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"Tour d’Europe : 6 projets de gaz, particulièrement inutiles, sont planifiés dans l’Union Européenne" par Frida Kieninger

Traduction et compléments de Jacques Hallard

lundi 31 juillet 2017, par Kieninger Frida



ISIAS Energies
Tour d’Europe : 6 projets de gaz, particulièrement inutiles, sont planifiés dans l’Union Européenne
Auteur : Frida Kieninger. Diffusé le 26 juin 2017 par ‘Food & Water Europe’Photo.

Dans le blog de cette semaine, Frida Kieninger de ‘Food & Water Europe’ vous emmène dans une tournée à travers l’Europe, en examinant six des nombreux projets de gaz qui y sont planifiés et qu’elle qualifie d’inutiles. Tous ces projets tentent actuellement d’accéder à la liste des « Projets d’intérêt commun » de la Commission européenne

Voir en annexe [Les « projets d’intérêt commun » (PIC) et leur financement en EUROPE].

Voici pourquoi nous trouvons que ces plans d’infrastructure sont loin d’être dans l’intérêt commun des territoires et des populations concernées. Photo.

Carte politique de l’Europe (Source)

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/736x/97/98/31/979831a636ba92adb1a1cd4b2efe5443.jpg

1. Italie - Gaz d’oléoduc plus algérien ?

L’Italie, qui est le troisième consommateur de gaz de l’UE, a de grandes ambitions concernant l’expansion de ses infrastructures déjà très denses et interconnectées. Outre les plans visant à construire plus de terminaux GNL (terminaux d’importation capables de « gazéifier » des gaz liquéfiés expédiés en Italie à partir du monde entier), il existe également une foule de projets de pipelines en prévision. Le pipeline Galsi, qui est particulièrement sportif, vise à relier l’Algérie à l’Italie, en passant par la Sardaigne.

[Selon Wikipédia, « Le gaz naturel liquéfié (abrégé en GNL) est du gaz naturel de qualité commerciale condensé à l’état liquide. Il se compose essentiellement de méthane mais comprend aussi jusqu’à 10% d’éthane1 et de petites quantités d’autres composés.

Le méthane devient liquide à une température d’ −161 °C à la pression atmosphérique, il prend la forme d’un liquide clair, transparent, inodore, non corrosif et non toxique. Avec une densité de 422,62 kg·m-3, il condense alors le gaz naturel dans 1/600e du volume qu’il occupe dans les CNTP et 40% du volume qu’il occupe compressé à 200 bars. En tant que carburant, son PCI est de 22.4 MJ/l, soit 60 % de celui du gasoil2.

Industriellement, le GNL est produit en grande quantité dans des usines cryogéniques. Il est principalement utilisé comme moyen de transporter le gaz naturel de pays producteurs vers des pays consommateurs par voie maritime : près de 10% du gaz naturel produit dans le monde est acheminé ainsi. Il est aussi utilisé comme carburant pour navires ou pour véhicules terrestres, et comme solution d’acheminement du gaz naturel vers des sites non reliés au réseau. Le GNL ne doit pas être confondu avec le gaz de pétrole liquéfié, constitué principalement de propane et de butane, hydrocarbures saturés à 3 et 4 atomes de carbone respectivement (contre un seul pour le méthane)…’ » Article complet à lire sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_naturel_liqu%C3%A9fi%C3%A9 ].

Quel est en fait le problème autour du projet GAFSI ?

[D’après Wikipédia, « Le consortium GALSI (acronyme pour Gazoduc ALgérie – Sardaigne – Italie), porté par la Sonatrach et plusieurs partenaires, étudie une liaison sous-marine en Méditerranée par gazoduc entre l’Algérie et l’Italie, en passant par la Sardaigne. Cette liaison de 1 505 km doit acheminer à terme jusqu’à huit milliards de mètres cubes (normaux) de gaz naturel par an… » - Carte du Trajet étudié pour le GALSI…. Article complet sur le site suivant : https://fr.wikipedia.org/wiki/GALSI#/media/File:GALSI.svg ].

Alors que la construction de Galsi sera complexe et coûteuse, en prévision d’être le pipeline sous-marin le plus profond jamais construit, il est difficile de voir le besoin de ce pipeline : deux pipelines qui ne sont pas entièrement utilisés relient déjà l’Italie à l’Afrique du Nord : la Tunisie et l’Algérie. L’Italie a même annoncé récemment qu’elle cesserait d’importer du gaz algérien par pipeline. En outre, le pays dispose d’un certain nombre de terminaux GNL qui sont loin d’être utilisés à pleine capacité. Plus précisément, deux des trois terminaux de GNL existants en Italie ont été utilisés uniquement à 7% et à 3% respectivement, de leur capacité totale au cours des dernières années. Ce développement d’infrastructures se produit à un moment où l’utilisation du gaz en Italie a diminué d’environ 19% entre 2010 et 2015.

L’Algérie compte pour près de 100% du gaz pour la production d’électricité, tandis que ses propres ressources sont de plus en plus en voie d’épuisement. La construction en Italie d’un pipeline, qui repose sur du gaz en provenance d’Algérie, n’a aucun sens car l’Italie n’a pas besoin du gaz algérien !

