"Le vrai coût de l’énergie nucléaire " par le Prof. Peter Saunders

Traduction et compléments de Jacques Hallard

ISIS Energie
The Real Cost of Nuclear Power
Démystification des estimations du gouvernement britannique concernant le faible coût annoncé de l’énergie nucléaire.
Prof. Peter Saunders

Rapport de l’ ISIS en date du 12/05/2010
L’article original en anglais, avec toutes les références et le tableau 1, intitulé The Real Cost of Nuclear Power est accessible par les membres de l’ISIS sur le site suivant : MATERIAL ON THIS SITE MAY NOT BE REPRODUCED IN ANY FORM WITHOUT EXPLICIT PERMISSION. www.i-sis.org.uk/The_Real_Cost_of_N...

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Green Energies 100% Renewables by 2050
By Mae-Wan Ho, Brett Cherry, Sam Burcher & Peter Saunders.

  L’énergie nucléaire pas chère ?

Peu de centrales nucléaires ont été construites en Europe ou en Amérique au cours des vingt dernières années. Ce n’est pas à cause des dangers que représente l’énergie nucléaire, que les gouvernements ont constamment minimisés, mais c’est tout simplement une question financière et économique. Le secteur du nucléaire n’a pas été compétitif avec d’autres sources énergétiques, en particulier avec le charbon et avec le gaz (voir [1] Nuclear Renaissance Runs Aground and other articles in the series, SiS 40).

Mais, comme nous sommes contraints de réduire notre consommation de combustibles fossiles, l’industrie nucléaire tente de faire son retour. Un récent Livre blanc du Royaume-Uni nous dit que c’est la technologie de production la plus rentable et à faible émission de carbone [2].

Nous avons déjà connu cela dans le passé. Lorsque les premières centrales nucléaires furent construites au Royaume-Uni : on nous avait promis qu’elles allaient constituer une façon simple et économique pour produire de l’électricité. On nous avait même fait valoir que les compteurs d’électricité seraient bientôt obsolètes parce que le prix de l’électricité serait tellement faible qu’il ne serait plus nécessaire de mesurer notre consommation.

En fait, l’énergie nucléaire s’est avérée très coûteuse, ce qui explique pourquoi le gouvernement Thatcher n’a pas été en mesure de vendre les centrales nucléaires quand il a privatisé le reste de l’industrie de l’électricité. On a laissé les contribuables payer la note pour le coût du démantèlement et l’élimination des déchets : la facture est de 72 milliards de livres et elle continue d’augmenter (voir [3] Nuclear Industry’s Financial and Safety Nightmare , SiS 40).

Cette fois-ci, le Gouvernent nous assure que les choses vont être différentes. L’énergie nucléaire ne sera pas trop bon marché, au point de ne plus enregistrer les consommations, mais cette filière produira de l’électricité propre à un prix compétitif. Cela va constituer un investissement attrayant pour le secteur privé, qui assumera les coûts de construction et d’exploitation, ainsi que le déclassement des centrales électriques.

Le gouvernement n’aura qu’à donner le feu vert clair pour que le processus puisse commencer, pour rationaliser le système de planification afin d’éviter les retards « inutiles », et pour mettre en place des mécanismes dans lesquels une petite fraction de l’argent payé par les consommateurs sera mise de côté pour couvrir les coûts de démantèlement et l’élimination des déchets. Le gouvernement n’aura pas à verser d’argent et l’impôt payé par les contribuables n’aura pas à participer à l’organisation de nouveaux moyens de production et de distribution d’électricité. Il s’agira tour simplement de débrancher les vieilles centralles alimentées par le charbon et le gaz, et puis de rebrancher les nouvelles installations nucléaires [2].

Toutefois, un récent rapport de Citigroup Inc, le plus grand réseau mondial de services financiers, brosse un tableau tout à fait différent [4]. Il fait remarquer que le Royaume-Uni est le seul pays où de nouvelles centrales nucléaires sont actuellement proposées, sans appui financier de l’Etat. Le rapport ne voit que peu de chances pour que toutes les implantations de nouvelles centrales nucléaires en cours de construction au Royaume-Uni soient terminées, à moins que le gouvernement n’accorde d’importantes subventions sous une forme ou une autre.

L’affirmation selon laquelle l’énergie nucléaire sera auto-financée, dépend d’hypothèses qui sont corroborées par d’autres estimations actualisées. Si le gouvernement nous engage vers une forte dépendance vis-à-vis de l’énergie nucléaire et qu’il se rend compte ensuite que les subventions sont nécessaires pour terminer les centrales construites et les mettre en état de marche, nous aurons alors délivré un chèque en blanc pour ce secteur industriel du nucléaire.

