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"Pommes de terre génétiquement modifées résistantes au mildiou : qui en a besoin ?" par Dr Eva Novotny

Traduction et compléments de Jacques Hallard
lundi 12 juillet 2010 par Novotny Dr Eva

ISIS OGM
Pommes de terre génétiquement modifées résistantes au mildiou : qui en a besoin ?
GM Blight-resistant Potatoes – Who Needs Them ?
Alors que des chercheurs scientifiques sont en train de gaspiller l’argent des contribuables britanniques pour créer de dangereuses pommes de terre génétiquement modifiées résistantes au mildiou, des variétés résistantes à cette maladie cryptogamique, mais non-OGM, sont déjà sur le marché ; ces dernières ont un faible impact concernant les émissions de carbone et elles répondent tout à fait aux attentes des consommateurs.
Dr Eva Novotny

Rapport de l’ISIS en date du 12/07/2010
L’article original en anglais, avec toutes les références, est intitulé GM Blight-resistant Potatoes – Who Needs Them ; il est accessible par les membres de l’ISIS sur le site suivant : www.i-sis.org.uk/GM_Blight-resistan...
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ISIS-TWN Report. Sustainable World 2nd report. Food Futures Now -*Organic *Sustainable *Fossil Fuel Free. Mae-Wan Ho, Sam Burcher, Lim Li Ching & others

Une nouvelle expérimentation d’organismes génétiquement modifiés (OGM) a commencé en Angleterre [1]. Le laboratoire Sainsbury du Centre John Innes, dans le Norfolk en Grande Bretagne, est en train d’expérimenter une version génétiquement modifiée de la pomme de terre Desiree afin de déterminer si la pomme de terre OGM restera résistante au mildiou, comme elle l’a été au laboratoire.

Le défi pour développer ces pommes de terre a déjà été lancé en 2007 par le géant allemand de la chimie BASF, au sein de sa division Plant Science GmbH, mais leurs essais cessèrent prématurément et sans résultat commercial.
En fait, tous ces efforts sont inutiles, puisque des pommes de terre non-OGM et résistantes au mildiou existent déjà : certaines variétés sont également en circulation, mises en marché et cultivées, et d’autres variétés sont en cours de développement.

  Le mildiou est une maladie grave chez les pommes de terre

Le mildiou est « la maladie la plus dommageable pour les pommes de terre et l’une des maladies des plantes les plus dévastatrices parmi toutes les plantes cultivées » [2, 3]. Au Royaume-Uni, les agriculteurs font en général des pulvérisations 10-15 fois par an avec un fongicide sur les cultures de pommes de terre [4]. C’est pourquoi beaucoup d’efforts ont été mis en oeuvre dans les moyens de lutte contre cette maladie. Dans le cadre de bonnes pratiques agricoles, il est clairement avantageux de planter des variétés résistantes au mildiou.

La maladie peut détruire toutes les feuilles d’une plante dans les 10 jours. Il a été la cause de la grande famine liée aux pommes de terre en Irlande et dans l’ouest de l’Ecosse dans les années 1840 et 1850. L’agent pathogène responsable est Phytophtha infestans, théoriquement un champignon mais, en fait, plus étroitement biologiquement lié à des algues brunes. Un temps chaud et humide favorise la maladie. Les feuilles et les tiges peuvent être infectées, de même que les tubercules lorsque les spores sont entraînées dans le sol par de fortes pluies.

