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"Faut-il se réjouir, s’inquiéter ou se moquer des MOOC qui se répandent dans l’enseignement et les formations ?" par Jacques Hallard

lundi 18 décembre 2017, par Hallard Jacques

ISIAS Education
Faut-il se réjouir, s’inquiéter ou se moquer des MOOC qui se répandent dans l’enseignement et les formations ?
Jacques HALLARD, Ing. CNAM – Site ISIAS – 16/12/2017

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MOOC : Massive open online course - Une Formation en ligne ouverte à tous(FLOT) aussi appelée cours en ligne ouvert à tous(CLOT) ou encore Cours en Ligne Ouverts et Massifs (CLOM)

PLAN Introduction Sommaire Auteur


Introduction

Les secteurs de l’éducation, des enseignements, des formations et de la pédagogie en général sont en pleine transformation depuis quelques années, avec l’émergence des applications des neurosciences et des découvertes des mécanismes de l’apprentissage, d’une part, et de la généralisation rapide des nouveaux outils numériques, d’autre part. Voir : ’Les pratiques d’apprentissage à l’école … et ailleurs, à partir de l’observation du cerveau par les neurosciences, et à l’aide des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE), des formations en ligne ouvertes à tous ou MOOC (de l’anglais ‘massive open online course’) et des ‘classes inversées’’ par Jacques Hallard ISIAS Psychologie Pédagogie, samedi 2 décembre 2017.

Pour les travaux pédagogiques en cours aux Etats-Unis, se reporter aux articles suivants :

’Les méthodes d’enseignement passent du laboratoire à la classe. Les chercheurs testent des approches pour améliorer les apprentissages’ par Susan Gaidos - Traduction et compléments de Jacques Hallard, mercredi 4 octobre 2017.

’L’apprentissage procède par des acrobaties cérébrales. Lorsque les zones neurales changent plus facilement de partenaire de communication, l’apprentissage s’améliore ’ par Laura Sanders - Traduction et compléments de Jacques Hallard, vendredi 13 octobre 2017.

L’usage de ces nouvelles technologies dans les secteurs de l’éducation bouleverse les méthodes traditionnelles d’acquisition des connaissances, modifie les rapports entre enseignants et apprenants, engendre des controverses d’ordre social et éthique et appelle à une prise de conscience sur les dangers et les risques potentiels quant à la santé des utilisateurs, ainsi que sur les aspects énergivores et les impacts environnementaux de ces technologies.

Voir notre dossier : ’Les pratiques d’apprentissage à l’école … et ailleurs, à partir de l’observation du cerveau par les neurosciences, et à l’aide des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE), des formations en ligne ouvertes à tous ou MOOC (de l’anglais ‘massive open online course’) et des ‘classes inversées’’ par Jacques Hallard ISIAS Psychologie Pédagogiesamedi 2 décembre 2017 - français

Le présent dossier, toujours à usage didactique, se propose, dans un premier temps, de retracer l’approche rétrospective de l’arrivée de ces technologies et pratiques pédagogiques au cours de cette décennie : Cours en Ligne Ouverts et Massifs, MOOC et classes inversées. Les questions soulevées, les réponses apportées et les perspectives qui se font jour sont abordées dans la partie A  : Un retour aux fondamentaux sur les MOOC.

Une dizaine de documents sélectionnés montrent ensuite comment ces technologies ont été adoptées et adaptées dans des domaines très divers ; c’est l‘objet de la partie B : Des applications concrètes qui se généralisent.

L’apport de ces nouveaux outils pédagogiques dans les secteurs de l’éducation, des enseignements, des formations et de la pédagogie, suscite néanmoins des questionnements, des controverses, mais aussi des enthousiasmes et beaucoup d’initiatives : une dizaine de documents choisis sont présentés dans la partieC - Des doutes, des critiques et des dangers, malgré l’essor des MOOC.

Nous y relatons en particulier les avis des spécialistes en la matière : Mélanie Ciussiet Michel-Henry Bouchet  : « Les MOOC offrent alors une opportunité de refonder le modèle pédagogique en tirant profit des nouvelles technologies pour les intégrer à des interactions innovantes et motivantes telles que les « classes inversées ». Plus que jamais, le professeur reste au cœur de l’enjeu pédagogique, bénéficiant de nouveaux moyens technologiques pour transformer l’information en acquisition de connaissances et savoir-faire ».

Finalement, nous renvoyons également à nos contributions antérieures qui mettent notamment en relief des impacts négatifs et les dangers suivants : augmentation de la fracture numérique et des inégalités sociales, surconsommation énergétique de ces nouvelles technologies, effets néfastes de l’emploi intensif des appareils et logiciels sur la santé des utilisateurs (émissions de champs électromagnétiques et cancers), risques psychologiques d’isolement social, d’addiction par tout usage exagéré de ces supports numériques.

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Sommaire


Partie A - Un retour aux fondamentaux sur les MOOC

1. Les Cours en Ligne Ouverts et Massifs, explication en français par Stephen Downes – Présentation par Jean-Marie Gilliot18/07/2012

2. MOOC, kesako ? Par Matthieu Cisel26 avril 2013

3.Les 4 piliers de l’apprentissage d’après les neurosciences Par Caroline 13/12/2014

4. Sept principes éducatifs fondamentaux validés par les neurosciences cognitives, affectives et sociales par Caroline 16/10/2015 Daprès Céline Alvarez

5. Les Invités de l’École de Paris - Les MOOC, et après ? Document Cairn.info#FÜNF2014 Article de Pascal Lefebvre avec 3 invits

6. Classes inversées et MOOC, quand la révolution numérique s’invite dans le champ éducatif – Document Mashable avec France 24 - 05 novembre 2017#FÜNF

7. Classes inversées et MOOC, révolution copernicienne dans l’enseignement... vraiment ? Auteur : Charles Hadji - Publié le 08.11.2017


Partie B - Des applications concrètes qui se généralisent

8. Le MOOC se fait durable Par Jacques Rolland Publié le 22/11/2017

9. Les MOOC offrent des opportunités incroyables pour les expatriés Par Clémentine de Beaupuy

10. Lozère : un MOOC dédié à la construction chanvre - Actualité - MidiLibre.fr – 18/11/2017

11. Se former en santé : quoi de neuf sur les MOOC 2017-2018 ? Publié le 06/11/2017 à 17:24 - Document ladepeche.fr : Actualités Toulouse,

12. Écrire pour le web 2017/2018 : Le célèbre MOOC Rue89 est ouvert ! Par Laurent Bour 8 novembre 2017

13. Un MOOC pour mieux intégrer les personnes handicapées en entreprise 08/11/2017

14. Un MOOC citoyen pour coconstruire l’Occitanie par La rédaction ‘Le Journal Toulousain’ 14 novembre 2017

15. La formation fait sa révolution numérique Par Anne Eveillardvendredi 24 novembre 2017

16. Deux cents (200) universités prestigieuses vous offrent des cours en ligne gratuits Camille H 07/11/2017

[17. Reportage audio – RFI] Mohamadou Diallo : « Avec les MOOC, on n’a pas besoin d’aller à l’université pour se former dans le code » ->#SIENZEHN]13 novembre 2017


Partie C - Des doutes, des critiques et des dangers malgré l’essor des MOOC

18. À quoi ressemble l’après-MOOC Par Jean-Marc De Jaeger • Publié le 22/11/2017

19. Les Moocs, un peu moins virtuels, un peu plus efficaces ? ParSamuel Chalom.Publié le 08/03/2017

20. MOOC : la gratuité à l’épreuve de la réalité par Outbrain29 août 2017

21. Les MOOCs ne peuvent se substituer totalement à l’université traditionnelle Par Paul Seabright (Institut d’études avancées de Toulouse - LE MONDE ECONOMIE

22. Les MOOC se cassent-ils la figure ? Par Philippe Silberzahn.7 novembre 2017

23. À quoi ressemble l’après-Mooc Par Jean-Marc De Jaeger • Publié le 22/11/2017

24. MOOC Démocratisation ou mort du système éducatif ? Par Pascal Engel

25. Quatre ans de MOOC Bilan 2013-2016 de l’IMT(Institut Mines-Télécom)

26. Matière grise : 600 cours en ligne gratuits (en anglais)par Faskil · 6 novembre 2017

27. Le paradoxe des MOOC : cheval de Troie et vecteur d’éviction… ou innovation de rupture ? 12 décembre 2016

28. Nos contributions et mises en garde antérieures sur les MOOC / ISIAS

Annexe : quelques exemples et sources pratiques d’accès à des MOOC spécialisés

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Partie A - Un retour aux fondamentaux sur les MOOC

1.
Les Cours en Ligne Ouverts et Massifs, explication en français par Stephen Downes – Présentation par Jean-Marie Gilliot 18 juillet 2012

Si vous envisagez de suivre un MOOC un de ces jours (par exemple ITyPA à l’automne), il vous faudra prendre un temps pour comprendre le mode de fonctionnement de ce type de cours. Un point d’entrée si vous êtes francophone pourrait être cette vidéo de S qui nous fait le plaisir de nous faire une petite introduction en français sur le sujet.

Les Cours En Ligne Ouverts et Massifs

Pour la petite histoire, la genèse de cette vidéo est amusante. Dans le cadre de la préparation du futur MOOC ITyPA, nous cherchons des témoignages, des personnes ressources qui permettent de susciter des échanges. Comme nous avons vu que Stephen Downes (présenté ici par Patrick Giroux), un des deux animateurs du premier MOOC, avait fait une intervention en français à Clair en 2012 (voir ici). Je lui ai donc envoyé un petit courriel pour lui demander s’il pouvait faire quelque chose pour nous. Sa réponse a été dans la matinée cette vidéo. Je (nous devrais-je dire) trouve formidable cette réactivité et cette qualité de réponse. C’est en tout cas une belle leçon sur la manière de vivre et de construire l’échange. Je vous invite à l’écouter, je ne retranscris donc surtout rien, et vous laisse réagir.

Vidéo 4:31 en français- Ajoutée le 17 juil. 2012 - Les Cours En Ligne Ouverts et Massifs Stephen Downes Photo – Document Techniques innovantes pour l’enseignement supérieur

Source : https://tipes.wordpress.com/2012/07/18/les-cours-en-ligne-ouverts-et-massifs-explication-en-francais-par-stephen-downes/

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2.
MOOC, kesako ? Par Matthieu Cisel 26 avril 2013 · 14 h 54 min – Illustration.

Les MOOC, ou Massive Open Online Courses, ont reçu une attention considérable depuis que des universités comme Stanford, Harvard ou le MIT ont commencé à organiser gratuitement ces cours en ligne fin 2011. En moins d’un an, trois millions d’internautes se sont inscrits à Coursera, la principale plate-forme d’hébergement de MOOC, une croissance quatre fois supérieure à celle de Facebook à ses débuts.

Les médias commencent à s’y intéresser, et le phénomène est pris au sérieux par les établissements d’enseignement supérieur, comme par les organismes de formation ou même les grosses entreprises. Du fait de la relative nouveauté du concept, il règne une certaine confusion sur la définition : de nombreux cours ou ressources pédagogiques en ligne sont qualifiés, parfois à tort de MOOC. Le galvaudage de la définition du MOOC à des fins médiatiques tourne parfois au ridicule, avec des « MOOC » de deux heures, alors qu’un cours est censé durer plusieurs semaines voire plusieurs mois. Ceci tient en partie au fait que ces cours peuvent prendre des formes diverses, formes qui reflètent la variété de pédagogies possibles. La définition du terme reste donc relativement souple ; il est cependant utile de garder à l’esprit quelques points importants afin que celle-ci ne soit pas complètement récupérée pour profiter de l’engouement général pour le sujet.

‘Massive’

Les premiers MOOC organisés par des professeurs de Stanford fin 2011 ont réuni plus de 150.000 participants, et certains ont dépassé sur Coursera les 180.000 inscrits. Ces chiffres impressionnants ne concernent cependant qu’une minorité de cours, la plupart approchant davantage les 50.000 participants pour les cours dispensés en anglais. Les MOOC dispensés en français n’atteignent pas ces tailles, même sur Coursera. Le MOOC Gestion de Projet de Rémi Bachelet (Centrale Lille) auquel j’ai collaboré n’a réuni « que » 3600 étudiants. La définition de Massive est relativement arbitraire, et il est relativement difficile de fixer la limite : 1000 participants ? 500 participants ? Une chose est sure, un cours où seule une cinquantaine de personnes échangent sur un forum n’est pas Massive.

‘Open’

Le Open vient de Open Registration, c’est-à-dire que tout le monde est autorisé à s’inscrire, indépendamment de son âge, de sa profession, ou de son niveau d’étude. Si par exemple un cours en ligne est ouvert à plusieurs milliers d’étudiants de différentes universités, mais que l’inscription à un établissement est obligatoire pour y avoir accès, alors le cours est « Massif » sans être Open. On parle alors de Massive Online Course, ou MOC. Par ailleurs, il ne faut pas le confondre avec le Open de Open Source ou de Open Access. Les cours ne sont pas nécessairement en licence libre, en particulier sur Coursera. Il ne signifie pas non plus gratuit. La plupart des MOOC sont gratuits pour le moment, mais le modèle économique n’étant pas encore viable, il est probable que la situation évolue.