Il n’est pas du tout nécessaire de se tourner vers l’énergie nucléaire, parce que les sources d’énergies renouvelables, comme l’éolien, le solaire, le biogaz, l’énergie marémotrice et ainsi de suite, sont en mesure de fournir suffisamment d’énergie (voir [5] Green Energies 100% Renewables by 2050 , ISIS publication). ( une version en français intitulée "Le pouvoir aux populations : 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050" par le Dr. Mae-Wan Ho, traduction et compléments de Jacques Hallard, est accessible sur les sites suivants : http://www.i-sis.org.uk/PTTP100PCRfr.php et http://yonne.lautre.net/spip.php?ar....

En outre, alors que le coût de l’énergie nucléaire ne cesse d’augmenter, celui des énergies renouvelables décroît au fur et à mesure que la technologie s’améliore. Depuis 1990, par exemple, le coût de l’énergie solaire photovoltaïque aux États-Unis a diminué de moitié environ en termes réels (c’est à dire après correction de l’inflation) et alors qu’il était environ quatre fois plus cher que le coût de l’énergie provenant du réseau électrique ; il est prévu qu’il atteigne la parité en 2015 [6].

C’est pourquoi l’Allemagne a choisi de ne pas construire de nouvelles centrales nucléaires, mais d’atteindre ses objectifs d’émissions de carbone en passant aux énergies renouvelables [7] ( Germany 100 Percent Renewables by 2050 , SiS 44).(version en français intitulée "100% d’énergies renouvelables en Allemagne d’ici 2050 : un exemple pour tous les pays industrialisés" par le Dr. Mae-Wan Ho & le Professeur Peter Saunders, traduction de Jacques Hallard, accessible sur les sites suivants : http://www.i-sis.org.uk/germanyRene... et http://yonne.lautre.net/spip.php?ar...

Cela signifie aussi qu’il faut conserver une industrie puissante en devenant un leader mondial dans les technologies des énergies renouvelables. Le Royaume-Uni pourrait et devrait faire de même. Au lieu de cela, le pays semble déterminé à répéter les erreurs du passé et même à une plus grande échelle, en investissant massivement dans une technologie qui est dangereuse, non rentable et finalement inacceptable (voir [8] The Nuclear Black Hole , SiS 40).

  Les coûts réels du nucléaire

Les centrales nucléaires sont très coûteuses à construire, et donc le coût de construction est très important dans la détermination du prix de l’électricité qu’elles produisent. Et sur ce point crucial, il y a un très grand écart entre le Livre blanc en question et d’autres estimations faites par ailleurs.

Il y a deux manières de citer le prix de la construction de quelque chose de grand et de complexe. Le premier, le "coût du jour au lendemain", corespond à ce qu’il en coûterait si la construction pouvait être achevée dans la foulée une fois la décision prise. Tous les matériaux, les frais de main d’oeuvre et les autres charges sont calculées sur la base des prix actuels, et rien n’est envisagé pour le coût du financement pendant que l’usine est en construction.

L’autre estimation, en réalité le "coût de la construction réalisée", inclut ces considérations financières et elle est censée représenter ce que le projet coûtera effectivement en réalité, une fois que les travaux seront achevés.
Si vous avez déjà obtenu des estimations de quelques installateurs pour un travail à faire sur votre maison, vous ne serez pas surpris de constater que les estimations du "coût du jour au lendemain" pour la construction d’une centrale nucléaire peuvent varier considérablement. Cependant, il y a encore plus de variation dans les estimations du coût de la construction.

Du fait que beaucoup d’argent doit être engagé bien des années avant que ne rentre la première recette, il y a une grande accumulation d’intérêts qui doivent être remboursés, alors qu’il n’y a encore aucun revenu d’encaissé. Différentes estimations du coût de financement vont donc conduire à des estimations très différentes du coût de la construction. Deuxièmement, tandis que la construction est en cours, le coût des matériaux, des frais de personnels et ainsi de suite, vont augmenter. Ce ne serait pas si grave si ces charges augmentaient avec l’indice des prix de détail, mais l’expérience montre qu’elles augmentent beaucoup plus rapidement. Aux États-Unis, par exemple, l’indice des prix a augmenté d’environ 20 pour cent entre 2000 et 2007.

