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"Historique, caractéristiques et devenir de la grande rivière artificielle en Libye et de la nappe albienne au Maghreb ", par Jacques Hallard

vendredi 13 janvier 2017 par Hallard Jacques


ISIAS Agriculture Eau Politique
Historique, caractéristiques et devenir de la grande rivière artificielle en Libye et de la nappe albienne au Maghreb
Jacques HALLARD, Ing. CNAM – Sitehttp://www.isias.lautre.net/ISIAS – 13/01/2017

Plan

Introduction Carte : La Grande Rivière Artificielle de la Libye 2014

Présentation du dossier

Sommaire des documents inclus

Introduction

Les travaux d’aménagement de très grande envergure sont-ils toujours utiles et recommandables, à la fois pour assurer la couverture les besoins essentiels et vitaux des populations au niveau micro-local, mais aussi pour contribuer à un réel développement durable, au plan régional, sans hypothéquer ou aggraver encore les facteurs qui sont globalement responsables des dérèglements climatiques  ?

Après avoir analysé le cas du Grand Barrage Vert en Algérie (Voir ’Le barrage vert algérien est un exemple de lutte contre la désertification des territoires’, par Jacques Hallard , samedi 8 octobre 2016 – français), d’une part, et le cas de la Grande Muraille Verte au Sahara et au Sahel, d’autre part, (Voir ’L’Initiative Africaine de la Grande Muraille Verte pour un développement rural au Sahara et au Sahel’ par Jacques Hallard , lundi 31 octobre 2016 – français), le travail qui suit est consacré à la Grande Rivière Artificielle en Lybie, basée sur l’exploitation d’un énorme aquifère décrit comme la nappe albienne au Maghreb, et envisagée notamment pour la mise en œuvre de l’irrigation de terres à usage agricole et l’autosuffisance alimentaire de la Libye.

Un document antérieur permet de ’Se repérer et (re)découvrir l’espace géographique des rives de la Mer Méditerranée : Maghreb et Machrek’ par Jacques Hallard, samedi 7 janvier 2017 - français.

Voir aussi « Etude de cas : le Sahara par les cartes : un espace riche, parcouru et convoité (1ère partie) ». Publié le 31 Mai 2015 - THEME 3 : DYNAMIQUES DES GRANDES AIRES CONTINENTALES, ainsi qu’une image satellite qui permet de visionner les ’cercles de Koufra’ : périmètres agricoles irrigués en plein désert – Voir aussi Koufra.

Dans ce présent dossier, un ensemble de documents a été sélectionné et il est décrit dans le Sommaire qui suit.

Dans des études consultables dans ses archives, la FAO indique que « Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ne sont pas des zones particulièrement pauvres comparées aux autres régions en développement. Le développement précoce des civilisations basé, dans une grande partie de la région, sur les systèmes d’irrigation a posé les fondements des systèmes de production intensive encore en usage aujourd’hui. De plus, des preuves historiques indiquent qu’à l’époque romaine la quasi-totalité de l’Afrique du Nord bénéficiait d’une pluviométrie suffisante pour permettre couramment la culture pluviale des céréales et d’autres productions végétales. Les conditions climatiques et la couverture végétale du sol semblent s’être détériorées depuis lors... »

La FAO constatait également « qu’historiquement, l’agriculture a joué un rôle essentiel dans le développement de nombreuses économies du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ; d’abord avec la production de céréales et l’élevage, ensuite avec le développement de la production fruitière, maraîchère et de cultures de rente dans les périmètres totalement ou partiellement irrigués. En 1997, l’agriculture contribuait à 13 pour cent du PIB régional et représentait 19 pour cent des exportations et 50 pour cent des emplois dans la région. Cependant, il existe de grandes variations entre pays selon l’importance relative du revenu non agricole dans leur économie. L’accès à l’eau, à la fois en termes de quantité et de qualité, demeure un problème majeur pour les économies agricoles et nationales. De nombreuses économies ont dû, du fait du potentiel relativement faible d’augmentation de la production en l’absence d’irrigation, se tourner vers d’autres solutions pour leur croissance économique, dont le pétrole, les mines, les manufactures, les activités de commerce international et autres… ». « Cette région fut aussi une zone importante d’innovation en agriculture entre le IVe et le XIe siècle, lorsque de nombreuses nouvelles cultures et technologies furent introduites d’Extrême-Orient … »

Les experts de la FAO ont rappelé aussi que « les modèles d’occupation des terres dépendent de l’histoire et des changements politiques ; les populations augmentent dans les grandes cités et se concentrent dans les villages les plus importants des zones rurales. La région comprend un grand nombre d’éleveurs nomades qui se déplacent selon les saisons entre les régions de basse altitude et montagneuses et entre des zones humides et la steppe sèche. La longue histoire du peuplement humain, l’inégal accès à la terre et l’urbanisation croissante ont conduit à une dégradation sérieuse des sols et des ressources forestières dans la plus grande partie de la région... »

Les systèmes d’exploitation agricole sont d’une grande variété et ils ont été décrits et cartographiés. Voir Principaux systèmes de production - MOYEN ORIENT ET AFRIQUE DU NORD – Source des extraits ci-dessus : http://www.fao.org/docrep/003/Y1860F/y1860f0c.htm#TopOfPage

http://www.fao.org/documents/header...

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Présentation du dossier

Le présent dossier, à vocation didactique, est spécialement centré sur la Libye, mais il déborde également sur les états voisins qui sont aussi concernés par les ressources en eau de la nappe albienne, un aquifère essentiellement d’origine fossile, mais avec néanmoins une petite alimentation naturelle contemporaine.

Après un tour d’horizon sur la Libye, notamment sur son économie – ébranlée par la récente et dramatique histoire de ce pays – et sur son agriculture très ancienne, comme dans toute la bordure nord des territoires du Maghreb et de l’Afrique du Nord, l’accent est mis principalement sur la Grande Rivière Artificielle ou GRA, un projet gigantesque, réalisé sur plusieurs décennies, et dont le conflit a failli compromette, en 2011, le fonctionnement attendu et optimal des aménagements hydrauliques, et les effets bénéfiques sur l’économie et le bien-être des populations concernées.

La question de la gestion de l’eau, après l’achèvement du programme de la GRA, avait été longuement développée dans une thèse (2009) de Sébastien Palluault, largement diffusée en 2012. De son côté, l’expert en la matière, Larbi Bouguerra, avait repris, en 2015, la thématique des printemps arabes et du vaste sujet des ressources et de la gestion de l’eau dans toute la région du Maghreb, et particulièrement en Libye.

Le problème de la dégradation de cette nappe aquifère albienne – peu renouvelée au plan climatique et géologique – et s’étendant largement sous les zones désertiques du Sahara, a été est soulevé par Fouad Chehat (écouter aussi la vidéo) : c’est la question de la durabilité de cette nappe profonde qui est véritablement posée.

Des constats objectifs ont été effectués par différents auteurs en 2016, soit 5 ans après la chute du régime libyen de Mouammar Kadhafi, sur l’état du pays et sur son programme hydraulique. Un examen rétrospectif et technique de ce dernier, daté de 2005, permet d’ailleurs d’en (re)découvrir la richesse, l’audace, mais aussi la les difficultés inhérentes à un projet d’une telle importance dans ce contexte régional.

La politique énoncée par des autorités algériennes d’opter pour diverses technologies (dont la géothermie) pour stimuler, dans les territoires désertiques, aussi bien une agriculture vivrière que des productions agricoles d’exportations, éclaire aussi un devenir potentiel pour une Libye « réparée ». Mais d’autres auteurs établissent un lien possible et risqué entre l’exploitation du gaz de schiste et les ressources de cet aquifère (nappe albienne à une profondeur située entre 500 et 800 mètres) dont l’étendue est d’une superficie équivalent à deux fois celle du territoire français métropolitain.

Politiquement, la dérive de l’état libyen a encore été décrite en 2016 par différentes sources, alors qu’en 2012, l’homme d’Etat algérien Abdelmalek Sellal avait pourtant annoncé la faisabilité d’un accord sur cette nappe albienne, pour un juste partage et un usage optimal de l’eau entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye.

Les technologies efficaces du génie hydraulique, des moyens financiers alloués considérables et une farouche détermination politique avaient grandement contribué à cette réalisation d’une très grande envergure. Une réévaluation technique de la Grande Rivière Artificielle de Libye (ouvrage aussi appelé Grand Fleuve Artificiel ou GFA), une réflexion revue dans le cadre d’un développement durable, ainsi qu’une coopération infrarégionale volontariste, restent à mettre en œuvre pour aider les populations locales à vivre mieux dans des territoires pacifiés et sécurisés.

Concernant plus généralement l’eau et l’irrigation des cultures, nous suggérons aussi de prendre connaissance des articles ci-après, postés sur notre site ISIAS : ’C’est l’approvisionnement du monde en eau qui est menacé’ par le Dr Mae-Wan Ho,mardi 30 octobre 2012 par Ho Dr Mae-Wan - français

’Pour une utilisation durable de l’eau’ par le Dr Mae-Wan Ho, jeudi 17 janvier 2013 par Ho Dr Mae-Wan - français

’L’accès à l’eau est un droit humain précaire’ par Chee Yokeling, dimanche 9 juin 2013 par Yokeling Chee - français

’Garantir la sécurité de l’eau d’irrigation nécessaire à la production des denrées’ par le Prof Peter Saunders,samedi 5 décembre 2015 par Saunders Professeur Peter - français

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Sommaire des documents inclus dans ce dossier

1. Extraits d’informations générales sur la Libye avec l’aide de Wikipédia

2. L’économie et l’agriculture de la Libye par E. BUCHOT et Encarta 2015

3. Projet de Grande Rivière Artificielle en Libye par Nathalie Pajon-Perrault 2008

4. Libye : les frappes de l’OTAN menacent la Grande Rivière Artificielle 2011

5. Alors que la nuit est tombée sur la Libye, la vérité se fait jour ! 2011

6. Quelle gestion de l’eau après l’achèvement de la Grande Rivière artificielle ? Sébastien Palluault 2012

7. Les printemps arabes et l’eau : la Libyepar Larbi Bouguerra 2015

8. Un point synthétique sur la Grande Rivière Artificielle en Libye Wikipédia

9. La Libye ’dégrade’ les nappes d’eau souterraines du Sahara par Fouad Chehat

10. Quelques articles publiés 5 ans après la chute de Kadhafi – 2016

11. Retour sur des images 5après la mort de Kadhafi Camille Belsoeur 2016

12. Une vidéo rétrospective de 2005 sur la Grande Rivière artificielle en Libye

13. Autres documents historiques et techniques en fihciers PDF

14. Destechniques innovantes afin de booster les exportations depuis l’Algérie

15. Sous le Sahara : une nappe d’eau grande comme deux fois la France

16.Ressources hydriques de la nappe Albienne et gaz de schiste au Sahara

17.Un an après l’accord de Skhirat, la dérive de la Libye paraît inexorable

18. L’homme d’Etat algérienAbdelmalek Sellala annoncé en 2012 un accord sur la nappe albienne pour un partage de l’eau entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye

Actualités - Patrick Mbeko – 42 ans de lutte de l’Occident contre Kadhafi

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1.
Information générale sur la Libye avec l’aide de Wikipédia

État de Libye دولة ليبيا Dawlat Libya (ar) ⵍⵉⴱⵢⴰ (ber)

Forme de l’ÉtatRépublique parlementaire
Chef de l’État Aguila Salah Issa (gouvernement de Tobrouk)

Fayez el-Sarraj (gouvernement d’union nationale, à Tripoli)

Premier ministre Abdallah al-Thani (gouvernement de Tobrouk)

Fayez el-Sarraj (gouvernement d’union nationale, à Tripoli)

Langues officielles Arabe1, Tamazight
Capitale Tripoli (gouvernement d’union nationale, à Tripoli), Tobrouk (Abdallah al-Thani, gouvernement de Tobrouk)
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Plus grande ville Tripoli -
Superficie totale 1 759 540 km2
Population totale (2014) 6 244 174 hab.

(classé 106e)

Densité 3,5 hab./km2

La Libye, en forme longue l’État de Libye3,4,5,6,7,8 (en amazighe : Libya ⵍⵉⴱⵢⴰ ; en arabe ليبيا, Lībiyā ou Lībiyya, et دولة ليبيا, Dawlat Lībiyā), est un pays d’Afrique du Nord faisant partie du Maghreb. Elle est bordée au nord par la mer Méditerranée, à l’ouest par l’Algérie et la Tunisie, au sud par le Niger et le Tchad et à l’est par le Soudan et l’Égypte. Elle s’étend sur 1 759 540 kilomètres carrés, ce qui la place au quatrième rang africain et au dix-huitième rang mondial. Sa population est estimée entre 6 et 8 millions d’habitants. Elle se concentre sur les côtes, l’intérieur du pays étant désertique. Sa capitale, Tripoli, est également sa plus grande agglomération (1,8 million d’habitants), devant Benghazi (650 000 habitants), Misrata (plus de 350 000 habitants9) et El-Beïda (250 000 habitants10).

Les Libyens sont en majorité de culture mixte berbéro-arabe et de confession musulmane sunnite. Le produit intérieur brut de la Libye est l’un des plus élevés d’Afrique. Son économie repose très largement sur l’exportation du pétrole. Elle est membre, entre autres, de la Ligue arabe, de l’Union du Maghreb arabe et de l’OPEP.

La Libye tire son nom d’une tribu berbère qui était nommée Libou, qui a donné le mot grec Libyè. Traditionnellement, on y distingue les régions de Tripolitaine, de Cyrénaïque et du Fezzan. Peuplé originellement de Berbères, son territoire est colonisé pendant l’Antiquité par les Phéniciens, puis les Grecs, avant d’être conquis par l’Empire romain. Au VIIe siècle, il est envahi par les armées arabes, qui y imposent leur culture et leur religion. Après avoir été soumis à divers royaumes pendant le Moyen Âge, il passe sous le contrôle de l’Empire ottoman au XVIe siècle. La régence de Tripoli devient un véritable État avant d’être directement reprise en main par l’Empire ottoman en 1835.

Dernière possession ottomane en Afrique, l’actuel territoire de la Libye est conquis et colonisé par le Royaume d’Italie en 1912, à l’issue de la guerre italo-turque. Durant la Seconde Guerre mondiale, la Libye italienne est envahie et occupée par les Alliés. En 1951, elle proclame son indépendance sous la forme d’une monarchie dirigée par Idris Ier. En 1969, un coup d’État militaire renverse le roi, et la République arabe libyenne est proclamée. Dès lors, et pendant près de 42 ans, la Libye est gouvernée par Mouammar Kadhafi. En 1977, le pays prend le nouveau nom de Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste. En 2011, dans le cadre des mouvements de protestation dans les pays arabes, une rébellion éclate et se transforme bientôt en guerre civile : avec le soutien d’une intervention militaire internationale, les rebelles renversent Kadhafi. La Libye s’avère cependant incapable, après la fin de Kadhafi, de trouver la stabilité politique et de construire un État de droit : à partir de 2014, le pays sombre dans une nouvelle guerre civile tandis que deux gouvernements se disputent la légitimité.

Sommaire

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Voir aussi « La Libye a-elle jamais été un État ? Par Manlio Dinucci - Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 24 février 2015. Traduction Marie-Ange Patrizio – Origine : Il Manifesto (Italie)/ Photo – « La Jamahiriya arabe libyenne disposait d’infrastructures remarquables. Parmi celles-ci, la « Grande rivière artificielle », le plus grand réseau d’irrigation au monde… » Source : http://www.voltairenet.org/article186883.html

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2.
L’économie et l’agriculture de la Libye pae E. BUCHOT et Encarta 2015Avant la découverte du pétrole en 1958, l’agriculture constituait le fondement de l’économie libyenne même si les cultures étaient limitées aux régions côtières. L’élevage jouait un rôle important dans cette société de tradition nomade. L’exploitation pétrolière a profondément modifié l’économie : le produit national brut (PNB) est passé de 1,5 milliard de dollars en 1965 à 25,4 milliards en 1985. La chute du cours du pétrole s’est alors conjuguée avec les effets de l’embargo imposé par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) en 1986 et prolongé en 1992.Cet embargo, motivé par les accusations dirigées par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis contre le régime de Tripoli, soupçonné d’être impliqué dans différents attentats terroristes, ne concerne pas les exportations pétrolières. Il alimente cependant l’inflation (30 pour 100 en 1994), contribue au développement d’un marché noir et prive le pays d’un accès à la technologie occidentale. En 1994, le PNB, en régression continue depuis 1991, était de 26 milliards de dollars. Les programmes de développement ont dû être revus à la baisse et le PNB par habitant a diminué d’au moins 25 pour 100 en une décennie pour atteindre 5.650 dollars en 1994.La majeure partie de la terre arable et des pâturages se trouve en Tripolitaine.Quelque 250 000 ha sont irrigués et le projet de « rivière artificielle », dont la construction a commencé en 1984, a pour but d’en irriguer 180 000 autres. La première tranche, inaugurée en 1991, fournit moins du cinquième de la quantité d’eau initialement prévue, en raison de défaillances techniques et d’une forte évaporation. 15 pour 100 de la population active travaillent dans le secteur agricole qui réalisait, en 1995, 8 pour 100 du PNB. Les principales productions sont le blé (100 000 t par an), l’orge (100 000 t), les olives (72 000 t) et les dattes (76 000 t). L’élevage nomade tient une place très importante. Le cheptel comprenait, en 1993, 7,2 millions de têtes avec une prédominance des ovins. La pêche est, en revanche, peu développée, avec 8 800 t pêchées en 1993.

’Libye’ © Ecrit par Emmanuel BUCHOTet Encarta. Le pétrole libyenArticle à lire en totalité sur le site suivant : http://www.voyagesphotosmanu.com/economie_libye.html

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3.
Le projet de Grande Rivière Artificielle en Libye - Mise à jour le 29/02/2008 - Par Nathalie Pajon-Perrault – Document ENS Lyon Institut Français de l’éducation.

’ … La Libye compte 5,7 millions d’habitants (estimation 2004) dont 90% sont répartis dans les agglomérations du littoral. Le reste du pays n’est que sporadiquement occupé. Le taux d’accroissement naturel de la population estimé entre 1995 et 2000 est de 2,2 % par an (Aquastat, 2005).

Les conditions climatiques sont caractérisées par une chaleur extrême et des pluies rares et irrégulières. Les régions désertiques et subdésertiques représentent 90% du territoire. Le climat méditerranéen prévaut sur la côte, avec des précipitations annuelles qui dépassent rarement 300 mm.

Le besoin annuel en eau du pays est aujourd’hui évalué entre 4 et 5 milliards de m3. cette demande ne peut être couverte qu’à hauteur de 2% par les eaux de surface, le reste dépendant des eaux souterraines…’

Source : ENGREF (Ecole Nationale du Génie Rurale des Eaux et des Forêts) - Synthèse technique d’Omar KHEDER – Fév.2007 - http://www.agroparistech.fr/IMG/pdf/Kheder.pdf

Dans une interview consacré à la revue ’Sources nouvelles – Actualités du secteur Eau et Assainissement’, Omar M. Salem, président de l’Autorité Générale de l’Eau en Libye, déclarait :

La Libye dépend à 98 % des eaux souterraines, non renouvelables pour une large part. Seuls quelques aquifères du nord, où les précipitations annuelles dépassent les 300 mm reçoivent une recharge. Afin de répondre aux besoins d’une population en forte croissance (6 millions d’habitants dont 80 % concentrés sur la bande côtière), ces aquifères ont été surexploités ; leur qualité s’en trouve de fait sérieusement détériorée. Cette situation justifie les importants transferts interbassins qui ont été mis à l’œuvre depuis 1983. Le programme GMR (Great Man made River, en français, la Grande Rivière Artificielle ) couvre aujourd’hui plus de 50 % de nos besoins domestiques.

Le projet engagé est pharaonique mais il fournit déjà, en 2007, 500.000 m3 d’eau par jour aux villes côtières du pays grâce à un réseau de canalisations de béton. En phase finale, 6 millions de m3 seront pompés chaque jour, soit plus de 2 milliards de m3 par an, chiffre apparemment considérable mais qui ne correspond qu’au débit d’une rivière moyenne en Europe (70 m3/s).

Photo - Source : ’Le Courrier de l’UNESCO’

On pourrait paver une route de Tripoli à Bombay avec les 5 millions de tonnes de ciment qui ont servi à fabriquer les pipelines. Si l’on transportait ce réseau en Europe, le pipeline commencerait au sud de la Suisse, traverserait l’Allemagne, poursuivrait en Pologne et obliquerait vers l’Ouest jusqu’au nord de l’Ecosse. 

Photos Photo - Source : ©Akwa Betote/H20/Corbis

En 1983, le président Kadhafi a annoncé officiellement le projet de la Grande Rivière Artificielle.