2. Irlande du Nord – Du gaz britannique vers l’Irlande du Nord … puis retour

Voyons maintenant vers le Nord de l’Europe, vers les eaux froides situées entre l’Ecosse et l’Irlande du Nord. Entre les deux régions se trouve le SNIP, Scotland-Northern Ireland Pipeline - le pipeline qui va de l’Ecosse en Irlande du Nord. Il est actuellement capable de transporter du gaz en Irlande du Nord du côté écossais et autour de la Grande-Bretagne, avec des connexions à la Norvège et à la Belgique et ses quatre terminaux de GNL sont fortement sous-utilisés.

Un nouveau projet vise à rendre possible un flux de gaz entre l’Irlande du Nord et l’Ecosse. Le seul problème, c’est quel gaz y circulerait-il ? L’Irlande du Nord ne prélève pas de gaz et n’a qu’un petit pipeline qui la relie à l’Irlande. Il semble étrange de mettre à niveau le pipeline SNIP sans avoir une idée claire de l’objectif de cette mise à niveau.

Même si nous regardons ce projet dans le cadre d’un projet controversé de stockage de gaz souterrain qui est actuellement prévu en Irlande du Nord, les choses ne donnent pas plus de sens : un SNIP bidirectionnel serait alors capable de transporter le gaz britannique en Irlande du Nord, ce qui reviendrait à ramène le gaz de là où il vient ! C’est bien mystérieux…

3. Espagne / Portugal : une troisième connexion à l’Espagne a-t-elle un sens ?

En revenant vers le sud de l’Europe, cette fois-ci dans la péninsule ibérique, il n’est pas difficile de repérer un autre projet de gaz inutile. Bien que le pipeline controversé de Midcat, visant à relier la France à l’Espagne, reçoive une attention particulière - et à juste titre - un autre projet d’interconnexion doit être mentionné : la 3ème interconnexion entre le Portugal et l’Espagne.

[Voir en annexe 2 l »article « LeMidCat, un projet-clé pour le gaz en Europe ? » ].


Alors que le Portugal ne consomme pas son propre gaz, la capacité des deux pipelines existants en Espagne est suffisante pour importer plus des 4/5èmes de la plus récente demande de gaz portugaise annuelle jamais enregistrée.

Quant au cinquième manquant : l’énorme terminal de GNL de Sines, située sur la côte portugaise, est en grande partie compensée, capable d’importer plus de gaz que le Portugal n’en n’a utilisé durant son pire en 2011 ( 5 milliards de mètres cubes ou bcm).

Alors, pourquoi construire un troisième pipeline pour un pays qui peut déjà importer presque deux fois autant que sa demande enregistrée la plus élevée ? Pour un pays qui a réussi à fonctionner complètement sur les énergies renouvelables pendant plusieurs jours en 2016 et qui a vu sa baisse de la demande de gaz au cours des dernières années ? Pour l’Espagne, ce pipeline aurait tout aussi peu de sens, étant donné que ce pays a déjà accès à ses propres terminaux GNL qui sont sous-utilisés.

Alors que certains projets de gaz proposés visent à transporter beaucoup de gaz vers des régions qui n’en ont pas besoin, d’autres visent à transporter des gaz qui ne seront certainement pas disponibles. Encore d’autres projets aggravent le problème de la sous-utilisation du terminal à GNL ou/et qui donne encore moins de sens lorsque l’on essaie de trouver une logique derrière tous ces projets.

4. Eastring - Des flux de gaz énormes en Slovaquie, en Bulgarie, en Roumanie et en Hongrie

En traversant l’Europe centrale et en avançant encore plus à l’Est, nous trouvons un autre exemple d’un projet de pipeline inutile : The Eastring, un projet d’infrastructure extrêmement coûteux (2 milliards d’euros) qui risque de devenir un atout bloqué si jamais il est construit. Les principaux pays concernés de ce projet sont la Slovaquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. Leur consommation de gaz en 2015 s’élève à 27,7 bcm.

[Voie en annexe l’article « Après la Grèce, la Slovaquie envisage d’être reliée au gazoduc russo-turc » 3 juin 2015, 00:16].


Depuis leurs années de pointe respectives, la demande de gaz de ces pays a fortement diminué (entre 39% et 37% à l’exception de la Bulgarie avec une baisse de 14%). Pourtant, le projet Eastring vise à amener encore 20 bcm vers cette région, et à un stade ultérieur même jusqu’à 40 bcm. Ces pays disposent déjà d’une infrastructure de gaz pour faire face à une demande plus élevée qu’aujourd’hui et n’ont certainement pas besoin d’un pipeline qui pourrait permettre de répondre à une proportion de 75% à 150% des besoins en gaz de ces quatre pays.

Malheureusement, le projet Eastring est loin d’être le seul projet de gaz envisagé en Europe de l’Est, alors que les mesures d’efficacité énergétique dans la région auront un potentiel impressionnant pour réduire davantage l’utilisation du gaz et conduire à une plus grande indépendance énergétique.

5. Croatie - Connexion à un pipeline Mega sans réserver ses capacités

De nombreux projets de gaz en Europe de l’Est semblent s’attendre à une promenade sur le pipeline transadriatique (TAP).

