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"Des gènes de bactéries offrent une nouvelle stratégie pour la stérilisation des moustiques " par Elizabeth Eaton

Traduction et compléments de Jacques Hallard
dimanche 26 mars 2017 par Eaton Elizabeth



ISIAS Génétique Santé
Des gènes de bactéries offrent une nouvelle stratégie pour la stérilisation des moustiques
Le génie génétique pourrait exterminer les populations de ces insectes porteurs de maladies
L’article d’origine d’Elizabeth Eaton a été publié le 27 février 2017 par Science News sous le titre « Bacteria genes offer new strategy for sterilizing mosquitoes » par Sciences News Immune Science, Genetics ; il est accessible sur le site : https://www.sciencenews.org/article/bacteria-genes-offer-new-strategy-sterilizing-mosquitoes

Ajout d’une annexe 1 provenant de l’OMS sur « Action d’urgence pour lutter contre les moustiques et la préparation face au virus Zika »

Ajout en annexe 2 d’une sélection d’articles mettant en cause l’utilisation des insectes transgéniques (OGM)

Stérilisation des insectes responsables et coupables - Les bactéries du genre Wolbachia (en rouge) stérilisent efficacement un moustique mâle en infectant les testicules de l’insecte (en bleu) ; vue avec un grossissement de 100 fois. Récemment, les chercheurs ont identifié des gènes qui peuvent être responsables de la stérilité. S. Bordenstein / Université de Vanderbilt.

[Les bactéries du genre Wolbachia constituent, d’après Wikipédia « un genre bactérien qui infecte essentiellement des arthropodes, environ 60 % des espèces1, ainsi que certaines espèces de nématodes2. Cette large répartition en fait donc un des symbiotes les plus répandus du monde animal. Ces bactéries au mode de vie intracellulaire sont localisées au sein du cytoplasme des cellules de leurs hôtes. Elles se retrouvent en proportion importante dans l’appareil reproducteur (principalement les cellules germinales) et l’épithélium du système génital des arthropodes et nématodes… » Article à lire sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Wolbachia ].

[Voir également l’article « Comment la bactérie Wolbachia facilite la reproduction » - La bactérie Wolbachia infecte les mouches femelles et augmente leur descendance. Des chercheurs américains ont découvert comment elle agit. Auteure Bénédicte Salthun-Lassalle – Photo : Maturation de la « chambre » contenant les œufs (en bleu) chez la mouche (de haut en bas). Les bactéries Wolbachia (en vert) infectent les cellules entourant les cellules souches germinales (en rouge). Article complet à lire sur : http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actu-comment-la-bacterie-i-wolbachia-i-facilite-la-reproduction-28204.php ].

Une paire de gènes bactériens peut permettre des stratégies d’ingénierie génétique pour freiner les populations de moustiques transmetteurs de virus.

Les bactéries qui rendent les insectes stériles ont été utilisées pour réduire les populations de moustiques. Maintenant, deux équipes de recherche ont identifié des gènes dans les bactéries qui peuvent être responsables de la stérilité, selon le rapport du groupes, mis en ligne le 27 février 2017 dans la revue scientifique ‘Nature and Nature Microbiology’.

« Je pense que c’est un grand progrès », explique Scott O’Neill, biologiste à l’Institut des maladies à vecteur à l’Université Monash à Melbourne, en Australie. Les gens tentent depuis des années de comprendre comment les bactéries manipulent les insectes, dit-il.

Les bactéries Wolbachia « stériliser » les moustiques mâles grâce à un mécanisme appelé incompatibilité cytoplasmique, qui affecte le sperme et les œufs. Quand un mâle infecté se reproduit avec une femelle non infectée, son sperme modifié tue les oeufs après la fécondation. Lorsqu’il s’accouple avec une femelle infectée, ses oeufs éliminent la modification du sperme et se développent normalement.

Des chercheurs de l’université Vanderbilt de Nashville ont identifié une paire de gènes, appelés cifA et cifB, reliés au mécanisme de stérilité de la bactérie Wolbachia. Les gènes sont situés non pas dans l’ADN de la bactérie elle-même, mais dans un virus incorporé dans son chromosome.

