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Revue concernant la société Monsanto, par Jacques Hallard

samedi 10 juin 2017 par isias



ISIAS Pesticides

Revue concernant la société Monsanto
Roundup’ et glyphosate : accès à des articles du journal ‘Le Monde’ et du magazine ‘Marianne’ sur les ‘Monsanto Papers’ concernant ce produit commercial et sa matière active à effet herbicide de la firme américaine Monsanto
Jacques HALLARD, Ing. CNAM – Site ISIAS – 09/06/2017



Plan du dossier

A. (Re)découvrir la société Monsanto, ses trupitudes et ses scandales

B. Contributions de Marie-Monique Robin (journaliste et réalisatrice) sur Monsanto

C. Quelques articles sur Monsanto postés sur le site ISIAS

D. Divers articles de presse 2016-2017 portant sur le ‘Tribunal Monsanto’

E. Sélection d’articles de 2017 sur les « Monsanto Papers »

F. Informations détaillées sur ‘Roundup’ et glyphosate

Spécialités commerciales ‘Roundup’ – Article Wikipédia en entierr

Matière active à effet herbicide glyphosate Article Wikipédia complet + autres accès

Fin du document – Auteur

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A.
(Re)découvrir la société Monsanto, ses turitudes et ses scandales

D’après Wikipédia, « Monsanto Company, généralement appelée simplement Monsanto, est une entreprise américaine spécialisée dans les biotechnologies agricoles. Fondée en 1901 par John Francis Queeny, elle fusionne avec Pharmacia & Upjohns en décembre 1999 et s’en sépare en 2002. Légalement, l’entreprise Monsanto Company n’existe que depuis 2002 sous cette appellation3. Dans les années 1940, Monsanto était un producteur majeur de plastiques comme le polystyrène et des fibres synthétiques. Monsanto est notamment la première entreprise à avoir produit des DEL visibles en masse4. Elle a aussi produit des PCB et de l’agent orange, de l’aspartame et de l’hormone bovine de croissance recombinée ».

« Au début des années 1980, le potentiel des biotechnologies végétales provoque une forte réorganisation du marché des produits phytosanitaires et des semences, autrefois séparés. Monsanto se désengage alors de la chimie industrielle pour s’orienter vers la biotechnologie et les semences via une politique de rachat intensif. D’autres entreprises du secteur de la chimie agricole feront de même durant les années 1980 et 1990, ce qui aboutira à la fondation des grandes entreprises du secteurs : Syngenta, Dow AgroScience et Pioneer Hi-Bred, toutes étant présentes sur les marchés des semences, des produits phytosanitaires et des organismes génétiquement modifiés (OGM) ».

« Monsanto était détentrice du brevet aujourd’hui tombé dans le domaine public sur le glyphosate, herbicide total qu’elle commercialise sous la marque « Roundup », et qui reste l’herbicide le plus utilisé dans le monde. Monsanto est depuis près d’une décennie le numéro 1 mondial sur le marché des semences5 et le premier fournisseur d’événements de transformation génétique utilisés pour la production de semences génétiquement modifiées. L’entreprise a été impliquée dans divers scandales sanitaires et écocides. Depuis septembre 2016, Monsanto appartient à la firme pharmaceutique allemande Bayer ». Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Monsanto

Des informations anciennes alarmantes sur cette société étaient déjà publiées par le journal ‘Le Monde’ en 2012. Voir l’article « Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires - Le Monde » - 16 février 2012 – « Malgré des condamnations à répétition, rien n’arrête la croissance du géant américain… » Site : http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2012/02/16/monsanto-un-demi-siecle-de-scandales-sanitaires_1643081_3244.html?xtref=https://www.google.fr/

En 2016, ‘Slatefr’ sortait également un dossier intitul : « Monsanto, trois vies et beaucoup de scandales » - Auteure  : Aude Lorriaux — 24.05.2016 - 7 h 18, mis à jour le 24.05.2016 à 7 h 18 – « Passée de la chimie à l’agriculture puis aux biotechnologies, la firme américaine, que Bayer veut racheter, jouit d’une réputation sulfureuse »….

Sous-titres :

Du fabricant de saccharine au géant de la chimie

L’un des principaux producteurs mondiaux de PCB

Monsanto se spécialise dans l’agriculture

La conversion en firme biotechnologique

‘Slatefr’ - Tous droits réservés sur les contenus du site – Article complet à lire ici : http://www.slate.fr/story/118483/monsanto-scandales

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B.
Contributions de Marie-Monique Robin (journaliste et réalisatrice) sur Monsanto

La société Monsanto a fait l’objet de nombreuses investigations et publications par Marie-Monique Robin. D’après Wikipédia, « Marie-Monique Robin est une journaliste d’investigation, réalisatrice et écrivaine française née le 15 juin 1960 à Gourgé (Deux-Sèvres). Elle a reçu le prix Albert-Londres en 1995 et le prix norvégien Rachel Carson1 en 2009. Le 8 juin 2013, elle a été décorée de la Légion d’honneur à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), remise par la sociologue Dominique Méda2. Photo : Marie-Monique Robin à la Fête de la Fraternité en septembre 2009 à Montpellier… » Article complet à retrouver sur le site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Monique_Robin

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Acccès à quelques productions de Marie-Monique Robin  :

Le monde selon Monsanto - Marie-Monique Robin - YouTube

Vidéo  1:49:05 https://www.youtube.com/watch?v=cVn...

25 déc. 2013 - Ajouté par La Grande Tromperie. « Fruit d’une enquête exceptionnelle de trois ans sur trois continents, le film et le livre reconstituent la genèsed ... »

Le Monde selon Monsanto — Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Mo...

Film – « Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution. Le Monde selon Monsanto (sous-titré De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien) est un film documentaire réalisé par Marie-Monique Robin au sujet de la multinationale américaine Monsanto ... »

Le monde selon Monsanto synospis - Marie-Monique Robin

https://www.mariemoniquerobin.com/m...

« Fruit d’une enquête exceptionnelle de trois ans sur trois continents, le film et le livre reconstituent la genèse d’un empire industriel ...

Le monde selon Monsanto Archives - Le blog de Marie-Monique ...

www.arte.tv/sites/robin/category/le...

31 août 2015 - ... Le monde selon Monsanto Archives - Le blog de Marie-Monique Robin | ARTE” ... Nouvelles de Monsanto, Colombie et des Déportés ...

Comment Marie-Monique Robin a percé le mystère Monsanto ...

television.telerama.fr/.../26228-comment_marie_monique_robin_perce_le_mystere_...

Comment Marie-Monique Robin a percé le mystère Monsanto. François Ekchajzer ; Publié le 08/03/2008. Mis à jour le 02/07/2015 à 09h58. ...

Marie Monique Robin : « Si le PDG de Monsanto risquait la prison, il ...

www.humanite.fr/marie-monique-robin......

13 oct. 2016 - Pour juger les crimes contre l’environnement, la Cour pénale internationale dit vouloir étendre ses compétences....

Le monde selon Monsanto - Marie-Monique ROBIN - Éditions La ...

www.editionsladecouverte.fr/.../ind.......

Le monde selon Monsanto - De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien. Marie-Monique ROBIN.

Le Monde selon Monsanto - film 2008 - AlloCiné

www.allocine.fr › Cinéma › Tous les films › Films Documentaire - Note : 4,1 - ‎144 votes

Le Monde selon Monsanto est un film réalisé par Marie-Monique Robin avec George W. Bush, Marie-Monique Robin. Synopsis...

Marie-Monique Robin : du journalisme au militantisme (...)

https://agriculture-environnement.f......

A la veille du débat sur les OGM, le reportage Le monde selon Monsanto a été ... a réagi Marie-Monique Robin dans le quotidien Libération du 22 mars 2008.

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C.
Quelques articles sur Monsanto postés sur le site ISIAS

’Rétrospective sur la fusion Bayer avec Monsanto et le Tribunal Monsanto La Haye octobre 2016 - Sélection d’articles parus’, par Jacques Hallard

dimanche 23 octobre 2016 par Hallard Jacques - français

’Tribunal Monsanto : la société civile se saisit des crimes contre la nature’ par Catherine Le Bris

lundi 17 octobre 2016 par Le Bris Catherine - français

’Tribunal Monsanto : très lourdes charges contre la firme’ par Marina Fabre

jeudi 20 avril 2017 par Fabre Marina - français

’Tribunal Monsanto : à quoi le procès citoyen de la multinationale va-t-il servir ?’ par Magali Reinert

samedi 15 avril 2017 par Reinert Magali - français

Tribunal Monsanto en octobre 2016

dimanche 17 juillet 2016 par isias - français

’Un toxicologue allemand accuse les autorités européennes de fraude scientifique sur la liaison entre la matière active à effet herbicide glyphosate et le cancer’ par Claire Robinson

mercredi 14 décembre 2016 par Robinson Claire - français

’Monsanto poursuivi pour crimes contre l’humanité’

samedi 9 janvier 2016 par ISIS - français

’Monsanto, de scandale en scandale’ par Marina Fabre

samedi 22 avril 2017 par Fabre Marina - français

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D.
Divers articles de presse 2016-2017 portant sur le ‘Tribunal Monsanto’

International Monsanto Tribunal - April 2017

fr.monsantotribunal.org/

Le Tribunal Monsanto est une mobilisation internationale de la société civile pour juger Monsanto pour violations des droits humains et pour écocide.

Qui sommes-nous ? · ‎Tribunal · ‎Dernières nouvelles · ‎Pourquoi ?

Tribunal Monsanto : la firme américaine reconnue coupable d’atteinte ...

www.lemonde.fr/.../tribunal-monsant......

18 avr. 2017 - Six mois après le procès citoyen intenté au géant de l’agrochimie, les juges ont rendu, mardi, leur « avis consultatif » et demandent la ...

Tribunal Monsanto : un avis citoyen pour « rééquilibrer le droit ...

www.liberation.fr/.../tribunal-mons......

18 avr. 2017 - Voici, en substance, la principale conclusion de l’« avis consultatif » rendu ce mardi par les juges du Tribunal international Monsanto, un ...

Tribunal Monsanto : à quoi le procès citoyen de la multinationale va-t ...

www.novethic.fr/.../tribunal-monsan......

