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Eléments d’une méthode de travail pour l’innovation, une adaptation au changement et à la transition. Partie 4 : Bienveillance et altruisme mais vigilance et attention

dimanche 19 février 2017 par Hallard Jacques


ISIAS OPDBAC
Eléments d’une méthode de travail pour l’innovation, une adaptation au changement et à la transition. Partie 4 : Bienveillance et altruisme mais vigilance et attention
Jacques HALLARD, Ing. CNAM – Site ISIAS – 19
/02/2017

Les parties 1, 2 et 3 ont déjà été postées sur le siteISIAS :

Partie 1 : L’action organisée, dimanche 29 janvier 2017 par isias

Partie 2 : Préparation et suivi des travaux de transformation sociale’, samedi 4 février 2017 par Hallard Jacques

Partie 3 : Etre disponible et gérer temps et projets, samedi 18 février 2017 par Hallard Jacques

Plan de la partie 4 : Introduction Sommaire des documents sélectionnés

Citations (et proverbes) sur la bienveillance

« Face à un système où la Domination se nourrit du mal de vivre, coopérer pour le ’bien-vivre’ est un acte de Résistance créatrice ! » - Patrick Viveret, philosophe1 et essayiste altermondialiste, ancien conseiller référendaire à la Cour des Comptes,


Introduction

Dans une première partie, l’accent a été mis sur les définitions et les usages des actions concertées, collaboratives ou collectives, à la fois en sociologie et dans les pratiques du management, avec une visée de transformation sociale : tout particulièrement en matière d’innovation, et ce qui concerne le ‘changement climatique’, c’est-à-dire les effets du réchauffement planétaire, dont les dérèglements climatiques et la nécessité évidente de l’adoption d’une transition énergétique et écologique. {{}}

Dans une deuxième partie, sont abordés des outils pratiques et des retours d’expériences qui traitent de la maitrise des tâches d’animation de groupes, de la résolution des problèmes psycho-sociaux et de l’accompagnement et de la réussite du changement., tout spécialement dans l’optique d’une transformation sociale

La troisième partie introduit la notion de disponibilité qui est capitale, aussi bien dans la gestion d’un projet personnel ou collectif, que dans une perspective plus large qui s’élabore et se met en place au cours du temps pour un changement ou une transition quelconque. Gérer convenablement son temps et organiser un projet quelconque au cours du temps, notamment avec l’application de la méthode PERT, devient donc une condition sine qua non d’un confort pour soi et d’une évolution personnelle satisfaisante, aussi bien que pour des relations interpersonnelles fécondes et pour la réussite d’une action coopérative, collective ou collaborative dans laquelle chacun a décidé de s’investir.

En effet, « Les avantages de la vie en société, peut-on penser, viennent pour une part des possibilités qui s’offrent aux individus de coopérer, d’agir collectivement, ou de façon coordonnée afin de réaliser des projets qui resteraient inaccessibles à des individus isolés. Sans doute, à côté de ces occasions de coopérer, l’existence sociale offre-t-elle d’autres sources de satisfaction…. » - In « Introduction Economie et coopération » par Laurent Cordonnier (Maître de conférences à la Faculté des sciences économiques et sociales de l’Université de Lille I et chercheur au CLERSE-IFRESI URA-CNRS). Accès à l’ouvrage : https://www.cairn.info/cooperation-et-reciprocite--9782130479406-p-1.htm

Alors que beaucoup de relations sociales sont basées sur la concurrence et la compétition à tout crin entre partenaires, l’exigence d’une approche plus collaborative avec une réciprocité bien comprise, apparaît comme fondamentale pour régler les problèmes de l’heure dans le sens du bien commun, Alors comment passer « De la concurrence à la coopération » ? Yves Cavarec consultant en stratégie a exposé ceci le 26/01/2016 : « La croissance venait de la mondialisation, elle viendra de l’innovation. La concurrence a servi la mondialisation » ; mais « L’innovation requiert la coopération. Or, la concurrence est au cœur nos institutions modernes : dans l’école, entre les entreprises et même au cœur des organisations. Privilégier l’esprit de coopération sur l’esprit de concurrence demande un changement dans nos croyances… » Lire l’article en entier sur le site : http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-146370-de-la-concurrence-a-la-cooperation-1195370.php - En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-146370-de-la-concurrence-a-la-cooperation-1195370.php#uXEqfp52tfkSiiPv.99

Et puis encore pour passer de « De la concurrence à la coopération  », Julienne Brabet indiquait le 01/11/2009 que « La responsabilité sociale des entreprises ne pourra contribuer au développement durable que si elle dépasse le cadre du marché. Tous les acteurs, des firmes aux syndicats ; en passant par les instances publiques, sont appelés à élaborer ensemble de nouvelles règles communes… » Voir http://www.alternatives-economiques.fr/de-concurrence-a-cooperation/00064118

C’est alors que s’est élaborée « La stratégie ‘coopération-réciprocité-pardon’ », plus connue sous le sigle CRP (traduite de Tit-for-Tat (TFT) en anglais) ou « Win-Win » qui se résume mieux par l’expression française « donnant-donnant », que la traduction littérale « gagnant-gagnant ». Cette stratégie a d’abord été formalisée par le biomathématicien, psychologue et philosophe Anatol Rapoport1. A lire sur le site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Coop%C3%A9ration-r%C3%A9ciprocit%C3%A9-pardon

Cette stratégie de « Coopération, réciprocité, pardon » mérite encore quelques explications : « En 1974, le philosophe et psychologue Anatole Rapaport de l’université de Toronto émet l’idée que la manière la plus ’efficace’ de se comporter vis à vis d’autrui est : 1) la coopération - 2) la réciprocité - 3) le pardon. C’est-à-dire que lorsqu’un individu ou une structure ou un groupe rencontre un autre individu, structure ou groupe, il a tout intérêt à proposer une alliance [Voir par exemple «  L’Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire »]. Ensuite il importe, selon la règle de réciprocité, de donner à l’autre, en fonction de ce que l’on reçoit. Si l’autre aide, on l’aide ; si l’autre agresse, il faut l’agresser en retour, de la même manière et avec la même intensité. Enfin il faut pardonner et offrir de nouveau la coopération ».

« En 1979 le mathématicien Robert Axelrod organisa un tournoi entre logiciels autonomes capables de se comporter comme des êtres vivants. Une seule contrainte : chaque programme devait être équipé d’une routine de communication, sous-programme lui permettant de discuter avec ses voisins. Robert Axelrod reçut 14 disquettes de programmes envoyés par des collègues, universitaires également intéressés par ce tournoi. Chaque programme proposait des lois différentes de comportement (pour les plus simplistes, deux lignes de code de conduite, pour les plus complexes, une centaine), le but étant d’accumuler le maximum de points ».

« Certains programmes avaient pour règle d’exploiter au plus vite l’autre, de lui voler ses points puis de changer de partenaires. D’autres essayaient de se débrouiller seuls, gardant précieusement leurs points et fuyant tous contacts avec ceux susceptibles de les voler. Il y avait des règles du type : ’si l’autre est hostile, l’avertir qu’il doit modifier son comportement puis procéder à une punition’. Ou encore : ’coopérer puis obtenir des défections surprises provoquées par un système aléatoire’ ».

« Chaque programme fut opposé 200 fois à chacun des autres concurrents. Celui d’Anatole Rapaport, équipé du comportement CRP, (Coopération-Réciprocité-Pardon), battit tous les autres. Encore plus fort : le programme CRP, placé cette fois au milieu des autres en vrac, s’avéra au début perdant devant les programmes agressifs, mais finit par être victorieux puis même ’contagieuxª au fur et à mesure qu’on lui laissa du temps. Les programmes voisins constatant qu’il était le plus efficace pour accumuler des points, alignèrent en effet leur attitude sur la sienne. Auteur : Bernard Werber, in « L’Encyclopédie du ‘savoir relatif’ absolu » © Albin Michel - Source : http://www.bernardwerber.com/unpeuplus/ESRA/cooperation_reciprocite.html

Mais tout travail dans le sens de sens de la coopération, de la réciprocité et du pardon est-il possible et facile sans une certaine bienveillance et un comportement un tant soit peu altruiste ? Et un comportement bienveillant et altruiste est-il inné et évident pour chaque être humain à tout moment de son existence terrestre ?

Dans ce dossier, constituant une quatrième partie, il s’agit de préciser, avec l’aide des documents indiqués dans le Sommaire ci-dessous, le sens donné à la bienveillance en soi et dans les cultures et les religions, en notant que pour certains auteurs, « L’avenir est au management bienveillant »,selon Philippe Rodet, et en se demandant « si la bienveillance au travail augmentait la performance des entreprises » !

Sont alors rapportés un ensemble de documents qui proposent de bonnes pratiques et des règles à respecter pour appliquer la bienveillance dans une action collective et dans tout travail avec des partenaires, en particulier pour éviter tout stress inutile et quelquefois dommageable dans les relations professionnelles ou associatives.

Dans cet esprit, en vue d’applications dans le monde des entreprises, d’une part, sont reproduits une charte du management équitable et des conseils donnés pour « devenir un manager bienveillant » et, à destination du monde éducatif, d’autre part, des ressources pour la qualité de vie au travail dans les écoles sont reproduites à partir d’expériences vécues en Suisse.

Mais la bienveillance peut-elle s’exprimer de façon benoite et en permanence ?

L’expérience des relations interpersonnelles indique que la bienveillance doit aussi faire l’objet d’une certaine vigilance et d’une attention permanente : ces aspects sont aussi évoqués dans quelques documents indiqués au Sommaire.

Plus généralement, un chapitre sur la psychologie sociale ouvre la porte à des valeurs fondamentales – dont la bienveillance – telles qu’elles ont été décrites dans une étude canadienne. Et puis un long rapport de Michel Autès, diffusé par le CAIRN, tente de répondre à la question philosophique suivante : « Au nom de quoi agir sur autrui ? »

A la suite, le thème de l’altruisme est repris dans une autre série de documents, dont les nombreuses contributions en la matière de Matthieu Ricard appelant à la non-violence (Voir par exemple « La tolérance : un outil de non-violence pour changer le monde ») et puis c’est le rapport entre coopération, d’une part, et concurrence, d’autre part, qui est à nouveau traité dans divers documents.

Finalement sont citées en annexe nos contributions qui la tolérance : celle-ci peut être évoquée dès lors que l’on parle de bienveillance et d’altruisme dans la mise en œuvre d’une méthode de travail pour l’innovation (Voir par exemple « Economie d’énergie : 5 innovations qui allégeront la facture du futur  »), pour une adaptation à un changement nécessaire, désiré et possible vis-à-vis du climat, ainsi que pour la transition énergétique et écologique qui s’impose de toute urgence, en tous lieux et à tous les ‘Citoyens du Monde’.


Rappel : OPDBAC est une dénomination condensée pour désigner des formes d’Organisation ad hoc afin de favoriser des actions concertées, collaboratives et collectives, par une Préparation préalable et un suivi, avec une Disponibilité résultant d’une bonne gestion du temps, avec une approche psychologique Bienveillante et altruiste mais avec vigilance et attention, ainsi qu’avec des Aptitudes requises et des Compétences acquises.

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Sommaire des documents sélectionnés

1. Bienveillance - Étymologie selon ‘wiktionary.org’

2 La bienveillance des cultures et religions, introduite par Wikipédia

3. « L’avenir est au management bienveillant » selon Philippe Rodet

4. Et si la bienveillance au travail augmentait la performance des entreprises

5. Quatorze bonnes pratiques de bienveillance au travail - De ‘Psychologies.com’

6. Quatre règles à respecter pour observer la bienveillance au travail - Elsa Brager

7. Bienveillance au travail - YouTube Vidéo  1:07 - 6 sept. 2016 - Ajouté par Cne Cbc

8. Série d’accès à divers autres articles sur la bienveillance au travail

9. La bienveillance en entreprise : une solution pour éviter le stress – FranceTV

10. Charte du Management Equitable® Association Française du Management Equitable

11. Comment Devenir Un Manager Bienveillant En 6 Points Clés ? Par Hélène Schetting

12. Ressources pour la qualité de vie au travail dans les écoles suisses Résultat de recherche d’images

13. Definition du mot Vigilance selon ‘psychologies.com’

14. La vigilance décrite en divers domaines par Wikipédia

15. Attention et vigilance : introduction et différences d’après Psychoweb

16. Recension – Attention et vigilance – Document ‘Implications philosophiques’

17. Introduction à la Psychologie sociale selon Wikipédia

18. 10 valeurs fondamentales selon un modèle de psychologie sociale #ACHTZEHN

19. Au nom de quoi agir sur autrui ? Par Michel Autès Document CAIRN

20. L’altruisme d’après une introduction de Wikipédia

21. Définition de l’altruisme d’après Pierre Tourev site ‘La Toupie’

22. Présentation d’ouvrage « Plaidoyer pour l’altruisme » Par Matthieu Ricard

23. Matthieu Ricard : Le temps de l’altruisme est arrivé Par Anne-Laure Gannac

24. Vidéos de France Culture Matthieu RICARD Moine bouddhiste, photographe et auteur

25. Les cinq leçons de sagesse de Matthieu Ricard pour mieux aimer

26. Accès à une série de vidéos concernantMatthieu Ricard

27. Coopération réciprocité pardon, tiercé gagnant - Par Philippe Collas

28. La coopération contre la concurrence – Par Michel Piriou

29. La compétition n’était pas l’ennemie de la coopération – Par Dominique Bailly

30. Coopération ou concurrence ? Économie du savoir – Par Jean-Pierre Archambault

Annexe - Contributions sur la tolérance postées sur le site ISIAS

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1.
Bienveillance - Étymologie selon ‘wiktionary.org’

Le terme est calqué sur le latin bene volens qui par la suite, a aussi donné le doublon lexical bénévolence.

Disposition affective d’une volonté qui vise le bien et le bonheur d’autrui.

La bienveillance consiste, résume Catherine Gueguen, « à porter sur autrui un regard aimant, compréhensif, sans jugement, en souhaitant qu’il se sente bien, et en y veillant ».- — (Christine Legrand Pour une éducation bienveillante - Journal La Croix, page 13-14, 16 septembre 2015)

Il se comportait avec autant de bienveillance à l’égard des hommes   ; il était donc peu surprenant quon aimât généralement l’étranger, et chacun sempressait de venir à son aide [] — (E. T. A. Hoffmann, Le Diable à Berlin, 1820, traduit par Henry Egmont)

Pendant un moment, la morgue germanique lutta en lui avec la simplicité anglaise, et aussi avec sa bienveillance naturelle et sa loquacité, et elle eut le dessous. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, p. 174 de l’éd. de 1921)

Nous avons tous entendu parler de l’omniprésent moulin à prière au Tibet. Il suffit de le faire tourner en récitant le mantra (une prière) approprié pour attirer la bienveillance de divinités sur soi, purifier son karma (ses actions) et accumuler du mérite pour une future réincarnation heureuse. — (Louis Dubé, La sagesse du dalaï-lama : Préceptes et pratique du bouddhisme tibétain, dans Le Québec sceptique, n°66, p.5, été 2008)

Note - Il se dit surtout du supérieur à l’égard de l’inférieur. Source : https://fr.wiktionary.org/wiki/bienveillance

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2.
La bienveillance des cultures et religions, introduite par Wikipédia

La bienveillance est la disposition affective d’une volonté qui vise le bien et le bonheur d’autrui1. Le terme est calqué sur le latin benevolens qui par la suite, a donné le doublet lexical bénévolence.

Sommaire

Confucianisme - Article connexe : Ren (confucianisme).

Selon Marcel Granet, la ’bénévolence’ confucéenne signifie la volonté et l’acte de faire du bien et n’a pas la possible connotation condescendante de ’bienveillance’, ou la gratuité de bénévolat. Au Japon, la bienveillance (仁 - Jin en japonais) est une des notions fondamentales du Bushido. Inazo Nitobe en donne cette description3 : Confucius et Mencius, l’un comme l’autre, l’ont souvent affirmé : la qualité fondamentale d’un chef est la bienveillance. Confucius aurait dit : « Que le prince cultive les vertus et le peuple viendra à lui en masse, avec le peuple viendront les terres, avec les terres la richesse. Cette richesse sera le bénéfice de la rectitude du prince. Vertu est racine, richesse est moisson ». Et encore « Jamais on ne vit de prince bienveillant, monarque d’un peuple qui n’aime pas la vertu ». Quant à Mencius, il mettait ses pas dans les siens en disant : « On peut citer des exemples d’hommes capables d’atteindre un pouvoir suprême dans certaines contrées malgré un total manque de bienveillance mais jamais je n’ai entendu parler d’empires entiers tombant dans les mains de l’un de ceux qui manqueraient de cette vertu. En outre, il est impossible à quiconque de devenir monarque d’un peuple qui ne lui aurait pas fait, au préalable, allégeance de son cœur. » - « La bienveillance, dit-il avec Confucius, fait l’homme ».

Christianisme - La bienveillance est une caractéristique du Bon Pasteur, le Christ, ainsi qu’un trait des pasteurs à qui il a confié son troupeau.

Hindouisme - Article détaillé : Ahimsa. C’est l’ahimsa, une des cinq observances morales (yama) à pratiquer dans le Raja yoga.

Références

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3.
« L’avenir est au management bienveillant » selon Philippe Rodet - Propos recueillis par Margaux Rambert, février 2016.

Pression, vision à court terme, objectifs inatteignables… Autant de pratiques dénoncées par le docteur Philippe Rodet. Pour ce spécialiste du stress au travail, le management doit évoluer vers un management bienveillant. Une clé de réussite à long terme, tant pour la santé des salariés que la performance des entreprises. © Istock

Pourquoi défendez-vous un management bienveillant ?

Philippe Rodet : Un management bienveillant crée un taux d’engagement plus fort des équipes, un sentiment de justice, et surtout, de l’envie. La bienveillance est une clé de réussite à long terme, tant en terme de santé des salariés que de productivité. Les managers ne peuvent plus se contenter de chercher des résultats à court terme et pour y arriver, de crier, de mettre la pression, de fixer des objectifs toujours plus hauts. Certes, un management dur est rentable dans un premier temps : les collaborateurs ont peur du chef et produisent plus. Mais à long terme, cela ne fonctionne pas : ils seront de moins en moins créatifs et finiront par tomber malades.

Vous donnez des cours de management bienveillant. La bienveillance peut donc s’apprendre ?

Philippe Rodet : On considère souvent que manager, c’est simple. Pourtant, on n’imaginerait pas appeler un électricien ou un plombier qui n’aurait pas de formation. Dans le monde de l’entreprise, il n’est pas gênant que des personnes deviennent chefs sans avoir été formées. Or, manager s’apprend. La bienveillance, elle, est souvent considérée comme quelque chose de passif. Je défends une bienveillance active, qui vient d’une exigence de comportement : chacun fait l’effort pour l’autre.

A découvrir ; Philippe Rodet donne des cours de management bienveillant à l’université Jean Monnet de Saint Etienne, dans le cadre d’un master management du commerce et de la distribution, créé en partenariat avec le groupe Casino. 

A faire, sur Psychologies.com : Pouvez-vous être un bon manager ? 

Pour vous, il s’agit d’un jeu gagnant-gagnant : c’est-à-dire ?

Philippe Rodet : Plus une personne trouve du sens à son travail, plus elle dispose d’autonomie, plus elle est reconnue ; plus elle développe des émotions positives, est impliquée et fait preuve de créativité. La bienveillance participe à la réduction du stress, des tensions et de l’absentéisme. Le salarié et l’entreprise sont gagnants et le manager aussi : en terme de santé, lorsqu’on fait quelque chose pour les autres, on se protège soi-même, on est plus heureux, moins stressé. Cette bienveillance, le manager doit d’ailleurs également en faire preuve envers lui-même : personne n’est parfait. Il va lui arriver d’être maladroit, voire agressif, de se tromper… L’important est de le reconnaître.

Pour certains, la bienveillance est l’apanage des faibles. Les managers bienveillants sont-ils des bisounours ?

Philippe Rodet : Etre bienveillant ne signifie pas qu’on ne peut pas formuler de critiques ou recadrer quand il le faut… Il ne s’agit pas de s’empêcher de dire les choses mais de chercher à bien les dire. Ce n’est pas non plus laisser faire n’importe quoi sous prétexte qu’il ne faut pas stresser les gens. Ce n’est pas être mou ou faible. On peut être exigeant tout en étant bienveillant.

« Bienveillance » : le mot est à la mode depuis quelques temps mais est-ce une réalité dans les entreprises ?

Philippe Rodet : Nous sommes au tout début de la bienveillance au travail ! C’est à nous de faire en sorte qu’elle devienne une réalité. Les comportements sont en train de changer. De même qu’il y a quelques années, on a osé évoquer le stress du travail, on doit maintenant parler de la bienveillance et de la nécessité de faire évoluer le management.

A découvrir - Une motivation en baisse - Selon le dernier baromètre Cegos, la motivation des salariés est en baisse. En 2014, seuls 46% se sont déclarés motivés, contre 58% en 2013, soit 12 points perdus en un an. 53% des salariés et 68% des managers interrogés ont déclaré subir un stress régulier. 

A lire aussi, sur Psychologies.com : Retrouver sa motivation.

Qu’est-ce que les gens reprochent le plus à leurs chefs ?

Philippe Rodet : De nombreux salariés déplorent que leurs chefs ne les écoutent pas, ne les considèrent pas, ne s’intéressent pas à eux, ne cherchent pas à les faire progresser, les remercient ou complimentent rarement, voire jamais, ne leur fassent aucun retour. Conséquence, beaucoup s’interrogent : pourquoi chercher à bien faire leur travail ?

Où commence la bienveillance managériale et comment se traduit-elle au quotidien ?

Philippe Rodet : La bienveillance commence en disant bonjour à chacun de ses collaborateurs le matin. Un chef bienveillant respecte les autres et s’intéresse à eux. Il a envie de les faire progresser, grandir. Il sait susciter l’envie, il donne de l’autonomie et des objectifs justes ; il n’hésite pas à remercier, féliciter ; à reconnaître ses erreurs et à demander des retours sur son management. Il sait écouter, encourager en cas de difficultés, rassurer dans les périodes de crise… Un chef n’a pas à devenir un confident mais c’est son rôle est de faire en sorte que son équipe aille bien et ait envie de travailler. Toutes ces actions sont simples : elles relèvent d’un bon sens que l’on a perdu.

A découvrir Au travail, ils veillent au bien-être de leurs collègues
Les « Bienveilleurs » sont persuadés que prendre soin de ses collègues constitue une promesse de bien-être généralisé au travail. 

Si elles sont si simples, quels sont les freins alors ?

Philippe Rodet : J’entends souvent « On n’a pas le temps » : mais ça prend combien de temps ? Dans un grand groupe, j’ai vu un PDG gérant des milliers de collaborateurs prendre des nouvelles de la santé du fils de l’un d’eux. S’il peut le faire, le manager d’une petite équipe le peut aussi… Le plus haut niveau doit être convaincu de la nécessité des comportements bienveillants en entreprise. Si le stress est contagieux, les comportements exemplaires le sont aussi.

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4.
Et si la bienveillance au travail augmentait la performance des entreprises

Grandes Ecoles et Universités Magazine - N°57 Janvier 2013 - A. D-F

La performance économique est liée au bien-être des personnes au travail comme l’a démontré Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electrics, dans son rapport « Bien-être et efficacité au travail » en 2010. Cet article a 4 années. Merci d’en tenir compte durant votre lecture.

Spécial président(e)s

Un management bienveillant serait-il synonyme de performance dans l’entreprise ? C’est l’avis des intervenants, hommes et femmes d’entreprises, de la table ronde organisée par Psychologies à l’occasion de sa « Journée de la Gentillesse » 2012.

Photo - La performance économique est liée au bien-être des personnes au travail comme l’a démontré Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electrics, dans son rapport « Bien-être et efficacité au travail » en 2010.

Pourquoi cette question ?
« La solidarité et la convivialité sont des valeurs contemporaines ! » se réjouit Arnaud de Saint Simon, directeur de Psychologies et créateur de la Journée de la Gentillesse. Fort du succès de cet événement dont s’est déroulée la 4ème édition le 13 novembre, en 2011 il organise une conférence « Bienveillance et entreprise » à Sciences Po, et lance un appel à plus de bienveillance au travail déjà signé par 300 entreprises.

Qu’est-ce que la bienveillance au travail ?
Des crèches, des conciergeries, des salles de sport, parfois du télétravail ou l’interdiction d’envoyer des mails le soir, sont des manifestations de la bienveillance au travail. Mais le fond de la question tient plus dans le management des hommes et de leur travail.

La performance des entreprises est intimement liée à celle de leurs salariés comme l’a résumé Frédéric Thil, DG France de Ferrero. « Renforcer notre compétitivité, c’est renforcer la valeur du capital humain. Ferrero veut être irréprochable vis-à-vis de ses salariés, bien les traiter, renforcer leur employabilité, leur offrir les conditions pour bien travailler, d’être toujours meilleurs et privilégier leur confort individuel. »La posture managériale et l’ambiance du travail sont au cœur de la définition de la bienveillance chez Google. Carlo d’Asaro, son DG Europe est attaché à la convivialité, l’échange. Cela se traduit par de petites équipes, des entretiens avec le manager chaque semaine, une culture du feedback négatif, la cantine et les machines à friandises gratuites. « L’objectif est de placer chacun dans les meilleures conditions pour faire son travail sereinement. Définir des rôles et fonctions clairs prévient le stress, le cadre donne de la liberté. Avoir du fun au travail est presque une règle ! Si on s’amuse, qu’on est heureux au travail, on le gère différemment. »

Chez MMA, la bienveillance au travail, c’est contrer les travers d’un secteur très encadré. « Nos process permettent de créer de la richesse, mais quelque chose est allé trop loin : on a voulu façonner le salarié ! analyse Hervé Frapsauce, DGA branche Assurances du groupe MMA. Or, chacun a besoin d’autonomie et de reconnaissance de sa singularité pour son bien-être. »

Comment la mesurer ?
Chez KPMG, la DRH et associée, Sylvie Bernard-Curie, a mis en place un écosystème pragmatique pour favoriser la bienveillance au travail. Le cabinet a une Charte des 7 bonnes pratiques d’équilibre vie professionnelle/vie privée, et des 10 comportements managériaux. « KPMG dépend totalement de son capital humain. Chaque manager doit donc se demander ce qu’il peut faire pour aider chacun. » L’idée est d’appliquer des règles managériales et d’opérer un suivi, chacun évaluant son n+1. « La bienveillance oui ! Mais derrière il faut une politique claire, un travail sur le travail, la gestion des priorités, la planification des temps. »

Faire rimer hommes et performance
Henri Lachmann est le co-auteur du rapport « Bien-être et efficacité au travail » en 2010. Plus que de bienveillance, il parle de la relation entre bien-être au travail et performance économique. « L’entreprise est avant tout un lieu de vie et une aventure collective. Or, elle ne peut être menée à bien que grâce au savoir vivre en collectivité, au savoir travailler ensemble. Il faut respecter l’individu pour ce qu’il est et dans sa différence, ne pas vouloir tout standardiser. »

Accueil » Devenir manager » Analyses – © Monde des Grandes Ecoles 2016 - Conception : Agence itiConseil - Mentions légales - Source : http://www.mondedesgrandesecoles.fr/et-si-la-bienveillance-au-travail-augmentait-la-performance-des-entreprises/

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5.
Quatorze bonnes pratiques de bienveillance au travail - De ‘Psychologies.com’

Mettre plus d’humain et de respect dans les rapports au travail, c’est possible. Et nécessaire ! Nous avons enquêté dans plusieurs entreprises qu ont signé l’Appel à la bienveillance lancé par Psychologies. Et en avons retiré 14 idées de bonnes pratiques dans le milieu professionnel – Photo


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Pour plus de convivialité - Créer des liens, instaurer des moments privilégiés, entretenir un sentiment d’appartenance, c’est important. Et des entreprises le font ! => Voir le diaporama


Pour moins de stress - Le stress peut être un bon booster. Mais quand il y en a trop, quand le management se fait par le stress, cela devient destructeur. Des entreprises luttent contre ce phénomène. => Voir le diaporama

=> Voir le diaporama complet à la source  : http://journee-de-la-gentillesse.psychologies.com/La-bienveillance-au-travail/14-bonnes-pratiques-au-travail

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6.
Quatre règles à respecter pour observer la bienveillance au travail - Elsa Brager Co-fondatrice et Directrice Associée d’Enoa RH Consulting – 22/12/2016 07:00 CET |

L’entreprise n’est pour autant pas la seule à devoir adopter cet état d’esprit. Ce sont toutes les parties prenantes du recrutement qui sont concernées, y compris les candidats.