A la fin du projet, prévue pour 2010, la ’rivière’ s’étendra sur une longueur totale de 3.500 km. Les canalisations ont 4 m de diamètre, elles sont formées de tronçons cylindriques de 7,5 mètres de long et une masse de 80 tonnes ! Ces tubes sont fabriqués dans deux usines, l’une à Sarir, l’autre à Brega, employant chacune environ 2500 ouvriers coréens.

Elaboré pour permettre un développement sans précédent des surfaces irriguées, ce projet a répondu dans un premier temps aux besoins en eau potable, à Tripoli, notamment. Toutefois, le volet agricole est progressivement mis en oeuvre avec la création ou la revitalisation de périmètres irrigués

Contacts : École normale supérieure de Lyon Institut français de l’Éducation - ACCES 19 allée de Fontenay 69007 Lyon – Source : http://eduterre.ens-lyon.fr/ressources/scenario1/planetebleue/ProjetGRA

Voir aussi « La planète bleue....a soif ! » - Mise à jour le 25/03/2008. Par Nathalie Pajon-Perrault - Photo : L’oasis d’Al Khufrah – Photo : - Détail d’une structure agricole -Source : http://eduterre.ens-lyon.fr/ressources/scenario1

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4.
Libye : les frappes de l’OTAN menacent la Grande Rivière Artificielle - par Véronique mardi 31 mai 2011. Document ‘agoravox.fr’.

Les frappes de l’OTAN en Libye risquent de détruire une construction gigantesque qui permet d’irriguer le désert et qui pourrait sauver des milliers de personnes dans le monde qui souffrent du manque d’eau.

Avez vous déjà entendu parler de la construction titanesque d’un grand système d’irrigation qui transporte de l’eau dans le désert Libyen : la Grande Rivière Artificielle : Great Man-Made River – GMMR ?

C’est un projet gigantesque, lancé par Kadhafi, qui est en construction depuis 25 ans. Les premières phases de construction permettent déjà d’apporter de l’eau potable à 4 millions d’habitants des villes du nord en utilisant des nappes d’eau souterraines venant de l’autre bout du pays et la dernière phase de construction doit permettre d’irriguer le désert pour y développer des cultures.

À la fin du projet, la ’rivière’ s’étendra sur une longueur totale de 3.500 km. Les canalisations ont 4 m de diamètre, elles sont formées de tronçons cylindriques de 7,5 mètres de long et une masse de 80 tonnes ! Construit au coût de 33 milliards de dollars, le GMMR extrait de l’eau sous le désert du Sahara, à une profondeur comprise entre 500 et 800 mètres (1.600 à 2.500 pieds) ; l’eau est purifiée et transportée vers les villes côtières du nord où la plus grande partie de la population est concentrée.

Cette incroyable réalisation par sa taille et par ses performances est pratiquement inconnue en Occident, tout en rivalisant, voire dépassant même nos plus grands projets de développement. L’Occident refuse d’admettre qu’un petit pays puisse construire quelque chose d’aussi grand sans avoir à emprunter un centime auprès des banques internationales.

Selon l’écrivain Ali Baghdadi, ’la rivière est une nouvelle leçon et un modèle en matière de lutte pour atteindre l’autosuffisance, la sécurité alimentaire et une véritable indépendance.

Aucune nation dépendant d’un pays étranger pour nourrir sa population ne peut prétendre à la liberté. La Grande Rivière est un triomphe contre la soif et la faim. Elle marque la défaite de l’ignorance et de l’arriération. Elle traduit la volonté des Libyens de résister à la pression coloniale, d’acquérir de (nouvelles) technologies, de se développer, d’améliorer leurs conditions de vie et de contrôler leur propre destinée, conformément à des choix librement consentis.’

La Libye a averti, que les frappes aériennes dirigées par l’OTAN pourraient entraîner une ’catastrophe humaine et écologique’ si elles endommageaient gravement les installations de la Grande Rivière Artificielle (GMMR).

Voir article de l’AFP du 03 avril 2011 « Libya warns of disaster if ’Great Man-Made River’ hit (AFP) – Apr 3, 2011 »

Voilà, je pense que tout cela n’est pas étranger non plus à la guerre actuelle menée en Libye.

Imaginez un instant que la Libye arrive à cultiver et faire fleurir son désert, puisse se nourrir en toute autonomie, et donc ne craindrait plus les embargos alimentaires de l’étranger dont elle a déjà subi les conséquences, elle pourrait alors vendre son pétrole au plus haut coût.

Si en plus elle arrivait à propager sa technique d’irrigation à d’autres pays d’Afrique (ou d’ailleurs) qui eux aussi deviendraient indépendants et pourraient faire monter le prix de vente de leurs autres ressources minières. Tout cela serait assez catastrophique pour les occidentaux donc il vaut mieux détruire tout cela d’urgence !!!

C’est terrible de voir à quel point la manipulation par les médias peut nous faire accepter des gâchis de projets qui auraient pu sauver des pays entiers de la misère. De plus si ce réseau est détruit par les bombes ce sont déjà 4 millions de Libyens qui vont manquer d’eau immédiatement !! Et on nous dit que la France bombarde pour aider les civils !!!!!! Merci encore à vous de nous informer réellement.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/libye-les-frappes-de-l-otan-95037

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5.
Alors que la nuit est tombée sur la Libye, la vérité se fait jour ! - par SEPH
mardi 1er novembre 2011 ? Document ‘agoravox.fr’.

QUE DE MENSONGES 

Si des personnes ont pu être dupes de la pseudo-révolution libyenne soutenue par les « révolutionnaires » bien connus que sont Nicolas Sarkozy, Bernard Henri Lévy, Obama ou David Cameron, voilà qui pourrait leur ouvrir les yeux à tous ceux qui croient encore à cette mission ’humanitaire’ mise sur pied pour le plus grand bien du peuple Libyen.

Selon l’agence Zengtena, l’OTAN vient de demander aux rebelles qui ont vendu leurs pays de payer la facture de la guerre. La facture se lève à 480 milliards de dollars.

Cerise sur le gâteau, Selon NessBook, une source a déclaré que l’Otan va créer une base militaire en Libye avec un effectif de 20.000 soldats. Des responsables américains ont exprimé leur approbation de mettre jusqu’à 12 000 militaires américains dans cette base.
Selon les mêmes sources, les membres du CNT ont demandé à l’Otan d’installer la base militaire pour affronter le danger des loyalistes du guide Kadhafi.

On apprend que des centaines de soldats du Qatar combattaient aux côtés des rebelles. En effet, pour la première fois, le Qatar admet avoir participé aux opérations sur le terrain aux côtés des rebelles libyens. Un CNT qui, trois jours après avoir proclamé la libération totale du pays, demande à l’Otan de prolonger sa mission jusqu’à la fin de l’année.

Ainsi, on apprend même que le président Omar el-Béchir du Soudan a fourni quantité d’armes aux prétendus « rebelles ». . Ces armes n’ont bien sûr pu être acheminées qu’avec l’accord au moins tacite de l’OTAN http://www.legrandsoir.info/le-qata....

Par ailleurs, l’OTAN a effectué des milliers de bombardements (des milliers de tonnes de bombes de toutes nature ont été utilisées, notamment au phosphore blanc ou à l’uranium appauvri pour détruire les sites profondément enterrés) sur la population civile et sur les soldats libyens. Ces bombardements ont eu pour but de détruire à grande échelle le pays : écoles, hôpitaux, usines, infrastructures diverses...( pour mieux reconstruire après). Tout ceci avec l’aide des sections spéciales Française, Britannique et USA qui ont été déposées sur le sol libyen pour repérer les sites et pour diriger les bombardements, mais aussi pour encadrer les rebelles et faire la chasse au Kadhafi. Ceci en toute illégalité par rapport à la résolution de l’ONU. Comment ne pas remporter une victoire avec des appuis aussi considérables !!!! Ce n’est pas une libération par le peuple, mais une conquête par des armées étrangères.Photo.

En conséquence, la Libye est tombée dans la nuit. Cette guerre qui a fait entre 20.000 et 70.000 morts et des milliers de blessés : des bébés, enfants, femmes, vieillards, … assassinés par des bombes de l’OTAN. Toutes les infrastructures de la Libye sont détruites : des écoles, universités, hôpitaux, mosquées, routes… Comment a t-on pu en arriver là ?

1 - Comme l’Irak, la guerre en Libye a été faite sur la base d’énormes mensonges.

En effet, le secrétaire général le Dr Sliman Bouchuiguir avoue n’avoir AUCUNE PREUVE sur les 6.000 morts, 12.000 blessés et les 700 viols attribué a Kadhafi qui ont été à l’origine de l’intervention de l’OTAN. Pourtant ce personnage s’est rendu au conseil des droits de l’homme des nations unies afin d’y exposer les allégations concernant les crimes du gouvernement de Mouamar Kadhafi..

Or ces accusations ont été reprises par Conseil de Sécurité de l’ONU. Elles sont non seulement invérifiables mais sujettes à caution car il existe un lien intime entre la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme et le CNT.

Ce dernier en tirera profit pour s’emparer du pouvoir grâce à l’intervention massive de l’OTAN (plusieurs milliers de bombardements et des sections spéciales sur le sol Libyen pour encadrer les rebelles et repérer les cibles).

En résumé, C’est sur des allégations sans preuve que le Conseil de Sécurité de l’ONU a déclaré la guerre au peuple Libyens. Réduisant ce pays avancé économiquement et socialement à l’état de servitude du capitalisme Etatsunien. La preuve de tout ceci est le film de Julien TEIL, de 19 minutes , LA GUERRE HUMANITAIRE EN LIBYE : IL N’Y A PAS DE PREUVE ! :http://www.laguerrehumanitaire.fr/http://www.laguerrehumanitaire.fr/

Après le feu vert de l’ONU, le 17 mars 2011, l’OTAN entamait son massacre massif des soldats libyens afin d’installer son régime. La vérité est que cette guerre était préparée depuis longtemps. En effet, les chefs du CNT avaient préparé la conquête de l’OTAN depuis 2007.

Source : http://www.michelcollon.info/Les-chefs-du-CNT-avaient-prepare.html

2 – L’enfer de la Libye de Kadhafi : un niveau social qui gênait l’occident

Que de silence des médias occidentaux à propos du niveau social de la Libye de Kadhafi. La lecture de l’article intitulé “Quelques vérités sur la Libye” rédigé par Helen Shelestiuk et publié dans le n°165 du mois de mai 2011 de la revue B.I (ex-Balkans Infos) aurait très probablement éclairé leur lanterne.

Que dit Helen Shelestiuk : “Lorsqu’on a demandé à l’ex-ambassadeur russe en Libye, Vladimir Chamov, si Kadhafi opprimait ses concitoyens, il a répondu : “Quelle oppression ? Les Libyens bénéficiaient d’un crédit de 20 ans sans intérêts pour construire leurs maisons, un litre d’essence coûte environ 14 cents, la nourriture est gratuite, et on peut acheter une jeep KIA sud-coréenne neuve pour 7500 dollars“.

Et Helen Shelestiuk de poursuivre : “Quels sont les autres faits et chiffres que nous connaissons de la Libye et de son leader ?
Le PIB est de 14192 dollars. Chaque membre d’une famille reçoit une subvention de 1000 dollars par an. Les chômeurs sont payés 730 euros par mois. Le salaire d’une infirmière d’hôpital est de 1000 dollars. Pour chaque nouveau-né, on reçoit 7000 dollars. Les nouveaux mariés reçoivent 64000 dollars pour acheter un appartement. Pour créer une affaire privée, on bénéficie d’une aide financière de 20000 dollars. Les taxes et impôts lourds sont interdits.

L’éducation et la médecine sont gratuites. L’éducation et la formation médicale à l’étranger sont payés par le gouvernement. Il y a des supermarchés pour les familles nombreuses avec des prix symboliques pour l’alimentation de base. La vente des produits au-delà de leur date de consommation est punie de fortes amendes, parfois même de prison. Beaucoup de pharmacies offrent des fournitures gratuites. Diffuser de faux médicaments est un crime majeur. La population ne paie pas l’électricité. La vente et la consommation d’alcool sont interdites, la “prohibition” est une loi. Les prêts d’achats d’une voiture ou d’un appartement sont accordés sans intérêts. Les affaires immobilières sont interdites. Si quelqu’un veut acheter une voiture, jusqu’à 50% du prix est réglé par l’État, 65% pour les miliciens de la garde. L’essence est moins chère que l’eau. Un litre coûte 0,14 dollar. Les bénéfices de la vente du pétrole sont consacrés au bien-être de la population et à l’amélioration des conditions de vie. Beaucoup d’argent a été dépensé pour irriguer le pays avec l’eau des aquifères souterrains. Par son échelle, le système a été appelé “la huitième merveille du monde”. Il fournit cinq millions de mètres-cube par jour à travers le désert et a considérablement augmenté le territoire irrigué. 4000 Kms de pipelines sont profondément enterrés pour les protéger de la chaleur. Tout ce qui a été nécessaire au projet a été accompli par la seule Libye.

Source http://realinfos.wordpress.com/2011/08/26/kadhafi-un-tyran-ajout-dune-video/

3- Les raisons de la guerre de Libye

Kadhafi a été ciblé par Washington, Paris et Londres non pas pour ’libérer’ un peuple du joug d’un dictateur... (qui pour les rares qui connaissent vraiment la Libye et la société libyenne, n’était pas aussi tortionnaire avec son peuple qu’on a pu le dire dans les médias à la botte de la bien pensance...) mais simplement parce qu’il devenait gênant et que son pays était riche avec un niveau social très avancé qui pouvait servir d’exemple.

En effet, Kadhafi avait refusé l’Union pour la méditerranée, voyant en cela un projet de scission entre l’Afrique du nord et l’Afrique noire. Kadhafi avait créé une banque centrale africaine à l’image de la BCE et la BC des USA, pour que l’argent des africains ...reste en Afrique... il projetait ainsi d’abolir le franc CFA (très mauvais pour la France)...il était aussi en train de créer une Union Africaine avec les principaux pays pour contrer l’hégémonie en Afrique des occidentaux... bref... il était un obstacle pour des pays en mal de nouvelles ressources et de nouveaux marchés....

Et maintenant à qui le tour ???? l’Algérie qui à 150 000 000 000 € de réserves bancaires et des réserves de pétroles et de gaz considérables ???? la Syrie qui est un obstacle pour attaquer l’Iran ????

4- Les effets immédiats de son aboutissement

Après la victoire de l’OTAN, la législation de la Libye serait fondée sur la Charia (loi islamique). En effet, ’En tant que pays islamique nous avons adopté la charia (loi islamique) comme loi essentielle et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue’, a indiqué le président du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil l au cours de la une cérémonie de proclamation de la ’libération’ du pays. ’Par exemple, la loi sur le divorce et le mariage (...) cette loi est contraire à la charia et elle n’est plus en vigueur’, a indiqué M. Abdeljalil.

Conclusion

Il y a tant de raisons de se révolter contre cette guerre de Libye, cette intervention colonialiste abjecte, ces résolutions de l’Onu, cette destruction du pays avec des bombardements dignes du Vietnam, cette ville de Syrte (75000 habitants) transformée en champs de ruines, l’assassinat de Kadhafi et de 50 de ses partisans (exécutions sommaires). Tout ces drames humains pour le peuple libyen pour aboutir à la charia (loi islamique). Les destructions des écoles, des hôpitaux, des maisons des usines, ...n’ont pas suffit il faut mettre sous le boisseau, sous une chape de plomb le peuple libyen pour mieux le dépouiller de son pétrole qui était nationalisé et de ses réserves bancaires très importantes.

Le vice-président US Joe Biden s’est chargé d’apporter un éclairage sur cette guerre : « Dans cette affaire, l’Amérique a dépensé 2 milliards de dollars et n’a pas perdu une seule vie. C’est plus de cette manière que nous traiterons les affaires du monde à l’avenir. » Le monde est prévenu, c’est ainsi que l’empire va s’occuper de lui à partir de maintenant.

La tragédie Libyenne a été possible grâce aux mensonges, à la diabolisation de Kadhafi et à la grande entreprise de manipulation des masses. En France (comme partout en Europe) la gauche a bonne mine, elle s’est tue, beaucoup de ses sympathisants ont approuvé cette agression. Mais où est l’humanisme ???? leur laïcité est sans doute toute retournée !!!!!. Cette gauche Française incapable d’affronter le pouvoir en France, mais qui sur la scène internationale se met à la remorque des fascistes de l’OTAN dont l’objectif est de faire main basse sur les richesses et d’asservir les peuples (futurs esclaves modernes) en utilisant la plus grande démagogie (prétexte humanitaire). La gauche s’est discréditée en soutenant les « rebelles », elle sombre désormais dans le ridicule !


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Source : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/alors-que-la-nuit-est-tombee-sur-103284

Voir aussi « Libye : « désastre humain » lié au bombardement de la « Grande rivière artificielle » - Publié le jeudi 8 septembre 2011 - Source : silviacattori.net - http://www.egaliteetreconciliation.fr/Libye-desastre-humain-lie-au-bombardement-de-la-Grande-riviere-artificielle-8023.html

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­6. Quelle gestion de l’eau après l’achèvement de la Grande Rivière artificielle 2012

L’achèvement de la Grande Rivière artificielle en Libye : et maintenant, quelle gestion de l’eau ? Completion of the Great Man-Made River of Libya : what now for the management of its water ?In Les modèles traditionnels de gestion de l’eau en question - Questioning traditional models of water management – Auteur : Sébastien Palluault - Enjeux de l’eau en Méditerranée orientale - Water in the Eastern Mediterranean Edited by Stéphane Ghiotti and Julie Trottier – 2012.

L’achèvement de la Grande Rivière artificielle en Libye : et maintenant, quelle gestion de l’eau ? [Full text] Completion of the Great Man-Made River of Libya : what now for the management of its water ? p. 9-16

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Abstracts Français English

This article discusses the evolution of water resource allocation for the Great Man-Made River in Libya, at a time when the main sections of this vast hydraulic development are nearing completion. Against a backdrop of serious water shortages and a dwindling involvement of the State, the evolution of water resource allocation underlines the priority given to urban areas and the gradual disappearance of agricultural improvement projects on the arid fringes of the Jeffara Plain. Furthermore, the generalization of private access to water makes supply modes to public areas more complicated. Moreover, arbitration over water supply from the Great Man-Made River between both economic sectors and territories is at the crossroads of institutional overlaps and local and national lobbying.

Mots-clés : eau, Libye, Grande Rivière artificielle, politiques hydrauliques, agriculture irriguée

Keywords : water, Libya, Great Man-Made River, hydraulic policies, irrigated agriculture

Geographical index : Ukraine, Tunisie, Lybie, Sahel, Tripoli, Sahara, Mali, Niger, Tchad, Grande Rivière Artificielle, Jeffara, Koufra, Ghadamès, Jebel, Tajira, Zawiyah, Al Aziziyad, Al Khadra, Cyrénaïque, Abou Aïsha, Garabulli, Oubangui, Agérie, Syrte, Misurata

Contenu

1 - L’inscription du projet de la Grande Rivière artificielle dans la Jeffara libyenne

1.1 - Les enjeux de la Grande Rivière artificielle dans la Jeffara

1.2 - Vers une diminution de la part attribuée au secteur agricole

1.3 - De la mise en valeur des steppes à la sauvegarde du potentiel agricole de la Jeffara

1.4 - Développement agricole et gestion de l’eau dans les nouveaux projets agricoles reliés à la GRA

2 - La gestion des eaux de la Grande Rivière artificielle : les nouveaux défis

2.1 - Le problème de la fourniture de l’eau de la GRA dans les anciens périmètres publics

2.2 - La gestion de l’eau face à l’intrication des institutions et des échelles d’intervention

2.3 -L’après Grande Rivière artificielle : vers un changement de paradigme ?

Conclusion

Note sur l’auteur : Cet article est issu d’un travail de thèse soutenu en 2009. Les enquêtes de terrain dont il est question ici ont été réalisées en 2005 et 2006 dans plusieurs périmètres agricoles publics ainsi qu’auprès d’agriculteurs détenant des forages individuels. Ce travail a été effectué dans le cadre d’une convention d’accueil entre l’Université Al Fateh de Tripoli et l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense.

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Près d’une trentaine d’années après le début des travaux, la construction de la Grande Rivière artificielle libyenne (GRA) est en voie d’achèvement. Les principaux tronçons de cet immense réseau de transfert des eaux sahariennes vers les régions littorales sont désormais opérationnels. Tandis que les principales villes littorales ont d’abord été approvisionnées, dès les années 1990, la distribution de l’eau s’étend depuis peu à peu aux exploitations agricoles.