14 avr. 2017 - Le tribunal Monsanto rendra son jugement mardi 18 avril. L’exercice est inédit : juger la multinationale de l’agrochimie pour l’ensemble de son ...

Tribunal Monsanto : un procès symbolique mais juste et légitime ...

https://www.greenpeace.fr/tribunal-......

Du 14 au 16 octobre 2016 des agriculteurs, des scientifiques et des activistes du monde entier se sont rassemblés au Tribunal Monsanto à La Hague, aux ...

Monsanto reconnu coupable par le tribunal citoyen de La Haye - Politis

https://www.politis.fr/.../monsanto......

19 avr. 2017 - Fin octobre 2016, un collectif d’organisations citoyennes organisaient à La Haye (Pays-Bas) un « Tribunal Monsanto » pour faire juger, par ...

Monsanto coupable d’atteinte aux droits humains selon un tribunal ...

https://www.sciencesetavenir.fr/.........

19 avr. 2017 - La firme Monsanto, productrice d’OGM et de pesticides, a été reconnue coupable d’atteinte aux droits humains et d’écocide par un tribunal ...

Tribunal Monsanto : “Il y a urgence à réaffirmer la primauté des droits ...

www.telerama.fr/.../tribunal-monsan......

20 avr. 2017 - En donnant une définition claire de l’écocide et en reconnaissant la culpabilité de la multinationale de l’agro-alimentaire, le tribunal Monsanto ...

Tribunal Monsanto : l’herbicideRoundup va-t-il être interdit ? - BFMTV

www.bfmtv.com/.../tribunal-monsanto.......

18 avr. 2017 - Ce mardi, le tribunal Monsanto - une initiative citoyenne qui se compose de juges internationaux - rendra un avis consultatif. Le géant des ...

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E.
Sélection d’articles de 2017 sur les « Monsanto Papers  »

NB. Les articles rapportés à la suite ont été classés dans l’ordre de leur publication

1. Ce que les « Monsanto Papers » révèlent du Roundup - 18.03.2017

2. ’Monsanto papers’ - Monsanto s’inquiétait déjà de la toxicité du Roundup en 1999 - 19/03/2017

3. « Monsanto Papers » : des eurodéputés veulent la révision de l’expertise du glyphosate - 24 mars 2017

4. « Monsanto papers » : la guerre du géant des pesticides contre la science - 01.06.2017

5. « Monsanto Papers » : la bataille de l’information - 02.06.2017

6. « Monsanto Papers » : vos questions sur l’enquête du « Monde » - 02 juin 2017

7. « Monsanto papers » : le glyphosate est « désormais la molécule la plus utilisée au monde » - 02.06.2017

8. « Monsanto Papers » : les leçons d’une enquête - 03.06.2017

9. Glyphosate (2) : Monsanto mène la ’bataille de l’information’ (Le Monde - 06/06/2017

#NEUF

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1.
Ce que les « Monsanto Papers » révèlent du Roundup - 18.03.2017

« La justice américaine a déclassifié des correspondances internes de la firme. Dès 1999, cette dernière s’inquiétait du potentiel mutagène du glyphosate ».

Auteur Stéphane Foucart. Publié Le 18.03.2017 à 06h45 Document ‘lemonde.fr’

Photo - Le Roundup. PHILIPPE HUGUEN / AFP -

EXTRAIT « Rarement hasard du calendrier aura été plus embarrassant pour une agence d’expertise. Dans le cadre d’une action intentée contre Monsanto, la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi 16 mars 2017, plus de 250 pages de correspondance interne de la firme agrochimique, montrant que cette dernière s’inquiétait sérieusement, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup, et molécule phytosanitaire la plus utilisée au monde…. »

Cet article est réservé à nos abonnés - S’abonner dès 1€-[BOUTON3]]- Source : http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2017/03/18/ce-que-les-monsanto-papers-revelent-du-roundup_5096602_3244.html?xtref=acc_dir

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2.
’Monsanto papers’ - Monsanto s’inquiétait déjà de la toxicité du Roundup en 1999 - Par Manon Gauthier-Faure. Publié par le magazine ‘Marianne’ le 19/03/2017 à 18:43

« La justice américaine a déclassifié des correspondances internes de Monsanto. Les découvertes qu’elle a pu faire sont alarmantes…

Plus de 250 pages de correspondance interne du géant Monsanto. Voilà ce que la justice fédérale américaine a décidé de déclassifier ce jeudi 16 mars, pour y faire une découverte édifiante. Il semble que de la firme de Saint-Louis (Missouri) se soit inquiétée dès 1999 du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif du Roundup, puissant désherbant et produit phare de l’entreprise.

Ces documents ont été rendus publics dans le cadre d’une action collective portée devant une cour fédérale de Californie par plusieurs centaines de travailleurs agricoles touchés par un lymphome. Après avoir pris connaissance d’un avis du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui date de 2015, tous sont convaincus qu’ils ont contracté la maladie après avoir été en contact prolongé avec le Roundup.

Lire aussi Bernac, haut lieu de la résistance contre Monsanto

Or, ce mercredi 15 mars 2017, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) déclarait que pour elle, le glyphosate n’était ni cancérogène, ni mutagène (capable d’engendrer des mutations génétiques).

Une étude pour un produit qui doit s’avérer non génotoxique

En 1999, Monsanto décide de faire appel à une autorité scientifique d’envergure afin de montrer patte blanche aux régulateurs européens. Le but de la manœuvre : les convaincre que le glyphosate n’est pas génotoxique. Le message suivant, écrit par un cadre de l’entreprise à ses collègues, laisse peu de doute quant à ce dessein :

’Prenons un peu de recul et regardons ce que nous voulons vraiment faire. Nous voulons trouver quelqu’un qui est familier du profil génotoxique du glyphosate/Roundup et qui peut avoir une influence sur les régulateurs, ou conduire des opérations de communication scientifique auprès du public, lorsque la question de la génotoxicité [du glyphosate] sera soulevée.’

Pour mener à bien ce projet, l’entreprise jette son dévolu sur James Parry, professeur à l’université de Swansea (Pays de Galles) et ponte de la génotoxicité. Manque de pot, celui-ci émet de sérieuses inquiétudes sur le glyphosate. Ses derniers mots ne sont d’ailleurs pas rassurants du tout : ’Je conclus que le glyphosate est un clastogène potentiel in vitro’. Par ’clastogène’, entendez ’susceptible de provoquer des ruptures dans une molécule d’ADN’ et d’y induire des aberrations chromosomiques. Le scientifique précise encore que le glyphosate pourrait induire un ’stress oxidatif’ sur les cellules, et recommande vivement de mener davantage de tests sur le glyphosate. Son rapport ne sera tout simplement jamais transmis aux autorités de régulation, ni rendu public.

Or, en mars 2015, c’est ce même ’stress oxidatif’ que le Centre international de recherche sur le cancer identifie et rend public. Monsanto s’empresse de qualifier son rapport de ’science pourrie’ dans un communiqué de presse.

Chez Monsanto, on s’étonne des conclusions de Parry. Le 31 août 1999, un cadre écrit qu’il est ’déçu’ et se demande même : ’A-t-il déjà travaillé pour l’industrie sur ce genre de projet ?’. Un mois plus tard, l’un des toxicologues de la firme écrit sans ambages à ses collègues :

’Parry n’est pas la personne qu’il nous faut et cela prendrait pas mal de temps, de dollars et d’études pour l’amener à l’être (…) Nous n’allons simplement pas conduire les études qu’il suggère’. Et d’ajouter à propos de la génotoxicité possible du glyphosate : ’Nous sommes actuellement très vulnérables’.

Interrogé parLe Monde, l’entreprise de Saint-Louis affirme : ’Le Dr Parry a initialement cru que ces études montraient des effets génotoxiques possibles du Roundup et a suggéré à Monsanto de conduire plus d’analyses, par le biais d’études de génotoxicité.’

Pour en avoir le cœur net, les plaignants et leurs avocats ont demandé d’avoir accès à davantage de documents internes...

Lire aussi : L’enquête qui dévoile l’’ Empire ’ Monsanto - justice - Etats-Unis - environnement

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Source : https://www.marianne.net/societe/monsanto-s-inquietait-deja-de-la-toxicite-du-roundup-en-1999

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3.
« Monsanto Papers » : des eurodéputés veulent la révision de l’expertise du glyphosate - Par Stéphane Foucart - 24 mars 2017 - Temps de lecture : 4 min

Les élus veulent déterminer si la firme agrochimique a délibérément falsifié des études sur la sûreté du pesticide dont la cancérogénicité est débattue

Photo - Du Roundup, le célèbre pesticide de Monsanto, dans un magasin de Bonneuil-sur-Marne, près de Paris, en juin 2015. © Charles Platiau / Reuters

« Les « Monsanto Papers » n’en finissent pas de porter préjudice au géant de l’agrochimie. Une trentaine de parlementaires européens de tous bords ont adressé, vendredi 24 mars, une lettre au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, afin de lui demander de ne pas renouveler l’autorisation du glyphosate sur le Vieux Continent. Ils appuient leur requête sur le contenu de plusieurs documents et correspondances internes de la firme de Saint Louis (Missouri), rendus publics dans le cadre d’une class action portée par des travailleurs agricoles atteints de cancer devant une cour fédérale de Californie… »

Pour lire l’article en entier, se repoter au site suivant, accès conditionnel sur ce site : : http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2017/03/24/monsanto-papers-des-eurodeputes-veulent-la-revision-de-l-expertise-du-glyphosate_5100479_3244.html?xtref=acc_dir

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4.
« Monsanto papers » : la guerre du géant des pesticides contre la science

Publié Le 01.06.2017 à 06h47 - Par Stéphane Foucart , Stéphane Horel

Temps de lecture : 16 minutes.

Pour sauver le glyphosate, la firme a entrepris de nuire par tous les moyens à l’agence des Nations unies contre le cancer. Premier volet de notre enquête.

