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"Eléments d’une méthode de travail pour l’innovation, une adaptation au changement et à la transition. Partie 2 : Préparation et suivi des travaux de transformation sociale" par Jacques Hallard

samedi 4 février 2017 par Hallard Jacques


ISIAS OPDBAC
Eléments d’une méthode de travail pour l’innovation, une adaptation au changement et à la transition. Partie 2 : Préparation et suivi des travaux de transformation sociale
Jacques HALLARD, Ing. CNAM – Site http://www.isias.lautre.net/ISIAS – 03/02/2017

Voir aussi : Partie 1 : l’action organisée, dimanche 29 janvier 2017 par isias

PLAN partie 2 Introduction Citations Sommaire des documents sélectionnés


Introduction

Ce dossier rassemble tout d’abord une série de documents pratiques, largement empruntés aux travaux de Raphaële Granger, et qui couvrent le champ des méthodes et techniques de la gestion et du management, bien établies, et enseignées en ‘Sciences économiques et sociales’ dans les établissements d’enseignement secondaire en France. Après une contribution de Jean-Michel Fournier qui montre les pièges à éviter pour obtenir des résultats positifs quand un processus de changement est envisagé, suivent de nombreux d’accès à des outils et à des retours d’expériences qui traitent de la maitrise des tâches d’animation de groupes, de la résolution
des problèmes psycho-sociaux et de l’accompagnement et de la réussite du changement.

Dans l’optique d’une transformation sociale, par des pratiques sociales innovantes, Adeline de Lépinay considère l’éducation populaire comme un moyen d’autodéfense et d’auto-organisation, avant d’introduire le concept sociologique de ‘Community organizing’, une forme d’organisation communautaire  ; cette dernière expression peut aussi être employée comme le concept d’empowerment des citoyens pour faire référence à un type de processus qui mise sur les capacités des citoyens à s’autodéterminer. On peut se référer à l’article « Brève histoire de l’empowerment : à la reconquête du sens politique », publié le 13 novembre 2015 par Valérie Peugeot, à lire sur ce site : http://vecam.org/Breve-histoire-de-l-empowerment-a-la-reconquete-du-sens-politique. Ce genre de démarche est à rapprocher de la démocratie participative qui est, selon Wikipédia « une forme de partage et d’exercice du pouvoir, fondée sur le renforcement de la participation des citoyens à la prise de décision politique. On parle également de « démocratie délibérative » pour mettre l’accent sur les différents processus permettant la participation du public à l’élaboration des décisions, pendant la phase de délibération. La démocratie participative ou délibérative peut prendre plusieurs formes, mais elle s’est d’abord instaurée sur le terrain de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, avant de s’étendre dans les champs de l’environnement. Dans ces cadres, les associations jouent un rôle central en tant qu’interlocuteurs pour les autorités publiques. » Voir ici. Le travail très détaillé du ‘Collectif EPTS’, éditions ERES, sur l’éducation populaire et la transformation sociale est ensuite rapporté : il est basé essentiellement sur trois éléments : la gratuité, la jeunesse et la solidarité territoriale. Finalement, sont présentés l’outil numérique ‘Google Docs’ qui propose de « travailler collectivement et simultanément sur des documents rendus fluides et pratiques », d’une part, et une chronique de Xavier de La Porte, donnée sur ‘France Culture’, et qui expose comment « cette pratique d’écriture peut nous amener à une révolution politique », d’autre part.


Citations et proverbes sur le changement et l’innovation

“Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement.” De Francis Blanche

« Motivation et implication personnelle indéfectibles sont les maîtres mots du processus de changement ». Jean-Michel Fournier

Plus on pénètre dans l’étude des phénomènes, plus on reconnaît que le changement est la loi absolue des choses. Les êtres vivants ne continuent à vivre qu’à l’expresse condition de se transformer sans cesse. Le monde minéral lui-même éprouve des transformations incessantes.« L’Homme et les sociétés » - Gustave Le Bon

“Changement d’herbage réjouit les veaux.” Proverbe berrichon

“Il n’y a pas d’innovation sans désobéissance.” De Michel Millot / Cours de design à l’ENSAD - 29 Novembre 2000

“Le génie renvoie à l’idée de surprise, d’innovation. Il s’oppose à la banalisation, à l’automatisation.” De Julia Kristeva / Entretien avec Ariane Poulantzas - Juin 1999

« Tout créateur sort de la norme. Toute innovation est anormale ». L’Ensorcellement du monde (1997) de Boris Cyrulnik. Références de Boris Cyrulnik - Biographie de Boris Cyrulnik.


Sommaire des documents sélectionnés

1. Organiser un atelier de travail Référence de 1 à 3 : Document ‘manager-go.com’

2. Préparation de la session de travail

3. L’animation et le déroulement d’une séance

4. Pratiques à maîtriser pour conduire une réunion Par Raphaële Granger

5. Les dossiers de Raphaële Granger 2016

A. Dossier - Cadrer un projet

B. Dossier - Comment conduire un projet

C. Dossier - Savoir terminer ses projets

D. Dossier - Outils du chef de projet

E. Dossier - Comment piloter le changement ?

6. Le Changement, éviter les pièges pour obtenir des résultats Jean-Michel FOURNIER

7. Sélection d’accès à des ressources sur les méthodes et outils de gestion

8. Education populaire, auto-défense et auto-organisation – Par Adeline de Lépinay

9. Sociologie : ‘Community organizing’ : ce que c’est, ce que ça n’est pas

10. Éducation populaire et transformation sociale - Par Collectif EPTS 

11. Créez des documents fluides et pratiques avec ‘Google Docs’ - Communiqué

12. Du ‘Google Docs’ comme modèle politique - Par Xavier de La Porte -

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1.
Organiser un atelier de travail ou workshop - Documents ‘manager-go.com’

Publié le 17/09/2013 - Mis à jour le 16/01/2017

Avec la démocratisation de la gestion par projet et l’implication grandissante des collaborateurs dans le traitement de problématiques, de nombreux managers sont amenés à organiser et animer un atelier de travail (appelé aussi workshop). Peut-être que vous aussi ? 

Définition

Il s’agit d’une rencontre/réunion où différents participants mènent collectivement un travail pratique sur un sujet. Chacun apporte son expertise, son expérience, son point de vue, qu’il partage avec l’ensemble du groupe.

Un animateur est désigné. Son rôle est d’encourager chaque personne à s’exprimer. Il stimule les débats, réfrène les plus bavards, reformule pour relancer les discussions.

Le groupe est responsable des productions issues de la séance. Il peut être amené à présenter la synthèse des travaux à travers un porte-parole.

Pourquoi un atelier de travail ?

Les objectifs sont nombreux. En voici néanmoins quelques-uns :

*former : objectif pédagogique en faisant pratiquer les participants,

*solutionner un problème : en s’appuyant sur l’expertise collective,

*trouver des idées : en profitant de la capacité créative du groupe,

*informer/rassurer : avec des mises en situation dans le cadre d’une conduite du changement. 

Avantages et bénéfices

Consensus : la dynamique collective favorise le développement de la coopération intra-groupe et l’obtention d’un consensus au sein des équipes - ou des départements - qui ne partagent pas les mêmes intérêts.

Apprentissage : ils sont facilités par la pratique et la confrontation des expériences. Chacun apprend de l’autre. Les mises en situation donnent lieu à une meilleure mémorisation. L’individu retient mieux en étant acteur et non simple spectateur.

Information : la communication est facilitée grâce à un message appuyé par une mise en pratique concrète.

Motivation : rendre les femmes et les hommes acteurs au sein d’une réunion les implique au plus haut point.

Créativité : le travail en commun génère un foisonnement d’idées. Très utile pour trouver une solution innovante, mais également afin d’explorer toutes les facettes d’un sujet ou d’un problème.

Inconvénients et limites

Coût : la mobilisation de participants représente un investissement non négligeable. 

Disponibité des participants : pas toujours aisé d’obtenir la participation de collaborateurs clés à cause de leur charge de travail.

Effets de groupes néfastes : certains individus ont du mal à exprimer et développer leurs idées devant les autres. 

Caractéristiques d’un tel chantier

Taille du groupe 

Le nombre idéal se situe entre 5 et 8 personnes. Si le groupe est plus dense, il est recommandé de faire des sous-groupes de 2 à 4 personnes.

L’intérêt est d’échanger au sein est d’un petit noyau afin de permettre la participation de tous. Il est néanmoins nécessaire de conserver un nombre minimum pour cultiver la richesse des avis et faire avancer le sujet sur des pistes innovantes.

Durée des séances

Le choix de la durée repose sur la disponibilité des participants et des objectifs assignés. Trois formats possibles : 

*courtes - une heure maximum. Les applications : introduction sur un thème ou travail sur une seule facette d’un sujet. L’idée est d’être efficace. L’animateur doit être très préparé et plus directif.

*moyennes - une 1/2 journée (environ 3/3h30 heures). Les sujets peuvent être travaillés plus en profondeur et plusieurs aspects peuvent être traités. Chaque partie peut faire l’objet d’un atelier ’court’. 

*longues - une journée (environ 6/7 heures). L’organisation fait preuve de plus de souplesse, tout en travaillant sur plusieurs angles d’un sujet. Si l’objectif est pédagogique, les participants ont plus de temps pour pratiquer individuellement et donc mieux apprendre. L’animateur a l’opportunité de passer plus de temps avec les groupes pour répondre aux questions et favoriser ainsi les échanges. Le découpage en sous-thèmes n’est plus une option, mais une nécessité. 

Source : http://www.manager-go.com/gestion-de-projet/dossiers-methodes/conduire-un-workshop

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2.
Préparation de l’atelier ou session de travail - Documents ‘manager-go.com’

Publié le 17/09/2013 - Mis à jour le 10/01/2017

Les points importants

La préparation est un point clé pour la réussite d’un atelier de travail. L’animateur ne doit rien laisser au hasard. Les périodes de travail collectif sont courtes et intenses. En conséquence, l’organisation doit être précise : des supports complets, un matériel prêt à être utilisé... N’oubliez que pas que réunir des collaborateurs est un investissement qu’il faut rentabiliser !

Checklist

Les principaux points clés à ne pas oublier.

  • Préparation des éléments essentiels sur le sujet. 
    Rassemblez tous les documents pertinents. Identifiez ceux qui seront utiles pour votre préparation personnelle et ceux qui serviront à l’élaboration des supports.

Préparation des supports d’animation

Pensez convivial et simple : des couleurs, des photos, quelques tableaux bien lisibles, des graphes sans la 3D... Pensez efficace : ne submergez pas les participants d’une montagne de documents.

Classez-les dans l’ordre du planning. Préparez des cas concrets. Elaborez des jeux de rôle.

Sélection des participants et convocation

Choisissez des personnes proches du thème en tant qu’experts ou pratiquants. Identifiez quelles sont leurs attentes.

Quelques jours ou quelques semaines avant : envoyez une convocation avec rappel des objectifs et mention des différents thèmes qui seront traités. Indiquez-leur la préparation éventuelle qu’ils ont à faire et les documents dont ils devront se munir le jour j.

Questionnaire d’évaluation

Pour vous améliorer au fil des ateliers de travail que vous organisez, il est pertinent de recueillir le feedback de la part des participants en fin de séance. Le questionnaire d’évaluation est un bon outil pour cela.
Les questions concernent des sujets tels que la clarté des objectifs, la qualité de l’animation, l’intérêt général des sujets, le bon déroulement, l’écoute des remarques et la prise en compte des interventions des participants...
Le questionnaire doit être court et facile à répondre. Appuyez-vous essentiellement sur des questions à choix multiples : par exemple avec des icônes ’satisfait’ à ’non satisfait’.

Logistique et matériel

Si vous avez le choix de la salle, choisissez-en une confortable, adaptée à l’atelier : divisible en petits espaces, faciliant la circulation et l’échange entre les participants...

Quels outils de présentation allez-vous utiliser ? Projecteur ? Tableau blanc ? Paper board ?

Supports de travail : préparez vos copies, échantillons... Bref ! Tout le matériel nécessaire pour le jour j !

Organisation des pauses

Collations (café, croissants, jus de fruit), organisation des repas... il faut penser à tout.

Planification de la séance

Coupez le sujet en différentes phases (introduction - sujet1 - sujet2 - mise en pratique - mise en commun - questions...) et donnez un timing à chacune.

Si l’atelier dépasse une heure, prévoyez des pauses régulièrement pour garder le groupe productif. Attention aux moments de détente qui dépassent très souvent le temps imparti. Prévoyez de la marge dans votre planning, sans forcément le dire... Tenez compte d’une certaine latence avant de relancer la machine.

N’hésitez pas à varier les sujets ou l’angle d’attaque, car lorsque l’on atteint une heure de travail, l’attention est déjà bien moindre. Anticipez-le dans votre préparation.