Après la période dédiée au génie civil et à l’ingénierie hydraulique vient donc le temps de la gestion de l’eau. Or, la question des modalités d’accès et d’usage de ces ressources reste entière, notamment en ce qui concerne le secteur agricole. La rhétorique officielle a entretenu l’idée d’une contribution significative de cet aménagement hydraulique dans un souci de légitimation de son action, mais ce indépendamment du stade d’avancement des travaux hydrauliques ou du nombre d’exploitations desservies. Répondant au principe d’autosuffisance alimentaire, inséparable de la souveraineté nationale selon la doctrine du régime déchu, l’agriculture est pourtant appelée à devenir la principale bénéficiaire de l’arrivée de la GRA.

Or, l’étatisation des ressources hydrauliques à travers le projet de la GRA est confrontée à une mutation profonde de l’activité agricole. Depuis la fin des années 1980, plusieurs tendances lourdes ont ébranlé l’assise économique et modifié le contexte sociopolitique de la Libye, remodelant les dynamiques comme les conditions de renouvellement des systèmes agricoles. La diminution des capacités de redistribution de la manne pétrolière a favorisé une recomposition des interventions politiques (Vandewalle, 1998), dont le délitement de l’appareil d’État et l’émergence de nouveaux échelons régionaux en constituent l’expression (Martinez, 2007). Dans le contexte des années 1990 marqué par la stagnation du pouvoir d’achat et l’érosion du budget consacré à l’agriculture (Otman et Karlberg, 2007), le développement du commerce privé, l’essor de l’économie informelle, la libéralisation croissante des échanges ont contribué à recomposer les logiques d’articulation du secteur agricole avec les autres activités économiques. Portée par l’initiative individuelle, favorisée tant par le faible coût des intrants que par la disponibilité de la main‑d’œuvre étrangère, la dynamique agricole se traduit par une intensification croissante des systèmes agraires littoraux et un renouveau de l’agriculture saharienne. Cependant, la dégradation généralisée de la situation hydraulique est venue cristalliser de nouveaux enjeux de concurrence pour l’accès à l’eau, entretenant autant l’espoir que le scepticisme suscités par le projet de la Grande Rivière artificielle (Wheida et Verhoeven, 2007).

Ces bouleversements suggèrent que la question de l’eau se noue au cœur de nombreux paradoxes. Nous les mettrons ici en perspective pour questionner les modalités d’inscription du projet de la GRA dans la plaine de la Jeffara, la principale région agricole et démographique de la Libye. Nous montrerons dans une première partie dans quelle mesure les eaux de la GRA contribuent d’abord aux populations des zones urbaines et secondairement aux périmètres irrigués dans cette région. La seconde partie proposera une analyse des défis qui se présentent aux autorités libyennes en termes de gestion de l’eau face aux limites de ce vaste projet.

1 - L’inscription du projet de la Grande Rivière artificielle dans la Jeffara libyenne

5La GRA se présente comme un vaste projet d’adduction d’eau connectant plusieurs bassins hydrogéologiques sahariens aux régions septentrionales où se concentrent populations et activités économiques.

Fig. 1

Fig. 1

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Le réseau de la Grande Rivière artificielle dans la plaine de la Jeffara. Source : Autorité de la Grande Rivière artificielle.

À terme, le transfert de 6 à 6,5 millions de mètres cubes par jour est envisagé. Près de la moitié de ce volume doit être acheminée vers la Jeffara, en grande partie à travers la branche occidentale de la GRA (la seconde phase du projet) qui est opérationnelle à Tripoli depuis 1996 mais dont la construction n’a été achevée qu’en 2007. Ce tronçon, prévu pour un débit de 2,5 millions de mètres cubes par jour, est alimenté en eau dans le Fezzan et se divise en deux canalisations distinctes avant de rejoindre la plaine de la Jeffara. Son exploitation est passée d’environ 25 millions de mètres cubes en 1996 à près de 200 millions de mètres de cubes en 2005. Ce réseau de transfert est aussi raccordé à la branche orientale de la GRA, suite à la réalisation d’une extension qui doit permettre le transfert d’un supplément d’eau provenant de forages situés dans la région de Koufra, à l’extrême Sud-Est du pays. Enfin, les localités situées près de la frontière tunisienne (entre Zawiyah et Zouara) devraient bénéficier, dans quelques années, de la réalisation de canalisations alimentées par des forages situés dans la région de Ghadamès.

1.1 - Les enjeux de la Grande Rivière artificielle dans la Jeffara

Dans son acceptation la plus large, la Jeffara libyenne désigne la plaine qui s’étend entre le rivage méditerranéen et le Jebel tripolitain. Caractérisée par des conditions climatiques et hydrauliques relativement favorables dans ce pays à dominante hyper-aride, cette région offre une étroite imbrication entre les pôles urbains qui s’étendent le long du littoral et une campagne tripolitaine marquée par l’emprise d’une agriculture intensive.

Principal bassin démographique du pays, la frange côtière a été soumise à une intense urbanisation, liée à la croissance démographique, au rayonnement économique de Tripoli, ainsi qu’à l’absorption des flux migratoires, notamment en provenance du Jebel tripolitain (Fontaine, 2000). Les anciennes palmeraies littorales ont ainsi perdu leur vocation agricole pour former une conurbation de plus de deux millions d’habitants. Sur une bande large de 25‑à‑30‑kilomètres en retrait du littoral, la plaine associe une fonction résidentielle à une intense activité agricole et forme la principale région de production du pays. Axe majeur de pénétration de la colonisation agraire italienne, la plaine a connu une évolution brutale de son agriculture à partir des années 1960, suite aux bouleversements de l’économie libyenne liés à l’exploitation pétrolière (Allan, 1981). D’agropasteur, l’habitant de la Jeffara est devenu urbain tout en profitant de conditions avantageuses pour développer l’irrigation. Croissance rapide des revenus familiaux, proximité de l’écoulement urbain, facilités pour l’appropriation du foncier, disponibilité de la main‑d’œuvre étrangère, faibles coûts d’investissement dans l’hydraulique : tels ont été les principaux leviers du développement intensif de l’agriculture irriguée. Il faut ajouter à ces facteurs le rôle crucial joué par l’État libyen dans l’aménagement et l’équipement de vastes projets agricoles dans la plaine dans les années 1960 et 1970.

Dans une région où la faiblesse de la pluviométrie se conjugue à l’absence de cours d’eau permanent, ces mutations ont été dépendantes de la mobilisation croissante des ressources souterraines. Cependant l’exploitation intensive des aquifères a conduit à une situation hydraulique alarmante : à l’épuisement progressif des nappes s’est conjugué un phénomène d’intrusion des eaux salines dans les nappes littorales, qui s’étend jusqu’à une dizaine de kilomètres à l’intérieur des terres (Salem, 2005).

Ainsi, la construction de la GRA répond, dans cet espace, à un triple enjeu : combler les déficits en eau liés à l’épuisement des réserves souterraines, sécuriser les approvisionnements en eau potable soumis à la salinisation des captages, amener l’eau nécessaire à une nouvelle phase d’intensification agricole permettant de relever les défis de l’autosuffisance alimentaire. Tandis que ce troisième enjeu a été mis en avant par les autorités tout au long de la phase de réalisation, la mise en œuvre progressive de ce réseau dessine une toute autre hiérarchie.

1.2 - Vers une diminution de la part attribuée au secteur agricole

L’arrivée de la GRA à Tripoli, en septembre 1996, a marqué la prééminence accordée à la satisfaction des besoins urbains. Si le dérèglement du système d’approvisionnement en eau potable a justifié une allocation exclusive aux populations de la bordure côtière dans un premier temps, la lenteur du raccordement de la GRA aux exploitations agricoles de la plaine augure d’une réduction significative des allocations destinées au secteur agricole.

En effet, à mesure de la dégradation des nappes côtières et de l’abandon des forages pour l’alimentation en eau potable, la zone de desserte de la Grande Rivière artificielle s’est considérablement élargie. À terme, l’ensemble des bourgs et villes situés le long des canalisations souterraines doivent être approvisionnés par la GRA, soit une population estimée à près de trois millions d’habitants en 2006 pour la seule tripolitaine. L’interruption de l’approvisionnement de la GRA à la fin du mois d’août 2011, dans le cadre du conflit qui a opposé les troupes loyalistes du régime de M. Khadafi aux « rebelles » du Conseil National de Transition (CNT), a ainsi mis à jour la dépendance de plus d’un million d’habitants à ce réseau. Par ailleurs, la demande en eau par habitant est très élevée en Libye compte tenu du niveau d’équipement des ménages, de la hausse des conditions de vie et des faibles progrès des modes d’économie d’eau, dans un pays où la ressource continue d’être généreusement mise à disposition par les pouvoirs publics (tableau 1).

Tableau 1

Tableau 1

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L’importance des usages urbains dans l’allocation des eaux de la G.R.A - Source : Autorité de la Grande Rivière artificielle, 2008, site internet www.gmmra.org

Du fait de la dégradation rapide des aquifères et de la croissance soutenue des besoins, la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable ne peut être assurée, dans l’attente d’une hypothétique modernisation des stations de dessalement de l’eau de mer, que par le transfert vers les villes des ressources de la GRA initialement réservées à l’irrigation. Les projections des années 1990, qui s’appuyaient sur l’hypothèse d’une allocation au secteur agricole de 80 % des eaux acheminées par le tronçon occidental de la GRA. (Mott Mac Donald, 1993), apparaissent donc obsolètes. Les usages urbains devraient absorber en 2025 près de la moitié des ressources transférées dans les canalisations de la phase 2 (tableau 1), et ce dans l’hypothèse d’une exploitation optimale des forages alimentant la GRA. On peut donc en conclure que la part alloué au secteur agricole sera bien plus faible qu’escomptée par les autorités au début des années 1990.

1.3 - De la mise en valeur des steppes à la sauvegarde du potentiel agricole de la Jeffara

Outre la diminution des allocations prévues pour l’agriculture, les autorités en charge de la gestion de la GRA procèdent à une réorganisation spatiale des espaces agricoles desservis par cette infrastructure. Cette reconfiguration se traduit par le transfert vers les exploitations privées de la bande littorale des eaux prévues pour la mise en valeur de la plaine intérieure. Elle semble ainsi consacrer la priorité accordée à la sauvegarde du potentiel agricole existant plutôt qu’à la mise en valeur de nouvelles terres.

Initialement, l’arrivée de la GRA devait conforter la dynamique de mise en valeur initiée dans la plaine intérieure par la création de nouveaux périmètres agricoles (Mott Mac Donald, 1993). L’ampleur des coûts d’équipement et les faibles résultats des périmètres existants ont sans doute convaincu les autorités libyennes de limiter l’aménagement de nouveaux projets agricoles dans les marges arides de la plaine. Seuls quelques milliers d’hectares, répartis sur trois nouveaux périmètres agricoles situés sous des gradients climatiques plus favorables, seront mis en culture grâce à l’arrivée de la GRA. La faiblesse des réalisations est significative du tournant opéré par l’État en lien avec la diminution de ses interventions et face à la menace que fait peser à court terme la dégradation des ressources souterraines.

Le rabattement et la salinisation des nappes phréatiques conduisent, en effet, à une situation délicate dans les exploitations situées à proximité du littoral. L’augmentation des coûts d’investissement, d’exploitation et de maintenance du matériel hydraulique se conjugue à la reconversion des systèmes agricoles vers des cultures mieux adaptées aux contraintes du milieu, mais généralement à plus faible valeur ajoutée. L’élévation de la salinité de l’eau a ainsi entraîné une forte rétraction des surfaces dédiées à l’arboriculture fruitière, particulièrement les agrumes dont la superficie a été réduite de 65 % entre 1988 et‑2000 (Elaswed, 2009). L’approfondissement ou le déplacement des ouvrages, soutenus par le recours informel à des entreprises effectuant ces travaux pour le compte des propriétaires, ont constitué des réponses à court terme face à l’ampleur du phénomène. Afin de conserver le potentiel d’une région stratégique pour la sécurité alimentaire du pays, les autorités libyennes envisagent donc d’alimenter un large secteur littoral allant de Tajura à Zawiyah, et jusqu’à Al Aziziyah au sud de Tripoli. Approvisionnées en eau à partir de neufs grands réservoirs hydrauliques, les exploitations de la plaine devraient disposer d’eau pour couvrir les besoins de plusieurs dizaines de milliers d’hectares, selon la structure en charge de l’utilisation des eaux du tronçon occidental de la GRA. 

Ce changement de cap stratégique n’est pas étranger à la pression qu’exerce une population urbaine, à travers ses relais dans l’appareil politico-administratif, face à la dégradation de son patrimoine agricole. Avec l’arrivée de la Grande Rivière artificielle, certains espèrent en effet maintenir les conditions de renouvellement de leur activité agricole, qui constitue un complément non négligeable à leurs revenus familiaux. Les modifications apportées au plan de développement agricole élaboré au début des années 1990 peuvent aussi s’interpréter comme la traduction de revendications locales pour bénéficier d’un accès à cette manne hydraulique. Élément essentiel du contrôle politique (Martinez, 2000), les modalités de distribution des ressources en eaux participent en effet du fonctionnement clientéliste du régime libyen. Il semble qu’à mesure de l’aménagement de la GRA, ces revendications aient portées leur fruit jusqu’à remettre en cause l’une des finalités de ce système de transfert, à savoir la mise en valeur de nouvelles terres agricoles dans les franges présahariennes. Or, même dans les nouveaux périmètres aménagés par l’État pour valoriser les eaux de la GRA, la situation agricole illustre la recomposition des orientations du pouvoir libyen.

1.4 - Développement agricole et gestion de l’eau dans les nouveaux projets agricoles reliés à la GRA

En 2006, seulement deux périmètres publics bénéficiaient des eaux de la GRA : le projet d’Abou Aïsha et celui de Tarhouna. Le premier est situé à 60 kilomètres au sud de Tripoli, et s’étend sur 4 800 hectares. Le second, localisé à une vingtaine de kilomètres au sud de Tarhouna, couvre une superficie de 1 240 hectares, dont 650 hectares destinés à l’irrigation. Leur mise en œuvre témoigne d’une évolution profonde des modes d’intervention de l’État par rapport à la période dirigiste des années 1970.

Le rôle de l’autorité de la Grande Rivière artificielle, qui est décentralisée dans chaque projet, se réduit principalement à la fourniture de l’eau et à la maintenance de l’infrastructure hydraulique, même si elle est aussi chargée de superviser toutes les dimensions du projet. L’une des principales innovations intéresse l’instauration d’une tarification de l’eau dans ces périmètres. Sur le projet agricole d’Abou Aïsha, le prix de l’eau au m3, évalué par un compteur situé sur chaque lot, est complété d’une redevance de 150 dinars libyens par hectare par an destinée à couvrir les frais de maintenance des réseaux hydrauliques. Les tarifs sont variables selon les périmètres et le recouvrement des factures d’eau est lié, selon des exploitants, à la santé financière des exploitations. Bien qu’elle soit modérée et ne permette pas de couvrir le coût réel de l’eau, cette tarification est le signe d’une volonté du pouvoir de réduire les déficits liés à sa politique de grande hydraulique. Elle doit aussi permettre, selon les responsables de l’autorité de la Grande Rivière artificielle dans ces projets, de sensibiliser les producteurs à une gestion plus économe de la ressource.

L’exploitation agricole des périmètres est effectuée par une main‑d’œuvre souvent étrangère, directement liée à une société libyenne ou non. Ainsi, à Tarhouna, c’est un consortium de sociétés européennes et égyptiennes rejoint par des investisseurs nord-américains qui est en charge de la mise en valeur des terres. Créé en 2002, Technofarm International Ltd exploite plusieurs périmètres agricoles reliés au tronçon oriental de la GRA, notamment le vaste périmètre d’Al Khadra en Cyrénaïque et quelques milliers d’hectares dans la région de Syrte. Rémunérée sur les recettes provenant de la vente des productions agricoles sur le marché libyen, cette société prend en charge l’investissement dans les systèmes d’irrigation, les équipements nécessaires à la production ainsi que les semences et les intrants. Elle est en outre responsable du recrutement et de l’encadrement de la main‑d’œuvre agricole. En 2006, une vingtaine de sociétés libyennes et étrangères cultivaient les terres du projet d’Abou Aïsha, parmi lesquelles une entreprise tunisienne exploitant 200 hectares de tomates destinés à l’industrie agroalimentaire.

Par rapport aux aspirations du régime libyen dans les années 1970, le contraste est troublant : l’agriculture n’est plus seulement dépendante d’un équipement, d’une ingénierie ou d’une main‑d’œuvre étrangère, elle repose aussi sur un encadrement et des capitaux étrangers. On est loin de la politique volontariste axée sur l’installation de paysans libyens et l’aménagement de projets agricoles autour de petits bourgs fondés ex-nihilo (Attir, 1985) ! Dans ce contexte, le maintien du « dogme » de l’autosuffisance alimentaire relève essentiellement du discours officiel et semble d’ailleurs s’estomper à mesure du ralliement de la Libye aux règles d’une économie de marché mondialisée. Certes, la céréaliculture et les fourrages conservent encore une place importante à Tarhouna, mais le développement des productions maraîchères et de l’arboriculture fruitière témoigne d’une orientation de plus en plus nette vers des spéculations commerciales. Jusqu’à la chute du régime de M. Khadafi, ces projets conservaient une portée symbolique et politique. Les étendues agricoles à perte de vue contribuaient à diffuser l’image d’une prospérité retrouvée et démontraient la capacité du pouvoir central à engager la modernisation du pays malgré les contraintes de sa géographie.

Cependant, quels que soient les résultats à long terme, ces périmètres ne constituent pas un modèle aisément transposable. L’absence d’appropriation foncière et d’une exploitation agricole antérieure dans les franges arides de la Jeffara a permis à l’autorité publique de disposer d’une grande marge de manœuvre pour déterminer les conditions d’aménagement de ces périmètres, les règles d’accès ou d’utilisation des ressources, la nature des systèmes de production, etc. C’est pourquoi les pouvoirs publics ont d’abord entrepris la création de nouveaux périmètres au lieu de fournir l’eau aux exploitations déjà existantes Mais dans les secteurs les plus favorables de la plaine au plan agricole, les terres se caractérisent par des formes d’appropriation privée de la terre – même informelles – et des modes d’accès individuels aux ressources. Tandis que les autorités tendent à accorder une prépondérance aux exploitations privées dans l’usage agricole des eaux de la GRA, la question des modalités concrètes de leur gestion est toujours posée.

2 - La gestion des eaux de la Grande Rivière artificielle : les nouveaux défis

2.1 - Le problème de la fourniture de l’eau de la GRA dans les anciens périmètres publics

Au début des années 1990, l’utilisation agricole des eaux de la GRA était principalement envisagée pour favoriser l’intensification agricole dans les périmètres aménagés par l’État dans la plaine intérieure de la Jeffara (Mott Mac Donald, 1993). Établis dans le cadre du plan décennal de développement agricole (1973-1982) sur plusieurs dizaines de milliers d’hectares, ces projets se partagent en deux types distincts : les fermes étatiques, dont l’aménagement et l’exploitation relèvent uniquement de l’intervention de l’État, et les concessions, qui répondent à des objectifs d’emploi et de peuplement, l’émergence d’une petite paysannerie libyenne constituant la finalité de cette intervention particulièrement dirigiste. Ces périmètres sont divisés en une multitude de lots de 5 à 25 hectares. Dans ces projets, l’État a aménagé l’espace (route, électricité, eau), chaque exploitation (bâtiments, machines agricoles, matériel d’irrigation), et a fourni en outre les premières ressources agricoles (cheptel, semences, plantation d’arbres). En contrepartie, chaque famille installée devait exploiter la terre selon un schéma défini par l’administration et rétribuer l’État jusqu’à la pleine accession à la propriété.

À partir de la fin des années 1980, la situation de ces périmètres a été caractérisée par une dégradation de la fourniture de l’eau, basée sur l’exploitation de forages publics. L’activité agricole, qui est en grande partie conditionnée à l’apport d’eau d’irrigation compte tenu des contraintes climatiques, s’est considérablement réduite. De manière à assurer le renouvellement de leurs exploitations, les familles libyennes ont donc creusé des puits individuels sur les terres qu’elles cultivaient, ouvrant la voie à un changement dans les systèmes agraires et dans les pratiques d’irrigation. Bien que le creusement d’ouvrages hydrauliques soit théoriquement interdit par la législation dans les terres du domaine public, les populations ont bénéficié de la bienveillance des autorités locales de la shaabiyat.