On lit beaucoup de choses sur la bienveillance au travail. Si le fait de remettre l’humain au centre des relations et d’instaurer un climat engageant de confiance semble être une tendance qui fait son chemin dans l’entreprise, il ne faut pas oublier que ces relations débutent bien avant, dès le processus de recrutement.

La bienveillance améliore en effet l’engagement et la motivation, et également la marque employeur. L’entreprise n’est pour autant pas la seule à devoir adopter cet état d’esprit. Ce sont toutes les parties prenantes du recrutement qui sont concernées, y compris les candidats. Et dans cette équation, le cabinet de recrutement joue un rôle central. Il est le garant du respect des règles de bienveillance à chaque étape du processus d’embauche, celui par lequel un cercle vertueux se crée et se perpétue.

Qu’est-ce que ton devoir ? L’exigence de chaque jour.’ – Goethe

En théorie, être bienveillant en toutes circonstances semble simple. En pratique, cela nécessite un travail de fond, beaucoup de temps et une attention constante : un haut niveau d’exigence envers soi-même, mais aussi envers les autres. Il faut avoir des convictions, et suffisamment de persuasion pour les faire appliquer par tous.

C’est ainsi tenir ses engagements auprès des candidats, en s’engageant à faire des retours post-entretien qui soient complets, constructifs, et dans les temps. C’est également inciter l’entreprise à rédiger un brief sur le poste à pourvoir, qui soit suffisamment clair et détaillé pour qu’aucun doute ne subsiste sur le contexte et la mission confiée. C’est aussi parfois se battre pour un candidat qui ne rentre pas tout à fait dans les cases, mais dont on a su détecter le potentiel.

J’ai beaucoup appris en écoutant attentivement.’ – Ernest Hemingway

L’écoute et le partage sont deux autres notions indissociables de la bienveillance dans le recrutement. Elles sont les qualités qui permettent au cabinet de mieux cerner les attentes de l’entreprise d’une part, et les motivations d’un candidat d’autre part. Rien ne sert de vouloir à tout prix ’vendre’ un poste à pourvoir. Ce serait rater l’étape qui consiste à comprendre le candidat, et vérifier ainsi que le poste correspond à ses aspirations. Car la plus grande fierté d’un cabinet de recrutement reste un candidat placé heureux, qui prend plaisir, performe dans son nouveau poste et s’inscrit dans un projet sur le long terme.

L’empathie joue également un rôle clé dans la bienveillance dans le recrutement, pour créer une ambiance propice à l’échange et à la découverte, notamment en entretien. Le mode ’interrogatoire de police’ n’a en effet plus de raison d’être, à part celle de déstabiliser. Et si certains candidats s’en sortent plutôt bien là où d’autres vont couler, aucun n’aura réellement eu l’opportunité d’y montrer sa vraie nature, ni de décrire ce qui l’anime dans le poste.

Un manque de transparence entraîne un profond sentiment d’insécurité et de méfiance.’ – Dalai Lama

La transparence est un autre des piliers de la bienveillance dans le recrutement. Elle est même le fondement de cette notion de cercle vertueux, où chaque aspect de la bienveillance impacte l’ensemble du processus.

Pour un cabinet, cela implique de n’accepter que des missions rentrant dans son expertise métiers, de ne jamais ’pousser’ un candidat auquel on ne croit pas à 100%, de prendre le soin de toujours remonter les éventuelles difficultés rencontrées sur le terrain, par exemple un décalage entre la rémunération annoncée lors du brief et la réalité du marché. Côté entreprise, cela implique une totale transparence sur le contexte, les missions confiées, les éventuelles contraintes...

Un homme a besoin toute sa vie de conseil et de guide.’ – Jean-Jacques Rousseau

Le rôle d’accompagnement d’un cabinet n’est pas non plus à négliger quand on souhaite que la bienveillance s’instaure dans le recrutement. Par son suivi, avant, pendant et après le recrutement, par ses conseils, par le recul qu’il a aussi sur les situations, par l’exemple qu’il donne dans ses propres actions, le cabinet de recrutement peut insuffler la bienveillance et faire prospérer le cercle vertueux.

Cela fait partie de ses missions, c’en est même au cœur. Car si chaque détail compte pour qu’un recrutement soit réussi, chaque détail doit être empreint de bienveillance pour compter.

Vidéo « Une astuce pour aller de l’avant » 06 12 à consulter à la source : http://www.huffingtonpost.fr/elsa-brager/4-regles-a-respecter-pour-observer-la-bienveillance-au-travail/

Lire aussi :

Avec la crise, la bienveillance en entreprise ressurgit !

La gentillesse, nouvelle clé de la réussite au travail ?

La mindfulness en entreprise : réintégrer une dimension oubliée

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7.
Bienveillance au travail ‘You Tube’ Vidéo  1:07 - 6 sept. 2016 - Ajouté par Cne Cbc

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8.
Série d’accès à divers autres articles sur la bienveillance au travail

La bienveillance au travail, c’est possible ! - par Cécile Guèret

Psychologies magazine, avec le réseau Entrepreneurs d’avenir, a lancé en 2011 l’Appel à plus de bienveillance au travail, signé par plus de trois cents entreprises représentant quatre cent vingt mille salariés. Un an plus tard, quelles actions concrètes ont été mises en place ? Voici quatre directions à suivre et des initiatives exemplaires, commentées par le psychiatre Éric Albert.  » Lire l’article

Qu’est-ce qu’une entreprise bienveillante ?Anne-Laure Vaineau et Margaux Rambert

A l’initiative de Psychologies, de nombreux chefs d’entreprises, DRH et entrepreneurs étaient réunis ce vendredi 9 novembre dans le grand hémicycle du Conseil Economique Social et Environnemental à Paris, pour partager leurs expériences, leurs succès et leurs difficultés. Car si plus de 300 entreprises ont signé l’Appel de Psychologies à plus de bienveillance au travail, toutes ne savent pas forcément quelles pratiques adopter.  » Lire l’article

Appel à plus de bienveillance au travail

Nous, dirigeants, managers, salariés, coachs, psys, appelons les acteurs du monde du travail à s’engager sur la voie de la bienveillance. Bienveillance des dirigeants envers leurs collaborateurs, des collaborateurs entre eux et envers l’entreprise. Nous croyons que bienveillance, exigence et performance économique sont indissociables. L’avenir de nos entreprises repose sur notre savoir-faire, mais aussi, et surtout, sur notre savoir-être. Nous nous engageons à réfléchir et à dialoguer sur la bienveillance avec nos collaborateurs et partenaires sociaux pour envisager ensemble des actions concrètes et réalistes à mettre progressivement en place parmi les thèmes suivants :  » Lire l’article

Un débat pour plus de bienveillance au travail

Plus de bienveillance au travail, c’est possible ! A l’invitation de Jean-Paul Delevoye, le Conseil Economique, Social et Environnemental a accueilli mercredi 9 novembre un débat autour de sa place dans l’entreprise, dans le cadre de la Journée de la gentillesse initiée par Psychologies Magazine. Autour de la table, un coach et des représentants de syndicats et de sociétés ont évoqué les solutions concrètes qui permettent de développer la qualité des relations dans le monde du travail.  » Lire l’article

Plus de 300 entreprises ont signé l’Appel à plus de bienveillance au travail

A ce jour, plus de 300 entreprises ont d’ores et déjà signé l’Appel à plus de bienveillance au travail lancé par Psychologies. Vous souhaitez le faire connaître à votre entreprise ou le signer en tant que DRH, merci de contacter Stéphanie lison.guillard@psychologies.com.  » Lire l’article

Mieux-être au travail, mode d’emploi

Comment prendre soin de ses collaborateurs ? Nous avons recensé cinq idées mises en application dans des entreprises, et demandé au psychiatre Éric Albert de les commenter.  » Lire l’article

Appel à plus de bienveillance contre le stress au travail

La crise économique renforce la pression et tend les relations au travail. C’est pourquoi, tout en restant soucieuses de performance, de plus en plus d’entreprises sont convaincues de la nécessité d’accompagner les salariés. Être bienveillant au travail, c’est possible. C’est l’Appel que lance Psychologies, aujourd’hui signé par plus de 300 entreprises.  » Lire l’article

La gentillesse est-elle utile au travail ?

Le souci de l’autre est-il compatible avec les besoins d’efficacité de l’entreprise ? Nous avons réuni une directrice des ressources humaines d’une grande société, un psychiatre spécialiste du stress, un patron de PME et un syndicaliste pour en débattre.

 » Lire l’article Vous recherchez une formation ? - http://journee-de-la-gentillesse.psychologies.com/La-bienveillance-au-travail

La bienveillance au cœur de l’entreprise

www.bienveillance-entreprise.fr/

30 oct. 2016 - Découvrez comment la bienveillance améliore l’ambiance de ... jours dans notre famille et dans notre travail, au club de sport ou en vacances, ...

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9.
La bienveillance en entreprise : une solution pour éviter le stress – FranceTV

De nombreux salariés reconnaissent aujourd’hui souffrir du stress au travail. Plusieurs causes sont évoquées. Certains ont donc fait le choix d’un autre type de management.

Vidéo http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/carriere/vie-professionnelle/sante-au-travail/la-bienveillance-en-entreprise-une-solution-pour-eviter-le-stress_1335163.html

Romain Sarfati, directeur de magasin en banlieue parisienne est présent dès l’aube avec ses salariés. Aide au déchargement, à la mise en rayon, il participe à toutes les tâches avec à chaque fois un petit mot aimable pour chacun de ses salariés. ’Je travaille avec eux, comme ça, s’ils ont des difficultés, je ne suis pas dans mon bureau, je suis là directement pour les aider’, explique-t-il.

Un stage de management

Mais tout ceci n’est pas naturel puisque cette manière de diriger, Romain Sarfati a dû l’apprendre dans un stage de management bienveillant organisé par son employeur. La cible est le stress au travail puisque près d’un salarié sur deux déclare en souffrir. ’Dans 75% des cas, quand on va augmenter le niveau de stress, on va diminuer la performance’, explique le médecin qui anime le stage. Une méthode pour apprendre à écouter, encourager, féliciter est enseignée. De plus en plus d’entreprises adhèrent au management bienveillant. En 2012, elles sont près de 400 à signer un appel en ce sens.

Source : http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/carriere/vie-professionnelle/sante-au-travail/la-bienveillance-en-entreprise-une-solution-pour-eviter-le-stress_1335163.html

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10.
Charte du Management Equitable ® Association Française du Management Equitable - Les billets d’Eric - Soumis par esoudy le 9 Août, 2012 - 17:13 – Photo

Tags : Sens Bien-être Bienveillance

Bienveillance, exigence et performance économique sont indissociables. L’avenir durable de nos organisations repose sur notre savoir-faire, mais aussi, et surtout, sur notre savoir-être. Les Managers à tous les niveaux doivent réfléchir et dialoguer sur la bienveillance avec leurs collaborateurs et les partenaires sociaux pour envisager ensemble des actions concrètes et réalistes à mettre progressivement en place parmi les thèmes suivants :

Donner du sens au travail de chacun

  • Partager avec tous la vision globale de l’entreprise : exposer son projet, sa stratégie, ses objectifs, ses risques et ses résultats.
  • Définir clairement les missions de chacun en fonction de ses capacités et en tenant compte au mieux de ses aspirations ; donner des objectifs atteignables (en temps et en moyens), précis, régulièrement évalués et remis à jour.
  • Reconnaître la valeur du travail accompli : remercier, encourager et valoriser aussi bien la performance collective et la coopération que la performance individuelle.
  • Affirmer l’exigence de qualité et savoir parler clairement de ce qui ne va pas.
  • Refuser les pratiques managériales néfastes : objectifs impossibles à atteindre, instructions paradoxales ou incohérentes, management par le stress, …
  • Faire de l’entreprise un lieu d’apprentissage et de progression personnelle : évolution des missions, mobilité, formations techniques et de développement personnel.
  • Inscrire le travail de chacun dans un développement durable en ajustant au mieux l’impact de l’entreprise sur la vie locale et l’environnement.
    Développer la qualité des relations et le mieux vivre ensemble
  • Inciter les Managers à se former à l’intelligence relationnelle et à faire un travail de développement personnel pour être au clair avec leurs atouts et difficultés, il faut mieux prendre en compte les émotions dans le management.
  • Construire un dialogue authentique et clair au sein de l’entreprise, veiller à ce que chacun puisse s’exprimer et être entendu ; que chacun dise ce qu’il fait et fasse ce qu’il dit.
  • Faire confiance et responsabiliser les collaborateurs sur leurs objectifs, méthodes, moyens et gestion du temps ; déléguer, éviter le reporting abusif.
  • Valoriser la créativité et reconnaître le droit à l’erreur.
  • Cultiver l’esprit d’équipe, l’entraide, la convivialité et la création de liens.
  • Traiter les clients et les fournisseurs avec le même respect, le même engagement de bienveillance.
    Veiller au bien-être des individus
  • Mettre en oeuvre une politique du bien-être au travail, traduite en actions concrètes.
  • Anticiper l’impact des réorganisations et restructurations sur le bien-être des collaborateurs, ainsi que le surcroît de travail qu’elles induisent.
  • Favoriser l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle par la flexibilité des horaires ou le télétravail ; éviter les réunions, appels ou envois de mails hors temps de travail.
  • Faire participer les salariés au choix de leurs outils techniques et de leur environnement de travail.
  • Rémunérer chacun équitablement au regard de ses qualités professionnelles et d’un partage raisonnable de la valeur ajoutée de l’entreprise. Lorsque c’est possible, prendre les devants pour les augmentations et avancements.
  • Lutter contre les discriminations et les abus : intégrer l’égalité professionnelle hommes / femmes et la diversité comme facteur de richesse (âge, handicap, origine). Prévenir les risques d’abus et de harcèlement sexuel et moral, soutenir et accompagner les salariés en difficulté.
    Comment la Charte du Management Équitable le permet-elle ?

Afin de mettre ne place concrètement ces pratiques de Management Bienveillant, la charte du Management Équitable consiste à déployer des pratiques pour entretenir au sein de l’entreprise :

  • une dynamique collective ambitieuse et porteuse de sens,
  • une organisation claire, adaptée, cohérente et évolutive,
  • un management propre à développer les énergies et les talents,
  • des relations interpersonnelles fondées sur le respect mutuel et la reconnaissance,
  • une gestion proactive et performante du changement,
  • un comportement éthique et citoyen.
    En bref, développer, partout dans l’entreprise, l’intelligence collective permettant de faire face aux enjeux, de réconcilier et mobiliser les énergies autour de la performance globale : sociale et économique.

Source : Appel à plus de bienveillance au travail Facebook Twitter LinkedIn 

Conférence ’Management intergénérationnel’ le 23 février 2017 - Quels leviers managériaux pour bien vivre ensemble en partenariat avec la MNH ? Inscriptions

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Information - LAFraME Révèle de Nouveaux Horizons de Performance.

« L’instauration dans les organisations de pratiques de Management Equitable ® fondées sur le principe d’équilibre entre la performance économique/opérationnelle et l’épanouissement personnel permet de créer un mode de relation gagnant/gagnant entre l’entreprise, les collaborateurs et les autres parties prenantes ».

LE MANAGEMENT EQUITABLE ®

Dans un contexte de concurrence mondiale exacerbée, d’exigences croissantes des marchés financiers, de restructurations ou délocalisations socialement coûteuses, la confiance des salariés dans l’avenir s’amenuise et la souffrance au travail s’accroît, alimentée par le manque de sens et l’absence de reconnaissance. Et pourtant, certaines entreprises réussissent à conjuguer performance et bien-être au travail…

Le Management Equitable ® place la personne humaine au cœur des préoccupations de l’entreprise en proposant un traitement juste (« équitable »), respectueux des droits de chacun et porteur de bien-être social. Il crée l’ensemble des conditions managériales propres à développer en chaque individu un engagement personnel envers son entreprise, source de performance durable pour la collectivité.

Concrètement, le Management Equitable ® consiste à mettre en place et entretenir au sein de l’entreprise :

• une dynamique collective ambitieuse et porteuse de sens,

• une organisation claire, adaptée, cohérente et évolutive,

• un management propre à développer les énergies et les talents,

• des relations interpersonnelles fondées sur le respect mutuel et la reconnaissance,

• une gestion proactive et performante du changement,

• un comportement éthique et citoyen.

En bref, développer, partout dans l’entreprise, l’intelligence collective permettant de faire face aux enjeux et de réconcilier l’économique et l’humain. 

L’AFraME, association créée en juin 2010, vise à promouvoir l’instauration dans les entreprises de pratiques de Management Équitable ® fondées sur le principe d’équilibre entre la performance économique/opérationnelle et l’épanouissement personnel au travail. Rejoindre l’ http://www.aframe.fr/c’est adhérer aux principes du Management Équitable® prônés par l’association et s’engager à promouvoir les pratiques décrites dans la Charte du Management Équitable®.

Vision Mission Valeurs Membres fondateurs Conseil d’administration

Pour aller plus loin, nous proposons aux entreprises de mesurer leur niveau de maturité en matière de Management Equitable ® au travers de notre processus de labellisation basé sur les seize points de la Charte. Concrètement, nous remettrons à nos interlocuteurs un kit d’autoévaluation à nous retourner complété ; après analyse et contrôle par nos soins sur la base de critères objectifs, l’association délivrera à l’entreprise un label caractérisé par une évaluation sur une échelle de maturité allant du niveau initial jusqu’au niveau équitable. Pour une première étape, nous avons établi un questionnaire limité vous permettant de commencer à tester votre maturité. Voir ici

Source : http://www.aframe.fr/

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11. Comment Devenir Un Manager Bienveillant En 6 Points Clés ?
Hélène Schetting

Photo – Contributeur. Business coach et leadership inspirant + Expert beauté & luxe + Professeur de management et marketing dans l’Enseignement Supérieur. 15 février 2017 Diffusion ‘Forbes.fr’

Photo - Bonté, indulgence, charité, amabilité, générosité, amitié, gentillesse, mansuétude, cordialité, douceur, bienfaisance… les synonymes sont nombreux, et pourtant ce mot est de plus en plus utilisé voire galvaudé. Tout le monde en parle depuis quelques années. Les médias, les DRH, les Managers, les psychologues du travail, les coachs s’en sont emparés… Mais qu’est-ce que la bienveillance en entreprise et comment se traduit-elle pratiquement ?

‘Fast management’ versus ‘slow management’ 

En 1946, l’Organisation Mondiale de la Santé précisait que « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Et pourtant, le fast management a fait sa loi depuis les années 80 ; où tout devait aller vite, faire du profit à n’importe qu’elle prix. Puis il y a eu des crises économiques successives et un contexte mondial difficile qui ont finalement rebattu les cartes. Aujourd’hui, on tend vers le slow management. Néanmoins, il faut rester vigilant parce que la bienveillance se « mange » à toutes les sauces. C’est pourquoi il faut revenir à l’origine du mot.

Quoi de mieux que de s’interroger sur l’étymologie et aux racines latines de ce terme ? Cela vient de bene volens ou benignus, signifiant inoffensif ou sans gravité. Doit-on comprendre que cette vague de fond en management concourrait à quelque chose de doux, de bénin, de bon, de pacifique ? Vision un peu simpliste des choses, non ? La bienveillance, c’est une manière de manager différente. Mais la bienveillance est tout sauf de la naïveté. C’est un management de proximité beaucoup plus impliquant pour l’organisation et l’humain. Les anglophones le nomment d’ailleurs le « care » (prendre soin littéralement). Notion pertinente parce qu’elle exprime avec plus de finesse la façon dont l’entreprise doit veiller sur ses collaborateurs. L’approche est loin d’être paternaliste. Plusieurs exemples illustrent cette tendance. KPMG l’a mise en place au travers de sa charte No Stress. Elle édicte les « bons » comportements à destination des managers (respect, amabilité…). On peut aussi citer MMA qui, pour lutter contre les risques psycho-sociaux, a mis en place des consultations psychologiques gratuites et anonymes.

Le Management bienveillant : le choix d’une organisation

Derrière la notion de management bienveillant se cache une réalité, la recherche du bien-être au travail. La bienveillance prend racine dans cette notion. On s’interroge d’ailleurs sur l’exactitude du terme. Ne pourrait-on pas dans un premier temps essayer de parler de mieux-être au travail ? Alors, en effet, il apparait des mouvements comme la journée nationale de la gentillesse. Belle initiative, mais est-ce cela la bienveillance ? Dans cette même mouvance, on observe que des postes de Chief Happiness Officer émergent. Cela va si mal qu’il faille désigner une personne avec ce titre ? C’est le M. ou Mme Bonheur de la société. On s’imagine d’ailleurs un profil un peu bonhomme en charge des gâteaux, du café et du BBQ aux beaux jours, ou de l’organisation de la journée à Disneyland. La bienveillance c’est autre chose, quelque chose de plus fort, plus profond, plus ancré. En tout cas, on peut positiver l’entreprise qui essaie d’incarner au travers d’un homme ou d’une femme une réalité parfois complexe voire plus sombre. Nul doute, en tout cas, que l’impulsion reste néanmoins donnée aux Dirigeants. Choisir la bienveillance est un signal fort pour les collaborateurs. Afin de mettre en lumière ces entreprises progressistes, sont nés des sortes de labels où l’entreprise se voit récompensée d’un « Happy at Work » ou d’un « Great places to work ». Gadget ou pas ? Il est évident qu’au premier abord, on pourrait imaginer que cela ressemble à de la manipulation, sauf qu’en s’approchant de plus près on comprend rapidement que les votes sont réalisés par les salariés eux-mêmes. Ils scorent le niveau de bien-être, la qualité du management, les possibilités qui leurs sont données en terme de services… On s’aperçoit d’ailleurs que ce qui est bon pour une entreprise semblent difficilement applicable pour une autre, et ce en fonction de sa taille. Dans le classement 2016 de Happy at work, les meilleurs élèves sont l’entreprise Colas (plus de 5000 salariés) suivi par BlablaCar (250 à 5000 salaries) ou encore Des Systèmes et des Hommes (moins de 250 salaries). Dans le même temps, et a-contrario, n’oublions pas que certaines structures sont maltraitantes. C’est un fait, le management de certaines organisations ressemblent plus au bagne qu’à une balade en forêt de Fontainebleau. Photo.

Vision à long terme et culture d’entreprise : deux facteurs de réussite.

Développer ce type de management est possible sous certaines conditions. La première est l’envie et l’exemplarité du Dirigeant à ce sujet. Il doit y croire réellement et surtout le pratiquer à titre personnel. Sans l’appui inconditionnel de la Direction et de ses équipes, il sera impossible de mettre en œuvre le Management bienveillant. Il doit d’ailleurs s’inscrire dans l’ADN de l’entreprise et ce à chaque niveau, tant sur le plan stratégique que sur le plan opérationnel. Beaucoup d’entreprises ont voulu tester cette approche mais sans la vivre profondément, et les résultats, négatifs, les ont faites ainsi revenir à l’ancien modèle. Le Management bienveillant comme gadget, parce que c’est juste pour faire « beau », est un leurre. Pour que cela fonctionne, le management bienveillant doit devenir une valeur et être incarnée par l’ensemble de l’organisation. Puis, il faut se dire que sa mise en place exige de la volonté et de la persuasion. Les anciennes habitudes doivent être mises au placard pour laisser place à de nouvelles. C’est une vision sur du long terme pour que l’ancrage porte ses fruits.

Sur le terrain, le management bienveillant revêt plusieurs formes. La première est de l’ordre de la politesse : dire « bonjour » et « merci », prendre des nouvelles des enfants, s’attacher à vivre l’entreprise de la manière la plus sincère et la plus authentique possible. C’est aussi mettre en place des réunions après 9.30 et avant 17.30, des cours de méditation ou de yoga. Ou encore comme chez Deloitte, où le télétravail a été mis en place pour les collaborateurs dont la présence dans les locaux de l’entreprise n’est pas indispensable. C’est aussi créer des crèches d’entreprises ou une conciergerie dédiée aux collaborateurs, comme chez Ferrero.

Des conséquences positives…

Le patron de Schneider, M. Lachman, évoquait en 2010 que « la santé des salariés est une source incontestable d’efficacité des salariés ». L’objectif du Management bienveillant reste avant tout la productivité et in fine la rentabilité. Plus un collaborateur sera confortable dans une entreprise et plus il sera engagé. Il est un outil pour éviter l’absentéisme, les arrêts maladie, les dépressions,… qui alourdissent les bilans sociaux et donnent une mauvaise image à l’extérieur (médias, concurrents, clients, fournisseurs…). Ce management a pour objectif le bien-être au travail en donnant la possibilité à chacun de se réaliser. C’est aussi travailler la créativité de chacun pour une meilleure implication. La valeur de l’engagement est aussi importante. Un cercle vertueux se met en place : plus d’engagement pour plus de reconnaissance. Il est à rappeler ici que la partie financière d’un emploi n’est pas le seul argument de poids ni même un levier motivationnel. La réflexion ici menée par beaucoup d’entreprises est de réfléchir à la façon « beyond profit ». Le management bienveillant c’est une façon de prévenir les risques psycho-sociaux en général et le burn-out en particulier. Aujourd’hui, selon INVS (Institut de Veille Sanitaire) environ 500.000 collaborateurs seraient en détresse au travail et souffriraient sur le plan psychique, dont 30.000 seraient en burn-out. C’est pourquoi, une loi oblige aujourd’hui les entreprises a réaliser des reporting sur la RSE de l’organisation (cf. loi Grenelle II 29/06/2010 NDLR). C’est dire si le problème est sociétal, parce qu’en 2016 a été créée par l’Assemblée Nationale une mission parlementaire traitant du « syndrome d’épuisement professionnel« .