Lorsque les chercheurs ont pris deux gènes de la souche Wolbachia trouvés dans les mouches des fruits et insérés la paire dans un mâle non infectée de la mouche Drosophila melanogaster, les mouches ne peuvent plus se reproduire avec des femelles en bonne santé, dit Seth Bordenstein, un co-auteur de l’étude publiée dans la revue ‘Nature’. Mais les mouches mâles non infectées et modifiées pourraient se reproduire avec les femelles infectées par la bactérie Wolbachia, imitant parfaitement le fonctionnement naturel du mécanisme de stérilité.

La capacité des femelles infectées à « sauver » le sperme modifié a rappelé aux chercheurs de l’École de médecine de Yale la réaction d’un antidote à une toxine.
Ils ont théorisé que la paire de gènes était constituée d’un gène de la toxine, cidB, et d’un gène antidote, cidA.

Les chercheurs ont inséré le gène de la toxine dans la levure, l’ont activé, et ont vu que la levure a été tuée. Mais quand les deux gènes étaient présents et actifs, la levure a survécu, dit Mark Hochstrasser, un co-auteur de l’étude parue dans ‘Nature Microbiology’.

L’histoire continue après le graphique

Contrôles possibles de la maladie

Schéma d’après T. Tibbitts / E. Otwell ; Source : S. Bordenstein / Université de Vanderbilt.

Les scientifiques pourraient insérer les gènes de bactéries dans les moustiques non infectés par Wolbachia (à gauche) ou dans les bactéries pour infecter les des insectes (à droite) pour aider à contrôler la propagation du virus Zika et de la dengue.


Colonne de gauche – Des moustiques sans bactéries Wolbachia transmettent le virus Zika et la dengue. Stratégie de contrôle N°1 : insertion directe des gènes d’incompatibilité dans le génome de moustiques mâles. Il en résulte que la dissémination des mâles porteurs des gènes d’incompatibilité et la présence des femelles ‘sauvages’ normales, aboutissent à ce que les œufs de ces dernières n’éclosent pas et que la population locale des moustiques tend vers l’extinction.

Colonne de droite – Des moustiques porteurs des bactéries Wolbachia bloquent la transmission du virus Zika et de la dengue. Stratégie de contrôle N°2 : insertion des gènes d’incompatibilité dans les bactéries Wolbachia. La dissémination des mâles porteurs des gènes d’incompatibilité et la présence des femelles ‘sauvages’ normales, aboutissent à l’extinction de la population locale de moustiques.

L’équipe de Mark Hochstrasser a également créé des insectes transgéniques.

[Selon Wikipédia, « Un insecte génétiquement modifié est un insecte dont le patrimoine génétique a été modifié par l’Homme. Un insecte transgénique est un animal au génome duquel a été introduit, par transgenèse, un ou plusieurs gènes. L’élevage d’insectes génétiquement modifiés peut être une solution pour contrôler des populations d’insectes qui posent un problème (qu’ils soient ravageurs ou vecteur de maladies). Des tentatives sont faites pour par exemple essayer de rendre résistants au Plasmodium des souches de moustiques, qui ne transmettraient plus le paludisme1,2… » Article complet sur le site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Insecte_g%C3%A9n%C3%A9tiquement_modifi%C3%A9 ].

[Voir également en annexe 2 une sélection d’articles mettant en cause les insectes transgéniques (OGM).


L’équipe de Mark Hochstrasser a utilisé la souche de Wolbachia qui infecte les moustiques communs Culex pipiens.

[Selon Wikipédia, « Le Moustique commun1 ou Maringouin domestique2 (Culex pipiens) est le plus commun des moustiques du genre Culex dans l’hémisphère nord. Il en existe diverses sous-espèces qui ne peuvent être déterminées qu’au microscope, via l’étude des pièces génitales (Culex pipiens pipiens, Culex pipiens molestus, etc.). Sa femelle pique l’homme ou d’autres espèces d’animaux à sang chaud pour faire le repas de sang qui est nécessaire à la production de ses œufs. Elle est dotée de biocapteurs lui permettant de détecter la température, le CO2 et certaines odeurs, et ainsi repérer ses proies. Elle semble également, dans certaines circonstances, attirée par la lumière.[réf. nécessaire] Cette espèce est souvent appelée moustique1 ou maringouin tout court, ou bien encore Cousin commun1, Moustique domestique1, Maringouin commun….. » Article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Culex_pipiens ].