‘Online’

Le cours est conçu pour pouvoir être suivi entièrement en ligne, il ne s’agit pas uniquement de mettre des ressources pédagogiques en ligne. Les exercices, les devoirs et les examens doivent pouvoir être faits sur internet. Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas d’interaction dans le monde réel, bien au contraire. De plus en plus fréquemment les participants d’un MOOC se rencontrent dans différentes villes, de manière informelle ou pour discuter du cours. Par ailleurs, de nombreuses universités, comme l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, organisent un cours en présentiel en parallèle, et l’examen est similaire pour les participants du MOOC et pour les étudiants au sein de l’université.

‘Course’

Le terme Course est celui qui pose le plus de problèmes de définition. Les premiers MOOC ont été impulsés en 2008 par des chercheurs canadiens comme Georges Siemens et Stephen Downes. Ils désignaient alors des cours basés sur le connectivisme, où l’apprentissage est décentralisé, le cours est co-construit avec les participants et où l’enseignant en charge a davantage un rôle de facilitateur des interactions que d’instructeur. Le focus est davantage sur les blogs, les lectures personnelles et les interactions que sur le rendu de devoirs et les examens. On désigne souvent ces cours par le terme de cMOOC en référence au connectivisme. Ils ont peu de choses à voir avec les MOOC académiques que l’on retrouve sur Coursera, souvent qualifiés de xMOOC, où les devoirs et les examens jouent un rôle fondamental. Au vu de l’évolution des pratiques pédagogiques en ligne, il est de plus en plus difficile de ranger les MOOC dans des catégories définies, et la frontière entre cMOOC et xMOOC a tendance à devenir de plus en plus floue.

L’essor des MOOC est en train de modifier les rapports de force dans l’univers de l’enseignement supérieur au niveau mondial. Tous les domaines académiques sont concernés : des statistiques à la littérature en passant par la physique nucléaire. Le phénomène a commencé au niveau de l’enseignement supérieur mais s’étend progressivement à la formation continue d’une part et à l’enseignement pré-universitaire d’autre part. Les prestigieuses universités américaines ont pris une avance considérable dans le marché anglophone, et commencent à lorgner vers d’autres marchés, en particulier la Chine. Dans le monde francophone, les établissements suisses comme l’EPFL sont particulièrement actifs dans le domaine. Il est grand temps pour les enseignants français de prendre l’initiative et aux établissements de les soutenir si l’on souhaite éviter que les prochaines générations d’étudiants français ne soient formées par des universités étrangères, ou que les professeurs français ne deviennent des salariés de Coursera. Source photo

La révolution MOOC · Un site utilisant Blogs Blog.educpros.fr - Un blog l’Etudiant · Theme : Pilcrow by Automattic – Source : http://blog.educpros.fr/matthieu-cisel/2013/04/26/un-mooc-kesako/

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3.
Les quatre piliers de l’apprentissage d’après les neurosciences Par Caroline 13/12/2014 – Par by Caroline · Published 7 August 2016 · Updated 27 April 2017

Quatre piliers de l’apprentissage d’après les neurosciences (ou comprendre comment nous apprenons)

D’après Stanislas Dehaene, psychologue cognitif, neuroscientifique et professeur au Collège de France, les neurosciences cognitives ont identifié au moins quatre facteurs qui déterminent la vitesse et la facilité d’apprentissage. Illustration.

1. L’attention

Le rôle de l’attention et ses pièges

L’attention est la capacité que nous avons à nous ouvrir à la réalité : l’attention ouvre notre esprit. Audrey Akoun et Isabelle Pailleau, auteurs de La pédagogie positive, la définissent comme

Le mouvement cérébral qui va nous permettre d’orienter notre action en fonction d’un objectif, d’un centre d’intérêt… Grâce à elle, nous captons, par nos cinq sens, les différentes informations en provenance soit de notre environnement, soit de notre ressenti émotionnel ou psychologique.

Stanislas Dehaene ajoute que l’attention sert à sélectionner les informations et elle facilite l’apprentissage.

Mais l’attention peut être sélective. Nous apprenons et mémorisons en fonction d’un projet de mémorisation et tous les stimulii non pertinents dans le cadre de ce projet sont évacués par le cerveau, ils deviennent littéralement invisibles. Même s’ils sont visibles, leur traitement est différé du fait d’un goulot d’étranglement dans le cerveau. La vidéo du « gorille invisible » illustre parfaitement ce mécanisme :

Quelles conséquences pour l’enseignement ?

La tâche la plus important des enseignants est de canaliser et captiver, à chaque instant, l’attention de l’enfant. L’enseignant doit veiller à créer des matériaux attrayants mais qui ne distraient pas l’enfant de sa tâche principale, notamment en ne créant pas de double tâche.

L’ “effet maître” consiste à bien orienter l’attention des apprenants et donc à bien définir la tâche en question.

Il est possible d’entraîner les enfants à rester concentré en présence d’une distraction, à savoir résister à un conflit interne. Stanislas Dehaene cite plusieurs types d’activités qui participent au renforcement des capacités d’attention :

Stanislas Dehaene écrit :

Un organisme passif n’apprend pas. L’apprentissage est optimal lorsque l’enfant alterne apprentissage et test répété de ses connaissances. Cela permet à l’enfant d’apprendre à savoir quand il ne sait pas

Une étude scientifique a montré que le nombre de tests via des exercices compte plus dans la mémorisation que le nombre d’heures passées à étudier.

L’enfant sera d’autant plus actif et engagé quand il aura envie de faire l’action. Cette envie est déclenchée quand l’activité lui plaît, qu’elle importe pour lui, qu’il y voit un intérêt personnel, qu’elle fait sens… et non pas parce qu’il y est contraint par un intervenant extérieur.

3. Le retour d’information

Un retour d’information efficace est immédiat

Recevoir un retour d’information immédiat sur l’action en cours est constitutif de l’apprentissage. Plus le retour est proche dans le temps de l’erreur, plus l’action corrective sera efficace et intégrée de manière pérenne.

Les erreurs sont positives et sources d’apprentissage. Elles sont normales dans le processus d’apprentissage car elles expriment à la fois la représentation mentale que l’élève se fait d’une notion ou d’une action et un obstacle à repérer avant de le dépasser.

Gaston Bachelard (philosophe des sciences) disait :

On connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant les connaissances mal faites, en surmontant ce qui ,dans l’esprit même, fait obstacle.

Le rôle fondamental de l’erreur

Stanislas Dehaene ajoute que l’apprentissage se déclenche lorsqu’un signal d’erreur montre que la prédiction générée par notre cerveau n’est pas parfaite. Il ne peut pas exister d’apprentissage quand tout est parfaitement prévisible.

Les neurosciences démontrent donc que :

  • L’erreur ou l’incertitude sont normales – elles sont même indispensables.
  • Les punitions face aux erreurs ne font qu’augmenter la peur, le stress, et le sentiment d’impuissance inutilement. Les punitions et la méthode autoritaire sont néfastes aux apprentissages.
  • La motivation positive et les encouragements stimulent l’apprentissage. Les meilleurs encouragements résident dans le regard des autres et la conscience de progresser, ils ne sont pas synonymes de récompenses.
    4. La consolidation

Répétition et automatisation

L’automatisation des connaissances est essentielle. L’automatisation est le fait de passer d’un traitement conscient, avec effort à un traitement automatisé, inconscient.

Lors d’un nouvel apprentissage, notre cerveau a recours à un traitement explicite, c’est-à-dire une situation, ou plutôt un stade où le cortex préfrontal est fortement mobilisé par l’attention. Pour en savoir plus sur le cortex préfrontal et le fonctionnement du cerveau, je vous invite à regarder cette vidéo :

Le point culminant d’un apprentissage est le” transfert de l’explicite vers l’implicite” : c’est l’automatisation des connaissances et procédures. Cette automatisation passe par la répétition et l’entrainement. Elle permet de libérer de l’espace dans le cortex préfrontal afin d’absorber de nouveaux apprentissages.

Il est essentiel de répéter une connaissance nouvellement acquise :

  • pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au minimum,
  • pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.
    Il est nécessaire de distribuer l’apprentissage tous les jours !

L’importance du sommeil

Stanislas Dehaene insiste sur le rôle joué par le sommeil dans cette phase de répétition et de consolidation. Il affirme qu’après une période d’apprentissage, une période de sommeil, même courte, améliore

  • la mémoire
  • la généralisation
  • la découverte de régularités
    L’amélioration du sommeil peut être une intervention très efficace pour remédier à des troubles de l’apprentissage. Plus de détail ici.

Source : Les grands principes de l’apprentissage par Stanislas Dehaene

A voir aussi :

In ’Neurosciences’ [Neurosciences] 4 éléments clés pour comprendre le fonctionnement de la mémoire et améliorer l’apprentissage

In ’Neurosciences’ Les grandes lois naturelles d’apprentissage et d’épanouissement humain

Diffusé par : Apprendre, réviser, mémoriser - Tout pour apprendre efficacement (à l’école et ailleurs) – Source : http://apprendre-reviser-memoriser.fr/apprentissage-dapres-neurosciences/

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4.
Sept principes éducatis fondamentaux validés par les neuro sciences cognitives, affectives et sociales par Caroline 16/10/2015 Mis à jour 22 août 2016 – Document Apprendre à éduquer

1. La période 0/5 ans

La plasticité neuronale pendant la période 0/5 ans permet d’incarner le vivant sans efforts, juste en le vivant. C’est ce que Maria Montessori appelle l’esprit absorbant.

La période 0/5 ans constitue donc une fenêtre d’opportunités à saisir, comme le démontre cette vidéo : Plasticité cérébrale chez l’enfant.

2. Les relations sociales

Nous sommes des êtres sociaux et notre cerveau est neurosocial. Nous avons besoin des autres.

Dans le cadre de l’apprentissage, les relations sociales sont également importantes : nous apprenons dans une relation positive à l’autre.

La recherche a démontré que les relations virtuelles ne suffisent pas et leur utilisation croissante risque d’avoir des conséquences graves sur notre fonctionnement.

C’est de contacts physiques réels dont nos neurones ont besoin.

Pour être heureux, cultivons notre intelligence relationnelle. Notre cerveau en a un besoin vital. Une des meilleures façons de la développer est de multiplier les actes d’altruisme !

3. La bienveillance

La bienveillance est un levier pour l’âme humaine. Les émotions positives ressenties au moment de l’apprentissage influencent la consolidation.

L’amour et l’encouragement sont des catalyseurs pour l’apprentissage. – Céline Alvarez

A l’inverse, le stressest un bloquant. Illustration.

4. L’attention

Stanislas Dehaene, docteur en neurosciences, définit l’attention sert à sélectionner les informations, module massivement l’activité cérébrale et facilite l’apprentissage.

La tâche la plus important des enseignants est de canaliser et captiver, à chaque instant, l’attention de l’enfant.
L’enseignant doit veiller à créer des matériaux attrayants mais qui ne distraient pas l’enfant de sa tâche principale, notamment en ne créant pas de double tâche.

L’ « effet maître » consiste à bien orienter l’attention des apprenants et donc à bien définir la tâche en question.

Il est possible d’entraîner les enfants à rester concentré en présence d’une distraction, à savoir résister à un conflit interne. Stanislas Dehaene cite plusieurs types d’activités qui participent au renforcement des capacités d’attention :

  • L’entraînement au contrôle de la motricité (par exemple, des activités de motricité fine telles que proposées dans la pédagogie Montessori),
  • La pratique d’un instrument de musique,
  • Le choix de l’activité qui favorise l’intérêt et l’autonomie.
    5. L’engagement

Stanislas Dehaene écrit :

Un organisme passif n’apprend pas. L’apprentissage est optimal lorsque l’enfant alterne apprentissage et test répété de ses connaissances. Cela permet à l’enfant d’apprendre à savoir quand il ne sait pas.

Une étude scientifique a montré que le nombre de tests via des exercices compte plus dans la mémorisation que le nombre d’heures passées à étudier.

L’enfant sera d’autant plus actif et engagé quand il aura envie de faire l’action. Cette envie est déclenchée quand l’activité lui plaît, qu’elle importe pour lui, qu’il y voit un intérêt personnel… et non pas parce qu’il y est contraint par un intervenant extérieur.

6. La consolidation

L’automatisation des connaissances est essentielle. L’automatisation est le fait de passer d’un traitement conscient, avec effort à un traitement automatisé, inconscient.

Lors d’un nouvel apprentissage, notre cerveau a recours à un traitement explicite, c’est-à-dire une situation, ou plutôt un stade où le cortex préfrontal est fortement mobilisé par l’attention.

Le point culminant d’un apprentissage est le « transfert de l’explicite vers l’implicite » : c’est l’automatisation des connaissances et procédures. Cette automatisation passe par la répétition et l’entrainement. Elle permet de libérer de l’espace dans le cortex préfrontal afin d’absorber de nouveaux apprentissages.

