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"De quoi être sceptique … face aux scepticiques du réchauffement planétaire" par John Cook

Traduction et compléments de Jacques Hallard

lundi 25 janvier 2010, par Cook John

ISIS Climat
John Cook réfute les arguments les plus courants avancés par les sceptiques du réchauffement climatique.

ISIS Report 25/01/10
Une version complète, avec les illustrations et les références de cet article, intitulé Getting Sceptical about Global Warming Scepticism , est accessible par les membres de l’ISIS sur le site suivant : www.i-sis.org.uk/GSAGWS.php [NB. Pour consulter les figures citées dans cet article, se reporter à la source originale].
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Qui est sceptique à propos des changements climatiques ?

Un sondage Gallup ne trouve que 58 pour cent de la population qui pense que l’activité humaine est responsable de l’évolution des températures mondiales [1]. Ce qui montre un fort contraste avec les 97 pour cent de scientifiques qui publient activement sur le climat et qui disent que les humains y ont une contribution significative [2].

Pourquoi ce grand fossé entre l’opinion publique et la position des experts scientifiques ? Malheureusement, il ne manque pas de désinformation ni de confusion autour du débat sur le climat. Comment peut-on s’immiscer dans ce tintamare pour obtenir des preuves scientifiques réelles ? Quand on analyse les nombreux arguments des sceptiques du réchauffement planétaire [voir la rubrique ‘Climatoscepticisme’ dans les ‘Définitions & Compléments insérés à la fin de cet article] , many arguments of global warming skeptics [3], un profil commun se dégage. Chaque argument se concentre étroitement sur un petit morceau du puzzle tout en ignorant la situation globale. Cette forme de collectes dispersées d’informations conduit souvent à des conclusions erronées.

  Les émissions de CO2 par les activités humaines sont-elles insignifiantes par rapport aux émissions naturelles ?

Un exemple typique est l’argument suivant des sceptiques [4] " Human CO2 emissions are small compared to natural emissions ", les émissions de CO2 par les activités humaines sont de faible importance par rapport aux émissions natuelles de CO2 .
L’argumentation est la suivante : « Les surfaces terrestres et la végétation émettent 439 Gt de CO2 chaque année, alors que les océans en émettent 332 Gt. En revanche, les humains émettent seulement 29 Gt de CO2 par an. Comment les humains peuvent-ile avoir un impact négatif sur le climat alors que nos émissions de CO2 sont si petites par rapport aux émissions naturelles ?
Bien que ces chiffres soient corrects, ils ne racontent pas toute l’histoire. Cet argument omet de divulguer que la nature émet et absorbe à la fois le dioxyde de carbone. Les terres et la végétation constituent un puits de carbone important, absorbant 450 Gt par an. De la même façon, l’océan absorbe près de 338 Gt par an. En conséquence, la contribution nette des sources naturelles est inférieure à zéro (voir Figure 1).
Figure 1 Cycle global du carbone [1]
Les chiffres représentent les flux de dioxyde de carbone CO2 en gigatonnes [5]

N’est-ce pas une preuve d’arrogance de dire que de simples humains pourraient éventuellement exercer une influence sur les forces immenses et incontrôlables de la nature ?
Il ne s’agit pas d’une question d’arrogance. C’est tout simplement une question de nombres. Les humains émettent 29 Gt de CO2 par an [6] ; un peu moins de la moitié est absorbée par les puits naturels de carbone, de sorte que le CO2 dans l’atmosphère augmente de 15 Gt par an [7].

Nos activités qui consomment en les brûlant des combustibles fossiles, ainsi que les changements d’affectation de certaines surfaces terrestres ont bouleversé l’équilibre naturel.
Le taux d’accroissement de ces émissions depuis la révolution industrielle est sans précédent (voir Fig. 2). En outre, le CO2 atmosphérique est à son plus haut niveau depuis 15 à 20 millions d’années, comme cela a été indiqué plus récemment dans les données des analyses des carottes de glace [8].
Figure 2 Niveaux de CO2 (parties par million) au cours des 10.000 dernières années

 N’y a-t-il vraiment aucune preuve empirique que le CO2 provoque le réchauffement climatique ?

Comment savons-nous que les augmentations des niveaux de CO2 sont effectivement responsables du réchauffement ? Les sceptiques affirment souvent qu’il n’y a pas de preuves empiriques pour que les humains soient responsables du réchauffement there’s no empirical evidence that humans cause warming [12].
Mais les preuves sont là, dans la littérature scientifique revue par des pairs, s’ils avaient pris la peine de regarder. Si le CO2 provoque un effet de serre, nous nous attendons à voir moins de rayonnement infrarouge s’échappant vers l’espace à la longueur d’onde à laquelle le CO2 absorbe l’énergie.