Prévoyez des sujets difficiles en fonction des heures où la performance du groupe est maximale : environ à 10h et à 15h. N’attaquez pas un sujet qui sollicite une grande concentration juste après le déjeuner. De même, ne faites pas suivre, si possible, plusieurs sujets intenses les uns derrières les autres. Entrecoupez-les de points plus faciles à traiter.

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3.
L’animation et le déroulement d’une séance - Documents ‘manager-go.com’

  • Avant le démarrage
    Venez plus tôt pour vous assurer que tout est ok : la salle configurée comme vous l’avez souhaité, les outils de présentation en place et fonctionnels.
    Suivant le mode de présentation retenu, notez l’ordre du jour de la réunion et le planning sur un tableau afin de pouvoir faire le point régulièrement.
    Par expérience, vérifiez au moins la veille que les projecteurs vidéo ou rétroprojecteurs fonctionnent. Quelques mauvaises surprises vous seront évitées le jour J : c’est un peu juste de trouver une solution de remplacement en quelques minutes. De plus, vous serez détourné de votre préoccupation du moment : mettre en place le workshop.
  • Durant la séance
    • Introduction 
      Votre objectif : mettre vos participants à l’aise dès leur arrivée. Accueillez-les personnellement, souriant. Remettez-leur les outils de travail et le questionnaire de satisfaction...

 Les présentations. Présentez-vous rapidement et expliquez votre lien avec le sujet de l’atelier.
_ Effectuez le fameux tour de table pour demander à chacun de faire de même : ’Qui êtes-vous ? Pourquoi êtes-vous là ? Qu’attendez-vous de l’atelier ?’. Complétez éventuellement pour que le rôle de chacun soit très clair aux yeux de tous.
Pour des groupes plus importants, procédez par grappes afin que chacun puisse identifier les autres membres, leurs rôles et leurs enjeux dans le groupe. Demandez, par exemple : qui fait partie du service x ? Qui a déjà rencontré la situation y qui va être traitée ? etc. 

Détaillez les objectifs de la journée, l’ordre du jour et le planning des sujets. Faites valider le planning par les participants afin de vous assurer de leur adhésion et qu’il n’existe pas de points bloquants majeurs. Encouragez les personnes à participer activement aux futurs échanges.

    • Déroulement de l’animation
      Généralement, vous tenez un rôle de facilitateur. Votre mission est de piloter les discussions, éviter les temps morts en relanceant, encourager tous les participants à exposer leur point de vue, se mettre d’accord... Bref, un rôle très physique ! 

Mise en chauffe : débutez par un angle facile à aborder...

Gestion du temps : soyez attentif au respect du planning. N’hésitez pas à prévenir qu’il reste 30 min, 10 min, etc. Par cette technique, vous poussez les équipes à synthétiser ou au contraire, à progresser.

Ambiance générale : animez le groupe en maintenant une bonne ambiance avec quelques traits d’humour par moments pour détendre l’atmosphère, permettre à tous de souffler et repartir de plus belle. Soyez dynamique enthousiaste. C’est communicatif !

Témoignages : ne restez pas sur des suppositions, demandez aux participants des témoignages concrets, des faits. De même, sollicitez-les pour qu’ils expliquent comment ils utiliseraient le produit ou la solution dans leur quotidien. Le contexte d’utilisation est important. Le groupe ne doit pas raisonner au sein de la salle seulement, mais doit se projeter à l’extérieur. 

Quelques outils pour animer : http://www.asso-alpe.fr/fichiers/martial/pagejoueraquoi/techniquesanimation.pdf

    • Conclusion
      Pour cette phase, le terme le plus approprié est ’bilan’, ou mieux encore ’débriefing’. Le but est de partager le contenu de l’atelier.

En suivant le planning établi, passez en revue les points traités, non traités, les principales conclusions et les décisions prises le cas échéant. Si besoin, planifiez un autre atelier.
Impliquez les participants au débriefing en validant les conclusions avec eux. Si des sous-groupes ont été formés, chacun peut avoir un porte-parole pour délivrer la synthèse des travaux. Le but n’est pas de refaire l’atelier. Restez factuel sur ce qui a été dit.

Récupérez le questionnaire d’évaluation de la part de tous les participants

L’après : 

Envoyez un rapport de synthèse de l’atelier.

Dépouillez les réponses au questionnaire et passez en revue les points forts et les points faibles. L’objectif : vous améliorer la prochaine fois !

Ce dossier est référencé dans : Outils pour améliorer la qualité - Outils - Réunion commerciale - Conduite du changement - Conduite de réunion - Groupe de travail - Résolution de problèmes

Source : http://www.manager-go.com/gestion-de-projet/dossiers-methodes/animer-atelier

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4.
Pratiques à maîtriser pour conduire une réunion Par Raphaële Granger

Conduire une réunion Par Raphaële Granger Auteur / coordinateur - - Date mise à jour : 10/01/2017 – Document ‘www.manager-go’

Pour atteindre les objectifs fixés pour votre réunion, un ensemble de bonnes pratiques sont à maîtriser.

Tout commence avant la rencontre avec une préparation hors pair : fixation des objectifs, sélection des participants, compilation des documents utiles pour les débats, vérification du matériel... Quelques travaux sont à prévoir avant d’entrer dans le concret. Puis vient le temps de la réunion avec les différentes phases qui la caractérise :

L’introduction : rappel du contexte, des objectifs et des règles de fonctionnement. 

La phase de production à proprement parler, le temps de travail collectif.

La conclusion, où l’animateur clôt les débats par une synthèse de ce qui s’est dit et décidé. Etape a ne pas négliger, car elle permet de verrouiller le travail effectué pour passer à l’action dans le cas où les discussions ont prévu une suite.

Après la réunion avec la formalisation du compte rendu à partir des informations récoltées pendant les échanges et sa diffusion auprès de l’ensemble des participants et autres parties prenantes.

Les ressources accessibles sur notre site

Organiser un atelier de travailPrendre des notes efficaces en réunion, l’essentielSavoir utiliser un paperboard en réunionOrganiser une réunion efficaceAnimer une réunion avec style !

Retrouvez notre modèle simple pour rédiger un cahier des charges.

Sélection de documents publiés sur internet :

Guide de survie aux réunions : 40 techniques pour transformer vos réunions en moments funs et productifs En partenariat avec Amazon

Articles

Mettez du pep’s dans vos réunions !Quelques pistes pour rendre ses réunions de travail plus dynamiques : faire s’exprimer les non-dits, remettre l’humain à l’honneur, adopter la pensée latérale, alterner séances cadrées et ateliers plus décalés...

actionco.fr Réunion : la révolution- Un constat partagé par beaucoup : les réunions coûtent chères, très chères et souvent improductives. Et pourtant en respectant quelques principes, elles peuvent se révéler efficaces.

Un autre regard sur les choses Réunionite : la maladie du XXIème siècle- Une vision relativement acerbe d’un mal très en vogue dans nos organisations. L’auteur nous donne sa vision des choses et sa difficulté à comprendre la fréquence et la longueur des réunions à une ère où tout pourrait être tellement plus simple... et plus efficace !

Zyncro Blog Eléments clés pour une réunion réussie- Quelques conseils pratiques pour l’organisation et l’animation d’une réunion efficace : choix des participants, ordre du jour, supports, accueil, conduite de la réunion, respect du timing...

blog-gestion-de-projet.com 8 remèdes efficaces contre la « réunionite »- Quelques recommandations pour ne pas tomber dans ce travers : bien préparer ses rencontres, rappeler aux participants qu’il est indispensable de lire les documents joints avant le jour J, etc.

Workopolis Adoptez les réunions debout (Stand-up Meeting) pour cesser de perdre votre temps en réunion- Une manière originale et rapide de se focaliser sur l’essentiel et privilégier l’efficacité. Fonctionnement de cet outil, et exemple d’un ordre du jour.

jpd conseil Comment inciter tous les participants à s’exprimer en réunion projet ?- Ce sont les plus extravertis qui s’expriment. Il est fort dommage de ne pas tirer profit des compétences de ceux qui se mettent moins en avant. Ce billet propose une méthode en 7 étapes pour inciter chaque participant à exposer ses idées.

blog-gestion-de-projet.com On ne travaille pas en réunion- Un petit article pour rappeler que les réunions deviennent efficaces si chaque participant arrive après avoir déjà travaillé sur le sujet...

Cours

Maîtriser les techniques d’animation- Formation multimédia en ligne accessible librement. Ce module revient sur les principes de base de la conduite de réunion et fournit des outils pratiques. Tout au long de l’apprentissage, vous serez un manager dans une société fictive...

TechnoCompétences Les différentes phases d’une réunion de travail- Préparer la réunion (définir les objectifs, composer le groupe de travail, planifier la progression du groupe…), le déroulement (l’ouverture, les échanges, la clôture des débats), à l’issue (la rédaction du compte rendu, l’évaluation).

CEDIP Réunions de travail- Présentation des différentes phases. Préparation de la réunion, choix et convocation des participants, organisation de la salle de réunion. L’animation : rôle de l’animateur, style d’animation, méthodes de travail...

Dossiers

Réanimez vos réunions- Ensemble d’articles sur le sujet : les règles de l’animateur efficace ; Françoise Wybrecht (CFCEL) : ’éviter la réunion fourre-tout’ ; les webconférences débarquent...

Fiches pratiques

Pour en finir avec les réunions inefficaces- François Ouellet s’attache à présenter, à travers cette vidéo, les différents types de réunions et leurs objectifs, les erreurs à éviter lors des séances, la position de l’animateur, etc.

Affaires RH Comment animer une réunion ?- Au sommaire de cette fiche pratique : cadre général (l’animateur, les qualités qui doivent être développées par ce dernier, la préparation) ; comment communiquer avec les participants (les informer, leur assurer qu’ils auront un rôle effectif à jouer, prendre chacun en considération, favoriser l’expression de chacun, communiquer un ordre du jour) ; comment impliquer les participants (éprouver les positions du groupe, rendre chacun partie-prenante dans l’exécution des décisions ; quizz...

toutapprendre.com Charte pour des réunions efficaces- Accès direct au fichier pdf. Une charte à afficher dans les salles dédiées. Les droits et devoirs de l’animateur et des participants.

Novasun Animer une réunion- Lien direct sur le pdf : maîtriser les différentes phases (préparation, introduction, maîtrise du déroulement, clôture) ; maîtriser le rôle d’animateur (rôles et attitudes, outils, gestion des principaux problèmes) ; maîtriser la diffusion du message (la parole est d’or, la technique du voisinage)... Institut Atlantique d’Aménagement des Territoires

Sites internet

Animer une réunion- Site dédié à l’animation de réunion, ce site propose :des trucs et astuces pour savoir comment bien animer, des rappels de techniques connues et des techniques nouvelles, des conseils, des réflexions. Vous trouverez des articles comme : rôle de l’animateur, la préparation (les différents phases : lancement, gérer le temps, répondre aux questions...), les outils d’animation, outils de résolutions de problèmes...

Autres thèmes en relation

Outils : Résolution de problèmes

Contactez-nous - Devenir auteur, partagez votre expertise - Présentation du site - Sur le web - Conditions d’utilisation - Mentions légales et crédits

Raphaële Granger, responsable du site – Photo - Entrepreneure dans l’âme, passionnée de rapports humains et touche à tout, Raphaële a roulé sa bosse en Irlande, en Allemagne et aux USA avant de se poser en France. Tantôt traductrice-interprète, responsable communication, chef d’entreprise dans le domaine de la décoration et passionnée par la performance des entreprises, elle partage ses connaissances et son expérience à travers ce site. L’intervention de membres de son réseau pour les thèmes les plus pointus viennent en appui, à travers des témoignages, des points de vue... Chaque mois des auteurs ’spécialistes’ livrent leur expertise dans le Mag’ du manager ou à travers un billet publié sur le blog.

Source : http://www.manager-go.com/gestion-de-projet/conduite-de-reunion.htm

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5.
Les dossiers de Raphaële Granger

A.
Dossier - Cadrer un projet Par Raphaële Granger - Auteur / coordinateur - Date maj : 02/10/2016

Le cadrage consiste à définir l’ouvrage à venir. Cette phase d’avant-projet rappel sa genèse et son utilité en répondant à la question : pourquoi ?

Sommaire du dossier

Une autre précision se révèle utile : quels sont les types d’acteurs impliqués. C’est-à-dire mentionner globalement les services et profils sans nommer précisément de collaborateurs. Le chef de projet étant en général déjà choisi.

Cette réflexion aboutit sur une note de cadrage. Elle est généralement issue de la rencontre des demandeurs et du maître d’ouvrage. Elle permet de communiquer en interne et d’être utilisée comme premier référentiel avant d’aller plus loin. Elle requiert également la participation des membres de l’équipe à sa rédaction. Ils doivent s’approprier les tâches à venir.

Le cadrage une étape qui fixe le cap ! Pour réussir l’ouvrage, il est nécessaire de bien en connaître les contours 

Cette note contient des informations descriptives telles que les parties prenantes, l’équipe, le chef. Elle informe également sur son fondement : les besoins et les objectifs. Elle précise son périmètre (services, processus...). Elle fixe les moyens et planifie les échéances après avoir décrit les grandes étapes.