Pourtant, selon le Cambridge Energy Research Associates, un organisme qui conseille ce secteur industriel, les gouvernements et les institutions financières, sur la même période, l’indice des prix des consommations a augmenté de 130 pour cent, soit environ 12,5 pour cent par an [9]. Les estimations ne permettent donc pas d’être réalistes et elles sont susceptibles d’être beaucoup trop basses.

Le coût total dépend beaucoup du temps qui est nécessaire pour construire l’usine. Un délai de retard d’un an ou deux peut faire une très grande différence parce que le paiement des intérêts et les autres frais de montage ne cessent d’augmenter. Il est bien connu que les centrales nucléaires sont livrées en retard et que les budgets sont dépassés. Les usines construites dans les années 1960 et 1970 aux Etats-Unis ont coûté généralement entre deux et quatre fois les estimations présentées au début de la construction ; c’est en grande partie la raison pour laquelle les services publics étatsuniens ont arrêté de passer des commandes 10].

Quant à la nouvelle génération de réacteurs nucléaires, Schneider a signalé en 2009 que sur les 45 centrales nucléaires alors en construction, pas moins de 22 ont rencontré des retards dans la construction [11]. L’un des deux en cours de construction en Europe occidentale, celui d’Olkiluoto en Finlande, a pris trois ans de retard et il devrait coûter au moins 50 pour cent de plus que le prix initialement prévu par contrat. L’autre réacteur, à Flammanville en France, est également en retard et le budget est en dépassement.

Le Livre blanc britannique sur le sujet estime le "coût du jour au lendemain" d’une centrale nucléaire à 1.250 livres sterling / kW, et le coût de la construction à 1.750 livres sterling / kW, ce qui donne un coût total de 2,8 milliards de £ pour une usine de 1,6 GW. Ceci est basé sur les résultats d’une étude de l’ OECD Nuclear Energy Association, l’ Association pour l’énergie nucléaire de l’ OCDE, qui avait été publiée en 2005 [12]. Mais les coûts ont fortement augmenté depuis lors, et presque toutes les estimations récentes sont nettement plus élevées (voir tableau 1).

Tableau 1. Estimations récentes du coût de la construction d’une centrale nucléaire (sur version en anglais sur le site de l’ISIS)

Malgré les variations considérables entre ces estimations, il y a un consensus clair pour reconnaître que le coût de la construction d’une centrale nucléaire sera d’au moins une fois et demie plus élevé que le chiffrage que le gouvernement britannique a utilisé pour justifier son affirmation selon laquelle l’énergie nucléaire est économiquement valable.

L’estimation initiale du coût de la centrale d’Olkiluoto, adoptée en 2003, était de 3 milliards d’ €, soit presque exactement le chiffre de 2008 que le Livre blanc prend pour un réacteur similaire. Areva a indiqué en 2009 qu’il s’attendait à ce qu’un nouveau réacteur, qui avait alors commencé, coûterait une somme d’au moins 6 Milliards d’ € (soit 5,4 milliards de £) [11].

Dans le Livre blanc, cependant, on nous dit [17] : « Le coût total de la construction dans chaque scénario est plus élevé que les estimations fixées en terme de prix contractuel pour la centrale nucléaire qui est [sic] actuellement en construction à Olkiluoto en Finlande - le coût qui est actuellement projeté est estimé à 2,7 milliards de £ ». Lu rapidement, cela pourrait être interprété comme signifiant que les estimations du Livre blanc de 2008 sont plus élevées que le coût actuel prévu pour la construction de la centrale d’Olkiluoto.

Ce qui est dit réellement, c’est que les coûts seront plus élevés que les estimations qui ont été faites en 2003 et qui sont environ la moitié de ce que les constructeurs prévoient maintenant. Cela pourrait être le résultat d’une rédaction négligée et bâclée, mais cela est certainement peu probable dans le cadre d’un Livre blanc.

Les estimations de Citigroup, Lazard et Moody’s (voir tableau 1) sont particulièrement importantes parce que la solution du secteur privé dépend du fait de savoir si les investisseurs vont trouver une perspective attrayante avec l’énergie nucléaire, quel que soit le contenu du Livre blanc. En fin de compte, ce qui importe c’est le prix que le consommateur doit payer pour de l’électricité avec une faible intensité carbonique, mais les coûts sont encourus.

Les estimations (par MWh) varient de 29 $ [12] (selon les chiffres du coût en énergie aux États-Unis [12]) à 108 $ [18] et 300 $ [10]. Les estimations du Livre blanc sur le nucléaire se situent entre 31 et 42 £.