[D’après Wikipédia, « Le Trans Adriatic Pipeline (TAP), en français « gazoduc trans-adriatique », est un projet de gazoduc ayant pour objet de transporter vers le marché européen le gaz naturel de la mer Caspienne (Azerbaïdjan). Il partira de la frontière gréco-turque et traversera la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique pour arriver en Italie1. Le TAP est soutenu par les institutions européennes et est un maillon du projet de corridor gazier sud-européen qui permettra d’acheminer du gaz naturel en Europe occidentale depuis le gisement gazier de Shah Deniz 2…. » Tracé du gazoduc trans-adriatique ou TAP. Article complet à lire sur le site suivant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trans_Adriatic_Pipeline#/media/File:Trans_Adriatic_Pipeline.png ].

Le TAP, qui fait partie d’un pipeline très coûteux de 45 milliards d’euros, le Southern Gas Corridor, vise à transporter du gaz de l’Azerbaïdjan vers l’Europe. Le projet de pipeline adriatique ionien est l’un de ces projets conçu dans l’espoir de se justifier en prévoyant de transporter du gaz azerbaïdjanais, de la partie albanaise de la TAP, tout au long des territoires vers le nord jusqu’en Croatie.

Le seul problème est que les capacités du TAP sont déjà réservées et il n’y a pas de capacité disponible pour le pipeline adriatique ionien. En outre, nous avons des doutes que le gaz puisse couler au tout début du TAP, et même si cela se passe ainsi, il est tout à fait improbable que ce soit de grosses quantités qui seront acheminées.

6. Estonie - Deux terminaux GNL pour un petit consommateur de gaz ?

Ce sont en fait deux terminaux GNL destinés à gazéifier les gaz liquéfiés qui sont prévus en Estonie, un pays à très faible consommation de gaz. Même si seulement le terminal GNL plus petit, Padilski, a été construit, il couvrirait deux fois la demande annuelle de l’Estonie.

Les capacités d’importation de GNL de Tallinn dépasseraient huit fois la demande en gaz de ce pays baltique. L’argument principal pour la construction de ces terminaux est de diminuer la dépendance à l’égard du gaz russe. Mais cela peut déjà être pris en charge par un terminal de GNL qui existe en Lituanie : le KNL de Klaïpeda. Ses capacités sont suffisamment élevées pour approvisionner les trois pays baltes en gaz et actuellement largement utilisés. Même le producteur d’engrais Acheta a réservé une part considérable de la capacité de Klaïpeda.

[Selon Wikipédia, « Klaipėda1 (en allemand : Memel) est une ville de 187 316 habitants et le principal port de mer lituanien. Klaipėda est la troisième ville de Lituanie après Vilnius et Kaunas. Ancienne ville hanséatique, connue sous le nom allemand de Memel, la ville a longtemps été disputée entre le royaume de Lituanie et les chevaliers Teutoniques. La Paix du lac de Melno en 1422 fixe les frontières du duché de Prusse et de la Lituanie ; Memel restera en Prusse jusqu’à la défaite allemande à la suite de la Première Guerre mondiale… » Article complet sur le site suivant https://fr.wikipedia.org/wiki/Klaip%C4%97da ].

Tous ces projets comportent beaucoup plus de problèmes que ceux décrits ci-dessus. Ils nous enferment dans la dépendance aux gaz fossiles pendant des décennies, compte tenu de leur longue durée de vie.

Ils déroutent des moyens financiers qui sont indispensables sur des projets qui ont un sens et qui sont nécessaires de toute urgence, en particulier les projets de mise en œuvre de sources d’énergies renouvelables et des actions d’efficacité énergétique.

Ces projets aggravent encore la dépendance vis-à-vis du gaz et tous les problèmes qui sont liés et qui entraînent les méfaits en matière de santé publique, de protection de notre environnement et de nos communautés forcément touchées, tout en renforçant le rôle néfaste du gaz en tant qu’émetteur d’émissions de gaz à effet de serre qui nous conduisent vers un véritable chaos climatique.

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Annexe 1Les « projets d’intérêt commun » (PIC) et leur financement en EUROPELa Commission dévoile des projets d’infrastructures énergétiques essentiels qui permettront d’intégrer les marchés européens de l’énergie et de diversifier les sources - Commission européenne - Communiqué de presse - Bruxelles, le 18 novembre 2015.