L’insertion des deux gènes chez les mâles pourrait être utilisée pour contrôler les populations de moustiques Aedes aegypti, qui peuvent transporter des maladies telles que Zika et la dengue.

[D’après Wikipédia, « Aedes aegypti est une espèce de moustique qui est le vecteur principal de la dengue, du virus Zika, du chikungunya et de la fièvre jaune. C’est un petit moustique, long de 5 mm environ, de couleur sombre que l’on peut reconnaître par les marques blanches bien visibles sur les pattes et un dessin en forme de lyre sur le thorax (ce dernier détail le distingue du moustique tigre Aedes albopictus avec lequel il peut être confondu, alors que celui-ci possède à la place une ligne blanche longitudinale sur son thorax et sa couleur générale noire est plus foncée). Il est originaire d’Afrique1, mais on le trouve maintenant dans les régions tropicales à travers le monde2. Ce moustique est considéré comme un des plus importants vecteurs de maladies. Il a un mode de vie qui le rend particulièrement proche de l’homme et, comme la plupart des moustiques, semble pouvoir rapidement développer des résistances à la plupart des insecticides. On cherche donc à mieux comprendre son écologie. Seule la femelle pique… » Article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aedes_aegypti ].

L’effet de stérilité de la bactérie Wolbachia n’est pas total : il n’y a pas toujours 100 pour cent des œufs qui sont touchés, dit Bordenstein. « L’ajout de paires supplémentaires de gènes dans les bactéries pourrait rendre la stérilisation plus puissante, créant ainsi un « super Wolbachia ».

On pourrait également éviter d’infecter les moustiques, dit Bordenstein. En insérant les deux gènes chez les mâles non infectés et en les libérant, en les disséminant dans les populations de moustiques sauvages, vous pourriez « essentiellement anéantir la population », dit-il.

Mark Hochstrasser souligne que la deuxième méthode est plus sûre car dans le cas de Wolbachia il peut y avoir des effets négatifs à long terme.

Toutefois, Neill, qui dirige un programme de recherche appelé ‘Eliminate Dengue’ visant à disséminer dans l’environnement des moustiques infectés par Wolbachia, met en garde contre le contrôle des populations de moustiques par le génie génétique, en raison des réticences et des préoccupations du public au sujet de la technologie. « Nous pensons qu’il vaut mieux que nous nous concentrions sur une alternative naturelle », dit-il.

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Citations

D.P. LePage et al. Prophage WO genes recapitulate and enhanceWolbachia-induced cytoplasmic incompatibility. Nature. Published online February 27, 2016. doi:10.1038/nature21391.

J.F. Beckmann, J.A. Ronau and M. Hochstrasser. AWolbachiadeubiquitylating enzyme induces cytoplasmic incompatibility. Nature Microbiology. Published online February 27, 2016. doi : 10.1038/nmicrobiol.2017.7.

Further Reading – Lectures complémentaires

S. Milius. FDA OKs first GM mosquito trial in U.S. but hurdles remain. Science News Online, August 5, 2016.

S. Milius. Efforts to control mosquitoes take on new urgency. Science News. Vol. 189, April 2, 2016, p. 30.

S. Milius. Malaria mosquito dosed with disease-fighting bacteria. Science News Online, May 9, 2013.

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Annexe 1

Action d’urgence pour lutter contre les moustiques et préparation face au virus Zika - 18 mars 2016 | OMS Genève

Résumé

Les 14 et 15 mars 2016, le Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS a examiné cinq outils potentiels de lutte antivectorielle ainsi que les outils existants, pour une utilisation dans le cadre de la riposte à l’épidémie de Zika, notamment : (1) la lutte contre les agents pathogènes humains par l’intermédiaire de moustiques adultes (Wolbachia), (2) la lutte contre les moustiques par manipulation génétique (OX513A), (3) la technique de l’insecte stérile, (4) les pièges à vecteurs, et (5) les appâts sucrés toxiques.