Le rapport Citigroup estime un prix d’au moins 65 € / MWh (70 € s’il y a un délai de retard de deux ans dans la construction et la réalisation de la charge maximale), si les investisseurs veulent faire un rendement financier acceptable. Dans son document intitulé The Economics of Nuclear Power, sorti en Janvier 2010, la World Nuclear Association indique que d’après les chiffres pour la Finlande en 2003, le coût relatif du nucléaire se situe à 32,3 € / MWh [12].

Comme le Livre blanc, cependant, le rapport de cet organisme WNA ne met pas à jour les chiffres de 2003 concernant le centrale d’Olkiluoto, de sorte que son estimation est forcément trop basse.

  Les coûts cachés et les subventions au secteur nucléaire

On estime qu’une grande partie des variations importantes constatées dans les prix, proviennent de la façon différente dont les prix sont calculés. En général, les chiffres les plus bas ne comprennent pas les coûts en capital de l’usine en projet [19] - la principale composante du coût total et qui est difficile à prévoir- ce qui rend les chiffres bien commodes pour faire du lobbying, mais ils sont de peu d’utilité dans un débat sérieux sur l’économie et le financement des installations concernant l’énergie nucléaire.

Un faible montant des valeurs indiquées peut aussi cacher d’importantes subventions. Si, par exemple, les 72 milliards de £ ou plus, que les contribuables britanniques vont payer pour le démantèlement de la dernière génération des centrales nucléaires et l’élimination des déchets, étaient ajoutés à nos factures d’électricité, le coût réel de l’énergie nucléaire serait plus évident.

Certains ont des crédits de carbone ou des subventions similaires intégrées, d’autres pas, et cela aussi peut aboutir à des comparaisons inexactes. Les estimations fondées sur l’expérience passée peuvent paraître plus fiables, mais même si tous les coûts cachés ont été inclus, ce qui est très difficile à dire, elles donnent rarement une présentation adéquate, pour la très forte augmentation des coûts de construction depuis que ces usines ont été construites.

Un problème majeur réside dans le coût du capital. La plupart des études supposent un taux d’actualisation de 5 ou 10 pour cent (voir encadré), qui nous indique en fait une différence considérable. Plus important encore, si les centrales doivent être construites par le secteur privé, une partie de l’investissement sera sous forme de private equity plutôt que sur le remboursement de la dette.

Si les investisseurs exigent un taux de rendement supérieur à l’intérêt payable sur un prêt, soit en raison du risque qu’ils prennent ou en raison de considérations fiscales, ou les deux, le taux d’escompte effectif sera plus élevé et le prix de l’électricité devra augmenter en conséquence.

Explication du taux d’actualisation

Supposons que nous envisageons de dépenser 1.000 £ pour construire quelque chose qui vous fera gagner une certaine quantité d’argent dans 10 ans. Pour décider si c’est un bon investissement, nous devons comparer les résultats avec ce que nous obtiendrions si nous nous contentions de l’argent déposé dans une banque et en laissant s’accumuler les intérêts.
Si, par exemple, nous pouvions obtenir 5 pour cent d’intérêt par an, après 10 ans, nous aurions 1.000 × (1,05)10 = 1.629 £. Ainsi, un investissement qui promet moins de 1.629 £ dans dix ans, n’en vaut pas la peine.
La façon habituelle d’exprimer cela est la suivante : à un taux d’actualisation de 5 pour cent, 1.629 £ en dix ans a une « valeur actuelle » de 1,629 £ / (1,05)10 = 1.000 £. Il est évident que plus le taux d’escompte est élevé, plus le paiement sur dix ans doit donc être en mesure d’offrir une valeur actualisée au moins aussi grande que l’investissement.
Si, par exemple, on suppose un taux d’actualisation de 10 pour cent, nous aurions besoin de gagner 2.594 £. À 14,5 pour cent (le taux effectif de départ pris en charge par Severance [10]), nous aurions besoin de gagner 3.873 £.
Du fait qu’une grande partie du coût de l’énergie nucléaire est financée à l’avance, toute estimation du prix qu’il faudra payer pour l’électricité distribuée dépendra en grande partie du taux d’actualisation présumé.