Cette substitution progressive du réseau public défaillant par les points d’eau individuels s’est accompagnée d’un passage aux cultures commerciales avec un intérêt marqué pour le maraîchage d’hiver et d’été. Céréaliculture et élevage demeurent secondaires alors même qu’ils constituaient un objectif stratégique pour l’administration. Pourvus de nouveaux moyens d’accès à la ressource en eau, les agriculteurs se sont affranchis de la tutelle de l’État et exploitent dorénavant les terres – dont ils s’estiment propriétaires – selon des logiques et des stratégies qui leur sont propres. Le recours à la main‑d’œuvre étrangère s’est généralisé dans ces périmètres : le chef d’exploitation libyen contractualise avec des ouvriers essentiellement égyptiens la mise en valeur de sa ferme : le premier fournit la terre et l’eau, tandis que les seconds apportent leur force de travail et les intrants. Ce type d’accord permet à l’exploitant libyen de minimiser les risques financiers, de bénéficier de revenus élevés issus de cultures techniquement exigeantes, mais surtout de générer des profits de son exploitation agricole tout en assurant des revenus familiaux extra-agricoles. Le développement des cultures fortement consommatrices en eau (notamment les cucurbitacées) est symbolique des comportements de prédation et des logiques de court terme qui s’imposent dans l’utilisation des ressources en eaux dans ces périmètres.

Les changements intervenus dans ces périmètres interrogent dorénavant le mode de gouvernance qui sera proposé et appliqué dans le cadre de la mise en œuvre de la GRA. La privatisation des modes d’accès à l’eau témoigne de l’affranchissement des bénéficiaires de ces projets d’une tutelle administrative qui exigeait une discipline stricte pour le tour d’eau, pour le choix des productions, ou pour le respect de pratiques d’irrigation. L’arrivée de la GRA exige à nouveau que les agriculteurs se conforment à une gestion collective de l’eau, alors même que l’exploitation d’un puits leur offre une certaine autonomie et une relative sécurité de l’approvisionnement. Par ailleurs, les administrations de ces projets liées au ministère de l’Agriculture ont été transférées et n’exercent plus de missions d’encadrement ou de contrôle dans ces périmètres.

Officiellement, selon des responsables du ministère de l’Agriculture supervisant l’alimentation en eau du projet agricole de Garabulli, les agriculteurs disposant de forages ne pourront pas bénéficier de l’eau de ce réseau de transfert. Cependant, la substitution des points d’eau actuels par les eaux de la GRA suppose une application stricte des règles juridiques d’exploitation des puits. Elle ne peut passer que par un relèvement substantiel des contraintes financières pour l’exploitation des ouvrages individuels (par la hausse du prix de l’électricité par exemple) ou par une sorte d’avantage compétitif des eaux de la GRA lié à la limitation du tarif de l’eau. Compte tenu des pratiques de contournements, on peut penser que l’alimentation en eau des périmètres publics relève, à l’avenir, moins de la substitution d’un mode d’accès (forage privé) par un autre (Grande Rivière artificielle), mais de leur complémentarité au sein des périmètres ou plutôt de leur combinaison à l’échelle de chaque ferme. Les agriculteurs seraient alors en mesure de choisir l’un ou l’autre, ou bien les deux, en fonction des avantages et les inconvénients que présente chacun des systèmes d’approvisionnement. Dans une certaine mesure, l’application d’une tarification de la ressource accompagnée d’un contrôle étroit de l’administration pourrait conduire les agriculteurs à renoncer à bénéficier de l’arrivée de la GRA, de manière à conserver toute latitude pour exploiter leur ferme via leur forage.

L’application concrète de la distribution des eaux de la GRA pose donc des problèmes importants, notamment en termes de redéfinition des modalités d’accès à l’eau et de réorganisation des relations entre l’État et les communautés locales. L’échec des périmètres publics a conduit à exacerber les stratégies individuelles, sans que les pouvoirs publics, confrontés au télescopage des logiques et des intérêts des diverses institutions intervenant dans ce domaine, soient à même de définir une orientation politique claire.

2.2 - La gestion de l’eau face à l’intrication des institutions et des échelles d’intervention

Les questions que soulève la gestion des eaux de la GRA renvoient à la faiblesse et l’enchevêtrement institutionnel qui caractérise l’appareil d’État libyen. L’Autorité Générale de l’Eau (General Water Authority, GWA), a théoriquement vocation à définir et mettre en œuvre la politique de l’eau. Toutefois, cette institution demeure sous l’autorité du ministère de l’Agriculture et n’a pas les moyens d’exercer la police de l’eau. Elle reste ainsi confinée dans un rôle relevant davantage de l’expertise technique que de l’élaboration et de l’application d’une politique publique. Par ailleurs, la portée de son action demeure limitée face aux chevauchements de ses compétences avec celles d’autres organismes d’État, comme l’Autorité de la Grande Rivière artificielle (Great Man Made River Authority, GMRA). Créée en 1983 et chargée de superviser l’ensemble du projet de la Grande Rivière artificielle, cette institution bénéficie d’une forte proximité avec le pouvoir central et de moyens financiers et technologiques très importants. Instrument du contrôle du pouvoir central sur les ressources hydrauliques, la GMRA dispose d’une forte autonomie d’appréciation et d’action en termes de gestion de l’eau.

Parallèlement, la dissolution progressive de l’appareil d’État s’est traduite par un transfert de compétences et de moyens aux shaabiyats, qui forment une nouvelle entité administrative à l’échelon subrégional (Martinez, 2007). C’est ainsi que les agriculteurs ont pu s’appuyer sur ces administrations locales pour justifier la construction de nouveaux forages individuels alors même que le creusement de tout ouvrage hydraulique est théoriquement interdit dans la plaine.

En quelques décennies, les modes de gouvernance de l’eau se sont déplacés d’une gestion tribale locale à une gestion de plus en plus administrative et centralisée. Dernièrement, la décentralisation opérée à travers la création des shaabiyats a conduit à une diversification des structures opérant dans ce domaine, sans qu’une homogénéisation des approches soit construite. Cet enchevêtrement institutionnel se répercute de manière très concrète sur l’absence de coordination des différentes échelles d’appréhension et d’intervention dans le domaine de l’eau. Si la GWA se fonde sur des logiques topographiques de bassin-versant et intègre désormais même l’échelon hydrogéologique, l’action des shaabiyats qui forment désormais le niveau privilégié de l’action publique, s’inscrit dans un échelon administratif, qui est en outre régulièrement modifié.

La « dilution » de l’État à travers la décentralisation, le démantèlement ou la création d’un certain nombre d’institutions et de ministères, a conduit à une confusion institutionnelle, qui se répercute de manière criante dans l’absence d’une régulation des prélèvements en eau d’une définition claire des modalités d’usage de la GRA.

2.3 -L’après Grande Rivière artificielle : vers un changement de paradigme ?

Longtemps présenté comme la solution définitive au problème de l’eau en Libye, à tel point que la politique hydraulique était entièrement subordonnée à sa mise en œuvre, le projet de la GRA démontre des limites nombreuses. Les autorités doivent résoudre une équation économique et environnementale difficile compte tenu de l’importance des investissements nécessaires au maintien de l’exploitation et des incertitudes pesants sur le rythme d’épuisement des ressources fossiles.

Aussi, depuis la fin des années 1990 émergent d’autres voies pour gérer la ressource et suppléer ce réseau de transfert. Dans ce pays pétrolier, le paradigme de la gestion de l’eau est étroitement associé au développement d’options technologiques coûteuses, avec le recours à une ingénierie moderne et des capitaux abondants. C’est dans cette optique qu’il faut analyser le projet de réalisation de la « Sea Water Desalination River  », un programme de désalinisation des eaux de grande ampleur, destiné à compléter la GRA (Elhassadi, 2008). De la même manière, le détournement des eaux de l’Oubangui vers le Lac Tchad puis vers le sud de la Libye pour approvisionner les aquifères sahariens, a été intégré comme une alternative crédible au problème de l’eau par les autorités libyennes. La construction de la GRA ayant démontré la possibilité technique d’acheminer d’importants volumes d’eaux malgré un environnement hostile, les autorités libyennes envisagent la mise en place d’infrastructures de transferts à très grande échelle.

Cependant, d’autres logiques émergent. La définition d’une nouvelle stratégie nationale pour la gestion des ressources en eaux (National Strategy for Water Resources Management 2000-2025) marque l’inclination de plus en plus concrète vers l’adoption d’une gestion plus intégrée des ressources. Cette stratégie introduit en effet l’abandon de la politique d’autosuffisance alimentaire, à travers la reformulation des concepts de sécurité alimentaire et de sécurité hydraulique. Elle fixe aussi comme objectif la régulation de la demande en eau agricole, sur la base d’une forte baisse du déficit budgétaire du secteur de l’eau, d’une introduction des mesures d’économie d’eau et de l’application des règles d’accès et d’exploitation à la ressource. Si cette orientation n’a pour l’heure que peu d’effet compte tenu de la « paralysie » des institutions libyennes, elle constitue un rattrapage par rapport aux pays voisins, notamment maghrébins, qui se sont lancés dans une gestion à la fois plus rationnelle et optimale de leurs ressources en eaux. Les projets visant à développer une agriculture hors des frontières libyennes, comme le programme d’échange « blé contre pétrole » avec l’Ukraine ou la concession de 100 000 hectares au Mali dans la zone de l’Office du Niger pour y développer la culture du riz, expriment une nouvelle manière d’envisager la sécurité alimentaire du pays. Les capacités financières de la Libye lui permettent du reste d’accéder facilement au marché international et de supporter un accroissement des importations grâce aux revenus du pétrole.

Par ailleurs, le devenir des usages de l’eau en Libye se conçoit désormais à une échelle territoriale élargie et dans une dynamique de coopération régionale, qui n’en est encore qu’à ses balbutiements. Même si cette dimension est clairement empreinte d’une portée géopolitique, la Libye s’est engagée fortement depuis la fin des années 1990 dans l’émergence d’une gestion partagée des ressources en eaux souterraines. Ce nouveau rôle s’est traduit par l’organisation de nombreuses conférences internationales consacrées à cette question depuis 2000 et par la candidature de Tripoli comme siège régional du programme hydrologique international en matière de gestion des ressources en eaux souterraines partagées auprès de l’UNESCO. La problématique de l’eau dans la Jeffara libyenne est par exemple imbriquée à l’évolution des pompages opérés dans le système aquifère du Sahara septentrional, que partagent l’Algérie et la Tunisie avec la Libye. La coopération amorcée entre les principales institutions de l’eau tunisienne, libyenne et algérienne sous l’égide de l’Observatoire du Sahel et du Sahara (OSS) à Tunis constitue les premiers pas d’une collaboration transnationale visant à trouver une solution pérenne pour maintenir de façon concertée un niveau d’exploitation raisonnable des nappes souterraines (OSS, 2008).

Ces évolutions ne traduisent sans doute pas un changement de paradigme dans la gestion des ressources en eaux en Libye. Elles démontrent néanmoins, qu’en parallèle de la mise en œuvre de la GRA, des actions sont entreprises pour pallier les limites de ce système de transfert et pour rechercher des alternatives à celui-ci. Le défi qui est posé au nouveau pouvoir libyen est de trouver dès à présent les moyens d’affranchir les populations et les secteurs d’activités de leur dépendance progressive à la GRA.

Conclusion

Bien qu’il soit prématuré de dresser un bilan, et sans minimiser son rôle dans la sécurisation des approvisionnements en eau potable d’une partie de la population libyenne, la mise en œuvre du projet de la Grande Rivière artificielle laisse entrevoir un impact beaucoup plus limité que celui escompté par les autorités libyennes au début des années 1980. L’aggravation de la situation hydraulique a conduit en effet à réserver une grande partie de cette manne hydraulique aux usages urbains, et ce au détriment d’une alimentation des périmètres irrigués. La raréfaction et le renchérissement des ressources ont donc amené le pouvoir libyen à assumer des arbitrages sectoriels et territoriaux pour éviter une exacerbation des concurrences intersectoriels et limiter la pression portant sur l’accès et l’usage des eaux de la GRA.

La mise en place de la GRA conduit à harmoniser l’organisation institutionnelle du secteur de l’eau et surtout à reconfigurer les relations entre le national et le local. Elle représente un enjeu du remodelage politique libyen en cours, et elle en traduira aussi l’expression à travers les modalités de gestion de l’eau qui seront définies. En effet, les représentants des régions qui se sont soulevées contre le régime de M. Khadafi en 2011 exerceront probablement une pression forte pour bénéficier de la GRA au détriment des populations longtemps restées fidèles au leader déchu. Dans quelle mesure l’évolution politique de la Libye va-t-elle modifier, dans les prochaines années, le partage des eaux de la GRA entre la Cyrénaïque et la région de Syrte, entre la région de Misurata, le Jebel tripolitain et la Jeffara ? À l’heure des revendications autonomistes et des tensions politiques entre les différentes communautés de la Libye, l’eau peut apparaître comme un facteur supplémentaire de disputes. Mais on doit aussi la considérer comme un formidable levier de coopération et d’unité nationale tant la GRA a contribué à tisser des relations d’interdépendance entre les régions libyennes au sujet de leur approvisionnement en eau.

Le défi pour les nouvelles autorités libyennes sera donc à la fois de trouver un certain équilibre dans les modalités d’allocation des ressources en eaux et d’associer à ce vaste projet de génie civil une réorientation des politiques hydrauliques. Celle-ci devra porter sur la maîtrise de la demande et la régulation des prélèvements dans les nappes souterraines, lesquelles exigent de profondes réformes foncières, agricoles, économiques. Or, au cœur de ces évolutions se joue une remise en cause des logiques de redistribution de la manne pétrolière, qui sont le ferment de la légitimation du pouvoir dans les pays producteurs d’or noir.

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Bibliography

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About the author : Sébastien Palluault Laboratoire GECKO, Université Paris Ouest Nanterre-La Défense, spalluault@gmail.com

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Completion of the Great Man-Made River of Libya : what now for the management of its water ? Source : https://mediterranee.revues.org/6396

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7.
Les printemps arabes et l’eau : la Libye – Document ‘Partage des eaux - Mardi 24 mars 2015, par Larbi Bouguerra - Les révolutions arabes et l’eau | eaux souterraines gouvernance irrigation Libye rareté et sécheresse - Photo

En Libye, dont 95% du territoire est désertique, l’eau a toujours été un enjeu de vie et de mort. La découverte d’une vaste nappe souterraine sous le Sahara a conduit le colonel Khadafi à imaginer un gigantesque projet de transfert d’eau pour alimenter les villes de la côte et une agriculture irriguée : le ’Grand fleuve artificiel’. Un projet hyper-politisé dont le devenir illustre à sa manière les limites de tout un modèle de développement et de conception du pouvoir.

La Libye est un pays désertique à 95%. L’eau y a toujours été un rêve, un mirage, ou… une question de vie ou de mort. Les précipitations y sont inférieures à 100 mm/an ; sauf au Nord, dans la région de Tripoli et au Nord de Benghazi, à l’Est du pays. Là, et là seulement, elles peuvent atteindre 250 à 300 mm/an, permettant alors une agriculture pluviale [1]. Du reste, la région de Benghazi et Derna n’est-elle pas celle du Jebel Lakhdar (la Montagne Verte), l’unique forêt de ce pays qui se maintient grâce à d’abondantes pluies ?

Sur les côtes méditerranéennes, l’eau n’était pas un problème. Traitant de l’histoire de Cyrène dans ses « Enquêtes », Hérodote rapporte, cinq siècles avant J.C, que les différences de température de la mer aux gradins supérieurs permettaient l’étalement de la production agricole et il écrit : « Ainsi la saison des récoltes, à Cyrène, se prolonge pendant huit mois. » De plus, la ville de Leptis Magna, capitale de la Tripolitaine romaine, sous le règne de l’empereur Hadrien (76-138), avait des thermes grandioses, le long d’un wadi [2].

Un pays particulièrement aride

Étant donné l’aridité du pays, l’agriculture libyenne s’est toujours reposée sur l’irrigation, qui revêt ainsi une importance capitale. Elle fournit en effet 80% de la production agricole libyenne. Comme le pays a très peu de ressources d’eau renouvelables, les importations alimentaires sont très importantes – les Libyens consomment donc beaucoup d’ « eau virtuelle » notamment à travers les céréales provenant de l’étranger. La sécurité alimentaire du pays n’est donc pas réalisée. D’où un des slogans favoris de Khadafi : « Il n’y a pas d’indépendance pour un peuple qui se nourrit grâce à l’outremer » [3]. Mais cela n’a pas dépassé le stade du slogan !

Les aquifères en mesure de se recharger se trouvent au Nord : au Jebel Nafousa, dans la plaine de la Jifarah au Nord-ouest et au Jebel Lakhdar au Nord-est. Ces nappes renferment 500 millions de mètres cube d’eau. Le total des eaux renouvelables de surface du pays est estimé à 100 millions de mètres cube - soit 5% seulement du capital hydrique libyen.

La Libye compte 16 barrages qui retiennent en moyenne 61 millions de m3 alors que leur capacité totale est de 385 millions de m3. Le plus important barrage est celui de Qattara avec une capacité de rétention de 135 millions de m3 mais il est en bien mauvais état. La dégradation des capacités des réservoirs d’Afrique du Nord par sédimentation est bien étudiée par Margat [4] car « la récession des ressources en eau irrégulières maîtrisées est inévitable à plus ou moins long terme ».

Quelques unités de dessalement fournissent entre 20 et 30 millions de m3 d’eau annuellement, alors que la capacité installée est de 65 millions de m3. Les médiocres conditions opératoires expliquent cet écart. On notera cependant qu’en Libye, la totalité des eaux usées est utilisée par l’agriculture.

Comme le montant de la rente pétrolière était de 41,9 milliards de dollars pour 6,6 millions d’habitants en 2010, l’eau était fournie gratuitement aux consommateurs libyens [5]. En 2002, 72% des citadins et 68% des ruraux étaient raccordés au réseau d’eau potable. S’agissant de l’assainissement, les chiffres pour la ville et la campagne étaient respectivement de 97 et 96%. Mais si la ville natale du Chef de la Jamahirriyya (« État des masses »), le Colonel Mouammar Khadafi, était particulièrement choyée, ainsi que toute sa tribu (Qadhadhfa) et les tribus connexes (Warfalla et Maqarha), « bien peu de pétrodollars ont été investis pour le bien-être des 6,6 millions d’habitants de la Libye », estime un document de l’agence africaine Afrol News publié le 16 février 2011, la veille du jour considéré par les Libyens comme celui du déclenchement de leur révolution : « le jour de la colère » du 17 février 2011.

En fait, dans les villes côtières en croissance et comptant près de 10% d’étrangers (sans parler de l’eau nécessaire aux projets industriels lancés après le coup d’Etat du Colonel Khadafi en 1969), la nappe a été tellement mise à contribution que la mer s’y est engouffrée. Les nappes côtières devinrent pratiquement inutilisables pour tous les usages du fait de leur trop grande salinité. En fait, entre 1975 et 2000, l’exhaure totale a été de 4200 millions de m3 soit 8 fois le total des ressources renouvelables du pays, selon la FAO (2005).

Le pouvoir n’avait guère de choix que d’essayer de satisfaire au plus vite les besoins des populations.

Le grand fleuve artificiel, huitième merveille du monde ?

En 1953, lors de forages d’exploration de pétrole dans le Sud de la Libye, on a accidentellement découvert une gigantesque nappe d’eau douce fossile dans une formation géologique appelée Système d’aquifères sableux nubiens (NSAS en anglais). Outre la Libye, cette nappe se trouve sous le territoire du Tchad, de l’Egypte et du Soudan. Elle se serait formée au cours de la dernière période glaciaire, il y a 40 000 ans. On estime son volume à l’équivalent de 500 ans du débit du Nil. Certains experts pensent que la consommation de son eau pourrait durer un millier d’années. On était en présence d’un phénoménal océan d’eau douce de 150 000 km3, couvrant 2 millions de km2 répartis sur quatre bassins. Dans un des pays le plus sec de la planète, il allait étancher la soif de 70% des Libyens et fortement revigorer l’agriculture. Cette manne venait s’ajouter à l’autre fleuron libyen : l’océan souterrain d’hydrocarbures ! En somme, une belle plateforme pour un décollage économique.

Eau fossile et pétrole sont cependant deux ressources non renouvelables.

Pour les experts étrangers, les Libyens n’ont ni les compétences ni l’expertise pour exploiter cette miraculeuse mer d’eau douce enfouie entre 500 et 800 mètres sous le sable du désert nubien. Pourtant, après une parodie de débat parlementaire au Congrès Général du Peuple (Parlement) le 3 octobre 1983, le Colonel Khadafi posera la première pierre du Grand Fleuve Artificiel (GFA), dans la région des champs pétrolifères de Sarir, le 28 septembre 1984. Les travaux devraient durer 25 ans (1985-2010) et que la longueur du réseau serait de 5000 km. On forera en fait 1300 puits dont la profondeur moyenne varierait entre et 800 mètres. Le projet devait être achevé en 2011, l’année de la Révolution qui a vu la mort du Chef.