Les principales conclusions et recommandations issues de cette réunion sont les suivantes :

  • les programmes de lutte antivectorielle utilisant les outils et stratégies existants, lorsqu’ils sont correctement mis en œuvre, sont efficaces pour réduire la transmission des maladies véhiculées par Aedes, notamment Zika. Il faut donc promouvoir ces outils et les utiliser pour lutter contre le virus Zika. Ils comprennent notamment : (i) la pulvérisation ciblée d’insecticides à effet rémanent ; (ii) la pulvérisation spatiale ; (iii) la lutte antilarvaire ; et (iv) les mesures de protection personnelle ;
  • le déploiement programmatique à grande échelle des cinq nouveaux outils potentiels examinés par le Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle n’est pas recommandé pour le moment. Néanmoins, le Groupe recommande le déploiement pilote, soigneusement planifié et dans les conditions réelles d’utilisation, de deux outils (lutte biologique utilisant Wolbachia et moustiques transgéniques OX513A), accompagné d’un suivi et d’une évaluation indépendants ;
  • il est nécessaire d’obtenir davantage de données avant d’envisager le déploiement pilote des trois autres outils examinés (technique de l’insecte stérile, pièges à vecteurs et appâts sucrés toxiques).
    Contexte

Le 1er février 2016, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que les foyers de cas de microcéphalie et de syndrome de Guillain-Barré ayant un lien temporel avec la transmission du virus Zika constituaient une urgence de santé publique de portée internationale. Le 8 mars 2016, à l’issue de la deuxième réunion du Comité d’urgence du Règlement sanitaire international consacrée au virus Zika, des recommandations temporaires ont été formulées concernant la lutte contre les moustiques (lutte antivectorielle), notamment celles-ci :

  • la surveillance des vecteurs, y compris la détermination de l’espèce de moustique vectrice et de sa sensibilité aux insecticides, doit être renforcée afin de consolider l’évaluation des risques et les mesures de lutte antivectorielle ;
  • les mesures de lutte antivectorielle et les mesures de protection personnelle appropriées doivent être massivement promues et appliquées afin de réduire le risque d’exposition au virus Zika ;
  • les pays doivent renforcer les mesures de lutte antivectorielle sur le long terme et le Directeur général de l’OMS devrait étudier la possibilité de recourir à des mécanismes du RSI et envisager de présenter cette problématique à une prochaine Assemblée mondiale de la Santé, dans le but de mobiliser davantage les pays sur cette question.
    Afin d’examiner les données disponibles sur la lutte antivectorielle liée à la maladie à virus Zika, notamment les nouveaux outils potentiels, le Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle et d’autres experts ont organisé une réunion extraordinaire qui s’est tenue les 14 et 15 mars 2016 à Genève. Les principaux aboutissements de cette réunion sont résumés ci-dessous.

Conclusions et recommandations du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle

1. . Les programmes de lutte antivectorielle utilisant les outils et stratégies existants, lorsqu’ils sont correctement mis en œuvre, sont efficaces pour réduire la transmission des maladies véhiculées par Aedes, notamment Zika. Les interventions de lutte antivectorielle adaptées à la riposte à l’épidémie de Zika sont notamment :

  • la pulvérisation ciblée d’insecticides à effet rémanent sur les gîtes de repos des moustiques Aedes spp. essentiellement à l’intérieur des maisons et, dans une moindre mesure, autour de celles-ci. Cette mesure constitue la principale intervention de lutte antivectorielle pour une riposte immédiate ;
  • la pulvérisation spatiale , qui est efficace à l’intérieur des bâtiments où les moustiques Aedes spp. se reposent et piquent. Son effet n’est pas rémanent. Son application à l’extérieur ne supprime que temporairement les populations de vecteurs et elle n’est pas aussi efficace qu’une l’application à l’intérieur ;
  • la lutte antilarvaire, notamment la réduction des sources de moustiques et l’utilisation de larvicides, qui doit être appliquée si besoin à travers la mobilisation de la communauté ;
  • les mesures de protection personnelle qui doivent être utilisées pour se protéger des piqûres de moustiques le jour. Elles comprennent l’utilisation de répulsifs appropriés et le port de vêtements amples de couleur claire. Ces mesures sont particulièrement importantes pendant la grossesse.
    La mise en œuvre des interventions de lutte antivectorielle existantes se heurte à un certain nombre de problèmes, comme l’urbanisation sauvage, les insuffisances de l’application du programme, le manque de capacités humaines, financières et infrastructurelles, et le manque de volonté politique. La mise en œuvre de la lutte antivectorielle doit être renforcée et plus rigoureuse si l’on veut réduire les populations de vecteurs infectés et la transmission des maladies véhiculées par Aedes.