C’est ce qui explique en grande partie pourquoi, même si les estimations de Severance [10] pour le coût de la construction dit "du jour au lendemain" est en accord avec d’autres estimations, le coût total de la construction et le prix de l’électricité sont beaucoup plus élevés. Il suppose que la moitié environ de l’investissement sera sous forme de private equity et que les investisseurs exigeront un rendement de 15 pour cent, net d’impôt sur les sociétés.

Différentes hypothèses vont naturellement produire des chiffres différents, mais le rôle de private equity doit être pris en compte dans l’option de faire appel au secteur privé. L’expérience du Royaume-Uni avec le Private Finance Initiative (PFI) montre que la participation du secteur privé peut considérablement accroître les coûts, tout en pernant le risque d’être pris en charge finalement par les contribuables.

L’analyse de Severance a été critiquée [20] et det organisme a défendu sa position énergiquement [21]. Par exemple, les points critiqués font ressortir que, durant l’année écoulée, et pour une construction à moitié réalisée, les coûts ont augmenté beaucoup moins que le taux de 12,5 pour cent que Severance utilise dans ses calculs. Severance répond que les coûts sont liés à une augmentation plus lente dans la période considérée, qui fait suite à un échec économique, tel que l’effondrement des banques.

  Conclusion

Le gouvernement britannique semble croire que l’énergie nucléaire va fournir de l’électricité à faible intensité d’émissions de carboni en toute sécurité, sans aucun coût pour le contribuable et un prix compétitif pour le consommateur. Je ne voudrais pas mettre de l’argent là-dessus et, paraît-il, les grandes institutions financières ne le feront pas non plus.

À moins qu’il ne change d’avis rapidement, le gouvernement va nous engager dans l’énergie nucléaire et nous faire accepter qu’il devra, plus tard, accorder des subventions, alors qu’il nous avait promis que ça ne serait pas nécessaire. Il peut le faire directement au moyen de larges prospections auprès des entreprises, mais il pourrait aussi essayer de le cacher par des dispositifs différents.

Le gouvernement pourrait fournir un financement pour la construction à des taux favorables ou offrir des garanties de prêt ; il pourrait convenir d’acheter de grandes quantités d’électricité à des prix supérieurs à ceux du marché ; il pourrait adopter une vision très optimiste pour les coûts de démantèlement et l’élimination des déchets.

L’industrie nucléaire serait devenue trop importante (et même peut-être trop grande) pour échouer et, d’une façon ou d’une autre, le contribuable sera appelé à faire en sorte qu’il n’en soit pas ainsi. Ayant opté pour le nucléaire parce que l’on nous a dit que c’était moins cher que d’autres sources énergétiques, nous allons nous retrouver à devoir payer davantage.

Nous pouvons effectivement satisfaire nos besoins en énergie par une combinaison de différentes sources d’énergie renouvelables [5] telles que l’Allemagne envisage déjà de le faire.

Il est bon de rappeler que le nucléaire ne produit actuellement qu’environ 13 pour cent de l’électricité du Royaume-Uni, et que cette proportion sera ramenée à 8 pour cent d’ici 2020, du fait que les anciennes installations atteignent la fin de leur vie d’utilisation. D’ici là, même le gouvernement s’attend à ce que les énergies renouvelables puissent être en mesure de fournir 30 pour cent des besoins.

Nous devons améliorer grandement l’efficacité énergétique et réduire les activités à hautes émissions de carbone dans des domaines tels que les transports, qui sont actuellement responsables d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre.

L’agriculture, les changements dans l’utilisation des terres et les déchets représentent ensemble 11 pour cent des émissions, et nous avons également un grand besoin de procéder à des changements importants dans ces domaines (voir [22] Food Futures Now : * Organic * Sustainable Fossil Fuel Free *, ISIS publication).

Evidemment, l’énergie nucléaire n’est pas nécessaire. En outre, si le Royaume-Uni se précipite dans une fuite en avant avec le nucléaire, nous sommes susceptibles de rencontrer d’autres pays qui obtiendront de meilleurs résultats en se concentrant sur les énergies renouvelables et nous finirons par devoir acheter des équipements pour la production d’électricité auprès d’eux. Déjà la Chine et l’Allemagne sont en état de se présenter comme des leaders mondiaux dans ce secteur.

Et malgré ce que notre gouvernement et l’industrie concernée voudraient nous faire croire, l’énergie nucléaire est également dangereuse (voir [23] Close-up on Nuclear Safety , SiS 40).

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 Définitions et compléments en français

voir PDF à demander à Yonne.lautre@laposte.net (bien spécifier le titre de l’article)

 Traduction en français, définitions et compléments :


Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles
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