L’étape suivante étant de rentrer dans le détail avec la rédaction du cahier des charges.

Les ressources accessibles sur notre site

Créez facilement un diagramme de GanttGap analysis : passer de l’état courant à la situation projetéeRéussir vos réunions de lancement de projet !

Cadrer son projet

Document de base pour un TD rappelant les points important à connaître sur cette étape fondamental de la conduite d’un ouvrage : pourquoi et comment cadrer un projet ? Proposition d’une checklist : objectifs, périmètre, planning, ressources, communication, risques...

Source : http://www.manager-go.com/gestion-de-projet/cadrage.htm

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B.
Dossier - Comment conduire un projet

Par Raphaële Granger - Auteur / coordinateur - Date maj : 06/12/2016

Une fois que le cahier des charges est ficelé, il est temps d’entrer dans la phase de réalisation concrète. Le chef de projet travaille avec son équipe sur les points planifiés dans le plan d’action.

Sommaire du dossier

Il consiste à manager son groupe pour tirer le meilleur des compétences présentes. Il peut bien sûr tenir un rôle plus opérationnel si certaines tâches entrent dans ses domaines de compétence. Mais en général sa mission consiste d’ organiser et animer les séances de travailtout en assurant le suivi de l’avancée des travaux en accord avec le planning arrêté.

Il coordonne les ressources externes et mobilise les moyens budgétaires.

En cas de dérapage notable, il est de sa responsabilité de reporter à l’instance supérieure pour décider quelle position adopter. Justement, il assure ce lien avec le comité de pilotage pour le tenir régulièrement informé de l’exécution des différentes étapes pour validation.

Autre tâche dans sa fonction : il met en oeuvre le plan de communication . Un outil essentiel pour le succès du projet aussi bien en terme d’implication, que de coordination. En effet, délivrer les bonnes informations au bon moment permet à chaque personne impliquée (directement ou pas) de comprendre les tenants et aboutissants des tâches en cours. Le bénéfice : réduction des freins au changement. Pour les membres de l’équipe projet, c’est pouvoir ainsi replacer ses réalisations dans l’ouvrage collectif. A la clé moins de tension et de stress. 

Les ressources accessibles sur notre site

Le tableau de bord, un outil indispensable pour la gestion de projet

Articles

Non monsieur ce n’est pas possible...

Ou comment faire comprendre à un utilisateur que la fonctionnalité qu’il demande n’est pas si simple à mettre en place.

Any Ideas Maîtriser les acteurs externes

Il n’est pas concevable de gérer un projet sans tenir compte des parties prenantes. En effet ces dernières pourraient à tout moment le faire échouer. Il est donc nécessaire de bien les connaître : qui sont-ils ? Que recherchent-ils ? etc.

Dantotsu PM Comprendre le rôle d’un sponsor

Suite à une mauvais expérience, l’auteur revient sur ce que doit être un Sponsor : quelqu’un qui supporte le déroulé de la mission en fournissant les moyens nécessaires à son succès...

Les bonnes pratiques

Développement en 4 axes : intégrer l’analyse de la valeur, adopter un style de management coopératif, développer les outils de pilotage, accompagner le changement.

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C.
Dossier - Savoir terminer ses projets

Par Raphaële Granger - Auteur / coordinateur - Date maj : 21/10/2016

Sommaire du dossier

  • Evaluation
    Lorsque le projet arrive à sa fin, la mission n’est pas terminée...

Il est indispensable de capitaliser sur l’expérience récente dans le cadre de l’amélioration continue de ses pratiques.

En effet il est dommage de passer à côté du suivi d’une réalisation. Des investissements budgétaires et humains qui mérite généralement plus d’implication de l’équipe dans cette phase post projet.

Pourquoi ? Comment ? Les publications sélectionnées sur cette page apportent des éléments de réponse.

Réussir le ’REX’

Un point sur le retour d’expérience en fin de projet, appelé aussi le REX. L’auteur explique que la situation est biaisée à cause de la volatilité des organisations projets. Il ajoute ensuite que ce processus est quelques fois imposé aux équipes et se traduit par de lourds formulaires à remplir...

Rentabilité - Questions de vocabulaire - Le blog Coopil

Quelques mises au point de vocabulaire et de formules de calculs concernant la rentabilité des projets.

Recherche de la rentabilité à court terme - Attention piège Anya Ideas

Quand la gestion des risques et les plans de prévention sont sabrés par des logiques économiques...

Capitaliser... ou pas ! - le-perfologue.net

Une fois la réalisation terminée vient la phase de suivi. Une étape intermédiaire à valeur ajoutée est souvent négligée, voire complètement oubliée : capitaliser sur les leçons apprises. Dans ce billet l’auteur nous propose une méthodologie pour bâtir sa communication sur le retour d’expérience. Une aide pour aborder cette étape de fin de projet.

Proposition d’une check-list à utiliser en fin de projet. {{}}Orange

Les points abordés : la conduite du processus, la gestion des risques, la gestion du changement, le respect des délais, le management de la qualité, les outils.

Gestion de la fin de projet

Cours sur la fin de projet : types de terminaison (comment prendre la décision de terminaison ? Les différentes façons de terminer...), processus de terminaison, rapport (contenu : équipe, techniques de gestion, autres points importants : aspects qui ont particulièrement bien fonctionnés...). §

La dernière phase - HEIG-VD (Haute Ecole d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud)

Les points abordés : Suivi (monitoring) : « où en est le projet ? », contrôle « comment corriger ? », évaluation – audit, les outils graphiques de suivi, EVM - historique, exemples d’indicateurs de suivi.

Comment mesurer l’impact des travaux menés ? - HEIG-VD (Haute Ecole d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud)

Ce rapport revient sur cette phase importante consistant à vérifier si les objectifs prévus ont été atteints. Il traite des attentes que l’on peut légitiment avoir de cette phase et de sa mise en oeuvre.

Un outil bien pratique - CEDIP

Comment mettre en oeuvre un retour d’expérience ? Le Cedip met à disposition une grille toute faite pour tirer parti des enseignements des projets menés.

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D.
Dossier - Outils du chef de projet

Par Raphaële Granger - Auteur / coordinateur - Date maj : 31/12/2016

Sommaire du dossier

Il doit en outre savoir utiliser des techniques de communication interpersonnelle et de management : négociation, conduite de réunion... et d’autres outils tels que le diagramme de Pareto, etc. Bref, un large panel de compétence à maîtriser. Ce dossier traite des principaux outils à la disposition de ce véritable manager transversal.

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E.
Dossier - Comment piloter le changement ? Par Raphaële Granger - Auteur / coordinateur - Date maj : 10/01/2017

Manager le changement est un acte indispensable pour accompagner les transformations générées par les nouveaux projets.

Sommaire du dossier

Il existe des méthodes efficaces pour soutenir ses collaborateurs lors des transformations et gérer les résistances qui peuvent apparaître. Des résistances, une réaction naturelle à toute situation nouvelle. Lers ignorer ne résout rien si ce n’est de les attiser. Selon leur nature, elles peuvent être prévenues ou traitées dès leur apparition.

Avec les échecs répétés des projets CRM, une prise de conscience s’est faite au sein des grandes entreprises spécialisées dans la mise en oeuvre de ces outils. Néanmoins, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour celles non rompues aux techniques modernes de gestion de projet.

Nous avons sélectionné de nombreux documents traitant du sujet : des outils pour le consultant, d’autres pour gérer les aspects humains lors d’ une fusion, des méthodes pour le management des hommes... Ils partagent leur expertise... Copyright © Manager GO ! 2008-2017

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6.
Le Changement, éviter les pièges pour obtenir des résultats - Publié le 28/11/2016 - Jean-Michel FOURNIER

Le changement… Voilà bien un terme qui peut s’enorgueillir d’être devenu au fil du temps le sujet de bon nombre d’ouvrages, débats, essais et enseignements, voire même de slogans !

Le sujet traité ici porte sur le changement initié dans les processus d’apprentissage (formation, mentoring) ou d’accompagnement individuel ou collectif (coaching individuel ou d’équipes).

La baguette magique n’existe pas !

Au risque de jouer les rabats joie, il n’existe pas de baguette magique qui permettrait à l’être humain de changer aussi vite et facilement qu’il le souhaiterait dans certains cas. Changer pour éviter de reproduire une habitude inadaptée ou changer pour atteindre un but. Changer une façon de voir les choses, un comportement, une manière de réagir, l’expression d’une émotion, changer pour conduire une tâche différemment, pour maîtriser ses peurs : quel que soit le motif, changer reste un exercice difficile, tant au niveau individuel que collectif.

A l’âge adulte, nous possédons une sorte de programme mental. Il s’écrit à partir de l’enfance, au gré des expériences relationnelles, émotionnelles et sur la base du patrimoine généalogique ; il traite les informations reçues et génère des réactions psychiques, comportementales, émotionnelles et/ou physiologiques. Il est comme un algorithme qui concatène en une fraction de seconde et de façon inconsciente une multitude de paramètres.

Ce programme se révèle notamment à travers le caractère itératif des modes de fonctionnement qu’il génère. Nous sommes pleins d’habitudes et pouvons constater la répétition de nos comportements, de nos modes de pensées, de nos expressions émotionnelles.

Le changement, c’est possible !

Ouf ! Le programme n’est pas figé ! L’algorithme peut être adapté ! Nous entendons de plus en plus parler de plasticité neuronale : cette capacité à créer, défaire ou réorganiser les réseaux de neurones et leurs connexions. Cette plasticité est un véritable cadeau : elle permet d’apprendre, de nous adapter et de changer.

Un processus de changement chez l’adulte, c’est un peu comme un processus de rééducation.

A l’instar du kinésithérapeute qui accompagne un patient à s’adapter à un nouvel état physique, le coach ou le formateur guide une sorte de rééducation mentale.

Dans le domaine de la kinésithérapie, l’évolution qui accompagne le changement est plutôt manifeste. Le processus génératif peut plus ou moins être expliqué. La compréhension des mécaniques du corps est plutôt accessible. Si un kinésithérapeute peut expliquer que tel exercice va permettre de développer tels muscles et vise tel résultat, il est encore peu probable de rencontrer un professionnel du changement capable d’expliquer que la démarche qu’il propose va permettre de débrancher tels neurones et de connecter tels autres. L’espèce d’opacité avec laquelle le changement s’opère peut engendrer une forme de scepticisme à l’égard des démarches possibles ou une sorte d’attentisme passif de la part des candidats au changement, comme si un miracle pouvait se produire.

Malgré les avancées spectaculaires, notamment dans le domaine des neurosciences, malgré le nombre croissant de méthodes et de techniques développées, leur diffusion en masse et l’engouement qu’elles suscitent, les professionnels et les candidats au changement doivent savoir garder raison. Toute démarche de changement nécessite de la motivation et de l’implication personnelle.

Le changement, un escalier dont la progression se fait marche après marche

La motivation de ceux qui s’apprêtent à suivre une démarche de changement en vue d’atteindre un but est une condition sine qua non. L’évaluation de cette motivation est un pré-requis. Elle conduit éventuellement à définir des étapes intermédiaires qui permettront d’atténuer d’éventuels freins au changement ou même lever des points bloquants.

Cette motivation devra être suffisamment importante tout au long du processus pour soutenir l’implication personnelle, la pugnacité et la rigueur dont il faudra faire preuve pour franchir les étapes jusqu’à l’objectif fixé.

A l’issue de la lecture de cet article, tentez de faire une expérience : apprenez à écrire de la main gauche si vous être droitier et inversement si vous êtes gaucher. Posez-vous les questions suivantes : « si je ne trouve pas une bonne motivation à tenter cette expérience, vais-je vraiment pouvoir m’astreindre à réaliser les exercices d’écriture aussi longtemps qu’il le faudra ? » « Aurai-je la volonté de pratiquer des exercices d’entrainement tous les jours ? » « Quelle sera la force qui m’empêchera de reprendre la main avec laquelle j’ai l’habitude d’écrire, de retourner dans ma zone de confort ? » « Dans quelle mesure une aide externe pourrait-elle m’être utile ? »

Formateur/le coach, un rôle de facilitateur

La mission du coach/formateur consiste à optimiser l’effort à consentir en matière d’énergie et de temps. C’est-à-dire concevoir un processus, mettre en œuvre des méthodes et des techniques qui facilitent le changement et soutiennent la motivation des prétendants tout au long de la démarche. C’est une aide précieuse qui contribue au succès, mais qui ne fait pas tout. Il ne peut pas faire à la place de ceux qu’il accompagne les efforts de mémorisation éventuels, de compréhension, d’entrainement, de pugnacité. Or, de ces efforts dépend également la réussite.