La Commission européenne adopte une liste de 195 projets d’infrastructures énergétiques essentiels - dits « projets d’intérêt commun » - qui contribueront à la réalisation des objectifs de l’Europe dans le domaine de l’énergie/climat et constitueront des éléments déterminants pour l’Union de l’énergieLa Commission européenne a adopté aujourd’hui une liste de 195 projets d’infrastructures énergétiques essentiels qui contribueront à la réalisation des objectifs de l’Europe dans le domaine de l’énergie et du climat et constitueront des éléments déterminants pour l’Union de l’énergie. Ces projets - dits « projets d’intérêt commun » (PIC) - contribueront à la mise en place progressive de l’Union de l’énergie par l’intégration des marchés de l’énergie en Europe et la diversification des sources d’énergie et des voies d’acheminement. En outre, les projets d’intérêt commun adoptés aujourd’hui permettront de mettre un terme à l’isolement énergétique de certains États membres. Ils contribueront aussi à accroître la quantité d’énergie produite à partir de sources renouvelables qui est intégrée dans le réseau, ce qui fera diminuer les émissions de carbone. Ces PIC bénéficient de procédures accélérées pour l’octroi des autorisations et de meilleures conditions réglementaires. Ils pourront également avoir accès au soutien financier du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE). Un budget de 5,35 milliards d’euros a été alloué aux infrastructures énergétiques transeuropéennes au titre du MIE pour la période 2014-2020. Cette mesure permettra de mettre ces projets en œuvre plus rapidement et de les rendre plus attrayants pour les investisseurs.Miguel Arias Cañete, commissaire pour l’action pour le climat et l’énergie, a déclaré à ce propos : « Il est primordial de disposer d’une infrastructure moderne et fiable, permettant à l’énergie de circuler librement au sein de l’Union. Ces projets vont nous aider à intégrer nos marchés de l’énergie, à diversifier les sources d’énergie et les voies d’acheminement, et à mettre fin à l’isolement énergétique de certains États membres. Ils contribueront aussi à accroître la quantité d’énergie produite à partir de sources renouvelables qui est intégrée dans le réseau, ce qui fera diminuer les émissions de carbone. La transformation énergétique de l’Europe nécessitera des investissements représentant des milliards d’euros dans des infrastructures stratégiques. Cette liste de projets permettra de garantir aux Européens un approvisionnement en énergie propre et abordable. »La liste de projets met à jour la liste des PIC adoptée en octobre 2013. Elle comporte 108 projets dans le secteur de l’électricité, 77 dans le secteur du gaz, 7 dans le secteur du pétrole et 3 dans le secteur des réseaux intelligents. Le recensement de projets prioritaires au niveau régional a permis de parvenir à un bon équilibre entre les projets dans le secteur de l’électricité et les projets gaziers.Ces projets bénéficieront d’un certain nombre d’avantages :

  • une transparence accrue et une amélioration de la consultation publique ;
  • des procédures accélérées d’octroi des autorisations (délai contraignant de trois ans et demi) ;
  •  une évaluation environnementale améliorée, plus rapide et plus rationnelle ;
  • une autorité nationale compétente unique qui fera office de guichet unique pour les procédures d’octroi des autorisations ;
  •  une amélioration du traitement réglementaire grâce à l’affectation des coûts en fonction des bénéfices nets, ainsi que des mesures réglementaires d’incitation ;
  •  la possibilité de recevoir une assistance financière de l’Union au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) sous la forme de subventions et d’instruments financiers novateurs.
    Pour qu’un projet soit inscrit sur la liste, il fallait qu’il présente des avantages considérables pour au moins deux États membres, qu’il contribue à l’intégration du marché et à l’intensification de la concurrence et qu’il permette d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement et de réduire les émissions de CO2.En principe, les infrastructures énergétiques devraient être financées par le marché et par les tarifs payés par les utilisateurs. Cependant, pour relever le formidable défi que représente cet investissement, l’UE a créé des instruments tels que le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) et le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), qui aideront à mobiliser les capitaux nécessaires. En 2014 et 2015, 797 millions d’euros ont été alloués, au titre du MIE, au cofinancement d’études et de travaux de construction pour aider à la mise en œuvre des PIC.Depuis l’adoption de la première liste des PIC en 2013, 13 projets ont été achevés ou seront mis en service avant la fin de 2015. En outre, quelque 62 autres projets devraient être terminés d’ici à la fin de 2017.La Commission a joué un rôle capital dans le démarrage d’un grand nombre de ces projets, soit en menant une action politique et en favorisant la conclusion d’accords entre deux pays sur la voie à suivre, soit en apportant un soutien technique et/ou financier aux projets.La liste des PIC est mise à jour tous les deux ans afin d’intégrer les projets qui sont devenus nécessaires et de supprimer ceux qui sont obsolètes.ContexteLe besoin criant d’investissements dans les infrastructures énergétiques était l’une des raisons justifiant la proposition de règlement concernant des orientations pour les infrastructures énergétiques transeuropéennes (Orientations RTE-E) en 2011. Les orientations RTE-E fournissent un cadre stratégique pour une vision à long terme des infrastructures énergétiques dans l’UE et introduisent la notion de projets d’intérêt commun. Elles recensent neuf corridors prioritaires stratégiques en matière d’infrastructures dans les domaines de l’électricité, du gaz et du pétrole et trois domaines prioritaires en matière d’infrastructures au niveau de l’Union en ce qui concerne les autoroutes de l’électricité, les réseaux intelligents et les réseaux de transport du dioxyde de carbone.La Commission a approuvé la liste finale des projets d’intérêt commun au terme d’un travail rigoureux de recensement et d’évaluation mené par les groupes régionaux constitués en vertu du règlement RTE-E. Ces groupes sont composés de représentants des États membres, du réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité et de gaz (REGRT-E et REGRT-G), des gestionnaires nationaux des réseaux de transport et des promoteurs de projets, des autorités de régulation nationales et de l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER). Les résultats de la consultation publique ont également été pris en considération. Enfin, les listes régionales doivent être adoptées par l’organe de décision à haut niveau, composé de hauts représentants de la Commission et des États membres, après quoi la Commission peut officiellement adopter la liste des projets d’intérêt commun de l’UE par voie d’acte délégué. Pour de plus amples informationsListe complète des projets d’intérêt commun par corridor prioritaire : https://ec.europa.eu/energy/en/news/commission-unveils-list-195-key-energy-infrastructure-projectsFiche d’information sur les projets d’intérêt commun : MEMO/15/6108 IP/15/6107
Personnes de contact pour la presse : Anna-Kaisa ITKONEN (+32 2 29 56186) - Nicole BOCKSTALLER (+32 2 295 25 89) - Renseignements au public : Europe Direct par téléphone au 00 800 67 89 10 11 ou par courriel - Dernière mise à jour : 20-02-2017 -