Ivan Ivekovic, de l’Université américaine du Caire, explique le déroulement des étapes de GFA : « Le projet a été conçu pour comprendre cinq étapes. La phase 1 pompe l’eau à partir des pipelines de l’Est alimentés par les puits d’As-Sarir et de Tazerbo pour alimenter Benghazi et Syrte ; la phase 2 amena l’eau du Fezzan à Tripoli et aux pipelines de l’ouest dans la Jeffara ; la phase 3 visait à créer un système intégré, à augmenter la capacité totale quotidienne à près de 4 millions de m3 et fournir à la ville de Tobrouk 138 000 m3/jour [6]. »

Khadafi visait à assurer l’alimentation en eau potable des villes côtières à raison de cinq millions de m3 par jour. Il visait aussi à assurer au pays la sécurité alimentaire au moyen de l’irrigation. Il avait, en fait, en vue le modèle californien de la San Joaquim Valley. La Californie est également un désert que l’irrigation a transformé et qui produit aujourd’hui, outre le coton, une importante proportion des aliments destinés au marché américain.

Pour ce faire, on prévoit la distribution gratuite de 20 000 parcelles de 5 ha irriguées par l’eau du GFA dans la plaine de la Jeffara. Le problème est que peu de Libyens veulent s’investir dans l’agriculture, loin des villes où vivent 85% de la population. En dépit de quelques réalisations spectaculaires, cette idée a fait long feu car le pouvoir, avec les encouragements du FMI [7], a progressivement abandonné au privé l’allocation de l’eau. D’où une confrontation entre gestion locale et lobbying au niveau national [8]. Le régime de Khadafi n’a pas compris la relation dialectique qui lie le couple sécurité hydrique et sécurité alimentaire. Il lui a manqué une vision d’ensemble et une réelle politique de gestion de la ressource qui associe tous les acteurs.

L’eau du NSAS devait arriver au réservoir d’Ajdabiya, pour la première fois, le 11 septembre 1989. Depuis 1997, deux conduites transportent vers la Tripolitaine 2,5 millions de m3 par jour. La troisième phase a finalement permis le raccordement entre les deux branches principales du projet : la Cyrénaïque et la Tripolitaine, l’Est et l’Ouest du pays.

L’Espagne, l’Italie, le Canada, la Corée du Sud… ont coopéré avec les Libyens pour la réalisation du GFA dont le coût est estimé à 30 milliards de dollars. L’eau du GFA est arrivée à Benghazi à l’est en août 1991. Le tour de Tripoli – sa rivale de toujours- arrivera en 1997.

L’eau, enjeu de pouvoir

Par ce projet, le Guide voulait montrer qu’il redistribuait la manne pétrolière. Mais le népotisme, le favoritisme, la répression, le déni des droits et le chômage qui frappait 40% des jeunes mirent plutôt à nu les tares du régime.

Pire. Par exemple, le bassin de retenue de la grande rivière de Benghazi – ville plutôt rebelle - était confié au bataillon de sécurité de Benghazi, relevant d’un des fils du Chef. Il y avait un avertissement et une menace on ne peut plus clairs : en cas de désobéissance au Chef, l’eau pourrait être coupée.

Khadafi affirmait que l’eau du GFA pourrait aussi irriguer tout le Maghreb voire l’ensemble de l’Afrique et donner ainsi de la substance au projet qu’il a si longtemps caressé : les États Unis d’Afrique. Sans se préoccuper de ce qu’en pensaient les peuples africains !

Pour de nombreux observateurs, l’eau est un des multiples déclencheurs du soulèvement libyen. Tariq Saeedi, l’éditeur du Central and Asia News, compare la situation libyenne à celle du Kashmir, pomme de discorde entre l’Inde et le Pakistan, et aussi à celle du fleuve Amudarya qui prend sa source en Afghanistan puis continue son cours en Ouzbékistan et au Turkménistan. Un conflit serait en gestation, étant donné que l’Afghanistan améliore ses capacités d’extraction d’eau du fleuve, essentielle pour la production cotonnière de ses voisins d’aval.

Certains experts sont d’avis que des conflits avec l’Égypte, le Soudan et le Tchad sont probables s’ils ne sont pas associés au projet. L’Égypte affirme que la nappe fossile est en relation avec le débit du Nil. Ce qui menacerait le volume d’eau nilotique à la disposition du Caire. Les géologues pensent que des affaissements de terrain sont possibles au fur et à mesure que le niveau de la nappe fossile baisse.

Lors de l’intervention militaire du 22 juillet 2011, l’OTAN a détruit des sections du GFA, bombardant notamment l’usine de conduites métalliques du projet à Bréga. Souvent, le réseau du GFA est parallèle à celui du gaz et du pétrole. Serait-ce là son talon d’Achille ?

Au vu des événements dramatiques que vit la Libye aujourd’hui, et étant donné la faiblesse voire la disparition de l’État libyen [9], il est évident que, dans cette région désertique qui essuie des crises et connaît de sérieux problèmes au sujet de la ressource, le vainqueur des confrontations actuelles sera celui qui mettra la main sur ce fabuleux océan d’eau fossile au sud de la Libye et qui atteint maintenant les villes méditerranéennes. Auteur ; Larbi Bouguerra

Références

[1] Site Aquastat de la FAO

[2] Claude Sintes et Gilles Mermet, Libye antique. Un rêve de marbre, Imprimerie Nationale Editions, Paris, 2010.

[3] Hassan Ali Ben Ali, La sécurité hydraulique du monde arabe. La réalité et les chiffres ( en langue arabe), Dar al Barrakh, Damas, sans date.

[4] Jean Margat, « La sédimentation et ses conséquences sur la maîtrise des ressources en eau dans le monde », CR de l’Académie d’Agriculture de France, vol. 88, n°1, 202, p. 105-117.

[5] Des interprétations religieuses – loin de faire l’unanimité- sont peut-être à la base de cette gratuité.

[6] Simba Russeau, Libya : water emerges as hidden weapon », The Guardian, 27 mai 2011

[7] Gilbert Achcar, Le peuple veut. Une exploration radicale du soulèvement arabe, Sindbad Actes Sud, Arles, 2013, p. 240-241.

[8] Sébastien Palluaud, « L’achèvement de la GRA en Libye et maintenant, quelle gestion de l’eau ? », Revue Enjeux de l’eau en Méditerranée Orientale, 2012/2, n° 119, p. 106.

[9] Outre l’armée du général Haftar, il y, depuis le 28 septembre 2014, a un gouvernement à Tobrouk et un autre à Tripoli.

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8. Un point synthétique sur la Grande Rivière Artificielle en Libye avec Wikipédia

La grande rivière artificielle (en anglais GMR, de Great Manmade River, en arabe النهر الصناعي العظيم) est un projet réalisé en Libye qui consiste à pomper les nappes aquifères du Bassin de Nubie, situées à grande profondeur (entre 500 et 800 mètres) sous le désert libyen et de répartir cette eau sur le parcours d’une rivière artificielle constituée d’une canalisation souterraine géante qui traverse le pays de part en part du nord au sud sur plus de 3 000 km.

Sommaire

Photo - Section en travaux en 2004.

La nappe est découverte accidentellement en 1953, lors de travaux d’exploration pétrolière1. D’importants gisements d’eaux fossiles sahariennes apparaissent. Le colonel Kadhafi émet l’idée de grande rivière artificielle, annoncée, et mise en place sur 25 ans.

La première phase représente 85 millions de m³ d’excavation et a été mise en eau le 28 août 1991. La seconde phase est intervenue en septembre 1996.

De nouveaux champs de puits ont été mis en service au nord de l’erg de Murzuq dans le sud-ouest du pays ; au total plus de 480 puits qui alimentent depuis 1997 deux conduites en direction de la Tripolitaine avec un débit de 2,5 millions de m³ par jour. La troisième phase du projet a finalement permis le raccordement entre les deux branches principales du projet : la Tripolitaine et la Cyrénaïque.

Lors de l’intervention militaire de 2011 en Libye, des sections de la GRA ont été détruites par un bombardement de l’OTAN.

Décisions et travaux

  • 3 octobre 1983 : Le congrès général du peuple tient une session extraordinaire pour ébaucher les résolutions des congrès de base qui ont décidé de financer et exécuter le projet.
  • 28 août 1984 : Kaddafi pose la première pierre dans la région des champs pétrolifères de Sarir.
  • 28 août 1986 : Kaddafi inaugure l’usine de Marsa El Brega pour la production de tuyaux cylindriques en béton préfabriqués. Les composants d’acier des tuyaux sont fabriqués par Redaelli Tecna S.p.A., entreprise italienne dirigée depuis Cologno Monzese-Milan et ayant ses usines à Caivano-Naples).
  • 26 août 1989 : Kaddafi pose la première pierre de la phase 2 du projet.
    Arrivée de l’eau
  • 11 septembre 1989 : au réservoir d’Ajdabiya.
  • 28 septembre 1989 : au réservoir Grand Omar Muktar de Benghazi.
  • 4 septembre 1991 : au réservoir Ghardabiya.
  • 28 août 1996 : à Tripoli.
  • 28 septembre 2007 : à Gharyan.
    Description

Photo - Transport de segments de tuyaux

Photo - Creusement de galerie

Ce projet, programmé sur 25 ans, et fruit de la volonté de Mouammar Kadhafi, ex-dirigeant de la Jamahiriya arabe libyenne, absorbe la moitié du budget libyen et est mené avec l’aide de technologies importées de la Corée du Sud. Ce serait actuellement le second chantier au niveau mondial par son importance et son coût. Son but est l’autosuffisance alimentaire de la Libye. L’agriculture est une priorité pour le gouvernement libyen car l’objectif du pays est l’autosuffisance alimentaire.

D’après les scientifiques de l’ONU, si les prélèvements d’eau restent au niveau de ceux de 2007, la ressource devrait être exploitable encore un millénaire2,3, malgré son caractère de ressource non renouvelable. En Libye, les besoins en eau sont très importants, il est donc indispensable d’exploiter les ressources en eau du pays, mais cela en contrôlant les conséquences. L’agriculture est une priorité pour le gouvernement libyen, actuellement ses besoins alimentaires sont pour les trois quarts satisfaits par les importations.

Tout d’abord, la Libye bénéficie d’un climat désertique qui n’est pas favorable au développement de l’agriculture du pays : le pays dépend à 98 % des eaux souterraines, constituant une ressource non renouvelable pour une grande part. Seules quelques nappes aquifères au nord, où les précipitations annuelles dépassent les 300 mm, reçoivent une recharge.

Pour subvenir aux problèmes d’insuffisance alimentaire, l’irrigation par pivots a été installée et des oasis artificielles (culture de la luzerne et cultures maraîchères) furent créées afin d’augmenter la production agricole nationale. On constate aussi l’apparition de périmètres irrigués situés sur les trajets qu’effectue l’eau vers la côte.

Un des autres objectifs du projet est d’alimenter en eau les villes de la côte, au nord, où est concentrée la population.

Les villes étant approvisionnées en eau, les manques sont moins importants, sans avoir disparu.

Cette Grande Rivière apporte beaucoup à la population et à l’agriculture mais a l’inconvénient de puiser dans des nappes souterraines fossiles dont certaines sont situées à ses frontières, puisant ainsi dans les réserves aquifères des pays voisins, (Algérie, Niger, Tchad et Égypte), ce qui pourrait impliquer un risque d’abaissement du Fezzan et du Nil ainsi que de leurs nappes aquifères (du fait des pompages excessifs), ce qui pourrait occasionner des problèmes de gestion de l’eau pour les populations qui vivent grâce à ces fleuves.

Notes et références

Photo - Le réservoir Grand Omar Mukhtar au sud de Benghazi, partie du projet.

Sur les autres projets Wikimedia :

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Voir aussi Irrigation-Libye - Photo Image satellite Irrigation Lybie Source http://perso.telecom-paristech.fr/ clement/images-satellites/pages/Irrigation-Libye.htm

Voir également la carte de « La Grande Rivière Artificielle de la Libye et le Développement Durable », juin 2014. Source : http://www.hidropolitikakademi.org/fr/la-grande-riviere-artificielle-de-la-libye-et-le-developpement-durable.html#

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9.
La Libye ’dégrade’ les nappes d’eau souterraines du Sahara (Fouad Chehat, expert) - Maghreb Emergent | Par Aïssa Bouziane - Publication : 12/04/2016 11h01 CEST Mis à jour : 12/04/2016 11h01 CEST – Document HuffPost Algérie.

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La Libye utilise des ’méthodes non économes’ dans l’exploitation de cette nappe, a affirmé dimanche à la radio le directeur général de l’Institut national de recherche agronomique, M. Fouad Chehat.

Fouad Chehat, directeur général de l’Institut national de recherche agronomique (INRA), a accusé dimanche la Libye de provoquer une détérioration de la nappe albienne, en procédant à un pompage qui ne respecte pas les règles fixées conjointement par les pays riverains. Intervenant dans la matinée au cours d’une émission de radio, M. Chehat a affirmé que la Libye utilise des ’méthodes non économes’ dans l’exploitation de cette nappe.

La Tunisie exploite ’un peu’ la nappe, ’la Libye beaucoup’, a-t-il dit. La partie libyenne ’a dégradé les réserves existantes, en utilisant méthodes non économes’, a-t-il déclaré. Il a appelé à être ’prudent’ dans l’exploitation de cette nappe, en utilisant ’rationnellement’ les réserves disponibles.

Il a plaidé pour ’une exploitation intelligente de ces réserves, non renouvelables’. Pour lui, il faut ’mesurer ce qu’on fait, améliorer très nettement la gestion de l’eau, avec des systèmes économes’.

La nappe phréatique, qui couvre une partie du Sahara algérien, pour s’étendre jusqu’en Tunisie et en Libye, est exploitée selon des accords tripartites fixant les quotas de chaque pays.

Polémique

M. Chehat a également contesté les estimations concernant cette nappe. Alors que certaines études font état de réserves dépassant 40.000 milliards de mètre cube, pouvant être exploités sur cinq mille ans, M. Chehat a affirmé que ces calculs ne sont pas suffisamment étayés.

’Je ne suis pas du tout d’accord avec cette idée’, a-t-il dit, se demandant ’sur quelle base’ s’appuient ceux qui donnent ces chiffres. ’Sur quelles études hydrogéologiques’ s’appuient-il, a-t-il martelé, ajoutant que les études menées jusque-là sont ’insuffisantes’. Cela n’empêche pas d’aller à ’une utilisation de manière plus importante des nappes phréatiques’.

Sur d’autres chiffres, M. Chehat s’est par contre montré plus indulgent. Il a ainsi affirmé que l’Algérie est passée de 50.000 hectares irrigués ’il y a une dizaine d’années’ à 1.15 millions d’hectares. Pour lui, elle doit aller ’vers l’objectif fixé’, qui est d’arriver à deux millions d’hectares irrigués « dans les cinq prochaines années ».

C’est la condition première pour maîtriser la balance agricole. L’augmentation de la production doit, en effet, se faire par une amélioration de la productivité, « non en surfaces » par la conquête de nouvelles terres. « On peut gagner 600.000, voir un million d’hectares », mais c’est une limite, a-t-il estimé.

Optimisme pour l’année 2016

Par contre, il est possible de développer ’une agriculture durable dans le sud’. Mais il faudrait ’développer une agriculture moderne, intensive’. Il ’n’est pas question d’une seule culture’ par an, ou ’de développer le blé seul.

Il faut avoir une rotation des cultures, avec au moins deux cultures sur une même parcelle’. Cela passe également par ’une modernisation des pratiques et des techniques’ et ’une amélioration des variétés et des races’ animales.

Au sujet de la saison actuelle, marquée par une absence presque totale de pluies jusqu’à fin février, puis par des pluies marquées depuis début mars, M. Chehat s’est déclaré optimiste. Il a affirmé que les pluies de mars-avril peuvent sauver la saison agricole, particulièrement si de nouvelles pluies sont enregistrées en avril-mai.

Il s’est déclaré ’raisonnablement optimiste’ pour la situation dans l’ouest du pays, alors que dans l’est, la situation serait encore meilleure. ’L’année peut être sauvée. Globalement, ce sera une année au moins moyenne’, a-t-il dit.

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À propos de nous Nous contacter Archive - © 2017 TheHuffingtonPost International. Tous droits réservés. Source : http://www.huffpostmaghreb.com/2016/04/12/libye-nappe-eau-sahara_n_9667760.html

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10.
Quelques articles publiés 5 ans après la chute de Kadhafi – 2016

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A. « L’OTAN a transformé la Libye en un Etat en ruines, pas un Etat défaillant »

28 févr. 2016 - « L’OTAN a transformé la Libye en un Etat en ruines, pas un Etat défaillant »© Sean Kilpatrick Source : Reuters – Document Rt en français. Photo

La Libye devrait être qualifiée d’« Etat en ruines » au lieu d’« Etat défaillant » parce qu’elle n’a pas échoué seule, mais a été détruite par les Américains et l’OTAN, a déclaré Sara Flounders, co-directrice du Centre d’action international.

Sara Flounders est militante anti-guerre et écrivaine politique américaine. Elle est membre du parti du monde des travailleurs, et codirectrice de l’ONG International Action Center. Elle a participé à la rédaction de dix livres publiés par le centre au sujet des guerres menées par les Etats-Unis et les sanctions prises contre l’Irak et la Yougoslavie.

RT : John Kerry a averti que la Libye était en train de devenir un État défaillant. Qu’est-ce qui l’a incité à dire ça maintenant, à votre avis ?

Sara Flounders : Les mêmes groupes que les États-Unis ont armé et financé, ces milices qu’ils ont créées, ces « forces rebelles » scandaleuses, ne peuvent bien entendu pas gouverner la Libye, ils ne peuvent même pas se réconcilier entre eux et avoir des relations les uns avec les autres. La véritable cause de l’échec en Libye sont les bombes américaines qui détruisaient systématiquement l’ensemble des infrastructures, en particulier celles de l’eau, de l’irrigation ; le réseau électrique, les services alimentaires – tout ce dont, en Libye, la population a besoin. Et les seuls fonds – l’argent – ont été investis dans les armes.

Donc, c’est un Etat en faillite que les Etats-Unis et l’OTAN ont systématiquement ramené à cette situation, et la destruction de tous les organismes gouvernementaux qui assuraient autrefois le plus haut niveau de vie d’Afrique a aujourd’hui apporté une immense misère. Donc ce n’est pas que de l’hypocrisie. Il s’agit de criminels de guerre et ils devraient être inculpés en tant que tels.

Depuis la guerre, qui a duré sept mois en 2011, on a largué plus de bombes en Libye que pendant la Seconde Guerre mondiale dans toute l’Europe

Lire aussi : Le cousin de Mouammar Kadhafi à RT : la Libye est anéantie un peu plus chaque jour

RT : la Libye ne dispose pas de gouvernement opérationnel, de contrôle sur ses frontières ou de services publics basiques ; il est déchiré par des groupes armés rivaux. En généralisant, n’est-ce pas déjà un Etat défaillant ?

Sara Flounders : Oui, c’en est un. Il l’est depuis la chute de Kadhafi et de l’ensemble de son gouvernement, le « changement de régime », comme ils l’appellent. Et cela n’a pas marché au cours des cinq dernières années.

Photo - Lire aussi Libye : pour la seconde fois, la France entre en scène par la mauvaise porte

Depuis la guerre, qui a duré sept mois en 2011, on a largué plus de bombes en Libye que pendant la Seconde Guerre mondiale dans toute l’Europe. C’est incroyable ce qui a été fait à la Libye, à quel point la destruction a été énorme. Et il n’y a pas eu de gouvernement fonctionnant normalement ni de services sociaux depuis cette époque : je parle des écoles, des services médicaux ; des choses les plus élémentaires qui ne fonctionnent pas en Libye aujourd’hui.

RT : John Kerry prétend que les Etats-Unis essaient d’aider les factions rivales à s’unir. Combien de temps ce processus pourrait prendre et à quelles actions de Washington vous attendez-vous ?

Sara Flounders : Les Etats-Unis ont affirmé cela depuis le début et cela a été un échec total, tout comme l’ensemble de toutes leurs autres guerres, chacune d’entre elles a été un échec absolu. Ils n’ont connu aucun succès durant les 15 années en Afghanistan, ils n’ont pas connu de succès en Irak et regardez l’énorme destruction qu’ils créent à présent en Syrie, où un tiers de la population a été déplacée. Donc, il n’y a aucune chance qu’ils contribuent à réconcilier les factions réellement rivales qu’ils ont créées, qu’ils ont armées et qu’ils ont mises au pouvoir. Et plus de bombes et d’attaques de drone ne pourront pas le faire non plus, c’est une certitude.

RT : Selon certaines sources, la France effectue des raids anti-Daesh en Libye, en collaboration avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni... Est-ce que cela peut se muer en un autre bourbier militaire ?

Sara Flounders : Oui, c’est une véritable foire d’empoigne et c’est entièrement vrai que la France, l’Italie et la Grande-Bretagne veulent tous un morceau du gâteau. Tous s’intéressent aux réserves d’or présentes en Libye, sans parler des immenses gisements pétroliers. Et ils ont pensé qu’ils pouvaient juste s’en emparer comme des pirates, que le pillage était autorisé.