Prendre conscience de ce qu’implique la volonté de changer ou d’apprendre, du rôle de ceux qui suivent la démarche et des professionnels qui l’accompagnent, permet d’éviter des déboires en définissant les mesures adaptées et d’obtenir des résultats. Il ne s’agit pas de renoncer, mais d’ajuster aux réalités du contexte les objectifs et les moyens pour les atteindre. Auteur - Jean-Michel FOURNIER -

Photo - Jean-Michel Fournier accompagne les entreprises en agissant sur les 3 piliers clés de la performance : Compétences, Motivation, Agilité. Son champ d’intervention couvre le Coaching individuel, le Coaching d’équipe, l’Ingénierie de formation, les Formations des dirigeants, managers et chefs de projet. Jean-Michel se positionne comme facilitateur pour lever les freins, faire émerger les solutions et obtenir les résultats attendus.

Visiter son site WakeUp conseil- Voir son profil Linkedin - Cet article est référencé dans : Conduite du changement- Source : http://www.manager-go.com/gestion-de-projet/articles/conduite-du-changement-motivation-et-ajustements

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7.
Sélection d’accès à des ressources sur les méthodes et outils de gestion

Travaux mis en ligne Par Raphaële Granger

Réussir des changements : la méthode Moïse

Un parallèle fouillé et très intéressant. Des enseignements applicables dans les situations d’aujourd’hui pour vaincre les résistances et mobiliser tout le monde vers de nouveaux horizons.

Changez et appuyez sur l’accélérateur… {{}}le blog de J2-Reliance

Comment faire avancer son organisation pour relever les défis actuels et à venir ? L’auteur revient sur les préceptes du Dr. John Kotter, professeur à la Harvard Business School. Un processus en 8 étapes pour faire bouger les lignes…

Une bonne fois pour toutes : le ROI de la conduite du changement - Successful entrepreneurs

Comment justifier l’investissement à réaliser dans ce domaine ? Très simple, prouver la rentabilité de l’opération. Et là s’agissant de comportements humains, la chose n’est pas aisée. Voici quelques pistes.

Le porteur du changement doit être moteur - Appetite for Change :

Réflexions sur l’importance de la capacité d’influence du comité de pilotage d’un projet. : sans légitimité, sans autorité, vouloir changer des caractéristiques de l’organisation est voué à l’échec.

Accompagner le changement - questions-de-management.com

Une réflexion de fond sur les effets du renouveau et de l’incertain sur la nature humaine additionné de quelques conseils pour que ces phases soient couronnées de succès.

Gérer les oppositions dans un projet de changement, est-ce possible ? - Le blog Cegos

Quelques pistes pour vous aider à faire face aux oppositions auxquelles vous serez confrontés dans ce genre de situation : trouver la cause, répondre calmement, écouter, être clair, s’appuer sur des alliés...

La conduite du changement : un art bien maîtrisé ou un effet de mode en déclin ? - Le blog Cegos

Suite à une étude du JDN, cette publication fait le point sur les pratiques en la matière : enjeux, difficultés rencontrées par les managers, avenir des méthodes...

Implanter un changement - HEIG-VD (Haute Ecole d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud

Formation multimédia en ligne accessible librement. Ce module s’attache à définir la conduite à tenir envers ses employés en cas de changement (bonnes pratiques, gérer les résistances...). Il propose en outre des outils pratiques. L’apprentissage repose sur une mise en situation, vous serez un manager dans une société fictive...

Conduire et accompagner les changements

Sommaire de cette fiche : comment caractériser le changement ? (organisationnel, les différents niveaux, Les résistances...), quel processus pour le conduire et l’accompagner (les invariants communs à toutes les démarches : le portage politique, la communication, la négociation et la participation), les trois phases du processus (l’éveil, la transition ou la mise en œuvre du plan d’action global, la ritualisation par l’accompagnement).

Réussir les cinq phases du changement - CEDIP

Les 5 phases (inertie, résistance, hésitation, adhésion, engagement) appliquées : les modifications du management, l ’innovation dans les produits et sur les marchés, l’évolution de l’organisation sociale, la mutation de la culture. Voir également le tableau synthétique.

8 principes pour sécuriser vos démarches de conduite du changement - Algoric

Extrait : ’Pour assurer sa pérennité, l’entreprise a besoin de disposer de solutions méthodologiques et opérationnelles fiables pour sécuriser leur projet de modifications organisationnelles’... Se positionner dans une approche amont des risques projet, construire et piloter par les finalités afin de construire un cadre de référence commun...

Prospect Gestion - Articles sur le changement et la conduite du changement, écrits par Raymond Vaillancourt, auteur d’ouvrages sur cette thématique.

Réunion : la révolution - actionco.fr

Un constat partagé par beaucoup : les réunions coûtent chères, très chères et souvent improductives. Et pourtant en respectant quelques principes, elles peuvent se révéler efficaces.

Eléments clés pour une réunion réussie - Zyncro Blog

Quelques conseils pratiques pour l’organisation et l’animation d’une réunion efficace : choix des participants, ordre du jour, supports, accueil, conduite de la réunion, respect du timing...

Adoptez les réunions debout (Stand-up Meeting) pour cesser de perdre votre temps en réunion - Workopolis

Une manière originale et rapide de se focaliser sur l’essentiel et privilégier l’efficacité. Fonctionnement de cet outil, et exemple d’un ordre du jour.

Comment inciter tous les participants à s’exprimer en réunion projet ? - jpd conseil

Ce sont les plus extravertis qui s’expriment. Il est fort dommage de ne pas tirer profit des compétences de ceux qui se mettent moins en avant. Ce billet propose une méthode en 7 étapes pour inciter chaque participant à exposer ses idées.

Maîtriser les techniques d’animation

Formation multimédia en ligne accessible librement. Ce module revient sur les principes de base de la conduite de réunion et fournit des outils pratiques. Tout au long de l’apprentissage, vous serez un manager dans une société fictive...

Pour en finir avec les réunions inefficaces

François Ouellet s’attache à présenter, à travers cette vidéo, les différents types de réunions et leurs objectifs, les erreurs à éviter lors des séances, la position de l’animateur, etc.

Comment animer une réunion ? - Affaires RH

Au sommaire de cette fiche pratique : cadre général (l’animateur, les qualités qui doivent être développées par ce dernier, la préparation) ; comment communiquer avec les participants (les informer, leur assurer qu’ils auront un rôle effectif à jouer, prendre chacun en considération, favoriser l’expression de chacun, communiquer un ordre du jour) ; comment impliquer les participants (éprouver les positions du groupe, rendre chacun partie-prenante dans l’exécution des décisions ; quizz...

Charte pour des réunions efficaces - toutapprendre.com

Accès direct au fichier pdf. Une charte à afficher dans les salles dédiées. Les droits et devoirs de l’animateur et des participants.

Animer une réunion - Novasun

Lien direct sur le pdf : maîtriser les différentes phases (préparation, introduction, maîtrise du déroulement, clôture) ; maîtriser le rôle d’animateur (rôles et attitudes, outils, gestion des principaux problèmes) ; maîtriser la diffusion du message (la parole est d’or, la technique du voisinage)...

Animer une réunion

Site dédié à l’animation de réunion, ce site propose :des trucs et astuces pour savoir comment bien animer, des rappels de techniques connues et des techniques nouvelles, des conseils, des réflexions. Vous trouverez des articles comme : rôle de l’animateur, la préparation (les différents phases : lancement, gérer le temps, répondre aux questions...), les outils d’animation, outils de résolutions de problèmes...

Sources : http://www.manager-go.com/gestion-de-projet/conduite-de-reunion.htm

Ce n’est pas le problème !

Un intéressant article traitant de l’importance fondamentale de bien définir le problème à résoudre. Il met notamment en garde contre un passage trop rapide à la phase de recherche de solutions.

Complexité & solutions multifactorielles - Kolibri Coaching

Nous sommes nombreux à rechercher la cause principale d’un dysfonctionnement. Après l’avoir identifiée, les solutions appliquées ne sont pas toujours efficaces. Pourquoi ? Car très souvent le problème est généré par un ensemble de causes en interaction. Et en agissant sur une seule, on ne résout rien. Explications.

Problèmes/Solutions ou Questions/Réponses ? - Kolibri Coaching

Gilles Martin nous invite à faire un petit retour aux sources philosophique et prendre ainsi de la hauteur face aux problèmes managériaux...

La double vie de la résolution de problème - Blog ’Zone Franche’

Introduction par l’auteur : ’Voilà, les problèmes dans les organisations ont bien compris que pour vivre heureux, vivons cachés. Ils mènent alors une double vie qui leur permet de s’épanouir.’

Outil : 6 chapeaux pour penser - Qualitadmin

Résolution de problèmes : présentation d’un outil d’exploration de différentes solutions. Le principe est de ’coiffer ’ différents chapeaux pour analyser une situation. Explications.

Comment évaluer des faits ? - Qualitadmin

Présentation d’un outil pour évaluer une situation. A l’instar de la méthode des « 5 pourquoi », cet outil est basé sur la répétition de la question « Et alors ? » pour obtenir le niveau de détail recherché.

Résoudre les problèmes par une approche rigoureuse

Une vidéo présentant une démarche en 7 étapes mixant celle préconisée par Deming  : Planifier, Organiser, Diriger, Contrôler (PADC) et celle du Six Sigma : Définir, Mesurer, Analyser, Améliorer, Contrôler.

Méthode de résolution de problèmes

Démarche proposée : Choisir un sujet - Poser le problème - Définir la situation désirée - Décrire la situation existante - Rechercher les causes - Chercher les solutions - Vérifier les solutions - Standardiser.

Résoudre un problème : la démarche, les outils

Dossiers pdf à télécharger présentant la démarche générale et des outils pour les différentes phases : identification et sélection du problème, observation de la situation, recherche des causes, choix d’une solution, mise en place de la solution, vérification des résultats et suivi de l’amélioration.

Quand la formation ne suffit plus, pensez Co-développement, outil d’intelligence collective

Eric Rolland explique ce qu’est un atelier codéveloppement en s’appuyant sur des exemples concrets : un agent de sécurité face à des clients difficiles, une chargée de mission devant mobiliser des directeurs de projets.

La méthode de résolution de problème

Lien direct sur une fiche pratique au format pdf sur la méthode de résolution de problème avec au sommaire : présentation de la démarche (choix du problème à traiter, définition du problème, recherche de la cause, recherche des solutions, élaboration d’un plan d’action) ; identification des racines des problèmes (identification des causes potentielles, confrontation causes et données, agir)...

L’analyse structurelle - Lien direct sur le pdf

Présentation de l’analyse structurelle ; exemple de tableau à double entrée ; comptabilisation du degré de motricité et de dépendance ; présentation succincte du logiciel MICMAC avec l’exemple d’une analyse structurelle portant sur ’les déterminants des espaces ruraux à l’horizon 2010’ : comparaison de la hiérarchie des variables au travers de différents classements...

Sources : http://www.manager-go.com/gestion-de-projet/resolution-de-problemes.htm et http://www.manager-go.com/gestion-de-projet/conduite-du-changement.htm

Guide de survie aux réunions : 40 techniques pour transformer vos réunions en moments funs et productifs – Livre en partenariat avec Amazon- Copyright © Manager GO ! 2008-2017

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8.
Pour une éducation populaire d’auto-défense et d’auto-organisation Par Adeline de Lépinay, artisane d’une éducation populaire politique et libertaire, praticienne du ‘Community organizing’ en banlieue parisienne.

« Personne n’éduque personne, personne ne s’éduque seul, les hommes s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde » Paulo Freire, Pédagogie des opprimés – [Voir Paulo Freire : Humaniste et citoyen du monde sur ce site : http://www.freire.de/node/84]

Sur le site d’Adeline de Lépinay, on considère l’éducation populaire comme une pratique d’autodéfense et d’auto-organisation, qui nait d’une volonté et d’une nécessité de changer profondément la société, et qui se propose de nourrir sans les conduire les mouvements sociaux qui luttent pour l’émancipation et contre les dominations.

Ce site est totalement indépendant. Son animatrice y relaie principalement des contenus publiés ailleurs, sous une forme détaillée ici, ou juste les liens à suivre . Si ce site peut être intéressant, dans la masse de ce qui est proposé en ligne, c’est par sa ligne éditoriale, qui défend cette idée d’autodéfense populaire à visée de transformation sociale. Ce site propose également des éléments théoriques sur l’éducation populaire, en se gardant de tomber dans le piège de l’outillage : l’essentiel, c’est ce qu’on veut faire, après seulement il est temps de réfléchir aux outils.

Prendre en main collectivement notre éducation, notre histoire, notre culture, nos valeurs, nos idéaux, nos projets, nos actions. Individuellement et collectivement…
Décrypter et s’émanciper des rapports de domination ; prendre conscience de la place que l’on occupe dans la société ; affirmer sa dignité ; s’auto-éduquer ; former sa conscience politique ; développer son esprit critique ; apprendre à se constituer collectivement en contre-pouvoir ; expérimenter sa capacité à agir ; construire une force collective apte à imaginer et à agir pour la transformation sociale.