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Source : http://europa.eu/rapid/press-release_IP-15-6107_fr.htm

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L’UE investit 444 millions d’euros dans les infrastructures énergétiques clésBruxelles, le 17 février 2017 - Commission européenne - Communiqué de presse - Accès au document PDF.Les États membres de l’UE ont approuvé aujourd’hui la proposition de la Commission visant à investir 444 millions d’euros dans de grands projets européens d’infrastructures énergétiques.Les 18 projets sélectionnés, qui concernent les domaines de l’électricité, du gaz et des réseaux intelligents, contribueront à atteindre les objectifs de l’union de l’énergie en interconnectant les réseaux énergétiques européens, en renforçant la sécurité de l’approvisionnement et en contribuant au développement durable par l’intégration de sources d’énergie renouvelables dans l’ensemble de l’UE.La stratégie de l’union de l’énergie est axée sur la transition vers une économie à faible intensité de carbone, sûre et compétitive. Une bonne interconnexion des lignes électriques et des gazoducs constitue la colonne vertébrale d’un marché énergétique européen intégré. L’investissement dans les sources d’énergie durables et renouvelables contribue à accélérer la transformation énergétique en Europe et fait en sorte que cette transformation aide l’industrie de l’UE à atteindre une position de premier plan dans les technologies à faible intensité de carbone, encourageant ainsi la croissance verte et l’emploi - ces objectifs faisant tous partie des priorités définies par la Commission Juncker.Les fonds qui serviront à financer les projets sélectionnés proviennent du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), le programme de cofinancement de l’UE en faveur des infrastructures.M. Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission chargé de l’union de l’énergie, a déclaré : « Je salue l’approbation exprimée aujourd’hui par les États membres. Ces projets sont essentiels et auront une incidence transfrontalière majeure. Ils concrétisent ce que l’union de l’énergie peut apporter à l’Europe et montrent en quoi l’UE peut contribuer à renforcer nos pays en favorisant leur collaboration étroite. »M. Miguel Arias Cañete, commissaire chargé de l’action pour le climat et l’énergie, a quant à lui déclaré : « Il s’agit là d’une nouvelle étape dans la mise en place d’un marché européen de l’énergie plus propre et plus compétitif. Il est essentiel de disposer d’infrastructures énergétiques adaptées aux objectifs poursuivis afin de permettre la progression des énergies renouvelables. Grâce à ces améliorations, les propositions avancées dans le train de mesures “Une énergie propre pour tous les européens” ont d’autant plus de chances de devenir une réalité. L’UE démontre ainsi sa détermination à fournir aux consommateurs européens une énergie moins chère, plus durable et plus sûre ».Sur les 18 projets retenus pour bénéficier d’un cofinancement :

