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Dix milliards d’humains, et alors ?

dimanche 10 décembre 2017 par isias


ISIAS Démographie
Dix milliards d’humains, et alors ?
En annexe, compléments sur démographie et changement climatique
Propos recueillis par Catherine Vincent et Stéphane Foucart - LE MONDE Idées 07.12.2017 à 12h35 • Mis à jour le 09.12.2017 à 12h30 – Photos- Entretien croisé entre le démographe Hervé Le Bras et le biologiste Gilles Bœuf.

Face à l’urgence écologique, une question ressurgit  : sommes-nous trop nombreux  ? Pour le biologiste Gilles Bœuf ­ et le démographe HervéLe Bras, c’est un moyen commode, pour les pays du Nord, de ne pas remettre en cause leur mode de vie.

En quarante ans, la population mondiale a doublé. De 7,5 milliards d’individus en 2017, elle pourrait, selon les Nations unies (ONU), frôler les 10 milliards en 2050. Dans un manifeste publié mi-novembre, 15.000 scientifiques internationaux appellent l’humanité à freiner d’urgence la destruction de l’environnement, préconisant notamment la limitation des naissances. Faut-il revenir au malthusianisme, une doctrine prônant la restriction démographique pour réduire la misère ? Le scénario de l’explosion démographique a été évoqué dès les années 1960, notamment par le biologiste américain Paul ­Ehrlich, auteur de « La Bombe P  » [Sept milliards d’hommes en l’an 2000] (paru en
1968). Pourquoi à cette époque précisément ?

Hervé Le Bras : On a mis du temps au XXe siècle à admettre l’idée que la population augmentait trop vite, parce que, dans l’entre-deux-guerres, on avait craint le phénomène inverse : une baisse trop rapide de fécondité et un manque d’hommes. On pensait alors que les populations indiennes, chinoises ou africaines n’augmenteraient pas, et que seule la « race blanche » était appelée à se développer. Même après 1945, il a fallu attendre avant que cette vision ne change. En janvier 1960, le magazine américain Time titre « That Population Explosion », et l’idée commence alors à s’imposer.

Que représente, en termes de biomasse, l’occupation de la Terre par l’homme et son cortège d’animaux domestiques ?

Gilles Bœuf : Selon un article publié dans Science il y a quelques années, il y a 12.000 ans (quand l’humain invente l’agriculture), on comptait environ 5 millions d’individus sur Terre. Si l’on fait la somme de ces humains et de leurs animaux domestiques, cela représente à peu près 0,1 % de l’ensemble de la biomasse que constituent les 5.000 espèces de mammifères. Aujourd’hui, c’est 90 % ! Et la biomasse...

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Sur le même sujet

Compléments sur démographie et changement climatique

La population mondiale atteindra 9,8 milliards d’habitants en 2050 - Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 22/06/2017 à 11:52 ; mis à jour à 11:58 - L’Inde deviendra le pays le plus peuplé au monde d’ici 7 ans environ. Photo d’illustration, Getty Images – « D’après les estimations de l’ONU, le nombre des personnes âgées de 60 ans ou plus doit par ailleurs plus que doubler à la même échéance… » - Site : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/la-population-mondiale-atteindra-9-8-milliards-d-habitants-en-2050_1920468.html

La population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards en 2050 et 11,2 milliards en 2100, selon l’ONU – Centre d’actualités de l’ONU. 21 juin 2017. Photo - Une aide-soignante procède à une vaccination dans l’Etat de l’Uttar Pradesh, en Inde. Photo UNICEF/Prashanth Vishwanathan

La population mondiale qui s’élève actuellement à 7,6 milliards devrait atteindre 8,6 milliards en 2030, 9,8 milliards en 2050 et 11,2 milliards en 2100, selon un nouveau rapport des Nations Unies publié mercredi.

Alors que la population mondiale s’accroit d’environ 83 millions de personnes chaque année, la tendance à la hausse de la taille de la population devrait se poursuivre, même en supposant que les niveaux de fécondité continuent de diminuer.

Le document « Perspectives de la population mondiale : la révision de 2017 », publié par le Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA), fournit un examen complet des tendances démographiques mondiales et des perspectives pour l’avenir.

Les nouvelles projections incluent des chiffres significatifs au niveau national. La Chine (avec 1,4 milliard d’habitants) et l’Inde (1,3 milliard d’habitants) restent les deux pays les plus peuplés, représentant respectivement 19% et 18% de la population mondiale totale. Dans environ sept ans, vers 2024, on s’attend à ce que la population de l’Inde dépasse celle de la Chine.

La majeure partie de l’augmentation mondiale est attribuable à un petit nombre de pays

De 2017 à 2050, on prévoit que la moitié de la croissance de la population mondiale sera concentrée dans seulement neuf pays classés en fonction de leur contribution à la croissance démographique mondiale : l’Inde, le Nigéria, la République démocratique du Congo, le Pakistan, l’Éthiopie, la Tanzanie, les États-Unis, l’Ouganda et l’Indonésie.

Au cours des dernières années, la fécondité a diminué dans presque toutes les régions du monde. Même en Afrique, où les niveaux de fertilité sont les plus élevés de toute région, la fertilité totale est tombée de 5,1 naissances par femme durant la période 2000-2005 à 4,7 au cours de la période 2010-2015.

Par ailleurs, le rapport souligne qu’une réduction du niveau de fécondité entraîne non seulement un rythme plus lent de la croissance de la population mais a aussi pour conséquence un vieillissement de la population.