La maladie peut se manifester d’une année à l’autre par les tubercules qui ont été infectés au cours de la saison précédente. Bien que le sol ne soit pas généralement une source d’infection par le mildiou, il est possible que la maladie soit transmise lorsque les deux types de reproduction de l’agent pathogène du mildiou (voir [5] GM Potatoes not Proven Safe for Release , SiS 47) * sont présents dans le sol. Dans les jardins, il est possible que la maladie soit propagée par des feuillages infectés contenus dans un tas de compost insuffisamment chauffé par fermentation naturelle.
( Version en français intitulée ‘Des pommes de terre génétiquement modifiées dont l’inocuité n’est pas prouvée avant leur dissémination’ ; bientôt accessible sur le site http://yonne.lautre.net/)

Malheureusement, l’agent pathogène est en pleine évolution. Jusqu’en 1976, il n’y avait que le seul type sexuel A1, qui présentait des souches différentes se reproduisant toutes de façon assexuée. Puis un type sexuel A2 fit son apparition en Europe, ramené du Mexique (l’origine probable de l’agent pathogène responsable du mildiou) à la suite d’importations de pommes de terre. Les deux types ont été capables de s’accoupler et de produire de nouvelles souches par la reproduction sexuée.

Depuis 2005, une souche très agressive A2-Blue13 s’est développée, causant le mildiou chez certaines variétés de pommes de terre qui étaient précédemment résistantes, et elle est devenue la souche dominante au Royaume-Uni.
Il y a toujours le danger que l’agent pathogène se transforme naturellement en une nouvelle souche qui pourrait surmonter la résistance des variétés de pommes de terre qui sont pour le moment exemptes de la maladie, et le développement de nouvelles variétés doit se faire sur une base continue.

 Nouvelle expérimentation par le laboratoire Sainsbury

Le laboratoire Sainsbury du Centre John Innes, dans le Norfolk en Angleterre, a reçu l’autorisation pour réaliser, à partir de 2010, des essais sur le terrain avec des pommes de terre OGM résistantes au mildiou. Le laboratoire affirme que les pommes de terre non-OGM, existant à ce jour et résistantes au mildiou, présentent « d’autres déficiences », mais cette affirmation ne peut justement pas être appliquée aux pommes de terre SARPO, qui sont décrites plus loin.
La résistance naturelle au mildiou se manifeste dans certaines espèces de pommes de terre sauvages et non comestibles originaires d’Amérique du Sud. Deux gènes ont été isolés et ils ont été transférés à une variété de pomme de terre populaire en Grande-Bretagne, Desiree [4, 5], et ce matériel fera l’objet d’essais sur le terrain pendant trois ans.

Justifiant l’utilisation du génie génétique pour produire ces nouvelles pommes de terre, les revendications de laboratoire précisent que [4] : « l’amélioration génétique des pommes de terre est extrêmement lente et peu efficace….

L’amélioration génétique n’est pas une science exacte et on peut rencontrer des changements qui affectent de nombreux gènes codant pour des caractères agronomiques importants tels que le rendement, la qualité et la précocité. En utilisant les techniques des OGM, on peut être sûr que seul le gène de résistance désiré sera introduit dans la variété qui en résultera, sans changer d’autres caractéristiques ».

Cette déclaration est en fait fallacieuse et fausse : il est bien connu que le processus d’insertion aléatoire du génie génétique conduit à des ruptures et des réorganisations dans le propre génome de l’hôte, causant de la ‘mutagenèse d’insertion’ chez de nombreux gènes avec des effets totalement imprévisibles (voir la revue dans [6] The Case for A GM-Free Sustainable World , Independent Science Panel, ISIS publication). ...

La pomme de terre OGM présente aussi un gène marqueur de résistance aux antibiotiques, ce gène nptII confère la résistance à la kanamycine et la néomycine [7]. Le laboratoire affirme à tort que ces antibiotiques ne sont pas utilisés pour le traitement médical de l’homme ou des animaux. Le Comité consultatif sur les disséminations dans l’environnement (ACRE) a émis un avis autorisant les essais, pour les motifs que [7] : « (a) la probabilité de transfert d’un gène fonctionnel d’une bacterie à du matériel végétal est extrêmement faible ; (b) des bactéries avec la résistance à ces antibiotiques sont déjà dispersés dans l’environnement et (c) l’acquisition d’un gène intact est seulement l’un des mécanismes possibles par lesquels les bactéries peuvent developper une résistance ».

