations » au sujet des « scientifiques bricoleurs improvisés » qui font de l’édition génomique en dehors des environnements précisés et réglementés (Voir l’article ci-dessous).

[Articles déjà postés sur le site ISIAS concernant la Génomique :

’Génomique environnementale - Les Cahiers Prospectives CNRS’ par Jacques Hallard, samedi 9 novembre 2013 par Hallard Jacques - français

’Les effets hors-cible de l’édition génomique peuvent-ils être réduits et insignifiants ?’ par GM WATCH, jeudi 5 mai 2016 par GM Watch - français

’L’étonnante biodiversité des écosystèmes microbiens et leurs effets sur la santé’ par Jacques Hallard, samedi 1er août 2015 par Hallard Jacques - français

’L’édition génomique (Genome Editing pour les anglophones) ou « édition du génome avec des nucléases modifiées » quésaco ?’, par Jacques Hallard, jeudi 21 juillet 2016 par Hallard Jacques - français

’Comment l’édition génomique est en train de changer ce à quoi ressemble un animal de laboratoire’ par Bethany Brookshire, dimanche 6 novembre 2016 par Brookshire Bethany - français

Mais le rapport ne contient pas de recommandations claires pour une réglementation plus stricte qui, par exemple, viserait à restreindre ou à interdire la vente des kits pour les destiner aux particuliers, qui sont maintenant disponibles à l’achat sur Internet. Le rapport ne fait qu’une suggestion timide et terne : « les contrôles sur l’accès à certains matériaux, et les politiques pour le suivi et l’enregistrement de la recherche ... ont peut-être besoin d’être améliorés ».

Dans la conclusion qu’il nomme « bexpériences privées menées par des groupes ou des individus dans la population », comme l’une des autres « questions » qui « devraient être maintenues sous examen ».

De toute évidence, si vous avez besoin d’une licence pour posséder une arme à feu, vous devriez avoir aussi une licence pour faire de l’édition génomique. Il ne devrait pas être trop difficile d’organiser les systèmes nécessaires et c’est un moyen de faire de l’argent pour les gouvernements.

Les seules raisons de ne pas renforcer la réglementation dans ce domaine semblent être que :
- Cela pourrait avoir un impact sur les bénéfices des entreprises qui commercialisent des kits d’édition de gènes
- Cela contribuerait à augmenter l’inquiétude du public sur les risques des modifications génétiques à un moment où le gouvernement britannique veut rassurer les gens sur la sécurité des technologies appliquées aux plantes, au bétail, et (de plus en plus) aux êtres humains.

Sans aucun doute, la deuxième raison est considérée comme plus importante que la première.

Les lecteurs de gènes

Le rapport est peu contraignant (il met la pédale douce) sur les lecteurs de gènes [technologie génomique], une technologie très controversée qui permettrait la réduction ou l’éradication permanente et irréversible, d’une espèce sauvage par une modification du génome dans le laboratoire. Bien qu’il mentionne « les craintes au sujet des conséquences inattendues ou involontaires », une mise en évidence plus visible sur la page se rapporte à plusieurs ’applications potentielles’ (sous-entendu positives), y compris le contrôle du paludisme, la conservation de la faune et la réintroduction d’espèces disparues.

Et le rapport ne recommande pas une interdiction sur les lecteurs de gènes ; il préconise seulement que cette technologie devrait être abordée ’avec prudence’.

Les domaines prioritaires pour l’examen éthique

Le rapport recommande deux domaines prioritaires qui nécessitent un examen éthique urgent : la reproduction humaine et animale. Les deux pourraient offrir d’énormes opportunités économiques pour les entreprises opérant dans ce domaine.

Espérons que le Conseil va faire un bon travail en regardant les graves problèmes posés avec les applications du génie génétique aux êtres humains sur la partie héritable du génome, et par la reconstitution de nos animaux d’élevage. Espérons aussi que le Conseil va examiner des solutions de rechange qui ne comportent pas de bricolage génétique.
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« Les experts mettent en garde sur les dispositifs d’édition génomique qui présentent un risque pour la société », Ian Sample, The Guardian, 30 septembre 2016 – Voir l’article en anglais « Experts warn home ’gene editing’ kits pose risk to society ». VoirPhoto.

Selon le rapport de l’organisme ‘Nuffield Council on Bioethics’ : « le faible coût et la simplicité des outils proposés pour modifier le code génétique, signifie que des « bricoleurs scientifiques » ou des amateurs avec une certaine habileté, peuvent désormais effectuer leurs propres expériences, ce qui présente un risque potentiel par une dissémination possible d’évènements génétiquement modifiés (OGM).

Dans un rapport publié vendredi, le ‘Nuffield Council on Bioethics’ a déclaré que la montée en puissance des outils de précision ’d’édition de gènes’ [génomique] a révolutionné la recherche biomédicale au cours des dix dernières années et qu’elle pourrait avoir un impact considérable sur la société humaine.

Mais il a été constaté que les matériaux nécessaires pour réaliser des expériences de base étaient disponibles pour les amateurs, à l’extérieur des milieux universitaires et des laboratoires existants. Cette année, une entreprise a commencé à vendre un kit pour 100 £ à des groupes d’intérêt s’adonnant au bricolage biologique qui leur ont permis de rendre un microbe commun vivant dans le sol,E coli, ou colibacille, de devenir résistant à l’antibiotique streptomycine. Le rapport poursuit en disant que la technologie génétique est devenue si puissante que les nations doivent décider si oui ou non les médecins devraient être amenés à être autorisés, un beau jour, à modifier l’espèce humaine.

Alors que la création de l’homme génétiquement modifié ne se présente pas encore à l’horizon, les risques et les avantages d’une modification du génome d’une personne - et en se rappelant que ces changements pourraient passer aux générations futures -, sont si complexes qu’ils exigent d’urgence un examen éthique, comme l’étude l’a révélé.