EXTRAIT

Photo - Avia Terai, province du Chaco, Argentine : un technicien prépare les produits chimiques destinés à l’épandage par avion en mai 2014. ALVARO YBARRA ZAVALA / REPORTAGE BY GETTY IMAGES

« Nous avons déjà été attaqués par le passé, nous avons déjà subi des campagnes de dénigrement, mais nous sommes cette fois la cible d’une campagne orchestrée, d’une ampleur et d’une durée inédites. » Christopher Wild a vite replié sa haute silhouette et son sourire. Les toits de Lyon se déroulent en contrebas de la tour où siège le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), derrière les épaules de son directeur.

Christopher Wild a pesé chaque mot avec une gravité à la mesure de la situation. Depuis deux ans, un feu roulant cible l’institution qu’il dirige : la crédibilité et l’intégrité de son travail sont défiées, ses experts dénigrés, harcelés par voie d’avocats, ses financements fragilisés. Chargée depuis près d’un demi-siècle, sous les auspices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de dresser l’inventaire des substances cancérogènes, la vénérable agence commence à vaciller sous l’assaut.

Cet article est réservé à nos abonnés . S’abonner dès 1€—[HEADER]]-

Accès à partir du site : http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2017/06/01/monsanto-operation-intoxication_5136915_3244.html?xtref=acc_dir

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5.
« Monsanto Papers » : la bataille de l’information

Par Stéphane Foucart , Stéphane Horel - Publié Le 02.06.2017 à 06h43

Pour sauver le glyphosate, la firme s’en prend à l’agence des Nations unies contre le cancer, qui a classé son produit phare cancérogène. Deuxième volet de notre enquête.

Photo - En Argentine, troisième producteur mondial de soja, l’usage des pesticides est très répandu, comme ici dans les champs de la province de Santiago del Estero. ALVARO YBARRA ZAVALA

EXTRAIT – « Elle l’avait promis « plus inoffensif que le sel de table », mais c’était dans les publicités. Le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé sur la planète, le principal ingrédient de son produit-phare, le Roundup, sur lequel elle a bâti son modèle économique, sa fortune et sa réputation, commercialisé depuis plus de quarante ans et devenu best-seller avec le développement des semences transgéniques dites « Roundup ready », serait en réalité cancérogène. Le 20 mars 2015, Monsanto accuse le coup. Ce jour-là, le glyphosate est déclaré génotoxique (il endommage l’ADN), cancérogène pour l’animal et « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC)… »

Cet article est réservé à nos abonnés Abonnez-vous à partir de 1 €- Source : http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2017/06/02/monsanto-les-moissons-du-fiel_5137487_3244.html?xtref=acc_dir

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6.
« Monsanto Papers » : vos questions sur l’enquête du « Monde » - Le Monde le 2 juin 2017

Les journalistes à l’origine des révélations sur la campagne de déstabilisation menée par Monsanto pour défendre le glyphosate ont répondu à vos questions.

C’est la fin de ce tchat avec nos journalistes Stéphane Foucart et Stéphane Horel, merci pour vos nombreuses questions. Vous pouvez retrouver leur enquête sur LeMonde.fr

Tout découvrir sur le sujet : http://www.lemonde.fr/planete/live/2017/06/02/posez-vos-questions-sur-les-monsanto-papers_5137825_3244.html

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7.
« Monsanto papers » : le glyphosate est « désormais la molécule la plus utilisée au monde » - Publié Le 02.06.2017 à 17h08

Stéphane Foucart et Stéphane Horel, journalistes au « Monde », ont répondu à vos questions suite à la publication de leur enquête en deux volets consacrée aux « Monsanto papers ».

Photo- Un entrepôt de Monsanto à Charata (province du Chaco, Argentine). ALVARO YBARRA ZAVALA

« Pour sauver le glyphosate, son pesticide phare, la firme américaine Monsanto a entrepris de démolir, par tous les moyens, le Centre international de ­recherche sur le cancer (CIRC), l’agence des Nations unies contre le cancer, qui l’a classé ‘cancérogène’ ».

Accès conditionnel au texte complet - S’abonner dès 1€-[BOUTON3]]- Source : http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2017/06/02/monsanto-papers-plusieurs-etudes-suggerent-un-lien-entre-une-exposition-de-travailleurs-agricoles-au-glyphosate-et-un-cancer-du-sang_5138052_3244.html?xtref=acc_dir

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8.
« Monsanto Papers » : les leçons d’une enquête - Publié Le 03.06.2017 par le journal ‘Le Monde’

Editorial. Attaqué par Monsanto, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) devrait, a contrario, servir de modèle à une refonte en profondeur de l’expertise européenne.

Photo – Une boutique Monsanto, à Charata, en Argentine, en mai 2014. Alvaro Ybarra Zavala/Reportage by Getty Images – Extrait.

Editorial du « Monde ». « Dénigrement, menaces et propagande. Actions légales, pressions… Depuis deux ans, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) est la cible d’une campagne sans précédent qui fragilise cette organisation dans ses missions et remet en cause jusqu’à son financement. Son tort ? Avoir accompli le travail qui lui a été confié il y a près de cinquante ans par les Nations unies : identifier les substances cancérogènes et en dresser l’inventaire… »

Accès libre pour lire la totalité de l’article sur le site : http://mobile.lemonde.fr/idees/article/2017/06/03/monsanto-papers-les-lecons-d-une-enquete_5138336_3232.html?xtref=acc_dir

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9.

Glyphosate (2) : Monsanto mène la ’bataille de l’information’ (Le Monde)

Par la rédaction ‘Le Monde’, le 06/06/2017 - 17h42 - (Hélène Assekour)

Extrait – « Monsanto en guerre contre le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC), deuxième épisode. Le Monde dévoilaitla semaine dernière la stratégie d’influence de la multinationale. Dans le second volet de l’enquête, les journalistes Stéphane Foucart et Stéphane Horel se penchent sur ’la bataille de l’information’ menée par Monsanto, notamment via des articles publiés dans des revues scientifiques. Et avec un coup de main de l’agence Reuters… »

‘Le Monde ‘ - Notre ressource unique : vos abonnements - Vite-Dit : Les ’vite dit’ sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l’objet d’un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des ’vite dit’ a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des ’vite dit’ est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Accès à l’article complet à partir de ce site : http://www.arretsurimages.net/breves/2017-06-06/Glyphosate-2-Monsanto-mene-la-bataille-de-l-information-Le-Monde-id20676

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F.
Rappels sur les spécialités commerciales ‘Roundup’ et la matière active glyphosate – Articles de Wikipédia


ROUNDUP

Le Roundup est le nom commercial (nom de marque) d’un herbicide produit par la compagnie américaine Monsanto et commercialisé depuis 1975. Il est utilisé en épandage et peut l’être en pulvérisateur manuel. C’est un herbicide non sélectif, d’où le qualificatif d’« herbicide total », dont la substance active (herbicide) est le glyphosate. C’est un produit toxique1, irritant et écotoxique2 et cancérogène probable3. En France, une interdiction de la vente libre aux particuliers de ce produit est à l’étude4.

Son usage massif par les agriculteurs depuis la fin des années 1990 (c’était alors l’herbicide le plus vendu au monde) a conduit à l’apparition de mauvaises herbes résistantes au glyphosate5.

Sommaire

Le Roundup est un herbicide systémique non sélectif ; son caractère systémique, fait que lors d’une pulvérisation, le glyphosate est efficace même si la pulvérisation n’a atteint qu’une partie de sa cible (la plante).

Ce produit peut être utilisé associé à des cultures génétiquement modifiées (OGM) pour y résister, comme le soja « Roundup Ready ».

Sur des grandes surfaces de culture, dans les pays et lieux où cela est autorisé, il peut être diffusé par épandage aérien.

Il est aussi couramment utilisé comme désherbant domestique et urbain.

Modalité d’action sur la plante

Grâce au surfactant qui lui est associé dans la formulation commerciale, le glyphosate, sa substance active, pénètre à travers les organes aériens de la plante, même quand celle-ci est protégée par une cuticule cireuse. Véhiculé par la sève, il migre de son point de pénétration jusqu’aux points de croissance (apex, méristèmes) et à travers toute la plante (tige, feuilles, racines).

Le glyphosate bloque alors la synthèse des acides aminés aromatiques au niveau de tous les organes de réserve (feuille, rhizome, bulbe)6.

Écotoxicité

Elle est principalement liée à la toxicité directe du produit pour les plantes et les algues, mais le surfactant pourrait aussi être un facteur d’écotoxicité1.

Toxicité

En terme de toxicité aiguë, le glyphosate seul est réputé très peu actif pour les animaux à sang chaud ; cependant ajouté aux additifs et au surfactant qui composent le Roundup, il forme un produit irritant, écotoxique et toxique1. Mais cette affirmation de faible toxicité du glyphosate seul est contredite par des travaux scientifiques plus récents comme indiqué ci-dessous.

Outre des additifs dits « mineurs » tels que colorant, agents de texture (antimousse, silicone) dont la toxicité est a priori négligeable, les formulations commerciales de concentrés à base de glyphosate (CGCFs) du Roundup associent deux substances principales qui agissent synergiquement :

  • la substance active qu’est le glyphosate ; elle constitue environ 41 % du Roundup dans ses formulations historiquement typiques1. Le glyphosate est un inhibiteur de l’enzyme énolpyruvate-shikimate-3-phosphate-synthase (EPSPS, qui est responsable de la synthèse des acides aminés aromatiques vitaux chez les plantes et certains organismes dits inférieurs, mais non chez les animaux). Absorbé isolément, le Glyphosate est considéré comme très peu toxique pour les mammifères (DL 50> 5 000 mg/g chez les rongeurs, soit l’équivalent du sel)1. Le glyphosate a même été testé (administré par voie intraveineuse) chez l’Homme comme un agent anti-fongique, sans toxicité apparente1. Ces affirmations sont contestées dans les données toxicologiques listées plus bas.
  • un surfactant (tensioactif éthoxylé dit POEA (polyoxyéthylène amine)), à raison de 10 à 20 % du mélange1 ;
    S’y ajoutent d’éventuelles traces de contaminants liés au processus de fabrication ou de produits de dégradation tels que l’AMPA (produit de dégradation du glyphosate) ; de l’isopropylamine ;

La proportion de ces substances peut varier suivant les formulations commerciales1.