Il s’agit essentiellement du même avis que celui qui a été rendu par l’organisation européenne EFSA qui est pro-OGM, lors de l’examen de l’utilisation des gènes de résistance aux antibiotiques chez des espèces de plantes vivrières.

A cette occasion, cependant, deux scientifiques de haut niveau, parmi la commission, étaient en désaccord et ils ont émis une opinion minoritaire dans une annexe à la déclaration, disant qu’il n’était pas possible d’évaluer les effets néfastes et que la probabilité pour que le gène puisse passer des plantes OGM à des bactéries dans l’environnement était entre « improbable » et « élevée » (voir [8] GM DNA Does Jump Species , SiS 47). ("L’ADN génétiquement modifié passe effectivement entre les espèces vivantes. La résistance aux antibiotiques n’est pas le seul risque" par le Dr. Mae-Wan Ho ; traduction, définitions & compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://yonne.lautre.net/spip.php?ar...)

Les essais conduits dans le Norfolk sont entièrement financés par les contribuables du Royaume-Uni, par le biais de l’organisme Biotechnology and Biological Sciences Research Council (BBSRC), le Conseil national de recherches sur les biotechnologies et les sciences biologiques [4]. Ceci est regrettable et constitue un gaspillage de l’argent des contribuables, car même un représentant de Monsanto a reconnu que « en fin de compte, la biotechnologie [non-GM] offre le plus grand potentiel » pour le développement de plantes cultivées avec des caractères complexes [9].

Un autre aspect contestable de ces essais, et même de l’ensemble du projet, est que la variété mère Désirée est déjà largement mise en culture. Ainsi, l’invasion d’une nouvelle souche de la maladie affectant la pomme de terre OGM, peut affecter une partie importante des récoltes de pomme de terre du Royaume-Uni, aussi bien à partir des plantes génétiquement modifées que des plantes non-OGM. 

En fait, les pommes de terre OGM pour la résistance au mildiou avaient déjà été testées et abandonnées par une autre société chimique allemande, BASF, qui avait produit des pommes de terre OGM résistantes au mildiou. Les essais au champ avaient débuté en 2007, initialement prévus pour être réalisés dans la République d’Irlande, mais ils furent déplacés ensuite en Angleterre, après que les autorités irlandaises aient exprimé des exigences très élevées sur la conduite des essais, en particulier l’obligation de tester la sécurité à travers des travaux de toxicologie alimentaire chez des animaux, avant le début des essais au champ des pommes de terre.

Un site a ensuite été choisi à Hedon, près de Hull, mais il a été annulé lorsque l’agriculteur d’hébergement s’est rendu compte des dommages qui pourraient résulter d’une contamination par l’OGM des fermes à proximité, où l’on cultivait de la bourrache, précieuse pour les abeilles. Les essais ont toutefois été réalisés au National Institute of Agricultural Botany (NIAB), l’Institut national de botanique agricole à Cambridge, malgré les protestations des résidents locaux.

Un généticien a fait les commentaires suivants sur ces essais [10] :
“L’évaluation des risques a été exprimée à partir de l’hypothèse que ce sont des pommes de terre normales avec un petit nombre de gènes prévisibles ajoutés. Une caractéristique des plantes transgéniques, c’est qu’elles ne se comportent pas d’une telle manière prévisible. La raison pour laquelle BASF teste autant de lignées transgéniques, c’est précisément parce que les produits transgéniques ne sont pas prévisibles ... les documents montrent une confiance étonnante dans le raisonnement basé sur cette hypothèse ».

Cinq années d’essais avaient été planifiées au NIAB, mais les essais ont été conduits seulement pendant deux ans, en 2007 et en 2008 ; après cela, les essais de Cambridge ont été abandonnés. La raison invoquée était les retards dans l’autorisation par l’Union Européenne pour les pommes de terre OGM : une autre variété qu’ils testaient par ailleurs, Amflora, qui produit un amidon industriel, n’avait toujours pas reçu l’approbation au moment où les essais de Cambridge furent abandonnés [11]. Maintenant que l’Union Européenne a donné son approbation pour la culture de la variété Amflora [12], le groupe BASF peut être encouragé à reprendre la recherche dans cette direction.