Il est essentiel de répéter une connaissance nouvellement acquise :

  • pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de trois passages au minimum,
  • pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.
    Stanislas Dehaene insiste sur le rôle joué par le sommeil dans cette phase de répétition et de consolidation. Il affirme qu’après une période d’apprentissage, une période de sommeil, même courte, améliore
  • la mémoire,
  • la généralisation,
  • la découverte de régularités.
    7. Le feedback immédiat

Recevoir un retour d’information immédiat sur l’action en cours est constitutif de l’apprentissage. Plus le retour est proche dans le temps de l’erreur, plus l’action corrective sera efficace et intégrée de manière pérenne.

Les erreurs sont positives et sources d’apprentissage. Elles sont normales dans le processus d’apprentissage car elles expriment à la fois la représentation mentale que l’élève se fait d’une notion ou d’une action et un obstacle à repérer avant de le dépasser.

Gaston Bachelard (philosophe des sciences) disait :

On connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant les connaissances mal faites, en surmontant ce qui, dans l’esprit même, fait obstacle.

Les neurosciences démontrent donc que :

  • L’erreur ou l’incertitude sont normales – elles sont même indispensables.
  • Les punitions face aux erreurs ne font qu’augmenter la peur, le stress, et le sentiment d’impuissance inutilement. Les punitions sont néfastes aux apprentissages.
  • La motivation positive et les encouragements stimulent l’apprentissage. Les meilleurs encouragements résident dans le regard des autres et la conscience de progresser, ils ne sont pas synonymes de récompenses.
    Quels sont les vrais potentiels de l’être humain ?

Céline Alvarez, enseignante influencée par la pensée de Maria Montessori et les neurosciences, insiste sur la préparation d’un environnement adapté aux mécanismes d’apprentissage naturels de l’être humain :

Si nous construisons des environnements qui respectent ces grands principes, qui veulent que l’être humain épanouisse son potentiel dans la relation à l’autre, dans l’amour et la bienveillance, en faisant ses propres expériences, alors nous verrons émerger un nouveau type d’aptitudes et de personnalités humaines.

Les neurosciences cognitives, affectives et sociales confirment les grands principes éducatifs dont nous avions l’intuition dans nos coeurs de parents.

Source : Céline Alvarez au colloque européen de la Fondation P&V – 8 mai 2015

Apprendre à éduquer - Source : http://apprendreaeduquer.fr/principes-educatifs-neurosciences/

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5.
Les Invités de l’École de Paris - Les MOOC, et après ? Document Cairn.info 2014 Article de Pascal Lefebvre avec trois invités :

Philippe DurancePhoto, professeur du CNAM et chercheur au Laboratoire interdisciplinaire de recherches en sciences de l’action (Lirsa) ; il est également président de l’Institut des Futurs souhaitables ; son dernier ouvrage, La prospective stratégique en action, est paru chez Odile Jacob (2014).

Dominique Boullier Photo, Professeur des universités en sociologie à Sciences Po, chercheur au centre d’études européennes et au Médialab ; directeur exécutif du programme d’innovation pédagogique (Idefi) Forccast, responsable de la pédagogie numérique à Sciences Po ; il est chercheur sur les questions numériques depuis plus de trente ans, orienté usages, technologies cognitives et politique des architectures techniques ; il a créé le premier diplôme universitaire français en ligne (quinze cours) à l’université de technologie de Compiègne (UTC) en 1997.

Daniel Kaplan Photo, le cofondateur et le délégué général de la Fondation pour l’internet nouvelle génération (Fing), qui « produit et partage des idées neuves e t actionnables pour anticiper les transformations numériques » ; depuis les années 1990, il est profondément impliqué dans le développement de l’internet en France et dans le monde ; en 2013, il a été nommé membre du Conseil national du numérique ; il a écrit ou dirigé plus de vingt-cinq ouvrages et rapports sur le thème de l’internet, de la mobilité, des “technologies omniprésentes”, de “l’e-éducation”, “l’e-commerce”, “l’e-inclusion”, des villes de demain, du développement durable, de l’identité numérique…

Raccourcis

Le journal de l’école de Paris du management 2014/5 (N° 109) Pages : 48 DOI : 10.3917/jepam.109.0022 - Éditeur : Association des amis de l’Ecole de Paris - À propos de cette revue- Site de la revue

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Les MOOC vont-ils bouleverser l’enseignement ? Sont-ils une révolution pédagogique ou le dernier avatar à la mode de pratiques d’enseignement à distance connues depuis longtemps ? Faut-il craindre la marchandisation d’un savoir formaté et banalisé ou se réjouir de voir enfin prise en compte la culture émergente des étudiants d’aujourd’hui ‚ surfeurs du web bien plus que rats de bibliothèques ? Comme toute technologie émergente ‚ les MOOC s’avèreront la meilleure ou la pire des choses selon ce que nous en ferons …

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Philippe DURANCE : Les Massive Online Open Courses (MOOC) ont à peine deux ans et, depuis leur apparition, nous sommes passés d’un discours très utopique au pessimisme le plus complet, voire au catastrophisme absolu. Le fait initiateur est dû à Sebastian Thrun, un Allemand immigré aux États-Unis, qui a fondé GoogleX, le laboratoire de Google, qui travaille sur la Google car et les Google glasses, et qui est responsable d’un laboratoire à l’université de Stanford où il dispense un cours d’intelligence artificielle (IA). Un jour, il décide de mettre ce cours en ligne, communique un peu sur ce projet, va voir l’association des professionnels américains de l’IA et se retrouve très vite avec cinquante mille inscrits. Le New York Times fait paraître un article sur lui, ce qui double instantanément ce nombre et, quand il ouvre son cours en octobre suivant, il passe à cent soixante mille, soit dix fois le nombre d’étudiants réguliers à Stanford et ce, pour l’ensemble des cours. Deux tiers sont des non-Américains, issus de cent quatre-vingt-dix pays et les supports utilisés sont traduits un peu partout dans le monde. Quelque chose d’inédit se passe donc et, énorme surprise, lorsque les résultats des évaluations sont connus, il faut attendre la 411e place pour voir apparaître un étudiant suivant le cours en présentiel à Stanford, ce qui est alors perçu comme l’annonce d’une évolution extraordinaire.

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Derrière ce fait initiateur, il y a un autre élément générateur. Un jeune analyste financier américain, Salman Khan, s’est lancé, en 2010 et avec un apport de deux millions de dollars de la part de Google, dans la création d’un petit réseau d’enseignement, la Khan Academy, qui met gratuitement à disposition du public des vidéos très courtes, sur des sujets allant des mathématiques à l’histoire, accessibles sur YouTube. Lors d’une présentation de ce projet, faite dans le cadre des conférences TED (Technology, Entertainment and Design) en mars 2011, Sebastian Thrun est dans la salle. À la fin de la séance, Bill Gates déclare que ce projet est l’avenir de l’enseignement. Pour Sebastian Thrun, c’est une révélation : c’est ce qui va le pousser à mettre son cours d’IA en ligne et à créer Udacity en 2011. Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) et l’université d’Harvard vont répliquer immédiatement en créant la plateforme edX et deux autres professeurs de Stanford vont créer, en 2012, l’autre grande plateforme : Coursera. Aujourd’hui, le paysage des MOOC se compose donc principalement de ces quatre acteurs majeurs.

De l’individuel de masse ?

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Un MOOC, c’est un véritable cours et, comme tel, il possède un déroulé et une progression pédagogique ; il est ouvert, c’est-à-dire accessible sans aucun processus, ni critère de sélection et sans droit d’inscription, mais ce n’est pas un parcours diplômant ; il est “mis en ligne”, c’est-à-dire que toutes les ressources disponibles, comme les livres écrits par les professeurs ou les textes de base, sont accessibles gratuitement. D’aucuns diraient donc que cela ressemble beaucoup à l’enseignement à distance que l’on pratique depuis longtemps. La vraie différence du MOOC, c’est donc son caractère “massif” puisque les enseignants se trouvent face à un nombre d’étudiants qui dépasse très largement le nombre total d’étudiants auxquels ils ont pu s’adresser en présentiel durant toute leur carrière. C’est ce caractère massif qui crée quelque chose de singulier.

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Lorsque l’on regarde de plus près, on constate cependant qu’entre le nombre initial d’inscrits et le nombre d’étudiants qui passent l’évaluation terminale, les pertes sont considérables : 70 % de gens ne suivent pas régulièrement, ou pas du tout, le cours. Diverses typologies ont fleuri pour comprendre ce phénomène. On a ainsi pu parler des “lerkers”, mot d’argot qui désigne les laissés-pour-compte, les auditeurs libres qui picorent ce qui les intéresse. Quant à ceux qui poursuivent jusqu’à l’évaluation finale, ils sont estimés à 10 % du total, statistiques évoluant actuellement à la baisse, vers 5 % en ce qui concerne les MOOC d’Harvard en 2013. Mais ces 5 % représentent quand même quarante-trois mille personnes !

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C’est aux plateformes qu’il revient de gérer ces énormes effectifs et beaucoup de prouesses technologiques sont nécessaires : automatisation de la gestion, de l’animation des cours avec possibilité pour les élèves d’aller sur des forums, etc. Un paradoxe apparaît cependant rapidement : les plateformes MOOC cherchent à faire de l’individuel de masse. Cela pose un certain nombre de problèmes, ne serait-ce que techniques, mais les promesses faites par les opérateurs sont impressionnantes.

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Concrètement, beaucoup de choses sont faites par les étudiants eux-mêmes : on voit par exemple se mettre en place des processus par lesquels les étudiants se réunissent en présentiel, par pays ou par affinité linguistique, pour réviser ou corriger les copies d’autres étudiants. Ces mécanismes contribuent à pallier au problème de la masse.

Quel business model pour les MOOC ?

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À considérer les trois grandes plateformes, on constate en premier lieu que certaines sont gratuites tandis que d’autres sont payantes : Coursera est ainsi à but lucratif alors que edX ne l’est pas. Toutes offrent aux universités clientes des solutions pour la conception, l’hébergement, la diffusion et l’animation des cours, ce dernier point incluant des pratiques comme l’évaluation, la certification ou la délivrance de “certificats d’accomplissement”. En échange, les plateformes perçoivent une redevance, fixe ou proportionnelle, et elles se répartissent éventuellement les revenus.

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En outre, les universités se voient offrir deux options : soit elles utilisent les outils mis à leur disposition afin de les aider à créer leurs propres cours, soit elles achètent une licence pour exploiter un cours produit par une autre université. Ce dernier point a été à l’origine d’une révolte des professeurs de philosophie d’une petite université américaine qui se sont vus mis en demeure par leur hiérarchie de diffuser un cours de philosophie créé par une université plus prestigieuse. Réduits à un rôle de chargé de travaux dirigés, ils se sont insurgés contre le fait que l’on impose à leurs élèves un cours qu’eux-mêmes n’avaient ni produit, ni labellisé. Ce modèle économique, très recherché dans un premier temps, aboutirait en effet à ce que quelques grands cours soient choisis et vendus à grande échelle, aux dépens d’enseignements moins standardisés et au risque de la généralisation d’une pensée unique peu souhaitable dans nombre de domaines.

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Une autre solution est de faire payer aux étudiants une redevance en échange de l’obtention de crédits. Ce processus de certification, initialement absent dans la perspective d’un monde ouvert, donne deux choix possibles aux auditeurs : soit de suivre gratuitement le cours mais sans obtenir d’attestation finale, soit de payer et d’obtenir un certificat en cas de réussite aux évaluations. Udacity offre ainsi, pour quatre-vingt-dix dollars par mois, la possibilité de suivre un cours d’introduction à l’informatique sanctionné par une attestation officielle d’Udacity en cas de succès.

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La dernière source de revenus, non négligeable, mais qui elle non plus n’était pas prévue, est la relation avec les recruteurs. Sebastian Thrun misait beaucoup sur ce point en estimant que, en enseignant à des étudiants, on est amené à les évaluer et ainsi à repérer les plus prometteurs. On est alors apte à les placer auprès d’entreprises qui paieront pour ce service, court-circuitant ainsi les cabinets de placement classiques. Udacity a aussi développé énormément de MOOC de formation au développement d’applications, en collaboration avec Google, dont certains modules sont facturés deux cents dollars par mois. Des accords de ce type sont également signés avec d’autres grands opérateurs de l’informatique, tel Microsoft, de manière à établir des relations mutuellement profitables.

https://www.cairn.info/loadimg.php?FILE=JEPAM/JEPAM_109/JEPAM_109_0022/JEPAM_idPAS_D_ISBN_pu2014-05s_sa05_art05_img004.jpg

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Dans le même esprit, Georgia Tech, qui fait partie des universités les plus prestigieuses sur ce segment, vient de lancer le premier Master of science, évidemment en informatique. Il s’agit d’un véritable diplôme, dont le prix de six mille six cents dollars est donc nettement plus élevé que les précédents mais aussi nettement inférieur aux quarante mille dollars demandés pour les inscriptions traditionnelles sur le campus. Georgia Tech espérait attirer dix mille étudiants en août 2013 : les cours viennent de démarrer, en janvier 2014, avec trois cent soixante-quinze étudiants seulement, ce qui représente toutefois 2,4 millions de dollars de revenus. Les deux tiers de cette somme reviennent à Georgia Tech, le reste allant à Udacity. Beaucoup s’en satisferaient, d’autant que le coût pour Georgia Tech est nul, AT&T ayant mis deux millions de dollars sur la table pour avoir accès à ce creuset d’employés potentiels bien formés. Désormais, Udacity se dirige résolument vers ce modèle économique qui implique de travailler main dans la main avec des entreprises en recherche de talents, dans un contexte de reprise de l’économie américaine où l’on table sur huit cent mille créations prochaines d’emplois dans les high-tech.