L’arrogance des Etats-Unis n’admet pas les erreurs

Et depuis ce moment-là, ils se sont montrés incapables d’apporter aucune sorte de stabilité en Libye et ils n’ont toujours pas de plan aujourd’hui parce que, comme je l’ai dit, le simple fait de larguer des bombes, qu’elles soient de fabrication américaine ou française, ou si elles portent un logo de l’ONU, ne stabilise pas la situation pour la population libyenne, et n’en a aucunement l’intention. Ils veulent créer un gouvernement fantoche, conciliant sur tout. Mais ils n’ont aucun intérêt à assurer la stabilité et des services sociaux pour la population.

RT : Cela fait cinq ans depuis la dernière intervention. Est-ce que la déclaration de Kerry est une sorte d’aveu que les Etats-Unis ont commis une erreur ?

Sara Flounders : Non, je ne pense qu’il admette un jour que les Etats-Unis ont fait une erreur, l’arrogance des Etats-Unis n’admet pas les erreurs. Les gens devraient vraiment exiger que tous ces représentants américains, de l’ONU, de France, d’Italie et de Grande-Bretagne soient jugés pour crimes de guerre. Parce que c’est la façon de qualifier ce qui a été fait en Libye. Il n’y avait aucune raison, aucun but, sauf de la piraterie pure et simple.

Lire aussi : Jean Guisnel : « Je suis convaincu que la France prépare une intervention en Libye »

La Libye avait le plus haut niveau de vie et une stabilité à toute épreuve. Il y avait une infrastructure dynamique, des villes modernes. Tout cela a été complétement et systématiquement détruit. Ce qui a été fait aux installations d’eau et à l’irrigation, aux rivières construites par l’homme, à tout cela, c’est un crime inimaginable et on doit exiger des comptes, pas une nouvelle intervention. Parce que « Etat défaillant » signifie que « quelque chose vient juste de se produire », qu’il a failli par lui-même. Ils doivent plutôt le qualifier d’« Etat en ruines », un Etat détruit par les bombardements des Etats-Unis et de l’OTAN. 

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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B. Cinq ans après la chute de Kadhafi, la Libye en plein chao - Mis à jour le 20/10/2016 à 11:56 – Document ‘leigaro.fr’. Thierry Portes

VIDÉO - Le 20 octobre 2011, Mouammar Kadhafi était exécuté par des combattants révolutionnaires à Syrte. Cinq ans plus tard, des djihadistes de l’EI résistent dans cette ville, tandis qu’une bonne part de la population libyenne, confrontée au chaos, regrette le temps de la dictature.

Il y a cinq ans, Mouammar Kadhafi et ses derniers fidèles, retranchés dans le district n°2 de Syrte, avaient tenté une sortie, qui leur avait été fatale. Le dictateur avait fini dans une grosse buse, dont il avait été extirpé pour être lynché. Cinq années plus tard, encerclés dans le quartier n°3 de Syrte, une dernière poignée de djihadistes de l’État islamique a aujourd’hui choisi de mourir plutôt que de fuir.

L’histoire semble bégayer en Libye, où la population, dont les conditions de vie se sont très fortement dégradées ces cinq dernières années, semble, pour une bonne part, regretter le temps de Kadhafi. Comme il y a cinq ans, des combattants venus de Misrata, épaulés par des aéronefs américains, vont, eux, se charger à nouveau de « nettoyer » Syrte, au terme d’une offensive lancée en mai dernier.

C’est la chute de cette ville qui marqua, en octobre 2011, la fin d’une révolution libyenne commencée huit mois plus tôt. La cité natale de Kadhafi, qui avait démesurément prospéré durant ses 42 années de règne mégalomaniaque, avait alors été en partie détruite par les pires combats de la révolution libyenne. Entachés par ce passé, mis en quarantaine dans leur cité entourée par le désert, ses habitants, exclus de la nouvelle Libye post-révolutionnaire, ont été des proies faciles pour les islamistes et les desperados de Daech qui, venant de Syrie et d’Irak, se sont emparés de Syrte en juin 2015.

Pour la tribu des Kadhafa, comme pour d’autres tribus, clans, villes ou villages, qui étaient demeurés aux côtés du dictateur, il n’y eut jamais de pardon après la révolution. Les opprimés du régime Kadhafi opprimaient à leur tour. L’ancien tyran avait vidé les prisons et laissé plus de 20 millions d’armes à son peuple. Criminels et voleurs ont à la fin de la révolution enfilé quelques pièces de treillis, tandis que nombre d’anciennes brigades anti-Kadhafistes devenaient des milices, puis des gangs, armés de Kalachnikovs, de lance-roquettes, d’automitrailleuses et parfois de chars.

L’impuissance occidentale

La Libye, par elle-même, avait peu de chance, la page dictatoriale tournée, de se construire un avenir serein. Mais l’aide extérieure, qu’au demeurant elle refusait, ajouta plutôt à ses problèmes. Français, Anglais et Américains qui, par leur soutien militaire, avaient fait tomber Kadhafi et son régime, ont été incapables d’accoucher et d’accompagner les premiers pas d’une nouvelle Libye. L’assassinat de l’ambassadeur américain Christopher Stevens par un groupe djihadiste à Benghazi, en septembre 2012, signifia le retrait de l’Occident.

En face, l’islam politique, soutenu par le Qatar et la Turquie, notamment au travers des Frères musulmans, a fini de déstabiliser une société libyenne qui viscéralement rejetait cette idéologie. Par deux fois, lors des deux élections générales organisées durant ces cinq dernières années, les partis islamistes ont été sanctionnés dans les urnes. Mais la désorganisation et la velléité de leurs adversaires, qualifiés de « libéraux », ont toujours permis à cet islam politique de dominer les débats.

L’alliance, armes à la main, entre des brigades maneouvrées par des islamistes et des brigades de la mouvance djihadiste, a un peu plus embrouillé la situation. À la mi-mai 2014, le général Khalifa Haftar, épaulé par l’Égypte du maréchal al-Sissi et par les Émirats arabes unis, s’est lancé dans une guerre contre ce camp islamiste, en se refusant à faire des distinctions. Son armée nationale libyenne a aujourd’hui repris le contrôle de quasiment toute la ville Benghazi, de la Cyrénaïque et du « croisant pétrolier » autour du bassin de Syrte. L’offensive de Khalifa Haftar est soutenue par le parlement de Tobrouk, le dernier à avoir été élu démocratiquement, et le seul à être reconnu par la communauté internationale.

L’impasse politique

Mais, à Tripoli, et plus largement en Tripolitaine, la région à l’ouest de la Libye, ce sont les islamistes qui dominent. Dans la capitale libyenne, la situation est de plus en plus confuse depuis qu’un ancien chef du gouvernement de l’Ouest libyen, Khalifa Ghweil, a annoncé, vendredi dernier, avoir repris ses fonctions et pris le contrôle d’une partie des bâtiments officiels. Il a appelé tous ses anciens ministres à réoccuper leurs postes et à considérer « comme suspendus de leurs fonctions » les responsables nommés par le gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj.

La situation de ce dernier est dès plus inconfortable. Tenu à bout de bras par la communauté internationale, le gouvernement de Fayez el-Serraj est récusé, tant par le parlement de Tobrouk que par ce qu’il reste de l’ancien parlement et de l’ancien gouvernent de Tripoli. Ce blocage politique a depuis cinq ans laissé la parole aux armes.

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C. Libye : cinq ans après la chute de Kadhafi, que sont devenus ses enfants ? Par Houda Ibrahim Publié le 20-10-2016 Modifié le 24-10-2016 à 22:01

Image géante du colonel Kadhafi exposée dans le parc central de Tripoli, en 2011.
© REUTERS/Ismail Zetouny

Cela fait cinq ans que le chef de l’ex-régime libyen, Mouammar Kadhafi, est mort. Le 20 octobre 2011, il était lynché par la foule après les frappes de son convoi par l’Otan. Trois de ses fils sont morts cette même année. Depuis, plusieurs membres de sa famille sont aussi entre les mains de la justice ou ont été forcés à l’exil.

La vie n’a pas été tendre avec ce qui reste de la famille Kadhafi. Ses membres toujours en vie sont partagés entre la prison et l’exil et vivent dans le deuil, de leurs morts comme de leur pays. Mohamed Kadhafi, le fils ainé de l’ex-dirigeant libyen et de sa première épouse, ne s’est jamais mêlé à la politique et est le seul qui a échappé à la prison. Il a tout de même été obligé de s’exiler avec sa famille, même si aucune charge ne pèse contre lui.

« C’est une famille totalement déchirée, les changements en Libye ont marqué d’une manière très forte le destin sanglant de la famille Kadhafi, explique Kamel Meraache, journaliste libyen. Deux de ses fils sont prisonniers en Libye, le sort de Saïf al-Islam à Zintane est meilleur que celui de son frère emprisonné à Tripoli, qui a été livré par le Niger contre 200 millions de dollars. Reste Hannibal, le dernier fils de Kadhafi qui est allé voir sa femme à Damas et qui est emprisonné depuis au Liban. Il y a aussi Aïcha, la fille de Kadhafi, qui était très active pendant ce conflit. Elle a été accueillie par l’Algérie, mais après deux interventions controversées sur deux chaines arabes, elle a été obligée de quitter le pays et se trouve aujourd’hui au Sultanat d’Oman. C’est une tragédie pour toute la famille. »

Aïcha al-Kadhafi, celle qui est surnommée par la presse «  la Claudia Schiffer du désert », considère que le pouvoir actuel en Libye est illégitime et a demandé à l’ONU d’enquêter sur la mort de son père. D’autant que le clan Kadhafi ne sépare pas son destin de celui de la Libye.

Enquête indépendante

C’est le cas du cousin Ahmad Kadhaf el-Dam. Pour lui comme pour la famille, la chute du « guide » a installé le chaos en Libye : « Pour moi, la raison de l’intervention de l’Otan en Libye était d’empêcher Kadhafi de réaliser les Etats-Unis d’Afrique. Certains chefs d’Etats occidentaux trouvent que cela s’oppose à leurs intérêts et à leur volonté de piller les richesses de l’Afrique. J’ai écrit à l’ONU et aux chefs des pays qui ont participé aux bombardements de Tripoli en leur demandant de s’excuser auprès de la Libye et de corriger leurs erreurs. Les Libyens qui ont participé à ce chaos étaient eux-mêmes victimes de l’information faussée, des propagandes et d’une guerre psychologique. Le but derrière tout ça était de détruire la Libye et de tuer Mouammar Kadhafi. Après les aveux d’erreurs des chefs de ces pays de l’Otan, nous avons le droit de demander à l’ONU d’être transparente concernant ce qui s’est passé en Libye en 2011. Nous demandons également une enquête indépendante concernant la mort de Kadhafi. Sa mort est un crime de guerre et celui qui l’a exécuté doit en assumer la responsabilité.  »

Aujourd’hui, une large partie des Libyens regrette l’époque Kadhafi et le kadhafisme existe toujours. Certaines villes comme Syrte et Bani Walid, continuent dans sa majorité à soutenir la famille. Certains annoncent clairement le désir du retour de Saïf al-Islam, malgré les plaintes qui pèsent contre lui.

Nostalgie de l’ordre et de la sécurité

Sani se souviendra longtemps de Kadhafi, il a fréquenté une école construite grâce au financement du guide la révolution libyenne. Au Niger, reste-t-il une nostalgie de l’époque Kadhafi ?

20-10-2016 - Par Raliou Hamed-Assaleh

Mais les Libyens regrettent-ils vraiment Kadhafi ? Sont-ils nostalgiques de la « Jamahiriya » ? Hasni Abidi, directeur du centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen nuance ces propos : « Je ne crois pas qu’il s’agisse vraiment de nostalgie pour Kadhafi, c’est plutôt une nostalgie de l’ordre et de la sécurité qui régnait sous Kadhafi, le prix de la sécurité et de cet ordre était très élevé pour les Libyens.  »

«  On peut parler d’une situation catastrophique, d’un chaos, aujourd’hui en Libye, avec trois gouvernements et une situation économique difficile, poursuit le chercheur. Du coup les Libyens se disent que la situation sous Kadhafi était meilleure. Dans les alliances tribales et l’alliance régionale, tout le monde a un rôle à jouer y compris la famille de Kadhafi. Saïf al-Islam peut jouer un rôle important, ce n’est pas exclu qu’il joue un rôle politique. Mais je crois que la page de la famille Kadhafi est tournée et qu’il est difficile aujourd’hui de revenir en arrière. »

Les supporteurs de l’ancien régime se trouvent en exil par milliers en Tunisie et en Egypte. Certains ont quand même osé un retour dans le pays, et une partie d’entre eux participe maintenant à la vie politique à Tripoli.

DROIT DE REPONSE DU GOUVERNEMENT DU NIGER – Photo du courrier

Source : http://www.rfi.fr/afrique/20161020-libye-cinq-ans-apres-chute-kadhafi-sont-devenus-enfants

Voir aussi « De Kadhafi à l’Etat islamique, comment Syrte a basculé d’une tyrannie à l’autre » - Frédéric Bobin et Cécile Hennion / Le Monde -
Publié dimanche 21 février 2016 à 17:32. « L’ancien fief de Mouammar Kadhafi est aujourd’hui la place forte de l’organisation Etat islamique en Libye. Chronique d’un basculement… » © 2016 Le Temps SA – Source : https://www.letemps.ch/monde/2016/02/21/kadhafi-islamique-syrte-bascule-une-tyrannie

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D. Le chaos libyen, cinq ans après Kadhafi - Euronews - fr.euronews.com › Infos › Infos internationales Sophie Desjardin - 20 oct. 2016 - Dernière MAJ : 20/10/2016

Il y a cinq ans, dans la foulée des printemps tunisiens et égyptiens, les Libyens se révoltent à leur tour. En quelques mois, les rebelles s’emparent de Tripoli et poussent le général Kadhafi à se réfugier dans son bastion de Syrte. C’est là qu’il y a cinq ans s’achève la première guerre civile libyenne avec le lynchage, devant les caméras du monde entier, de celui qui fut 42 ans à la tête du pays. Le dictateur tombe sous les coups, le pays avec.

La répression sanglante qu’il avait mené contre les rebelles avait poussé les Occidentaux à intervenir. C’est grâce à l’aide militaire de la coalition menée par la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis que le régime tombera huit mois après le début de l’insurrection.

Mais l’aide occidentale en restera là. Et à peine un an plus tard, l’assassinat à Benghazi de l’ambassadeur américain et de trois de ses collègues, est un tel choc, pour les Américains comme pour leurs alliés, qu’il signe la fin de leur présence dans le pays. Ce sont des salafistes qui signent le crime.

Cinq ans plus tard, le pays est, comme d’autres dans la région, menacé par l’islamisme radical, de Daesh notamment, mais aussi en proie à un chaos sécuritaire et politique qui semble inextricable. Deux élections générales en cinq ans n’y auront rien fait.

Fayez Al Sarraj, récemment reçu à Paris, est le président du Conseil présidentiel et Premier ministre, soutenu par la communauté internationale, reconnu par l’ONU. Mais il ne contrôle désormais quasiment plus rien, en dehors, officiellement, de Tripoli et l’ouest du pays. L’est, surnommé le gouvernement de Tobrouk, est aux mains du général Haftar. Le sud-ouest est tenu par les Touaregs.

À cette partition politique se mêlent plusieurs factions. Sur la zone contrôlée par Haftar, l’armée nationale libyenne et la tribu toubou. À l’ouest la milice Farj Lybia, le bras armé du gouvernement de Tripoli, les Touaregs. Au nord, Daesh.

Sarraj n’a jamais reçu l’aval du parlement de Tobrouk tel que cela était prévu dans les accords conclus en décembre 2015. Dernier avatar en date, l’arrivée d’un troisième homme, Khalifa Ghweil, l’ancien chef de gouvernement qui aurait repris ses fonctions et le contrôle des bâtiments officiels de Tripoli.

Si la situation à Tripoli est confuse, à Tobrouk, en revanche, Khalifa Haftar, l’ancien général du régime de Khadafi s’impose peu à peu sur le terrain militaire dans son offensive face à Daesh et aux troupes de Tripoli, mais aussi sur le terrain diplomatique. Quant aux civils, leurs conditions de vie se sont nettement détériorées ces cinq dernières années et bon nombre regrettent aujourd’hui l‘époque où ils vivaient sous la dictature.

Source : http://fr.euronews.com/2016/10/20/le-chaos-libyen-cinq-ans-apres-kadhafi

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E. La Libye toujours en crise, cinq ans après la mort de Kadhafi - AFP - Publication : 21/10/2016 14h31 CEST Mis à jour : 21/10/2016 14h31 CEST – Diffusion : ‘huffpostmaghreb.com’ Photo.

Fallait-il intervenir pour soutenir la révolution libyenne et mettre fin au ’régime kafkaïen’ du colonel Kadhafi ? Cinq ans après, la Libye est plongée dans le chaos. Et les questions sur la nécessité d’agir à l’époque sont revisitées à l’aune de l’actuelle tragédie syrienne.

En mars 2011, les responsables occidentaux, le président français Nicolas Sarkozy en tête, n’ont pas le moindre doute. La révolution libyenne, qui a éclaté en février dans le sillage du printemps tunisien est menacée par un ’Kadhafi devenu fou’.

Le clan du président libyen, au pouvoir depuis 42 ans, promet des ’rivières de sang’, notamment à Benghazi, ville rebelle de l’est libyen.

Les Occidentaux réussissent à passer une résolution au Conseil de securité de l’ONU instaurant une zone de protection aérienne et autorisant ’toutes les mesures nécessaire pour protéger les civils’, avec l’abstention de la Russie.

La résolution ouvre la voie aux frappes aériennes occidentales et arabes.

’Sans l’intervention il y aurait eu un massacre à Benghazi, il n’y a pas le moindre doute’, martèle une source européenne présente dans la ville libyenne en 2011. ’Il y avait une vraie révolution. Les gens ne voulaient pas vivre une minute de plus sous ce régime kafkaïen de Kadhafi’, relate cette source.

Mais si l’intervention occidentale a empêché un massacre, elle a aussi conduit à la chute du régime et à la mort de Kadhafi, lynché le 30 octobre dans un égoût après que son convoi eut eté bombardé par des frappes de l’OTAN.

Failles de l’intervention

’Vous n’avez pas assuré le service après vente’. L’accusation du président tchadien Idriss Deby résonne toujours, cinq ans après la chute du colonel libyen. Malgré des élections en 2012, remportées par les libéraux, la Libye a sombré dans le chaos et vit sous le règne des milices.

Les arsenaux de Kadhafi ont été pillés, les combattants se sont éparpillés au Niger, au Mali et en Tunisie, les jihadistes de l’Etat islamique se sont incrustés dans le pays. La faute aux Occidentaux qui n’ont pas préparé ’le jour d’après’ ? ’Nous avons sous-estimé, comme nos partenaires européens, la nécessité d’être présents le lendemain de la chute de Kadhafi’, reconnaît le président américain Barack Obama dans le documentaire ’les années Obama’ de Norma Percy.

’La communauté internationale aurait dû avoir un plan pour le jour d’après’, accuse aujourd’hui Mahmoud Jibril, ancien responsable du Comité national de transition (CNT) libyen, l’organe rebelle reconnu en 2011 par les Occidentaux.

’Nous les avons prévenus, nous avions besoin d’eux pour reconstruire nos institutions après la mort de Kadhafi, mais tout le monde nous a répondu : notre mission est accomplie’, déclare-t-il à l’AFP.

Le parallèle syrien

’Rétrospectivement, on se dit qu’on aurait pu faire les choses autrement. C’est vrai qu’on aurait dû se préoccuper des suites, on n’aurait pas dû s’en laver les mains collectivement. Il y a eu une sorte de détachement coupable’, reconnaît une autre source européenne.

’Cela dit, les Libyens nous ont clairement fait comprendre qu’ils ne voulaient pas de forces étrangères, y compris de casques bleus de l’Onu’, nuance cette source.

’Les Libyens ont toujours repoussé les offres d’aide des Occidentaux, ils disaient qu’ils avaient les moyens de gérer la situation’, analyse Mattia Toaldo, spécialiste de la région. La responsabilité des acteurs locaux et des puissances régionales -Qatar et Turquie, Emirats et Egypte- soutenant des camps rivaux en Libye ne doit pas être éclipsée, estime-t-il.

Et à l’interrogation l’intervention était-elle nécessaire, nombre répondent en traçant un parallèle avec la Syrie.

’Dans ce pays, la guerre fait des centaines de milliers de morts. En Libye, il n’y en a +que+ des dizaines de milliers. Et il y a un processus politique en cours, aussi difficile soit-il’, estime M. Toaldo.