  Des pommes de terre non-OGM et résistantes au mildiou

L’industrie des OGM a affirmé que la pomme de terre SARPO, non-OGM et résistante au mildiou, n’est pas appréciée par les consommateurs, parce qu’elle n’a pas bon goût et qu’elle ne cuit pas bien. Ces allégations ont été mises à l’épreuve à Londres en Mars 2010. Une séance de dégustation a été organisée au restaurant Konstam au Prince Albert à Londres, où le chef prépara les pommes de terre SARPO de diverses manières.

Les invitations ont été adressées à divers groupes et individus, y compris des membres de certains supermarchés (avec une réponse positive) et des médias (avec une réponse positive). Quatre variétés ont été mises à disposition pour l’événement : SARPO Mira, SARPO Axona, SARPO Una et Blue Danube. Leurs propriétés diffèrent et, comme les variétés de pomme de terre communes, certaines sont mieux adaptées que d’autres pour des procédés particuliers de préparation en cuisine.

Une seule variété, en effet, qui ne se prête pas bien à la cuisson à l’ébullition a néanmoins fait ses preuves dans les dégustations : elle fait une délicieuse soupe et une purée tentante, servie sur de petits biscuits. D’autres SARPO ont été transformés en chips, en frites et en pommes de terre ‘robe de chambre’ : elles ont été unanimement saluées par les participants comme très savoureuses et dignes d’une adoption généralisée. Une représentante d’un grand supermarché, qui a pris part à ces dégustations, a déclaré qu’elle allait exhorter sa société à commercialiser SARPO.

Six variétés sont maintenant sur la liste nationale des semences et plants du Royaume-Uni, accordant de fait une autorisation pour la vente commerciale : SARPO Axona et SARPO Mira ont été les premières à être enregistrées, suivies en Juin 2009 par quatre autres variétés. Tout ce matériel végétal est décrit par le Sárvari Research Trust et d’autres sont en cours d’autorisation et de description [13].

SARPO Mira et Axona sont à la fois à haut rendement, à peau rouge ; ce sont des variétés pour cultures principales avec un taux de matière sèche élevé. SARPO Mira sert à fabriquer des chips attractifs (frites françaises) et SARPO Axona permet de faire une excellente purée avec un bon arôme.

‘SARPO Una’ a une bonne résistance au mildiou du feuillage, pour une variété précoce, et la résistance au niveau des tubercules est excellente. Les tubercules sont roses avec un bon épiderme. La chair est de couleur blanche et sa faible teneur en matière sèche la rend très utile pour faire bouillir, en gratin et en salade. Des essais ont démontré une bonne résistance à la gale poudreuse, au virus Yo de la pomme de terre, à la pourriture sèche ( F. sulphureum ), à la maladie des points noirs (Colletotrichum coccodes), à la gale argentée (Helminthosporium solani) et aux taches épidermiques noires (Rhizoctonia solani).

SARPO Shona est une variété résistante au mildiou, au virus Yo ; c’est une variété à peau blanche pour une première récolte dans la gamme de maturité précoce. Le feuillage est dense et étouffe bien les mauvaises herbes. Les tubercules sont ovales courts et peuvent être préparés pour la plupart des préparations culinaires, en raison de leur teneur en matière sèche moyenne. D’après des essais variétaux indépendants, ses tubercules présentent une bonne résistance à la maladie des points noirs (Colletotrichum coccodes) et à celles des taches noires (Rhizoctonia solani).

Kifli est une variété à tubercules allongés, à épiderme blanc, avec un goût exceptionnel lorsqu’elle est préparée aussitôt après la récolte (épiderme s’exfoliant). Les plantes présentent une résistance moyenne au mildiou et une haute résistance au virus Yo. Elle a une bonne résistance à l’éclatement et aux contusions, à la maladie de la jambre noire [une maladie bactérienne due à Erwinia carotovora subsp. atroseptica (Synonym : Pectobacterium atrosepticum)] et aux nématodes à kystes de la pomme de terre (PCN Ro1).