À l’échelle mondiale, l’espérance de vie à la naissance est passée de 65 ans pour les hommes et 69 ans pour les femmes en 2000-2005 à 69 ans pour les hommes et 73 ans pour les femmes en 2010-2015. Néanmoins, de grandes disparités entre les pays demeurent.

Enfin, selon le rapport, il existe toujours d’importants mouvements de migrants entre les régions, souvent originaires de pays à revenu faible ou intermédiaire vers des pays à revenu élevé.

News Tracker : autres dépêches sur la question : Le nombre de personnes déracinées dans le monde atteint 65,6 millions, un nouveau record, selon le HCR

Centre d’actualités de l’ONU S’abonnerContact

Source : http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=39703#.WixI3XmDPm5

Changement climatique : la concentration de CO2 dans l’atmosphère atteint un record, selon l’OMM 30 octobre 2017 - Photo : WMO/Olga Khoroshunova

Les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone (CO2), responsable du réchauffement climatique, ont augmenté à un rythme record en 2016, atteignant le niveau le plus élevé depuis 800.000 ans, selon le Bulletin de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur les gaz à effet de serre.

Selon l’OMM, ces brusques variations de l’atmosphère observées ces 70 dernières années sont sans précédent. « La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années : la température était de 2 à 3 degrés Celsius plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel », en raison de la fonte des nappes glaciaires, a rappelé cette agence de l’ONU basée à Genève.

Depuis 1990, le forçage radiatif total causé par l’ensemble des gaz à effet de serre persistants, qui induit un réchauffement de notre système climatique, s’est accru de 40%, et une hausse de 2,5% a été enregistrée en 2016 par rapport à 2015, selon les chiffres de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA) qui sont cités dans le bulletin.

Selon l’OMM, cette « montée en flèche » du niveau de CO2 est due à « la conjonction des activités humaines et d’un puissant épisode El Niño », phénomène climatique qui apparait tous les 4 ou 5 ans et se traduit par une hausse de la température de l’océan Pacifique, ce qui provoque des sécheresses et de fortes précipitations. La teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone représente désormais 145% de ce qu’elle était à l’époque préindustrielle (avant 1750), selon le Bulletin sur les gaz à effet de serre.

L’agence onusienne met donc en garde sur les conséquences de cette hausse rapide des concentrations de CO2 et d’autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère qui « est susceptible de déclencher une modification sans précédent des systèmes climatiques et d’entraîner ainsi de « graves bouleversements écologiques et économiques ». « Si l’on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, nous allons au-devant d’une hausse dangereuse de la température d’ici la fin du siècle, bien au-delà de la cible fixée dans l’Accord de Paris sur le climat », a averti le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas. « Les générations à venir hériteront d’une planète nettement moins hospitalière » a-t-il ajouté.

Selon l’OMM, la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années : la température était de 2 à 3 degrés Celsius plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel. « Le CO2 persiste dans l’atmosphère pendant des siècles et dans l’océan, encore plus longtemps. Selon les lois de la physique, la température sera nettement plus élevée et les phénomènes climatiques plus extrêmes à l’avenir. Or, nous n’avons pas de baguette magique pour faire disparaître cet excédent de CO2 atmosphérique » a indiqué M. Taalas.

« Le temps presse » selon le PNUE

L’OMM rappelle que depuis l’ère industrielle, soit depuis 1750, la croissance démographique, la pratique d’une agriculture de plus en plus intensive, une plus grande utilisation des terres, la déforestation, l’industrialisation et l’exploitation des combustibles fossiles à des fins énergétiques contribuent à l’augmentation de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre.

« Les chiffres ne mentent pas », a indiqué le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), Erik Solheim.

Selon lui, « ces émissions continuent d’être trop élevées et il faut renverser la tendance. Ces dernières années, les énergies renouvelables ont certes connu un formidable essor, mais nous devons maintenant redoubler d’efforts pour faire en sorte que ces nouvelles technologies à faible émission de carbone puissent se développer ». « Nous disposons déjà de nombreuses solutions pour faire face à ce défi. Il ne manque que la volonté politique de la communauté internationale et l’acceptation d’une évidence : le temps presse », fait-il remarquer.

Des études scientifiques utiles pour la COP23 à Bonn

Il faut juste rappeler que le Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre rend compte des concentrations de ces gaz dans l’atmosphère. Publié tous les ans, ce bulletine est fondé sur les observations du Programme de la Veille de l’atmosphère globale de l’OMM. Ces observations contribuent à la surveillance des concentrations de gaz à effet de serre, principaux éléments moteurs des changements climatiques au niveau de l’atmosphère et, à l’instar des systèmes d’alerte précoce, permettent de rendre compte de leurs fluctuations.

La publication de ce rapport de l’OMM intervient une semaine avant le début de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP23) prévue à Bonn (Allemagne) du 6 au 17 novembre 2017.

Les décisions qui seront prises lors des négociations de l’ONU sur le changement climatique reposeront notamment sur les éléments scientifiques présentés dans le Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre et le Rapport annuel sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, qui sera à son tour publié par le PNUE mardi 31 octobre à Genève.

Ce document va ainsi recenser les engagements pris par les pays en matière de politique générale sur la réduction des gaz à effet de serre et analyser dans quelle mesure ces politiques entraîneront une baisse effective des émissions jusqu’à 2030, tout en définissant avec précision l’écart entre les besoins et les perspectives et les mesures susceptibles d’être prises pour le combler.

News Tracker : autres dépêches sur la question : Journée de la prévention des catastrophes : l’ONU appelle à réduire l’exposition aux risques

Source : http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=40437#.WixLT3mDPm4

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Transmis avec compléments en […], {{}}annexe,sur démographie et changement climatique et liens hypertextestransmis par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant 10/12/2017

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