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Nous sommes aujourd’hui dans ce que Gartner identifie, dans son cycle des technologies émergentes, comme le creux de la vague. Après une période de grandes attentes vis-à-vis des MOOC, durant laquelle l’utopie de la démocratisation de l’enseignement a dominé, l’enthousiasme est retombé. Visiblement, les MOOC ne semblent pas répondre aux canons de ce que l’on attend d’un enseignement traditionnel. Nous les analysons avec des métriques qui ne correspondent pas aux attentes de ceux qui les suivent et qui sont davantage mus par la curiosité intellectuelle que par un souci de formation à visée véritablement professionnelle. La revue Nature vient ainsi de publier une étude montrant que ceux qui suivent les MOOC se situaient déjà parmi les mieux formés et, souvent, les plus riches.

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Aujourd’hui, les MOOC posent principalement deux grandes questions. D’abord, ils risquent de provoquer une uniformisation de l’enseignement et de la pensée. Ce risque est cependant en partie compensé par l’opportunité de survivre pour des disciplines, dites orphelines, menacées de disparition faute d’audience. L’université d’Édimbourg offre ainsi un MOOC très sérieux sur la vie extraterrestre, enseignement qui, confiné dans une pratique traditionnelle, resterait ultraconfidentiel et qui trouve ainsi un nouveau public.

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La deuxième question est celle du rôle de l’enseignant. Par moment, il semble qu’il serait plus pertinent de mettre un acteur devant la caméra, une telle situation requérant des compétences qui sont rarement celles des enseignants. Les technologies nous offrent des possibilités que nous ne savons pas bien exploiter, faute d’y être correctement formés. Le rôle de l’enseignant ne sera-t-il dorénavant, dans une telle perspective, que de faire de l’ingénierie pédagogique en concevant des scénarios d’enseignement ? C’est parfois l’impression que l’on ressent face aux MOOC.

Le bon grain et les scénarios

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Dominique BOULLIER : Je vois trois avantages aux MOOC. D’abord, on parle enfin d’enseignement en ligne ! Cela peut paraître évident mais il faut reconnaître que, dans les instances universitaires comme dans les ministères, ce sujet n’était considéré, à ce jour, que comme très secondaire. Beaucoup de gens faisaient cependant beaucoup de choses, depuis longtemps déjà, avec les Learning Management Systems (LMS), en place dans de nombreux établissements pour aider à mettre des contenus en ligne, ou avec les plateformes de e-learning comme Learning Space. Économiquement, ces plateformes n’ont pas résisté mais nul ne semble avoir tiré les leçons des difficultés à accompagner des étudiants, à coupler une pédagogie en présentiel avec des contenus en ligne ou à promouvoir ces enseignements. Les enseignants dont c’est le quotidien ont donc parfois l’impression que leur action est nulle et non avenue… Mais, ce qui est positif avec les MOOC, c’est que, désormais, tout le monde, entreprises comme gouvernants, en parle, est convaincu qu’il faut faire quelque chose et qu’il faut investir pour cela. Les MOOC ont donc fait bouger les mentalités, ce qui est déjà ça !

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Le deuxième avantage est que, dans le public des MOOC, on trouve beaucoup d’enseignants qui vont y voir comment se débrouillent les collègues… D’habitude, chaque enseignant est le roi dans sa classe et personne ne se mêle directement de ce qu’il y dit. Cet étalonnage mutuel est donc quelque chose de vraiment nouveau et de positif.

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En outre, les MOOC permettent un apprentissage collectif en étant structurés en grains de connaissance : les chunks. Cela permet de redimensionner les savoirs, d’en articuler les éléments constitutifs et, éventuellement, de fournir les métadonnées qui vont avec. Dès lors, cet effort de formalisation permet à l’enseignant de s’adapter à diverses situations en redisposant les grains en fonction de l’objectif visé, à la condition toutefois de scénariser le tout. Les deux mots-clés de cet apprentissage collectif sont donc pour moi “granularisation” et scénarisation. Vous progressez ainsi dans la qualité de l’enseignement. C’est important, même si les enseignements offerts restent, la plupart du temps, assez traditionnels.

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Le troisième avantage est l’accès à des publics inédits, même si cela reste très relatif. Dans les forums, on voit s’exprimer des gens inscrits à nos MOOC : certains sont d’âge mûr, agriculteurs par exemple, et nous disent qu’ils croyaient ne jamais pouvoir accéder à un cours de Sciences Po. Ces témoignages sont parfois touchants. Ils nous montrent que l’accès à la connaissance signifie beaucoup pour eux et qu’il se passe quelque chose avec les MOOC.

Une révolution ? Certes, mais laquelle ?

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Au-delà de ces trois avantages, je vois aussi trois erreurs dans la façon de percevoir les MOOC, principalement dans les discours qui les accompagnent.

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La première erreur est de dire qu’ils constituent une révolution. Il n’en est rien : c’est une amplification de choses que l’on faisait déjà. C’est leur diffusion, massive certes, du fait des technologies récentes, qui les distingue mais pas grand-chose n’a changé du point de vue pédagogique. Il faut prendre conscience que les MOOC sont, avant tout, des plateformes américaines, et que cela s’explique par le contexte particulier de l’éducation dans ce pays. Depuis vingt ans, les universités américaines ont en effet vécu une baisse de 50 % des crédits publics. Elles sont donc confrontées à des difficultés financières qui les amènent à augmenter les droits d’inscription de façon extraordinaire, plongeant certains de leurs étudiants dans une bulle d’endettement inquiétante ou fermant leur accès à d’autres. Cette situation a offert l’opportunité à des investisseurs comme Coursera ou Udacity de créer des plateformes, économiques tout autant que techniques, afin de capter des “externalités” pour en générer des revenus sur le modèle de Google, Apple ou Facebook. De telles plateformes ne sont intéressantes que si elles deviennent des monopoles, écrasant leurs concurrents sous le poids de leur marque. Être le premier partant, comme Coursera ou Udacity, permet de capter la valeur produite par les professeurs en ouvrant leurs cours à un public nouveau car la réputation des universités qui viennent sur votre plateforme vous est ainsi transférée. L’intérêt pour l’apprenant est que tout cela soit gratuit pour lui, ce qui signifie que, comme toujours sur le web, c’est lui le produit vendu, dans le cadre de compensations qui lui échappent.

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Nous sommes dans la phase où toutes les promesses faites, quant aux miracles de ces plateformes, sont en train d’être révisées dans l’attente d’un nouveau modèle économique. Udacity s’oriente vers les Small Private Online Courses (SPOC) revendus à des entreprises solvables, ce qui constitue une modification en profondeur de l’idée même de MOOC. Coursera, quant à lui, vend ses cours à d’autres universités mais est confronté aux problèmes, déjà évoqués, de révolte, non seulement des enseignants qui se trouvent disqualifiés, mais également de ceux qui ont vendu leur cours à Coursera et réalisent qu’il est utilisé ailleurs pour supprimer les postes de collègues… Tout cela crée des tensions non négligeables. Enfin, edX a choisi un positionnement très différent en se plaçant dans une logique de club. L’entrée dans le consortium edX se monte alors, pour une université, à cinq cent mille dollars auxquels s’ajoutent de cinquante à cent mille dollars pour chaque cours, plus des frais de maintenance. Les universités y regardent donc à deux fois avant de se lancer dans l’aventure.

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Cette prétendue révolution est donc avant tout une révolution marketing, parfaitement réussie, destinée à attirer les investisseurs et à lancer un effet plateforme, qui est cependant en train de s’atténuer. Cette période de creux permettra peut-être de faire enfin quelque chose de sérieux en essayant de trouver les bonnes évolutions.

En retard !

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La deuxième erreur, relevée jusque dans les propos du ministre, est que nous serions, nous Français, en retard. C’est là un discours récurrent, systématique, touchant tous les domaines de l’innovation, et invariable quel que soit le pays auquel nous sommes comparés ! Pour une innovation à peine vieille de deux ans, un tel discours peut sembler étrange. Comme nous sommes censés être en retard, on nous demande donc de copier, servilement, ce que font les autres. S’il y a pourtant quelque chose à ne pas faire en matière d’innovation, c’est bien d’agir ainsi ! Nous sommes dans un tel tunnel de pensée que nous en négligeons de mettre en valeur nos propres qualités, différentes puisque s’exprimant dans un contexte différent de nos concurrents.

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En Europe, nous sommes en effet dans une situation totalement différente des États-Unis, que ce soit sur le plan de la diversité linguistique, des financements publics ou des modes d’enseignement. Nous avons donc largement de quoi inventer autre chose et le combiner avec nos pratiques actuelles. Il s’agit pour nous de trouver un autre modèle économique mais aussi d’autres modes d’enseignement, tout en utilisant la même technologie qui n’est, au reste, pas si complexe. La plateforme française FUN (France université numérique) a ainsi repris le code open source d’edX, suffisamment bien fait pour être standardisé, sans que cela préjuge en rien de la façon dont nous allons innover sur le plan pédagogique.

Ni massif, ni rentable, ni efficace ?

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La troisième et dernière erreur porte sur l’impact proclamé des MOOC. Leur effet n’est ni aussi massif qu’annoncé, tout dépendant de la façon de catégoriser les étudiants ; ni aussi rentable que prétendu, le modèle économique restant à inventer ; ni aussi efficace pédagogiquement qu’espéré, les différentes études montrant que seuls 4 % de la population concernée vont jusqu’au bout du programme. Cela fait, bien sûr, beaucoup de monde vu les populations considérées, mais cela ramène aussi cet effet à de plus justes proportions. Et, au final, on peut se demander si ceux qui réussissent ne sont pas ceux qui auraient réussi sans les MOOC. Le caractère innovant des MOOC n’est donc pas vraiment démontré et, par bien des côtés, ils semblent parfois n’être qu’un nouveau moyen de communication pour faire connaître nos enseignements et y sensibiliser les étudiants, ce qui n’est certes pas inutile mais n’en fait pas la révolution annoncée, porteuse d’une plus grande qualité pédagogique.

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Le dernier point d’inquiétude, relatif à l’effet de masse, est que nous ne savons toujours pas comment assurer l’accompagnement des étudiants. Or, la qualité pédagogique d’un enseignement est intimement liée à l’appropriation des connaissances à travers une relation vivante, différente de la présence passive d’un auditoire confronté à un écran vidéo. Si l’on est critique, avec raison, face à la pratique des amphis, être devant son écran, quand bien même on peut organiser son temps d’étude à sa convenance, ne me paraît guère plus enthousiasmant.

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S’il fallait réellement améliorer la qualité de l’accompagnement, ce que nous nous efforçons de faire, cela coûterait très cher car il faut du personnel et nous sortirions alors du modèle ultra rentable, bien packagé, que l’on nous propose.

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Nous sommes donc dans une situation où les MOOC sont dans une phase d’affichage, comme le furent les sites web 1.0 dans les années 1990. On s’est rendu compte qu’il ne se passait pas grand-chose et, avec le web 2.0, nous sommes aujourd’hui passés à une dynamique collective, avec une animation, des contributions, etc. Nous avons donc répliqué ce que nous connaissions : c’est le MOOC 1.0. Maintenant, il est temps de passer au MOOC 2.0 et de prendre des risques.

Former à long terme

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À Sciences Po, nous avons ainsi décidé que chacun de nos MOOC devrait être différent des autres, avec des principes pédagogiques différents : plusieurs enseignants, pas d’enseignant ou des vidéos, des animations, des jeux, etc. Nous n’avons pas de recette préétablie, il faut essayer. Nous essayons pour nous former collectivement et pour pouvoir réinjecter ces expériences dans nos enseignements en présentiel, là où il nous reste encore beaucoup de progrès à faire.

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En réalité, il nous reste également beaucoup d’enjeux plus cruciaux que la diffusion de masse. Il s’agit de former nos étudiants à prendre des décisions, dans des situations d’incertitude, avec des sujets de haute complexité, et non de rediffuser systématiquement le même petit module tout fait que l’on trouvera partout sur le web. Nous nous efforçons donc de mettre ces étudiants face aux responsabilités qui seront les leurs.