  • 7 concernent le secteur de l’électricité (contribution de l’UE de 176 millions d’euros), 10 celui du gaz (contribution de l’UE de 228 millions d’euros) et 1 les réseaux intelligents (contribution de l’UE de 40 millions d’euros) ;
  • 5 se rapportent à des travaux de construction (contribution de l’UE de 350 millions d’euros) et 13 à des études (contribution de l’UE de 94 millions d’euros).
    Dans le secteur de l’électricité, une subvention aidera l’Allemagne à mettre en œuvre son plus grand projet d’infrastructures énergétiques au cours de la phase de préparation : le projet SuedLink (contribution de l’UE de 40,25 millions d’euros). Il s’agit du premier projet de ce type engagé à une échelle aussi vaste : 700 kilomètres de câbles de haute tension seront installés entièrement sous terre. Cette ligne de transport électrique établira la liaison dont le pays a un besoin urgent entre l’énergie éolienne produite dans le nord de l’Allemagne et les pôles de consommation situés dans le sud du pays. Elle permettra une meilleure intégration des énergies renouvelables et concourra également à développer davantage les échanges transfrontaliers d’énergie avec d’autres États membres de l’UE.Une subvention de l’UE de 90 millions d’euros soutiendra la mise en œuvre d’un projet innovant de stockage d’énergie, à savoir le stockage d’énergie par accumulation d’air comprimé (CAES), à Larne (Irlande du Nord). Il s’agit de transformer l’énergie excédentaire, par exemple lorsqu’une grande quantité d’énergie renouvelable est générée, en air comprimé. Cet air est ensuite stocké dans des cavités salines souterraines très profondes, avant d’être libéré pour produire de l’électricité. Ce projet contribuera à la flexibilité et à la stabilité du système et facilitera la pénétration à grande échelle des énergies renouvelables sur les marchés énergétiques.Dans le secteur du gaz, le mécanisme pour l’interconnexion en Europe soutiendra la construction d’un terminal GNL au large de l’île croate de Krk (contribution de l’UE de 102 millions d’euros), qui permettra de diversifier l’approvisionnement de la région, assuré majoritairement par une seule et même source. Ce projet renforcera ainsi la sécurité énergétique et la compétitivité des prix dans la région.De plus, une aide financière de 40 millions d’euros sera accordée à un projet de réseau intelligent (SINCRO.GRID) qui optimisera, en Slovénie et en Croatie, l’utilisation du réseau actuel de transport d’électricité. Grâce à cela, les infrastructures existantes seront en mesure de gérer l’apport d’énergie renouvelable supplémentaire, et la sécurité énergétique sera accrue sans nécessité d’installer de nouvelles lignes aériennes.ContexteDans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, une enveloppe de 5,35 milliards d’euros au total est prévue pour les infrastructures énergétiques transeuropéennes au cours de la période 2014-2020. Pour pouvoir bénéficier d’une subvention, la proposition doit faire partie des « projets d’intérêt commun » (PIC). Actuellement, 195 projets européens d’infrastructures énergétiques ont été recensés en tant que « projets d’intérêt commun ». Une fois achevés, les projets apporteront chacun des avantages substantiels à au moins deux États membres, renforceront la sécurité de l’approvisionnement, contribueront à l’intégration du marché ainsi qu’à l’intensification de la concurrence et permettront de réduire les émissions de CO2. La liste est mise à jour tous les deux ans. La prochaine liste des PIC devrait être adoptée par la Commission fin 2017.Lors du premier appel à propositions lancé en 2014 au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe — Énergie, des subventions d’un montant total de 647 millions d’euros avaient été attribuées à 34 projets. En 2015, 35 projets ont été financés à hauteur de 366 millions d’euros. Une aide financière d’un total de 707 millions d’euros a été octroyée à 27 projets en 2016.Pour en savoir plusActualités sur le Web Liste de tous les projets bénéficiant d’un soutien de l’UE au titre du dernier appel en dateAperçu des projets financés par le mécanisme pour l’interconnexion en Europe — Énergie pour la période 2014-2016Second appel à propositions lancé en 2016 au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe — ÉnergieListe actuelle des « projets d’intérêt commun »
Agence exécutive pour l’innovation et les réseaux (INEA) : http://inea.ec.europa.eu - IP/17/280 - Personnes de contact pour la presse : Anna-Kaisa ITKONEN (+32 2 29 56186) - Alexis PERIER (+32 2 296 91 43) - Renseignements au public : Europe Direct par téléphone au 00 800 67 89 10 11 ou par courriel - Dernière mise à jour : 20-02-2017.

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Source : ht tp ://europa.eu/rapid/press-release_IP-17-280_fr.htm

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Annexe 2

Le MidCat, un projet-clé pour le gaz en Europe ? Par Jacqueline Balvet 12/14 avril 2017 – Document ‘blogs.mediapart.fr’ - Blog : Le blog de Jacqueline Balvet

L’Union de l’énergie de la commission européenne s’est construite à partir du postulat de base qu’il faudrait répondre à une demande toujours croissante des Etats membres. Deux axes stratégiques ont donc été développés : 1) des négociations avec les pays ressources (Algérie, Etats-Unis, Argentine, Azerbaïdjan), dans le but d’une moindre dépendance vis à vis du gaz russe, et 2) un projet communauta

L’Union de l’énergie de la commission européenne s’est construite à partir du postulat de base qu’il faudrait répondre à une demande toujours croissante des Etats membres. Deux axes stratégiques ont donc été développés : 1) des négociations avec les pays ressources (Algérie, Etats-Unis, Argentine, Azerbaïdjan), dans le but d’une moindre dépendance vis à vis du gaz russe, et 2) un projet communautaire de développement des infrastructures.

Le projet communautaire ’Projets d’intérêt commun’ (PIC) s’est concrétisé fin 2015 – à travers le Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (1) - avec une liste de 195 projets d’infrastructures essentielles (dans les domaines de l’énergie, du transport et des télécommunications) qui doivent ’contribuer à la mise en place progressive de l’Union de l’énergie par l’intégration des marchés de l’énergie en Europe et la diversification des sources d’énergie et des voies d’acheminement. En outre, les projets d’intérêt commun, avec 5,35 milliards € alloués par l’UE, adoptés aujourd’hui permettront de mettre un terme à l’isolement énergétique de certains États membres. Ils contribueront aussi à accroître la quantité d’énergie produite à partir de sources renouvelables qui est intégrée dans le réseau, ce qui fera diminuer les émissions de carbone et garantira aux Européens un approvisionnement en énergie propre et abordable’ (2). Notons au passage que le scénario européen choisi par EDF et R&D prévoit 43% de thermique classique et de nucléaire (3).

Le marché unique européen du gaz est donc en route pour être opérationnel en 2018. Les opérateurs français , GRTgaz et TIGF, sont en première ligne, la France étant en effet un noeud stratégique d’interconnexion pour distribuer l’énergie au sein de l’Union Européenne.