’Quand on voit ce qui se passe à Alep aujourd’hui... En Libye, au moins, on a exercé la responsabilité de protéger’ selon la source européenne.

Les répercussions de l’intervention se font aussi sentir dans les relations avec la Russie, furieuse d’avoir accepté une opération qui a abouti à un changement de régime.

’Rappelons nous ce qu’étaient la Libye ou l’Irak avant que nos partenaires occidentaux n’aient détruit ces Etats. Ces territoires sont devenus une source de menace terroriste’, a déclaré, cinglant, le président russe Vadlimir Poutine lors d’une interview la semaine dernière sur une chaîne française. ’Nous ne voulons pas qu’il arrive la même chose en Syrie’.

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Plus : international algerie libye kadhafi mort solution chaos anniversaire

Source : http://www.huffpostmaghreb.com/2016/10/21/la-libye-toujours-en-crise-cinq-ans-apres-la-mort-de-kadhafi_n_12585098.html

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11.
Retour sur des images 5 après sa mort de Kadhafi Camille Belsoeur 2016

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Cinq après sa mort, Kadhafi hante toujours la Libye - Camille Belsoeur - Journaliste à Slate Afrique. Mis à jour le 20/10/2016 à 16:43 – Document ‘Slate Afrique’

Le pays est toujours plongé dans le chaos, cinq ans après la révolution qui a libéré les Libyens. Vivant, il s’était affublé de tous les surnoms, plus fous les uns que les autres : « Guide de la révolution », « Roi des rois traditionnels d’Afrique », « Frère guide »...C’était avant que les rebelles libyens exécutent Mouammar Kadhafi le 20 octobre 2011, dernier acte de la première guerre civile libyenne, et le dépouillent du statut de demi-dieu qu’il s’était lui-même arrogé. 

Cinq ans après sa mort, la Libye est toujours plongée dans le chaos, divisée entre les milices de Tripolitaine et de Cyrénaïque, même si l’Etat islamique, naguère menaçant, a perdu le contrôle de Syrte et de la bande littorale qui jouxte la ville. À Tripoli, la capitale libyenne, la situation est plus confuse depuis qu’un ancien chef du gouvernement de l’Ouest libyen, Khalifa Ghweil, a annoncé, le 14 octobre, avoir repris ses fonctions et pris le contrôle d’une partie des bâtiments officiels. Il a appelé tous ses anciens ministres à réoccuper leurs postes et à considérer « comme suspendus de leurs fonctions » les responsables nommés par le gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj.

Loin de l’espoir d’un avenir meilleur qui avait fleuri pendant le Printemps arabe, les Libyens n’ont connu que l’odeur de poudre et du conflit depuis la chute du « Guide ». Retour en photos, sur ces années maudites qui portent le sceau de Kadhafi. 

2011. La mort pathétique du tyran 

Photo - Philippe DESMAZES / AFP

Le 20 octobre 2011, Mouammar Kadhafi tente de s’échapper de la ville de Syrte où il est acculé avec ses fidèles par les rebelles libyens soutenus par la coalition internationale. Le convoi de 4x4 du dictateur est bombardé par des avions de l’OTAN. Il se réfugie avec sa garde rapprochée dans une villa à l’abandon au bord de la route, avant d’être finalement assiégé et tué par des rebelles qui prennent d’assaut la demeure. La photo d’un Kadhafi sanguinolent, à demi-mort, fait le tour du monde. 

Photo - Le conduit d’eau dans laquelle Mouammar Kadhafi a été découvert par les rebelles libyens, le 20 octobre 2011. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Un nouveau pays

Le 23 octobre 2011 à Benghazi, le président du Conseil national de transition (CNT) Moustafa Abdel Jalil proclame la « libération » de la Libye. Après 42 ans de règne de Mouammar Kadhafi et huit mois de guerre civile, la Libye est un pays enfin libre, mais endeuillé. Le conflit a fait plusieurs dizaines de milliers de morts. 

Photo - Un tag qui moque Kadhafi, à Tripoli, après la libération de la ville en octobre 2011. MAHMUD TURKIA / AFP

2012. Première élection et division

En juillet 2012, la Libye élit pour la première fois de manière démocratique et par les urnes sont gouvernement. Le nouveau président du pays est Mohammed Youssef el-Megaryef, un islamiste modéré. Mais en réalité, la guerre civile a détruit tout Etat central. Le pouvoir politique n’a pas le contrôle des milices tribales ou privées issues de la révolution. Les violences entre groupes rivaux se multiplient, notamment à Benghazi où une série d’attentats a lieu en octobre 2013

Photo - Un Libyen passe devant des affiches de campagnes des candidats à l’élection législative de juillet 2012, à Tripoli. GIANLUIGI GUERCIA / AFP

Photo - Funérailles d’un milicien de Misrata tué par une bande rivale, le 25 septembre 2012. STRINGER / AFP

2014. Deuxième guerre civile

Trois ans après la chute de Tripoli, la Libye est de nouveau en proie à la guerre civile. À l’été 2014, deux gouvernements rivaux se font face, celui de Tripoli à l’ouest, et celui de Tobrouk à l’est. Chaque camp dispose de ses propres milices. Des djihadistes affiliés à l’Etat islamique entrent également dans le conflit en s’emparant de nombreux territoires autour de la ville de Dera, puis de Syrte. 

À lire aussi : Personne ne sait vraiment comment combattre l’EI en Libye

Le cycle de violence se poursuivra jusqu’en 2016, où une coalition nationale apparaît pour chasser l’Etat islamique de la région de Syrte. Mais aucune solution politique concrète et solide n’est encore apparue dans un pays morcelé depuis la chute de Mouammar Kadhafi, dont le fantôme plane toujours au-dessus des Libyens. 

Camille Belsoeur - Journaliste à Slate Afrique. 

Ses derniers articles : http://www.slateafrique.com/sites/a...Emel Mathlouthi : « Ce n’est pas le Printemps arabe qui m’a inspiré, mais la condition d’avant »  http://www.slateafrique.com/sites/a...Le football africain a un sérieux problème avec l’argent  http://www.slateafrique.com/sites/a...PHOTOS. Le Maghreb sous la neige à Noël 

Source : http://www.slateafrique.com/695018/photos-kadhafi-libye

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12.
Une vidéo rétrospective de 2005 sur la Grande Rivière artificielle en Libye

Photo - 23 novembre 2005 02m 56s Réf. 05203 – Document vidéo de ‘Jalons’

Résumé :

En Libye, Mouammar Kadhafi a lancé le projet de la Grande Rivière artificielle. Il consiste à acheminer vers le littoral des eaux pompées dans les ressources fossiles du Sahara par le biais de gigantesques canalisations. Le chef de l’État libyen se met en scène sur des chantiers de construction. Des techniciens supervisent le transport de l’eau. Celle-ci doit surtout servir à l’agriculture.

Type de média : Vidéo- Journal télévisé- Date de diffusion : 23 novembre 2005 - Source : A2(Collection : 20 heures le journal)

Personnalité(s) : Ali Saidi/ Nasser Edeeb/ Abdule Majid Goude/ Mouammar Kadhafi

Thèmes :

L’eau est une ressource inégalement accessible sur la planète. Certains pays disposent ainsi d’une forte disponibilité en eau douce, comme l’Islande, la Russie ou le Canada. À l’opposé, de nombreux États situés dans des régions arides souffrent de pénurie : ils disposent de moins de 1 000 m3 d’eau par habitant par an.

D’une grande aridité, la Libye est l’un de ces pays dans lesquels l’eau constitue une ressource très rare. Les précipitations y sont inférieures à 200 millimètres par an sur le littoral, où prévaut le climat méditerranéen. Elles descendent même sous les 100 millimètres à l’intérieur des terres, dominées par un climat désertique. Le désert couvre en effet 95 % du territoire libyen. L’agriculture se réduit par conséquent à une étroite bande littorale où se concentrent également 94 % des 6,1 millions d’habitants que compte le pays. Et seules des cultures peu gourmandes en eau, telles que le blé, l’orge et l’olivier, peuvent y pousser grâce à l’eau de pluie.

La demande libyenne en eau ne peut ainsi être assurée qu’à 2 % par les eaux de surface. Or, l’aquifère du Bassin de Nubie, qui s’étend aussi sur le Tchad, l’Égypte et le Soudan sur une surface totale de 150 000 km3, couvre une large partie de la Libye sous le désert du Sahara. Il s’agit de ressources fossiles qui constituent d’énormes réserves d’eau souterraines.

Aussi, le colonel Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis son coup d’État de 1969, décida en 1983 de lancer un projet pharaonique qui puisait dans ces ressources fossiles : la Grande Rivière artificielle. Programmé sur 25 ans, ce programme consistait à acheminer vers le littoral libyen, sur une distance comprise entre 400 et 800 kilomètres, des eaux pompées dans les réserves d’eaux fossiles du Sahara. Pour transférer ces eaux du sud vers le nord du pays, un réseau gigantesque de 4 000 kilomètres de canalisations souterraines, de 4 mètres de diamètre, a été édifié. Ces tubes ont été pour l’essentiel fabriqués par un consortium coréen à l’aide de l’argent du pétrole.

Débutée en 1985, la Grande Rivière artificielle a été construite en trois phases. La Cyrénaïque, à l’est de la Libye, fut d’abord reliée : Benghazi fut desservie en 1991. Puis l’eau arriva à la capitale, Tripoli, en 1996. Enfin, une troisième phase, qui aurait dû être achevée en 2010 et a pris du retard, doit raccorder les deux branches de la Cyrénaïque et de la Tripolitaine. Ce sont au total 6 millions de mètres cubes qui sont pompés chaque jour dans les ressources fossiles libyennes et acheminés vers le littoral méditerranéen. L’objectif initial de ce projet démesuré était avant tout de développer l’irrigation agricole afin d’accroître les surfaces cultivées et de permettre l’autosuffisance alimentaire libyenne : 80 % de l’eau était destiné à l’agriculture. Cependant, afin de répondre à l’aggravation de la situation hydrique, les eaux de la Grande Rivière artificielle ont été détournées de leur but premier. Elles ont également servi à alimenter les villes libyennes dès le début des années 1990.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage été diffusé dans la toute dernière partie du journal télévisé de 20 heures de France 2 du 23 novembre 2005. Réalisé par les envoyés spéciaux Gilles Marinet, grand reporter à France 2, et Matthias Second, il est consacré au projet libyen de la Grande Rivière artificielle.

Toutes les images qui constituent ce sujet n’ont pas été filmées pour l’occasion. Le reportage intègre en effet de nombreuses images d’archives. Elles proviennent de deux sources, précisées en surtitrage à l’écran : la télévision nationale libyenne et le magazine de géopolitique de la rédaction de France 2, Géopolis. Les plans filmés par Aljamahiriya TV, la chaîne d’État, mettent en scène le colonel Mouammar Kadhafi. Ils rendent aussi compte de la cérémonie d’ouverture du premier tronçon de la Grande Rivière artificielle, à Benghazi, qui a eu lieu en août 1991. Les images extraites d’un numéro de Géopolis donnent quant à elles à voir les travaux d’installation des gigantesques canalisations qui doivent servir au transport de l’eau.

Seule une partie ce reportage a été tournée pour l’occasion en Libye par Gilles Marinet et Matthias Second. Ce sont d’abord les images factuelles filmées dans les locaux de la Société de la Grande Rivière artificielle, installés à Tripoli, la capitale : elles présentent le travail des opérateurs qui gèrent les canalisations d’eau. D’autres images factuelles ont été tournées par l’équipe de France 2 dans des plantations inondées par l’eau provenant de la Grande Rivière artificielle. Les trois interviews insérées dans le sujet ont elles aussi été réalisées par les envoyés spéciaux de France 2, tout comme l’infographie animée sur le réseau de transport de l’eau en Libye.

Le reportage témoigne du culte de la personnalité qui entoure Mouammar Kadhafi. Les différentes images d’archives insérées le présentent comme un homme exceptionnel qui prend part à la construction de la Grande Rivière : il est filmé sur un chantier et au volant d’un camion. Un plan surréaliste le présente également en train de prier à l’intérieur d’un énorme tuyau de canalisation. Ces images sont semblables à celles qui sont proposées dans la plupart des dictatures et des régimes totalitaires. De même, le plan de Mouammar Kadhafi prenant une enfant dans ses bras n’est pas sans rappeler l’abondante iconographie soviétique qui présentait Staline comme le « petit père des peuples ».

Par-delà le culte de la personnalité, ce sujet montre bien la propagande dont a fait usage le régime de Mouammar Kadhafi à propos du projet de la Grande Rivière artificielle. Le chef d’État libyen l’avait du reste lui-même présentée comme la « huitième merveille du monde ». Le bref extrait d’un ses discours confirme la démesure du « Guide de la Révolution » lorsqu’il déclare qu’il obligera « l’eau douce à parcourir 4 000 kilomètres ». Les plans de la grandiose cérémonie d’inauguration du premier tronçon, à laquelle ont assisté des chefs d’Etat arabes comme le président égyptien Hosni Moubarak, témoignent également de cette démesure. De même, la propagande transparaît fortement dans les propos du président de la Société de Grande Rivière lorsqu’il affirme que les ressources fossiles pourront être exploitées pendant plus de 5 siècles. Le journaliste Gilles Marinet laisse toutefois paraître son scepticisme dans son commentaire, tout comme il le montre à l’égard des champs mis en culture en une seule année.

Christophe Gracieux

Transcription

Présentateur

Les sciences avec le casse-tête de l’eau dans les pays désertiques. La Libye du Colonel Kadhafi s’est lancé il y a une vingtaine d’années dans un projet pharaonique et qui aboutit depuis plusieurs mois : Exploiter les réserves souterraines du sud pour irriguer l’ensemble du pays, un chantier colossal. Envoyés spéciaux Gilles Marinet, Mathias Second.

Journaliste Le désert sur 95 % du territoire, l’un des pays les plus secs au monde et pourtant. (Musique)

Journaliste Au soir du 28 août 1991, l’eau surgit, mise en scène sous les yeux des chefs d’Etats arabes et africains par le Colonel Kadhafi. (Musique)

Mouammar Kadhafi

Nous obligerons l’eau douce à aller là où nous le voulons et cela sur 4.000 kilomètres.

Journaliste

Le projet s’appelle La Grande Rivière, un tube de 4 mètres de diamètre, long de plusieurs milliers de kilomètres, des centaines de puits, des travaux prévus sur 25 ans. Le but, pomper d’immenses réserves d’eau souterraine au sud et les redistribuer au nord, là où vivent 9 libyens sur 10. Kadhafi en fait une affaire personnelle, il multiplie les apparitions dans le rôle de chef suprême et protecteur du chantier. Aujourd’hui, La Grande Rivière qui n’est pas terminée délivre 4,5 millions de mètres cubes par jour, le tout piloté par quelques opérateurs.

Nasser Edeeb

Si je clique ici par exemple, la pression d’eau dans la pompe du réservoir souterrain numéro 28 va changer, un contrôle à 800 kilomètres de distance en temps réel.

Journaliste

Les données sont transmises par fibre optique. Sur le terrain, des dizaines d’équipes sont chargées de lutter contre la dégradation du réseau.

Intervenant

Cela fait 10 jours que ça dure cette panne, ça ne peut pas continuer, allez donc réparer le transformateur.

Journaliste

Tripoli et Benghazi, les deux grandes villes côtières sont desservies mais 80 % de l’eau est destinée à l’agriculture. Nos accompagnateurs nous assurent que ce champ de blé gagné sur le désert n’existait pas l’an dernier. De l’eau en abondance, des réservoirs partout, ici on ne compte pas les mètres cubes, ou alors c’est pour en tirer fierté.

Ali Saïdi

24.000 mètres cubes par jour, ça ne s’arrête jamais, 24 heures sur 24.

Journaliste

Le patron du projet affiche, lui aussi, une belle sérénité. Selon les études qu’il a commanditées, la nappe d’eau qui s’étend sous la Libye, le Tchad, le Soudan et l’Egypte est inépuisable.

Abdule-Majid Goude

Cette réserve d’eau est suffisante pour les besoins de ces quatre pays et cela pour une période de 4860 ans.

Journaliste

Ce chiffre est contesté, mais l’immensité de la ressource en eau est reconnue par les experts. Malgré la débauche de mètres cubes, le réseau est loin d’avoir transformé le nord de la Libye en jardin. Mais pour 30 milliards de Dollars, coût du projet, La Grande Rivière a doté Mouammar Kadhafi d’une nouvelle richesse stratégique. Après l’or noir, l’or bleu.

ACCUEIL CRÉDITSINFORMATIONS JURIDIQUESPARTENAIRESHISTORIQUE DES SOURCESMENTIONS LÉGALESCGUCONTACTFAQ

Source : http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu05203/le-projet-de-la-grande-riviere-artificielle-en-libye.html

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13.
Autres documents historiques et techniques en fihciers PDF

[PDF], La Grande Rivière Artificielle de la Libye et le ... - AgroParisTech -https://www.agroparistech.fr/IMG/pdf/Kheder.pdf

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[PDF] La controverse… - Eduterre - http://eduterre.ens-lyon.fr/ressources/scenario1/planetebleue/controverse

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14.
Des techniques innovantes afin de booster les exportations depuis l’Algérie

Introduire les techniques innovantes afin de booster les exportations agricoles - Vendredi 7 octobre 2016 – Document via le Portail Algérien des Energies Renouvelables-8 oct. 2016

La géothermie, l’irrigation par injection, l’intensification de la production sont autant de techniques innovantes dont l’Algérie peut tirer profit pour augmenter sa production agricole et se placer sur les marchés extérieurs, ont estimé mercredi des experts qui mettent en avant l’énorme potentiel naturel du pays.

Outre les conditions agro-climatiques, l’Algérie recèle des potentialités naturelles qui peuvent être exploitées de façon rationnelle en recourant aux technologies innovantes, s’accordent à dire ces spécialistes qui s’exprimaient en marge du 16ème salon international de l’élevage et de l’agro-équipement (Sipsa-Sima).

La géothermie est l’une des techniques innovantes qui est recommandée par certains experts pour développer l’agriculture saharienne notamment les cultures maraîchères. ’Cela nous permet d’obtenir des productions de primeurs dont plusieurs marchés extérieurs en sont très demandeurs’, a affirmé à l’APS, Mokrane Nouad, expert à la Fondation Filaha Innov.

D’après lui, le recours à cette technologie ’est plus que bénéfique pour l’économie agricole à l’heure où le pays n’exporte que l’équivalent de 0,2% de son potentiel en fruits et légumes’.

Cette technique est possible vu que l’Algérie possède 80% des réserves d’eau de la nappe albienne qu’elle partage avec la Tunisie et la Libye. Cette eau stockée à des milliers de mètres de profondeur a une température dépassant les 70°C.

En effet, cette eau chaude a un double intérêt. L’énergie qu’elle dégage permet durant les périodes froides de chauffer la serre afin de réduire l’écart de température existant entre le jour et la nuit dans les régions sahariennes.

Il s’agit d’utiliser les calories de l’eau pour obtenir des températures optimales pour le produit tel que la tomate et de récupérer l’eau afin de la stocker pour ensuite l’utiliser dans l’irrigation, explique Khaled Ayadi, Pdg d’une société tunisienne de production de maraîchers avec de la géothermie.

’Cette technique nous permet de produire dans des périodes durant lesquelles d’autres pays ne peuvent pas produire. Nous ne pouvons pas être aussi compétitifs qu’on peut l’être dans cette zone géothermique’, a-t-il dit.

Cet opérateur est actuellement en discussion avec un investisseur algérien pour réaliser un projet de production de maraîcher à El Oued.

’Nous avons un savoir-faire que nous voulons exploiter en Algérie et produire grâce à une ressource naturelle écologique et gratuite’, a ajouté cet opérateur qui exporte depuis une vingtaine d’année dans plusieurs pays dans le monde.

Le Salon de l’élevage et de l’agroéquipement Sipsa-Sima avait ouvert ses portes mardi au Palais des expositions avec la participation de près de 600 exposants représentants 25 pays dont les Etats-Unis, pays invité d’honneur.

Il s’agit de la 16ème édition de Sipsa qui s’est associé cette année avec le Salon mondial des fournisseurs de l’agriculture et de l’élevage pour créer un nouveau salon Sipsa-Sima Algérie dédié à l’élevage et à l’agroéquipement en Afrique. Cette manifestation économique prend fin vendredi.

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Source : http://portail.cder.dz/spip.php?article5659

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15.
Sous le Sahara : une nappe d’eau grande comme deux fois la France - 10 octobre 2013, 10 h 49. Document ‘notre-planete.info’, un média web de référence et indépendant en environnement, écologie, nature et sciences de la Terre depuis 2001. Photo - Sahara-desert-Maroc-arbre Désert du Sahara – Maroc. Crédit : Sandal 74 / Pixabay - Licence : CC0.