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Notre projet Forccast (Formation par la cartographie de controverses à l’analyse des sciences et des techniques), est un projet d’innovation dans ce domaine, dans lequel il y a du numérique mais pas uniquement. Les étudiants ne se contentent donc pas de regarder des vidéos mais ils produisent eux-mêmes du contenu, sous forme de sites web, des vidéos courtes et toutes choses qui sont utiles aujourd’hui. Nous leur faisons explorer des connaissances nouvelles par le biais de controverses et de débats, et nous ne les limitons pas à l’application de recettes toutes faites, ce qui ne forme que des exécutants qui seront déqualifiés, malgré leur diplôme, dans les cinq ans. Nous avons l’ambition de former à plus long terme, pas celle d’empiler des boîtes !

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Enfin, nous souhaitons leur faire incarner ces connaissances qu’ils acquièrent chez nous. Quand vous êtes engagé dans un débat, dans une négociation, etc., les connaissances doivent pouvoir être mobilisées de façon adéquate et immédiate pour pouvoir décider. Il leur faut donc apprendre à se mettre en situation par le biais de jeux de rôles, de débats, de simulations et donc revenir au présentiel d’une autre façon, par la qualité de leur expression. La diffusion de masse de vidéos en ligne ne le permet pas.

Dessin humoristique 34

Daniel KAPLAN : Dans le cadre d’un exercice de prospective dénommé Questions Numériques, la Fing [1][[1] www.fing.org->https://www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2014-5-page-22.htm#no1], que je dirige, invite chaque année plusieurs centaines de personnes à se poser ensemble “les questions auxquelles ils devront répondre pendant les années à venir” – des questions au croisement des innovations technologiques, des mutations économiques et des transformations sociales. L’édition 2014 est consacrée aux controverses et nous y traitons, entre autres sujets, de l’e-learning et des MOOC, ces derniers étant pour nous dans la continuité directe du premier.

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La première interrogation de ceux qui ont travaillé sur ce sujet a été : « Qu’y a-t-il de neuf dans cette histoire ? » Cela fait en effet dix ans que les meilleurs cours du MIT sont en ligne ; le e-learning et ses incarnations précédentes ont quelques décennies derrière eux ; le premier MOOC a six ans, etc.

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Leur deuxième interrogation a porté sur le niveau d’ambition affiché par les entrepreneurs américains qui, même s’il prête parfois à sourire, fait presque toujours d’eux, y compris en cas d’échec relatif, des leaders mondiaux. L’effet d’ambition a donc une valeur qu’il faut lui reconnaître, quand bien même le milliard d’étudiants prédit par edX est loin d’être atteint : l’ambition mobilise, crée un élan et, dans un certain nombre de cas, produit même des réussites.

Des stratégies de préemption

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Audrey Watters, qui publie un blog intitulé Hack Education, est probablement l’une des plus talentueuse des analystes critiques de ce qui se passe au croisement du numérique et de l’éducation. Elle y a récemment publié une longue liste des questions, à ce jour sans réponses satisfaisantes, qui sont source de controverses très actives aux États-Unis. Les plus intéressantes portent sur la propriété intellectuelle, l’action d’entreprises dont le business model limite l’éducation à un produit d’appel, l’impérialisme culturel, etc. L’engouement pour les MOOC est donc le signal qu’il se passe un certain nombre de choses fort intéressantes.

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Dans l’enseignement supérieur, on constate un assèchement des financements publics, aux États-Unis plus que partout ailleurs. On constate également un mouvement général, lié à la mondialisation, d’amplification de la concurrence : au Royaume-Uni, par exemple, l’enseignement supérieur est désormais considéré comme une industrie exportatrice. La généralisation des enseignements en anglais est également l’un des effets de cette mise en concurrence mondiale des établissements d’enseignement, tant en présentiel qu’en ligne. On peut donc analyser ce qui se passe aux États-Unis comme relevant des stratégies de préemption de la part d’entreprises qui investissent massivement sur de nouveaux espaces, parfois n’importe comment, ce qui leur importe étant de capter rapidement des contenus, des professeurs, des contrats avec des universités, des étudiants, qu’il sera toujours temps de fidéliser ensuite en améliorant les prestations. On constate déjà que le modèle pédagogique, plutôt médiocre à l’origine même avec un très bon contenu des cours, a considérablement évolué. Ces stratégies de préemption sont principalement le fait des grandes universités, de start-up à fonds de capital-risque et des grands acteurs technologiques, etc., mais on voit aussi se revitaliser toutes les communautés d’open knowledge, d’open science, etc.

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Tout cela n’a donc souvent pas grand-chose à voir avec la pédagogie mais plutôt avec l’organisation industrielle d’un marché et, d’une certaine manière, les enseignants en management sont parfois pris dans leurs propres contradictions (entre la valorisation de ces processus de “destruction créative” et le constat de ce qu’ils font à leur activité d’enseignants)… C’est ce que Clayton Christensen décrit comme étant le grand dégroupage, l’unbundling, de l’éducation. Pour lui, qu’un même acteur ait la maîtrise des lieux d’enseignement, des professeurs, des contenus, des étudiants, des moyens d’évaluation, de l’administration, etc., est une aberration qu’il faut corriger par un découpage judicieux en grains de valeur. Une mise en concurrence des acteurs à chacune de ces étapes, en leur laissant la liberté de choisir leurs marchés, permettrait alors de gagner en productivité, de faire des économies d’échelle, etc.

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Une telle démarche sous-tend ce qui est effectivement en jeu à travers les MOOC : l’enseignement est désormais considéré comme un marché mondial au même titre que les autres, soumis aux mêmes règles et il convient donc de décomposer autant que possible sa chaîne de valeur pour en améliorer la profitabilité et préempter un maximum de parts de marchés. Cette approche, quelque peu brutale, a cependant effectivement réussi à beaucoup de start-up américaines des débuts de l’internet.

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Tout ceci se passe aussi à un moment où émergent un véritable renouveau et une volonté d’innover en matière pédagogique autour de l’idée que l’on ne peut continuer, en termes de contenus, de moments, de lieux ou de méthodes, à faire comme par le passé. D’une part, le numérique a profondément changé les conditions de production, d’accès et d’utilisation des connaissances, certains évoquent une véritable “révolution épistémique”. D’autre part, il outille des changements profonds dans les pratiques sociales, les modes de travail, les formes de collaboration, qui touchent forcément l’enseignement. Enfin, il y a les progrès rapides des sciences cognitives. Il s’agit alors de s’interroger sur ce que signifie enseigner et sur la nature de l’acte d’apprendre. De multiples expérimentations ont ainsi lieu ou ressurgissent du passé. Certaines touchent la capacité des ordinateurs à mieux accompagner les processus d’apprentissage grâce à leurs nouvelles capacités de traitement des informations. D’autres explorent l’apprentissage horizontal, ou coopératif, ou informel, ou by doing, etc., parfois sans recours particulier à l’ordinateur. Beaucoup marient présentiel et distant, synchrone et asynchrone… Tout cela se mène (inévitablement) dans une grande confusion et fait débat, car il est difficile de savoir ce qui marche ou pas, mais, au moment où l’inadéquation des systèmes existants avec les réalités du monde se fait chaque jour plus criante, cela nous oblige à rouvrir cette boîte de Pandore.

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Si l’on considère ces deux aspects, celui des évolutions industrielles et des structurations du marché, et celui de la réouverture de toute une série d’alternatives pédagogiques, il faut très vite abandonner l’idée que cette révolution par l’éducation numérique soit rapidement menée. Cette transformation va être longue et compliquée, elle sera faite de multiples tentatives, de réussites et d’échecs car elle se passe dans un système hyper concurrentiel. Il y aura donc des accidents industriels, parfois seulement chez les plus grands ou les plus riches, car ce sont souvent les petites structures qui réalisent des expérimentations dans lesquelles n’osent pas s’engager de grandes institutions prestigieuses.

Ne décrochez pas …

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Dans les relations entre l’enseignement et le numérique, il faut utiliser ce dernier pour ce qu’il est réellement. L’une des faiblesses des MOOC est de ne voir dans le numérique qu’un moyen de diffusion. Depuis l’invention des télécommunications, les professionnels les ont toujours conçus comme des moyens de diffusion, verticaux ; mais les utilisateurs en ont toujours fait des moyens de communication horizontaux. Et quand les professionnels essaient d’imposer leur vision, les utilisateurs résistent et détournent les usages à leur convenance, ouvrant alors la voie à d’autres entrepreneurs qui les comprennent mieux que les acteurs installés. On a connu cela avec le théâtrophone, le minitel, le web à ses débuts, etc. Sera-t-on alors capable de retravailler la massification de MOOC dans la perspective horizontale des communautés, des coproductions ?

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Au sein du Conseil national du numérique auquel j’appartiens, nous avons mené une consultation sur le thème des élèves dits décrocheurs. La plupart des expériences qui nous ont été relatées sur la manière dont on utilisait le numérique pour faire raccrocher ces élèves, leur permettaient de faire ce qu’ils ne font jamais dans le secondaire, à savoir, produire collectivement quelque chose et le présenter à un public : mener une enquête et en publier les résultats, changer une page Wikipédia, etc. Tout cela marche et les aide à raccrocher, car ils apprennent ainsi plein de choses, franchissent les barrières entre les disciplines et retrouvent une part d’estime d’eux-mêmes ! L’idée que l’on puisse faire de même avec les bons élèves n’effleure pourtant personne… Nous devons donc aller chercher dans le numérique ce qu’il est vraiment et ce qu’il apporte, dans les entreprises comme dans leur vie courante.

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Alors, dans le MOOC, pourquoi ne pas expérimenter en retirant l’une ou l’autre lettre ? On retire le Massive ou bien le Open… Peut-on faire du Massive qui ne soit pas online ? Qui ne soit pas un Cours ? Tout cela constitue des pistes intéressantes qu’il conviendrait d’explorer avec l’idée que nous sommes au bon moment pour le faire, que nous entrons dans un cycle créatif très fort et que c’est probablement par l’enseignement supérieur que cela va commencer.

Débat Les universités et les abbayes

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Un intervenant : L’enseignement supérieur est pour moi le lieu du doute, de la transmission de la civilisation. Pourquoi pensez-vous que tout cela doive alors commencer à ce niveau ?

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Daniel Kaplan : C’est du point de vue industriel que le supérieur est un terrain d’expérimentation favorable, il ne s’agit donc pas d’un idéal dont seraient exclues les petites classes. Ceci dit, la simple diffusion online d’un cours plus ou moins organisé n’est, en soi, pas très intéressante d’un point de vue pédagogique. Son seul avantage aujourd’hui est sans doute de préempter économiquement sur un territoire dont l’accès sera alors moins aisé pour les concurrents et sur lequel on reviendra quand les modèles pédagogiques auront évolué. La puissance du numérique repose sur le fait que les gens peuvent faire des choses ensemble et non pas se contenter de recevoir passivement un cours.

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Int. : Comment est-il possible de concilier massification et suivi individuel, voire maïeutique ?

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Philippe Durance : De façon anecdotique, une université a tiré au sort dix étudiants qui ont ainsi obtenu le droit de rencontrer l’enseignant, en chair et en os, et de lui poser des questions… Derrière la machine, il y avait donc vraiment quelqu’un ! Cela relève du star-system.

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Dominique Boullier : La question du nombre est cruciale et est reliée aux moyens que l’on se donne. Dans nos cours expérimentaux, nous avons des groupes d’une quarantaine d’étudiants. Si nous voulons aller au-delà et assurer un suivi, il nous faut alors avoir du personnel en nombre suffisant. Dans le cours Humanités scientifiques, donné en présentiel à huit cents étudiants et désormais remanié pour être mis en ligne, chaque moniteur encadre une centaine d’étudiants afin d’exploiter les blogs d’actualité que tiennent ces derniers. Il nous a fallu modifier la plateforme elle-même car les MOOC ne sont pas prévus, en l’état actuel de leur conception, pour traiter de telles masses de documents. L’architecture de ces plateformes, soit disant faites pour la masse, ne permet que la diffusion ; dès lors qu’il s’agit de faire de la contribution, le challenge technique se situe à un autre niveau. Certes, les forums de discussion sont mis en avant par certains, mais ils ne constituent que le degré zéro de l’animation pédagogique. Quant aux tuteurs, comment faire pour qu’ils gèrent les fils de discussion, pour qu’ils organisent l’ensemble ? Tout cela nécessite une scénarisation de l’interactivité pour que l’on soit capable de tenir la charge de plusieurs milliers de personnes.

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Int. : Vous n’avez précisé ni les contenus, ni les publics auxquels les MOOC s’adressent.

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D. B. : En omettant de préciser à quels publics on s’adresse par le biais de ces techniques de masse, on fait effectivement une grosse erreur. Il faut être capable de spécifier davantage, donc de réajuster les méthodes en fonction des publics visés. À Sciences Po, nous avons décidé de proposer nos MOOC dès l’entrée du bachelor pour donner aux étudiants une idée de ce qui se fait chez nous et leur donner envie de venir. Il faut bien admettre que tout cela a un côté publicitaire mais il nous faut vendre notre marque à l’international, là où nous recrutons ! Cela nous a contraints à réinventer, voire à “raboter”, un certain nombre de cours en fonction des attentes de ce public particulier.