Données toxicologiques

Le glyphosate est un toxique probable pour l’Homme3,7. Les CGCF[sigle à expliciter] (formulations commerciales) sont connues pour provoquer des symptômes graves (« défaillance multiviscérale avec collapsus cardiovasculaire rebelle ») en cas d’ingestion intentionnelle (lors de tentatives de suicide par exemple), supposément en raison de la toxicité du surfactant ou d’une synergie avec ce produit1.

En outre, certains auteurs ont estimé que le glyphosate ou le surfactant peuvent aussi entraver la fonction mitochondriale1.

En 2001, sur la base de l’inhibition de la stéroïdogénèse chez des cellules de Sertoli en culture exposées au Roundup, une étude a suggéré que le glyphosate soit aussi un « perturbateur endocrinien ». Il semble mimer les effets d’un anti-androgène, en affectant la protéine StAR ainsi que l’expression et l’activité d’un enzyme important (l’aromatase).

Une autre étude (postérieure[Quand ?]) a montré une cytotoxicité directe induite par l’agent tensio-actif, effet par ailleurs depuis démontré, avec une grande variété d’autres molécules tensioactives. On trouve d’ailleurs dans la littérature toxicologique des rapports de cas occasionnels d’ingestion de tensioactif (dont shampooings et produits nettoyants) ayant produit un tableau clinique semblable à ceux observés en cas d’absorption orale de formulations commerciales (CGCF) du Roundup1. Ces produits contenant souvent une petite quantité de biocides (agents conservateurs ou désinfectants), il reste difficile de préciser les réactions de causes à effet et de garantir qu’il n’y a pas eu d’éventuelles synergies entre le surfactant et le biocide.

De plus, Goldstein et al soulignent1 que de nombreux herbicides, en particulier ceux n’ayant pas de cible spécifique chez les mammifères, présentent néanmoins une très faible toxicité (intrinsèque) pour les mammifères ; et ils montrent aussi une « toxicité importante lors d’ingestion de préparations commerciales ». Quelques données suggèrent que - malgré leurs poids moléculaire élevé (qui empêche un passage transcutané), de nombreux tensioactifs présentent une biodisponibilité qui devient considérable quand ils sont absorbés par voie orale1. La toxicité de CGCFs pourrait résulter d’une phosphorylation oxydative mitochondriale induite ou permise par le tensioactif ; effet qui a été observé avec plusieurs types de tensioactifs1.

Plus récemment (2007), une étude conduite par des vétérinaires et physiologistes de l’université de l’Illinois et de l’université d’État du Minas Gerais (Brésil)8 montre qu’il a des effets néfastes sur la reproduction animale en affectant à la fois la synthèse des androgènes et des œstrogènes. Cette hypothèse a été testée en étudiant les effets in vivo du Roundup sur les testicules et l’épididyme du canard Colvert (Anas platyrhynchos)8. L’exposition des canards mâles à l’herbicide a entraîné des modifications dans la structure du testicule et dans la région de l’épididyme8. Elle a aussi modifié les taux sériques de testostérone et d’estradiol, avec des changements observés (limités au testicule) dans l’expression des récepteurs aux androgènes8.

Les effets néfastes les plus visibles concernaient les canaux efférents (canalicules efférents proximaux) et les conduits de l’épididyme, ce qui suggère une plus grande sensibilité de ces deux zones au sein des organes génitaux masculins. De plus, les effets étaient généralement dose-dépendants8. Les auteurs en ont conclu que le Roundup « peut causer des troubles dans la morphophysiologie de l’appareil génital masculin chez l’animal ».8

En 2007 également, une étude de l’université de Caen9, publiée dans Chemical Research in Toxicology fin décembre 2008, met en évidence l’impact de diverses formulations et constituants de cet herbicide sur des lignées cellulaires humaines (cellules néonatales issues de sang de cordon, des cellules placentaires et de rein d’embryon).

Les auteurs signalent diverses atteintes de ces cellules humaines (nécrose, asphyxie, dégradation de l’ADN, etc.), induites soit par le glyphosate, soit par un produit de sa dégradation (AMPA), soit par un adjuvant (POEA) qui facilite son incorporation par les plantes cibles, soit par des formulations commerciales de l’herbicide10,11. Cette étude a été critiquée par l’AFSSA notamment pour des raisons méthodologiques et pour l’interprétation des résultats fin mars 2009. L’agence estime que « les auteurs [de l’étude] sur-interprètent leurs résultats en matière de conséquences sanitaires potentielles pour l’homme, notamment fondées sur une extrapolation in vitro-in vivo non étayée »12.

Une étude récente montre que l’analyse du transcriptome reflète les dommages hépatiques et rénaux sur des rats exposés de façon chronique à une dose très faible de Roundup (le transcriptome étant l’ensemble des transcrits des cellules d’un organisme , d’un tissu ou d’un organe (ici foie, rein), les transcrits étant les molécules intermédiaires entre les gènes et les protéines)13.

Glyphosate

L’Agence américaine de protection de l’environnement détaille les effets nocifs sur la santé que pourrait provoquer l’exposition à de fortes doses de cette substance : « Congestion des poumons, accélération du rythme de la respiration » à court terme, « endommagement des reins, effets sur la reproduction » à long terme14. Le glyphosate et certains de ses métabolites secondaires (AMPA), se retrouvent dans les eaux de certaines régions françaises (55 % des nappes superficielles et 2,7 % des nappes souterraines)15,16,note 1.

Le 20 mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a publié une monographie17 classant le glyphosate parmi les « cancérogènes probables ou possibles » pour l’Homme (Groupe 2A de la classification du CIRC18). Cette classification repose sur des indications limitées de cancérogénicité chez l’homme et des indications suffisantes de cancérogénicité chez l’animal de laboratoire. L’évaluation des risques a été faite à partir d’études sur les expositions agricoles menées aux États-Unis, au Canada et en Suède.

Succès commercial

Les spécialités commerciales « Roundup » ont été popularisées et sont largement utilisées en agriculture Il est utilisé en Colombie par le gouvernement, appuyé par les États-Unis, dans le plan Colombie, officiellement pour détruire les champs de coca, mais détruit également d’importantes portions de la forêt amazonienne.

À partir de 1996, Monsanto a développé les cultures Roundup Ready dans lesquelles un gène a été introduit, qui leur permet de résister au Roundup, auquel elles doivent être associées. Beaucoup d’agriculteurs utilisent cette technique car elle est beaucoup plus simple pour le désherbage des cultures concernées : maïs, soja. L’attrait des paysans pour une culture présentée comme exigeant moins d’épandage de produits phytosanitaires, donc plus rentable s’est révélé, selon certaines personnes19, catastrophique : problèmes sanitaires, érosion et asphyxie des sols, maladies humaines et animales, monoculture, dépendance vis-à-vis de Monsanto, etc.

Cependant, certains problèmes étaient déjà très présents avant l’introduction du soja RR : la surface était déjà de 6M d’hectares (contre 15 aujourd’hui), la répartition était déjà inégale, la monoculture intensive, les traitements sans précaution exposaient déjà les travailleurs et les riverains à des doses massives de produits phytopharmaceutiques. De plus la dépendance à Monsanto est relative : la plupart des producteurs argentins achètent des semences de contrebande et Monsanto récupère peu de royalties en Argentine, à tel point qu’ils avaient réduit leur investissement en 2004, quand le marché noir représentait 60 % des semences vendues en Argentine20. Par ailleurs, le glyphosate est libre de droit, de nombreuses préparations concurrentes au Round Up sont disponibles sur le marché21.

Le prix du Roundup a augmenté ces dernières années, il devrait rapporter 1,7 à 1,8 milliard de dollars à Monsanto en 200822. L’entreprise semble avoir des problèmes de capacité de production, et elle a aussi fait face à l’augmentation des cours du pétrole qui a globalement fait augmenter le coût des intrants, aussi bien des engrais que des produits de traitement.

Selon Le Canard enchaîné, l’autorisation de mise sur le marché français pourrait être entachée d’illégalité faute d’avoir mentionné le POEA, un autre composant essentiel, augmentant la pénétration du pesticide dans les cellules de la plante23. Monsanto déclare ne pas utiliser cet adjuvant, qui n’est pas clairement défini par Gilles-Éric Séralini24 et rappelle au passage que seules les formulations commerciales sont homologuées[pas clair]. Le 18 novembre 2009, le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures et un agriculteur bio « demandent au ministère de l’Agriculture le « retrait immédiat » de deux herbicides Roundup (Monsanto), dénonçant une différence entre les produits testés et les formules déclarées dans le cadre des autorisations de mise sur le marché25 ». Le rapport de l’AFSSA (voir section toxicité) considère que l’effet du POEA n’est pas suffisant pour justifier un changement de législation.

En janvier 2014, dans une étude cosignée avec le CRIIGEN et publiée dans la revue Biomed Research International, Gilles-Éric Séralini affirme « que les produits tels qu’ils étaient vendus aux jardiniers, aux agriculteurs, étaient de 2 à 1000 fois plus toxiques que les principes actifs qui sont les seuls à être testés in vivo à moyen et long terme ». Selon lui, le Roundup serait le plus toxique des neufs pesticides testés26.

Vers une interdiction de la vente libre aux particuliers en France

Le 15 juin 2015, la ministre de l’écologie de France annonce qu’elle souhaite mettre en place une interdiction de la vente libre aux particuliers du Roundup dès le 1er janvier 20164. En mars 2016, l’interdiction n’était pas réellement effective27.

Au niveau de l’Union européenne, l’autorisation du glyphosate expirait en juin 2016 et aurait pu ne pas être renouvelée28.

Le 6 juin 2016, après vote des Etats membres, l’autorisation de mise sur le marché européen n’est dans un premier temps pas renouvelée. La proposition de la Commission Européenne ne rassemble alors que 52% des voix alors que 65% étaient nécessaires29.

Le 29 juin 2016, l’autorisation de mise sur le marché européen est finalement renouvelée pour une période de 18 mois30. L’exécutif européen dit avoir « décidé de prolonger l’autorisation du glyphosate pour une période limitée, jusqu’à ce que l’Agence européenne des produits chimiques publie son avis, au plus tard à la fin de 2017 ».