Blue Danube, Danube bleu, a une tige violet-noir, un feuillage foncé brillant et des tubercules spectaculaires avec une peau bleue, de bonne forme et avec une bonne couverture épidermique. Il s’agit d’une variété pour une première récolte précoce, avec une résistance moyenne au mildiou sur le feuillage, et une bonne résistance à la pourriture due au mildiou au niveau des tubercules. Elle a une bonne résistance au virus Yo et au virus de l’enroulement des feuilles, à la maladie de la jambre noire [une maladie bactérienne due à Erwinia carotovora subsp. atroseptica (Synonym : Pectobacterium atrosepticum), ainsi qu’une bonne résitance à la pourriture sèche (Fusarium coeruleum) et aux nématodes à kystes de la pomme de terre (PCN Ro1). La chair est blanche et sa teneur en matière sèche est moyenne. Les producteurs qui expérimentent cette variété en veulent toujours plus : elle se développe avec une forte demande et sa notoriété est bien affirmée.

Thompson & Morgan, une marque de semences et plants qui se qualifie "d’experts dans le jardin depuis 1885", a mis à la vente trois variétés de pommes de terre SARPO, et les décrit très favorablement [14].

Lors de l’événement de dégustation à Londres, le Dr David Shaw, Directeur de recherche au Sárvári Research Trust, a déclaré que « les marchés de producteurs et le domaine du Pays de Galles, à Highgrove, « aiment bien ces pommes de terre ». Elles sont très populaires dans les produits et préparations diététiques de marque ‘Duchy’.

Des rapports élogieux, “Glowing reports”, émanent de l’Irlande, du Pays de Galles et d’Ecosse où l’on s’est montré interessé par les variétés SARPO.

  Avantages des pommes de terre SARPO pour l’environnement

Non seulement les pommes de terre SARPO sont une aubaine pour les agriculteurs à cause de leurs résistances aux maladies, mais elles offrent des avantages supplémentaires, qui comprennent une empreinte carbone légère [du point de vue des émissions de carbone] [15].

Avec une résistance naturelle au virus, les variétés SARPO ont rarement besoin de pulvérisation contre les virus transmis par les pucerons. Leur feuillage abondant étouffe les ‘mauvaises herbes’, à moins d’une infestation très forte, donc la pulvérisation d’herbicides n’est pas nécessaire. Aucune pulvérisation contre le mlldiou n’est nécessaire, même dans les saisons humides telles que l’année 2007, alors que d’autres variétés normalement résistantes ont succombé. Les meilleures variétés SARPO sont résistantes à toutes les souches connues de mildiou.

Les variétés SARPO peuvent être cultivées dans des sols pauvres, avec un minimum d’apport d’éléments nutritifs ajoutés. La conservation des tubercules jusque vers la fin du printemps ne nécessite aucune réfrigération, en raison de leur longue dormance, et n’ont pas besoin d’application d’un inhibiteur de la germination. En outre, certaines variétés ont une excellente tolérance à la sécheresse.

L’absence d’utilisation de produits chimiques sur le matériel SARPO contraste avec leur utilisation massive chez les autres pommes de terre qui ont besoin de traitements chimiques tous les 5-7 jours ou, au cours d’une mauvaise saison, tous les 3 jours. Même les agriculteurs biologiques peuvent être contraints d’appliquer des produits chimiques, à base de cuivre ; toutefois, ces produits chimiques sont toxiques et ils seront éliminés dans les pays de l’Union Européenne.

Les pommes de terre SARPO peuvent sans doute être cultivées aussi en dehors de l’Europe, en particulier dans les pays en développement où les moyens de contrôle avec des pesticides chimiques contre le mildiou sont inabordables.