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Les MOOC sont une goutte d’eau dans ce que nous laissent entrevoir les techniques du numérique. De la même façon que l’extension de l’imprimerie a fait disparaître un certain nombre d’autorités en permettant l’échange et la confrontation des savoirs, en favorisant l’accès à l’écriture à davantage de gens et en mettant à leur disposition les savoirs sans qu’ils aient à se déplacer dans les abbayes, le numérique change complétement l’économie de la connaissance. Ce qui est en jeu, avec les MOOC, c’est l’élévation générale du niveau de connaissances dans le monde, qui remet en cause toutes les autorités en place, notamment dans l’enseignement, et le numérique amplifie ces phénomènes, pour le pire comme pour le meilleur.

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D. K. : Tous les enseignants, face aux élèves, sont désormais confrontés à un problème d’hétérogénéité des niveaux, que l’on soit en licence ou en master. Mais quand on travaille sur des grains très fins, on est capable de définir des prérequis et de savoir si l’étudiant est apte à suivre un enseignement donné. Dans le domaine mathématique, Salman Khan présente sur son site une carte hiérarchisée des connaissances qui permet de savoir immédiatement si vous êtes en mesure d’intégrer tel ou tel cours ; sinon, vous remontez vers le grain supérieur, le long d’une chaîne de connaissances préalables, et vous créez ainsi votre propre trajectoire. Cette personnalisation du parcours est l’une des tendances importantes qui se dessinent actuellement.

La recette et le concept

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Int. : A-t-on besoin de créer tant de postes de travailleurs de la connaissance ? La conséquence n’est-elle pas la médiocrité d’enseignements standardisés dont se satisfont les entreprises et la plupart des étudiants ?

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D. B. : Le processus de division du travail et d’accélération des changements fait que l’on est effectivement souvent trop formé par rapport aux attentes à court terme des entreprises. Mais l’on voit bien que la vitesse même de ces changements oblige à avoir des formations de base, apparemment surdimensionnées et trop conceptuelles, mais visant le long terme. Les recettes marchent bien pendant trois ou quatre ans mais, très vite, les systèmes et les modes changent, et si les salariés ne veulent pas rester coincés dans des qualifications qui leur sont imposées, il leur faut apprivoiser une forme d’incertitude face à des situations très pratiques. Le problème est que l’on peut difficilement anticiper ces réadaptations continues. C’est plus dans la formation continue que dans la formation initiale que cela s’avère nécessaire. C’est là une vraie piste pour les MOOC et un véritable business model.

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Int. : Les apprenants sont désormais des internautes avertis qui maîtrisent des stratégies d’accès à l’information très différentes des étudiants d’antan. Les concepteurs de MOOC intègrent-ils ce phénomène ?

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D. B. : Avec les MOOC, c’est la manière dont on enseigne qui est interrogée et c’est peut-être l’opportunité de le faire différemment sans pour autant opposer systématiquement le online au présentiel. La question de l’attention est centrale dans les méthodes d’apprentissage et explique la façon dont les MOOC sont structurés. On met en œuvre aujourd’hui des méthodes de transmission plus adaptées à l’activité habituelle des étudiants qui composent désormais eux-mêmes leur parcours avec quantité d’éléments disparates qu’ils vont chercher sur le Net.

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C’est aussi pour cela que la réduction des durées des séquences pédagogiques, en particulier celle des supports vidéo, entre dans le format d’une culture, celle des apprenants, où les temps d’attention sont très courts. Cela touche également les cours en présentiel et, personnellement, j’organise désormais mes cours en modules de dix minutes : un étudiant fait une chronique, puis un autre anime un débat, puis je présente une notion, etc. Je fais donc du MOOC en présentiel ! Je “granularise” ainsi car je me suis rendu compte que, sinon, je n’arrivais pas à capter durablement l’attention de l’auditoire.

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À ce problème de continuité de l’attention s’ajoute un problème de concurrence des modalités d’enseignement et, au bout du compte, on va très probablement arriver à des recompositions qui vont produire ce que les Anglo-Saxons appellent du blended learning, c’est-à-dire que nous allons exploiter nos supports dans de multiples environnements. Les grains que nous produisons seront ainsi recyclés dans des situations en présentiel comportant des séquences de prise de connaissance à distance. On crée alors une classe qui sert à autre chose que dans son modèle classique. C’est cette combinaison qu’il faut inventer et explorer en fonction des disciplines. Aujourd’hui, nous avons les moyens de granulariser tout cela afin de rendre possible la recombinaison plus fine de ces éléments alors qu’auparavant, nous étions face à des blocs de connaissances qui étaient à prendre ou à laisser dans leur entier.

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Il s’agit également d’évaluer tout cela : nous expérimentons des choses qui, pour une bonne part, ne marcheront pas. Nous testons donc nos MOOC avec nos étudiants avant de les mettre en ligne pour en apprécier, non seulement ce qu’ils en ont retenu mais également l’ergonomie et le niveau de satisfaction qu’ils recueillent. Nous sommes donc engagés dans une logique de qualité, l’avantage des MOOC étant l’obligation où l’on se trouve d’expliciter ce que l’on fait. On peut alors constituer une communauté d’enseignants qui apprennent les uns des autres : le fait que le numérique nous oblige à expliciter nos choix, nous rend donc un grand service du point de vue de la qualité de nos enseignements.

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Int. : Comment construire les métriques que vous appelez de vos vœux ?

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D. K. : Nous devons être très attentifs à la tentation permanente qui serait de considérer que l’enseignement se limite à la transmission d’un contenu. La numérisation des contenus d’enseignement, quels que soient leur support ou leur mise en scène, n’est pas très intéressante en soi, sauf à se poser la question de l’utilisation qui en sera faite : quid de la propriété des contenus, des suppressions de postes d’enseignants, etc.

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En revanche, si l’on parle d’un mouvement d’ouverture de l’accès à la connaissance, de réflexion sur les manières de la présenter et de s’en resservir dans d’autres contextes, sur ce que l’apprenant a produit à la fin de la séquence et est devenu capable de partager, les choses sont davantage dignes d’intérêt. Un tel projet s’oppose cependant à la gratuité qui s’affiche dans les MOOC, à laquelle je ne crois pas et qui est très différente de la gratuité financée par un service public.

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Notes [1]www.fing.org

Résumé Français

Les MOOC sont-ils une révolution pédagogique ou l e dernier avatar à la mode de pratiques d’enseignement à distance ? Faut-il craindre la marchandisation d’un savoir formaté ou se réjouir de voir prise en compte la culture des étudiants d’aujourd’hui ?

English abstract on Cairn International Edition

Plan de l’article

CAIRN.INFO : Chercher, repérer, avancer.

Source : https://www.cairn.info/revue-le-journal-de-l-ecole-de-paris-du-management-2014-5-page-22.htm

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6.
Classes inversées et MOOC, quand la révolution numérique s’invite dans le champ éducatif – Document Mashable avec France 24 - 05 novembre 2017

Photo - Classe inversée de biologie à l’université du Minnesota. Classeinversee.com

Les deux innovations majeures portées par la révolution numérique dans le champ éducatif semblent avoir des destins contrastés.

Alors que la ’flipped education’ (pédagogie inversée) convainc de plus en plus d’enseignants, les MOOC (massive open online courses) auraient, selon certains, ’fait pschitt’.

VOIR AUSSI : Révolution numérique : pourquoi il faut changer l’école

Cela nous invite à réfléchir au sens et à la portée de ces deux innovations, en appréciant le succès de l’une à la lumière des limites de l’autre. Ce qui soulève une question centrale : la révolution numérique a-t-elle vraiment le pouvoir de révolutionner la pédagogie ?

Illustration The Inversion

classroom.jpg

Deux innovations cousines

Les deux innovations partaient d’un même constat : l’inefficacité des cours dits magistraux, et la nécessité de rendre l’enseignement plus attractif, et plus efficace. Mais l’une – celle des MOOC – s’est contentée de proposer un substitut numérique au cours magistral ; alors que l’autre – la classe inversée – conduisait à repenser l’activité pédagogique et l’organisation de l’enseignement.

La première pouvait être jugée révolutionnaire en tant que susceptible de conduire à terme à une disparition des universités sous leur forme actuelle (établissements installés dans des locaux où se rencontrent enseignants délivrant leurs cours et étudiants venus préparer des diplômes spécifiques).

La seconde, en ce sens que la redistribution des temps de travail, qui est en son cœur, pouvait aboutir à une heureuse et radicale transformation des conditions du travail pédagogique. Mais ni l’un, ni l’autre, de ces effets, ne semble se rencontrer actuellement sur le terrain. Pourquoi ?

Un bout de chemin commun, mais des ambitions et des limites différentes

Les deux innovations sont pratiquement contemporaines, avec toutefois un léger décalage. La classe inversée est apparue à la fin du siècle dernier (premiers essais à Harvard, par Eric Mazur). Les MOOC ont fait vraiment irruption en octobre 2011 (mise en ligne à Stanford d’un cours sur l’intelligence artificielle). Mais l’une (les MOOC) s’est tournée vers un public potentiel, qu’il s’agissait de toucher en dehors des universités, grâce au développement d’un enseignement en ligne. Il s’agissait donc en quelque sorte d’exporter un cours, certes rendu plus attractif, en exploitant une possibilité offerte par le développement d’Internet.

Alors que l’autre (la classe inversée) s’est centrée sur le travail en classe, qu’il s’agissait précisément de rendre plus attractif, par une transformation et une redistribution du ’cours’. Elle porte donc un plus fort potentiel de révolution pour la pédagogie.

De fait, les MOOC ne sont qu’une forme plus moderne d’enseignement à distance, mais qui ne remet pas en question l’importance et la place du cours magistral. Simplement, ce cours est rendu accessible à une masse plus importante d’étudiants. Cette extension du domaine des cours ne correspondant en rien à une révolution pédagogique, il est normal que ceux qui en attendaient un tel effet voient leurs illusions s’écrouler. Ce qui fait ’pschitt’ pour les MOOC, c’est l’espoir d’un bouleversement pédagogique.

VOIR AUSSI : Il faut apprendre le code ’comme une langue vivante’, estime Najat Vallaud-Belkacem

En revanche, la ’flipped class’ semble avoir davantage le caractère d’une révolution copernicienne. Tous ceux qui la mettent en œuvre se plaisent à souligner son aspect ’disruptif’. Elle introduit en effet un changement majeur dans l’organisation du double travail d’enseignement et d’apprentissage. Au niveau de chaque processus s’opère un dédoublement.

Le travail de l’enseignant se dédouble en travail a priori d’élaboration d’un contenu qui, sous la forme de ’capsules vidéo’, de documents numérisés, de textes illustrés, de PowerPoint, sera mis à la disposition des apprenants, lesquels en prendront connaissance sur leur ordinateur, tablette ou smartphone. Et travail a posteriori d’accompagnement des élèves se livrant en classe à des activités encadrées : révisions, exercices, discussions, travaux en équipe.

Parallèlement, le temps d’apprentissage se dédouble en temps d’appropriation d’un contenu, en dehors de la classe, par confrontation avec ce contenu ; et temps de consolidation (mise en pratique et approfondissement) sous la conduite des enseignants, en classe. Ainsi est dépassé un format d’enseignement ennuyeux et peu efficace, à partir d’une idée fondamentalement vraie : il faut impliquer les élèves dans leurs apprentissages (cf. Hadji, 2012). Mais ce double dédoublement est-il vraiment de nature à révolutionner les apprentissages scolaires et universitaires ?

Enseignants ’inverseurs’, encore un effort

La classe inversée peut être la porte d’entrée dans une ’SmartEcole’, utilisant de façon intelligente les outils apportés par la révolution numérique. Mais sans doute reste-t-il une dernière étape à franchir pour que s’accomplisse une véritable révolution pédagogique, que la révolution numérique pourra au mieux faciliter, mais qu’elle ne déterminera jamais à elle seule, et que la classe inversée, en l’état, ne réalise pas. Car elle reste à l’intérieur d’une dichotomie qu’il nous paraît nécessaire de remettre en question.

En effet, l’inversion concerne ce qui se fait traditionnellement à l’école (confrontation au contenu d’un cours), et ce qui se fait traditionnellement à la maison (exercices pratiques d’application et de consolidation). Le temps scolaire, et le temps familial. Mais pourquoi accepter cette dichotomie classe/maison ? On réintroduit l’activité personnelle en classe, ce qui est une excellente chose ; mais pour laisser l’élève seul, et livré aux seules ressources de son environnement social, au moment décisif de l’appropriation d’un contenu. Pourquoi accepter sans discussion l’idée qu’il faut nécessairement que quelque chose (naguère, les devoirs ; à présent, la rencontre d’un contenu) se fasse ’à la maison’ ?