Six bonnes pratiques à l’usage du Manager bienveillant :

  • Pratiquer l’écoute active et l’empathie  : Un manager qui comprend et qui ressent ce qu’un collaborateur partage dans l’ici et le maintenant, incluant la dimension émotionnelle, au-delà même des faits.
  • Avoir confiance et se remettre en question  : La confiance est une des bases du Management bienveillant. C’est accepter l’autre dans sa différence et dans sa richesse. Et avoir l’humilité de dire que les autres sont meilleurs dans leurs périmètres de compétences. C’est aussi de dire : « je peux évoluer et changer mon point de vue ». Etre capable d’entendre un feed-back même si celui-ci ne va pas dans le « bon » sens, en tout cas dans celui souhaité !
  • Responsabiliser ses équipes et les autonomiser : Chacun doit accepter de prendre des initiatives et d’assumer les conséquences de ses choix, de ses réflexions.
  • Valoriser, féliciter et célébrer : C’est dire à ses pairs que le travail produit est bon, que le comportement a été à la hauteur, que les chiffres réalisés sont ceux attendus…. Oubliez le : « c’est super Alexia, mais… » Ce fameux « mais » qui vous change la portée de la phrase. Un « c’est parfait » voire même un « je suis fier de votre travail » si la situation le permet. L’objectif est d’accompagner l’autre pour qu’il devienne la meilleure version de lui-même.
  • Avoir le droit à l’erreur  : Pour soi et ses collaborateurs. Cela participe de la prise d’initiative. C’est en essayant, en faisant, en échouant que l’on apprend. Osez !
  • Pratiquer l’élégance du discours et des gestes : Aucune obligation de tacler ou d’allumer pour être respecté. Il est aussi important d’ajouter que la qualité de la communication doit être parfaite et soigné en parlant à un tiers, sans jugement et sans reproche. Bien entendu, la gestuelle (le non-verbal représente 93% de la communication, NDLR) doit être appropriée et accompagnée le discours.
    Le management bienveillant est tout sauf le « happy-happy world » sucré de niaiserie et emprunt de naïveté. Il est un outil dans l’air du temps et qui fonctionne lorsque l’on s’appuie sur le sens que l’on donne aux objectifs fixés et sur le cap à tenir. C’est une technique pertinente qui répond aux besoins actuels de la collectivité. Il doit être au service des collaborateurs pour ensuite servir l’entreprise dans son développement et sa croissance.

Alors, souhaitons-nous de voir croitre cette démarche en dehors des murs de l’entreprise, et venir accompagner notre quotidien, en commençant par l’école. Etre bienveillant finalement, n’est-ce pas faire un simple retour sur notre humanité, nos relations et notre capacité à co-créer et à vivre ensemble ?

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http://www.qualitedevie.espacedoc.n...

12.
Ressources pour la qualité de vie au travail dans les écoles suisses Ce site s’adresse aux professionnels des établissements scolaires qui souhaitent développer leur qualité de vie dans leur quotidien. Vous y trouverez des informations qui vous aideront à : 

  • comprendre : les mécanismes du stress, de l’épuisement et de l’équilibre personnel et professionnel
  • faire un bilan de votre qualité de vie : questionnaires, check-lists de vos ressources et facteurs de stress
  • prévenir les risques, gérer votre temps et travailler avec plaisir
  • réagir et agir : gérer des relations difficiles, mobiliser du soutien, retrouver vos énergies
    Vous pouvez également consulter les informations complémentaires suivantes sur le stress et la qualité de vie :
  • textes et articles en ligne
  • liens internet
  • références bibliographiques
    Vous avez besoin d’autres informations, vous souhaitez un accompagnement pour vous-même ou pour votre école ? - Faites appel aux ressources à disposition des professionnels dans les écoles.Contactez-nous aux adresses suivantes.« L’essentiel n’est pas de vivre mais de bien vivre » Platon - PhotoSource : http://www.qualitedevie.espacedoc.net/index.php?id=62 Stratégies d’ajustement en fonction du stresseur Deux stratégies : centrées sur l’émotion ou sur le problème La stratégie centrée sur l’émotion Face à la situation stressante, je peux orienter ma réaction vers la diminution de la réaction de stress au niveau
    • physiologique et émotionnelle : relaxation, activité plaisante
    • psychologique : relativiser, penser à autre chose
      Exemple pour un stresseur thermique : dans une salle surchauffée, je tombe la veste, m’évente, pense à la fin de la journée, à une douche froide, etc. La stratégie centrée sur le problème Face à la situation stressante, je peux chercher à mettre en place une action pour le résoudre (recherche d’information, action sur le stresseur) Exemple pour un stresseur thermique : dans une salle surchauffée, je vais éteindre le chauffage, aérer, téléphoner au service de dépannage, etc… Quand on peut agir sur la situation, les comportements centrés sur le problème sont les plus utiles. Les comportements centrés sur l’émotion aident provisoirement l’individu quand le stresseur n’est pas contrôlable, en attendant de pouvoir assimiler la situation et mettre en place des stratégies d’adaptation plus actives. Stratégies d’ajustement en fonction du comportement On parle de coping ’évitant’ et de coping ’vigilant’. Le coping ’évitant’ C’est une stratégie passive se concrétisant par un comportement de fuite, d’agressivité, des attitudes de déni, de résignation, de fatalisme. Le coping ’vigilant’ C’est une stratégie active visant la recherche d’information, de soutien social, le développement de plans d’action, la recherche de moyen. Que privilégier ? Les stratégies centrées sur l’émotion et sur la passivité (comportement d’évitement) ont des effets nocifs à long terme. Les stratégies centrées sur le problème et sur l’action (’vigilance’) sont meilleures pour l’individu, car elles limitent les effets négatifs des stresseurs sur la santé physique et mentale. Site créé en février 2005 par Marc Thiébaud, responsable du CAPPES et Jacques Nuoffer, responsable du SECEB - Source : http://www.qualitedevie.espacedoc.net/index.php?id=62

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13.
Definition du mot Vigilance selon ‘psychologies.com’

1. État de réactivité de l’organisme et capacité adaptative qui en découle (H. Head, 1923).

2. En neurophysiologie, fonction qui maintient l’état d’alerte ou d’éveil de l’écorce cérébrale par un mécanisme complexe, formé de plusieurs pièces interconnectées, mais dont un des éléments principaux est le système réticulé activateur ascendant du tronc cérébral (G. Magoun, H.W. Moruzzi, 1949).

3. En psychologie appliquée, synonyme d’attention et, de façon plus restrictive, capacité de déceler des signaux imprévisibles et faiblement supraliminaires (épreuves de vigilance).

On admet qu’elle varie depuis le sommeil jusqu’à la veille attentive.
Par rapport à la vigilance, la conscience dépasse ces niveaux, se situant dans l’ordre subjectif de l’activité psychique. Définie notamment comme un ’état’, un ’courant’, enfin une ’intentionnalité’ qui s’écarte vers l’objet et se trouve toujours en situation, elle est décrite par H. Ey comme ’l’expérience sensible immédiate du présent représenté’.

Source : http://www.psychologies.com/Dico-Psycho/Vigilance

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14.
La vigilance décrite en divers domaines par Wikipédia

  • En psychologie, la vigilance est une forme de l’attention d’un individu en train d’accomplir une tâche particulière.
    Son attention prend un aspect d’intensité pour solliciter l’ensemble de ses capacités de perception et les concentrer sur le déroulement de la tâche.

La vigilance qui se déploie spontanément est un bon indice de motivation dans beaucoup de situations.

  • En neurologie ; on s’intéresse plus particulièrement aux aspects déficitaires de la vigilance. Le niveau de vigilance peut être évalué par diverses échelles et sert à classifier les altérations de l’état de conscience. La plus connue des échelles d’évaluation de la vigilance est l’échelle de Glasgow, utilisée notamment en neuro-traumatologie pour déterminer la profondeur d’un coma.
  • En philosophie ; Certains courants spirituels et philosophiques appellent vigilance l’état d’attention non dirigée (voir méditation). À l’inverse de l’acception du domaine de la psychologie, cette attention n’est pas concentrée sur une tâche ou un objet, mais ’ouverte’ sur l’ensemble du champ perceptif, aussi bien externe qu’interne (environnement visuel, auditif, respiration, douleurs, démangeaisons, etc.). Le sujet est ainsi réceptif à la totalité de son environnement.

Article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vigilance

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15.
Attention et vigilance : introduction et différences d’après Psychoweb

Section : articles, Catégorie : psychologie cognitive - Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007

William James fut le premier professionnel à traiter de l’attention, en 1890, et à lui consacrer un chapitre entier dans son ouvrage. Il y précisait une vérité de l’époque : l’attention est un concept connu. Tout le monde l’utilise, tout le monde le conçaoit, mais saurait-on le définir précisément ?1. Bref historiqueL’attention est un concept qui nous est extrêmement familier. Tellement, qu’il ne parut même pas opportun à nos aïeux philosophes d’y prêter quelconque ’attention’, dans leurs ouvrages... Ainsi, l’attention n’appartient elle pas à la philosophie classique, au même titre que le furent la mémoire ou le langage, dont on ne compte plus le nombre d’ouvrages dédiés.

Si William James en donna une définition en 1890, rompant ainsi le silence intellectuel qui pesait sur ce concept, le mouvement béhavioriste se chargea spontanément de remettre aux oubliettes un phénomène si ’inobservable’ et gênant à plus d’un titre. Quand on parle d’attention, on l’associe souvent à quelque chose, il est quasiment impossible d’y rattacher une définition propre. Comme si l’attention n’était au final qu’un moyen de définir quelque chose qui ne se laisse pas saisir.

Les aleas historiques du XXème siècle poussèrent tout de même philosophes et chercheurs à se pencher sur le concept... Guerres, publicité, éducation... amenaient un lot de questions auxquelles on demandait aux psychologues de répondre : comment rendre un soldat plus performant, dans la durée, comment susciter l’intérêt du consommateur ou accroître la vigilance des élèves... Un certain regain d’intérêt naquit alors et notamment avec l’évolution des paradigmes expérimentaux en psychologie, du béhaviorisme au cognitivisme.

En parallèle, une autre découverte technique amenait certaines comparaisons à l’homme. Utilisant certaines ressources sans nécessairement toutes les utilser à la fois, l’ordinateur se montrait un parfait exemple d’objet ’attentionné’, en ce sens qu’il sélectionnait l’information pertinente en vue d’utilisation immédiate, et en utilisant le strict nécessaire des ressources dont il avait besoin pour accomplir sa tâche. L’ordinateur représentait un modèle parfait d’attention, modèle utile et largement utilisé dans sa comparaison à l’homme.2. Attention et vigilance : deux concepts distinctsLes état de vigilance ont fait l’objets de nombreuses études, notamment dès lors que l’on se préoccupa du sommeil. Car la vigilance regroupe sous un terme apparemment simple, tous les phénomènes d’éveil et de veille, que l’on peut rencontrer dans la vie d’un homme : sommeil proprement dit, éveil caractéristique ou état de transe et d’hypnose... En ce sens, l’Attention se distingue de la vigilance, car elle n’en est qu’un état particulier d’éveil, un niveau d’éveil relativement élevé : une valeur de vigilance.3. Physiologie de l’attentionDès lors qu’on se pencha sur cette valeur d’éveil, on entreprit dans un premier temps d’observer les correspondances anatomo-physiologiques de l’attention : Morruzzi et Magoun démontrèrent ainsi en 1949 le rôle de la formation réticulée mésencéphalique activatrice, un nom barbare pour une partie du cerveau qui l’est autant, originaire du cerveau reptilien et reliquat d’une ancestrale évolution.

La destruction de cette zone dans le cerveau des animaux entraîne chez ceux-ci une somnolence continue. Pourquoi ? Cette structure mésencéphalique a pour rôle, entre autre, d’intégrer toutes les informations sensorielles et d’activer l’ensemble du cerveau en conséquence : elle joue le rôle d’activatrice, émettant un signal d’éveil à l’ensemble de l’encéphale en fonction des stimulations qu’elle reçoit de l’extérieur, via le réseau sensoriel. Que l’on soit fortement stimulé par l’environnement, et la FRMA répercutera l’agitation externe sur la quasi-totalité des régions cérébrales. Inversement, un environnement calme ralentira doucement l’activité de cette formation réticulée - et d’autant, l’activité de nos neurones.

Une autre structure cérébrale, dont l’importance fut également démontrée à cette époque, joue le rôle de système d’alerte : Le locus coerulus. Il s’agit d’un ensemble de neurones noradrénergiques qui mettent en éveil le cerveau en fonction du type de stimuli reçus : certains de ces stimuli peuvent acquérir une valeur seuil (d’alerte) qui augmente l’éveil général et prépare le corps et l’esprit à la réaction.4. Alertes attentionnellesIl y a deux types d’alerte, l’un étant lié au stimulus lui-même, l’autre, à des apprentissages mis en place lors de l’éducation, par exemple :

  • L’alerte à valeur absolue est produite par des stimuli, de par leurs caractéristiques intrinsèques (flash lumineux, sons de grande intensité,…) ceux-ci provoquent en premier lieu une variation des rythmes cardiaque, respiratoire, quasi immédiate (un grand bruit nous fait sursauter et bloque notre respiration de manière automatique et non consciente). Ces stimuli, parce qu’ils excitent considérablement notre système sensoriel, émettent des décharges d’une violente intensité, se répercutant sur l’ensemble du cerveau, et nous préparant généralement à faire face à l’événement extérieur responsable de l’agression sensorielle.
  • L’alerte à valeur relative met certainement en jeu des fonctions cognitives de niveau supérieur, car il s’agit d’une alerte ’réfléchie’ : Si les stimuli en eux-même n’ont pas de réelle valeur d’alerte, il n’en reste pas moins que nous avons appris à les considérer comme tels : il s’agit par exemple, de symboles, comme un feu rouge, dont l’intensité n’est certes pas très agressive. Pourtant, la majorité des personnes ont une récurrente tendance à considérer le signal comme prévenant un danger immédiat, on le voit notamment à la façon dont ils appuient sur la pédale de frein en l’écrasant avec vigueur.
    De tels symboles ne correspondent pas à des sensations d’alerte proprement dites, donc, mais entraînent bel et bien un éveil brutal et une hausse de l’attention, tout comme un bruit strident reçu en pleine oreille le ferait le matin au réveil.

    Ces alertes mettent en place des réactions d’orientation et d’activation du cerveau. Un bruit fort, par exemple, nous pousse instinctivement à nous rabbatre de coté, et à tourner la tête en direction du bruit entendu, où à nous protéger de nos bras...5. Electro-encéphalographie de l’attentionL’attention, dans ces cas, peut se mesurer au niveau de l’activité électrique dégagée par le cerveau : des tracés électro-encéphalographiques d’un homme au repos, présentent des ondes alpha, dont la fréquence s’élève aux environs de 10 hertz.

    Lorqu’un homme fait attention à quelque chose, par contre, cette fréquence augmente jusqu’à 30 hertz (ondes bêta), signant ainsi un certain regain d’activité cérébrale, une forme d’éveil mesurable en terme de densité de communication cérébrale, où d’activité électrique globale. Un bruit violent perçu entraînera un pic de l’activité électrique nettement identifiable lors de l’observation de tels tracés. Comme si l’ensemble de la machinerie cérébrale subissait un électrochoc de manière à le préparer à réagir immédiatement, ce qui est finalement le rôle que lui a attribué l’évolution en ces cas là.Source : Cours de psychologie cognitive – Dijon - Mots-clés : attention, vigilance, alerte, seuil 

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http://www.psychoweb.fr/articles/psychologie-cognitive/170-attention-et-vigilance-introduction.html

Attention et vigilance : caractéristiques différentielles (2)

3. Attention, vigilance et stress

Un facteur qui a son importance, le stress, fut également étudié dans cette perspective : Broadbent (1971) mit en évidence les effets du stress, comme étant des mécanismes de compensation qui se mettent en place afin de maintenir une performance efficace.

Si à l’origine, le stress permet d’augmenter ses performances, un excès de celui-ci entraîne l’effet inverse, et les performances chutent par rapport à celles d’un test passé en situation normale. De même, la motivation, les récompense envisagées, l’état d’esprit, ont une influence sur la vigilance. Ce sont des mécanismes de haut niveau cognitif qui démontrent conséquemment le pouvoir de la pensée, sur les performances.

A noter : la plupart de ces facteurs augmente la réussite lorsqu’une seule tâche est effectuée. Un niveau de stress, même efficace en situation de simple tâche, possède un tout autre effet en situation de double tâche : si l’une des deux est généralement mieux réussie, l’autre en pâtit, et les performances pour les tâches secondaires s’effondrent. Ainsi, un facteur qui augmente la vigilance, le stress modéré, n’augmente pas forcément l’attention : l’attention est concentrée sur la première tâche, diminuée sur la seconde. La vigilance, c’est-à-dire le niveau de performance global, est augmenté, par contre.

Cela signe une dissociation entre les deux concepts d’attention et de vigilance, et prouve qu’ils sont bel et bien distincts.

4. Vigilance = fonction rythmique

Qu’est-ce alors que la vigilance ? à quoi sert-elle ? Une discipline, ou plutôt, un paradigme de recherche, s’est appuyé sur les précédentes recherches afin de répondre à ces questions : la chronopsychologie.

Celle-ci étudie les variations de comportement selon certains cycles, notamment circadiens (les cycles de la journée). Elle a pu mettre plusieurs phénomènes en évidence, de la même façon que l’on avait étudié la loi de Yerkès-Dodson, mais cette fois-ci, en différenciant bien l’attention de la vigilance :

- les capacités attentionnelles évoluent selon des pics et des creux tout au long de la journée, mais cela dépend notamment des tâches réalisées (ce qui est donc différent de la vigilance)

- lors de tâches simultanées, les performances augmentent avec l’avancée de la journée, ce qui représente l’effet du niveau d’éveil, donc de la vigilance

- les tâches séquentielles (utilisant la mémoire à court terme et la Mémoire de travail) sont mieux réalisées le matin.

5. Sensibilité ou critère de jugement

On sait que le niveau d’éveil est fonction de la quantité de stimulations. Plus il y a de stimulations, plus la formation réticulée, notamment, active globalement le cerveau.

Or, dans une expérience, où le sujet doit surveiller un événement se produisant, soit 5 fois, soit 30 fois par minute, pendant une durée de 80 minutes, on se rend compte que :

- si le signal est rare (5 par minutes) : la performance est élevée et stable - si le signal est fréquent (30 par minutes) : la performance est basse et diminue beaucoup.

Ceci rentre en contradiction avec la théorie de l’éveil... Pourquoi ? Les psychologues ont tenté d’expliquer cette contradiction par l’existence de deux paramètres influant sur la tâche :

- la sensibilité réelle du sujet : plus le sujet est attentif et vigilant, plus ces performances augmentent. La tâche exerçant une certaine fatigue, les performances diminuent normalement

-Le critère de jugement : au fur et à mesure de la tâche, le sujet apprend à mieux reconnaitre les erreurs, mais devient plus prudent : le nombre de fausses alarmes, dépendant de la sensibilité, n’augmente ou ne diminue pas. Par contre, les fausses reconnaissances, diminuent avec le temps et l’apprentissage. Le sujet est plus prudent, mais fait également plus d’omissions, ce qui expliquerait les erreurs lorsque les stimuli sont plus nombreux.

6. Attention = vigilance ?

Pour la physiologie, la vigilance est l’état générique situant l’individu sur un continuum nycthéméral allant de l’état de sommeil profond à l’état de surexcitation. Aux faibles niveaux de vigilance, l’attention est quasi-nulle mais la réciproque n’est pas vraie. Il faut maintenir la vigilance si on veut maintenir l’attention. En psychologie, la vigilance (être éveillé) est une condition nécessaire pour parler d’attention, mais pas suffisante. L’attention serait l’attribution par le cerveau de ressources nécessaire au bon déroulement des opérations mentales (par exemple, mémoire). L’attention pourrait ainsi se focaliser, au risque d’effacer certains stimuli du champ de perception... Pour vous en convaincre, passez donc le test de Neisser avant de passer au cours suivant !

Source : Connaissances générales -

 

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Mots-clés : attention, caractéristiques, différentielles, vigilance, cognition -

Nous contacter Remerciements Qui sommes-nous ? – Source : http://www.psychoweb.fr/articles/psychologie-cognitive/172-attention-et-vigilance-caracteristiques-differentiell.html

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16.
Recension – Attention et vigilance – Document ‘Implications philosophiques’ - Publié le 11 février 2015

A la croisée de la phénoménologie et des sciences cognitives - Natalie Depraz, « Attention et vigilance », Paris, PUF Epiméthée, 2014. 30€ – Recension par Florian Forestier.

La question de l’attention est devenue au cours des dernières années l’objet d’une écologie spécifique (Y. Citton) interrogeant les transformations induites par le développement d’un milieu numérique, d’une économie de plus en plus fondée sur les dispositifs de capture et d’enrégimentement de l’attention, d’une civilisation où l’impératif d’ubiquité et d’immédiateté redessinent les processus de la synaptogénèse, et plus globalement d’individuation, modifiant ou compromettant, selon les perspectives, la dimension transinvididuelle (pour reprendre le terme introduit par Simondon) des sociétés humaines. Menaçante pour ceux qui, tels B. Stiegler, voient dans les processus de fixation et de stabilisation qui sont à la base des capacités attentionnelles la base de cette transindividuation, prometteuse pour les apôtres d’une sortie de la civilisation de l’écrit et de l’ordre des livres (R. Chartier) vers, par exemple, une nouvelle oralité (McLuhan), l’évolution actuelle appelle cependant également une enquête philosophique approfondie sur la nature de l’attention. Photo première de couverture

Il apparaît en effet que la philosophie s’occupe de la question de l’attention depuis longtemps, mais qu’elle la subordonne le plus souvent au travail réflexif et cognitif en l’assimilant à la focalisation et à la concentration. L’attention est pensée en ce qu’elle permet la distinction des éléments perceptifs et la précision des éléments de raisonnements : elle est la condition de possibilité d’un jugement vrai. Qui plus est, elle est assimilée à un principe de sélection ou de tri, qui choisit certains éléments au détriment d’autres, aiguille la perception et la réflexion sur un point privilégié par rapport à un autre.

Certes, ce constat un peu unilatéral peut être nuancé : plusieurs traditions, depuis les pensées de la prière, la postérité cartésienne et les élaborations empiristes, se déploient en fait sous cet horizon commun. Les unes présentent l’attention comme une modalité insigne de rapport à soi-même, les autres comme forme d’ouverture à la réalité de ce qui est visé. Sur ces questions, les discussions menées dans le cadre de la psychologie de la fin du XIXe siècle sont, comme on aura l’occasion d’y revenir, particulièrement intéressantes par la finesse des distinctions qu’elles proposent et la richesse de leurs analyses, même si le cadre conceptuel qui les guide gagne à être amendé. De même, la phénoménologie husserlienne, malgré la permanence du cadre intentionnel adopté comme problématique rectrice, déploie un certain nombre d’éléments très fins pour une phénoménologie de l’attention qui tiendrait compte de l’épaisseur temporelle du déploiement de la pensée, de sa rythmique, de ses tensions et accidents. Une telle phénoménologie peut alors être envisagée sur le plan pratique, en faisant de l’attentionnalité et non plus de l’intentionnalité son angle d’attaque. Enfin, la neurologie et les sciences cognitives ont développé un ensemble d’approches fécondes pour comprendre la multimodalité de la dynamique « attentionnelle », pour entrer dans ses processus, en explorer la complexité.

Dans ce contexte, l’ouvrage de N. Depraz apparaît comme une somme qui vise à réévaluer de manière globale la question de l’attention. Celle-ci est désancrée de son arrimage à la concentration et envisagée aussi bien dans la processualité qui la sous-tend (non, donc, comme simple résultat) que dans l’entrelacs de disponibilité horizontale et de « responsivité » toujours déjà éthique. Il présente donc une réflexion interdisciplinaire, mettant en œuvre une érudition impressionnante concernant aussi bien l’histoire de la psychologie que les développements actuels des sciences cognitives, aussi bien la technique phénoménologique husserlienne que le pragmatisme et la théorie des actes de langage qui lui procure sa base terminologique.

L’ouvrage est constitué de nombreux développements méthodologiques, de nombreux comptes rendus d’expérience, et se présente comme une recherche se faisant, une méditation au sens husserlien du terme, même si sa perspective est celle d’une circulation, d’un zigzag entre points de vue d’un développement de questions phénoménologiques rencontrées au sein de méthodologies différentes, plutôt que celle d’une investigation systématiquement phénoménologique. Construit à partir de la réécriture d’un nombre impressionnant d’articles, de conférences, ainsi que d’un travail d’habilitation, nourri d’un abondant travail d’édition et de présentation de la phénoménologie de l’attention développée par Husserl, aussi bien que des ressources dans les textes husserliens pour une autre phénoménologie de l’attention, ce livre s’avère ainsi, du fait de cette richesse, difficile à lire d’un bout à l’autre, et plus encore à recenser. Le zigzag entre sa perspective d’ensemble (l’explicitation d’une philosophie de l’attention, d’une philosophie repensée à l’aune d’une réinterprétation de l’attention comme attitude expérientielle, comme vigilance) et les nombreuses analyses de détail convoquées demanderait en effet à être reparcourues plusieurs fois.

L’attention n’est pas seulement une disposition dont la phénoménologie est appelée à rendre compte. Elle est une structure ou une opérativité fondamentale de l’expérience selon laquelle la phénoménologie peut être repensée. Une phénoménologie de et selon l’attention se doit alors à la fois de repenser son cadre méthodologique, sa mise en œuvre, et son statut épistémologique – c’est-à-dire son rapport aux différentes disciplines et champs que sont les sciences cognitives ou les pratiques thérapeutiques, susceptibles d’assister ou de guider la phénoménologie dans son travail de raffinement et d’explicitation de la dynamique des vécus. Si la méthode s’avère bel et bien phénoménologique, il s’agit cependant d’une mise en œuvre de celle-ci, laquelle rencontre les problèmes phénoménologiques plutôt que de chercher la phénoménologie. L’ouvrage s’inscrit ainsi à la fois dans la lignée des recherches husserliennes, de la prudence du pragmatisme et de la théorie wittgensteinienne et post-wittgensteinienne des actes de langage, et des post-phénoménologies développées de façon isolées par ces auteurs difficilement classables que sont, par exemple, B. Waldenfels ou D. Ihde.

Que peut bien vouloir dire faire de la phénoménologie ?, questionne l’auteure au fil des nombreux ouvrages qui jalonnent son itinéraire intellectuel [1]. La phénoménologie n’est pas seulement méthode. Le risque qu’elle porte est précisément de tendre à se perdre dans une réflexivité méthodologique systématique qui la coupe de la chair vive de l’expérience à laquelle elle s’est voulue accès. Tout au contraire, la phénoménologie doit être ressaisie et ré-habitée comme la pratique qu’elle est. Le phénoménologue est appelé à adhérer à la temporalité de son exercice et de son écriture.