Toutes ces interventions doivent être bien ciblées et orientées en fonction des conditions locales et des données entomologiques et épidémiologiques, notamment la sensibilité aux insecticides. Il convient d’utiliser, pour la lutte antivectorielle, les insecticides recommandés par l’OMS auxquels les moustiques sont sensibles.

2. De nouveaux outils. . Plusieurs nouveaux outils potentiels prometteurs pour lutter contre les vecteurs ont été examinés dans le cadre de la riposte à l’épidémie de Zika. Ces nouveaux outils ont la capacité de réduire les populations de vecteurs et/ou la multiplication virale à des niveaux minimums, et donc de prévenir la transmission.

Si plusieurs outils ont amplement démontré leur effet entomologique, l’absence de données solides sur leur impact épidémiologique pour les virus véhiculés par Aedes ne permet pas, pour l’heure, de recommander le déploiement programmatique à grande échelle de ces nouveaux outils. Néanmoins, les données disponibles justifient un déploiement pilote, limité dans le temps et dans les conditions réelles d’utilisation, de deux de ces nouveaux outils, accompagné d’un suivi et d’une évaluation rigoureux.

Recommandations spécifiques

  • 2a. La lutte microbienne contre les agents pathogènes humains par l’intermédiaire de vecteurs adultes (Wolbachia). Les données disponibles indiquent que la bactérie symbiotique Wolbachia spp. lorsqu’elle est introduite dans des populations d’Aedes aegypti, réduit la capacité de ces moustiques à transmettre des arbovirus aux humains. Des résultats de laboratoire montrent que l’infection par Wolbachia réduit la réplication des virus de la dengue, Chikungunya et Zika dans l’organisme des moustiques Aedes et élimine ou retarde notablement la présence du virus dans la salive du moustique, réduisant ainsi sa capacité à transmettre le virus de la dengue. Cette stratégie consiste à établir et à maintenir Wolbachia dans les populations locales de moustiques Aedes spp., ce qui bloque la transmission du virus de manière persistante.
    • Le Groupe recommande le déploiement pilote, soigneusement planifié et dans les conditions réelles d’utilisation, de cet outil, accompagné d’un suivi et d’une évaluation rigoureux et indépendants, qui renforcera les moyens entomologiques pour étayer l’utilisation effective de l’outil. Les projets d’essais contrôlés randomisés qui génèrent des données épidémiologiques doivent se poursuivre afin d’obtenir les informations nécessaires pour un usage programmatique systématique de Wolbachia contre les maladies véhiculées par Aedes
  • 2b. La réduction des populations de moustiques par manipulation génétique. OX513A est une souche transgénique de Aedes aegypticréée pour porter un matériel génétique mortel dominant, répressible, non spécifique du sexe et à l’action retardée, ainsi qu’un marqueur fluorescent. En l’absence de tétracycline ou d’un de ses analogues, les larves qui portent le gène OX513A se développent normalement, mais meurent avant l’âge adulte. Cette technologie a démontré qu’il était possible de réduire les populations d’Aedes aegypti dans des essais sur le terrain, à petite échelle, conduits dans plusieurs pays ; cependant, on ne dispose pas de données sur l’impact épidémiologique de cet outil. En outre, il faut effectuer des lâchers de moustiques mâles transgéniques en permanence pour maintenir la suppression des populations d’Aedes aegypti sauvages.
    • Le Groupe recommande le déploiement pilote, soigneusement planifié et dans les conditions réelles d’utilisation, de cet outil, accompagné d’un suivi et d’une évaluation rigoureux et indépendants, qui renforcera les moyens entomologiques pour étayer l’utilisation effective de l’outil. Des essais contrôlés randomisés qui génèrent des données épidémiologiques doivent être menés afin d’obtenir les informations nécessaires pour un usage programmatique systématique d’Aedes OX513A contre les maladies véhiculées par Aedes.
    • Le Groupe recommande le déploiement pilote, soigneusement planifié et dans les conditions réelles d’utilisation, de cet outil, accompagné d’un suivi et d’une évaluation rigoureux et indépendants, qui renforcera les moyens entomologiques pour étayer l’utilisation effective de l’outil. Des essais contrôlés randomisés qui génèrent des données épidémiologiques doivent être menés afin d’obtenir les informations nécessaires pour un usage programmatique systématique d’Aedes OX513A contre les maladies véhiculées par Aedes.
