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"Un ensemble de microbes intestinaux peut déclencher la maladie de Parkinson" par Laurel Hamers

Traduction et compléments de Jacques Hallard
dimanche 11 décembre 2016 par Hamers Laurel



ISIAS Biologie Santé

Un ensemble de microbes intestinaux peut déclencher la maladie de Parkinson
Chez la souris, une inflammation du cerveau et des problèmes moteurs sont liés à des bactéries intestinales

L’article d’origine de Laurel Hamers a été diffusé le 1er décembre 2016 par Science news sous le titre Gut microbe mix may spark Parkinson’s ; Il est accessible sur le site : https://www.sciencenews.org/article/gut-microbe-mix-may-spark-parkinsons

Photo - GUT IMPULSE - Des signaux émis par des microbes intestinaux peuvent activer des cellules immunitaires appelées microglies * (montrées sur la photo en vert) dans le cerveau de la souris, provoquant une inflammation qui est caractéristique de la maladie de Parkinson [Wikipédia]. Tim Sampson / Caltech.

[* Selon Wikipédia, « La microglie (ou microgliocytes) est une population de cellules gliales constituée de macrophages résidents du cerveau et de la moelle épinière formant ainsi la principale défense immunitaire active du système nerveux central… » Article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Microglie ].

Pour obtenir des indices des symptômes du cerveau chez des maladies atteints de la maladie de Parkinson, un contrôle au niveau de l’intestin est à l’ordre du jour.

Les microbes intestinaux envoyer des signaux qui déclenchent l’inflammation cérébrale caractéristique de la maladie de Parkinson [France Parkinson] et les problèmes moteurs chez les souris, ont rapporté des chercheurs le 1er décembre 2016 dans la revue scientifique ‘Cell’. Les médecins pourraient un jour être en mesure de traiter la maladie de Parkinson [INSERM] en améliorant ce déséquilibre bactérien.

« C’est un travail passionnant », déclare John Cryan, un neuroscientifique de l’University College Cork en Irlande qui n’a pas participé à l’étude. « La relation entre le cerveau et l’intestin pour la maladie de Parkinson, a bouillonné depuis de nombreuses années ». La nouvelle recherche, dit-il, « place vraiment le microbiote Wikipédia] à l’avant-garde pour la première fois dans le monde médical ».

La maladie de Parkinson affecte plus de 10 millions de personnes dans le monde, et environ 70 pour cent de ces patients ont également des problèmes gastro-intestinaux comme la constipation. Parfois, les symptômes gastro-intestinaux apparaissent des années avant que la faiblesse musculaire et d’autres problèmes neurologiques ne se manifestent. Plusieurs études récentes conduites chez les êtres humains ont suggéré un lien entre les microbes intestinaux et la maladie de Parkinson. Mais il n’était pas clair de savoir si les microbes intestinaux étaient réellement la cause de la maladie, dit le coauteur de l’étude Sarkis Mazmanian, un microbiologiste travaillant au Caltech. « Ce que notre étude ajoute est un rôle fonctionnel, mécanique joué par le microbiote ».

L’équipe de Mazmanian a étudié des souris qui produisaient trop d’alpha-synucléine *, la protéine qui est censée causer la maladie de Parkinson quand elle s’agglutine dans le cerveau.

[* Selon Wikipédia, « L’α-synucléine est une protéine de la famille des synucléines (en) qui est abondante dans le cerveau humain1. On en trouve aussi de petites quantités dans le cœur, les muscles et d’autres tissus1. Dans le cerveau, l’α-synucléine se trouve essentiellement à l’extrémité des cellules nerveuses (neurones) dans des structures spécialisées appelées terminaisons présynaptiques1… » Article complet à lire sur le site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alpha-Synucl%C3%A9ine ].

Les souris avec un excès d’alpha-synucléine agissaient comme si elles avaient la maladie de Parkinson : elles ont traversé un faisceau étroit plus lentement ; elles ne pouvaient pas s’accrocher aussi bien à un poteau et elles ont lutté pour retirer des autocollants de leur nez. Leur cerveau montrait aussi des signes d’inflammation. Mais quand les chercheurs ont soigné le même type de souris afin qu’elles soient sans germes - c’est-à-dire de ne pas avoir de microbes intestinaux - les animaux apparaissaient moins malades.

Ces souris produisaient encore des quantités d’alpha-synucléine, mais la protéine ne s’agglutinait pas dans leur cerveau. Et sans la manifestation de ‘crampons’, les souris n’avaient pas la démarche instable et la faiblesse musculaire qui sont des symptômes typique de la maladie de Parkinson.