Plutôt dès lors que de chercher à briser l’intellectualisme supposé de Husserl en dé-transcendantalisant (illusoirement) sa phénoménologie, en lui fixant de nouveaux sites dont la concrétude sera tout aussi abstraitement thématisée, il s’agit d’insister sur la façon dont celle-ci peut être cultivée, entraînée, constituée comme praxis, comme une autre façon, générative, de se rapporter à l’expérience en dé-sédimentant les habitus déterminant ce sur quoi nous faisons fond pour y ouvrir des latences créatives. La réalisation de la phénoménologie comme pratique concrète n’est alors en rien liée à son hypothétique dé-transcendantalisation. La perspective transcendantale est au contraire reconduite comme le nom même de l’activité phénoménologique, de la réflexivité active et de la discipline par laquelle l’expérience se tourne vers sa propre épaisseur. L’empirisme transcendantal dont se revendique N. Depraz (dans une lignée qui revendique, outre l’héritage phénoménologique, l’influence terminologique de Deleuze ou du quasi-transcendantal derridien) caractérisera bien plutôt cette façon qu’a l’expérience de ne pas adhérer à soi ni à ce qui est vécu en elle mais de néanmoins sans cesse tendre vers soi ; de se déprendre de l’évidence du vécu sans en entamer la présence, de se tourner vers la phénoménalité de ce qui apparaît.

La relation d’une telle pratique aux sciences cognitives s’inscrit alors dans le droit fil de la neurophénoménologie de Varela : il s’agit tout à la fois de tenir compte des résultats de ces sciences et de ce qu’ils indiquent sur le fonctionnement effectif de nos structures cognitives, de se nourrir des hypothèses et approches développées pour enrichir la conceptualité phénoménologique, et enfin d’user de la formidable capacité d’auto-observation indirecte que les outils des sciences cognitives permettent (neuro-imagerie, etc.) pour motiver et guider le travail pratique du phénoménologue. Ainsi, les indices empiriques issus des neurosciences servent de relais à une épochè qui ne sera plus abstraitement posée, mais pratiquement motivée, guidée, alimentée par des exemples.

L’approche neurophénoménologique sera complétée ici par une réflexion précise et technique sur le langage susceptible d’en assumer l’exercice, tant au niveau de sa forme propre qu’au niveau de son statut – inséparable d’un cadre situé et pragmatique. Ainsi, « en conférant une primauté à l’action en tant que médium unitaire d’où peut être prélevée la distinction subséquente entre dire et montrer, on insiste sur la co-opération unique du langage (indication) et de l’expérience (évidence), c’est-à-dire sur leur intrication, propre à notre praxis ordinaire de vivants » (p. 139). En effet, le phénomène de l’attention contient en lui une dimension méthodologique inhérente aux modalités de son déploiement, une phénoménologie de l’attention ne pouvant se pratiquer qu’au sein d’un devenir attentif, d’une attention de l’attention à elle-même. De la sorte, la notion de « geste » est particulièrement appropriée, puisqu’elle permet de saisir l’empan de l’attention comme expérience tout à la fois corporelle (motrice et proprioceptive), sémantique (expressive), agissante (performative) et relationnelle (intersubjective et communicationnelle). (p. 61)

Ainsi, le passage d’une approche dite intellectualiste à une phénoménologie du corps ne répond pas aux besoins d’une telle phénoménologie de l’attention. Les catégories de l’inconscient ou du subconscient tout autant que celles du préréflexif sont des sources d’ambiguïtés considérables entérinant des distinctions contestables, ou amalgamant au contraire des dimensions très diverses. La conception développée par Merleau-Ponty d’une conscience préréflexive, située entre conscience de soi et conscience automatique, est à la fois féconde pour ce qu’elle invite à penser (le déploiement des processus attentionnels et de leur temporalité propre, de la façon dont ils déploient une temporalité) et ambiguë sur la façon dont elle invite à le pensée.

De même, les travaux de L. Naccache [2], qui réactivent la problématique jamesienne de la frange, s’avèrent d’une grande richesse, mais risquent de conduire à certaines confusions philosophiques du fait de leur terminologie. L. Naccache réactive en effet la tripartition freudienne de l’inconscient, du préconscient et du conscient, au risque d’amalgamer la problématique psychanalytique de l’inconscient lieu d’associations à la problématique cognitive des processus subpersonnels. En effet, la forme d’accès envisageable aux franges des processus de construction de nos scènes perceptuelles ou du déploiement du contenu de nos idées diffère du tout au tout de la relation que la conscience est appelée à développée avec l’inconscient dans la psychanalyse. Dès-lors,

la désignation de ce processus par le préfixe « pré- » , comme en témoigne l’abondance des termes qui cherchent à le nommer ainsi, reste verbale, elle n’en épouse pas l’expérience. Il s’agit d’une nomination par défaut, générique, en termes de « préréfléchi », mais aussi, plus spécifiquement, en termes de « prédiscursif », « prénoétique », « antéprédicatif », « préverbal », « prélogique » ou « préconceptuel ». Elle ne dit pas grand-chose du contenu et du mode expérientiels du processus : pour commencer, suivant le versant cognitif de l’attention redirectionnelle, elle ne dit rien de sa composante temporelle (…). Ensuite, suivant le versant d’ouverture émotionnelle à la réceptivité, de sa composante affective. (p. 45)

L’usage des mots de la même façon se devra d’être plastique plutôt que de distinguer et d’opposer le conscient à l’inconscient et au préconscient, on tiendra compte de l’ambiguïté première du terme de conscience, sans tenter non plus de fixer a priori les limites de la conscience.

Plus avant, N. Depraz souligne l’ambition non seulement phénoménologique, mais aussi ontologique et existentielle de son approche. Le cadre méthodologique et théorique d’une phénoménologie de l’attention ouvre en effet dans un premier temps à une requalification de l’attention, qui n’est plus seulement conçue comme focalisation sélective et concentration, mais comme vigilance. Une telle vigilance explicite une qualité fondamentale de notre être-au-monde : l’attention ainsi conçue est appelée à être cultivée, elle est augmentation de l’être, disponibilité aux choses et souci pratique et incarné des autres. La problématique de l’attention se pose à la croisée de plusieurs champs, l’attention s’avérant « relationnelle, transindividuelle, indissolublement sociale, éthique, voire politique et économique » (p. 55). De la sorte, une pensée de l’attention-vigilance se prolonge en éthique ; si l’attention n’est pas nécessairement attention à l’autre, l’attention se fait toujours avec l’autre. La pragmatique de l’attention ouvre des pistes pour penser une verticalité éthique plus douce que la pensée levinassienne du visage ou la phénoménologie marionnienne de la saturation.

Cinq grandes sections rythment l’ouvrage.

Gestes de l’attention : la vigilance en ébauche

Dans cette première partie, l’auteure s’attache aux gestes de l’attention qu’elle examine selon trois angles : celui des neurosciences, celui de la phénoménologie, et celui de la pragmatique langagière. Une structure quasi-dialectique rythme le développement que N. Depraz déploie en alternant un moment actif de densification et un moment phénoménologique de relâchement, détente ou déprise. Dans un premier moment sont dégagées :

différentes facettes de l’expérience attentionnelle : 1) sa dimension immédiate d’occupation, 2) son caractère contre-nature de contrôle lié à un effort volontaire, 3) sa contrepartie automatique, 4) sa réacclimatation naturelle en termes de spontanéité réceptive et de plasticité habituelle. (p. 98)

L’auteure s’attache ensuite à analyser la façon dont l’attention et ses gestes sont nommés et conceptualisés, à présenter les « (…) gestes langagiers courants, scientifiques ou phénoménologiques, qui nomment l’expérience attentionnelle dans sa double dimension de centration/fermeture et de décentration/ouverture jusqu’à l’ébauche d’ouverture interne alliée à l’assise réceptive propre à la vigilance » (p. 110-111).

Si les processus de concentration, focalisation, sélection, sont exposés via la langue des neurosciences, la déprise est pour sa part présentée à travers une déclinaison de trois variantes possibles de la réduction phénoménologique : 1) l’épochè husserlienne, radicale et formelle, 2) l’épochè naturelle schützéenne qui considère plutôt les processus de déprises inscrits au sein même de l’attitude naturelle, 3) l’épochè pratique, comprise comme pragmatique transcendantale incarnée enfin, appréhendant le transcendantal comme un faire, laquelle constitue d’ailleurs un leitmotiv amené à être plusieurs fois repris et développé au cours de l’ouvrage [3].

D’un point de vue de la théorie des actes de langage enfin, l’attention se signale par un langage monstratif, caractérisé par une teneur spécifique d’évidence, de présentité et d’indexicalité. Réciproquement, les régimes attentionnels liées à l’inscription du vécu en discours (description, expression, monstration, témoignages) rappellent que l’attentionnalité constitue une méthode autant qu’un thème, et qu’elle est appelée à se manifester au sein des processus et langages de son analyse pratique.

Modulation : l’attention-vigilance comme augmentation d’être

Cette seconde partie jalonne plus spécifiquement l’appréhension d’une attention-vigilance, à la lumière tout autant de la phénoménologie que des neurosciences, dont la mise en regard permet d’envisager un sens irréductible à ces deux domaines, « autant en matière d’expérience conscientisable qu’en termes de catégorisation » (p. 192). L’attention est comprise comme modulation, moduler signifiant « faire varier, infléchir, adapte à différents cas ou contextes » (p. 170).

Le chapitre développe des points de vue paradoxalement qualifiés de points de vue « en troisième personne » sur les structures de l’attention. Ces différentes approches plaident pour concevoir l’attention comme un phénomène global et indirect.

Un sort particulier est ainsi fait aux trois élaborations de l’attention proposées par Husserl en 1904-1905, en 1913 et en 1918-1926, ces dernières, inscrites dans la perspective plus vaste des synthèses passives, marquant pour l’auteure de manière au moins potentielle un véritable passage de l’intentionnalité à l’attentionnalité, l’attention cessant peu à peu d’être comprise comme une modification parmi d’autres pour être conçue comme praxis incarnée, du point de vue de sa fonction transversale modulatrice au sein d’une conscience en genèse affective. Dans cet édifice, l’attention peut bien être comprise comme la chair de l’architecture attentionnelle. Transmodale, elle œuvre à même les différentes activités perceptives, imaginatives, etc., et motive un raffinement terminologique, avec, par exemple, la distinction entre Wahrnemung et Perzeption, qui a précisément en jeu les différentes qualités attentionnelles mises en jeu au sein d’un acte dont la structure intentionnelle serait la même.

En continuité avec l’échafaudage husserlien, les résultats des sciences cognitives contemporaines (en particulier les travaux de J.-C. Leclas, auxquels N. Depraz fait à plusieurs reprises référence), plaident pour une reprise compréhensive de cette plurivocité sous l’horizon de la dimension modulatrice de l’attention, qui n’a sans doute pas même de sens à être définie indépendamment de la modulation qu’elle exerce sur d’autres activités. « Ni locale ni globale, la structure dynamique de l’attention se situe donc dans des configurations cohérentes spécifiques » (p. 190).

Cécité inattentionnelle et synthèse passive : l’attention-vigilance comme processus d’ouverture

Cette mise au point catégorielle étant faite, on peut alors entrer plus finement dans le fonctionnement même de l’attention, du devenir attentif, dans la temporalité concrète du devenir attentif qu’il ne s’agit pas simplement de thématiser, mais d’habiter comme une dimension immanente et irréductible de notre expérience et de nos pensées. À cet effet, le matériau abondant des descriptions psychologiques de la fin du XIXe siècle peut utilement être mis à profit. Traversant les conceptions de Stumpf, Wundt, James, Titchener, Husserl et les controverses les ayant opposées, N. Depraz peut dégager un certain nombre de structures capables de rendre compte de la processualité de l’attention telle qu’elle a été thématisée : désynchronisations et déphasages.

De façon cohérente avec sa perspective, l’auteure propose de considérer le concept l’attention et ses relâchements, l’attention avec l’inattention. Celle-ci est elle-même conçue comme disponibilité plastique au sein de l’attention. Le relâchement fait partie de l’attention ainsi repensée, laquelle ne doit plus être comprise comme attention sélective, focalisation, comme le choix d’une chose par rapport à une autre, mais bien comme augmentation, élargissement. Analysant sous cet angle les phénomènes dits de cécité inattentionnelle, l’auteure en retourne l’interprétation classique pour faire de ces situations des dimensions du déploiement de l’attention. Ce faisant, elle rompt avec une pensée appréhendant l’attention comme résultat d’un processus, pour penser l’attention vigilance comme processus d’ouverture dont il s’agit de souligner la force transformative.

L’ouvrage s’attarde alors plus spécifiquement sur le caractère de sa temporalité spécifique, qui est un rythme de tensions et de relâchement. En s’appuyant sur les élaborations husserliennes d’une épaisseur affective et hylétique du flux temporel dans les Manuscrits B et C, aussi bien que sur la pensée husserlienne d’une dimension originairement protentionnelle dans les Manuscrits dits de Bernau, l’auteure peut alors présenter la temporalité attentionnelle sous l’horizon de sa générativité circulaire et du caractère d’éveil protentionnel qu’elle manifeste. Le rôle mobilisateur de l’émotion, inséparable de ce processus dont elle constitue la racine, est à son tour analysé dans sa double dimension d’attraction et de dérangement.

De la division au partage : l’attention-vigilance comme croissance en première personne

La section suivante inspecte la complexité de cette dynamique de l’attention en questionnant l’ambivalence de ses mises en mouvements. L’auteure y analyse les phénomènes de division de l’attention pour déceler en eux, au-delà d’une lecture en terme de paralysie, un processus de croissance attentionnelle. N. Depraz étudie de façon approfondie un certain nombre de phénomènes d’attention divisée, allant de l’attention dichotomique (écouter deux conversations) à l’instabilité visuelle et aux phénomènes de rivalité binoculaire (de type cube de Necker, etc.), à propos desquels sont apportés force détails sur leurs variations diverses.

Pour prendre la mesure de tels phénomènes, il faut en effet prendre en compte leur dynamique temporelle. Le passage d’une position à l’autre implique une phase de transition qui peut être décrite en tant que telle. Dans un tel contexte, la profondeur tridimensionnelle de l’image est activement produite par le sujet (c’est plus largement le cas pour notre rapport courant à la profondeur tridimensionnelle, qui est exercé et maintenu par nos habitus kinesthésico-hylétiques et par nos focalisations perceptives), et cette production s’opère en fait sans rupture brutale. Au contraire, la forme hésite, « grésille ». La transition d’un attracteur à l’autre s’annonce comme un pressentiment, comme une imminence de la forme, une potentialité virtuelle de la formation. Ce processus est d’abord décelable par des protocoles en troisième personne (imagerie cérébrale, eye-tracking, etc.) mettant en évidence saccades et mouvements d’accompagnement oculaire, mais le sujet peut lui-même exercer son attention jusqu’à prendre conscience de la gestation de la forme.

Loin de se limiter à une division des objets sur lesquels se porte l’attention, l’auteure interroge alors la plasticité subjective correspondant à de tels investissements attentionnels, et aborde dans cette optique les « différents modes de différenciation, d’altération, de feuilletage » que l’attention génère au sein de la vie subjective (p. 346). Cette interrogation est illustrée par un retour sur les gestes fondamentaux de la phénoménologie, et sur la façon dont ceux-ci peuvent être inscrits au sein de dynamiques globales. Est reprise à nouveau la question de la réduction, d’abord par la mise en tension de l’épochè, béante sur l’abime de la réflexivité, et de la variation eidétique, qui ouvre, elle, sur le vertige des possibles. Dans ce même fil argumentatif, les trois chemins explorés par Husserl pour thématiser la réduction (selon la nomenclature d’Iso Kern [4]) sont, chacun leur tour, analysés. Contre l’interprétation classique, le chemin dit cartésien est peu développé au profit de la voie appelée psychologique (laquelle vise pour l’auteure à cultiver une tournure d’esprit), et surtout de celle du monde de la vie. Celle-ci outrepasse en effet la réduction vers ce qui au sein de la vie immanente de l’ego est partagé, hérité, sur l’inscription, donc à la dimension interactive et transindividuelle de l’attention qui est originellement partagée.

De cette réflexion émerge une figure originale et pratique du sujet phénoménologique divisé finkéen, pour laquelle l’auteure invoque à nouveau la dimension transcendantale de l’attention. Celle-ci « ne se limite pas à une seule forme d’activité mentale concentrée, mais renvoie à une expérience plus complexe, différenciée, enracinée dans des attitudes corporelles  » (p. 345). De la sorte, cette transcendantalité implique une double prise en compte de l’intersubjectivité au sein de laquelle s’insèrent les pratiques phénoménologiques et de la spécificité de l’objet « attention » qui, comme cela a été plusieurs fois souligné, implique une co-participation de l’objet et de la méthode. Les traits d’un langage non plus seulement propre à la communication de l’attention, mais à son insertion au sein d’un processus collectif et systématique, sont lors précisés au fil d’une discussion précise de la méthodologie de l’entretien d’explicitation développée par P. Vermersch et C. Petitmengin. Un langage de la première personne, explique l’auteure, n’est pas un simple langage en première personne, exprimant des points de vue en première personne, ni un langage décrivant la première personne. Il faut distinguer le langage à la première personne, le langage en première personne, et le langage première personne que l’auteure préconise, et qui prend paradoxalement la forme d’une écriture apte à assumer et retranscrire les hésitations, la prudence, la progressivité d’une telle explicitation de soi de l’attention.

Attention conjointe intersubjective et vigilance éthique relationnelle en deuxième personne

De l’ouverture inchoative de l’attention à son amplification au sein de ses partages, l’auteure passe enfin à l’explicitation de la dimension éthique spécifique d’une pensée de l’attention

Le phénomène de l’attention conjointe décrit une co-individuation de sujets qui ne portent pas seulement leur attention sur un objet qui tirerait de ce consensus intersubjectif son caractère objectif, mais qui sont également attentifs les uns aux autres et à la façon, chaque fois différente, dont chacun perçoit et expérimente l’objet. La discussion féconde ainsi la zone de tension de « l’entre ». L’auteure met ici l’accent sur l’importance de penser ce qu’elle appelle la relation aux secondes personnes, en particulier au sein de la pratique de recherche phénoménologique et psychologique. L’échange est en effet la phénoménologie même se faisant. Il est le site de sa propre attestation. Il s’opère entre des individus situés, car c’est de l’intérieur de cette situation d’interlocution située qu’il faut entendre la pratique phénoménologique. Les vécus partagés n’y sont pas des comptes rendus anonymes, mais des expériences relatées, comprises par d’autres, la compréhension étant cela même qui atteste de l’objectivité spécifique des comptes rendus, leur performativité comme objectivité. C’est parce qu’ils portent sur quelque chose sur quoi on peut s’entendre, donc discuter, donc se rencontrer, qu’ils se déploient bien selon une systématicité qui peut revendiquer la scientificité.

Dans la continuité de cette mise en place d’une science pratique (dont la scientificité est liée au caractère pratique [5]), est mise en avant la dimension d’une ouverture qui aggrave la profondeur de l’immanence en éthique (p. 449). Cette éthique procède certes d’une verticalité – elle ne relève plus de l’approfondissement cognitif ou esthétique de l’horizontalité. Mais cette verticalité est celle du nœud des cristallisations et des attentions : de la multiplicité des ombilics par lesquels je suis relié et retenu par le monde et par les autres. Il s’agit bien là d’une éthique radicale, mais dont la réquisition prend une forme moins tranchante et inquisitrice que celle de l’effraction et de la saturation. Que nous soyons tenus en nous-mêmes à prendre garde aux autres qui nous appellent et nous habitent ne fait pas de leur invitation un tribunal exigeant une remise immédiate – l’impossibilité de nous abstraire de la sphère d’inter-possessions et de rencontres en laquelle nous déployons notre attention ne signifie pas que nous y soyons sans cesse assignés par une structure levinassienne d’arrachement. Une pensée de la pratique thérapeutique, dans ce qu’elle est à déployer d’attention – au double sens de disponibilité et de souci – vient alors illustrer la forme d’interrelation ainsi thématisée.

En fin de compte, l’immanence pratique n’est pas le dernier mot de la méthode attentionnelle : irréductible à l’horizontalité perceptive et à la circularité réflexive, elle exige une auto-transcendance. Cette dynamique d’échappement oriente le sujet vers la verticalité qu’il contient en lui-même, visible de façon concrète dans sa capacité incessante à se déporter hors de lui-même pour se donner du champ et du recul sur ce qu’il est et fait sans pour autant sortir de lui-même jusqu’à s’observer (fiction) de l’extérieur de lui-même. (p. 401)

On conclura en saluant la parution d’un aussi bel ouvrage, qui prouve en effet qu’un usage contemporain de la phénoménologie est bel et bien possible, qu’une phénoménologie peut déployer une approche originale et des résultats concrets. La perspective phénoménologique n’est pas vouée à choisir entre doxographie, hyperbole radicale et vertige réflexif. En assumant les gestes exercées par ces trois axes, elle peut faire preuve de fécondité et de créativité sans se laisser écraser par le poids de son onomastique, mettre en place une terminologie féconde tout en maintenant un dialogue serré avec des disciplines voisines, empiriques ou scientifiques.

Notes

[1] En particulier Transcendance et Incarnation, Paris, Vrin, 1995, ou Écrire en phénoménologue, Paris, Encre marine, 1999.

[2] Cf. par exemple L. Naccache, Le nouvel inconscient : Freud, Christophe Colomb des neurosciences, Paris, Éditions Odile Jacob,‎ 2006.

[3] Perspective à laquelle nous souscrivons également pour notre part, comme nous l’avons exposé dans notre article « Le transcendantal comme réflexivité agie », Annales de phénoménologie, n°13/2014.

[4] Cf. Iso Kern, « Les trois voies de la réduction phénoménologique transcendantale dans la philosophie de Edmund Husserl », traduit de l’allemand par Philippe Cabestan et Natalie Depraz, dans Alter n°11/2003, « La réduction ».

[5] On pourra à ce sujet, avec M. Bitbol, poser la question de savoir s’il en va fondamentalement autrement dans les autres sciences. Cf. à ce sujet La conscience a-t-elle une origine, Paris, Flammarion, 2014, et notre recension de cet ouvrage :

ISSN 2105-0864 - Copyright © 2009-2015 Implications philosophiques - Source : http://www.implications-philosophiques.org/recensions/recension-la-conscience-a-t-elle-une-origine/.

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17.
Introduction à la Psychologie sociale selon Wikipédia

La psychologie sociale est l’étude scientifique de la façon dont les pensées, les sentiments et les comportements des gens sont influencés par la présence réelle, imaginaire ou implicite des autres1. Dans cette définition « scientifique » se réfère à la méthode empirique de l’enquête. Les termes de pensées, de sentiments et de comportements comprennent toutes les variables psychologiques qui sont mesurables chez un être humain.

L’affirmation selon laquelle la présence d’autrui peut-être imaginée ou implicite suggère que nous sommes enclins à l’influence sociale, même lorsque nous sommes seuls, comme lorsqu’on regarde la télévision ou par l’intermédiaire de normes culturelles intériorisées. Les psychologues sociaux expliquent généralement les comportements humains par l’interaction entre les états mentaux et les situations sociales immédiates. En général, les psychologues sociaux ont une préférence pour les résultats empiriques de laboratoire. Les théories de psychologie sociale ont tendance à être spécifiques et ciblées, plutôt que globales et générales.

Les psychologues sociaux (Kurt Lewin, Harold J. Leavitt, Jean Maisonneuve, Serge Moscovici, etc. ) traitent donc les facteurs qui nous amènent à nous comporter d’une manière donnée en fonction d’autrui, et d’examiner les conditions dans lesquelles certains comportements, actions ou émotions se produisent.

La psychologie sociale s’intéresse à la manière dont les émotions, les pensées, les croyances, les intentions et les buts sont construits et comment ces facteurs psychologiques, à leur tour, influencent nos interactions avec les autres.

La psychologie sociale est un domaine interdisciplinaire qui comble le fossé entre la psychologie et la sociologie. Pendant les années qui suivirent immédiatement la Seconde Guerre mondiale, la collaboration entre psychologues et sociologues était fréquente dans le milieu anglo-saxon. Toutefois, les deux disciplines sont devenues de plus en plus spécialisées et isolées les unes des autres au cours des dernières années, avec des sociologues mettant l’accent sur les « variables macroéconomiques » (comme la structure sociale) à des mesures encore plus grandes. Les approches sociologiques de la psychologie sociale permettent de compléter les recherches en psychologie dans ce domaine.

La psychologie sociale s’est également développée sur une opposition entre psychologues sociaux américains et européens. De façon générale, les chercheurs américains se sont davantage penchés sur les phénomènes ayant trait à l’individu, alors que les Européens ont accordé plus d’attention aux phénomènes de groupe. (voir Dynamique de groupe, Psychologie des foules)2.

Encore mal connue et peu enseignée dans les universités françaises, elle se trouve pourtant à la base d’un grand nombre d’applications (psychologie sociale appliquée), de techniques et de pratiques professionnelles3 : gestion de groupes et d’équipes, sondages, groupes de formation et de créativité, brainstorming, publicité.

Article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie_sociale

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18.
Dix valeurs fondamentales selon un modèle de psychologie sociale Document Psychomédia. Publié le 12 janvier 2015 au Canada Flagge Kanada Québec

http://www.psychomedia.qc.ca/image/...

Mise à jour : 19 valeurs universelles (plutôt que 10) selon la théorie de Schwartz révisée.

Le chercheur en psychologie sociale Shalom H. Schwartz et ses collègues ont identifié 10 valeurs fondamentales, qui permettraient de classifier toutes les autres et seraient présentes dans toutes les cultures.

Les valeurs sont des croyances liées aux affects qui, à travers une diversité de contextes, motivent l’action et guident l’évaluation des actions des autres, des politiques, des personnes et des événements.

Par exemple, une personne pour qui l’indépendance est une valeur importante est alertée si son indépendance est menacée, malheureuse quand elle ne parvient pas à la préserver, et heureuse quand elle peut l’exercer.

Ce qui différencie les valeurs est le type de motivation qu’elles expriment. Schwartz et ses collègues ont identifié, en menant des études dans quelque 70 pays présentant un large éventail de cultures, 10 catégorie de valeurs fondamentales (ou motivations) qui seraient universelles et permettraient de classifier virtuellement toutes les valeurs spécifiques (Schwartz identifie 57 valeurs spécifiques).

Voici la liste de ces 10 valeurs fondamentales : (une autre façon d’en prendre connaissance est de passer le test ’Questionnaire des valeurs par portraits’ de Schwartz et ses collègues.)

  • Autonomie (ou autodétermination) Motivation : indépendance de la pensée et de l’action, choisir, créer, explorer. Valeurs : créativité, liberté, indépendance, curiosité, choisir ses propres buts.
  • Stimulation Objectif : enthousiasme, nouveauté et défis à relever dans la vie. Valeurs : vie audacieuse, variée et passionnante.
  • Hédonisme Objectif : plaisir ou gratification sensuelle personnelle. Valeurs : plaisir, profiter de la vie.
  • Réussite (ou accomplissement) Objectif : succès personnel obtenu grâce à la manifestation de compétences socialement reconnues. Valeurs : ambition, orientation vers le succès, compétence, influence.
  • Pouvoir Objectif : statut social prestigieux, contrôle des ressources et domination des personnes. Valeurs : autorité, leadership, dominance
  • Sécurité Objectif : sûreté, harmonie et stabilité de la société, des relations entre groupes et entre individus, et de soi-même. Valeurs : propreté, sécurité de la famille, sécurité nationale, stabilité de l’ordre social, réciprocité des faveurs, santé, sentiment d’appartenance.
  • Conformité Objectif : modération des actions, des goûts, des préférences et des impulsions susceptibles de déstabiliser ou de blesser les autres, ou encore de transgresser les attentes ou les normes sociales. Valeurs : autodiscipline, obéissance.
  • Tradition Objectif : respect, engagement et acceptation des coutumes et des idées soutenues par la culture ou la religion auxquelles on se rattache. Valeurs : humilité, dévotion, respect de la tradition, modération.
  • Bienveillance Objectif : la préservation et l’amélioration du bien-être des personnes avec lesquelles on se trouve fréquemment en contact. Valeurs : serviabilité, honnêteté, pardon, loyauté, responsabilité, amitié.
  • Universalisme Objectif : compréhension, estime, tolérance et protection du bien-être de tous et de la nature. Valeurs : ouverture d’esprit, sagesse, justice sociale, égalité, paix dans le monde, monde de beauté, unité avec la nature, protection de l’environnement, harmonie intérieure.
    Bien qu’il s’agisse d’une valeur importante, le bonheur ne figure pas dans cette liste parce que chaque personne y parvient par des voies différentes en atteignant une valeur importante pour elle.