  • 2c. La technique de l’insecte stérile (FAO/AIEA). Cette technique consiste à produire en masse des moustiques, à séparer les femelles des mâles, et à stériliser ces derniers. Pour les rendre stériles, les mâles sont exposés à de faibles doses de radiation. Les mâles stériles lâchés dans la nature s’accouplent avec des moustiques femelles sauvages de la même espèce, lesquels produisent par la suite des œufs non viables, ce qui entraîne une diminution des populations de moustiques sauvages. Lorsque le nombre de mâles stériles est supérieur à celui des mâles fertiles dans un environnement naturel, la population de moustiques cible est réduite. La technique de l’insecte stérile est une technologie bien établie qui a fait ses preuves dans la lutte contre les nuisibles dans les domaines agricole et vétérinaire. La FAO et l’AIEA fournissent un soutien technique et des orientations aux États Membres pour l’utilisation de cette technique, et un appui pour développer les moyens de lutte. Des réseaux régionaux sont disponibles en Asie du Sud et du Sud-Est, et d’autres sont actuellement mis en place en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Europe. La combinaison de la technique de l’insecte stérile et de la technique de l’insecte incompatible par inoculation de Wolbachia constitue un nouvel outil prometteur pour réduire les populations d’Aedes spp.
    • Le Groupe recommande la conduite d’études pilotes soigneusement planifiées afin de générer des données entomologiques et épidémiologiques pour étayer l’utilisation de la technologie de l’insecte stérile appliquée aux moustiques Aedes spp. dans différents contextes, et en combinaison avec des outils existants ou nouveaux (Wolbachia ) dans le cadre des approches de gestion intégrée des vecteurs. L’OMS devrait travailler en étroite collaboration avec la FAO/AIEA pour élaborer des orientations à caractère normatif relatives à l’impact épidémiologique de la technologie de l’insecte stérile pour étayer l’évaluation et l’application de cette technologie par les États Membres.
  • 2d. Les pièges à vecteurs pour maîtriser la maladie. Plusieurs pièges pour surveiller et lutter contre Aedes ont été proposés au Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle. La technologie du piège à vecteurs peut réduire les populations de moustiques en attirant et en tuant les moustiques femelles qui pondent, et peut contribuer à améliorer la surveillance des vecteurs. L’efficacité entomologique de ces pièges a été démontrée dans un nombre limité d’essais sur le terrain. Bien que les données préliminaires aient été examinées par le comité, les données relatives à l’intérêt des pièges à vecteurs pour la santé publique doivent être consolidées et les modalités d’application effective de la technique doivent être définies.
    • Outre des essais contrôlés randomisés permettant de générer des données épidémiologiques pour étayer une utilisation programmatique systématique de cette technique pour lutter contre les virus véhiculés par Aedes, il faut également mener des études pour démontrer la faisabilité globale de l’utilisation de ces pièges pour lutter à grande échelle contre les moustiques Aedes et pour évaluer l’impact de cette technique sur la maladie. Ces études devraient notamment évaluer la pérennité, la faisabilité, la rentabilité et l’acceptabilité communautaire des pièges à vecteurs dans différents contextes, ainsi que la gestion des pièges sur le long terme. Il faudrait également explorer l’utilité de la technique des pièges pour la surveillance systématique des populations de moustiques Aedes.
  • 2e. Les appâts mortels/appâts sucrés toxiques.L’utilisation d’appâts sucrés toxiques est une nouvelle méthode qui consiste à employer des classes d’insecticides qui, une fois ingérés par le moustique, agissent comme un poison. Cette technologie repose sur le principe « attirer et tuer » : les substances qui attirent le moustique sont combinées à des toxines qui tuent l’insecte cible qui les a ingéré. Les appâts sucrés toxiques sont pulvérisés sur les habitats végétaux des moustiques à l’intérieur et autour des maisons ou, à défaut, sur des « repères » construits pour attirer puis tuer les moustiques à la recherche de sucre.
    • Les précédentes conclusions du Groupe publiées en novembre 2014 restent valables ; une évaluation approfondie, notamment de l’impact entomologique et épidémiologique, de l’acceptabilité, de la conformité et des risques d’exposition, est nécessaire avant de pouvoir envisager un déploiement programmatique à grande échelle de cet outil.
    Aller de l’avant