Biodégradabilité, risque environnementaux et sanitaire et publicité mensongère

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voies de dégradation du glyphosate dans le sol

En janvier 2007, la société Monsanto fut condamnée par le tribunal correctionnel de Lyon pour publicité mensongère relative au produit Roundup. Quelques années auparavant, la firme avait déjà fait l’objet d’une condamnation aux États-Unis pour le même motif31. Depuis, il n’est plus possible pour Monsanto d’indiquer que le Roundup est un produit sans risque pour l’environnement. Le terme biodégradable sur l’étiquette des produits est fortement limité par le jugement américain. La condamnation a été confirmée en appel le 29 octobre 2008 et Monsanto a été condamnée à verser une amende de 15 000 euros32.

L’État de New York a jugé que la mention biodégradable ne pouvait être utilisée sans preuve que ce processus soit effectué dans des délais raisonnables (« a reasonably short period of time »)31.

Le fait est que le glyphosate serait selon Monsanto rapidement dégradé33 (des bactéries du genre Pseudomonas pourraient dégrader le glyphosate en glycine, en passant par un intermédiaire, la sarcosine CH3 - NH - CH2 -CO2-34), ses produits de dégradation dont l’AMPA s’accumulent en cas d’usage excessif dans les nappes phréatiques.

Le glyphosate est également mis en cause dans l’apparition de la maladie cœliaque, qui provoque l’intolérance au gluten35.

Sélection de végétaux résistants

L’utilisation intensive du Roundup par les agriculteurs américains a mené à la sélection rapide d’une dizaine de nouvelles variétés de mauvaises herbes dont la Vergerette, l’Ambrosia trifida, l’amarante36 (Amaranthus palmeri) et la Coca37, résistantes au glyphosate, et ce, par sélection naturelle.

Dans la culture

Notes

  • Le glyphosate seul oblige très rarement à opérer des traitements de l’eau, mais l’addition des concentrations de différents produits phytopharmaceutiques, notamment d’herbicides interdits et très rémanents, contraint à un traitement de l’eau dans certains cas (si la concentration cumulée est supérieure à 0,5 μg/l).
    Références

Bibliographie

  • Charles M. Benbrook, Troubled times amid commercial success for roundup ready soybeans. Glyphosate efficacy is slipping and unstable transgene expression erodes plant defenses and yields, Northwest Science and Environmental Policy Center, Sandpoint (Idaho, USA), mai 2001.
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GLYPHOSATE (Article Wikipédia) - Matière active du ‘Roundup’

Le glyphosate (N-(phosphonométhyl)glycine, C3H8NO5P) est un désherbant total foliaire systémique, c’est-à-dire un herbicide non sélectif absorbé par les feuilles et ayant une action généralisée, autrefois produit sous brevet, exclusivement par Monsanto à partir de 1974, sous la marque Roundup. Le brevet étant tombé dans le domaine public en 2000, d’autres sociétés produisent désormais du glyphosate.

Le glyphosate seul est peu efficace, car il n’adhère pas aux feuilles et les pénètre difficilement. On lui adjoint donc un tensioactif (ou surfactant). Ces produits sont connus pour provoquer des mortalités cellulaires (par contact direct avec une cellule ou un tégument et des irritations).

De nombreuses espèces de plantes, notamment des dicotylédones sur lesquels le glyphosate est en général moyennement efficace, développent des résistances au glyphosate, dont par exemple l’evil pigweed (Amaranthus palmeri de la famille des amarantes) qui pousse à une vitesse telle qu’elle force des agriculteurs du Sud des États-Unis à abandonner leurs champs5. L’apparition de cette espèce de plante résistante est considérée comme une véritable menace pour l’agriculture par l’Université de Géorgie6. Néanmoins, les résistances les plus courantes aux herbicides concernent plutôt la famille des sulfonylurées. Ces résistances sont facilement contournées avec des rotations et l’alternance des molécules. De plus, seulement la monoculture de soja résistant au Roundup est menacée par ces plantes.

Le glyphosate est classé depuis le 20 mars 2015 comme cancérogène « probable » par le Centre international de recherche sur le cancer. Toutefois, un panel d’experts de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et de l’Organisation mondiale de la santé estime en mai 2016 qu’il est improbable que le glyphosate soit cancérigène par voie alimentaire7.

Sommaire

Le glyphosate est un acide organique faible, analogue d’un acide aminé naturel, la glycine, doté d’un groupement phosphonate.

Son nom est la contraction de glycine, phospho- et -ate.

De cette structure, il présente quatre pKa (0,7 ; 2,2 ; 5,9 ; 10,6). Zwitterionique quel que soit le pH, il est aussi très soluble dans l’eau et très polaire (logP < -3,2). Dans les sols, il est assez rapidement adsorbé, et cette adsorption (plus ou moins importante selon le pH) le rend normalement assez peu mobile.

Pour accroître sa solubilité et son passage dans la plante et la sève, les industriels le préparent souvent sous forme de sel d’isopropylamine (C6H17N2O5P, Roundup)8. Des additifs (tensioactifs, tels que le polyoxyéthylène amine) lui sont ajoutés pour le fixer sur les plantes9.

Utilisation et intérêt agronomique

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Glyphosate utilisé comme alternative au fauchage dans un verger de pommiers à Castelbello-Ciardes (Italie).

Le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé dans le monde, son succès repose sur un coût faible, une bonne efficacité et une très grande souplesse d’utilisation. Il est largement utilisé pour du désherbage agricole mais aussi pour l’entretien des espaces urbains et industriels. En agriculture, le glyphosate permet une destruction efficace des adventices ou des repousses, sans effet sur la culture suivante et avec un coût réduit. La diffusion du glyphosate a favorisé le développement des techniques d’agriculture de conservation en permettant de désherber les parcelles sans retourner la terre. Le glyphosate n’est toutefois pas une condition nécessaire à la culture sans labour, qui est aussi pratiquée dans le cadre de l’agriculture naturelle.

Dégradation

Le glyphosate est principalement dégradé dans les sols, moins rapidement que dans l’eau des rivières, des lacs et des nappes phréatiques (demi-vie supérieure à un mois dans le sol)10.

Les principaux produits de dégradation du glyphosate dans l’environnement sont l’acide aminométhylphosphonique (AMPA), et le glyoxylate10. De l’acide aminométhylphosphonique et du glyphosate ont été détectés dans l’eau des nappes phréatiques, dans les rivières et dans l’eau du robinet11.

Des chercheurs de Monsanto ont montré en 1987 qu’une souche de bactéries du genre pseudomonas était capable de dégrader le glyphosate en glycine et en phosphate12.

Mécanisme d’action

Le mécanisme d’action13 de cet herbicide est une inhibition de l’enzyme 5-énolpyruvylshikimate-3-phosphate synthase (ou EPSPS), une enzyme de la voie de biosynthèse des acides aminés aromatiques.

Historiquement, et selon la littérature, depuis que les semenciers (qui sont aussi producteurs de désherbant) cherchent à produire des semences et plantes résistantes au glyphosate, ils auraient trouvé au moins trois voies pour atteindre ce but chez des végétaux cultivés, normalement vulnérables à cette molécule herbicide13.

  • Les premiers travaux ont été axés sur l’adaptation progressive (par simple sélection) des cellules végétales cultivées à une exposition lentement croissante au glyphosate. Les cellules ainsi obtenues étaient devenues résistantes au glyphosate, par exemple en raison de la surexpression du gène EPSPS, de l’amplification de ce gène (EPSPS), ou d’une plus grande stabilité enzymatique13.
  • D’autres travaux ont recherché à créer une résistance en transformant les plantes concernées avec des gènes permettant de dégrader et métaboliser le glyphosate sans dommages pour la plante :
    • une enzyme dite « GOX » (pour glyphosate oxydoréductase) a été trouvée chez un micro-organisme du sol. Elle casse la liaison azote-carbone du glyphosate en produisant de l’acide aminométhylphosphonique,
    • un autre gène dit « GAT » (pour glyphosate N-acétyl-transférase) s’est montré capable d’acétyler et désactive le glyphosate13,
  • un troisième mécanisme (celui qui a été utilisé pour mettre sur le marché diverses plantes transgéniques résistantes au glyphosate) a consisté à insérer par transgénèse un gène codant pour l’enzyme EPSPS13.
    Plusieurs chercheurs ou équipes ont utilisé la mutagenèse dirigée, ou des substitutions d’acides aminés de l’EPSPS, mais la forme de l’enzyme EPSPS la plus résistante au glyphosate à ce jour serait celle qui a été isolée à partir de la souche CP4 d’Agrobacterium spp13.

L’observation d’apparition dans les champs de « mauvaises herbes » devenues résistantes au glyphosate laissent penser que d’autres mécanismes physiologiques de résistance au glyphosate sont possibles. Un liseron des champs assez résistant présente une production élevée de l’enzyme 3-désoxy-d-arbino-heptulosonate 7-phosphate synthase, la première enzyme de la voie shikimique, ce qui suggère que le flux de carbone accru par la voie shikimique peut offrir une résistance au glyphosate13.

Une autre « mauvaise herbe » (Gaillet gratteron ou Galium aparine ; goosegrass pour les anglophones) se montre capable de réduire la translocation du glyphosate à partir de la surface foliaire traitée13.

La voie la plus efficace semble être l’enzyme EPSPS, impliquée dans la voie métabolique de l’acide shikimique, laquelle est nécessaire pour la synthèse des acides aminés aromatiques tels que la phénylalanine, la tyrosine et le tryptophane ; ces acides aminés participent à la synthèse des vitamines et de beaucoup de métabolites secondaires, comme les molécules hormonales d’intérêt sur le développement de la plante telles que les folates, l’ubiquinone et des naphtoquinones14. La biosynthèse d’acides aminés par l’enzyme EPSPS est absente chez les animaux, si bien que cette voie n’a pas a priori d’effet sur eux.