Compatibilité et conflits entre les valeurs

Ce modèle des valeurs est représenté par une structure circulaire : plus les valeurs sont rapprochées, plus elles partagent des motivations communes et sont compatibles. Plus elles sont éloignées, plus elles peuvent entrer en conflits.

Deux grandes dimensions résument ces relations d’antagonisme et de compatibilité :

  • l’ouverture au changement (autonomie, stimulation, hédonisme) s’oppose à la continuité (conformité, tradition) ;
  • le dépassement de soi (bienveillance, universalisme) s’oppose à l’affirmation de soi (pouvoir, réussite).
    Hiérarchies des valeurs

Alors qu’il y a beaucoup de variations interindividuelles dans l’importance attribuée à ces 10 valeurs, lorsque l’on se place au niveau des moyennes dans différentes sociétés, des similitudes sont constatées dans les hiérarchies des
valeurs.

  • 1, 2, 3 : bienveillance, universalisme et autonomie arrivent en tête ;
  • 4 : sécurité
  • 5 ou 6 : conformité, tradition
  • 7 : hédonisme
  • 6, 7 ou 8 : réussite
  • 9, 10 : pouvoir et stimulation arrivent en dernier.
    Ce consensus découle probablement, selon le modèle, de ce qui est commun à la nature humaine ainsi que du fait que les valeurs contribuent à assurer le maintien des sociétés.

Notons que les politiciens, dépendant du segment de population duquel ils souhaitent obtenir le support, savent évoquer les valeurs qui le rejoindront.

TEST : Quelle hiérarchie de valeurs vous motive et guide votre jugement ?

Psychomédia Tous droits réservés - Soumettre un commentaire - Source : http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie/2015-01-12/10-valeurs-schwartz

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19.
Au nom de quoi agir sur autrui ? Par Michel Autès[*] Document CAIRN

Raccourcis RésuméPlan de l’articlePour citer cet article

Nouvelle revue de psychosociologie 2008/2 (n° 6) Pages : 344 - ISBN : 9782749209463 - DOI : 10.3917/nrp.006.0011 - Éditeur : ERES - À propos de cette revue- Site internet

Résumé en français

L’article se propose d’examiner les fondements politiques de la relation d’aide à la lumière de l’individualisme contemporain qui fait de l’injonction à l’autonomie un puissant modèle culturel. On reprend d’abord la question des secours publics à l’origine des formes modernes de l’État social qui font de la logique de la dette le principal fondement de l’aide à l’autrui malheureux. Néanmoins la définition de l’autrui qui doit être l’objet de la sollicitude publique pour mériter ses secours est toujours restée une difficulté que les sciences humaines et sociales ont largement contribué à construire. On pourrait appeler ces politiques de l’État social des politiques de bienveillance, dans la mesure où elles se fondent sur le lien de société pour justifier l’aide à autrui. L’hypothèse qu’on propose ici est que ce modèle tend à être subverti par un modèle compassionnel, où la fraternité disparaît au profit d’une approche purement « humanitaire ». On oppose ainsi deux politiques de la subjectivité.

C’est cette nouvelle conjoncture que l’article se propose ensuite de développer pour essayer d’en montrer les conséquences sur la pratique de la relation d’aide, en interrogeant les paradoxes de l’individualisme contemporain, individu solitaire, tout-puissant, mais fragilisé par l’affaiblissement des supports sociaux de son existence, et le risque permanent de l’échec personnel et de la solitude sociale.

On termine en interrogeant les conséquences de ces évolutions sur le travail social en montrant que la relation d’aide, au-delà de ses aspects techniques, est profondément concernée par les enjeux politiques de nos démocraties où la question de la subjectivité – être soi-même avec autrui pour former un collectif – est la forme même de la nouvelle question sociale. Soit ce qu’on appelle aussi une politique de la reconnaissance.

English abstract on Cairn International Edition

Plan de l’article

Texte reproduit ici – Repère 1

Au nom de quoi agir sur autrui ? Si l’on est en capacité de répondre à cette question, peut-être en saura-t-on un peu de ce qu’il en est de la relation d’aide. Le propos ne sera pas ici d’examiner les multiples registres qui permettent de répondre à ce qui, plus qu’une question, est une interrogation soit existentielle, soit politique. Existentielle : agir au nom d’un au-delà de la relation qui la fonde en vérité, dans un ailleurs, un Autre où celui qui agit et celui qui « est agi » – cela a-t-il un sens ? – sont considérés comme semblables. On pense, bien sûr, au rôle du religieux, mais aussi d’une forme d’humanisme laïc auquel les sciences humaines ont cherché – sans doute vainement – à donner des raisons ; des raisons d’agir. On ne poursuivra pas cette piste ici, quelle que soit sa richesse, et, sans aucun doute, le fait qu’elle perdure en silence sous l’autre fil qu’on va suivre, non pas celui de la vérité de la relation, de ce qui la fonde, mais de sa légitimité, ce qui la justifie.

2

Le propos qui sera exposé ici consiste à examiner les conditions historiques et politiques dans lesquelles interpréter la « relation d’aide ». Ce qu’on appelle non sans légèreté l’« individualisme contemporain » nous place aujourd’hui à une étape où l’individu fait à la fois l’expérience de sa toute-puissance et de son extrême fragilité éprouvée comme le risque permanent d’une solitude sociale.

3

C’est donc sous ce prisme, étroitement politique et conjoncturel, que se situe la discussion qui va suivre. Dans la dimension réduite d’un article, on ne saurait envisager ici ni la longue genèse historique et philosophique de l’individu contemporain ni celle des formes contemporaines de nos démocraties.

4

Il s’agit simplement d’ouvrir une discussion sur le devenir des politiques d’aide à autrui dans un contexte où l’injonction à être soi-même est devenue un puissant modèle culturel.

5

Au fond, il s’agit de regarder la relation d’aide comme quelque chose qui concerne la politique des subjectivités.

6

Deux mots sur ce qu’on entend comme politique des subjectivités, juste pour que cette expression ne demeure pas comme une énigme, sur laquelle on se propose justement de donner quelques interprétations. Une politique des subjectivités concerne tout ce qui contribue à faire d’un individu le membre d’un collectif. Pourquoi le dire ainsi puisque après tout le gentil concept de « socialisation » suffirait à la tâche.

7

Eh bien, parce que le contexte dans lequel nous sommes, celui d’une émancipation du sujet individuel de ses attaches sociales, impose d’en revenir à la question de ce qui fait lien, de ce qui fait « l’être ensemble » pour reprendre deux expressions devenues des thématiques obligées des discours sociopolitiques contemporains. Ces notions hasardeuses, métaphoriques, nous proposons de renoncer à leur usage pour les remplacer par celle de subjectivité, avec, au fond, une seule question : comment être soi-même sans autrui ? C’est ce qu’on appelle l’individualisme contemporain qui nous oblige à poser cette question. Ce faisant, nous disons qu’il y a une histoire des subjectivités, une construction politique de la subjectivité, et que si l’on renonce, comme il est d’usage aujourd’hui à la notion de société, la question de ce qui nous attache, ou, plus banalement, de ce qui nous fait coopérer les uns avec les autres, devient une question politique majeure  [1] « La subjectivité est un modèle typique de la modernité.....

8

C’est dans ce contexte que se poser la question de la relation d’aide, et de ce qu’elle y devient, est de nature à apporter quelque lumière.

9

On reviendra d’abord sur les sources politiques contemporaines de l’aide à autrui, soit la question des secours.

10

Ensuite il est nécessaire de s’attarder, même brièvement, pour savoir de quel autrui on parle dès qu’il s’agit de l’aider.

11

On proposera deux modèles de légitimité politique de l’aide à autrui, selon qu’elle emprunte à la société des semblables, ou qu’elle s’inscrit dans la logique pluraliste des sociétés hypermodernes. Ce sera l’hypothèse qui servira de fil rouge pour esquisser trois interprétations des aventures de la relation d’aide quand c’est justement le « faire société » devenu problématique qui la met en suspens.

12

D’abord, quels sont les paradoxes qui surgissent lorsque l’injonction à être soi-même devient le modèle culturel dominant ?

13

Deuxièmement, même en renonçant au confort conceptuel de « la société » qui entraîne à son tour le naufrage de la norme, force est de constater que, sinon le désir, au moins la nécessité de construire du « collectif » s’impose comme un horizon politique indispensable. « La politique s’occupe de former un tout » (Latour, 1999), définition certes minimaliste mais qui dit cependant l’essentiel.

14

En revenant pour finir au travail social, lieu de mise en action privilégié de la relation d’aide, on fera le bilan des conséquences sinon de la disparition, du moins de la mise en suspens du « au nom de quoi… ».

15

Ou de ce qu’il en reste quand le seul message, paradoxal, qui demeure est le « sois autonome ».

La question des secours

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Dans notre modernité démocratique, la légitimité de l’aide à autrui s’enracine dans « la question des secours ». Marcel Gauchet (1989) l’a magistralement rappelé dans son analyse de la genèse des droits de l’homme. En rappelant l’article 21 de l’acte constitutionnel du 24 juin 1793, la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen », il montre la force de l’énoncé politique tout en soulignant sa fragilité. « Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler. » Tout est dit dans cette formule, où on peut lire aussi bien la critique à venir de l’assistance que la naissance de l’insertion et du rmi deux siècles plus tard. Mais il faut en peser les mots car ils résonnent dans notre actualité. La dette est bien celle de la société envers ses membres. Qu’elle soit qualifiée de « sacrée » indique à quel point c’est l’existence même du lien entre les citoyens, de ce qui fait cohésion, qui est mis en exergue. C’est bien le citoyen qui est ici convoqué et non l’individu isolé. Quant au balancement entre « le travail » et les « moyens d’existence », il ouvre tout le débat qui suivra entre l’assurance et l’assistance, la protection sociale et l’aide sociale, qui seront les structures à venir de l’État social. Si la fraternité est absente de l’énoncé, elle en constitue en creux la raison dernière. Si son absence est remarquable à ce niveau, c’est qu’à partir de la logique de la dette et du don, s’ouvre un débat qui n’est pas clos sur la logique des devoirs et de la contrepartie. Mais ce qu’on voit clairement, et qui s’efface aujourd’hui, c’est que c’est l’appartenance à la Nation qui fonde et qui justifie les secours. C’est au nom de cette appartenance que les secours sont légitimes. Ce serait, bien sûr, un anachronisme de lire ici la genèse de la relation d’aide. Celle-ci est déjà un dévoiement au regard des principes politiques qui sont ici posés, car elle ne met pas l’appartenance à la même communauté politique au principe de la raison d’agir sur autrui. On y reviendra.

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Est-ce une logique du don qui se dégage ici ou une logique du donnant-donnant ?

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C’est sans doute mal poser l’alternative que de la formuler ainsi comme opposition. On sait, en effet, depuis Marcel Mauss (1966) que tout don appelle en retour un contre-don, et que les rapports sociaux sont tissés de ces obligations croisées. C’est donc plus la nature des contreparties, le caractère contraignant de l’obligation, voire sa formalisation contractuelle, qui vont faire la différence. Toute la critique de l’assistance républicaine s’est logée dans cette scansion entre une logique de la dette conçue tantôt comme une dette politique, tantôt comme une dette personnelle.

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Au nom de quoi aider autrui : au nom des imperfections de la justice sociale et de l’égalité entre les hommes qu’elle proclame, ou au nom des insuffisances et des inconséquences de l’individu ? On voit tout le confort intellectuel que prépare cette seconde version. Nous y baignons aujourd’hui, mais non sans le remords de n’avoir pas accompli les promesses fraternelles de la dette sacrée.

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On sait qu’après 1945 et la fondation de la Sécurité sociale universelle – bien qu’elle mette un demi-siècle à s’achever perfectiblement – l’assistance deviendra « l’aide sociale ». La sécurité sociale pour les travailleurs, l’aide sociale pour ceux qui sont dans « l’incapacité de travailler [2][2] Notion qui figure dans le préambule de la Constitution... ». C’est cette partition, déjà esquissée en 1793, qui va ouvrir un nouvel espace où la relation d’aide, cette fois au sens moderne, va se déployer. Bien sûr, « l’incapacité de travailler » est loin d’être son seul point d’appui. Mais le hors-travail est son champ privilégié, même si, avec le management participatif elle s’est ouvert des territoires au sein des relations de travail. Cette remarque relève d’un autre propos mais qui n’est pas sans rapport avec les interrogations qui existent aujourd’hui sur l’engagement subjectif au sein des espaces de travail (Dejours, 1998 ; De Bandt, Dejours, Dubar, 1995). Cet effacement des frontières fait partie du diagnostic contemporain. L’autrui qu’il faut – qu’on doit ? Qui mérite ? – aider doit d’abord faire l’objet d’une identification.

L’autre, qui n’a pas de nom

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Peut-être la question de qui faut-il aider précède-t-elle celle d’au nom de quoi cette aide est prodiguée. Au-delà de leur généralité, les énoncés politiques qu’on a rappelés ne manquaient pas de précision. Sans doute aujourd’hui, c’était le sens de nos dernières remarques, cet autrui s’est-il généralisé ?

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Mais ce qui domine les pratiques qu’inaugurent les démocraties d’aujourd’hui c’est une incroyable difficulté à nommer ceux qui légitimement relèvent des secours publics. Incroyable difficulté à la mesure de l’abondance pléthorique des définitions, des recherches, des investigations qui vont s’attacher à remplir cette absence de nom, ce creux dans l’appartenance sociale, cet impensé politique, ce trou dans le langage qui nous interdit de nous reconnaître. Éloignement social, inégalités pour tout dire, absence politique et déficit symbolique, se combinent ici.

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Autant dire que pour les sciences humaines et sociales, ce champ de ruines est tout fait pour leur bonheur. Interprétez, dites-nous la vérité, à nous qui avons failli, incapables de donner un sens et un corps aux promesses de la dette sacrée et à la citoyenneté qui fonde notre pacte social, qui avons renoncé, politiquement, à résoudre les inégalités. Ah ! Dites-nous qu’elles sont « naturelles », ou que le fonctionnement de la société peut en rendre compte. Ah ! Les beautés du déterminisme social. Dites-nous, enfin, combien les individus sont responsables de leurs échecs, à nous qui les avons rendus libres.

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Déterminisme social contre liberté individuelle : le débat penche tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Ce débat-là ne sera jamais clos, ses excès devraient nous rendre vigilants. Que les sciences humaines et sociales se soient engouffrées pour nommer, interpréter, donner les raisons de ces écarts entre les idéaux sociopolitiques de l’égalité et la réalité des inégalités, après tout, c’était leur rôle. Qu’elles l’aient fait dans un aveuglement certain quant aux usages politiques de leurs constructions, qu’elles soient aussi sensibles aux contextes idéologiques et politiques, appelle, sinon une contrition, du moins un commentaire, une vigilance qui doit être plus politique qu’épistémologique. Adoration du déterminisme social, liturgie des classes sociales à une époque, célébration de l’individu et de l’autonomie à une autre, certes le monde a changé, mais cette plasticité, cette docilité à l’air du temps est trop massive pour qu’on puisse en rendre compte entièrement par une prise en compte d’un réel social qui se serait entièrement retourné. L’individu a gagné en autonomie dans la société démocratique, les inégalités continuent cependant d’exister.

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Ce que l’on veut surtout souligner ici, pour revenir à l’objet propre de la relation d’aide et de la désignation d’autrui « en difficulté », c’est l’énorme production, l’effort intense, polémique, pour donner un nom à ceux qui doivent être aidés, aux raisons qui légitiment cette aide, qui lui donnent sa forme et son contenu. On ne rappellera pas tout ce chemin qui mène des asociaux aux exclus, en passant par les inadaptés, les handicapés, les pauvres (Autès, 2003), constructions dominées, incluses dans des jugements et des polémiques dont les conséquences politiques échappent à la raison scientifique : inné ou acquis, victimisation ou culpabilisation, déterminisme ou responsabilité, causalités génétiques ou environnementales, etc. La relation d’aide est davantage pensée, construite, mise en œuvre au regard de ces grandes options politico-philosophiques, qu’au travers des savoirs qui animent les polémiques scientifiques. Le « au nom de quoi » agir sur autrui est d’abord une prise de position politique sur l’existence de ceux qui n’ont pas de nom, qui ne se nomment pas eux-mêmes.

Bienveillance ou compassion

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C’est finalement la conception de la justice sociale qui permet de remonter d’un cran dans le discours sur le « au nom de quoi ». Là vont s’exprimer les ressorts non plus d’un savoir sur autrui, mais de l’action sur autrui. Ce sont bien sûr les contextes sociopolitiques, historiques, qui sont à l’œuvre, et non pas leur expression philosophique, pour expliquer des alternatives politiques de l’action. Deux grands schémas vont se confronter.

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Le premier est celui de la philosophie libérale et procédurale qu’exprime par exemple John Rawls (1987) qui met en avant la conception d’un individu autonome, responsable de ses choix et qui considère que la société ne doit corriger que les inégalités qui ne peuvent être imputées à la responsabilité individuelle. Le second, qui a déjà été évoqué plus haut, est celui des « secours ». C’est au nom de leur appartenance à un collectif que les « citoyens malheureux » sont les bénéficiaires des secours. Le second modèle s’exprime dans la philosophie communautarienne qui considère avant tout l’individu comme le participant, le membre d’une communauté politique (1999). La philosophie libérale fonctionne à la compassion, la philosophie communautarienne repose sur la bienveillance.

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La bienveillance accompagne l’essor de la modernité : égalité des droits, respect des personnes, importance de la « vie ordinaire » au regard de la morale. « Pour prendre ce qui est sans doute l’exemple le plus caractéristique de la culture moderne, plusieurs acceptent comme bien suprême (ou devrions-nous dire à cette étape, comme principe du juste) une notion de justice et/ou de bienveillance universelles selon laquelle il faut traiter tous les êtres humains avec un respect égal, indépendamment de leur race, de leur sexe, de leur culture, de leur religion » (Taylor, 1998).

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La philosophie libérale repose également sur cette conception de la dignité et de l’autonomie de l’individu. Mais celle-ci est mise au principe même de la justice sociale. Dans son explication des fondements de la justice, Rawls met l’indifférence au sort d’autrui comme principe du choix de ce qui est juste. L’individu qui délibère sur les principes de justice sous le « voile d’ignorance » – il ne sait pas quelle place il aura dans la société qui appliquera les principes qu’il choisit – est indifférent à autrui. Le « principe de différence » qui est au cœur de la conception rawlsienne résulte d’un raisonnement solitaire et égoïste. Seront considérées comme « justes » les inégalités dont l’existence améliore le sort des plus démunis. Si j’occupe la dernière place, autant qu’elle soit la meilleure possible. L’attention à autrui relève plus de la compassion que de la bienveillance.

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La bienveillance suppose que l’action envers l’autrui « malheureux » procède de notre commune appartenance à un collectif qui nous lie. De cette commune appartenance résulte que la responsabilité de chacun vis-à-vis du malheur d’autrui est, d’une façon ou d’une autre, engagée par ce malheur. De cette responsabilité engagée, partagée procède la nécessité de l’aide à autrui.

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La compassion intervient à partir de ce qui échappe à l’organisation de la société elle-même. Chacun est responsable de son sort dès lors qu’il dépend de ses choix d’individu libre et autonome. Seul le malheur anonyme, l’accident qui échappe à la volonté doit susciter l’aide, qui procède d’une commune humanité où chacun n’existe que comme un exemplaire de l’espèce humaine, et non, d’abord, comme le membre d’une communauté solidaire.

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Solidarisme et humanitarisme s’opposent ici comme deux registres de justification de l’aide. Le malheur d’autrui me concerne car, du fait de notre appartenance commune j’y ai, forcément, quelque part, quelque responsabilité. Ou bien il me concerne, car comme membre de l’espèce, le malheur qui le touche, parce qu’il est injuste, innommable, éveille ma compassion dans la mesure où son aveuglement pourrait me concerner un jour. Compassion : souffrir avec.

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La bienveillance a à voir avec la fraternité d’une collectivité de citoyens solidaires. La compassion concerne des individus indifférents à autrui jusqu’au point où le malheur qui les frappe ne peut être imputé à aucune responsabilité humaine.

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Ce ne sont pas tant deux conceptions d’autrui que deux conceptions du lien à autrui qui sont en jeu dans cette opposition. Deux conceptions, bien sûr, de la responsabilité, et aussi, deux équilibres entre droits et devoirs qui fonctionnent à l’inverse : devoir du collectif vers ses membres d’un côté, devoir de l’individu envers le collectif de l’autre. Les deux logiques portent un nom : l’assistance d’un côté, l’insertion de l’autre.

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Les sources de l’empathie ne sont évidemment pas les mêmes dans les deux situations. Agir sur autrui ne procède pas des mêmes raisons si c’est au nom de ce qui nous rassemble ou si c’est au nom de ce qui nous distingue et nous différencie.

Être soi-même sans autrui

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Comment se reconnaître, reconnaître autrui quand le modèle culturel de subjectivité dominant impose avant tout « d’être soi-même », de se distinguer, de cultiver ses talents, de revendiquer ses mérites ? Que devient la « société des semblables » dont Tocqueville célébrait à la fois les mérites : l’autonomie, la liberté, et stigmatisait les impasses : égalitarisme médiocrisant, apathie des volontés ? Comment être ensemble en cultivant ses différences : c’est le cœur de la question politique aujourd’hui, c’est même la nouvelle équation de la question sociale ; non seulement l’égalité des conditions – la redistribution mise en œuvre par l’État social, avec ses limites – mais aussi l’égalité dans la dignité et la reconnaissance (Honneth, 2006).

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Trois notions peuvent éclairer ce nouveau contexte sociopolitique pour mettre en lumière les métamorphoses de la relation d’aide : la dignité, qu’on vient d’évoquer, l’assistance et sa critique, qu’il faut interroger, et le pluralisme démocratique qui pose la question du commun, du bien commun faudrait-il dire, dans un contexte qui exalte la performance individuelle.

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La dignité, on l’a vu, c’est le principe fondateur de la modernité démocratique : la liberté et les droits de l’homme comme valeurs suprêmes, l’égalité des citoyens au fondement de la légitimité démocratique, la fraternité ou les aventures de la solidarité confrontée aux inégalités réelles.

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C’est au nom de cette dignité que se mène la critique de l’assistance (l’assistanat). En effet, celle-ci rend dépendant, elle crée la remarquable « mentalité d’assisté ». Cette critique est juste dès lors qu’elle s’adresse aux modalités de l’aide à « l’autrui malheureux ». Elle est excessive lorsqu’elle va jusqu’à inverser la logique de la dette.

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L’autrui à aider perd son statut d’alter ego dès lors qu’il devient un autrui à redresser, à corriger, à « réinsérer ». Le langage de l’exclusion le confirme : cet autrui n’appartient plus au collectif.

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Comment vouloir le bien d’autrui dès lors que la démocratie est avant tout la reconnaissance de la diversité des croyances, des conceptions de la vie bonne, le respect des cultures et des différences ? C’est le nerf de la démonstration de John Rawls : la justice est procédurale, elle ne se fonde pas sur une (une seule) conception du Bien, elle laisse à la liberté individuelle le choix des « doctrines compréhensives » du monde, du Bien, de la vie bonne.

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Dès lors, la relation d’aide ne peut être que la visée de cette (re)conquête de l’autonomie de l’individu… De quel individu ? Exclu ? Séparé ? Non autonome ? Non libre ? Inexorablement, on retombe sur l’aporie de l’autrui qui n’a pas de nom, pas de place, pas de reconnaissance. On voit ici le travail destructeur, subjectivement destructeur, de l’injonction paradoxale : « Soyez autonomes. » Ah bon ? Il y aurait donc des limites à l’autonomie des sujets ? L’anormalité, la folie, le crime, la délinquance, la déviance…, ces phénomènes sociaux normaux comme disait déjà Durkheim ? « Ces individus ne sont pas des sujets : il leur manque la capacité de se soumettre à une sphère supra-individuelle, valable pour tous, à une loi commune limitant les moi individuels selon les règles d’une normativité auto-fondée » (Dupuy, 1992).

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Comme le souligne Jean-Pierre Dupuy, même « auto-fondée », la normativité reste la limite de l’autonomie. Si ce sont les institutions démocratiques qui ont construit l’individu libre revendiquant son autonomie, si celui-ci est le résultat d’une socialisation protectrice : l’école, le droit du travail, la protection sociale, l’aide sociale…, le risque est aujourd’hui de voir cette nouvelle figure historique de la subjectivité libérée de ses attaches, rejeter les institutions politiques qui l’ont rendu libre. « Reste qu’à la base de ce nouveau culte de la diversité, il y a une puissante communauté de vues, non moins inédite, sur ce qui la légitime. Toutes ces planètes errantes et bigarrées s’inscrivent à l’intérieur d’une orbite consensuelle ; elles gravitent autour d’un soleil indiscuté. Jamais tolérance aussi enthousiaste pour l’hérésie et sa multiplicité ne s’est enlevée sur fond d’une orthodoxie aussi compacte » (Gauchet, 2002). Voilà le soleil noir de l’individualisme hypermoderne. Faute d’ignorer ce qui le « détermine », ce qui s’impose à lui de sa condition humaine et politique, l’individu se croit libre. Il aspire à un collectif dont il ne cesse de vouloir se détacher.

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Faisant l’expérience inédite d’une subjectivité qui impose qu’on doive être soi-même sans les autres, cet individu hypermoderne côtoie en même temps l’épreuve d’une « fatigue » (Ehrenberg, 1998), d’une solitude, d’une absence de reconnaissance par autrui qui est comme une mort sociale : l’exclusion.

Appartenance ou solitude

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Une politique des subjectivités, c’est une politique de la reconnaissance (Frazer, 2005). Aux politiques de redistribution se superposent des politiques de reconnaissance. Dans un contexte où la réussite de soi, la responsabilité, le « culte de la personnalité », le « développement personnel » sont devenus les signes de la réussite sociale, la reconnaissance, comme l’ont souligné Axel Honneth ou Pierre Bourdieu, est ce qui donne des « raisons d’être », de la « considération », de « l’importance sociale » ou, tout simplement, des « raisons de vivre » (Bourdieu, 1993, 1997).