Le projet MidCat, qui prévoit une inter-connexion des réseaux de gazoduc de Catalogne avec ceux du sud de la France arrivant à Carcassonne, fait partie du chantier européen gigantesque d’interconnexion des réseaux énergétiques (électricité, gaz), de transport et de télécommunication.

MidCat a pour objectif de favoriser la ’transition énergétique’ (en attendant que des énergies propres prennent le relais), en diversifiant les sources d’approvisionnement en Gaz Naturel pour diminuer la dépendance de l’UE vis à vis de la Russie et en organisant l’importation de gaz d’Algérie (il serait même prévu de construire un gazoduc pour amener le gaz nigérien en Algérie).

Au moment où nous écrivons l’article, nous apprenons que Total, après avoir annoncé sur son site début 2015 en partir, s’est ’réconcilié’ avec l’Algérie et a lpusieurs projets dont ’la construction d’une usine pétrochimique, mais aussi la mise en exploitation du gisement de Timimoun, dont Total détient 38% et qui recèle du tight gas, un gaz non conventionnel dont l’extraction requiert, comme le gaz de schiste, le recours à la fracturation hydraulique.’ (4)

Le projet MidCat consiste en ceci :

> pour la première phase : la construction de gazoduc pour relier l’Espagne à la France, plutôt côté Catalogne que Pays Basque où l’opposition est fortement redoutée. Ce serait 120 km de nouveaux gazoduc entre la frontière Le Perthus et Carcassonne

> la construction de stations de compression (Barbaira, Montpellier, St Martin de Crau) afin de réguler le transit.

> un financement estimé, pour la première phase, à 8 300 000 €, à construire avec une aide de l’Union Européenne maximale de 4 150 000 € qui devra être complétée par des financements nationaux publics et privés.

> dans un second temps : l’agrandissement de gazoduc existants, de Carcassonne à Fos/mer, afin de se relier au gazoduc de la vallée du Rhône afin que le gaz puisse être acheminé dans les autres pays de l’UE.

Les résistances s’organisent en Catalogne. La plateforme Stop MidCat est en place.

Après s’être retrouvés devant le fait accompli de la construction d’un premier tronçon de 88 km en 2012 (MidCat est plus avancé que côté français), les camarades catalans organisent la mobilisation.

Le montage financier montre clairement qu’il s’agit plutôt de favoriser un investissement privé dont la rentabilité n’est pas évidente (une des raisons pour laquelle la France s’était un temps retiré du projet, du moins avant que l’UE en fasse un projet d’intérêt communautaire).

Le modèle énergétique basé sur la croissance sans limite et l’utilisation des ressources fossiles et fissiles n’est plus acceptable. Nous avons à construire une stratégie énergétique relocalisée, basée sur les besoins essentiels des populations et dans laquelle les communautés peuvent décider et contrôler les structures mises en place.

L’argument avancé de la transition énergétique ne tient pas : le méthane est très néfaste pour le climat de par son rôle propre dans le réchauffement climatique, le CH4 est beaucoup plus émetteur de gaz à effet de serre que le CO2, surtout dans l’exploitation des gaz de schiste où les fuites sont multipliées par le nombre très important de puits de forage. Or, le gaz prévu pour passer dans ce tuyau proviendra essentiellement d’Algérie et on sait fort bien que dans le sud saharien, le gaz de schiste est fortement convoité par l’industrie gazière, l’Algérie étant la 3ème réserve mondiale estimée de gaz de schiste.

Autant d’arguments pour bloquer ce nouveau grand projet inutile, dont la mise en oeuvre est prévue en France à l’horizon post 2020 : ce gazoduc irait du Perthus à Barbaira sur 120 km, puis delà le gaz partirait vers l’est pour rejoindre Fos (à travers un réseau à renforcer/doubler), puis la vallée du Rhône (projet ERIDAN) pour alimenter l’Europe du Nord...

Source : https://blogs.mediapart.fr/jacqueline-balvet/blog/140417/le-midcat-un-projet-cle-pour-le-gaz-en-europe


Annexe 3

Après la Grèce, la Slovaquie envisage d’être reliée au gazoduc russo-turc - 3 juin 2015, 00:16, par Taboola Photo - © Flickr - L’entreprise Gazprom a déjà pu définir le tracé du futur gazoduc ‘Turkish stream ‘.

[Voir la carte du projet ‘Easting’ selon RIAC About RIAC - © 2015 РСМД | Все права защищены].

Image associée

La Slovaquie craint de subir de lourdes pertes financières si le gaz russe ne passe plus par son territoire. Le pays souhaite désormais être relié au projet de gazoduc Russie-Turquie, le Turkish Stream.

[D’après Wikipédia, « Turkish Stream ou TurkStream est un projet de gazoduc allant de la Russie à la Turquie à travers la Mer Noire. Le gazoduc devait faire transiter 31,5 milliards de mètres cubes de gaz vers l’Europe. Il a été annoncé par le président russe Vladimir Poutine le 1er décembre 2014 durant une visite en Turquie. Ce projet remplace le projet South Stream, annulé1,2,3. Le projet South Stream entrait en concurrence avec le projet européen Nabucco. Ce dernier, moins ambitieux, disposant de moins de moyens et de rivalités inter-étatiques, n’avait pas pu faire le poids face au projet mené par la Fédération de Russie et Gazprom4… » Tracé du gazoducTurkish Stream. Article complett sur le site https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkish_Stream ].