La lutte contre les moustiques Aedes spp. , aujourd’hui et dans le futur, ne doit plus être une approche réactive mais une intervention proactive pérenne basée sur des données entomologiques et épidémiologiques. Cette lutte doit être axée sur l’amélioration de la qualité et de l’étendue de la mise en œuvre des interventions de lutte antivectorielle pour obtenir l’impact optimal – tant dans le contexte de la riposte immédiate à la maladie à virus Zika que, plus généralement, dans la lutte contre toutes les maladies véhiculées par Aedes.

Lors de la planification et de la mise en œuvre des programmes de lutte contre les maladies transmises par Aedes, un certain nombre de facteurs doivent être pris en compte, parmi lesquels : l’engagement des pays, la collaboration intersectorielle et le renforcement des moyens pour la surveillance entomologique, pour une lutte efficace à long terme et pour une riposte rapide aux flambées épidémiques.

Pour plus d’informations, prière de prendre contact avec
Ashok Moloo Département des Maladies tropicales négaligées, OMS
Téléphone : +41 22 791 1637 Portable : +41 79 540 50 86 Courriel : molooa@who.int

Saira Stewart Programme mondial de lutte antipaludique
Téléphone : +41 22 791 4217 Portable : +41 79 500 65 38 Courriel : stewarts@who.int

Liens

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Annexe 2

Sélection d’articles mettant en cause les insectes transgéniques (OGM)

Insectes génétiquement modifiés : une aberration écologique - Inf’OGM www.infogm.org/article5050

16 avr. 2012 - En 2010, les insectes transgéniques font leur entrée dans le débat public sur les OGM avec deux lâchers expérimentaux d’insectes GM [3] ...

Les insectes transgéniques soulèvent de nombreuses questions https://www.infogm.org/Les-insectes...

Des chercheurs modifient génétiquement des insectes afin d’inhiber la transmission de maladies à l’homme, de combattre les ravageurs ou de rendre ces (...)

OGM : Culture OGM > Résistance aux insectes

www.ogm.gouv.qc.ca/utilisation_actu...

La lutte contre les insectes nuisibles constitue l’une des principales préoccupations des agriculteurs. Ces derniers ont donc recours aux insecticides ...

Des insectes génétiquement modifiés pour prévenir la transmission de ... www.pseudo-sciences.org › Chroniques › Du côté de la science

3 févr. 2015 - Les premiers animaux transgéniques, des souris, ont été obtenus en 1980 et les premiers insectes transgéniques, des drosophiles ...

L’effet papillon des insectes OGM www.humanite.fr/leffet-papillon-des...

L’effet papillon des insectes OGM. Séric Serres. Mercredi, 22 Octobre, 2014. L’Humanité. Quand un papillon génétiquement modifié est appelé au secours ...

OGM : les insectes deviennent inévitablement résistants - notre ... www.notre-planete.info/actualites/3...

13 sept. 2013 - Avec l’augmentation des surfaces cultivées avec des plantes transgéniques produisant des protéines insecticides, les insectes développent ...

[PDF] [La réglementation concernant les insectes transgéniques OGM ... - isias www.isias.lautre.net/.../ISIS_La_re......

dissémination dans l’environnement des insectes transgéniques [organismes ... insectes transgéniques, émise par le Département américain de l’Agriculture en.

Insectes OGM Brèves - [Yonne Lautre] - Pour prendre connaissance d’une série d’articles sur l’utilisation d’insectes génétiquement modifiés

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Traduction, compléments entre […] , annexe 1 provenant de l’OMS sur « Action d’urgence pour lutter contre les moustiques et la préparation face au virus Zika » ; annexe 2 d’une sélection d’articles mettant en cause l’utilisation des insectes transgéniques (OGM) et intégration de liens hypertextes

par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 20/03/2017

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