46

Il faudrait mettre en parallèle ici deux thèses qui se répandent, celle du « déclin de l’institution », telle que François Dubet a pu l’analyser (Dubet, 2002 ; Ion, 2005), et la montée en puissance de la notion de « souffrance sociale » pour expliquer les désarrois de l’individu contemporain. Ces deux thèses expriment chacune à leur façon les caractéristiques de la subjectivité contemporaine.

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Le déclin de l’institution décrit l’affaiblissement de la normativité dans une société pluraliste. Comment enseigner, comment former, soigner, accompagner, aider dans un contexte où tous ces métiers de la relation à autrui se trouvent confrontés à une pluralité de normes avec lesquelles il faut sans cesse être en négociation ? La thèse est juste. L’anomie durkheimienne avait déjà pointé l’incertitude qui naît de l’absence ou de la confusion des repères normatifs. Le diagnostic devait se poursuivre par l’analyse du déclin des corps intermédiaires, déjà initiée par Tocqueville au milieu du xixe siècle, et reprise avec force par Pierre Rosanvallon (2006). Les sociétés de confiance qu’on célèbre aujourd’hui n’existent que sur le fond d’une reconnaissance mutuelle. Or celle-ci n’est pas donnée d’emblée, et s’étalonne sur son propre registre de hiérarchies et d’inégalités, tout comme les inégalités économiques et culturelles de la société industrielle se distribuaient sur l’échelle des inégalités socio-économiques. Il n’y a donc pas un âge d’or de la reconnaissance, tout comme il n’y a jamais eu un âge d’or où les normes s’imposaient toutes seules, étaient reconnues par tous. C’est toujours le conflit qui est au cœur de la construction des collectifs, jamais le consensus.

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Mais la reconnaissance au sein des « sociétés de confiance » s’adresse directement à la singularité des sujets, c’est leur subjectivité qui est mise en jeu, comme elle l’est au sein des relations de travail dans la logique des compétences. La performance est liée à la qualité des individus plus qu’au système technique, à leur capacité d’être en relation plus qu’à leur habileté d’Homo faber.

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La souffrance sociale, ou souffrance psychique, va naître dans le creuset de cette mobilisation de la subjectivité dans les rapports sociaux de reconnaissance. La question sociale se reformule dans les termes de la reconnaissance. C’est du reste ce que l’on voit dans les métiers de la relation : revendications des infirmières, des enseignants, des travailleurs sociaux. Ils veulent être reconnus. Que la valeur de leur métier soit reconnue.

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Que se passe-t-il quand les aidants sont eux-mêmes en souffrance, en déficit de reconnaissance ? Fragilisation des repères normatifs, fragilisation conjointe des individus : telle est l’équation inattendue qui surgit du déclin de l’institution et de l’essor de l’individu autonome.

Travail social : le temps des dispositifs

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Nous voudrions donner maintenant une petite respiration au lecteur essoufflé parvenu jusqu’ici.

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Il est question de la relation d’aide et de ses transformations dans un contexte social et politique qui a changé depuis le dernier tiers du xxe siècle. Ce changement se situe dans ce qu’on appelle, non sans approximation, la montée de l’individualisme contemporain, la société des individus. En pointant ce changement il n’a jamais été question de stigmatiser les gains, à la fois politiques et subjectifs, que représente tout ce qu’a permis l’avancée démocratique : gain de liberté, d’autonomie, d’indépendance par rapport aux appartenances sociales, aux diverses dépendances de la classe ou du statut. Tous gains qui doivent être préservés au nom des idéaux démocratiques – et des institutions – qui les ont permis. Mais il faut mettre en face de ces gains les coûts qu’ils engendrent et le prix à payer pour leur conservation. C’est l’équilibre de ces gains et de ces coûts que nous appelons la subjectivité, soit ce qui fait de « l’individu » toujours un arrangement entre une singularité et un collectif, ou un bricolage entre cette singularité et une identité. Arrangements et bricolages qui sont des processus politiques. C’est pourquoi il y a une histoire des subjectivités, des formes de la subjectivité.

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N’étant pas – ce dont on s’est rendu compte – un spécialiste de la relation d’aide – j’ai voulu éclairer ici ce qui dans le contexte où elle se déroule a pu en modifier les conditions d’exercice, voire les finalités, laissant aux praticiens le soin d’évaluer la pertinence de cet éclairage.

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Chemin faisant, il a été rappelé qu’une vigilance était nécessaire afin de ne pas confondre les changements du regard et les changements de la réalité, et qu’il y avait dans les disciplines des sciences humaines et sociales une sorte de complaisance à « l’air du temps » face à laquelle « la science », si nous y prétendons, devrait nous protéger, ou, sinon, l’histoire des sciences nous rendre modestes.

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En déplaçant, pour finir, le regard vers le travail social, un des domaines privilégiés de mise en action de la relation d’aide, quelques effets visibles de ses transformations peuvent être mis en évidence. Le travail social est soumis à partir des années 1980 à la logique des « dispositifs ».

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Ces dispositifs : politiques de la ville, missions locales, zones d’éducation prioritaire, commissions locales d’insertion… prennent place dans des politiques conçues avant tout comme des politiques de transition censées ramener à des situations stables : apaiser les banlieues, réduire le chômage de masse, pacifier l’école… Leurs objets sont des problématiques sociales, leurs moyens des outils individuels : le contrat, la formation, l’accompagnement… C’est le temps de la transition, de l’intermédiaire. On agit sur le territoire. Le développement social et l’économique comme ambitions, l’action sur les individus comme mise en œuvre : autrui est agi, mis en action, remobilisé. On se demandait au début de ce propos si « l’autrui qui est agi » avait un sens, désormais on peut répondre positivement. Ces dispositifs ont leur liturgie, leurs métaphores : le lien social, le « maillage » du territoire, « l’insertion par l’économique ». Il n’est plus question d’inculquer des normes mais de créer de la norme : illusion ? aveuglement ? organisation de l’impuissance ? ou, tout simplement, gestation silencieuse sous le tapage des mots creux, de nouveaux compromis politiques post-État social et des formes de subjectivité, de rapport au collectif, qu’elles engendrent ? Cette « mutation » s’est accompagnée d’une critique du travail social traditionnel, notamment de ses métiers, devant la nécessité d’inventer de nouvelles modalités de l’action sociale (Chopart, 2000). Globalement, cette injonction est incluse dans la critique de « l’assistance », reprise en chœur à droite – ce qui est de tradition – et à gauche – ce qui est plus neuf. Critique de la « relation pédagogique », au nom du « déclin de l’institution », au profit d’une « intervention sociale » censée donner enfin aux individus en difficulté (ceux qu’on peine toujours à nommer) les moyens de leur autonomie. Le social devient un service comme un autre, une prestation, au risque, comme le signale Jacques Ion, de faire apparaître que « l’intervenant […] n’a en fait pas grand-chose à proposer ; rien que sa personne en bien des cas » et que « la subjectivité devient matière première de ce qui s’appelle encore le travail social » (Ion, 1998).

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Dans ce face-à-face relationnel, on pourrait penser que la relation d’aide trouvât mieux que jamais ses lettres de noblesse. Aider autrui dans une pure relation humaine sans objet médiateur, sans les encombrants secours. Au lieu de cela ce fut plutôt une déception, une morosité, comme une perte d’efficience.

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Pourquoi ? Parce que apparaît alors dans sa nudité originelle cette évidence qu’on ne peut pas aider autrui sans un tiers, c’est-à-dire sans un collectif auquel se rattachent les raisons de cette aide, sa légitimité, et, donc, son éventuelle efficacité.

59

À l’occasion de ce lent basculement, le passage de la dette sociale à la dette de l’individu – l’insertion pour lui donner son nom –, des auteurs malicieux ont fait remarquer que ceux-là mêmes qui dans les années 1970 reprochaient aux travailleurs sociaux de vouloir rendre à tout prix les oisifs travailleurs et productifs leur faisaient dans les années 1980, sans remords, le reproche de ne pas parvenir à les insérer dans le travail. Les politiques sociales ont depuis résolu ce problème, on peut aujourd’hui rester pauvre et digne, être pauvre en travaillant, exit enfin « l’assistance ».

60

Cette nouvelle action sociale, cette intervention sociale qui prétend agir sur le collectif tout en se privant des moyens de l’action collective, dessine peut-être un avenir inédit pour le travail social et la relation d’aide. Une relation d’aide qui serait le fer de lance d’une politique de reconnaissance. On en a juste tracé ici la possibilité.

61

Il n’y a nulle nostalgie à avoir d’un temps où les métiers de la relation pouvaient s’exercer calmement, ignorants de la domination qu’ils mettaient en œuvre au nom de l’émancipation qu’ils prônaient. Ces temps n’ont jamais existé.

62

Par contre, le temps qui est le nôtre est le temps des possibles. Le travail politique d’autonomisation des individus a été accompli par les institutions de la démocratie.

63

Pour que le temps de la libération des individus de leurs appartenances obligées ne dégénère pas dans le chaos des catastrophes subjectives, il reste à construire les attaches aux collectifs qui permettent d’être soi avec autrui. La formule des philosophes communautariens est la plus juste : la vraie liberté, c’est la capacité de choisir ses liens.

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    Notes

[*]

Michel Autès, clerse-cnrs, université de Lille I, m. autes@ nordpasdecalais. fr

[1]

« La subjectivité est un modèle typique de la modernité. Elle est, pour être tout à fait exact, le résultat spécifique de la sortie de la religion. » M. Gauchet, La condition historique, Paris, Stock, 2003, p. 197.

[2]

Notion qui figure dans le préambule de la Constitution de 1946, évoqué dans celui de la Constitution de 1958, et repris dans le préambule de la loi de 1988 sur le rmi.

Mots-clés : politiques sociales action sociale travail social individualisme subjectivité relation d’aide

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Pour citer cet article : Autès Michel, « Au nom de quoi agir sur autrui ? », Nouvelle revue de psychosociologie, 2/2008 (n° 6), p. 11-25.

URL : http://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-de-psychosociologie-2008-2-page-11.htm - DOI : 10.3917/nrp.006.0011 - Source : https://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-de-psychosociologie-2008-2-page-11.htm

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20.
L’altruisme d’après une introduction de Wikipédia

Le mot altruisme et l’adjectif altruiste s’appliquent aujourd’hui à un comportement animal et humain caractérisé par des actes a priori désintéressés, ne procurant pas d’avantages apparents et immédiats à l’individu qui les exécute mais qui sont bénéfiques à d’autres individus et peuvent favoriser surtout à long terme un vivre-ensemble et une reconnaissance mutuelle au sein du groupe où il est présent.

En Occident, ils peuvent caractériser une valeur culturelle et sociale - parfois à contre-sens de la culture et de la société dominante : un acte héroïque comme le sauvetage d’une vie humaine ou d’un être vivant parfois au péril de la propre vie du sauveteur bénévole, une succession d’actes ou de services quotidiens sans rien attendre en retour, une manifestation d’un amour désintéressé envers un autrui inconnu. Ce type d’acte est qualifié parfois de philanthropique, c’est-à-dire exprimant le souhait qu’autrui trouve ce qui peut lui être inaccessible, accessoirement un bonheur, matérialisé ou instrumentalisé grâce à des fondations ou des institutions. Le terme altruisme peut être considéré comme antinomique d’égoïsme.

Ce terme est parfois dévoyé vers le sens d’empathie ou réduit le plus souvent à la simple générosité du donateur, mais l’altruisme est d’abord une générosité libre et gratuite, libérée des contraintes, des ordres et des hiérarchies sociales au point de s’afficher contre l’ordre dominant d’essence politique et/ou religieuse, que ce dernier soit corrompu ou que ses valeurs fondatrices soient diluées et évanescentes au sein d’institutions plus ou moins bureaucratisées ou arriérées. Dans ce cas réducteur, il peut-être décrit par l’éthique de réciprocité, qui n’est parfois qu’une copie philosophique équivoque ou essentialiste du don/contredon spécifique de nombreuses sociétés traditionnelles.

L’altruisme et la générosité du cœur n’ont aucune dimension universelle. Il n’en demeure pas moins que le regard sur l’altruisme tend à s’universaliser avec la progression du modèle de la société urbaine et occidentalisée… »

Note de Wikipédia : Cet article est incomplet dans son développement ou dans l’expression des concepts et des idées. (avril 2013). Son contenu est donc à considérer avec précaution. Améliorez l’article ou discutez-en.Cet article concerne la générosité au sens d’altruisme. Pour les autres sens de « générosité », voir Générosité.

Article complet sur le site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Altruisme

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21.
Définition de l’altruisme d’après Pierre Tourev site ‘La Toupie’

Etymologie : mot créé par Auguste Comte (1798-1857) à partir d’autrui, venant du latin alter, autre, avec le suffixe -isme, servant à former des mots correspondant à une attitude, un comportement, une doctrine, un dogme, une idéologie ou une théorie.

L’altruisme est une disposition de caractère qui conduit à s’intéresser, à se dévouer, à se consacrer et à vouloir faire le bien aux autres, à les aider, à faire preuve de générosité envers eux, sans rien attendre en retour.
L’altruisme est un sentiment désintéressé d’amour pour autrui qui peut être instinctif ou réfléchi. Il s’oppose à l’égoïsme.

En philosophie, l’altruisme est le principe du comportement qui fait du bien des autres la finalité ultime de toute action morale. Le mot ’altruisme’ est employé pour la première fois en 1854 par Auguste Comte dans le ’Catéchisme positiviste’. Attitude d’attachement, de bonté, voire de vénération envers les autres, l’altruisme est au centre de la morale positiviste.

Sans que le terme soit employé, des formes d’altruisme sont prônées dans la plupart des morales religieuses (bouddhisme, christianisme, islam, etc.).

Termes synonymes ou voisins : amour, bienveillance, bonté, charité, désintéressement, générosité, philanthropie.

>>> Terme connexe : Compassion

>>> Terme connexe : Empathie

>>> Terme connexe : Humanité

>>> Terme connexe : Solidarité

>>> Bibliographie : L’avenir de la gauche. Esprit n°27 (Ouvrage collectif, Editions Revue esprit, 2016)

>>> Bibliographie : L’économie du care. (Emmanuel Petit, Editions PUF, Paris, 2013)

>>> Bibliographie : La Bonté humaine :

Source : http://www.toupie.org/Dictionnaire/Altruisme.htm

A propos de ‘La Toupie’ : « Alarme, citoyens ! Formez vos convictions ! »

Qui sommes-nous ? PrésentationPar Pierre Tourev

L’équipe de toupie.org est constituée de ... une seule personne qui n’appartient à aucune association, organisation ou parti politique et qui, en toute indépendance, ne ’roule’ pour aucun d’entre eux. Né au milieu des années 1950, de formation scientifique et cadre supérieur en contrôle de gestion, je ne me suis vraiment intéressé à la politique que depuis novembre 2005. C’est en effet à cette date-là que j’ai décidé de mettre une expérience acquise dans la réalisation de deux autres sites Internet au service de tous ceux qui souhaitent aller vers un ’autre monde’ et pouvoir penser librement.

’La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n’est aux faits eux-mêmes ; parce que, pour elle se soumettre, ce serait cesser d’exister.’ Henri Poincaré - 1854-1912 - Fêtes du LXXVe anniversaire, 21 novembre 1909. Source : http://www.toupie.org/Divers/Qui_sommes_nous.htm

« Nous vivons une crise économique profonde et socialement douloureuse, qui a toutes les chances d’être longue. Nous vivons dans une société inéquitable et injuste, où les riches sont de plus en plus riches, où les pauvres sont toujours plus pauvres et plus nombreux. Nous vivons dans une société engagée dans une course effrénée à la consommation et à la création de nouveaux besoins, avec les frustrations que cela engendre. Nous vivons dans une société qui maltraite son environnement au point d’en rendre malade notre planète. Nous vivons dans un système politique centré sur le court-terme et dont se désintéressent de plus en plus les citoyens ».

« ‘La Toupie’ essaie d’aider les citoyens à se forger leurs propres convictions avec de nombreuses rubriques, ainsi que quelques propositions pour aborder la politique d’une autre manière :

  • adogmatique, c’est-à-dire sans dogme, sans appartenance à aucune idéologie, sans aucune prétention à connaître la vérité, ni les solutions toutes faites aux problèmes.
  • révolutionnaire par certains de ses aspects ;
  • pragmatique, c’est-à-dire réaliste et non utopique (même si toupie est une anagramme en clin d’oeil du mot utopie) ;
  • unitaire, c’est-à-dire privilégiant la recherche de ce qui fédère, plutôt que l’inventaire de ce qui divise.
    Pour être vraiment libre, l’homme doit apprendre à être sceptique, à se méfier de toutes les solutions globalisantes, ou trop simples, à vivre sans certitude dans un monde fait de complexité ». Pierre Tourev.

Questions/Réponses Contribuer à ‘La ToupieContact Source : http://www.toupie.org/Dictionnaire/Altruisme.htm

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22.
Présentation d’ouvrage « Plaidoyer pour l’altruisme » Par Matthieu Ricard Photo {{}}Matthieu Ricard {{}}docteur en génétique cellulaire, moine bouddhiste tibétain, auteur et photographe.

Abreuvés d’images violentes, confrontés à une société en crise, on n’imagine pas la force de la bienveillance, le pouvoir de transformation positive qu’une véritable attitude altruiste peut avoir sur nos vies au plan individuel et, partant, sur la société tout entière. Moine bouddhiste depuis près de quarante ans, Matthieu Ricard, lui, expérimente les vertus de l’altruisme au quotidien. Au carrefour de la philosophie, de la psychologie, des neurosciences, de l’économie, de l’écologie, Plaidoyer pour l’altruisme est la somme d’années de recherches, de lectures, d’expériences, d’observation et de réflexion.
Avec le sens de la pédagogie qui le caractérise et toujours en s’appuyant sur des exemples très concrets, l’auteur de Plaidoyer pour le bonheur démontre point par point que l’altruisme n’est ni une utopie ni un vœu pieux, mais une nécessité, voire une urgence, dans notre monde de plus en plus interdépendant à l’heure de la mondialisation. Un essai passionnant, inspiré par un humanisme et une lucidité qui emportent l’adhésion. Télécharger la bibliographie complète du livre

Source : http://www.matthieuricard.org/books...

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23.
Matthieu Ricard : Le temps de l’altruisme est arrivé - Par Anne-Laure GannacDiffusion ‘Psychologies’ – 0ctobre 2013

S’ouvrir aux autres et s’entraider est la seule issue possible pour donner du sens à nos vies et... sauver le monde ! affirme le moine bouddhiste. Preuves scientifiques à l’appui, son dernier livre est un plaidoyer contre le règne de l’égoïsme et du chacun pour soi. Un message enthousiasmant. 

Photo portrait de Matthieu Ricard © Angeles Nassar

Psychologies : Pourquoi ce livre sur l’altruisme aujourd’hui ?

Matthieu Ricard : Tout est parti du constat de l’apparente impossibilité de concilier trois échelles de temps – le court, le moyen et le long terme –, qui correspondent aux trois impératifs majeurs que sont l’économie, la recherche du bonheur et le respect de l’environnement. Je me suis donc demandé quel concept pourrait les réconcilier. Le seul qui me soit apparu est l’altruisme. Dès lors que vous avez davantage de considération pour autrui, vous ne jouez plus avec l’argent des autres, vous faites en sorte que la qualité de vie dans la société soit acceptable et que l’état de la planète pour les générations futures le soit aussi. 

A découvrir A lire : Plaidoyer pour l’altruisme, la force de la bienveillance de Matthieu Ricard. Editions Nil. 

Au fond, vous proposez une moralisation de nos sociétés ?

Matthieu Ricard : Non, l’altruisme n’est pas qu’une valeur morale, c’est une valeur pragmatique.Elle est bien plus en adéquation avec la réalité que l’égoïsme ! L’égoïste se coupe de la réalité en imaginant qu’il est une entité autonome capable de vivre sans se préoccuper du sort des autres. De même, à l’échelle de l’évolution des espèces, il est prouvé que la coopération a toujours amené à des niveaux de complexité et de progrès bien plus élevés que la compétition. Autant de raisons pragmatiques qui prouvent que l’altruisme n’est pas un luxe, mais une nécessité. Et ça tombe bien, car cela correspond à l’aspect fondamental de l’être humain qu’est l’ouverture à l’autre. 

Si l’altruisme est aussi pragmatique et naturel, pourquoi n’est-il pas ce qui domine ?

Matthieu Ricard : Il y a, certes, encore du chemin à parcourir, mais pourquoi dire qu’il ne domine pas ? La philosophe Hannah Arendt parlait de la « banalité du mal » ; on pourrait plus aisément parler de la « banalité du bien ». Dix personnes qui coopèrent toute une journée, cela ne fait pas une nouvelle. En revanche, une seule commet un casse et tout le monde en parle. La fascination pour des aberrations telles que le crime fait que l’on cesse de regarder ce qui fait la texture de notre existence, à savoir des actes de bienveillance, de sollicitude... Tout acte brutal ou égoïste choque justement parce qu’il n’est pas « banal » ! 

Vous voyagez à travers le monde, vous voyez la pauvreté, la violence, le capitalisme sauvage : qu’est-ce qui vous fait croire en des lendemains plus altruistes ?

Matthieu Ricard : Un chien qui mord fait plus de mal que cent chiens paisibles. Une minorité d’entreprises égoïstes mais puissantes peuvent exercer une influence délétère. Mais ce qui m’encourage est justement de pouvoir prendre la température intellectuelle dans des domaines tels que l’économie, la psychologie et les sciences, et de constater que, partout, l’intérêt pour les valeurs de coopération progresse. C’est d’entendre Paul Ekman, psychologue qui a consacré toute sa vie aux émotions, me dire : « Tout ce qui me passionne désormais, c’est de trouver la porte d’entrée pour promouvoir l’altruisme et la compassion dans nos sociétés. » De lire l’éminent économiste Dennis Snower soutenir que, à côté de la voie de la raison, il faut la « voie du care »[« soin »,ndlr].De discuter avec le nouveau président de la Banque mondiale, le docteur Jim Yong Kim, et de découvrir un homme intimement convaincu de la nécessité de lutter en faveur de l’environnement et contre les inégalités. De participer à l’élaboration du rapport Attali sur l’« économie positive ». De me retrouver, avec le professeur de médecine Jon Kabat-Zinn et le neuroscientifique Richard Davidson, à exposer notre vision à des économistes, des généraux et autres proches conseillers de Barack Obama lors d’un récent think tank... Oui, tout cela, ajouté au bourgeonnement de centaines de milliers d’ONG ou d’entreprises telles que la Khan Academy, me fait croire qu’un changement culturel est en cours. 

Être ainsi sollicité par des politiques sans que des actes suivent, cela ne vous décourage pas ?

Matthieu Ricard : Il faut accepter que cela prenne du temps. Dans les années 1960, les écolos, dont j’étais, étaient considérés comme des marginaux. Aujourd’hui, ils sont de tous les gouvernements. De même qu’elles se sont questionnées sur la légitimité de l’esclavage ou sur l’égalité hommes-femmes, les civilisations s’interrogent désormais sur l’expression des qualités humaines dont nous avons le potentiel. Voilà ce qui m’enthousiasme et me rend plein d’espoir. Comme l’a dit Victor Hugo, rien n’est aussi puissant qu’une idée dont le temps est venu. Le temps de l’altruisme arrive, c’est évident. Parce que, de toute façon, nous n’avons plus le choix. 

A découvrir : La journée de la Gentillesse

Le 13 novembre prochain aura lieu la Journée de la gentillesse, lancée en France par Psychologies magazine avec le succès que l’on sait. Retrouvez sur notre site toutes les actions en cours : mieux vivre ensemble à l’école, avec un kit scolaire à destination des enseignants ; favoriser le bien-être des salariés, avec un appel à plus de bienveillance signé par trois cent cinquante entreprises ; développer la convivialité, avec une action virale Internet. Cette année, le magazine consacrera, entre autres, un sujet à l’essor de l’économie du partage entre particuliers (maisons, voitures, prêts).

LES IDEES FORTES DU LIVRE

L’altruisme véritable, désintéressé, existe
Les études s’accumulent pour démontrer l’existence d’un altruisme désintéressé. Matthieu Ricard, dans son Plaidoyer pour l’altruisme, en cite plusieurs. Comme celle effectuée sur un grand nombre de donneurs de sang qui a révélé que moins de 2 % d’entre eux espéraient une contrepartie à leur don. La quasi-totalité exprimait son désir d’aider ceux qui en avaient besoin. Pour lui, l’explication est simple. « Lorsque l’on offre un vrai cadeau de manière sincère à quelqu’un, écrit-il, la beauté du geste tient au fait de faire plaisir et non d’espérer quelque chose en retour. » Cependant, le plaisir de « faire plaisir » n’est-il pas la preuve de notre égoïsme profond ? Non, selon lui, dès lors que « c’est pour le bien d’autrui et non pour notre satisfaction que nous avons agi ».

L’altruisme ne signifie pas le sacrifice
Pour la psychanalyse, cette attitude est un mécanisme de défense, une sublimation de notre agressivité et, selon la psychanalyste Anna Freud, « une manifestation du masochisme », l’altruiste étant en recherche des sacrifices liés à son action. Thèse que Matthieu Ricard réfute, en avançant que parler de sacrifices, c’est souvent faire référence à des « coûts extérieurs » : notre confort physique, nos ressources financières... Se référant à l’« économie psychique » vue par le bouddhisme, il les distingue des « coûts intérieurs ». « Si je sors vainqueur d’un conflit financier, illustre-t-il dans son ouvrage, je m’enrichis extérieurement, mais je paie le prix intérieur de l’hostilité qui trouble mon esprit en y laissant les empreintes du ressentiment. À l’inverse, si j’accomplis un acte de générosité désintéressée, je m’appauvris extérieurement mais je m’enrichis en termes de bien-être. » L’altruisme n’est donc pas synonyme d’effacement de soi. « Si la diminution de la souffrance est le critère principal, il serait déraisonnable de sacrifier notre bien-être durable pour que l’autre puisse jouir d’un avantage mineur. » L’effort consenti doit avoir un sens.

C’est une capacité innée et universelle
Les travaux du psychologue Michael Tomasello démontrent que les comportements d’aide désintéressée se manifestent spontanément entre 14 et 16 mois. Il existe donc bien une inclination naturelle chez les enfants à venir en aide, qui n’est pas le produit de la culture ou de l’éducation. En revanche, ces dernières deviennent déterminantes dans le choix des valeurs développées : esprit de compétition ou générosité ? Égocentrisme ou écoute de l’autre ? Une enquête menée auprès des Justes pendant la Seconde Guerre mondiale révèle que « leurs parents parlaient plus fréquemment de respect de l’autre, d’honnêteté, de justice et de tolérance que de valeurs matérielles, rapporte Matthieu Ricard. En outre, ils mettaient peu l’accent sur l’obéissance. On sait que la tendance à se soumettre à l’autorité a entraîné nombre de citoyens à exécuter des ordres auxquels leur conscience aurait dû les dissuader d’obéir ». 

L’altruisme améliore le bien-être et la santé
Le psychologue Allan Luks a observé le moral de milliers d’Américains participant à des activités bénévoles. Résultat : ils étaient en meilleure santé que d’autres personnes du même âge, faisaient preuve de plus d’enthousiasme, et étaient moins sujets à la dépression. D’autres études ont mis au jour que les jeunes filles impliquées dans le bénévolat sont moins confrontées à la toxicomanie, aux grossesses précoces et au décrochage scolaire. Ou encore qu’un épisode dépressif causé par un événement tragique s’apaise plus rapidement si la personne consacre du temps à aider les autres. Matthieu Ricard cite encore ces témoignages de sauveteurs qui se sentent enrichis intérieurement des décennies après leur action.