Utilisations et polémiques

Le glyphosate est notamment utilisé par le gouvernement colombien, aidé par le gouvernement des États-Unis dans son Plan Colombie pour détruire les champs de coca produisant de la drogue qui finance des actions de groupes rebelles. Ces actions détruisent des milliers d’hectares de reliques de forêt tropicale, parfois classées réserves naturelles, comme la forêt du Putumayo, et des exploitations agricoles légales. Les populations de ces forêts craignent des impacts sur leur santé, comme dans le cas de l’agent orange utilisé comme défoliant pendant la guerre du Viêt Nam. Les communautés amérindiennes sont parmi les premières touchées.

L’Équateur voisin craint aussi des conséquences sanitaires et écologiques des fumigations colombiennes de glyphosate près de ses frontières, dans le Putumayo. Le refus colombien d’abandonner ces pulvérisations aériennes a provoqué en 2006-2007 une crise diplomatique entre les deux pays15.

En mai 2015, le Conseil national des stupéfiants de la Colombie a ordonné la suspension des épandages de glyphosate pour détruire les plantations illégales de coca, à la suite de l’avis de l’Organisation mondiale de la santé classant l’herbicide comme « cancérigène probable », et à la demande de la Cour constitutionnelle de la Colombie, qui cite le principe de précaution. Pour mettre en œuvre cette décision, l’Agence nationale des permis environnementaux doit se prononcer immédiatement et annuler le permis accordé au programme de pulvérisation16,17,18,19.

La culture majoritaire de soja OGM résistant au glyphosate en Argentine et au Brésil a entraîné une utilisation massive de ce désherbant, en substitution d’autres produits. Des résistances sont apparues, amenant à l’utilisation de doses de plus en plus importantes et à des mélanges avec du paraquat. Le recours au glyphosate permet toutefois d’éviter le travail du sol et le recours au labour, et ainsi de mettre en œuvre des techniques dites d’agriculture de conservation20.

La polémique a aussi porté sur la biodégradabilité de désherbants contenant du glyphosate. Le glyphosate est un des premiers herbicides permettant de semer directement après usage et sans effet sur la culture suivante ; l’effet désherbant apparaît uniquement en cas de pulvérisation sur les feuilles de la plante. La possibilité de planter vite juste après un désherbage efficace était une vraie rupture à l’époque de sa mise sur le marché. À titre de comparaison un herbicide plus ancien comme le 2,4-D est capable d’affecter un semis de dicotylédones jusqu’à soixante jours après traitement et même perturber des levées de céréales qui sont normalement insensibles à cette molécule. Au niveau marketing cette absence d’effet secondaire sur la culture suivante s’est vite transformée en l’affirmation d’une biodégradabilité totale et rapide.

Le fabricant Monsanto a perdu plusieurs procès parce qu’il avait présenté le Roundup, sur ses étiquettes et affiches, comme dégradable ou biodégradable (dans le sol comme dans l’eau). La demi-vie du glyphosate (le temps nécessaire pour que 50 % des molécules de glyphosate soient dégradés) est selon une étude de l’EGEIS en moyenne de 49 jours dans le sol, avec une très forte dispersion selon les conditions (de 4 à 189 jours). L’un de ses produits de dégradation, l’AMPA, a en conditions de laboratoire une demi-vie d’environ 32 jours dans le sol ; cette demi-vie est inférieure à 7 jours dans l’eau, avec une efficacité variant selon la richesse du sol en bactéries, la température, la nature et l’acidité du sol, etc. Elle varierait de 20 à 100 jours selon l’état du sol d’après d’autres sources21. Le glyphosate se dégrade en sous-produits, eux-mêmes difficilement biodégradables, avec des délais variant selon le contexte. Les sols morts (sols viticoles, trottoir désherbé) n’ont pas de richesse bactérienne et sont quasiment incapables de dégrader le glyphosate.

Contamination des milieux (eau, air, sol) et cinétique environnementale

Les analyses permettant de doser le glyphosate dans les milieux naturels ont longtemps été difficiles, longues et coûteuses22,23,24. Elles étaient donc rares.

Jusque dans les années 2000, la mobilité et cinétique environnementale du glyphosate est restée mal connue et l’est encore incomplètement25. Cette information devenait importante car cette molécule est l’herbicide le plus utilisé, et son utilisation a été fortement accrue dans les zones de cultures de plantes transgéniques rendues tolérante au glyphosate26 et parce que d’autres herbicides étaient trouvés dans l’air et les pluies27, sources potentielles d’exposition pour l’homme et les travailleurs agricoles (ou forestiers28) en particulier. Depuis que des progrès techniques ont amélioré la précision des analyses et en ont diminué les coûts, on prend conscience que, bien que dégradable, le glyphosate, comme de nombreux herbicides et insecticides (y compris interdits depuis des années) est très souvent présent dans l’air, les eaux et les sols (voir ci-dessous).

Dans les sols

Les taux de glyphosate y sont difficiles à mesurer en raison du fait qu’il est absorbé sur les particules du sol et difficile à extraire sans le dénaturer.

Il est très utilisé en forêt (pour préparer et dégager les plants), pour le désherbage en vue de l’ensemencement de nombreuses cultures et comme défoliant pour certaines autres cultures (blé, orge, légumes, colza ou moutarde sauvage, lin, cultures fourragères), et/ou dans les jardins par les particuliers et souvent pour la culture sans labour (technique permettant cependant la réduction des doses employées en semant sous couvert par exemple). Les pays qui ont autorisé la culture d’OGM résistant au glyphosate ont vu sa consommation augmenter au détriment d’autres herbicides, en général plus coûteux et spécifiques.

Dans l’eau

Le glyphosate y est soluble (12 g·l-1 à 25 °C dans l’eau douce).

Il était réputé peu mobile dans les sols et donc à faible risque de contamination des nappes, mais son usage massif, notamment pour les usages non agricoles (jardinage, désherbage de voirie) mal contrôlé, explique sa présence dans de nombreux cours d’eau et nappes phréatiques. Il est plus mobile et soluble dans les sols alcalins ou riches en phosphates (minéral indispensable aux plantes, présent en quantité dans les sols riches ou bien amendés)29.

Une étude a détecté des taux de 200 à 300 μg·l-1 de glyphosate peu après une pulvérisation directe dans de l’eau stagnante. Ce taux n’a été réduit que de moitié après trois semaines environ. Le Roundup n’a jamais été autorisé (en UE) pour désherber des mares et étangs de pêche en eau. La nature des bactéries présentes, la présence ou absence d’un biofilm important, la quantité d’ultraviolets, la température (saison) et le pH jouent probablement également un rôle dans la vitesse de dégradation du glyphosate dans l’eau30. D’autres sources citent une pulvérisation directe sur lacs et étangs de 1 kg/ha suivie d’une concentration initiale de 1 100 μg·l-1 réduite à 149 μg·l-1 après 2 jours et à 55 μg·l-1 après 5 jours.[réf. nécessaire]

En sylviculture (au Québec) après pulvérisation, on n’en a pas trouvé (seuil de détection de 1,0 μg·l-1) dans huit cours d’eau protégés par une zone tampon de 30 m, mais on en a trouvé31 dans deux échantillons provenant de fossés (16,9 μg·l-1 au max.). Dans les étangs ayant reçu une pulvérisation directe, le taux était de 2 800 μg·l-1 dans l’eau juste après la pulvérisation, mais avait chuté à 288 μg·l-1 24 heures plus tard. Du glyphosate et/ou ses produits de dégradation est (sont) retrouvé(s) dans certains sédiments en mer32, et des études ont porté sur son adsorption dans la zone insaturée d’un aquifère sédimentaire33 ou sur le continent34, mais sa cinétique dans ces sédiments ou dans l’eau interstitielle des sédiments semble peu étudiée.

En 2006, une étude de l’IFEN a montré que le glyphosate et l’AMPA, son produit de dégradation, étaient les substances les plus retrouvées dans les eaux en France35. Ce résultat n’est pas étonnant en soi : le glyphosate est l’herbicide le plus vendu en France ; par ailleurs, l’AMPA est également produit par dégradation d’autres substances utilisées au sein de produits phytosanitaires et de détergents36.

Cinétique atmosphérique (circulation via les aérosols, l’air et la pluie)

Sa faible tension de vapeur (<1×10-5 Pa à 25 °C)37 le rend peu soluble dans l’air, mais il peut y être présent sous forme d’aérosol ou fixé sur des poussières issues de sol poudreux et sec traité. Dans certaines conditions il peut aussi y être pour partie dégradé par photodécomposition sous l’effet des ultraviolets de la lumière solaire. Le glyphosate a donc d’abord été considéré très peu volatil dans l’air ; et son impact en termes de pollution atmosphérique et sa présence aérienne ont été longtemps supposés négligeables. Il ne concernait, pensait-on, que principalement et localement les aérosols provenant des dispositifs d’épandages. Les fiches de sécurité n’exigent d’ailleurs pas d’appareil de protection respiratoire, ce qui n’est pas le cas de tous les pesticides, y compris autorisés en agriculture biologique38,39.

En 2001, une étude allemande a cependant montré que les poussières et aérosols issus de l’érosion et du travail du sol sont une source significative de glyphosate dans l’air40.

En 2011, une autre étude41 s’est pour la première fois intéressée à la présence et au devenir du glyphosate et de son premier produit de dégradation (l’AMPA) dans l’atmosphère et dans la pluie en Amérique du Nord. Elle a révélé que ces deux molécules étaient bien présentes dans l’air (et par suite dans les pluies). Les chercheurs ont échantillonné de l’air et des pluies, hebdomadairement durant deux saisons (2007-2008) de croissance des végétaux dans des zones agricoles du Mississippi et de l’Iowa. Ils avaient aussi échantillonné des pluies dans l’Indiana (en 2004 et uniquement durant la saison de croissance des plantes) lors d’une phase préliminaire de l’étude. Leurs analyses ont montré une fréquence de détection du glyphosate variant de 60 à 100 % (à la fois dans l’air et à la pluie). Le taux de glyphosate dans l’air variait de moins de 0,01 à 9,1 ng/m3 dans l’air, mais de 0,1 à 2,5 μg/l dans la pluie41. Dans l’air, la fréquence de détection et de concentrations médiane et maximale de ce produit (glyphosate) était comparable voire supérieure à celles des autres herbicides les plus utilisés dans le bassin du fleuve Mississippi, mais sa concentration dans l’eau de pluie était plus élevée que celle des autres herbicides (a priori en raison de sa forte solubilisation dans l’eau)41. Les auteurs ne disposaient pas du tonnage épandu (ni des quantités introduites dans l’air) dans les zones d’étude, mais ils ont estimé d’après leurs analyses que jusqu’à 0,7 % du tonnage appliqué sur les plantes est extrait de l’air via la pluie (avec des variations selon la pluviométrie)41. En moyenne 97 % du glyphosate dispersé dans l’air serait ainsi éliminé par une pluie hebdomadaire de 30 mm, par contre il est alors au moins en partie réintroduit dans les milieux aquatiques, cours d’eau et leurs sédiments (où des études antérieures l’avaient déjà retrouvé42 alors qu’il était supposé fixé et rapidement inactivé dans les sols43 et où il met plus de temps à se dégrader44).