Il y a moins de 15.000 ans, le Sahara était une savane tropicale herbeuse qui s’est progressivement asséchée, laissant place au plus grand désert de notre planète : une région souvent hostile, écrasée par le Soleil. Mais sous le sable et les rochers se cache une nappe d’eau gigantesque qui parvient en partie à se renouveler, malgré une pression humaine de plus en plus forte.

Le système aquifère [1] du Sahara septentrional s’étend sur une surface de presque deux fois la France métropolitaine et recèle, à plusieurs centaines voire milliers de mètres de profondeur, plus de 30 000 km3 d’eau, accumulée au cours des périodes humides qui se sont succédé depuis 1 million d’années. Ce réservoir d’eau souterraine, parmi les plus grands du monde, a permis le développement urbain et agricole des régions semi-arides de Tunisie, d’Algérie et d’une partie de la Libye au cours des trente dernières années.

Le système aquifère du Sahara septentrional se recharge

Ce que l’on sait moins, c’est que les nappes d’eau du système aquifère du Sahara septentrional se renouvellent, révèle une étude publiée dans Geophysical Research Letters et menée par des chercheurs de l’IRD. En effet, jusqu’à présent, l’eau souterraine du Sahara était considérée comme « fossile », c’est-à-dire non renouvelable, comme le charbon ou du pétrole que nous exploitons jusqu’à épuisement.

Les précipitations dans la région semblaient trop faibles et l’évapotranspiration [2] trop grande pour recharger significativement les nappes profondes. Mais les chercheurs viennent de montrer qu’en réalité, les nappes du système aquifère du Sahara septentrional, de leur nom exact, sont aujourd’hui encore alimentées.

En effet, leur recharge existe et a pu être quantifiée : les eaux de pluies et de ruissellement apportent en moyenne au système 1,4 km3 par an, soit environ 2 mm par an sur la surface d’alimentation des nappes. Sur la période de 2003 à 2010, la recharge annuelle a même atteint 4,4 km3 certaines années, soit 6,5 mm par an.

Une nouvelle approche par satellite

L’équipe de recherche a mis en évidence cet apport grâce à une nouvelle méthode de mesure par satellite. Les scientifiques ont analysé les données fournies par la mission satellitaire GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment) de la NASA et du centre aérospatial allemand. Mis en orbite depuis 2002, GRACE mesure les variations du champ de pesanteur terrestre, ce qui permet de déduire les variations de masse d’eau contenue dans les enveloppes superficielles. Ces données ont permis aux chercheurs d’estimer l’évolution du volume d’eau stockée et d’en déduire la recharge des aquifères, une fois pris en compte les prélèvements effectués dans les nappes. Cette approche globale permet, entre autres, de s’affranchir des incertitudes des modèles hydrogéologiques, qui s’appuient sur des mesures locales du niveau piézométrique, c’est-à-dire du niveau d’eau relevé dans les puits et les forages.

Des prélèvements toutefois non entièrement compensés

La recharge moyenne de 1,4 km3 par an correspond à 40 % des 2,75 km3 prélevés au total chaque année dans la région, d’après les données de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS). Par conséquent, 60 % des ponctions annuelles ne sont pas compensées. Malgré une recharge significative, le système aquifère du Sahara Septentrional demeure donc surexploité. D’autant plus que depuis les années 1960, les prélèvements n’ont cessé d’augmenter, afin de satisfaire la demande croissante de la part des différents secteurs socio-économiques : industrie, agriculture, tourisme, usage domestique [3].

Ainsi, les puits et forages se sont multipliés et les retraits annuels sont passés de 0,5 km3 en 1960 à 2,75 km3 en 2010, entraînant un abaissement généralisé du niveau piézométrique, atteignant 25 à 50 m selon les endroits. De nombreux puits artésiens et sources naturelles, autour desquels se sont développées les oasis, se sont d’ores et déjà taris.

La diminution de l’artésianisme, c’est-à-dire de la pression de l’eau au sein des nappes souterraines, risque d’impacter la viabilité de l’économie oasienne. En quantifiant la recharge actuelle, ces travaux permettront le développement d’outils de gestion raisonnée de cette ressource, dans l’attente de la mise en place de systèmes d’irrigation plus économes. L’enjeu est de taille : ces nappes devront pourvoir aux besoins croissants d’une population qui devrait atteindre 8 millions d’habitants d’ici 2030 d’après l’OSS.

Notes

[1] Formation géologique ou roche contenant une nappe d’eau souterraine exploitable naturellement ou par pompage.

[2] Effet combiné de l’évaporation de l’eau à la surface du sol et de la transpiration des plantes.

[3].L’eau extraite des nappes souterraines sous le Sahara jaillit parfois à des températures très élevées, allant jusqu’à 80°C ! Celle-ci doit être refroidie via des systèmes de refroidissement avant d’être utilisée pour l’irrigation. De plus, avec des teneurs en sel pouvant atteindre 1 à 5 grammes par litre, cette eau est souvent trop salée pour être potable.

Référence Gonçalvès J., Petersen J., Deschamps Pierre, Hamelin B., Baba-Sy O. Quantifying the modern recharge of the “fossil” Sahara aquifers - Geophysical Research Letters , 2013, VOL. 40, 1–6. doi:10.1002/grl.50478

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Voir aussi « Le Système aquifère des grès nubiens ». Mise à jour le 25/03/2008. Par Nathalie Pajon-Perrault « Le système aquifère des grès nubiens (ou NSAS = Nubian Sandstone Aquifer System) est une des plus grandes réserves d’eaux souterraines du monde : épais par endroits de 3.500 mètres, il couvre plus de 2 millions de km2, il représente une capacité totale de stockage d’environ 540.000 km3 d’eau douce souterraine emmagasinée. Il pourrait représenter une piscine grande comme l’Allemagne, profonde de plusieurs centaines de mètres et remplie d’une des eaux les plus pures du monde. Il est partagé entre l’Egypte, la Libye, le Soudan et le Tchad. En Libye, cette ressource fut découverte au milieu des années 50 à la faveur des recherches pétrolières dans le désert… » Article complet avec de nombreuses illustrations sur http://eduterre.ens-lyon.fr/ressources/scenario1/planetebleue/NAS

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16.
Ressources hydriques de la nappe Albienne et gaz de schiste au Sahara

La nappe Albienne, ce joyau abondant et fragile - Ressources hydriques dans le Sahara à l’ombre du gaz de schiste - 18 mars 2015 10:44 – Document ‘leconews.com’. Mourad Allal, journaliste (L’Éco n°107 / du 1er au 15 mars 2015)

Photo - La nappe Albienne recèle environ 31.000 milliards de m3 d’eau

Avec une pluviométrie quasi nulle, le sud de l’Algérie, représentant quelque 70% de la superficie totale du pays, est exclusivement alimenté en eau à partir de réserves souterraines sous formes de nappes qui servent à la fois l’irrigation agricole, l’industrie ou l’alimentation des populations locales en AEP. 

Cependant, jamais les potentialités hydriques des profondeurs du Sahara algérien n’ont fait objet d’autant de débats et de divergences de vues que depuis la décision prise par le gouvernement en faveur de l’exploration du gaz non conventionnel dans le pays. Entre partisans et opposants du gaz de schiste, les avis sont radicalement opposés quant aux risques qu’encourent les eaux souterraines du sud du pays. L’éclairage primordial qu’il importe d’apporter d’emblée est de relever deux étages hydriques qui prédominent dans ces régions, selon les différentes recherches menées par les instituts spécialisés en études hydrauliques, géologiques ou en sciences de la terre.

La première est la nappe phréatique localisée à une profondeur proche de la surface, soit à moins de 100 mètres généralement et se recharge avec les eaux superficielles, pluviales ou usées. Néanmoins, cette nappe est d’une moindre utilité en raison de son fort taux de salinité. Les eaux provenant de la nappe phréatique sont même déconseillées en agriculture compte tenu des sels qu’elles drainent à la surface en anéantissant la fertilité des terres.

La seconde réserve, la plus importante, est la nappe albienne ou l’aquifère du Sahara septentrional. Selon Fabienne Lemarchand, Docteur en sciences de la terre et ayant mené durant sa carrière de multiples études sur les potentialités du sous-sol africain, cette réserve « s’étend sur plus d’un million de km² sous l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Elle recèle environ 31 000 milliards de m3 (mètres cubes) d’eau.

À titre de comparaison, la nappe souterraine de l’Albien, qui occupe environ 100 000 km² sous le Bassin de Paris, n’en renferme que 425 milliards de m3 ». Aussi importantes soient-elle, leur exploitation effrénée et non maîtrisée de ces réserves semble inquiéter davantage les chercheurs et spécialistes en la matière. Car, comme le confirme cette spécialiste du Sahara, « exploitée depuis plus d’un siècle, la nappe albienne du sud du Maghreb est à l’origine du développement urbain et agricole de la région, en particulier des villes de l’Atlas saharien ».

Mais, à présent, c’est le rythme accéléré du processus de développement de ces régions qui présente une menace avérée pour la pérennité de l’aquifère, compte tenu de la profondeur des forages qui y sont réalisés, dépassant les 1000 mètres. « Ces forages, explique-t-elle, se sont multipliés au cours des 30 dernières années. On en compte près de 10 000. Chaque année, plus de 2,5 milliards de m3 d’eau sont ainsi ponctionnés, contre seulement 600 millions de m3 en 1970 ». Les eaux y sont extraites au fur et à mesure, en fonction des besoins exprimés en la matière, pour alimenter les villes en eau potable, les périmètres d’irrigation (agriculture) et aussi répondre aux besoins croissants de l’industrie. Du coup, la question de la durée de vie de cet aquifère se pose avec une acuité croissante à mesure que la demande augmente.

Et, en contrepartie, la recharge de la nappe par les eaux de pluie et de ruissellement demeure incertaine. Avec le développement proche de l’exploitation du gaz de schiste, le risque se pose doublement sur la nappe albienne, selon les chercheurs en question. D’un côté, il y a l’accélération de l’épuisement de ces réserves, eu égard aux besoins importants en eaux qu’exige le processus d’extraction de ce type d’énergie, mais aussi le risque de pollution qu’entraîneraient les rejets en produits chimique, issus de la fracturation hydraulique utilisée dans ce type d’activité.

Mots-clés Algérie Exploitation du gaz de schisteRessources hydriques

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17.
Un an après l’accord de Skhirat, la dérive de la Libye paraît inexorable - Par Frédéric Bobin (Tunis, correspondant) - LE MONDE Le 17.12.2016 à 14h11 –Accès onditionnel à la totalité de cet article : voir in fine.

Photo - Analyse. Le gouvernement de M. Sarraj ne peut fonctionner normalement : il n’a toujours pas été investi par le Parlement siégeant à Tobrouk (est), l’assemblée élue en juin 2014 et reconnue par la communauté internationale.

Une année pour quoi ? Pour rien ? Le 17 décembre 2015, un espoir prudent s’était levé aux yeux de nombreux Libyens. A Skhirat, au Maroc, des délégations issues de camps politiques rivaux avaient signé un accord politique censé arracher la Libye au chaos post-Kadhafi. Les Nations unies s’y sont lourdement investies. Un an après, c’est le désenchantement face à la dérive de l’ancien géant pétrolier d’Afrique qui, loin d’être enrayée, se poursuit inexorablement.

Fragmentation territoriale, emprise intacte des milices et déclin économique nourrissent un puzzle d’affrontements de basse intensité – la Libye n’est pas la Syrie – minant une partie des marches méridionales de l’Europe. Un bilan décevant pour un accord bâclé, mal conçu et qui, plutôt que la dissiper, a ajouté à la confusion.

Seul acquis

« La situation est pire depuis le 30 mars. » Celui qui émettait ce jugement début novembre dans un entretien au journal en ligne Libya Herald n’est pas un dangereux opposant à l’accord de Skhirat. Il s’agit de Faïez Sarraj, le chef du gouvernement dit d’« union nationale » enfanté par l’accord de Skhirat. Le 30 mars est la date de son installation effective à Tripoli. Dans cet entretien, Faïez Sarraj, l’homme supposé incarner la Libye réconciliée, se plaignait de l’absence de moyens financiers et de son incapacité à imposer son autorité, en somme de son impuissance.

Le seul acquis dont le gouvernement d’« union nationale » peut se targuer – et il n’est pas mince – est l’éviction de l’organisation Etat islamique de la ville de Syrte.. ..

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Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/12/17/un-an-apres-l-accord-de-skhirat-la-derive-de-la-libye-parait-inexorable_5050664_3232.html

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18.
L’homme d’Etat algérien Abdelmalek Sellal a annoncé un accord sur la nappe albienne pour un partage de l’eau entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye - 2012

Sellal* annonce un accord sur la nappe albienne - L’Algérie, la Tunisie et la Libye vont se partager l’eau - Source Liberté Farid Abdeladim - Le Pèlerin – Blog Photo de l’auteur – Document non daté (voir l’article suivant).

[* Abdelmalek Sellal (en عبد الـمالك سلال), né le 1er août 1948 à Constantine en Algérie au sein d’une famille kabyle originaire d’Ighil Ali dans la Wilaya de Béjaïa, est un haut fonctionnaire et un homme d’État algérien. Il est Premier ministre de la république algérienne du 3 septembre 2012 au 13 mars 2014 puis depuis le 29 avril 2014. En politique depuis 1975, Abdelmalek Sellal a été successivement ministre de l’Intérieur de 1998 à 1999, ministre des Transports de 2002 à 2004, et ministre des Ressources en eaux de 2004 à 2009 puis de 2009 à 2012…] » Article complet sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Abdelmalek_Sellal ].

nappe-albienne.jpg

La ressource hydrique a toujours été au centre des préoccupations de l’humanité. L’enjeu est, cependant, plus important dans les régions dites arides et/ou semi-arides. L’Algérie, dont la superficie est en grande partie saharienne, n’est évidemment pas moins concernée par cette problématique. D’où les programmes de plus en plus accélérés par le secteur des ressources en eau. L’objectif étant d’exploiter, mais aussi de rationaliser les nappes riches en ce liquide vital, enterrées sous les interminables ergs et regs du Grand-Sud algérien.

La nappe dite albienne est la plus importante du Sud-Est saharien, mais qui traverse aussi la Tunisie pour enfin “mourir” en Libye.

Cette ressource risquerait-elle de constituer la pomme de discorde entre les trois pays ? “Je l’ai dit et le confirme, nous n’avons strictement aucun problème avec la Tunisie et la Libye concernant l’exploitation de cette nappe ; nous l’utilisons dans une bonne entente”, répond le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal, interrogé en marge de sa visite de deux jours effectuée dans la wilaya frontalière d’Illizi, le ministre expliquera qu’un accord aura été trouvé entre les trois pays pour la gestion équitable de cette nappe.

Cet accord, rappelle-t-il, a été trouvé dans le cadre du mécanisme de concertation entre la Tunisie, la Libye et l’Algérie, mis en place au sein de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), organisme créé en 2000 pour la lutte contre la désertification et auquel adhèrent 21 pays (les pays de la région, l’Allemagne, la France, l’Italie, la Suisse et le Canada).

Le mécanisme de concertation en question dont le siège se trouve à Tunis est présidé par alternance entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Et au ministre de préciser : “Dans le cadre de ce mécanisme, nous avons pu financer la réalisation d’un modèle mathématique suivi par des cadres algériens, et nous sommes arrivés à signer un accord entre les ministres des trois pays pour une utilisation rationnelle et une surveillance de la nappe. Ce model nous permet de surveiller l’exploitation des forages le long de la frontière.”

M. Sellal rassure qu’“actuellement, nous savons approximativement comment on utilise cette nappe, et à ce jour, ceci ne nous a jamais posé de problèmes ; je crois même qu’actuellement nous y pompons le plus par rapport à la Tunisie et la Libye. Il y en a beaucoup qui confondent la nappe albienne, que nous partageons avec les deus pays voisins, avec le fleuve de la Libye, alors que ce sont deux cours différents”.

À signaler, par ailleurs, que lors de sa visite effectuée successivement dans les communes de Djanet, Illizi et In Aménas, le ministre a annoncé la réalisation de plusieurs projets d’envergure en vue de renforcer les réseaux d’alimentation en eau potable des différentes régions du sud du pays.

Outre la réalisation de pas moins de 6 forages, il est question notamment de la réalisation d’une station de lagunage, une technique nouvellement introduite en Algérie pour l’épuration des eaux usées de l’oued Djanet, et un autre projet qui concerne la réalisation d’une station d’épuration des eaux potables.

Présentation Blog  : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset - Description : L’Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l’oublierai jamais. J’ai quitté ce pays en 1962 pour n’y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m’a accueilli ; j’ai mis du temps pour m’en imprégner...mais j’adore –

Contact- Source : http://www.algeriepyrenees.com/article-l-algerie-la-tunisie-et-la-libye-vont-se-partager-l-eau-96937215.html

SELLAL ANNONCE UN ACCORD SUR LA NAPPE ALBIENNE L’Algérie, la Tunisie et la Libye vont se partager l’eau - Farid Abdeladim Publié dans Liberté le 11 - 01 - 2012 - [Reprise de l’information vérifiée et datée].

La ressource hydrique a toujours été au centre des préoccupations de l’humanité. L’enjeu est, cependant, plus important dans les régions dites arides et/ou semi-arides. L’Algérie, dont la superficie est en grande partie saharienne, n’est évidemment pas moins concernée par cette problématique. D’où les programmes de plus en plus accélérés par le secteur des ressources en eau.

L’objectif étant d’exploiter, mais aussi de rationaliser les nappes riches en ce liquide vital, enterrées sous les interminables ergs et regs du Grand-Sud algérien. La nappe dite albienne est la plus importante du Sud-Est saharien, mais qui traverse aussi la Tunisie pour enfin “mourir” en Libye.

Cette ressource risquerait-elle de constituer la pomme de discorde entre les trois pays ? “Je l’ai dit et le confirme, nous n’avons strictement aucun problème avec la Tunisie et la Libye concernant l’exploitation de cette nappe ; nous l’utilisons dans une bonne entente”, répond le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal, interrogé en marge de sa visite de deux jours effectuée dans la wilaya frontalière d’Illizi, le ministre expliquera qu’un accord aura été trouvé entre les trois pays pour la gestion équitable de cette nappe.

Cet accord, rappelle-t-il, a été trouvé dans le cadre du mécanisme de concertation entre la Tunisie, la Libye et l’Algérie, mis en place au sein de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), organisme créé en 2000 pour la lutte contre la désertification et auquel adhèrent 21 pays (les pays de la région, l’Allemagne, la France, l’Italie, la Suisse et le Canada).

Le mécanisme de concertation en question dont le siège se trouve à Tunis est présidé par alternance entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Et au ministre de préciser : “Dans le cadre de ce mécanisme, nous avons pu financer la réalisation d’un model mathématique suivi par des cadres algériens, et nous sommes arrivés à signer un accord entre les ministres des trois pays pour une utilisation rationnelle et une surveillance de la nappe.

Ce model nous permet de surveiller l’exploitation des forages le long de la frontière.”
M. Sellal rassure qu’“actuellement, nous savons approximativement comment on utilise cette nappe, et à ce jour, ceci ne nous a jamais posé de problèmes ; je crois même qu’actuellement nous y pompons le plus par rapport à la Tunisie et la Libye. Il y en a beaucoup qui confondent la nappe albienne, que nous partageons avec les deus pays voisins, avec le fleuve de la Libye, alors que ce sont deux cours différents”.

A signaler, par ailleurs, que lors de sa visite effectuée successivement dans les communes de Djanet, Illizi et In Aménas, le ministre a annoncé la réalisation de plusieurs projets d’envergure en vue de renforcer les réseaux d’alimentation en eau potable des différentes régions du sud du pays.

Outre la réalisation de pas moins de 6 forages, il est question notamment de la réalisation d’une station de lagunage, une technique nouvellement introduite en Algérie pour l’épuration des eaux usées de l’oued Djanet, et un autre projet qui concerne la réalisation d’une station d’épuration des eaux potables.
F. A. - Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.

Source : http://www.djazairess.com/fr/liberte/169707

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Actualités - Patrick Mbeko – 42 ans de lutte de l’Occident contre Kadhafi - Conférence de Patrick MBEKO au Cercle Aristote le 31 octobre 2016 :« 42 ans de lutte de l’Occident contre Kadhafi ». Janvier 5, 2017 dans Libye, Vidéo par 13P11 - Vous parcourez le Blog de Libye. Cercle Aristote – Vidéo ajoutée le 24 nov. 2016 - Source : http://axedelaresistance.com/category/des-pays/libye/ - Patrick Mbeko « est l’auteur de plusieurs articles sur la géopolitique de l’Afrique centrale et intervient auprès de plusieurs médias sur des questions géostratégiques »
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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 13/01/2017

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http://www.isias.lautre.net/

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