L’altruisme se cultive au quotidien
« Le dalaï-lama distingue deux types d’amour altruiste : le premier se manifeste spontanément du fait des dispositions biologiques héritées de l’évolution, écrit Matthieu Ricard. Il reflète notre instinct à prendre soin de nos enfants, de nos proches et de ceux qui nous traitent avec bienveillance. L’altruisme étendu, au contraire, est impartial. Chez la plupart des gens, il n’est pas spontané et exige d’être cultivé. » Comment ? Grâce aux méditations proposées par le bouddhisme, qui évoluent de celle faite à l’intention d’un être cher à celle qui s’étend avec une bienveillance sans limites. L’entraînement passe aussi par l’action et les valeurs défendues au quotidien, qui ont un effet vertueux sans fin. Dans nos sociétés compétitives, chacun se méfie de l’autre, cherche à promouvoir ses intérêts sans trop se soucier des individus qui l’environnent. À l’inverse, une société coopérative repose sur la confiance, on y consacre du temps et des ressources à autrui. « Ainsi s’enclenche un cycle vertueux de solidarité et de réciprocité qui nourrit des rapports harmonieux », résume Matthieu Ricard. 

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24.
De France Culture : Matthieu RICARD Moine bouddhiste, photographe et auteur En savoir plus - Biographie de Matthieu RICARD et Plusieurs vidéos

Matthieu Ricard, fils du philosophe français Jean-François Revel et de l’artiste peintre Yahne Le Toumelin, est moine bouddhiste, auteur, traducteur et photographe. Après un premier voyage en Inde en 1967 ou il rencontre de grands maîtres spirituels tibétains, il termine son doctorat en génétique cellulaire à l’Institut Pasteur en 1972 sous la direction de François Jacob, puis part s’installer définitivement dans l’Himalaya ou il vit depuis plus de 45 ans. Il réside au monastère de Shéchèn au Népal. Sous l’égide de l’Institut Mind and Life il collabore depuis une douzaine d’années à plusieurs programmes de recherches en neurosciences sur les effets de l’entraînement de l’esprit et de la méditation dans les Universités américaines et Européennes. L’association humanitaire qu’il a créée, Karuna-Shéchèn a développé 130 projets éducatifs, médicaux, et sociaux dans la région himalayenne. Il lui dédie l’intégralité de ses droits d’auteurs et bénéfices de ses activités. Chez NiL, il a publié, entre autres, Le Moine et le Philosophehttp://www.nil-editions.fr/site/le_...(avec son père Jean-François Revel), Plaidoyer pour le bonheurhttp://www.nil-editions.fr/site/pla..., L’Art de la méditation,Chemins spirituels et Plaidoyer pour l’altruisme .

Photo : Matthieu Ricard au Tibet - Crédit photo : Konchog (Wikimedia commons)

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CulturesMonde

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Source : https://www.franceculture.fr/personne-matthieu-ricard.html

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25.
Les cinq leçons de sagesse de Matthieu Ricard pour mieux aimer

Propos recueillis par Elisabeth Marshall et Anne-Laure Filhol publié le 01/10/2013 par ‘lavie.fr’ - Photo de Matthieu Ricard © Bruno Levy pour La Vie

Dans son dernier livre, Plaidoyer pour l’altruisme, la force de la bienveillance (Editions du Nil), Matthieu Ricard explore les différentes facettes de l’amour, de l’empathie à la compassion, de l’oubli de ses propres intérêts au don de soi. D’après le moine bouddhiste, nous avons tous ce potentiel d’amour altruiste en nous, telle « une pépite d’or » enfouie et parfois ignorée. Ses conseils pour la faire fructifier.

1. Cultiver l’amour altruiste
Nous avons tous ce potentiel altruiste en nous, comme un pauvre qui a une pépite d’or enfouie juste là sous sa cabane et qui l’ignore. Les dernières connaissances en neuroplasticité du cerveau ont montré comment l’activité neuronale se réorganise quand on développe l’attention ou la compassion. L’amour et la compassion se cultivent. On devrait l’enseigner dans les écoles de médecine !

« Il est plus facile de commencer à nous entraîner en pensant à quelqu’un qui nous est cher, imaginons un jeune enfant qui s’approche de nous et nous regarde joyeux, confiant et plein d’innocence... Nous le contemplons avec tendresse et le prenons dans nos bras (...) Demeurons quelques instants dans la pleine conscience de cet amour, sans autre forme de pensée. Etendons ensuite ces pensées bienveillantes à ceux que nous connaissons moins (...) allons plus loin, incluons dans cette bienveillance ceux qui nous ont fait du tort et ceux qui nuisent à l’humanité en général (...) Portons sur eux le regard d’un médecin sur ses patients les plus gravement atteints. Enfin embrassons la totalité des êtres sensibles dans un sentiment d’amour illimité (...) Nous pouvons à tout moment, souhaiter intérieurement à ceux que nous croisons dans la vie quotidienne d’être heureux et libérés de toute souffrance. Ainsi, graduellement, l’amour altruiste, la compassion... seront pleinement intégrées à notre manière d’être. » (Plaidoyer pour l’altruisme, p.300)

2. Dépasser l’émotion
L’empathie sans le discernement et la connaissance, est comme une pompe électrique à eau... sans eau : elle brûle. Livrée à elle-même, elle peut même avoir des conséquences néfastes. Ainsi des chercheurs se sont intéressés à l’épuisement émotionnel, le burn out des travailleurs sociaux ou des soignants, ces personnes qui prennent constamment soin de ceux qui souffrent. Etre quotidiennement en résonance affective avec des malades peut conduire à l’épuisement. Mais considérer ses malades comme des « clients » et s’endurcir pour ne pas craquer n’est pas non plus une solution. En cultivant l’amour, on peut sortir de l’émotion qui fait mal, être une personne au grand coeur sans souffrir. Pour cela, il faut faire la distinction en soi entre altruisme, compassion et empathie. Lorsque la bienveillance inconditionnelle est confrontée à la souffrance, donc alertée par l’empathie, cela devient de la compassion.  

3. Développer bienveillance et sagesse
La première chose est de travailler à développer en soi une bienveillance et une sagesse qui ne se troublent pas parce que l’autre ne se comporte pas selon vos plans ou que le projet n’avance pas assez vite. Sans amour et sans sagesse, l’action humanitaire ne mène à rien. Et nous voyons très bien les grains de sable qui l’enrayent, comme les conflits d’ego. Si vous vous lancez dans une action humanitaire de manière prématurée, vous risquez de succomber à des émotions destructrices - la haine devant des massacres par exemple - et vous ne contribuerez alors que très peu à résoudre les maux qui ont suscité en vous l’indignation initiale.

4. Chercher le remède à la souffrance
Aimer un oppresseur n’est pas excuser ses comportements ni faciliter ses actes funestes, c’est souhaiter du fond du cœur que la haine, l’indifférence, la cruauté qui font de lui un dictateur cessent d’être. On peut prendre comme repère l’oeil du médecin. Face à un patient fou et dangereux, il ne va pas le tabasser mais chercher les remèdes les plus puissants et les plus appropriés pour, d’abord, l’empêcher de nuire et ensuite commencer à le soigner. La compassion consiste à remédier aux causes de la souffrance, quelles qu’elles soient et où qu’elles soient.

5. Développer la coopération
Nous sommes arrivés à l’âge de la coopération où la croissance de l’altruisme devient une nécessité, dans notre vie personnelle comme pour la société ou l’environnement. Pour que la vie soit harmonieuse en ville comme dans une entreprise, rien ne peut fonctionner sans coopération. L’altruisme est ce fil d’ariane qui permet de relier le court terme de la prospérité, le moyen terme de l’épanouissement d’une vie et le long terme de l’environnement et, sur un plan plus profond et spirituel, de se relier à Dieu ou à la nature de Bouddha. Avec l’égoïsme, nous perdons tous alors qu’avec la coopération bienveillante, au final, tout le monde est gagnant !

« A l’école, l’éducation coopérative consiste à former des groupes composés d’enfants de niveaux différents, de sorte que les plus avancés puissent aider ceux qui sont en difficulté. Dans ce cas, on observe que les enfants qui apprennent facilement, au lieu de se sentir supérieurs aux autres (comme c’est le cas dans un système d’évaluation constante au moyen d’interrogations écrites notées) se sentent investis de la responsabilité d’aider ceux qui ont plus de mal à comprendre. De plus, l’esprit de camaraderie du groupe et l’absence de jugements intimidants de la part des autres inspirent confiance aux enfants et les incitent à donner le meilleur d’eux-mêmes. ( Plaidoyer pour l’altruisme p.612)

Il faut oser dire qu’on doit enseigner l’altruisme dans les écoles, de façon purement laïque, qu’on peut l’introduire dans l’économie, qu’il ne s’agit pas d’une utopie naïve.

Pour aller plus loin

Abreuvés d’images violentes, confrontés à une société en crise, nous n’imaginons pas la force qu’une véritable attitude altruiste peut avoir sur nos vies. Au carrefour de la philosophie, de la psychologie, des neurosciences, de l’économie, de l’écologie, Plaidoyer pour l’altruisme est la somme d’années de recherches, de lectures, d’expériences, d’observation et de réflexion. Avec le sens de la pédagogie qui le caractérise et toujours en s’appuyant sur des exemples très concrets, l’auteur démontre point par point que l’altruisme n’est ni une utopie ni un vœu pieux, mais une nécessité, voire une urgence.

Sur le même sujet : Osez l’altruisme

[VIDEO]Matthieu Ricard : Comment faire grandir en nous l’amour de l’autre ?

[VIDEO]Thierry-Marie Courau : Comment faire grandir en nous l’amour de l’autre ?

La Vie

Source : http://www.lavie.fr/religion/bouddhisme/les-cinq-lecons-de-sagesse-de-matthieu-ricard-pour-mieux-aimer-01-10-2013-44736_21.php

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26.
Accès à une série de vidéos concernant Matthieu Ricard

Matthieu Ricard : Et si on méditait là maintenant ? - Matthieu Ricard

www.matthieuricard.org/.../matthieu-ricard-et-si-on-...

Matthieu Ricard : Et si on méditait là... by LePoint ... Matthieu Ricard : « Les Français sont un peu trop grincheux ...

Matthieu Ricard : les habitudes du bonheur

 20:54 https://www.ted.com/.../matthieu_ri......

Matthieu Ricard, biochimiste devenu moine bouddhiste nous explique comment entraîner nos esprits aux ...

Le bouddhisme selon Matthieu Ricard #1 : la naissance de la religion ...

www.lepoint.fr › Société

25 avr. 2016

VIDÉO. L’histoire du bouddhisme commence il y a 2 500 ans en Inde, avec le prince Siddhârtha. Matthieu ...

Matthieu Ricard : Conscience et méditation - YouTube

 43:33 https://www.youtube.com/watch?v=GnN...

3 nov. 2014 - Ajouté par inrees

A l’occasion de la 3e édition du Forum international de l’évolution de la conscience, Matthieu Ricard explique ...

Le bouddhisme selon Matthieu Ricard #8 : Les antidotes à la souffrance

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Bouddhisme et Philosophie. Le bouddhisme selon Matthieu Ricard #8 : Les antidotes à la souffrance 3’20. Le ...

Le Bouddhisme et l’Occident partie 1 - Matthieu Ricard

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Première partie de l’entretien avec Matthieu Ricard au Monastère de Shechen : Matthieu Ricard explique les ...

La force de la bienveillance avec Matthieu Ricard - YouTube

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24 juin 2016 - Ajouté par SalesforceFrance

En partenariat avec l’Institut G9+ Alexandre Dayon, Président produits, et Matthieu Ricard, moine bouddhiste ...

Matthieu Ricard - le bouddhisme et l’occident - YouTube

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Entretiens de Matthieu Ricard sur le bouddhisme et sa pratique au quotidien, ainsi que ses relations avec ...

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4 juil. 2016

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13 juin 2016

Le bouddhisme a-t-il réponse à tout ? Peut-il délivrer de toutes les souffrances ? Réponse de Matthieu Ricard ...

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27.
Coopération réciprocité pardon, tiercé gagnant - Par Philippe Collas | 16 Juin 2015 | Coopphile

Un tiercé invariablement gagnant.

Le slogan « coopération, réciprocité, pardon » est issu de la théorie des jeux et des travaux d’Anatole Rapaport. Nous reviendrons sur son origine théorique plus tard. Son fondateur prône que dans les relations humaines la stratégie gagnante à terme est la coopération initiale, la réciprocité, le pardon. Cette stratégie peut prendre une route vertueuse ou non, et le meilleur trajet est le plus court.

  • coopération -> réciprocité positive -> coopération
  • coopération -> réciprocité négative -> marquer le coup -> pardonner -> coopérer de nouveau.
    La coopération consiste à échanger de manière gratuite ou non et à attendre un retour dans les termes de l’échange par exemple être payé dans les temps, recevoir une information utile, recevoir un mot de remerciement etc. Si on est « payé » de retour le cercle continue. Sinon on n’est pas payé de retour, il faut marquer le coup, c’est ce qu’on entend par réciprocité négative. Par exemple relancer, exprimer sa surprise face aux silences, s’étonner de ne pas recevoir des informations utiles. Toutefois on ne peut pas rester sur cette impression, il est donc important de pardonner. Le meilleur moyen de pardonner reste encore de revenir dans le mode de la coopération, ou de signifier dans sa communication « j’ai marqué le coup, maintenant revenons sur des bases saines ». C’est une pratique courante en négociation.

L’espace-temps du CRP.

Le cercle CRP s’inscrit dans le temps. La réciprocité est très souvent asynchrone, sauf dans le domaine de la politesse courante (en général on répond merci rapidement). Dans une équipe, si vous offrez votre aide, ce n’est pas pour en recevoir nécessairement une dans les minutes qui suivent.

Le cercle CRP s’inscrit aussi dans un espace, un groupe. On peut être payé de retour pas nécessairement par le membre du groupe auquel on a rendu service ou proposé quelque chose. Il en va de même dans la vie publique. Celui qui donne en retour un service public est rarement celui à qui vous avez payé impôt ou cotisations.

L’art subtil de la proportionnalité.

Une des difficultés du modèle dans la vie pratique (et dans la vie politique et diplomatique) est lié à la réciprocité. Elle ne doit pas être comprise comme la loi du talion. La réciprocité implique de donner en retour et de prendre en compte la proportionnalité. Dans un cadre positif, si on vous offre un bouquet de fleurs, il n’est pas utile d’offrir un arbre. Dans un cadre négatif, si on vous bouscule dans les transports ou dans la rue, il n’est pas utile de provoquer une bagarre. Avoir une réponse disproportionnée dans les deux sens casse la coopération. Si vous répondez dans une moindre mesure, l’autre se sent déjugé. Si vous répondez outre mesure l’autre se sent agressé et on entre dans l’escalade des paroles ou des actes. Ce phénomène est bien connu en diplomatie et dans la vie militaire. En entreprise, la proportionnalité pilote le principe de gradation dans l’échelle des sanctions/récompenses. Dans le droit, la proportionnalité est une base d’appréciation de la légitime défense.

Point besoin d’altruisme.

Le modèle CRP est intéressant car il est simple et permet de créer un cercle vertueux dans les rapports humains. Il n’est pas nécessaire d’être altruiste pour coopérer, les égoïstes peuvent coopérer spontanément et fréquemment car ils y voient un intérêt. L’enjeu débute par contre quand il faut donner en retour. Mais c’est pour la prochaine édition !

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Le co-développement - Quand votre développement s’appuie sur la coopération - Document ‘Philcodev’ La coopération au service de la compétence et du coaching -

Un contexte en pleine mouvance. Nous vivons une transition majeure, économique, environnementale, politique et sociale. Les technologies nous connectent et nous isolent, créant de l’ambivalence. Personnes et organisations sont sous constante pression pour s’adapter.

Une conviction. Nous sommes des êtres sociaux. Nous recherchons autonomie et contacts. La coopération stimule le développement des compétences et des ressources, individuelles et collectives.

Une approche novatrice. Le co-développement est conçu pour structurer les échanges par la coopération, dans une optique de développement et de performance. Par différents moyens, l’échange clarifie les objectifs et les étapes de son projet, permet de mobiliser les ressources requises, et aussi de mieux se connaître, la coopération offrant un miroir utile et aidant. Le co-développement s’adresse tant aux personnes, dans leur vie personnelle ou professionnelle, qu’aux organisations.

« la chance choisit les esprits préparés » – Louis Pasteur

Co-développement personnel Exploiter ses ressources Trouver sa voie Devenir soi

Co-développement professionnel Accompagner les transitions Développer son leadership Partager les compétences

Co-développement organisationnel Clinique pédagogique Architecture pédagogique Mobilisation des équipes

Philippe Collas Blogue Références Contact – Source : http://www.philcodev.com/

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28.
La coopération contre la concurrence – Par Michel Piriou
jeudi 19 janvier 2017 - 10h03 – Document ‘ bellaciao.org’. http://bellaciao.org/images/rien.gif

La coopération contre la concurrence dans ‘Mes articles’ le 28 Mars 2013 à 08:25

« Face à un système où la Domination se nourrit du mal de vivre, coopérer pour le ’ bien-vivre ’ est un acte de Résistance créatrice ! » - Patrick Viveret

Humanité et partage de l’amour - L’homme en est encore au néolithique ! - Michel Pirou, Montreuil le 25 mars 2013

La coopération contre la concurrence ’Nouvel article’ - Il y a plusieurs années déjà, le théoricien de l’éducation, l’américain Alfie Kohn, montrait que c’est dans les processus collaboratifs et non pas concurrentiels que les gens fonctionnent de la manière la plus efficace. Qui plus est, les recherches en ethnologie, anthropologie, philosophie et en sciences du cerveau ont mis en évidence le fait que notre espèce est avant tout coopérative, contrairement à l’image de l’homme isolé imposée par Descartes et qui a parasité notre pensée jusqu’à une époque récente.

Comment envisager, dès lors, le retour vers cet aspect fondateur de la communauté humaine dans les différents champs de la conscience, de l’économie, de la spiritualité, dont les paradigmes actuels semblent aller à l’encontre des recherches, des aspirations, du bien vivir, du bonheur national brut, des alternatives d’une partie de plus en plus croissante de la population ? Comment les expériences coopératives en France ou dans le monde, peuvent-elles contribuer à contester le modèle de l’économie de concurrence, dominant aujourd’hui ?

Dans un article : la décroissance ce n’est pas l’austérité, Paul Ariès dit en conclusion - il faut pour cela se libérer du modèle centralisateur et vertical, renouer avec le socialisme municipal et aller vers un surcroît de démocratie. Mais lui, quelle méthode prône t-il ? Quel exemple concret nous donne t-il à suivre ? La décroissance pour être gourmande ne vaut, comme les fraises, que si on se donne la peine de la/les cultiver auparavant. Car rien ne s’obtient sans efforts, le plaisir se ramasse, la joie se cueille, le bonheur se cultive.

Nous sommes tous d’accord pour nous éloigner du modèle centralisateur et pour aller vers un surcroît de démocratie. Nous y travaillons sans ya ka ! Nous n’attendons plus un ralliement de dernière minute face à la montée des périls : les collectifs, les associations se contactent, échangent, se regroupent. Des conventions s’élaborent et se mettent en place. À Montreuil l’éco-réseau solidaire a proposé que soit étudiée « une convention réseau » pour travailler ensemble et s’unir « en raison ».

L’idée n’est pas de jeter un pavé dans la mare mais, comme celui qui lance un caillou, de créer des cercles concentriques de plus en plus espacés. Il faut constituer le premier cercle, les premiers cercles. Au-delà des cercles, entrevoir la toile dont nous serons les fils, pour construire l’au-delà des divergences dans une convergence retrouvée « du tous ensemble ».

Certes, il y a un aspect évident à favoriser les initiatives pour accroître l’efficacité de chaque structure, afin que le « tous ensemble » soit tiré régulièrement dans le bon sens, comme un attelage à plusieurs chevaux avance en ligne droite. Mais dans la convention réseau, il y a surtout un ensemble de régulateurs qui ont des effets « feed-back ». Cela passe pour chacun par ce qu’il pense être profitable pour lui, est curieusement, ce qui l’est, s’obtient par plus de démocratie dans les groupes et intergroupes. C’est ce qu’on appelle la démocratie participative.

À l’inverse du lobbying dans un contexte concurrentiel, dont le but est la construction de relations directives, afin d’attirer la couverture à soi... l’idée de coopération de la convention réseau est que tout le monde tire un bout de la couverture vers soi, car chacun comprend au bout d’un moment, que pour profiter des avantages de la chaleur, il faut aussi couvrir les autres. D’où la nécessité d’un réseau de communications à l’image du réseau neuronal, et d’une méthodologie pour que les engrenages relationnels coïncident sans grincements ni grain de sable. Il vaut mieux de petits conflits faciles à régulariser au quotidien, qu’un gros qui explose sous la pression.

Si le réseau de réseaux peut avoir son côté mutualiste, les structures le composant restent indépendantes dans leur gestion interne. Elles ne sont reliées que par une convention d’appartenir à un ensemble tirant des services profitables de cette cohésion.

Il n’y a nul besoin de fédéralisme, de labellisation, il s’agit de mettre en place, en quelque sorte, un nouveau concept de succursales multiples. Les structures étant indépendantes des unes des autres, ont cependant des liens très forts à l’intérieur d’une « galaxie étoilée ». En fait, le germe culturel joue son rôle pour que, tôt ou tard, elles revendiquent un sentiment d’appartenance, tout en en étant détachées hiérarchiquement, financièrement et réglementairement puisque seul maître à leur bord. Le maître mot est liberté.

Toute la subtilité du projet du réseau de réseaux, tel que je l’ai conçu, c’est que par la force des choses, cette « galaxie étoilée » de structures disparates, autant par leurs origines que par leurs buts, converge dans son ensemble dans le même sens. Comme les passagères d’un paquebot elles profitent d’une croisière hors des circuits touristiques. Rien n’empêche donc la constitution de flottes de structures équipées de tous les outils de navigation et de communication. À contrario des ondes, cette communication ne restera pas linéaire ni synchrone, elle participera à l’éclosion d’une systémique, à l’émergence du nouveau monde.

Le premier cercle, le M. B. R. en informatique, c’est l’amorçage du système. C’est de passer d’un système libéral et concurrentiel à un système coopératif. C’est l’objet d’un programme prénatal réunissant tous les responsables de structures au sein d’un laboratoire d’idées, où chaque idée est représentative d’une éprouvette contenant des semences d’alternatives systémiques. Enfin un dernier outil, le baromètre réseau, servira d’indicateur et fournira en temps réel le visuel des structures connectées. En outre, il est prévu un rituel, des soirées ’réseaux’ tous les trimestres qui seront l’occasion et le prétexte de se rencontrer pour échanger nos ressentis et nos expériences. Des soirées ouvertes sur le monde en mutation à tous ceux tentés par l’aventure du ’tous ensemble’.

Si j’estime, malheureusement, comme le prévoient de nombreux scientifiques que des catastrophes sont inévitables du fait de la déplétion des énergies, la raréfaction des métaux, du réchauffement climatique, des pollutions... j’estime de même qu’il faut se battre pour éviter non pas la fin de la vie, mais la fin de sa diversité. Car si nous commencions à renoncer à l’impossible, nous finirions par renoncer à tout le reste.

La vie à la peau dure, elle renaîtra de ses cendres ! Tous les petits pas que nous faisons aujourd’hui pour ralentir le processus d’autodestruction sont autant de grands bons pour l’humanité future, sinon le futur de l’humanité. En ce qui me concerne, il n’y a qu’une seule réalité : notre survie. Elle passera par une résistance, elle passe déjà par une capacité de résistance au système capitaliste sous la forme d’une résilience systémique de son rejet. Le système que nous connaissons, et dans lequel nous sommes embarqués comme dans une galère qui dérive, glisse vers plus d’encadrements des populations à mesure que l’effondrement économique s’accentue. Notre survie ne passera pas par « plus de démocratie » dans un premier temps, c’est un euphémisme.

Le deuxième temps de la résistance devrait être le temps de l’abandon du pouvoir politique au profit de la démocratie citoyenne. C’est pourquoi, sans attendre les utopistes des grands soirs, des millions d’alternatives concrètes et tranquilles commencent d’autres mondes possibles. Ces commencements sont particulièrement importants parce qu’ils ne sont pas des initiatives individuelles mais souvent des projets collectifs et associatifs.

Quiconque s’est déjà impliqué dans un processus de résilience et a vécu des expériences de contre-pouvoir a eu la possibilité et la chance de découvrir que le trajet de l’émancipation n’était pas linéaire, individuel, collectif, puis politique. Il est beaucoup plus simple et mobilisateur de commencer par s’engager localement dans un petit groupe et de pratiquer une démocratie directe, basiquement citoyenne. Ces petits groupes sont les métiers à tisser de la toile dont, chaque collectif est le fil de la trame. Ils construisent la cohérence au-delà des divergences, ils tissent de la coopération. Ceux qui en ont pleinement conscience, font le premier pas de côté, ceux-là seront les premiers à mettre un pied dans le nouveau monde, un monde déjà en filigrane. C’est une vision pragmatique, une façon de raisonner qui nous rend différents, c’est la façon d’employer son cerveau à une nouvelle dimension de la pensée, une pensée complexe de la réalité comme l’énonce Edgar Morin. C’est la capacité d’entretenir au fond de soi le foyer de l’espoir avant que le ciel ne nous tombe sur la tête.

Comme les escargots, nous avançons de manière discrète et disséminée à la surface de la terre. Nous y dessinons des tâches sur la peau du léopard financier. Lorsque les contradictions et les impuissances du système concurrentiel atteindront leur paroxysme, nous apparaîtrons alors comme une masse compacte et soudée pour réduire les points de rupture de l’effondrement de l’ancien monde.

Les termes coopération et concurrence sont étymologiquement antagonistes : la concurrence c’est courir avec (pour arriver le premier) la coopération c’est courir ensemble (pour arriver groupés) c’est ce qu’il faut faire pour ne pas rester qu’une poignée.

‘bellaciao.org’ - accueil | contacter l’admin – Source : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article153053

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29.
La compétition n’était pas l’ennemie de la coopération – Par Dominique Bailly (personnel) Le 14/02/2017 à 07:00 – Illustration. Shutterstock

Pour répondre à une grande entreprise, qui a consulté le Lab RH, celui-ci a impliqué une quarantaine de ‘start-ups dans la démarche.

Tendance - C’est l’intime conviction de deux jeunes entrepreneurs concurrents, Jérémy Lamri, président de Monkey Tie, et Boris Sirbey, président de Myjobcompany, fondateurs du Lab RH, une structure de « coopétition » entre start-ups de l’innovation RH et de l’emploi.

Qu’est-ce que le Lab RH ?