Dans une autre expérience, les chercheurs ont transféré des microbes intestinaux des patients atteints de la maladie de Parkinson à des souris sans germes produisant trop d’alpha-synucléine. Ces souris ont développé des problèmes moteurs lorsqu’elles ont été testées au bout de 6 ou 7 semaines après le transfert, mais les souris qui ont reçu des microbes d’êtres humains en bonne santé, se comportaient très bien.

« Même si les souris qui ont reçu le microbiote sain ont reçu des centaines de bactéries, elles n’ont pas exprimé la maladie », dit Mazmanian. Cela suggère que ce n’est pas la présence ou l’absence de bactéries qui déclenche la maladie de Parkinson, mais la composition spécifique du cocktail microbien.

Des agrégats d’alpha-synucléine peuvent se déplacer de l’intestin au cerveau, comme la montré une étude récente. [Voir l’article « Protein linked to Parkinson’s travels from gut to brain Study in mice traces path of alpha-synuclein » Laura Sanders, November 16, 2016].

Maintenant, il semble que les bactéries intestinales elles-mêmes envoient également des signaux importants. Les chercheurs s’efforcent maintenant de déterminer de quels signaux il s’agit - et quels sont les microbes qui aident à rétablir l’équilibre.

Les échantillons de selles des souris implantées avec des bactéries de patients atteints de la maladie de Parkinson présentaient des taux supérieurs à la normale de certaines bactéries intestinales. Cela pourrait être l’origine du déclenchement des symptômes, dit le microbiologiste Caltech Tim Sampson, qui a également travaillé sur cette étude. « Je suis intéressé à essayer de comprendre s’il y a des microbes pathogènes potentiels qui pourraient individuellement conduire à la maladie », dit-il.

« Une fois que nous aurons compris cela, nous serons en mesure de comprendre si nous pouvons supprimer ce groupe d’organismes ou les bloquer ».’

Les niveaux anormalement bas d’autres bactéries pourraient également être pris en compte. Les analyses ne sont pas assez grandes pour conclure fermement si les microbes sont des acteurs particulièrement importants. Mais si les scientifiques pouvaient comprendre si des bactéries qui manquent étaient bénéfiques, dit Mazmaniant, la thérapie pro-biotique ciblée pourrait être une option de traitement à l’avenir.

Les maladies associées au vieillissement comme la maladie de Parkinson sont difficiles à étudier chez les souris, souligne le microbiologiste de l’Université de Stanford, Justin Sonnenburg. « Elles sont généralement le résultat de décennies d’accumulation de problèmes », alors que les souris utilisées dans la présente étude n’ont été observées que juste pendant quelques mois.

Donc, les résultats devront être validés dans les études complémentaires sur des êtres humains avant d’influencer les traitements. Pourtant, dit-il, « c’est une contribution vraiment importante à la liste croissante sur les façons dont les microbes intestinaux peuvent altérer notre santé ».

Citations

T. Sampson et al. Gut microbiota regulate motor deficits and neuroinflammation in a model of Parkinson’s disease. Cell. Vol. 167, December 1, 2016, p. 1469. doi:10.1016/j.cell.2016.11.018.

Lectures complémentaires

L. Sanders. Protein linked to Parkinson’s travels from gut to brain. Science News. Vol. 190, December 10, 2016, p. 10.

R. Ehrenberg. Post-stroke shifts in gut bacteria could cause additional injury. Science News. Vol. 190, August 6, 2016, p. 7.

Caltech microbiologist Sarkis Mazmanian explains his research in a video.

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Articles sur le microbiote postés sur le site ISIAS

’Notre monde intestinal méconnu : le microbiote humain’ par la Dr Eva Sirinathsinghji, jeudi 30 juillet 2015 - français

’La flore microbienne intestinale (microbiote) influence la prédisposition et les traitements des cancers’ par la Dr Eva Sirinathsinghji, jeudi 13 août 2015 - français

’Comment les microbes influencent notre esprit, notre humeur et notre comportement’ par le Dr Eva Sirinathsinghji, dimanche 7 juin 2015 - français

’Des bactéries intestinales datées du Miocène (12 millions d’années) ont co-évolué avec les Hominidés et les transplantations fécales sont maintenant utilisées comme bactériothérapie’, par Jacques Hallard, lundi 1er août 2016 - français

’Les habitudes alimentaires des parents peuvent avoir une influence sur la santé des générations futures’ par le Dr Eva Sirinathsinghji, lundi 28 mars 2016 - français

’L’étonnante biodiversité des écosystèmes microbiens et leurs effets sur la santé’ par Jacques Hallard, samedi 1er août 2015 - français

’La matière microbienne sort de l’obscurité _ Des scientifiques identifient des bactéries qui défient les règles établies de la biochimie’, par Laura Beil, mardi 22 novembre 2016 - français

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Traduction, compléments entre […], articles sur le microbiote postés sur le site ISIAS et intégration de liens hypertextes par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 10/12/2016

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