S’appuyer sur la mémoire des luttes ; pratiquer une démocratie vivante, autogestionnaire. Viser l’émancipation individuelle et collective des individus ; viser la transformation sociale.

Vous trouverez sur ce site :

Qu’est-ce que l’éducation populaire # Pour quoi faire # Savoirs # De la prise de conscience à l’émancipation # Démocratie # Culture # Histoire de l’éducation populaire #

Principes d’éducation populaire # Les ressorts de la mobilisation # Le fonctionnement en collectif # Malentendus et incompréhensions # Méthodes en vrac #

Plein de ressources relayées, triées par mots-clefs, par catégories (colonne de droite) et par date de publication #

Et encore d’autres ressources et actualités relayées sur Twitter # et sur Facebook #

Contact - Réagissez à propos de ce site ! Et/ou prenons contact pour discuter plus largement !

L’auteure de ce site est Adeline de Lépinay, artisane d’une éducation populaire politique et libertaire, praticienne du community organizing en banlieue parisienne. (Prendre connaissance de mon parcours et de mes références). Mon parcours professionnel et militant a suivi un mouvement allant du champ de la Culture institutionnelle – celle qui est prête à consommer – à celui de l’éducation populaire – où l’on considère que la culture, c’est ce qu’on est, ce qu’on fait, ce qu’on produit. Au fil des rencontres, il s’est radicalisé dans ses visées d’émancipation et de luttes contre les dominations. Parallèlement, j’interviens régulièrement dans divers cadres, sur des questions d’éducation populaire et de pratiques démocratiques, apportant autant que possible un point de vue radical et libertaire sur ces sujets. Et puis j’anime ce blog (ainsi qu’un fil twitter et une page Facebook), sur lequel je relaie des articles de fond et des actualités liées au sujet qui nous intéresse.

Prendre contact - Et n’oubliez pas de me laisser votre adresse mail si vous voulez que je puisse vous répondre ! Il y a un problème temporaire (j’espère) avec le formulaire de contact, qui ne veut plus me transmettre vos messages. En attendant, vous pouvez me contacter via la page Facebook liée au site : https://www.facebook.com/siteeducationpopulaire - Désolée, et merci !

Contributions bienvenues - Pour me contacter #

« Instruisez-vous parce que nous aurons besoin de toute votre intelligence. Agitez-vous parce que nous aurons besoin de tout votre enthousiasme. Organisez-vous parce que nous aurons besoin de toute votre force. » - Antonio Gramsci

Source : http://www.education-populaire.fr/

D’après Wikipédia, «  Antonio Gramsci Prononciation du titre dans sa version originale Écouter (Ales, Sardaigne, le 22 janvier 1891 - Rome, le 27 avril 1937) est un écrivain et théoricien politique italien d’une lointaine origine albanaise1,2. Membre fondateur du Parti communiste italien, dont il fut un temps à la tête, il est emprisonné par le régime mussolinien3 de 1927 à sa mort. En tant qu’intellectuel marxiste, il a notamment étudié les problèmes de la culture et de l’autorité et théorisé une « philosophie de la praxis » dans la continuité du matérialisme dialectique (ce changement de nom[Lequel ?] lui permettant également d’échapper à la censure fasciste). Ses travaux, menés principalement pendant ses onze années d’emprisonnement, portent sur le concept d’hégémonie culturelle, les partis politiques, la littérature, l’époque de la Renaissance et de la Réforme, l’œuvre de Machiavel, ou encore le matérialisme historique… » Article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Gramsci

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9.
Sociologie : ‘Community organizing’ : ce que c’est, ce que ça n’est pas

28 novembre 2014 adeline2lep Laisser un commentaire - Mes notes de lecture, Texte relayé

Organize

« Mobiliser les quartiers populaires : vertus et ambiguïtés du Community organizing vu de France »

  • Ce que le Community organizing est, et ce qu’il n’est pas
  • Mobiliser les quartiers populaires
    Un article de Julien Talpin publié sur ‘La vie des idées’ en novembre 2013. Lire ici l’article complet. En voici quelques extraits choisis, l’idée étant de vous donner envie de lire tout l’article… [Voir aussi « Julien Talpin, Community organizing : De l’émeute à l’alliance des classes populaires aux États-Unis’ – Notes de lectures de Clément Petitjean sur ce site : https://lectures.revues.org/20944]].

Extraits choisis par la rédactrice - Conseil : Ces extraits sont nécessairement sortis de leur contexte du fait qu’ils sont extraits de leur texte initial. Je ne peux que conseiller la lecture de cet article. Le Community organizing incarne la frange radicale de l’empowerment. Il apparaît comme une des formes, minoritaire, politisée et critique, du recours à la société civile aux États-Unis.

Ce que le Community organizing est, et ce qu’il n’est pas

De façon idéal-typique, les « community-based organizations » (CBO) peuvent prendre trois formes distinctes :

  • Les associations de service
  • Le développement communautaire
  • Le Community organizing
    Différence entre associations de services et Community organizing

La majorité des CBOs sont des prestataires de services sociaux : accès au logement, accompagnement à la recherche d’emploi ou pour les procédures administratives, soupes populaires ou aide aux devoirs. Ces organisations peuvent être plus ou moins politisées, et leur spécificité est d’assurer principalement des services à la population grâce à l’implication de « volontaires » bénévoles, participation vue comme une source d’empowerment individuel.

Si les associations de Community organizing assurent parfois certains services (soutien scolaire, réinsertion des détenus…), ceux-ci ne sont que secondaires. Elles se concentrent surtout sur un travail de mobilisation des habitants des quartiers pauvres dans le cadre de « campagnes » visant la « justice sociale ». Le Community organizing est un processus qui permet « aux gens de se mobiliser par eux-mêmes pour obtenir des gains substantiels et bénéficiant aux groupes les plus défavorisés ».

Différence entre développement communautaire et Community organizing

Parallèlement, on observe un glissement du Community organizing au développement communautaire. Les Community Development Corporations reçoivent des fonds fédéraux pour assurer le développement économique ou la rénovation du patrimoine immobilier des quartiers urbains sinistrés. S’il s’agit d’améliorer le sort des habitants des zones marginalisées, on ne peut pas assimiler cette démarche au Community organizing.

En effet, le Community organizing assure l’autonomie de son action à l’égard des pouvoirs publics. Il se finance principalement grâce à des fondations et aux cotisations de ses membres. Les organisations communautaires visent à rassembler tous les acteurs d’un territoire (églises, écoles, syndicats), mais de façon autonome des pouvoirs publics. Le rapport à l’État y est dès lors très différent : relais dans le cas du Community development, acteur critique dans celui du Community organizing.

L’essentiel du travail des Community Development Corporations consiste à réhabiliter puis gérer des logements à prix modérés dans les quartiers pauvres, à susciter la création de PME locales voire ‘un « capitalisme noir ». Leur activité s’élargit souvent à la gestion de crèches, d’écoles et de services de formation dans le but d’accroître l’employabilité des habitants. Compte-tenu de la professionnalisation requise pour que le modèle fonctionne, la participation de la population est souvent réduite à la partie congrue.

Le développement communautaire s’inscrit en outre dans un mouvement de privatisation de l’État social par le recours à la société civile. Il incarne le versant néo-libéral de l’empowerment.

Une différence fondamentale

D’un côté, il s’agit de mettre tout le monde autour de la table pour améliorer la gestion d’un quartier dans une perspective de développement économique. On défend alors une logique reposant sur le marché, où associations, pouvoirs publics et entrepreneurs travaillent main dans la main. De l’autre, il s’agit de l’auto-organisation collective et autonome des quartiers populaires visant à créer un rapport de force avec les institutions, pour ne s’asseoir à la table des négociations qu’après avoir fait entendre ses revendications par l’action collective (manifestations, pétitions, sorties médiatiques, etc.).

« Eux ils ont l’argent, nous on a le nombre »

Différence entre les mouvements sociaux et le Community organizing

Le Community organizing aux États-Unis entretien toujours un rapport conflictuel aux institutions et aux élus. Cela ne signifie pas que, dans un second temps, ces organisations ne peuvent entrer dans une dynamique plus coopérative. À cet égard, les organisations communautaires cherchent à ce distinguer des mouvements sociaux, à qui elles reprochent leur manque de « pragmatisme » et surtout de revendications concrètes et gagnables.

Différence entre associations de plaidoyer et Community organising

La règle d’or du Community organizing est « qu’il ne faut pas faire pour les gens ce qu’ils peuvent faire par eux-mêmes ». Dès lors, il se distingue des mouvements d’ « advocacy » (qui signifie littéralement en anglais « parler au nom de ») pour permettre une prise de parole directe des habitants des quartiers paupérisés.

Les organisations communautaires ont néanmoins conscience du fait que la parole des quartiers populaires n’existe pas à l’état brut ou spontané, qu’il faut la faire émerger. Une des spécificités du Community organizing, au regard d’autres formes d’actions collectives, est par conséquent un travail politique considérable de recrutement et de formation des habitants.

La mobilisation des quartiers populaires

Dans une perspective de Community organizing, la mobilisation des quartiers populaires peut prendre deux formes principales.

Rassembler des collectifs…

C’est le broad-based, institution-based ou faith-based organizing.
Il s’agit de rassembler les collectifs (églises, écoles, syndicats, associations, etc.) présents sur un territoire pour mener des campagnes spécifiques (sur le logement, la santé, l’éducation, les transports, etc.).
Le rôle des organizers est ici de nouer des relations avec les leaders des [collectifs].

Ce mode de mobilisation relève de la tradition alinskienne.

… Ou mobiliser des « non-organisés »

Il s’agit de cibler des habitants qui ne participent initialement à rien, aucune association ou église, et qui constituent en général la population la plus défavorisée.
Cette forme de mobilisation demande un travail organisationnel plus important que la précédente. Le nombre d’organizers est donc plus important, chacun est associé à un quartier où il doit conduire une « power analysis » pour repérer les acteurs qui comptent sur un territoire, puis labourer le terrain, rencontrer les gens et repérer les problèmes saillants des habitants afin de les mobiliser.

Ce mode de mobilisation pourrait être qualifié de « post-alinskien ».

Une mobilisation contre un pouvoir « vertical »

Alors que parfois les working poor prennent pour cible ceux dont ils veulent se distinguer (dealers, membres de gangs, sans abris, et plus largement la population la plus marginalisée socialement et sans emploi), les organisations étudiées ne regardent pas vers le bas, mais vers le haut. Les adversaires ne sont pas intérieurs, mais du côté des pouvoirs publics, des grandes entreprises et des promoteurs immobiliers.

[Julien Talpin raconte une scène qu’il a observée lors d’une réunion publique de Community Coalition au cours de laquelle les habitants, parlant des problèmes qu’ils rencontrent au quotidien, s’en prennent à d’autres habitants. Le directeur de l’organisation a alors pris la parole dans des termes révélateurs des normes discursives de l’organisation :] « Quand je regarde la prostitution, la saleté, le trafic de drogue, je vois des problèmes, mais avant tout des symptômes. Alors, oui, on pourrait emprisonner celles et ceux qui vendent leur corps, de la drogue ou qui sont à l’origine de la saleté, mais ça ne va pas régler le problème. Ce que Community Coalition essaie de faire, c’est de s’attaquer à la racine du mal : le chômage, des écoles à la dérive, un système d’adoption inefficace… Si nos écoles fonctionnaient correctement, les jeunes ne traîneraient pas dans la rue. Mais la plupart du temps, on aime s’en prendre aux individus, distinguer les bonnes des mauvaises personnes. À Community Coalition, on essaie de regarder la structure du système […]. Et la racine, c’est la façon dont la ville donne la priorité à certains quartiers sur d’autres ».

 La démocratie interne

La question du rapport entre organizers et habitants est centrale. Dans la mesure où l’objectif du Community organizing est de permettre aux gens de se mobiliser et de parler par eux-mêmes, le risque de domination des organizers doit en permanence être combattu.

La formation des participants, via des séances d’éducation populaire mais aussi par l’action, apparaît essentielle, les organisations cherchant à accroître le « leadership » de leurs membres, entendu notamment comme la capacité à parler en public au nom du groupe et à maîtriser les dossiers techniques et politiques.

Le risque est alors que se réalise la « loi d’airain de l’oligarchie » définir par Roberto Michels : que les leaders accroissent leurs capacité d’action de façon telle qu’ils se détachent à leur tour de la base.

Quelles caractéristiques pour un bon organizer ?

Une question très présente dans les discussions informelles, mais peu théorisée, est de savoir si un bon organizer doit être « à l’image » de la population qu’il cherche à organiser. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut avoir une attention permanente à ce que les organizers ne se pensent ni ne soient perçus comme une avant-garde, partie la plus politisée et éduquée du quartier qu’ils veulent mobiliser.

Une importation en France ?