Écotoxicologie

Quelques études laissent suspecter (ou ont confirmé) plusieurs problèmes :

  • le glyphosate pourrait réagir avec les nitrites présents dans certains aliments, mais aussi dans les sols agricoles pour former le N-nitroso-phosphono méthylglycine, un cancérogène possible (effet observé chez le rat de laboratoire45) ;
  • on cherche à mieux comprendre la cinétique du glyphosate dans l’organisme des plantes46.
    Une étude récente (2008) s’appuyant sur du glyphosate radiomarqué au carbone 14 pulvérisé sur une culture expérimentale de Senna obtusifolia a montré qu’il ne se répartit pas de manière homogène dans la plante47, ce qui peut être important pour le suivi de la cinétique de ce produit dans l’organisme ou dans l’environnement, et qui pourrait expliquer certaines résistances observées, dont chez des plantes invasives à rhizomes comme l’est devenue en Floride48 et notamment dans les Everglades la fougère Lygodium microphyllum (en)49 ;
  • on a montré en 2002 que le glyphosate a (paradoxalement) un effet reprotoxique sur les cotonniers transgéniques (cottonniers, Gossypium hirsutum L. ‘Delta Pine & Land 5415RR’, ‘Delta Pine & Land 50’, ‘Delta Pine & Land 90’, ‘SureGrow 125RR’, génétiquement modifiés pour résister au glyphosate. Deux phénomènes ont été conjointement observés en plein champ sur ces cotonniers, quand ils ont été traités au Roundup :
    • une mauvaise pollinisation50, sachant que, normalement, le cotonnier est autofécond51,
    • une augmentation du taux d’avortement des capsules de cotonnier transgénique50, ce qui cause une perte de rendement.
      Des études anatomiques ont montré un effet différé des applications de glyphosate en post-levée (en période d’anthèse (période fonctionnelle pour la reproduction de la fleur), on observe un allongement de la colonne staminale, ce qui augmente très significativement la distance entre les anthères et la pointe de l’organe femelle (stigmate réceptif)50. Cette distance est augmentée de 4,9 à 5,7 mm au cours de la première semaine de floraison50 ; ce qui diminue de 42 % la quantité de pollen se déposant sur le pistil des cotonniers transgéniques, comparativement à ceux qui n’ont pas été traités50. De plus, le microscope électronique montre que ce pollen présente « de nombreuses anomalies morphologiques » (par rapport au pollen des mêmes cotonniers transgénique mais non-traités50. L’irrigation influe sur ces paramètres52 en améliorant les rendements et la qualité de la fibre, mais indépendamment du traitement ou non au glyphosate. On étudie des pistes de solution53 ainsi que la « translocation » de glyphosate radiomarqué dans le cotonnier pour mieux comprendre ces phénomènes54 ;
      Article détaillé : CP4 EPSPS.
  • des travaux récents (2013) montrent que de très fortes doses de glyphosate (supérieures à 1 000 μg/l, soit dix mille fois la norme dans l’eau potable) inhibent le développement embryo-larvaire et la métamorphose de l’huître du Pacifique Crassostrea gigas55.
    Toxicologie

Le 20 mars 2015, le glyphosate a été classé « cancérigène probable pour l’humain » (groupe 2A) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé56,57. Ce classement est fondé sur des résultats d’études conduites in vitro et in vivo.

Le 12 novembre 2015, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a estimé au contraire qu’il était improbable que le glyphosate, dans les conditions actuelles d’usage et d’exposition, présente un danger cancérogène pour l’homme. Elle justifie sa conclusion contraire à celle du CIRC par la prise en compte d’un certain nombre d’études non évaluées par ce dernier58,59. En effet, l’EFSA, à la différence du CIRC, a pris en compte des études confidentielles réalisées par les industriels. Cela explique en partie les différences d’interprétation60. Par ailleurs, des soupçons de conflit d’intérêt existent sur la décision de l’EFSA car 82 % des experts ayant participé à l’évaluation ne sont pas connus nommément. À l’inverse tous les experts du CIRC sont connus60.

Auparavant, les méta-analyses sur le sujet semblaient montrer que le glyphosate présentait un profil toxicologique plutôt favorable comparé à d’autres herbicides, comme l’atrazine : le glyphosate n’a pas d’effet connu sur la reproduction et la descendance ; l’exposition réelle reste très inférieure (facteur 500) au seuil de tolérance de la U.S. Environmental Protection Agency. Avant cet avis de l’OMS, le glyphosate ne semblait pas poser de problème pour la santé humaine61,62. Des documents déclassifiés par la justice américaine en mars 2017 montrent toutefois que, dès 1999, l’entreprise Monsanto « s’inquiétait sérieusement [...] du potentiel mutagène du glyphosate », sans cependant modifier son discours officiel sur l’innocuité de la molécule63.

La dose létale médiane (DL50) du glyphosate pur se situe à environ 1 % du poids corporel64. Les effets toxiques immédiats sont faibles, même à hautes doses. On note cependant une réduction notable du poids corporel et du poids du foie.

Les études65 de laboratoire ont montré66 que le glyphosate ingéré était absorbé pour 15 à 40 % de la dose ingérée. Quant à son premier sous-produit de dégradation (l’acide aminométhylphosphonique ou AMPA), il est absorbé à environ 20 % de la dose ingérée.

Une autre étude67 a montré chez des singes que l’absorption cutanée d’une préparation de glyphosate était faible (2 % après sept jours d’application locale). Mais le passage transcutané peut varier selon les espèces, les conditions (transpiration) et l’âge (chez l’humain, la peau des enfants est par exemple beaucoup plus perméable). Une dose ingérée (ou injectée (intrapéritonéale)), unique ou répétée durant douze jours, est éliminée en grande partie via l’urine, essentiellement sous une forme non dégradée, bien que l’on trouve aussi de petites quantités d’AMPA. L’excrétion biliaire et la circulation entéro-hépatique sont quantitativement minimes après cent-vingt heures. Une dose unique de glyphosate était éliminée à 94 % dans les urines, chez les mâles et les femelles (0,1 % seulement d’une dose étant éliminée sous la forme de dioxyde de carbone marqué 22), en condition de laboratoire (animaux peu mobiles, non malades, non exposés aux aléas climatiques, etc.). L’ingestion quotidienne de glyphosate durant deux semaines se traduit par des concentrations tissulaires maximales au sixième jour d’administration. Les concentrations les plus fortes étant mesurées dans les reins (<1 ppm), puis de manière décroissante dans la rate, les tissus adipeux, le foie, les ovaires, le cœur et les muscles, les résidus diminuant progressivement après que l’animal a cessé d’ingérer le produit, les concentrations rénales étant de 0,1 ppm après dix jours.

Il est démontré que différents herbicides à base de glyphosate perturbent le cycle des divisions cellulaires chez l’embryon d’oursin. Selon les auteurs de cette étude, ce sont des effets qui peuvent provoquer des cancers ; ils concluent au caractère potentiellement cancérigène des herbicides testés68.

Une étude de l’université Caen-Normandie, publiée dans Chemical Research in Toxicology fin décembre 2008, met en évidence l’impact de diverses formulations et constituants de ce pesticide sur des lignées cellulaires humaines (cellules néonatales issues de sang de cordon, des cellules placentaires et de rein d’embryon). Les auteurs signalent diverses atteintes de ces cellules (nécrose, asphyxie, dégradation de l’ADN, etc.), induites soit par le glyphosate, soit par un produit de sa dégradation (AMPA), soit par un adjuvant (POEA) qui facilite son incorporation par les plantes cibles, soit par des formulations commerciales de l’herbicide69,70.

Cette étude a été critiquée par la communauté scientifique. L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments a notamment mis en évidence trois problèmes méthodologiques71 :

  • les cellules ont été soumises à un pH 5,8 sans solution tampon pendant 24 heures, ce qui permet non pas d’observer l’effet du glyphosate, mais plus vraisemblablement l’effet d’une solution acide et hypotonique sur des cellules. Les cellules animales supportent un pH entre 7,4 et 6,8 et ont besoin d’un environnement ionique précis pour survivre. En l’absence de témoin, l’effet glyphosate ne peut être confirmé ;
  • les observations de mortalité cellulaire ne peuvent pas être extrapolées sur le comportement de l’organisme entier. Des nombreuses substances provoquent des mortalités cellulaires locales sans être toxiques pour l’organisme entier, c’est notamment le cas de certains désinfectants (certains composants des collyres par exemple).
    L’agence estime que « les auteurs [de l’étude] sur-interprètent leurs résultats en matière de conséquences sanitaires potentielles pour l’homme, notamment fondées sur une extrapolation in vitro-in vivo non étayée »75.

Des scientifiques argentins ont évalué les effets d’une exposition au glyphosate sur le développement d’embryons de vertébrés (les embryons étaient incubés dans une solution diluée de glyphosate). Selon les résultats de leur étude, les embryons traités présentaient de sévères anomalies76. Cette étude était motivée par l’observation d’une forte élévation du nombre de cancers et de malformations congénitales dans la région de Monte Maiz, en Argentine, à la suite de l’adoption de cultures OGM résistant au désherbant et à l’utilisation plus importante de celui-ci, notamment par épandage aérien77. Cette étude a été critiquée par le département fédéral pour la protection des consommateurs et la sécurité alimentaire allemand (BVL)78.