  Histoire des variétés dénommées Sárpo

L’amélioration génétique de la pomme de terre, par les méthodes et techniques classiques, ne faisant pas appel aux OGM, à commencé en Hongrie à l’époque de l’Union soviétique [16]. Les variétés étaient destinées à la culture à travers tout ce bloc politique, et une variété rustique, résistante à la rudesse du climat et aux maladies était attendue.

Les travaux de recherche ont été entrepris à l’Institut Keszthely, qui devint plus tard le Centre de recherches de la pomme de terre à la Faculté d’Agriculture Pannonia Georgikon. Le directeur était le Dr Istvaán Sárvári, qui était accompagné de sa femme ; le nom de famille a été donné aux pommes de terre SARPO sous la forme d’une une combinaison de Sárvári et de potato.

Pour développer le haut degré de résistance nécessaire, des pommes de terre sauvages d’Amérique du Sud et du Mexique ont été utilisées dans le programme d’amélioration génétique pour conférer une résistance à des virus communs. Plus tard, une grande résistance au mildiou a été ajoutée comme objectif de sélection.

En 1994, un producteur écossais de plants de pomme de terre, Adam Anderson, est tombé sur un essai de pommes de terre en Roumanie. Les pommes de terre avaient été dévastées par le mildiou, à l’exception de certaines plantes, qu’Anderson identifia comme provenant de la famille Sárvári. Anderson et d’autres ont ensuite formé une société pour aider à soutenir le programme d’amélioration génétique et pour construire une station de recherche à proximité de la maison de famille des Sárvári. Le travail s’est poursuivi après la mort du Dr Sárvári par sa femme et ses deux fils.

L’organisation Sárvári Research Trust a été formée au Pays de Galles en tant que société à but non lucratif en 2002. Quand une variété prometteuse est développée en Hongrie, elle est envoyée au Pays de Galles pour d’autres essais et pour la commercialisation. Pour exposer les pommes de terre à de nombreuses souches différentes du pathogène, les essais sont effectués en plusieurs endroits : au Royaume-Uni, dans plusieurs pays européens et au Mexique.

En plus de la résistance au mildiou, de nouveaux matériels candidats sont testés pour « le rendement, le nombre de tubercules, la forme et l’uniformité des tubercules, la résistance aux ravageurs et à d’autres maladies, la maturité du feuillage et la dormance des tubercules, l’aptitude lors de la cuisson et le goût ». La poursuite des recherches est nécessaire pour suivre le rythme de l’évolution des nouvelles souches de mildiou.

  Pourquoi nous n’avons pas besoin de pommes de terre génétiquement modifiées

Le développement d’une plante OGM prend des années de recherche et d’essais, et c’est un processus extrêmement coûteux qui comprend un financement en provenance des contribuables.

De nombreux risques pour la santé et l’environnement sont engagés une fois que la mise en culture est approuvée pour la commercialisation, et même au cours des essais sur le terrain. L’évaluation de ces risques par le gouvernement britannique et par l’Union européenne est laxiste, s’appuyant sur des données fournies par l’entreprise de semences tout en rejetant les avertissements de scientifiques indépendants dont les propres essais montrent des dommages [8].

En revanche, les pommes de terre SARPO, déjà sur le marché et avec d’autres qui vont suivre, ont toutes d’excellentes caractéristiques incluant une faible empreinte de carbone. Elles apportent beaucoup plus de valeur, avec un bien moindre coût que les variétés qui sont mises en essais au laboratoire Sainsbury. Alors finalement, pourquoi avons-nous besoin de pommes de terre génétiquement modifiées ?

The Institute of Science in Society, 29 Tytherton Road, London N19 4PZ
telephone : [44 20 8452 2729]
Contact the Institute of Science in Society www.i-sis.org.uk/

 Définitions et compléments en français :

A lire sous PDF à demander à yonne.lautre@laposte.net en spécifiant le titre de l’article (service bénévole et gratuit)

 Traduction, définitions et compléments :


Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles
honoraire.
Adresse : 19 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard921@orange.fr
Fichier : ISIS OGM GM Blight-resistant Potatoes – Who Needs Them French version.4


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