En France, on peut observer trois tendances qui se réclament du Community organizing, qui rassemble ainsi sous une même bannière des acteurs aux pratiques relativement différentes :

  • Certains groupes et initiatives locales s’inspirent directement du modèle du Community organizing, reprenant notamment sa conception du pouvoir, s’inscrivant dans une démarche conflictuelle et autonome des pouvoirs publics.
    Par exemple : L’alliance citoyenne de Grenoble.
  • D’autres, cherchant à renouveler la politique de la ville, défendent une conception plus proche du développement communautaire.
  • Et une troisième tendance s’inscrit dans une démarche libérale mettant en avant l’entreprenariat des leaders de quartier.
    L’expérience américaine indique (au moins) deux voies possibles et difficilement conciliables. Au-delà de la fascination pour l’Amérique, la piste du Community organizing est riche d’enseignements. Si les banlieues françaises ne sont pas des déserts politiques, certaines pratiques éprouvées pourraient contribuer à cet empowerment tant recherché face à la fragmentation et aux difficultés de l’action collective qu’elles connaissent. Difficile cependant d’imaginer qu’une telle démarche puisse être impulsée d’en haut par des élus qui ont peu à y gagner.

Le Community organizing va chercher les gens où ils sont et n’attend pas que la population participe spontanément. Il faut pour cela partir des problèmes soulevés par les habitants, tels que le logement, l’emploi ou la discrimination – qui se trouve aujourd’hui au cœur de « l’économie morale des banlieues françaises » mais est peu prise en charge collectivement. L’alliance et la politisation des espaces d’agrégation existants dans les quartiers populaires (centres sociaux, lieux de culte, clubs de sport, associations, etc.), de façon autonome des pouvoirs publics, pourraient contribuer à enrayer une spirale de marginalisation qui paraît sans issue.

N.B. : Il s’agit là d’extraits de l’article de Julien Talpin. Les coupes faites pour extraire ces extraits peuvent perturber la compréhension du discours de ce dernier. C’est pourquoi la meilleure chose à faire est de lire son article en entier !

Source : http://www.education-populaire.fr/community-organizing-ce-que-cest-ou-pas/

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10.
Éducation populaire et transformation sociale – Par Collectif EPTS [*] – ‘Vie sociale’, 2009/4 (N° 4) - Pages : 166 - DOI : 10.3917/vsoc.094.0123 - Éditeur : ERES - À propos de cette revue- Site internet

Résumé Français

Le collectif EPTS souhaite provoquer l’interrogation sur les pratiques, repenser l’éducation populaire dans le contexte actuel, rassembler pour transformer dans un objectif de « changement social ». D’où la création de trois groupes :

la gratuité : penser la gratuité relève d’un processus de réflexion et d’action susceptible de s’opposer au processus de marchandisation ainsi que d’un processus de transformation des rapports sociaux ;

la jeunesse : elle souhaite vivre et non survivre. Il y a donc à inventer des procédures qui illustreront une « délégation d’intérêt public » avec une répartition des tâches entre la puissance publique et la puissance sociale, permettant d’ouvrir de nouveaux espaces ;

la solidarité territoriale : la ville est défaite. Elle peut être refaite autrement, en prenant appui sur les forces auxquelles sa décomposition a donné lieu, en les reliant comme autant de fragments qui composent un ensemble auquel ne manque que la volonté de les unir.

English

Popular education and social transformationThe collective EPTS intends to question practices, to reconsider public education in the current context, to gather information in order to transform in an objective of ’social change’. Hence the creation of the three groups mentioned above.
- Nonpayment : it is a process of reflection and action that might oppose to the process of marketising and a process of transformation of the social relations ;
- Young people : they want to live and not survive. We must invent procedures which will illustrate a “delegation of public interest” with a distribution of tasks between public power and social power, making it possible to open new spaces ;
- Territorial solidarity : the city is demolished. It can be remade differently, by taking support from the forces which caused its decomposition, by connecting all the fragments which compose a unit from which only the will to link them is missing.

Plan de l’article

Assurément, en ce début du XXIe siècle, nous vivons dans un monde en recomposition et l’actualité sociale alerte, voire agresse, chacun d’entre nous. Aux plaies identifiées du nouvel ordre mondial – chômage, exclusions des exilés, guerres économiques, trafic d’armes, ethnicisme fondé sur le sol et le sang, pouvoir des États fantômes, mafias, drogues – s’ajoute aujourd’hui le risque écologique menaçant notre terre. Leurs effets se font sentir partout de manières différenciées, jusque dans le plus petit territoire. La crise que nous vivons en France est à la fois planétaire, globale et singulière.

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A contrario, dans ces temps de conflits, de grandes incertitudes, de remise en cause des existants et des références, on assiste à l’entrée en scène de tous ceux qui, de par le monde, du local à l’international, prennent la parole qu’on leur confisquait. Ils refusent le basculement dans ce qui ressemble fort à un retour de la barbarie (fut-elle douce), à un « ensauvagement ». Ils agissent pour que se construise un système monde humanisé.

3

Cette nécessité d’un autre monde ouvrant un nouvel espace de liberté, de responsabilité, de dignité, de respect de l’autre, nous la faisons nôtre. Nous considérons que, dans cette perspective, le champ de l’éducation, et très particulièrement celui de l’éducation populaire, doit lui aussi être interpellé et repensé.

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À ce jour, il nous semble qu’une éducation populaire repensée, actualisée, devrait mettre en débat, en recherche et en perspectives concrètes quelques problèmes essentiels, si l’on veut modifier en profondeur l’existant. Nous avons choisi d’en approfondir trois : la gratuité, la formation des jeunes, la solidarité territoriale.

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Parce que ces réflexions en cours ne mériteraient « pas une heure de peine si elles ne devaient avoir qu’un intérêt spéculatif[1][1] Émile DURKHEIM, De la division du travail social, préface... », parce que notre collectif se veut être de réflexion, mais aussi d’action et d’interpellation, nous invitons actuellement les forces associatives et syndicales du département de l’Hérault à réagir à nos préoccupations. Les trois urgences que nous distinguons offrent, nous semble-t-il, la possibilité d’échanges fructueux, mais surtout peuvent conduire à ce que, dans un contexte sociopolitique bouleversé, on refonde (théoriquement et concrètement) l’éducation populaire, élément d’une indispensable transformation sociale.

La gratuité : un chantier pour l’éducation populaire ?

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De quoi parle-t-on ? Appât pour le consommateur ou utilité (valeur d’usage) pour le citoyen ? La notion même de gratuité se trouve prise dans les pièges du marché capitaliste qui tend à nous faire confondre l’opération commerciale (10% de produit en plus !) avec les gratuités que la société construit par mutualisation des biens mis à disposition de tous.

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A contrario de cette représentation pervertie, les auteurs J. Attali et J.-L. Sagot-Duvauroux nous proposent une réflexion sur la chose gratuite qui, financée par l’impôt ou soutenue par la puissance publique, offre un libre accès de l’usage aux biens d’utilité publique.

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« Aller vers la gratuité » et « penser la gratuité » relèvent tout à la fois :

  • d’un processus de réflexion et d’action susceptible de s’opposer au processus de marchandisation qui domine dans nos démocraties modernes ;
  • d’un processus de transformation des rapports sociaux, la gratuité servant de levier contre l’assujettissement de la société aux rapports sociaux établis par le modèle libéral et capitaliste.
    Gratuité/démocratie/économie relationnelle

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Par opposition à une économie marchande de plus en plus organisée à des fins de profit, il s’agit de renforcer la démocratie (face au marché) en vue de l’avènement de ce que J. Attali appelle de ses vœux, une « hyperdémocratie[2][2] Troisième scénario de l’ouvrage de Jacques ATTALI,... ».

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Pour cela, l’auteur propose de promouvoir une économie relationnelle produisant des biens marchands et non marchands relationnels, c’est-à-dire ceux qui permettent d’entretenir des relations avec les autres. Dans cette économie relationnelle, il y a une place pour les biens « non marchands » « où l’on trouve des occasions de relations gratuites : dire, lire, chanter, partager, débattre… décider ensemble ». Cette économie de l’altruisme, de la mise à disposition gratuite, du don réciproque de service public, de l’intérêt général constitue cette voie humaine que trace l’auteur.

11

Plus précisément « aller vers la gratuité » signifie maintenir une gratuité (marchande) des services publics en matière notamment de justice, sécurité, défense, éducation, santé… Ces services d’accès égal pour tous, gratuits (financés par l’impôt), ne doivent pas être mis en concurrence avec le privé ou doivent être soutenus financièrement par la puissance publique. Il s’agit de :

  • garantir la gratuité de certains biens considérés comme « essentiels », notamment, pour les plus démunis, en matière par exemple de nourriture, de logement, de santé, d’éducation, de transports, de culture… ;
  • préserver la gratuité des relations humaines (amour, amitié, tendresse, transmission, partage, échange, don…) sachant que cette économie relationnelle non marchande peut s’étendre à de nouveaux domaines qui maintiennent les liens sociaux et favorisent le « climat social » (exemple : l’information, la communication, etc.) ;
  • préserver enfin, contre toute atteinte de marchandisation et de commerce, certains biens inaliénables qui relèvent d’un sanctuaire du gratuit, tels que le sang, les organes, le lait maternel…
    Cette économie relationnelle (biens marchands et non marchands) à côté de l’économie de marché permet de rééquilibrer marché et démocratie en améliorant le capital social de chaque individu par des « droits » qui, à leur tour, peuvent construire de nouvelles gratuités.

Gratuité et transformation des rapports sociaux

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Dans le texte écrit en 1995 et repris par Sagot-Duvauroux en 2006, il fait de la gratuité un instrument privilégié de « faisabilité d’une authentique transformation des rapports sociaux[3][3] Jean-Louis SAGOT-DUVAUROUX, De la gratuité, Paris,... ».

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Penser la gratuité constitue un enjeu philosophique de résistance et le combat pour la gratuité, un axe possible pour l’intervention politique et sociale transformatrice.

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Penser la gratuité invite à prendre conscience et à adopter une posture nouvelle. En effet, les solutions payantes sont fréquemment préférées à l’idée même de gratuité et peuvent être considérées comme solutions de facilité et de « paresse » aux problèmes de société. Trop souvent, la régulation par l’argent est préférée à toute autre alternative, allant jusqu’à donner plus de droits à ceux qui ont plus d’argent, ou à permettre des dérogations aux droits les plus fondamentaux (cf. amendes en matière de logements sociaux, d’embauche de personnes handicapées, de pollution, etc.).

15

L’alternative de gratuité implique non seulement une prise de conscience mais un véritable travail d’élaboration (collective) et d’invention de solutions nouvelles, inédites, qui nécessitent la mobilisation civique. À la différence des solutions marchandes, les solutions gratuites impliquent le travail collectif d’organisation, de réflexion, de choix pour modifier les conditions de production de la pensée. De ce fait, imaginer les solutions gratuites ne relève pas seulement d’un objectif transformateur par le type de vie sociale qui en découle (gestion collective) mais modifie radicalement les formes et le contenu de l’intervention civique et élève au niveau supérieur la pratique de la démocratie.

16

Si le regard porté sur la gratuité permet d’opérer un déplacement et un changement de point de vue, elle s’articule aussi avec certaines valeurs sur lesquelles elle va mettre l’accent.

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Valeur de singularité : par opposition à l’interchangeabilité marchande ; la valeur d’usage prend le pas sur la valeur d’échange et insiste sur le caractère unique de ce que l’on aime (valeur unique des gens et des choses) ceci ayant pour effet de rendre à l’humain son autonomie (valeur émancipatrice).

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Valeur d’unité : en atténuant les différences de fortune, la gratuité crée un espace commun où les membres de la société règlent ensemble et pour tous la satisfaction d’un besoin. On pourrait dire avec l’auteur que ce que le marché sépare, la gratuité le réunit, en réintroduisant du sentiment d’humanité ; l’objet d’échange en perdant toute perspective vénale opère le passage de l’avoir à l’être dans une dimension solidaire.

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Valeur d’autonomie : la gratuité participe au bornage des pouvoirs ; elle crée une zone où les pouvoirs s’estompent, où leur utilité sociale dépérit. En ce sens, la question de la gratuité induit une extension nouvelle de la citoyenneté.

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Valeur du don : il existe une parenté entre le don et la gratuité dans la mesure où la gratuité trouve sa source dans les dons de la nature, de l’esprit, du cœur, ou de ceux de la solidarité sociale ce qui permet de réintroduire l’idée d’un échange qui ne s’épuise pas mais qui prolonge et libère. Cette idée renoue avec la thèse de Marcel Mauss [4][4] Marcel MAUSS, « Essai sur le don » in Anthropologie... pour qui le don s’inscrit dans les trois obligations de l’échange (donner, recevoir, rendre).

Sens commun et bien commun

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La revendication politique de la gratuité doit affronter la crise de sens et les représentations négatives (irresponsabilité, inefficacité) qui tentent de désamorcer sa puissance émancipatrice.