C’est en classe qu’il faut inverser la classe. La véritable révolution copernicienne s’accomplira quand l’inversion entre les deux temps de travail s’effectuera au sein même de l’école, dans une rythmicité féconde. Il faut réintroduire à l’école le temps d’appropriation personnelle d’un contenu, qui relève de la mission de l’école. Il faut articuler en son sein même les deux temps d’acquisition et de consolidation.

Que dirait-on d’une entreprise qui contraindrait ses employés à emporter tous les soirs à la maison le plus dur du travail à faire ?

Pour une ’révolution’ permettant à l’école de jouer pleinement son rôle

Tout doit se faire à l’école, pour une raison simple. On ne peut pas abandonner ceux qui ont la difficile tâche d’apprendre aux seules conditions et forces de leur milieu d’origine, en ce moment décisif que constitue l’assimilation d’un contenu et la construction d’un savoir. Pour une ’révolution’ permettant à l’école de jouer pleinement son rôle Tout doit se faire à l’école, pour une raison simple. On ne peut pas abandonner ceux qui ont la difficile tâche d’apprendre aux seules conditions et forces de leur milieu d’origine, en ce moment décisif que constitue l’assimilation d’un contenu et la construction d’un savoir.

Les outils informatiques ne sont vraiment utiles qu’à ceux qui possèdent les outils cognitifs qui en permettent un usage intelligent. C’est à l’école qu’il appartient d’organiser la construction de tels outils. Et elle le fera d’autant mieux que les enseignants comme les élèves auront été rendus plus actifs, en son sein. Cela ne signifie pas que l’école n’a pas à articuler son travail avec ce que vit et fait l’élève en dehors d’elle. Mais qu’elle doit prendre en charge tout ce qu’il y a d’essentiel dans le travail d’apprentissage des enfants et des adolescents, sous peine de les abandonner aux forces du marché, dont l’effet le plus sûr est le développement et l’aggravation des inégalités.

Cet article a été rédigé par Charles Hadji, Professeur honoraire (Sciences de l’éducation), Université Grenoble Alpes. La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Mots-clés : Jeunesse, Mooc, Technologie

Voir aussi sur Mashable avec France 24 - Mashable avec France 24 est la déclinaison en français de Mashable, média anglophone de référence pour la génération connectée et ceux qui pensent comme elle, réalisée en partenariat avec France 24. Mashable bouleverse les modes narratifs en s’appuyant sur les outils et technologies de la révolution numérique pour informer, inspirer, divertir. © 2016-2017 Mashable avec France 24 – Tous droits réservés - Mashable avec France 24 n’est pas responsable des contenus provenant de sites Internet externes –

The ConversationPar The Conversation : des analyses de l’actualité par des universitaires et ...

Source : http://mashable.france24.com/tech-business/20171105-classes-inversees-mooc-revolution-numerique-education

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7.
Classes inversées et MOOC, révolution copernicienne dans l’enseignement... vraiment ? Auteur : Charles Hadji - Publié le 08.11.2017 à 12H30 – Diffusé par EducPros.fr - Illustration  : Les MOOC se sont tournés vers un public potentiel, qu’il s’agissait de toucher en dehors des universités, grâce au développement d’un enseignement en ligne. // © kadenze

Sur le site de ’The Conversation France’, Charles Hadji, professeur honoraire en sciences de l’éducation à l’université Grenoble-Alpes, revient sur l’usage des Mooc et la classe inversée, en posant la question de l’influence de la révolution numérique sur les pratiques pédagogiques.

Les deux innovations majeures portées par la révolution numérique dans le champ éducatif semblent avoir des destins contrastés. Alors que la ’flipped education’ (pédagogie inversée) convainc de plus en plus d’enseignants, les Mooc (Massive open online courses) auraient, selon certains, ’fait pschitt’.

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Cela nous invite à réfléchir au sens et à la portée de ces deux innovations, en appréciant le succès de l’une à la lumière des limites de l’autre. Ce qui soulève une question centrale : la révolution numérique a-t-elle vraiment le pouvoir de révolutionner la pédagogie ?

Deux innovations cousines

Les deux innovations partaient d’un même constat : l’inefficacité des cours dits magistraux, et la nécessité de rendre l’enseignement plus attractif, et plus efficace. Mais l’une – celle des Mooc – s’est contentée de proposer un substitut numérique au cours magistral ; alors que l’autre – la classe inversée – conduisait à repenser l’activité pédagogique et l’organisation de l’enseignement.

La première pouvait être jugée révolutionnaire en tant que susceptible de conduire à terme à une disparition des universités sous leur forme actuelle (établissements installés dans des locaux où se rencontrent enseignants délivrant leurs cours et étudiants venus préparer des diplômes spécifiques).

La seconde, en ce sens que la redistribution des temps de travail, qui est en son cœur, pouvait aboutir à une heureuse et radicale transformation des conditions du travail pédagogique. Mais ni l’un, ni l’autre, de ces effets, ne semble se rencontrer actuellement sur le terrain. Pourquoi ?

Un bout de chemin commun, mais des ambitions et des limites différentes

Les deux innovations sont pratiquement contemporaines, avec toutefois un léger décalage. La classe inversée est apparue à la fin du siècle dernier (premiers essais à Harvard, par Eric Mazur). Les Mooc ont fait vraiment irruption en octobre 2011 (mise en ligne à Stanford d’un cours sur l’intelligence artificielle). Mais l’une (les Mooc) s’est tournée vers un public potentiel, qu’il s’agissait de toucher en dehors des universités, grâce au développement d’un enseignement en ligne. Il s’agissait donc en quelque sorte d’exporter un cours, certes rendu plus attractif, en exploitant une possibilité offerte par le développement d’Internet.

Alors que l’autre (la classe inversée) s’est centrée sur le travail en classe, qu’il s’agissait précisément de rendre plus attractif, par une transformation et une redistribution du ’cours’. Elle porte donc un plus fort potentiel de révolution pour la pédagogie.

De fait, les Mooc ne sont qu’une forme plus moderne d’enseignement à distance, mais qui ne remet pas en question l’importance et la place du cours magistral. Simplement, ce cours est rendu accessible à une masse plus importante d’étudiants. Cette extension du domaine des cours ne correspondant en rien à une révolution pédagogique, il est normal que ceux qui en attendaient un tel effet voient leurs illusions s’écrouler. Ce qui fait ’pschitt’ pour les Mooc, c’est l’espoir d’un bouleversement pédagogique.

Ce qui fait ’pschitt’ pour les Mooc, c’est l’espoir d’un bouleversement pédagogique.

En revanche, la ’flipped class’ semble avoir davantage le caractère d’une révolution copernicienne. Tous ceux qui la mettent en œuvre se plaisent à souligner son aspect ’disruptif’. Elle introduit en effet un changement majeur dans l’organisation du double travail d’enseignement et d’apprentissage. Au niveau de chaque processus s’opère un dédoublement.

Le travail de l’enseignant se dédouble en travail a priori d’élaboration d’un contenu qui, sous la forme de ’capsules vidéo’, de documents numérisés, de textes illustrés, de PowerPoint, sera mis à la disposition des apprenants, lesquels en prendront connaissance sur leur ordinateur, tablette ou smartphone. Et en travail a posteriori d’accompagnement des élèves se livrant en classe à des activités encadrées : révisions, exercices, discussions, travaux en équipe.

Parallèlement, le temps d’apprentissage se dédouble en temps d’appropriation d’un contenu, en dehors de la classe, par confrontation avec ce contenu ; et en temps de consolidation (mise en pratique et approfondissement) sous la conduite des enseignants, en classe. Ainsi est dépassé un format d’enseignement ennuyeux et peu efficace, à partir d’une idée fondamentalement vraie : il faut impliquer les élèves dans leurs apprentissages (cf. Hadji, 2012). Mais ce double dédoublement est-il vraiment de nature à révolutionner les apprentissages scolaires et universitaires ?

Enseignants ’inverseurs’, encore un effort

La classe inversée peut être la porte d’entrée dans une ’SmartEcole’, utilisant de façon intelligente les outils apportés par la révolution numérique. Mais sans doute reste-t-il une dernière étape à franchir pour que s’accomplisse une véritable révolution pédagogique, que la révolution numérique pourra au mieux faciliter, mais qu’elle ne déterminera jamais à elle seule, et que la classe inversée, en l’état, ne réalise pas. Car elle reste à l’intérieur d’une dichotomie qu’il nous paraît nécessaire de remettre en question.

En effet, l’inversion concerne ce qui se fait traditionnellement à l’école (confrontation au contenu d’un cours), et ce qui se fait traditionnellement à la maison (exercices pratiques d’application et de consolidation). Le temps scolaire, et le temps familial. Mais pourquoi accepter cette dichotomie classe/maison ? On réintroduit l’activité personnelle en classe, ce qui est une excellente chose ; mais pour laisser l’élève seul, et livré aux seules ressources de son environnement social, au moment décisif de l’appropriation d’un contenu. Pourquoi accepter sans discussion l’idée qu’il faut nécessairement que quelque chose (naguère, les devoirs  ; à présent, la rencontre d’un contenu) se fasse ’à la maison’ ?

On réintroduit l’activité personnelle en classe, ce qui est une excellente chose ; mais pour laisser l’élève seul au moment décisif de l’appropriation d’un contenu.

C’est en classe qu’il faut inverser la classe. La véritable révolution copernicienne s’accomplira quand l’inversion entre les deux temps de travail s’effectuera au sein même de l’école, dans une rythmicité féconde. Il faut réintroduire à l’école le temps d’appropriation personnelle d’un contenu, qui relève de la mission de l’école. Il faut articuler en son sein même les deux temps d’acquisition et de consolidation.

Que dirait-on d’une entreprise qui contraindrait ses employés à emporter tous les soirs à la maison le plus dur du travail à faire ?

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http://www.letudiant.fr/static/uploads/mediatheque/EDU_EDU/9/3/617193-the-conversation-580x_.jpgPublié le 08.11.2017 à 12H30

Voir aussi sur Wikipédia : « L’Étudiant est un mensuel français et un groupe média spécialisé dans l’information sur la formation, les études et les métiers à destination des 15-25 ans. Il conseille les lycéens, les étudiants et leurs parents sur les questions d’orientation scolaire et professionnelle et de formation initiale et continue. Sous sa marque EducPros, l’Étudiant s’adresse également aux professionnels de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’Étudiant comprend des activités presse (payante et gratuite), salons, conférences, édition, Internet, marketing direct, hors média, base de données, pour un total de 200 produits par an. Fondé en 1972 par René Silvestre, Guy Pessiot et Jean Claude Roquand,.. » Article complet sur https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89tudiant_(magazine)

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Partie B - Des applications concrètes qui se généralisent

8.
Le MOOC se fait durable Par Jacques Rolland Publié le 22/11/2017 à 00h01 – Document : Cahiers Techniques du Bâtiment-28 nov. 2017

Les formations en ligne destinées aux professionnels de la construction se multiplient. Elles répondent au besoin des praticiens de compléter leurs savoirs auprès d’organismes indépendants et compétents.

Ouverts en janvier 2017, les deux premiers Mooc destinés aux professionnels de la construction ont fait le plein. Pendant six semaines Rénovation performante et Une méthode pour réussir vos opérations et chantiers de rénovation ont réuni plus de 12 000 personnes sur le web. Avec un taux de participation de 55 % et de réussite de 31 % pour le premier. Contre 10 % à 20 % de participation moyen pour les Mooc grand public. De quoi encourager l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et le Plan Bâtiment durable, initiateurs du projet, à ouvrir neuf nouvelles sessions dès cette rentrée et à en préparer autant d’autres pour 2018.

Chacun peut s’y inscrire via le site Mooc Bâtiment durable, première plate-forme thématique publique d’une filière professionnelle portée par le programme France Université numérique (FUN) financé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Preuve que la formation en ligne répond aux besoins des professionnels de la construction. Ces sessions concernent la rénovation, la performance énergétique ou l’isolation thermique, la CAO en général et le BIM (Building information modeling) en particulier. La plupart sont proposés par des organismes publics ou des experts comme l’École nationale du chanvre, Asder-Arcanne ou Fab21-AI Environnement, des associations comme l’USH (Union sociale pour l’habitat), l’Untec (Union nationale des économistes de la construction) ou La Maison passive. Tous obéissent à une charte qualité élaborée par l’Ademe qui subventionne leur création.