En 1970, la NASA a lancé le satellite IRIS mesurant les spectres infrarouge. En 1996, l’Agence spatiale japonaise a lancé le satellite IMG qui a enregistré des observations similaires. Ces deux ensembles de données ont été comparées pour pouvoir constater des changements dans le rayonnement émis au cours de la période de 26 ans [13].

Ils ont trouvé une baisse de rayonnement sortant pour les bandes de longueur d’onde concernant les gaz à effet de serre comme le CO2 et le méthane (CH4) absorbant l’énergie (voir Fig. 3). Ainsi la publication rapporte « une preuve expérimentale directe d’une augmentation significative de l’effet de serre de la Terre ». Plus tard, ce résultat a été confirmé en utilisant des données provenant de satellites [14, 15].
Figure 3 Variation du spectre du rayonnement sortant de 1970 à 1996 à cause de traces de gaz
La ’température de brillance’ indique la température du corps noir équivalent [13].

Quand les gaz à effet de serre absorbent le rayonnement infrarouge, l’énergie réchauffe l’atmosphère, qui à son tour émet des rayonnements infrarouges dans toutes les directions. Certains se frayent un chemin vers la surface de la terre. C’est pourquoi nous nous attendons à trouver davantage de rayonnement infrarouge s’infléchir vers le bas. D’après les mesures de surface effectuées de 1973 à 2008, on a constaté une tendance croissante du rayonnement infrarouge en retour vers la terre [16].

Une étude régionale au-dessus des Alpes centrales a montré que le rayonnement infrarouge vers le bas est en augmentation en raison de l’effet de serre [17]. En allant plus loin dans la recherche, une analyse des données spectrales à haute résolution a permis aux scientifiques d’attribuer quantitativement l’augmentation du rayonnement vers le bas pour chacun des gaz à effet de serre sur plusieurs années (voir fig. 4).

Le flux vers le bas dû au CO2 seul (de loin le plus important de tous les gaz à effet de serre selon la Fig. 4) était de 26 W-2. Les auteurs concluent donc que [18] « Ces données expérimentales devraient effectivement mettrent fin à l’argumentation des sceptiques, selon laquelle il n’existe aucune preuve expérimentale de l’existence d’une relation entre les augmentations des teneurs des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et le réchauffement planétaire ».
Figure 4 Spectre du rayonnement à effet de serre mesuré à la surface.
L’effet de serre de la vapeur d’eau est filtré, indiquant notamment les apports des autres gaz à effet de serre [18].

Un effet de serre renforcé est observé (voir ‘An enhanced greenhouse effect is being observed ‘ [19] ). La planète accumule de la chaleur du fait de l’augmentation des gaz à effet de serre. Ceci est une réalité pour ceux qui cherchent d’autres causes au réchauffement climatique - Comment expliquez-vous toute la chaleur d’appoint piégée par le CO2 ?

  L’activité solaire est-elle responsable du réchauffement planétaire ?

L’approche la plus commune des sceptiques consiste tout simplement à ignorer l’effet du CO2 et à se concentrer sur d’autres causes potentielles, l’alternative la plus populaire étant le soleil. Après tout, le soleil fournit presque toute l’énergie de notre système climatique. C’est le thème majeur du film de Martin Durkin, "The Great Global Warming Swindle", qui utilise une forte corrélation entre l’activité solaire et la température pour "prouver" que le soleil est la principale cause du réchauffement climatique [20].

Le graphique qui compare le soleil et le climat, indiqué dans le film, s’arrête mystérieusement vers 1980. C’est probablement parce que, malheureusement pour la théorie, aucune corrélation entre le soleil et la température n’est observée autour de 1975. À ce moment là, le climat planétaire s’est réchauffé tandis que l’activité solaire a montré une tendance au refroidissement. Au cours des 35 dernières années, alors que les températures sont en hausse, les activités du soleil sont allées dans le sens inverse (voir fig. 5).
_ Figure 5 Variation annuelle de la température mondiale (en bleu clair mince) avec une moyenne mobile de la température sur 11 ans (en bleu foncé épais) [21]. Irradiance solaire totale annuelle (IST) (en rouge mince et léger) avec la moyenne mobile de la IST (en rouge foncé épais).
Irradiance solaire totale annuelle IST de 1880 à 1978 reconstruite à partir de nombre de taches solaires [22]. L’IST de 1979 à 2009 est fournie à partir de données satellites [23].