« Si nous cessons d’être un pays de transit de gaz vers l’Europe, notre budget subira de lourdes pertes ». Cette déclaration émane du Premier ministre slovaque, Robert Fico. Alors qu’il était en visite à Moscou ce mardi, il a fait part de ses inquiétudes durant une conférence de presse commune avec son homologue, Dimitri Medvedev. Robert Fico a également rencontré le président Vladimir Poutine.

La Slovaquie sert actuellement de pays de transit du gaz russe à destination de l’Europe via l’Ukraine. Mais Moscou a annoncé ne plus vouloir livrer cette source d’énergie en passant par Kiev à partir de 2019. Le chef du gouvernement slovaque a présenté son projet baptisé Eastring. Incluant la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie. Il a été préparé par Eustream, le gérant des infrastuctures gazières slovaques. Le projet serait en lien avec la connexion russo-turque. Autrement dit le Turkish Stream.

South Stream, Turkish Stream et maintenant Eastring

Vous n’y comprenez plus rien ? C’est pourtant simple. Aujourd’hui, la majeure partie du gaz russe qui alimente l’Europe passe par l’Ukraine. Le volume de gaz en provenance de Moscou équivaut à près de 30% de la quantité totale importée par l’Europe. Et près de 50% passe par Kiev. Le Kremlin a décidé de suspendre la livraison de gaz à l’Europe via l’Ukraine dès 2019. Décision prise de longue date après que Kiev a siphonné du gaz à destination de l’Europe en 2006 et 2009.

Le projet South Stream aurait pu être une alternative. Ce gazoduc géant était censé relier la Russie à l’Europe en contournant l’Ukraine. Estimé à 40 milliards de dollars, il devait passer par la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie. Le projet était géré par un consortium de quatre entreprises, Gazprom (50%), l’italien ENI (25%), l’allemand Wintershall Holding (15%) et enfin le français EDF (10%).

Mais les travaux, débutés en 2012, n’iront jamais au bout. Vladimir Poutine a décidé d’abandonner le projet à la fin de l’année dernière. Dans le contexte de la crise ukrainienne, l’Union européenne s’était montrée très réticente à l’idée que le projet puisse aller au bout. Bruxelles avait tout d’abord dénoncé les contrats signés par Gazprom en les accusant de violer les règles européennes. Puis Moscou avait accusé en retour l’UE de faire pression sur certains états membres comme la Bulgarie afin qu’ils mettent fin à leur participation dans le projet. Ce que Sofia avait fait en juin dernier. En décembre, le président russe avait déclaré : « Si l’Europe ne veut pas de ce gazoduc, alors il ne sera pas construit ».

Pour ne pas perdre le bénéfice des investissements déjà réalisés, la Russie a changé son fusil d’épaule. C’est maintenant un gazoduc reliant la Russie à la Turquie qui est prévu. En février dernier, Gazprom a déclaré avoir défini les grandes lignes du tracé avec le ministre turc de l’énergie, Taner Yldiz. Le projet devrait compenser l’abandon du South Stream dès 2016. Il prévoit la mise en place d’un hub gazier à la frontière greco-turque. Le but de la manoeuvre est de permettre aux pays européens le désirant de s’y rallier.

Photo- Source : Reuters -Vladimir Poutine et le Premier ministre turque Davutoglu le 1er décembre 2014 à Ankara.

La Grèce et maintenant la Slovaquie

Bien décidé à tenir tête à Bruxelles, Alexis Tsipras envisage sérieusement une prolongation du Turkish Stream sur le territoire grec. Après avoir évoqué la situation avec Vladimir Poutine à plusieurs reprises, il semble que le projet avance. Le ministre grec de l’Energie, Panagiotis Lafazanis, a indiqué lundi que la question du financement était « réglée ». Il a même envisagé la signature d’un accord durant un forum économique prévu du 18 au 20 juin à Saint-Pétersbourg. Le président de l’Institut de l’énergie et des finances russe, Vladimir Feïguine, est optimiste : « L’installation de l’infrastructure de Turkish Stream, que les Grecs qualifient déjà eux-mêmes de Greek, pourrait transformer le pays en État transit clé, ce qui lui offrirait des centaines de millions d’euros de recettes budgétaires. »

Avec leur projet Eastring, les gouvernements bulgare, roumain, hongrois et slovaque pourraient rejoindre la Grèce dans leur volonté de profiter du Turkish Stream. Si Robert Fico a assuré que l’Eastring se ferait avec « la participation et le soutien de l’Union européenne », certains médias se montrent prudents. Plusieurs pays européens, par lesquels le gazoduc pourrait être prolongé, craindraient de se heurter à l’hostilité de Bruxelles.

Source : https://francais.rt.com/international/2866-apres-grece-slovaquie-envisage-Turkish-stream

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et intégration de liens hypertextes par Jacques HLLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 15//07/2017

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