22

« Penser la gratuité » constitue un enjeu pour le philosophe citoyen et « agir pour elle » un enjeu pour le citoyen acteur, afin de modifier ses propres conditions de vie individuelle et collective.

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Si, guidés par le « sens commun », nous reconnaissons volontiers que ce sont les choses gratuites qui donnent valeur à la vie humaine, les zones de gratuité doivent sortir de l’ombre, être répertoriées à partir des expériences et des évolutions récentes (internet, logement social, sida…). Ce faisant, le territoire des gratuités apparaîtra dans son ampleur et avec une certaine irréversibilité, dans la mesure où il s’adosse aux besoins sociaux considérés comme vitaux. Avec cette prise de conscience, il est permis de penser que les gratuités constituent un chantier de réflexion, et l’analyse des expériences permettra de montrer un rapport de forces plus disputé qu’on ne le pense entre le gratuit et le marchand, ce qui nous fera envisager la gratuité comme une utopie concrète et comme chantier pour l’éducation populaire.

Organisation des gratuités / économie solidaire et territoire

24

Jean-Louis Sagot-Duvauroux, soulignant les rapports complexes qu’entretiennent les zones de gratuité avec l’économie marchande, nous invite à réfléchir sur la place des collectivités territoriales. En effet, les collectivités territoriales sont aujourd’hui les principales organisatrices de gratuité et les premiers investisseurs de proximité (transports, services culturels, logements, environnement…). De ce point de vue, les collectivités peuvent jouer un rôle décisif dans la construction de gratuités (maintien et développement de gratuités nouvelles) ayant la possibilité de réorienter les sommes investies par l’État dans des équipements et services (de proximité) dont l’accès gratuit ou semi-gratuit joue un rôle décisif sur le pouvoir d’achat, libérant de certaines charges les ménages et les entreprises, augmentant le revenu disponible, produisant plus d’égalité dans la répartition des richesses et créant de nouveaux secteurs d’emploi.

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Cette réflexion amène à reconsidérer les équilibres économiques sachant que la création d’un vaste secteur d’intérêt public, dégagé de la course au profit, peut cohabiter avec le marché puisque bon nombre d’entreprises peuvent, elles aussi, y trouver des avantages (ex. accès libre à la voirie, aux transports en commun ; climat social, environnement…).

Jeunesse et éducation populaire

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La jeunesse souhaite vivre et non survivre ! Aujourd’hui, catégorie « variable d’ajustement », le calendrier d’intégration des jeunes s’étire et leur itinéraire de vie est chahuté. Si des jeunes aisés caracolent, ceux des milieux ouvriers, employés, de familles pauvres sont « cassés ». Les classes moyennes et leurs enfants sont dans l’incertitude et souvent angoissés.

27

L’obligation scolaire est battue en brèche ; des adolescents s’autolimitent dans leurs projets et des enseignants les orientent sur des circuits courts pour ne pas les briser. Notations et orientations sont de plus en plus déterminées par l’origine sociale.

28

En même temps, la capacité de coopérer, la volonté de réussir même dans des parcours heurtés, le désir de rêve, d’exister… restent une force et les valeurs portées par la jeunesse sont à valoriser. Quand la jeunesse « brûle », ne regardons pas ailleurs et quand elle s’exprime dans la rue, les adultes ont des choses à dire.

29

Les dynamiques mises en œuvre par les mouvements et fédérations d’éducation populaire sont porteuses de volontés pour promouvoir l’épanouissement de la jeunesse, la créativité des jeunes, leur engagement citoyen, en cherchant l’articulation avec l’action sociale, culturelle, éducative et avec les formations de professionnels de l’animation.

30

Ces forces historiques organisées et officiellement reconnues pour leurs activités d’intérêt général, complémentaires souvent des orientations de l’État et collectivités publiques, ont su essaimer. Aujourd’hui encore, de multiples associations locales, de quartier, à objectifs culturels, de loisirs, de prévention… ont découvert l’action utile dans des structures de l’éducation populaire. Fédérées ou indépendantes, des milliers d’associations poursuivent, sous des formes adaptées, des activités d’émancipation populaire. Au niveau national et régional, les organismes fédérés sont les plus visibles, s’efforçant d’assurer des missions et actions complémentaires à celles des services publics d’éducation et de citoyenneté.

La panne

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Formations, gestions de lieux, animations au plus près des habitants… constituent des aspects importants de leurs projets. L’idée que la « puissance publique » (État, collectivités territoriales) et la « puissance sociale » (citoyens organisés) sont deux leviers de promotion nécessaires à l’intérêt collectif, structure leurs réflexions.

32

Mais, à ce jour, trois obstacles participent à la mise en panne de ces forces d’initiative : le désengagement public de l’État et des gouvernants, l’affaiblissement de l’osmose avec le peuple et les processus de marchandisation imposés.

Le désengagement public des gouvernants

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Les pratiques de gestion imposées aux organismes concernés en lien avec les missions publiques sur la santé, la protection de l’enfance, la prévention de la délinquance, les interventions culturelles ou internationales, poussent à l’auto-financement, préjudiciable aux projets et au droit pour chacun de participer et de s’associer.

34

De ce fait, la cherté des formations, par exemple, la dispersion des agréments et conventions, la banalisation des expériences acquises auprès des jeunes, l’affaiblissement des dispositifs d’aide à la vie associative… tendent à exclure des milliers de jeunes et à les éloigner d’expériences de socialisation. À titre d’exemples :

  • les « schémas de formation » du ministère de la Jeunesse et des Sports sont asphyxiés ; ils comportaient des paliers visant la promotion sociale des jeunes adultes ;
  • les stratégies visant à préparer des jeunes au travail social avec l’aide du ministère des Affaires sanitaires et sociales, sont abandonnées ;
  • le ministère de la Culture « lâche » progressivement ses engagements ; ceux-ci sont remplacés par des effets d’annonce !
    Les formations de volontaires pour l’animation des Centres de vacances et de loisirs, historiquement reconnues comme complémentaires à l’École publique, sont de plus en plus interdites aux jeunes sans ressources ou à petits moyens financiers. Par ailleurs, les structures d’accueil ne sont guère financées par l’État.

35

Les organismes de formation, agréés et conventionnés, compétents pour la formation et la qualification de la jeunesse sont poussés, insidieusement, à se transformer en « vendeurs de formation ».

36

Les aides pour la formation des cadres associatifs, nécessaires pour stimuler la participation des « volontaires », bénévoles, militants éducatifs, essentielles pour assurer les compétences indispensables au « savoir intervenir », sont insuffisantes, voire inexistantes et toujours aléatoires.

37

Les structures associatives, municipales, les établissements scolaires, les foyers ruraux, les maisons de jeunes, les centres sociaux, les structures culturelles, d’activités de pleine nature, de solidarité, les clubs de prévention, les activités internationales ont du mal à soutenir les volontaires et à payer des professionnels formés et qualifiés. Les dispositifs concernant la Protection de la jeunesse (PJJ), comme aussi les comités d’entreprises, eux aussi partie prenante de la dynamique éducative, sont en souffrance.

38

Cette situation dramatique a des effets sur le lien social, sur la confiance des jeunes vis-à-vis du monde des adultes et des élites politiques, comme sur la vie sociale de voisinage ; elle justifie les dispositifs et les lois répressives ainsi que les campagnes menées par les média venant stigmatiser les jeunes.

39

Les pratiques de coopération sont abandonnées au profit de la concurrence (le terme de « camarade » est remplacé par celui de « concurrent » !). L’action collective promue par les valeurs laïques et républicaines n’est plus intégrée dans un projet de société : celui qui justifie l’intervention de la puissance publique. Les logiques de « redistribution » s’effacent au profit de la course au « mieux-disant » ; les valeurs de coopération, de co-gestion, sont dominées par le « mérite individuel » (aide-toi, le ciel t’aidera !).

L’affaiblissement de l’osmose avec le peuple

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Les principes et valeurs de l’éducation populaire s’enracinent dans les réalités sociétales toujours complexes et évolutives.

41

L’attention portée aux milieux populaires en vue de leur émancipation, les volontés mises en pratique pour agir sur les injustices, pour donner du pouvoir par le savoir, pour entraîner à la réflexion, encourager la pensée et l’esprit critique… sont des valeurs fondatrices du courant éducation populaire, en lien avec les mouvements du syndicalisme… Aujourd’hui, ces principes se heurtent à l’idéologie du « mérite individuel », de « l’individualisation des choix » et à la « prise de risque » comme seules valeurs morales.

42

Ne faut-il pas examiner les effets de ces pressions politiques qui induisent des pratiques actuelles du mouvement associatif ?

  • recul des volontés de transformation sociale et de promotion collective ;
  • méconnaissance des blocages et des souffrances des couches populaires stigmatisées ;
  • rencontres difficiles avec les milieux ouvriers, employés, jeunes marginalisés et absence, dans les organismes, d’acteurs sociaux issus de ces milieux ;
  • professionnalisations réductrices de sens ; sciences humaines étiolées ; idéologie du DRH, de la rentabilité (pour sortir la tête de l’eau ?) ; effacement de la réflexion sur l’économie politique, sur l’économie sociale… Les notions de coopération, de mutualisation entre les structures sont mises à mal.
    Inventer des formes de participation, de délibération, créer des espaces de citoyenneté, revitaliser la parole et pas seulement la seule consultation, transformer les souffrances en mouvement civil… autant de pratiques à réinventer.

Les processus imposés de marchandisation

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L’idée, fortement poussée, que les relations sont d’abord commerciales, induit que la compétition est la norme, que la propriété commerciale est un principe « sacro-saint ». La forme marchandise sur toute activité humaine – et humanitaire – coupe les ailes aux utopies libératrices et pousse au repliement. Les dynamiques d’anticipation sont brisées.

44

La concurrence, moteur des entreprises, s’étend aux services publics ; l’école, les hôpitaux, les lieux culturels n’y échappent pas, ni les associations. L’usager devient client. Une métamorphose est imposée qui risque aussi de transformer les adhérents en clients, prestataires de services. La marchandisation à outrance des actes de la vie influence les organisations politiques et sociales avec l’idée que gérer la société serait affaire de spécialistes.

45

Le concept de gratuité, pour ce qui concerne l’égalité de chacun face aux besoins vitaux, devient une idée honteuse. L’abandon des pratiques de « répartition » (solidarité, coopération, mutualisation), singularité française que l’Europe ne semble pas adopter, risque de mettre à mal les dynamiques collectives. Le renforcement des intérêts particuliers, la valorisation de « castes » de pouvoir, l’assujettissement aveugle… autant de dangers latents.

46

Rappelons que les pratiques de répartition, inscrites dans l’histoire, se traduisent par la collecte des produits des entreprises sur le capital accumulé et par l’impôt au service de tous, enfance, familles, retraités, santé, droit du travail… Elles ont tracé les principes d’égalité.

Agir

Les nécessités

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Il y a nécessité de placer les projets destinés à la jeunesse hors du champ du lucratif, d’engager une politique de promotion de la jeunesse, impulsée par l’État, ses ministères en relais avec les collectivités territoriales et en partenariat avec les forces éducatives de la société.

48

Les pratiques dites « d’appel d’offre », abusivement mises en avant par les collectivités publiques, bloquent les possibilités d’innovation, les expérimentations salutaires et nient l’originalité des organismes inscrits dans l’économie sociale en renforçant les concurrences dominatrices. Ces pratiques sont une soumission au modèle libéral.

49

La pratique de la subvention publique est nécessaire pour garantir les objectifs et les pratiques d’intérêt collectif tout en donnant de la sécurité aux mouvements et fédérations inscrits dans la promotion sociale des personnes, des groupes et des territoires. La subvention publique est une forme de reconnaissance de la capacité des organismes concernés, pour la mobilisation des habitants et leur capacité à mieux être des « haut-parleurs » de la vie quotidienne.

Les urgences

50

Il y a urgence à promouvoir des mesures concrètes permettant, par exemple, la gratuité des formations à l’animation, au développement social, local, culturel et à la formation des travailleurs sociaux.

51

Il faut des mesures qui soutiennent les animateurs volontaires pour les jeunes qui encadrent les centres de vacances et de loisirs, les lieux et clubs d’activités, de rencontres, de projets :

  • les formations BAFA et BAFD, leviers proposés massivement à la jeunesse, méritent reconnaissance ;
  • les métiers de l’animation et ses diplômes publics doivent se préparer dans des formations gratuites tout comme l’enseignement public ;
  • l’entraînement à la vie démocratique, à la production collective de connaissances, à la co-élaboration de l’action publique, que découvrent les jeunes au sein des mouvements associatifs, sont des leviers essentiels ;
  • les pratiques de formation par l’alternance, initiées grâce aux concepts d’éducation active, d’éducation nouvelle, sont un capital concret qui mérite un nouvel élan. Les milieux populaires y sont sensibles, trouvant dans ces démarches un encouragement à apprendre et agir.
    Il y a urgence à stopper les dispositifs discriminants et à les remplacer par des volontés de promotion réelle.