« Cela pourrait transformer notre gamme d’attentes et d’ambitions sur la façon dont les humains contrôlent notre monde », a déclaré Andrew Greenfield, un généticien et président du groupe de travail du ‘Nuffield Council’. « Bien que la plupart des utilisations aient été jusqu’à présent contenues dans le domaine de la recherche, les applications potentielles semblent être presque illimitées ».

L’édition du génome est devenue un outil commun dans les laboratoires du monde entier. La technique la plus courante, appelée CRISPR-cas9, fonctionne comme une paire de ciseaux moléculaires. C’est essentiellement une paire d’enzymes qui peuvent être conçues pour trouver et supprimer un brin spécifique de l’ADN dans une cellule, puis le remplacer par un autre nouveau morceau de matériel génétique. La procédure peut être utilisée pour réécrire les lettres simples de code génétique et même des gènes entiers.

Le rapport signale que l’édition des gènes pourrait potentiellement bloquer l’héritage de la fibrose kystique ou mucoviscidose et plus de 4.000 autres pathologies connues et causées par de simples gènes défectueux. Mais la technique peut également conduire à des changements profonds dans les secteurs de l’agriculture, comme le révèle le rapport, où les possibilités d’applications vont des porcs résistants à la peste porcine, aux poulets qui ne donnent naissance qu’à des femelles, et à des vaches sans cornes qui pourraient être logées dans des étables sur des espaces plus petits.

Du fait que la technologie CRISPR-cas9 ne laisse pas de traces dans la viande ni dans d’autres produits d’animaux génétiquement modifiés, celle-ci pourrait se frayer un chemin sur le marché sans étiquetage des produits mis en marché.

Pendant ce temps, la simplicité et le faible coût de la technologie CRISPR-cas9 signifie que désormais des scientifiques amateurs peuvent effectuer leurs propres expériences à la maison.

La modification de la composition génétique d’un embryon humain et la transplantation dans une femme est interdite en Grande-Bretagne, mais il y a des arguments éthiques en faveur de la procédure, comme celui d’empêcher les enfants d’hériter de gènes qui causent des maladies mortelles. Mais si la procédure était autorisée, certains craignent qu’elle puisse ouvrir la porte à ce que le rapport appelle « un eugénisme libéral et consumériste », à travers lequel les enfants seraient modifiés en fonction des préférences de leurs parents.

« Nous avons identifié les applications dans la reproduction humaine comme un domaine qui exige un examen éthique urgent et nous devons examiner attentivement la façon de répondre à cette possibilité dès maintenant, bien avant que les applications ne deviennent un choix pratique », a déclaré Karen Yeung, un professeur de droit au ‘King’s College’ de Londres, et co-auteur du rapport. Les scientifiques ont déjà commencé à modifier les gènes des embryons humains, mais seulement dans le cadre de la recherche fondamentale.

Au début de cette année, des chercheurs travaillant en Chine ont essayé d’ajouter une résistance au VIH à des embryons humains fécondés in vitro qui avaient été fournis pour les recherches scientifiques lorsque les tests avaient permis de les juger non viables. Les expériences n’ont pas atteint leur but, mais elles ont mis en évidence la difficulté avec laquelle la procédure serait susceptible d’être appliquée chez des êtres humains.

En 2015, une autre équipe chinoise est devenue la première au monde à modifier des embryons humains, quand ils ont essayé et échoué, de modifier un gène qui provoque la bêta-thalassémie, une maladie du sang potentiellement mortelle. Encore une fois, le travail a été effectué sur des embryons provenant de la fécondationin vitro (ou FIV, une technique de procréation médicalement assistée et de transfert d’embryons anormaux mis à disposition à des fins de recherche.

Du point de vue purement médical, il y a de bonnes raisons de corriger les gènes défectueux au stade embryonnaire, parce que l’ADN défectueux est alors effacé de toutes les cellules du corps. Le risque survient quand la modification a des conséquences inattendues. Cela pourrait nuire non seulement à l’enfant, mais aussi à sa future progéniture, parce que le gène modifié se retrouverait dans leur sperme ou dans leurs ovules.

À la lumière de ce rapport, le ‘Nuffield Council’ a mis en place deux nouveaux avis pour examiner spécifiquement l’éthique de l’édition des gènes dans la reproduction humaine et animale. Une question importante sera de tracer la ligne sur ce qui est acceptable si la modification génétique est approuvée chez l’homme, en principe. Il peut être moralement acceptable de corriger un gène défectueux qui va certainement passer une maladie mortelle chez un enfant. Mais qu’en est-il d’un gène qui a une probabilité de 10% d’élever le risque de maladie cardiaque ou de la maladie d’Alzheimer de la personne ?

Le rapport note que, dans l’avenir, il pourrait être possible « d’améliorer les gens » avec des gènes provenant d’autres organismes, par exemple pour améliorer la vision de nuit ou vision scotopique et le sens de l’odorat ou olfaction.

« Il est juste que nous reconnaissions où cette nouvelle science peut conduire et que nous puissions explorer les chemins possibles, avant de s’assurer que celle sur laquelle nous nous sommes décidé aujourd’hui est la bonne », a déclaré Yeung.

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Nous conseillons aussi la lecture de nos articles suivants :

’A propos du transhumanisme L’Homme augmenté dans un monde recomposé’, dossier de Jacques Hallard, vendredi 21 octobre 2016 par Hallard Jacques - français

« Humanisons le transhumanisme ! » par Edgar Morin, mercredi 9 novembre 2016 par isias - français

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Traduction, complément entre […] et intégration des liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 03/12/2016

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