Une autre étude a conclu à l’absence de « malformations dramatiques » à la suite de l’exposition d’amphibiens au glyphosate dans des conditions reproduisant une utilisation normale79.

Effets sublétaux sur les bactéries ; le glyphosate parfois source d’antibiorésistance

Selon une étude publiée80 en 2015 par la revue mBio, des herbicides chimiques, et notamment le glyphosate, en présence de certains antibiotiques peuvent favoriser des phénomènes d’antibiorésistances (dont éventuellement chez des pathogènes alimentaires)81.

Alors que les phénomènes d’antibiorésistance deviennent préoccupants dans le monde82, d’autant que l’antibiorésistance s’accompagne souvent d’une résistance accrue à d’autres produits chimiques toxiques, ce qui favorise la prolifération de souches résistantes dans les environnement pollués83, un tel phénomène avait déjà été décrit lors de l’exposition expérimentale de bactéries à divers biocides84,85, et de manière plus surprenante à l’acide salicylique (or cet acide présente certaines similitudes avec certains herbicides)86,87,88,89,90. Escherichia coli et la salmonelle (Salmonella typhimurium) ont toutes deux été exposées à plusieurs dosages de cinq antibiotiques, en présence ou non de trois herbicides communément utilisés : du glyphosate ainsi que du dicamba et du 2,4-D. Dans les trois cas, la présence de l’herbicide a significativement modifié (soit en l’augmentant, soit en la diminuant) l’efficacité (concentration minimale d’inhibition) de ces antibiotiques. Dans deux cas l’étude a conclu à un risque de création d’une antibiorésistance (plus ou moins élevé selon la concentration de l’antibiotique). Selon les auteurs ce risque reste faible dans l’alimentation où le taux maximal de résidus de pesticides autorisé est assez bas pour ne pas affecter la sensibilité de la flore intestinale aux antibiotiques, mais il est effectif aux taux d’applications utilisés lors des pulvérisations dans l’environnement (des insectes et des mammifères sauvages peuvent être exposés à des taux de pesticides suffisant pour favoriser l’antibiorésistance des bactéries qu’ils portent).

Les auteurs ont « également constaté que la concentration en herbicide nécessaire pour induire une réponse détectable aux antibiotiques était inférieure à la concentration spécifiée pour l’application de ces herbicides par les étiquettes »80. Ils soulignent aussi que « des expositions environnementales suffisantes se produisent donc dans les milieux urbains et agricoles, ainsi potentiellement que dans les voies navigables » ou les cours d’eau où des résidus d’antibiotiques91 et des herbicides sont fréquemment détectés, ce qui pourrait créer des conditions permettant une réponse altérée des bactéries aux antibiotiques, induite par l’exposition à des herbicides80. Parmi les insectes, l’abeille domestique, dont les ruches sont prophylactiquement traitées par des antibiotiques92, sont notamment et directement concernées80.

L’étude a en outre révélé un effet synergique quand la bactérie est exposée à 2 différents facteurs promouvant son antibiorésistance (ex : acide salicylique + dicamba) ; les auteurs n’excluent donc pas un effet additif des diverses substances ingérées (effet que le protocole de cette étude ne prévoyait pas d’évaluer)80. Ils sont également préoccupés pour l’environnement dans le cas des épandage agricoles (« en présence de ces herbicides, une concentration donnée d’un antibiotique peut donc s’avérer assez élevée pour permettre l’émergence de résistances »80, alors que les fumiers et lisiers contiennent de nombreux résidus d’antibiotiques et de manière déjà démontrée des pathogènes antibiorésistants93 et que les taux d’herbicides qui se sont expérimentalement montrés suffisant pour modifient le MIC sont de l’ordre de celles retrouvées dans un tel environnement)80.

Ils soulignent aussi que « les voies d’exposition sont un enjeu pour la santé humaine, des animaux domestiques, et des insectes d’intérêt »80 (dont insectes utiles tels que les apidés pollinisateurs), et que l’effet d’antibiorésistance induit par ce type d’exposition simultanée « est plus rapide que l’effet létal des antibiotiques »80 ajoutant que si l’antibiorésistance résulte avant tout d’un mésusage et d’un abus des antibiotiques (souvent dénoncé pour ce qui concerne l’élevage industriel notamment), cette étude confirme l’existence d’autres facteurs (des biocides utilisés pour la décontamination de la viande en abattoir avaient déjà été impliquées dans un tel phénomène mais c’est la première fois qu’il est démontré pour un désherbant très couramment et massivement utilisé dans le monde entier). Les auteurs rappellent que le glyphosate ou ses résidus sont fréquemment détectés dans le corps humain ou des organismes animaux94, et ils alertent sur le fait que la conjonction d’une forte utilisation de certains herbicides et d’antibiotiques dans l’environnement d’animaux de ferme et d’insectes tels que les abeilles pourrait aussi compromettre leurs effets thérapeutiques et conduire à une utilisation croissante d’antibiotiques ; « Pour faire face à la crise de l’antibiorésistance, il nous faut élargir notre vision des facteurs environnementaux qui contribuent à l’évolution de la résistance »80.

Efficacité et résistances

Le glyphosate s’est d’abord montré extrêmement efficace, puis des souches de « mauvaises herbes » résistantes sont peu à peu apparues. Les cultures d’OGM tolérants au glyphosate, surtout développées aux États-Unis à la fin des années 1990, ont contribué à une augmentation de l’usage du glyphosate dans les parcelles OGM (93 % des surfaces en soja aux États-Unis en 2006). En 2007, sept adventices avaient produit des souches résistantes à ce pesticide, dont Ambrosia trifida (l’Ambroisie trifide ou Grande Herbe à poux) trouvée dans l’Ohio et l’Indiana, qui est une plante qui s’installe facilement dans le soja, occasionnant jusqu’à 70 % de diminution de rendement95. En France, l’INRA de Dijon confirmait en 2007 un premier cas de résistance au glyphosate d’une espèce végétale : l’ivraie raide (Lolium rigidum)96. Sur le terrain, de nombreux agriculteurs connaissent ce phénomène depuis plusieurs décennies et le gèrent par des rotations de culture et/ou en alternant les molécules herbicides qu’ils utilisent.

Certains craignent aussi que, par hybridation, des crucifères sauvages acquièrent le transgène de résistance au glyphosate, et ne puissent plus être désherbées dans les champs ou bords de route par les désherbants totaux basés sur le glyphosate.

Réglementation

Sur le plan de la réglementation des produits phytopharmaceutiques :

  • pour l’Union européenne : cette substance active est inscrite à l’annexe I de la directive 91/414/CEE par la directive 2001/99/CE.
    Son innocuité sanitaire et/ou environnementale est cependant de plus en plus mise en doute (surtout en raison des surfactants ou additifs qui la rendent efficace), et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) devrait approfondir son étude des effets sanitaires du glyphosate mais avec des conclusions qui ne devraient pas être publiées avant la fin de l’année 201797. Le renouvellement de l’autorisation de mise sur le marché par la Commission européenne (pour la période juillet 2016-2031) fait l’objet d’intenses discussions, avec en arrière-plan un désaccord entre l’EFSA (dont l’étude a cependant exclu les additifs ou co-formulants du pesticide mis sur le marché) et l’OMS quant au classement du glyphosate comme substance cancérigène97. Deux jours de réunion d’experts de la commission (chef d’unité Pesticides de la DG Santé) ou envoyés par les 28 États membres n’ont en 2016 pas suffi pour parvenir à un consensus sur le sujet97 ; ils ont souhaité un délai supplémentaire jusqu’à la prochaine réunion sur les pesticides (18-19 mai 2016) ; l’Italie, la France, les Pays-Bas et la Suède s’opposent à la prolongation de l’autorisation, l’Allemagne s’abstenant. Si en mai, un vote à majorité qualifiée ne peut pas se faire, la commission pourrait convoquer un « comité d’appel » (qui devrait aussi trancher à la majorité qualifiée) et à défaut, c’est la Commission qui pourra directement décider97. La Commission a déjà suggéré l’interdiction du POEA (polyethoxylated tallow amine, un adjuvant du glyphosate) dont la toxicité et l’écotoxicité, notamment pour les poissons98 et les anoures (crapauds, grenouilles, etc.)99, est maintenant indiscutable97. Le 15 mars 2017, l’Agence européenne des produits chimiques décide de maintenir le statut du glyphosate comme substance non cancérigène, indiquant que les données scientifiques disponibles sont insuffisantes pour affirmer le caractère cancérigène de cette substance100.

Certaines plantes ont été modifiées génétiquement par transgénèse pour résister au glyphosate. Le principe de cette résistance est d’utiliser une version mutée du gène du maïs codant pour la 5-enol pyruvylshikimate-3-phosphate synthase, enzyme normalement affectée par le glyphosate. La version mutante du gène code pour une version différente de l’enzyme, appelée 2mEPSPS, dont le fonctionnement est beaucoup moins inhibé par le glyphosate. Il existe plusieurs variétés de plantes cultivées transgéniques résistantes au glyphosate comme le soja et le coton.

Autres conséquences de l’utilisation sur les pratiques agricoles

L’usage du glyphosate a permis une adoption plus rapide de techniques d’agriculture de conservation comme le non labour101. Le non travail du sol et le fait de laisser les résidus de la culture précédente au sol limite les effets négatifs du glyphosate (un pesticide est d’autant plus vite dégradé qu’il est exposé au soleil et à un milieu riche en micro-organisme) et permet d’améliorer le taux de matière organique du sol102. Au Brésil l’adoption du glyphosate a eu un effet neutre voir positif sur la biodiversité dans les champs et des mesures de précautions peuvent permettre d’éviter les résistances103.

Notes et références

Bibliographie

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Glyphosate (FT 273) - Fiche toxicologique - INRS

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Glyphosate (nom iso) ; Glyphosate, sel d’isopropylamine.

Interdire le glyphosate - WeMove.EU

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Interdire le Glyphosate Initiative Citoyenne Européenne (ICE)

https://stopglyphosate.org/fr/

Nous demandons à la Commission européenne de proposer aux États membres une interdiction du glyphosate, arrêter les pesticides toxiques.

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 09/06/2017

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