Boris Sirbey : Le Lab RH est une structure collaborative créée en 2015 pour fédérer les acteurs innovants de l’emploi et des ressources humaines. Il réunit près de 300 start-ups, des innovateurs individuels, des grandes entreprises et de cabinets de conseils. Il bénéficie du soutien de partenaires stratégiques publics et privés. Il a été conçu comme un écosystème visant à mettre en relation ces acteurs entre eux, en favorisant une relation de « coopétition » et d’accompagnement des organisations dans leur transformation et leur digitalisation. L’association de ces acteurs multiples permet non seulement de « faire nombre », c’est dire de donner de la puissance et mettre en visibilité une grande variété d’offres mais aussi de générer et de proposer des solutions très innovantes, car très diversifiées et en évolution permanente. La structure est légère. Elle dispose de locaux ouverts, accessibles aux adhérents dans le centre de Paris. Elle comprend une petite équipe de permanents.

Il y a donc une double dimension, interne, de mise en réseau, et externe, d’apport de solutions pour des entreprises…

Pour être encore plus précis, nous organisons notre activité autour de trois dimensions : la réflexion, l’action et le partage. Nous sommes un « Think-Do-Share Tank ». Ces trois dimensions sont organisées de façon spécifique mais peuvent être mobilisées simultanément dans nos interventions, ou nos travaux internes.

Comment s’organise la coopération entre les start-ups ?

Elle peut prendre forme de deux façons. Spontanément, par mise en relation, en fonctionnement réseau, d’acteurs ayant des intérêts communs. Dans ce cas, la structure du Lab RH ne joue pas de rôle direct. Ou à l’initiative ou par l’intermédiaire du Lab RH en cas par exemple d’appel d’offres reçu directement par le Lab RH, ou de sollicitations particulières de la part de partenaires publics ou privés. Quelle que soit son origine, cette coopération est très précieuse car elle répond à la complexité des problématiques d’entreprises, qui appelle à des réponses combinées.

Il n’est pas toujours facile par ailleurs de greffer sur des systèmes vastes et complexes des applications innovantes. Comment abordez-vous cette question ?

Les SIRH peuvent en effet constituer un obstacle pour l’innovation dans la mesure où leur conception comme souvent la politique d’évolution ferment l’accès à des applications isolées. Nous sommes allés à la rencontre des éditeurs et l’un d’entre eux a d’ores-et-déjà accepté de proposer des solutions permettant d’inclure de façon modulaire les applications développées par nos adhérents.

Vous réalisez des missions d’accompagnement sans avoir de consultants. Est-ce un nouveau modèle de conseil aux entreprises ?

Dans ce domaine aussi nous constatons un besoin de renouvellement des approches. Beaucoup d’entreprises, et notamment les plus grandes, sont bien équipées en matière de méthodes et d’instruments de gestion. Les entreprises attendent donc autre chose d’un partenaire externe, et notamment plus d’innovation, dans une posture davantage collaborative. Une grande entreprise a souhaité par exemple nous mettre en concurrence avec des cabinets traditionnels pour travailler sur leur marketing employeurs et l’amélioration de l’expérience candidat. Nous avons impliqué une quarantaine de start-ups dans la démarche. Chacune a expérimenté et analysé la relation candidat sous l’angle qui est le sien. Le rapport que nous avons rendu sur cette base est extrêmement riche. L’expérience candidat est traitée dans ses dimensions émotionnelles, intellectuelles, digitales, matérielles, inspirationnelles. Ceci a encouragé l’entreprise à nous confier d’autres missions, comme la mise en place d’un réseau de « corporate hackers », c’est à dire d’innovateurs internes.

Et ces missions font évoluer et enrichissent à leur tour les solutions proposées par les start-ups…

En effet, ce type de missions a permis par exemple de développer une solution de consultation participative qui permet par le moyen d’une analyse sémantique très poussée d’effectuer rapidement et à grande échelle une cartographie des attentes avec une finesse d’analyse sans rapport avec un sondage classique.

Comment s’articulent le travail de l’équipe permanente et celui des startupers ?

Les permanents ont pour mission de mettre en visibilité le Lab RH et d’identifier les besoins, puis de les répercuter de façon très ouverte aux membres du Lab RH. Les missions d’accompagnement des transformations sont réalisées par binôme, associant un permanent et au moins une start-up. Cela étant dit, les start-ups répondent également en association libre aux besoins qu’elles identifient par elles-mêmes.

Ces activités rendent bien compte de la dimension «  do  » du Lab RH ? Quen est-il de la dimension «  think  » ?

Nous avons progressivement identifié six grands domaines - la prospective, l’entreprise inclusive, l’agilité, la R&D, l’aide au financement et le bien-être au travail - avec l’ambition de partager et capitaliser l’existant et d’anticiper l’avenir. Il s’agit d’échanges périodiques libres entre les membres et certains partenaires. Ces activités peuvent aussi donner lieu à des contributions externes. Nous sommes impliqués par exemple dans une association d’entreprises en transformation animée par un expert en coaching. Nous avons contribué aux échanges organisés selon l’approche du co-développement et réfléchissons maintenant à la mise en place d’un dispositif collaboratif de type « open-source ».

La posture collaborative est-elle plus naturelle, plus évidente, à l’intérieur et entre les start-ups qu’elle l’est dans et entre les autres entreprises ?

Il y a incontestablement beaucoup d’agilité et d’ouverture dans des structures jeunes, tournées vers l’innovation et créées par des entrepreneurs qui prennent des risques. Cela étant dit ces structures connaissent comme toutes les autres des cycles de vie et des étapes de maturité. Cela est vrai pour nous aussi. Nous avons pris conscience par exemple du besoin de mieux animer, structurer, et capitaliser les résultats des pôles de réflexion et de prospective, un peu à l’image des communautés de pratique en entreprise, en garantissant notamment une régularité des échanges et des participations.

La dimension «  share  », enfin demande une certaine équité des échanges, avec une bonne réciprocité des contributions. Comment la garantir ?

La dimension « share » est capitale car c’est elle qui apporte de la valeur à chacun et qui exprime la force du collectif. Pour faire collaborer des entreprises qui parfois sont concurrentes, il nous a fallu en effet trouver un système équitable pour tous. Nous avons donc mis en place un ratio de partage, une sorte de monnaie virtuelle collaborative. L’objectif du ratio de partage est triple. Encourager le partage d’informations entre les membres, garantir l’équité dans la mise en avant des membres, et valoriser l’implication des start-ups dans Le Lab RH. Chaque nouveau membre se voit attribuer un ratio de partage de base standard, qui évolue en fonction des ressources qu’il utilise du Lab RH, des coûts de points, et de celles qu’il apporte, des gains de points. Une start-up qui apporte une affaire ou partage sa technologie gagne des points. Une start-up qui participe à une formation proposée par le Lab RH, paie avec ses points.

Les pratiques de coopération développent l’innovation et la performance. Ont-elles aussi une dimension et une finalité humaniste ?

Les démarches coopératives ou collaboratives doivent être très concrètes et produire des résultats, précisément face à l’urgence d’une réponse efficace aux désordres environnementaux et sociaux qui menacent l’humanité.

Tous droits réservés - Les Echos 2017 - En savoir plus à la source : sur https://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/metier-et-carriere/associations-professionnelles-et-reseaux/0211758077320-la-competition-n-etait-pas-l-ennemie-de-la-cooperation-305973.php?OJ8svADum5eFLRei.99

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30.
Coopération ou concurrence ? Économie du savoir - Jean-Pierre Archambault
Association EPI février 2004 - Paru dans Médialog n° 48 de décembre 2003.

Des logiques contradictoires coexistent dans le domaine de la connaissance. La science subit l’intrusion dans sa sphère d’enjeux économiques et de logiques de concurrence qui vont à l’encontre des valeurs et des modes de fonctionnement traditionnels de la recherche. Mais, inversement, on assiste à une espèce de retour aux fondamentaux de la production de la connaissance, incarné par les logiciels libres. D’un côté concurrence et enclosures, de l’autre coopération et espaces publics.


 Dans « Le droit de lire » [1], Richard Stallman nous fait découvrir le monde étrange de Dan et Lissa, dans lequel les ordinateurs possèdent tous des dispositifs techniques de protections, des « moniteurs de copyright », reliés à une Centrale des Licences. L’ordinateur de Lissa est en panne, or elle en a absolument besoin pour finir son mémoire. Si Dan prête le sien à Lissa, la fille qu’il aime, elle pourra lire ses livres. C’est interdit. Il risque de se faire pincer par la SPA (l’autorité de protection des logiciels) et donc d’aller en prison. Et puis, comme à tout le monde, on lui a enseigné dès l’école primaire que partager des livres est mauvais et immoral, c’est une chose que seuls les pirates font. En cours d’histoire, Dan a appris qu’il y a eu, dans un passé lointain, des bibliothèques où l’on pouvait lire gratuitement des livres ou des articles de journaux, et qu’en ces temps bénis on pouvait partager à plusieurs le plaisir d’écouter de la musique. Il y a aussi appris que certains petits malins, au nom de cet âge désormais révolu, s’étaient amusés à créer des logiciels permettant de désactiver les moniteurs de copyright. Ils ont été mis en prison.

 Prêt payant dans les bibliothèques, taxes sur les supports amovibles de stockage, brevets logiciels, mise en place de dispositifs techniques de protection et, comble de l’absurdité, de mesures pénales sanctionnant le contournement de ces dispositifs de protection contre la copie privée. Les attaques contre ce droit fondamental dont dispose chaque citoyen d’un accès au savoir et à la culture, quels que soient ses revenus et ses moyens, se multiplient sous prétexte de lutte contre le piratage.
L’allégorie de Richard Stallman date de 1997. Quelque peu apocalyptique, elle n’en est pas moins devenue aujourd’hui une réalité. Le pire est toujours possible [2]. Mais il y a aussi (le) meilleur !

UNE ÉCOLE « ÉTENDUE »

 L’Éducation nationale est entrée dans une phase de généralisation des usages des ordinateurs dans les établissements scolaires. De nouveaux services numériques (intranet, courrier électronique, forum, cours en ligne...) viennent s’ajouter aux services et usages « traditionnels » de l’informatique avec des postes autonomes ou en réseau local. Un déploiement massif se heurte encore à des problèmes de cohérences fonctionnelle, technique (interopérabilité) et organisationnelle. L’objectif est de constituer des espaces publics de coopération, avec des passerelles entre les uns et les autres. Chaque enseignant doit avoir ainsi accès à un véritable environnement numérique de travail comportant ses outils, son espace personnel, les ressources pédagogiques et administratives de son établissement, de son académie et de son ministère, des documents disciplinaires spécifiques...
Il existe un socle de ressources numériques constituées des « fondamentaux » du savoir [3]. Leurs origines sont diverses : dictionnaires, encyclopédies, archives audiovisuelles de l’INA, données statistiques de l’INSEE, dépêches d’agence de presse, oeuvres des musées, images satellitales... et bien entendu les productions des enseignants. Des interfaces simples doivent permettre de récupérer tous ces documents, de les utiliser, de les insérer dans des cours ou des exposés. La gratuité est la règle pour la communauté éducative. Les coûts d’accès pour la collectivité qui les finance doivent être raisonnables, les droits d’usage précisés en intégrant le fait qu’élèves et enseignants travaillent dans les établissements scolaires et à la maison. Les espaces numériques doivent être ouverts aux différents acteurs de la communauté éducative, enseignants, élèves, administration, parents et également aux partenaires comme les collectivités territoriales. Comme dans les années quatre-vingts où le développement de la télématique avait forgé le concept « d’entreprise étendue », on peut en la circonstance parler d’« école étendue ». Il va sans dire que de tels espaces publics de coopération éducative ne sauraient exister sans des standards ouverts de formats de données et de protocoles de communication. Toute démarche « propriétaire » est bannie, un enseignant de génie électronique de l’Académie de Créteil devant pouvoir échanger des fichiers avec son collègue toulousain, quels que soient les choix opérés par leurs institutions et collectivités locales. Des briques de base d’infrastructure (systèmes d’exploitation, logiciels serveurs, navigateurs, outils bureautiques) constituées de logiciels libres sont les bienvenues.

COOPÉRATION ET PARTAGE

 Il est d’autres espaces publics de coopération, en particulier dans la recherche. Un domaine comme la biologie connaît un déluge de données (protéines en trois dimensions, interactions des molécules...) qui, s’il signifie changement des modes de production de la connaissance n’en présente pas moins un danger de surinformation. Ainsi, par exemple, la communauté scientifique qui travaille sur le génome humain comporte à travers le monde plus de 250 000 chercheurs qui communiquent et publient des ressources. Une banque de données constitue le point central de cette communauté, qui en assure le contrôle-qualité. Les avancées de la recherche sont intrinsèquement liées à l’existence et au bon fonctionnement, à l’échelle de la planète, d’un espace électronique de travail dont il est structurellement nécessaire que l’accès en soit libre et gratuit. Une telle logique de coopération et de partage s’avère pour l’essentiel incontournable.

LES FRONTIÈRES SE BROUILLENT

 Coopération mondiale, mais aussi concurrence, la contradiction est partout. Par exemple du côté de la recherche française en perte de vitesse, avec en toile de fond, crise des vocations, fuite des cerveaux... Des réponses au manque d’attractivité de la recherche française sont apportées, marquées du sceau d’une logique de concurrence. Ainsi, à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), un système de primes permettant d’offrir à certains chercheurs, une centaine sur 2 300, de substantiels compléments de salaires a suscité un mouvement de contestation sans précédent dans l’histoire de cet organisme. L’initiative est jugée extrêmement dangereuse pour la vie des laboratoires car « porteuse d’antagonismes nouveaux ». D’une manière plus générale existe, selon Vincent Legagneux, chargé de recherche à l’Institut, « le risque de voir la recherche industrielle vampiriser la recherche fondamentale à la faveur d’une confusion des genres ».

 Aujourd’hui, les entreprises cherchent à se rapprocher de leurs clients, à établir un contact direct qui leur permettrait de suivre, plus précisément que par le passé, l’évolution des goûts et des modes de vie et surtout les préparer à la consommation des produits en cours de développement. Les frontières entre producteur et consommateur se brouillent D’une manière générale, le circuit long, « recherche-innovation-production-distribution-demande finale », devient inefficace justement parce qu’il est trop long. Un circuit plus court et un couplage plus direct entre producteurs et utilisateurs deviennent nécessaires. Comme dans l’éducation ou la recherche, dans la production de biens immatériels aussi, des espaces publics de production s’imposent. Et pour que la coopération entre concepteurs et utilisateurs soit efficace, il faut l’organiser de manière à ce qu’elle ressemble à la coopération des développeurs de logiciels libres ou aux pratiques de mutualisation des enseignants qui mettent en commun les ressources pédagogiques qu’ils ont produites. Comme le marché a remplacé les marchandages, les entreprises les ateliers, l’institutionnalisation des coopérations spontanées les fera passer à un stade supérieur. C’est indispensable car la création des contenus scientifiques et culturels, fondamentalement « biens publics et collectifs » repose sur l’ouverture, la fertilisation croisée et l’imitation.

CONCURRENCE, TOUJOURS

 Si les logiciels libres apportent leurs solutions à des problèmes qui se poseront de plus en plus dans la société de la connaissance, si leur philosophie promeut, y compris dans le monde de l’entreprise, la notion de communauté coopérative de partage des connaissances, la concurrence n’en disparaît pas pour autant. Plusieurs entreprises du secteur propriétaire ont décidé de basculer dans le monde du libre pour tout ou partie de leurs produits. Ainsi Sun est aujourd’hui le deuxième producteur de logiciels libres, après la FSF (Free Software Fondation), mais avant les universités américaines. Il existe d’abord des motivations indirectes qui peuvent inciter certaines entreprises à contribuer au développement de logiciels libres. Ces motivations sont liées aux effets concurrentiels des stratégies de contrôle des standards. D’un côté, on peut chercher à affaiblir un concurrent par l’intermédiaire d’une subvention à un standard antagoniste de celui sur lequel s’appuie son offre de produits. À l’inverse, les entreprises qui dépendent d’un standard pour réaliser leur activité (comme Sun avec Apache) ont tout intérêt à ce que ce standard soit le plus ouvert possible, afin ne pas dépendre de la stratégie de l’entreprise qui le fournit. La licence GPL constitue un garant fondamental de l’engagement de ces entreprises.

DES COMPORTEMENTS OPPORTUNISTES

 Cet intérêt du monde marchand pour le modèle du libre ainsi que l’émergence de nouvelles catégories d’utilisateurs moins impliqués créent une situation nouvelle où des agents sont en mesure de réaliser des bénéfices privés par la commercialisation ou l’utilisation des résultats des efforts collectifs de la communauté des développeurs dont la participation n’est, à la base, fondée sur aucune rémunération. À terme, ceci risque de poser, pour ces développeurs, des problèmes d’incitation, même si la participation à un projet collectif entraîne toujours des retombées positives. Il y a d’abord les effets d’apprentissage. La programmation est un art non stabilisé et dont les méthodes restent encore fondées sur des procédures et méthodes relativement artisanales et peu codifiées, y compris au sein des organisations productives des grands éditeurs. Le fait, pour un développeur, de suivre et de participer aux efforts de la communauté du libre, a pour effet en retour de contribuer à améliorer son propre niveau de compétence informatique. L’incitation à coopérer est claire pour le développeur individuel, dans la mesure où il s’agit pour lui de rester à la hauteur de l’évolution des savoirs. Il y a ensuite les effets individuels de réputation dans un processus de reconnaissance par les pairs. À une échelle collective, ces effets constituent une motivation pour coopérer. En revanche, à l’échelle individuelle, il peut exister des comportements opportunistes d’agents qui, sans avoir véritablement contribué à l’oeuvre commune, tirent des revenus conséquents de la commercialisation et de l’utilisation de logiciels libres ! Dans un contexte où les utilisateurs et bénéficiaires du logiciel libre sont de plus en plus nombreux, le maintien de l’équilibre prend la forme d’une embauche au sein des entreprises qui se sont ralliées à des degrés divers au modèle du logiciel libre. Il relève aussi de la responsabilité du secteur public reprenant significativement pour son propre compte l’approche des logiciels libres, en harmonie avec ses missions et ses valeurs et rémunérant des développeurs confirmés, impliqués dans des projets publics de recherche.

LA CONNAISSANCE FUIT LA CLÔTURE

 La dialectique coopération-espaces publics/concurrence-enclosures est universelle à l’heure de l’entrée dans l’économie du savoir dans laquelle l’immatériel et la connaissance jouent un rôle de plus en plus décisif.

 L’immatériel est tout à la fois connaissance en train de s’élaborer ou de se transmettre, connaissance incorporée dans les biens matériels, et donc « productive » à plus ou moins long terme, connaissance incorporée dans des logiciels dont l’action productive est directe (organisation, gestion, production...), biens informationnels qui se consomment à la manière des biens industriels quand ils sont un service (la réservation d’un billet d’avion), biens immatériels non rivaux qui ont une valeur d’usage mais dont la consommation ne les fait pas disparaître.

 La connaissance, produit du commerce universel des hommes, ne se confond ni avec les savoir-faire ou l’intelligence ni avec l’information. Sa diffusion requiert une activité cognitive de sélection, traitement et interprétation de messages pour en produire des nouveaux. Dans cette économie où la connaissance tend à devenir la richesse dominante, des tendances contradictoires coexistent. Qu’y a-t-il de vraiment nouveau ? Il faut à la fois s’intéresser à la valeur de ce bien particulier et aux processus de sa création.

 Les produits matériels peuvent être confisqués par des barrières et des droits d’accès, moyens privilégiés pour s’approprier la connaissance. D’une manière paradoxale, une ressource abondante, l’intelligence, est utilisée (dévoyée) pour produire de la rareté, faire obstacle à la circulation et à la mise en commun des biens immatériels, par le contrôle et la privatisation des moyens de communication et d’accès. On le voit avec les projets de directive sur la copie privée des cédéroms. Mais est-on en présence d’artifices et d’arbitraires, transformant l’immatériel en quasi marchandise, ce qu’il ne serait pas, la « valeur » des produits immatériels se situant dans le monopole de la connaissance plutôt que dans la connaissance elle-même, connaissance qui, comme le soleil ou l’eau, n’aurait pas de valeur d’échange ? Certains s’expriment en termes de crise du système des équivalences qui règle les échanges marchands. Certes, il est difficile de quantifier les performances individuelles très dépendantes du collectif et de sa coordination, de mesurer la valeur des forces de travail et de ce qu’elles produisent. Les capacités sont hétérogènes. La quantité de travail abstrait et le nombre d’unités d’un produit par unité de temps sont globalement encore plus délicats à évaluer que par le passé. Mais ils l’étaient déjà.

 Nous avons tendance à penser que le nouveau est plutôt dans la tendance de la connaissance à devenir la force productive principale, les produits, travail cristallisé, devenant aussi connaissance cristallisée. Or les connaissances sont abondantes, inépuisables. Leur usage et leur consommation ne sont pas destructrices mais, au contraire, créatrices d’autres connaissances. La connaissance fuit la clôture. Pour se développer, elle a besoin du partage. Elle est rebelle à une appropriation privée dans les processus de création de richesses, comme le montrent l’efficacité de l’approche qui a permis la réalisation de Linux ou cet espace de coopération sur le génome humain dont nous avons parlé. La question est pertinente de savoir dans quelle mesure l’approche coopérative du logiciel libre, sa réponse originale en terme de propriété intellectuelle préfigurent des évolutions fortes en matière de modèles économiques. Servis par chaque nouvelle innovation qui se banalise (haut débit, compression des données, Wifi...), le mouvement du libre et, plus généralement, le monde du numérique ne cessent de déclôturer. La possibilité d’exécuter les droits de propriété est en crise malgré les missions confiées à des magistrats et des avocats pour qu’ils greffent le vieil ordre sur le nouveau monde. Il existe une différence cruciale avec le mouvement des clôtures du XVIe-XVIIIe siècle. Le mouvement social qui défendait les terres communes en 1750 avait toute la modernité de la technique, de la science, la puissance urbaine contre lui : il résistait. Aujourd’hui, les tenants des clôtures sont sur la défensive. De nombreuses voix s’élèvent pour dire que les grandes luttes sociales et politiques du XXIe siècle porteront sur la question de la propriété intellectuelle et du savoir, conçu comme bien commun et inaliénable de l’humanité. Et Olivier Blondeau nous invite à nous rappeler que « nous sommes tous et que nous revendiquons le droit d’être des Jean Ferrat en puissance, pompant sans vergogne et avec délectation, les vers d’Éluard, d’Apollinaire ou d’Aragon pour les murmurer à l’oreille de la femme qu’on aime. Parce ce que ces vers sont aussi nôtres ; ils sont ce qui nous constitue, au plus profond de notre intimité ».

Jean-Pierre Archambault

SCÉRÉN [CNDP]
Mission Veille technologique

Paru dans Médialog n° 48 de décembre 2003.

Bibliographie

  • Olivier Blondeau, « Le droit de savoir », « Tous producteurs, tous consommateurs », http://lamaisondesenseignants.com rubrique TICE.
  • André Gorz, L’immatériel, éditions Galilée.
  • Jean-Benoît Zimmermann, « Logiciel libre et marchandisation : un problème d’incitation pour les développeurs », www.autourdulibre.org.
  • R. Zoellick, conférence de presse du 16 janvier 2003, in Le Monde diplomatique, mars 2003.
    Notes

[1] Libres enfants du savoir numérique, anthologie du libre préparée par Olivier Blondeau et Florent Latrive, l’Éclat.

[2] En particulier, lorsqu’il s’agit de la vie, et de la mort, de millions de personnes. Ainsi, du scandale qu’a constitué en 2001 le procès de Prétoria, où l’on a vu 39 des plus grands laboratoires pharmaceutiques du monde interdire aux malades africains du sida l’accès aux trithérapies, au nom de la défense de leurs brevets, avant de reculer devant la réaction outrée de l’opinion publique.

[3] « Vers un espace numérique des savoirs », Médialog n° 46, p. 50-52.


Annexe - Contributions sur la tolérance postées sur le site ISIAS

’Comment cultiver la tolérance face aux intolérances ?’ par Jacques Hallard, mercredi 12 août 2015 par Hallard Jacques - français

’Comment cultiver la tolérance face aux intolérances ? 2. La tolérance vécue d’après certaines traditions asiatiques’ par Jacques Hallard, vendredi 14 août 2015 par Hallard Jacques - français

’Comment cultiver la tolérance face aux intolérances ?’ Conférence de Jacques Hallard à Mollégès dimanche 16 août 2015 par Hallard Jacques - français

’Jusqu’où peut aller la tolérance face à l’intolérable ? Quelques ressources : des Toltèques à la psychanalyse’ par Jacques Hallard, lundi 17 août 2015 par Hallard Jacques - français

Conférence avec débat « La tolérance, la laïcité et la foi » avec Jacques HALLARD, Ing. CNAM, le jeudi 19 novembre 2015 à 18 heures vendredi 30 octobre 2015 par Hallard Jacques - français

’Où placer le curseur entre tolérance et intolérance ? Des personnalités contemporaines nous éclairent’, par Jacques Hallard, mercredi 11 novembre 2015 par Hallard Jacques - français

Conférence sur la tolérance avec Jacques HALLARD, vendredi 18 Décembre 2015 en AVIGNON,mercredi 25 novembre 2015 par Hallard Jacques - français

’De la notion de tolérance à celle de laïcité Le périlleux chemin vers des valeurs républicaines essentielles’, par Jacques HALLARD, samedi 28 novembre 2015 par Hallard Jacques - français

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Citations (et proverbes) sur la bienveillance

Confiance & Paix

La paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice. 387 Baruch Spinoza Philosophe (1632 - 1677)

Amour & Bienveillance

Traiter tous les hommes avec la même bienveillance et prodiguer indistinctement sa bonté peut tout aussi bien témoigner d’un profond mépris des hommes que d’un amour sincère à leur égard. 115 - Friedrich Nietzsche Artiste, écrivain, Philosophe (1844 - 1900)

Tolerance & Bienveillance

La tranquillité de deux mondes repose sur ces deux mots : bienveillance envers les amis, tolérance à l’égard des ennemis. 55 - Proverbe Persan

Bienveillance & Amis

La modeste et douce bienveillance est une vertu qui donne plus d’amis que la richesse et plus de crédit que le pouvoir. 33 - Comtesse De Ségur Artiste, écrivaine, romancière (1799 - 1874)

Bienveillance & Haine

Jamais la haine ne cesse par la haine ; c’est la bienveillance qui réconcilie. 26 - Bouddha Chef spirituel, Religieux

Bienveillance & Simplicite

Développe en toi l’indépendance à tout moment, avec bienveillance, simplicité et modestie. 18 - Marc Aurèle Empereur, Homme d’état, Philosophe (121 - 180)

Personnalite & Bienveillance

La bienveillance est, par excellence, la vertu d’un ami. Seul, il connaît notre véritable personnalité et nous aide à la conquérir. 11 - Francesco Alberoni Enseignant, Journaliste, Scientifique, Sociologue (1929 - )

Bienveillance & Hommes

La véritable politesse consiste à marquer de la bienveillance aux hommes ; elle se montre sans peine quand on en a. 7 - Jean-Jacques Rousseau Artiste, écrivain, Philosophe (1712 - 1778)

Source de ces citations http://citation-celebre.leparisien.fr/citation/bienveillance

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 19/02/2017

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS OPDBAC Eléments d’une méthode de travail pour l’innovation, une adaptation au changement et à la transition Partie 4 Bienveillance et altruisme mais vigilance et attention.4

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti,

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