 Argument avancé par les sceptiques du climat : la planète terre ne se réchauffe pas, mais elle se refroidit plutôt.

Il est facile de se concentrer sur des petits morceaux du puzzle lorsque ces pièces se trouvent être dans les régions où nous habitons. La vague de froid qui a déferlé à travers l’Eurasie, l’Angleterre et certaines parties de l’Amérique du Nord de Décembre 2009 à début Janvier 2010 [24], a conduit un grand nombre de personnes à déclarer que le réchauffement mondial était bien terminé.

Pour obtenir une perspective correcte des présentes conditions météorologiques anormales, nous devons revenir en arrière et regarder l’image plus largement, comme une carte des températures de toutes les régions au nord du 30 ° N (fig. 6).
Figure 6 Carte des anomalies des températures de Décembre 2009 à environ 1.000 mètres d’altitude pour la région située au nord de 30° N. Les zones en orange et rouge correspondent à de fortes anomalies de chaleur. Les zones en bleu et violet correspondent à des anomalies de températures froides (d’après le National Snow and Ice Data Center (selon NOAA / ESRL Physical Sciences Division [25])

Bien que l’Eurasie et l’Amérique du Nord connaissent des conditions météorologiques inhabituellement froides, d’autres régions comme le Groenland, dans l’est de la Sibérie, ainsi que l’océan Arctique, connaissent une forte chaleur. Les régions les plus chaudes (plus de 7˚C en moyenne) sont sur la façade atlantique de l’Arctique, y compris la baie de Baffin et le détroit de Davis. Sans surprise, l’étendue des glaces de mer est inférieure à la moyenne dans cette région.

Ces forts contrastes de température sont le résultat d’une phase fortement négative de l’Oscillation Arctique, provoquée par des situations opposées des pressions atmosphériques entre les régions polaires et les latitudes moyennes. Pendant la phase négative, les pressions sont plus élevées que la normale dans l’Arctique et inférieure à la normale aux latitudes moyennes. A la mi-Décembre 2009, l’indice de l’oscillation arctique a été la valeur la plus négative depuis au moins 1950.

Un tableau encore plus large est donné une carte mondiale des anomalies de températures au cours de la dernière semaine de Décembre 2009. Nous voyons ici qu’une grande partie de la planète connaît des températures plus chaudes que d’habitude, notamment au Nord-Est des Etats-Unis, au Canada, en Afrique du Nord, en Méditerranée et dans le sud-ouest de l’Asie (fig. 7).
_ Figure 7 - Carte des anomalies de température de la planète, du 26 Décembre 2009 au 1er Janvier 2010 [25]

Même la température de surface ne nous donne pas une image complète du réchauffement climatique, les milieux terrestres et l’atmosphere ne représentent qu’une petite fraction du climat de la planète terre. La plus grosse partie du l’accumulation de chaleur, à partir du réchauffement de la planète, va dans les océans.

Lorsque toute l’accumulation de chaleur se fait dans les océans, l’atmosphère et l’énergie nécessaires pour faire fondre les calottes glaciaires, ainsi que la glace des mers, sont évaluées sur place, nous trouvons que la planète a accumulé 210 x 1021 J au cours des 35 dernières années (fig. 8). Il s’agit d’un taux moyen de 190.260 GW [27]. Considérant qu’une centrale nucléaire typique a une puissance de 1 GW, imaginez l’action de 190.000 centrales nucléaires déversant leur production d’énergie directement dans nos océans.
Figure 8 Contenu calorique total de la terre depuis 1950

L’énergie pour faire fondre les calottes glaciaires et la glace des mers est incluse dans la partie des terres émergées et dans l’atmosphère [27]

John Cook a étudié la physique à l’Université du Queensland, en Australie, et il a été diplômé en physique solaire durant son année de perfectionnement universitaire.
Il dirige le site Internet Skeptical Science www.skepticalscience.com , un choix de premier ordre des éditeurs de l’ISIS pour le changement climatique

The Institute of Science in Society, The Old House 39-41 North Road, London N7 9DP telephone : [44 20 7700 5948] [44 20 8452 2729]

 Définitions et compléments :

voir PDF à demander à Yonne.lautre@laposte.net (bien spécifier le titre de l’article)

 Traduction, définitions et compléments :

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles
honoraire
Adresse : 19 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard921@orange.fr
Fichier : ISIS Climat Getting Sceptical about Global Warming Scepticism French version.3


[1Une version complète, avec les illustrations et les références de cet article, intitulé Getting Sceptical about Global Warming Scepticism , est accessible par les membres de l’ISIS sur le site suivant : www.i-sis.org.uk/GSAGWS.php