Et encore…

52

– Relancer des programmes publics au niveau national visant à promouvoir des cohortes de jeunes en capacité de se former et de s’engager dans des actions concrètes sur les lieux de vie (villes, quartiers, territoires ruraux, institutions). Par exemple : pré-formations « tremplin » au travail d’éducation et d’animation ; formations aux métiers de l’intervention sociale en partenariat avec les structures qui interviennent sur le terrain.

53

– Reconnaître le rôle majeur des institutions associatives en prise avec les publics, par des conventionnements mixtes État/collectivités de façon pérenne. Des ouvertures audacieuses sont nécessaires dans les domaines des formations professionnelles à objectifs citoyen.

54

– Soutenir des projets dits de « prévention » avec l’appui de la société civile.

55

Il y a donc à inventer des procédures qui illustreront la « délégation d’intérêt public » avec une répartition des tâches entre la « puissance publique » et la « puissance sociale » permettant d’ouvrir de nouveaux espaces publics, de renforcer la propriété publique en résistance au tout marchand.

Solidarité territoriale

La nouvelle question sociale

56

Repenser l’éducation populaire c’est non seulement accepter mais vouloir élargir le champ de ses références fondatrices. C’est aussi – pour agir efficacement – prendre en compte les caractéristiques essentielles et nouvelles de l’espace social, spatial et politique de notre pays. Comme l’évoque Serge Paugam dans un récent ouvrage, « la cohésion sociale est ébranlée » et « le contrat social doit être réévalué à l’aune des défis de la société française, aujourd’hui fragmentée[5][5] Serge PAUGAM, Repenser la solidarité, Paris, PUF, ... ».

57

De nouvelles questions surgissent avec force, parfois avec violence : inégalités entre les générations, inégalités entre les sexes, inégalités entre nationaux, problèmes de l’immigration et des immigrés, etc. S’ajoute à cela une recomposition territoriale rapide et déstabilisante où l’espace apparaît comme formateur de liens, mais aussi comme opérateur de déliaisons.

58

La question sociale se pose en termes nouveaux et dans un cadre aussi nouveau, que l’on soit en milieu rural, périurbain ou urbain. Comment l’éducation populaire ne serait-elle pas interpellée par l’insécurité sociale qui s’installe partout, en tous milieux ?

La nouvelle question urbaine

59

Elle se pose en termes particuliers dans les quartiers sensibles (Zones urbaines sensibles - ZUS) où l’on observe un processus de disqualification à la fois sociale et spatiale. Plus de quatre millions et demi de personnes y vivent, soit 7,7% de la population française.

60

L’objectif avancé par S. Paugam dans le journal Libération du 23 janvier 2007 est essentiel : « la France a besoin d’un rééquilibrage des quartiers urbains pour désenclaver les territoires où se concentrent toutes les inégalités, les humiliations et les souffrances ».

61

Le dernier rapport de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles constate que « sur la période 2003-2005, la plupart des indicateurs utilisés pour mesurer les effets de la politique de la ville dans cinq grands domaines : habitat, emploi et activité économique, réussite scolaire, santé, sécurité et tranquillité publiques, n’attestent pas d’une réduction des inégalités entre les ZUS et leur ville d’appartenance ».

62

La question se pose : miroirs grossissants des difficultés économiques et sociales ou espaces spécifiques, les quartiers pourront-ils rejoindre la dynamique urbaine générale ?

Comment agir ?

63

À quelles conditions ces quartiers, objectivement relégués, pourront-ils rejoindre la dynamique urbaine générale ? Pour le moins, deux conditions sont nécessaires pour tendre vers cet objectif.

64

La première, déjà évoquée, consiste en une modification radicale du regard porté sur ces quartiers. Ils sont autre chose que des poches de misère, de ségrégation qu’il faut malheureusement accepter et pour lesquelles il convient, par une politique de la ville appropriée, de faire que les problèmes existants ne croissent pas et surtout ne s’étendent pas. Que la ville ne fasse pas « problème », telle est la philosophie d’action sous-jacente qu’il faut combattre puisqu’elle s’inscrit dans la logique d’une ville ségréguée où vivent, comme le dit Loïc Wacquant, « les parias urbains[6][6] Loïc WACQUANT, Parias urbains : ghetto, banlieues,... ».

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« La ville est simplement défaite » nous dit Jacques Donzelot, l’un des meilleurs spécialistes des questions sociales urbaines. Elle peut, ajoute-t-il, « être refaite autrement, en prenant appui sur les forces auxquelles sa décomposition a donné lieu, en les reliant comme autant de fragments qui composent un ensemble auquel ne manque que la volonté de les unir, donc d’estomper les barrières qui les séparent[7][7] Jacques DONZELOT, Quand la ville se défait. Quelle... ».

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La seconde condition : que des moyens financiers et humains, sans commune mesure avec ce qui existe, soient engagés pour réduire les inégalités constatées au nom du principe de justice sociale qui nous guide. En effet, les moyens financiers actuellement dégagés par les pouvoirs publics pour la politique de la ville sont dérisoires aux regards des besoins. Il n’est pas étonnant que les seuls deux milliards d’euros qui y sont consacrés, chaque année, par l’État, hors ANRU [8][8] Agence nationale de rénovation urbaine., (sur un budget total de deux cent soixante et onze milliards) n’aient pas « réussi à stopper le décrochage de certaines zones urbaines sensibles et que la politique de la ville peine à modifier la donne dans les quartiers difficiles[9][9] Les Échos du 3 novembre 2005. ».

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Un « changement de braquet » s’impose et avec Loïc Wacquant nous pensons qu’il faut, en la matière, aller vers « une révolution des politiques publiques et très particulièrement des politiques sociales destinées à combattre la marginalisation des zones territoriales dites sensibles[10][10] Loïc WACQUANT, op. cit., 2006. ».

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Il y a plus de vingt ans, Adil Jazouli – sociologue et rédacteur du dernier rapport de l’Observatoire des Zones urbaines sensibles – parlant des banlieues, disait la nécessité de la mise en place d’un « plan d’exceptionnalité » pour résoudre les problèmes.

Notes

[*]Pour le Collectif éducation populaire et transformation sociale : Jacques Blin, Farid Bouziane, Arnauld Carpier, Jean Déan, Anne-Marie Doré, André Génissieux, Serge Guisset, Marie-Thérèse Maragnani, Monique Nadal, Corinne Unsen.

[1]Émile DURKHEIM, De la division du travail social, préface de la première édition, 1897.

[2]Troisième scénario de l’ouvrage de Jacques ATTALI, Une brève histoire de l’avenir, Paris, Fayard, 2006.

[3]Jean-Louis SAGOT-DUVAUROUX, De la gratuité, Paris, Ed. de l’Éclat, 2006.

[4]Marcel MAUSS, « Essai sur le don » in Anthropologie et Sociologie, Paris, PUF, 2007.

[5]Serge PAUGAM, Repenser la solidarité, Paris, PUF, 2007.

[6]Loïc WACQUANT, Parias urbains : ghetto, banlieues, État, Paris, La Découverte, 2006.

[7]Jacques DONZELOT, Quand la ville se défait. Quelle politique face à la crise des banlieues, Paris, Seuil, 2006.

[8]Agence nationale de rénovation urbaine.

[9]Les Échos du 3 novembre 2005.

[10]Loïc WACQUANT, op. cit., 2006.

Pour citer cet article : « Éducation populaire et transformation sociale », Vie sociale, 4/2009 (N° 4), p. 123-136. URL : http://www.cairn.info/revue-vie-sociale-2009-4-page-123.htm - DOI : 10.3917/vsoc.094.0123

Article précédentPages 123 - 136

Source : https://www.cairn.info/revue-vie-sociale-2009-4-page-123.htm

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11.
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12.
Du ‘Google Docs’ comme modèle politique - Par Xavier de La Porte - Document ‘France Culture’ - La Vie numérique- 02.02.2017 – On peut aussi écouter la version sonore de 5 minutes.

Comment une pratique d’écriture peut nous amener à une révolution politique.

Illustration - Manuscrit de Gustave Flaubert (plan de ’Bouvard et Pécuchet’)• Crédits : Leemage - AFP

J’ai une théorie qui pourrait aider à l’union de la gauche. Qui, comme toutes les théories véritablement révolutionnaires, repose sur une “praxis”, pour reprendre un terme prisé par Marx.

Il y a quelques jours, dans mon deuxième boulot, je me suis retrouvé avec trois collègues dans la situation d’écrire un article à 4. J’ai donc dit benoîtement : “on n’a qu’à ouvrir un Google Docs”. Yeux ronds de deux de mes collègues “Oh la la, je n’aime pas du tout ça les Google Docs, c’est compliqué, on s’y perd.” Et là, avec un autre collègue, nous nous sommes lancés dans un panégyrique du Google Docs “Mais non, c’est très simple, il suffit d’ouvrir un document, on y partage ce qu’on a déjà fait, chacun peut écrire, modifier, corriger. Ça évite l’envoi de document avec des versions 1, 2, 3 etc. On peut écrire tous en même temps. C’est sans cesse réactualisé, toutes les versions sont conservées. C’est très pratique.” Mais, en réalité, c’est plus que pratique, c’est non seulement la vraie grande modification apporté par le numérique à l’écriture, mais, surtout, un modèle politique.

Pendant quelques temps, je fus actif dans une revue où nous avons une pratique consistant à écrire un long texte dit “collectif” - parce qu’il est écrit par l’ensemble du comité éditorial de la revue, c’est-à-dire une vingtaine de personnes. Et nous écrivons tous ensemble sur une même page hébergée par Google. Et c’est d’une grande beauté. On peut voir s’agglomérer des parties écrites par les uns et les autres. J’ai souvenir de nuits passées à regarder le texte s’écrire en continue - au gré des couchers et des levers des uns et des autres - à voir le texte se modifier, s’augmenter des idées naissant d’autres idées, sans qu’à la fin on sache qui avait écrit quoi.

Pourquoi est-ce un modèle politique de gauche, et non de droite ? Parce qu’il repose fondamentalement sur un abandon de la propriété. Accepter que ce qu’on fait (le paragraphe qu’on ajoute, le mot que l‘on corrige, l’idée que l’on apporte) ne nous appartient pas, mais se fond dans un ensemble plus vaste. Il faut beaucoup travailler sur soi pour se déposséder, accepter de se déposséder, or c’est un des fondements de l’ethos de gauche, celui sur lequel repose, par exemple, la redistribution des richesses. Ici, ce dont on se dépossède, ce que l’on redistribue, ce sont les mots et les idées. Et ce qui est fertile politiquement dans ce modèle, c’est qu’il produit l’effet inverse de la notion de consensus, qui repose en général le plus petit dénominateur commun, sur ce qui reste quand on a retiré les dissensus. Le fait d’écrire ensemble, en même temps, produit l’effet exactement inverse, il produit la construction, la nécessité de faire tenir ensemble, l’amélioration continuelle. Et il permet à chacun de le faire à hauteur de ses compétences, de son investissement, et ceci en toute transparence. C’est un modèle où l’humble qui déplace une virgule est autant important que celui qui a l’écriture facile. Et c’est beau.

J’ai bien conscience d’une chose. En tant que modèle politique, le Google Docs a une limite, c’est d’être un service proposé par Google, dont on peut douter qu’il soit en lui-même un modèle politique désirable (ne jamais oublier que la première devise de Google fut “Don’t be evil” - “ne soyez pas le Mal”, on ne fait pas de la politique avec une telle devise - encore que….). Il faut voir le terme “Google Doc” comme une antonomase, la figure de style qui consiste à dire “frigidaire” pour “réfrigérateur”. Certes, aujourd’hui, Google offre la plateforme la plus simple d’utilisation pour la simple raison que beaucoup de monde à un compte Gmail. Mais il existe beaucoup d’alternatives, des plateformes alternatives issues du mouvement du logiciel libre notamment, qui offrent des fonctionnalités identiques mais avec des visées plus vertueuses que Google. Où l’on retrouve l’analogie politique. Car pour être un véritable modèle politique, ce mode de construction politique partagée et collaborative nécessite quelques aménagements au niveau des superstructures que sont les partis politiques et, au-delà, notre démocratie elle-même. C’est là une vertu supplémentaire du modèle Google Docs, il nécessite pour fonctionner à plein - dans l’entièreté de ses possibilités politiques - des changements beaucoup plus vastes (une autre République par exemple ?). Et tout cela se loge dans la révolution scripturale incarnée par le Google Docs. Car, comme l’a dit François Mitterrand quelques mois avant de mourir “Je crois aux forces de l’écrit”.

PS : la citation est volontairement modifiée

Source : https://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-numerique/du-google-docs-comme-modele-politique

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 03/02/2017

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS OPDBAC Eléments d’une méthode de travail pour l’innovation, une adaptation au changement et à la transition Partie 2 Préparation et suivi des travaux de transformation sociale.2

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti.

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