Cette approche n’existe pas en traditionnel

Et cela marche ! Aux yeux des premiers utilisateurs, ce serait même le meilleur moyen pour se former à son rythme, d’ouvrir son champ de connaissance, préparer une reconversion professionnelle, doper ses connaissances. C’est le cas de Muriel Davillerd, 40 ans, patronne de Sola, société de plaquistes à Annecy, et satisfaite du Mooc Rénovation performante suivi début 2017. « Généralement, j’ai du mal à trouver des formations indépendantes, proposées par un tiers neutre. La plupart du temps elles sont assurées par un fournisseur qui fait la promotion de ses produits. Ce Mooc indépendant correspond à ce que je recherchais professionnellement ; le format de six sessions hebdomadaire était adapté à mes besoins et surtout il était gratuit. »

En trois soirées, à son rythme, elle a obtenu son attestation de réussite en répondant au questionnaire du test final. Même enthousiasme pour David Coux, associé gérant de Coux Frères, spécialisé en isolation performante : « Bien sûr, on est seul devant son écran. Mais la formation est très bien faite, variée, avec des vidéos et des animations pédagogiques. L’attention est maintenue, sans temps mort. Et puis on peut poser des questions sur le forum. C’est très efficace et parfaitement ciblé. Ce type d’approche n’existe pas en formation traditionnelle. »

Pris en charge par la formation professionnelle

Publics ou privés, tous les Mooc sont gratuits en accès libre. Ils débouchent sur une attestation de suivi ou un certificat de réussite à l’examen qui n’a pas valeur de diplôme. Impossible de l’inscrire en rubrique « diplôme » d’un CV, mais en « formation », par exemple. En revanche, c’est le moyen de montrer sa motivation, ses connaissances, son intérêt pour la formation. Attention, depuis peu certains examens sont payants, entre 40 à 60 € en général. On trouve des éditeurs qui proposent des Spoc (Small Private Online Course) avec des services additionnels payants. Ainsi, « une méthode pour réussir vos opérations » avec un lien personnalisé et une séance en présentiel coûte 700 € HT. Celui sur AutoCAD d’Open classrooms s’accompagne d’un mentor personnel pour 300 € par mois. Comme pour toute formation professionnelle, ces frais peuvent être pris en charge par un Organisme paritaire collecteur agréé (OPCA), les régions ou tout autre financeur habituel. Oui, toutes les conditions sont réunies pour que ces Mooc construction perdurent.

Sur le même sujet : L’Untec lance son Mooc sur le BIM – Avis d’expert - David Coux Photo Associé gérant de Coux Frères, a suivi le Mooc Rénovation performante 

« Le MOOC est souple : on le commence et on le termine à son rythme »
« La formation en ligne de type Mooc, je trouve cela génial ! Cela révolutionne la connaissance dans la construction en général et dans notre entreprise spécialisée en rénovation énergétique en particulier. Nous avons obtenu le label RGE [Reconnu garant de l’environnement, NDLR] et la qualification Écoartisan avec des formations initiales en présentiel. Mais elles sont dispensées à dates fixes et souvent chronophages. Le Mooc est bien plus souple : on le commence et on le termine à son rythme, aux moments les plus propices, on est donc plus concentré. Cette souplesse est fondamentale. Le Mooc Bâtiment durable de l’Ademe que j’ai suivi est parfaitement adapté à la mise à jour de mes connaissances ; une très bonne piqûre de rappel sur des notions acquises, mais pas toujours appliquées ou pas assez approfondies lors des formations en présentiel. En fait, pour progresser dans le domaine de la rénovation énergétique, il existe peu de formation spécifique ni de supports de formation adaptés. Ce Mooc propose l’une et l’autre. »

Mooc, Spoc, Cooc, Foad, Clot, même combat !
Les Mooc, ou Massive Open Online Course en anglais, sont apparus en 2010, proposés par les grandes universités américaines. En France, on parle plutôt de Formation à distance (Foad), de Formation en ligne ouverte à tous (Flot), ou de Cours en ligne ouvert à tous (Clot), terme officiellement choisi par Commission générale de terminologie (Journal officiel du 21/09/2013). Leur déclinaison intra-entreprise est baptisée Cooc (Corporate Open Online Course), et la version privée payante Spoc (Small Private Online Course). Mais qu’importe le nom, puisque leur principe est d’être gratuits, dispensés par session en temps réel, continu ou différé par un établissement d’enseignement public ou privé, généralement en rythme hebdomadaire sur quatre semaines à six mois maxi, accessible aux chevronnés comme aux débutants. Chaque session comporte des vidéos de cours ou de travaux dirigés, des questionnaires pour s’exercer, des forums d’échange avec les enseignants ou entre étudiants, un contrôle continu et final. Comme une vraie formation, la souplesse et le réseau social en plus !

Mise en ligne par France Université numérique, la plate-forme Mooc Bâtiment durable propose aujourd’hui neuf formations en ligne accessibles gratuitement à tous les professionnels de la construction : mooc-batiment-durable.fr - © Source : FUN/Ademe

Les formations en ligne destinées aux professionnels de la construction se multiplient. Elles répondent au besoin des praticiens de compléter leurs savoirs auprès d’organismes indépendants et compétents.

Ouverts en janvier 2017, les deux premiers Mooc destinés aux professionnels de la construction ont fait le plein. Pendant six semaines Rénovation performante et Une méthode pour réussir vos opérations et chantiers de rénovation ont réuni plus de 12 000 personnes sur le web. Avec un taux de participation de 55 % et de réussite de 31 % pour le premier. Contre 10 % à 20 % de participation moyen pour les Mooc grand public. De quoi encourager l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et le Plan Bâtiment durable, initiateurs du projet, à ouvrir neuf nouvelles sessions dès cette rentrée et à en préparer autant d’autres pour 2018.

Chacun peut s’y inscrire via le site Mooc Bâtiment durable, première plate-forme thématique publique d’une filière professionnelle portée par le programme France Université numérique (FUN) financé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Preuve que la formation en ligne répond aux besoins des professionnels de la construction. Ces sessions concernent la rénovation, la performance énergétique ou l’isolation thermique, la CAO en général et le BIM (Building information modeling) en particulier. La plupart sont proposés par des organismes publics ou des experts comme l’École nationale du chanvre, Asder-Arcanne ou Fab21-AI Environnement, des associations comme l’USH (Union sociale pour l’habitat), l’Untec (Union nationale des économistes de la construction) ou La Maison passive. Tous obéissent à une charte qualité élaborée par l’Ademe qui subventionne leur création.

Cette approche n’existe pas en traditionnel

Et cela marche ! Aux yeux des premiers utilisateurs, ce serait même le meilleur moyen pour se former à son rythme, d’ouvrir son champ de connaissance, préparer une reconversion professionnelle, doper ses connaissances. C’est le cas de Muriel Davillerd, 40 ans, patronne de Sola, société de plaquistes à Annecy, et satisfaite du Mooc Rénovation performante suivi début 2017. « Généralement, j’ai du mal à trouver des formations indépendantes, proposées par un tiers neutre. La plupart du temps elles sont assurées par un fournisseur qui fait la promotion de ses produits. Ce Mooc indépendant correspond à ce que je recherchais professionnellement ; le format de six sessions hebdomadaire était adapté à mes besoins et surtout il était gratuit. »

En trois soirées, à son rythme, elle a obtenu son attestation de réussite en répondant au questionnaire du test final. Même enthousiasme pour David Coux, associé gérant de Coux Frères, spécialisé en isolation performante : « Bien sûr, on est seul devant son écran. Mais la formation est très bien faite, variée, avec des vidéos et des animations pédagogiques. L’attention est maintenue, sans temps mort. Et puis on peut poser des questions sur le forum. C’est très efficace et parfaitement ciblé. Ce type d’approche n’existe pas en formation traditionnelle. »

Pris en charge par la formation professionnelle

Publics ou privés, tous les Mooc sont gratuits en accès libre. Ils débouchent sur une attestation de suivi ou un certificat de réussite à l’examen qui n’a pas valeur de diplôme. Impossible de l’inscrire en rubrique « diplôme » d’un CV, mais en « formation », par exemple. En revanche, c’est le moyen de montrer sa motivation, ses connaissances, son intérêt pour la formation. Attention, depuis peu certains examens sont payants, entre 40 à 60 € en général. On trouve des éditeurs qui proposent des Spoc (Small Private Online Course) avec des services additionnels payants. Ainsi, « une méthode pour réussir vos opérations » avec un lien personnalisé et une séance en présentiel coûte 700 € HT. Celui sur AutoCAD d’Open classrooms s’accompagne d’un mentor personnel pour 300 € par mois. Comme pour toute formation professionnelle, ces frais peuvent être pris en charge par un Organisme paritaire collecteur agréé (OPCA), les régions ou tout autre financeur habituel. Oui, toutes les conditions sont réunies pour que ces Mooc construction perdurent.

Vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°364 - Publicité - Nous contacter - Mentions légale

Source : https://www.cahiers-techniques-batiment.fr/article/le-mooc-se-fait-durable.34807

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9.
Les MOOC offrent des opportunités incroyables pour les expatriés Par Clémentine de Beaupuy | Publié le 27/11/2017 à 13:30 | Mis à jour le 28/11/2017 à 05:22 - Document lepetitjournal.com ; voir Page d’accueil

Photo : Cécile Dejoux, enseignante-chercheuse (c) CNAM – Cécile Dejoux, professeur au CNAM, a monté un MOOC français- Massive Open Online Course -, du manager agile au leader designer qui a rencontré un vif succès : 1er MOOC de France en nombre d’auditeurs, 145.000 personnes inscrites sur 4 saisons, dans 148 pays avec un taux de 21% de personnes qui vont jusqu’au bout. A l’heure où certains décrient cette nouvelle forme d’apprentissage en affirmant que les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées, Cécile Déjoux met en avant cette révolution de la formation et tous les bénéfices pour les apprenants, notamment pour ceux expatriés. Explications.

- Comment expliquez-vous le succès de votre MOOC ?

Il y a plusieurs raisons D’abord, le thème : du manager agile au leader designer Ce thème s’adresse à tout le monde. Les profils des nos auditeurs nous le confirment : aux chefs d’entreprises qui veulent comprendre la révolution numérique, aux expatriés qui suivent leur conjoint et profitent pour se former, aux mères de famille qui élèvent des adolescents, aux pharmaciens, aux avocats qui n’ont jamais été formés au management et qui ont 10 personnes à gérer etc.

La seconde raison de ce succès est la communauté qui s’est créée autour de cet apprentissage. Des managers se sont rencontrés, des personnes ont trouvés un emploi. L’échange est facilité par une plateforme lié.

Et enfin, chaque année, il y a un nouveau thème. Si un auditeur l’a déjà fait l’an dernier, il peut le refaire. Chaque année, ce MOOC permet d’approcher au plus près des thématiques actuelles qui sont au cœur des préoccupations des entreprises.

Pour être à la pointe de ces nouvelles thématiques, nous avons d’ailleurs créé avec Isabelle Galy, une chaire Learning Lab Human Change. Cela nous permet de mener des réflexions sur l’évolution du travail, du e-learning et d’utiliser tous les outils pour comprendre le monde qui vient.

- Pouvez-vous nous donner des exemples de nouvelle tendance que vous observez dans le monde du travail et que l’on retrouve dans vos formations ? 

On évoque beaucoup dans les entreprises la révolution de l’Intelligence Artificielle qui arrive comme une solution d’innovation. Ce sujet a été étudié dans le Learning Lab et est devenu le sujet de notre MOOC. Nous ne sommes pas spécialistes de ces questions d’Intelligence Artificielle mais il nous semblait important que l’on donne aux collaborateurs d’entreprises les clefs pour comprendre. Ces intelligences vont automatiser tout ce qui est possible de faire. Elles vont sans doute remplacer de nombreux emplois. Si l’on veut avoir une valeur ajoutée, il faut acquérir de nouvelles compétences, développer son esprit critique et sa relation aux autres.

Nous concevons donc notre MOOC comme un outil de transmission entre les entreprises et les scientifiques en allant interviewer les plus grands chercheurs sur ce sujet, et notre équipe qui vulgarise ce savoir pour le transmettre. C’est vraiment une nouvelle façon de faire de l’enseignement. C’est d’ailleurs très intéressant de suivre ce type d’enseignement Online en expatriation, de profiter de ce temps pour se former. Aujourd’hui, cette démarche est très valorisée dans les parcours professionnels. 

L’objectif d’un MOOC n’est pas d’aller jusqu’au bout mais bien une formation « self-service » : chacun prend ce qui l’intéresse. Ce qui est recherché dans ce type de formation n’est pas la validation par un diplôme mais de monter en compétences et comprendre le monde qui nous entoure. 

Vous êtes ici à Singapour puis Hong-Kong, qu’êtes vous venue chercher ?

Je suis intéressée par toutes les formes de changement dans mon domaine. Singapour se définit comme une Smart Nation et les nouvelles formes d’apprentissage en font parties. Lors de ces déplacements, nous rencontrons 3 types d’acteurs : les entrepreneurs, les investisseurs qui croient et soutiennent ces changements, et les universitaires qui s’interrogent sur les formations de demain. Nous sommes allés à NTU visiter leurs nouvelles salles de cours qui ont remplacées les traditionnels amphithéâtres.

Pour moi, enseignante-chercheuse ces déplacements, sont une nouvelle façon d’enseigner, de diffuser la connaissance et d’acculturer la formation continue.

Peut- on dire que l’outil des MOOC est aussi une façon d’assurer tout au long de sa vie, une formation de qualité ?

Oui, tout à fait. C’est un outil. D’ailleurs, le CNAM est totalement dans sa mission. Le CNAM, depuis la révolution française, a vocation à former les adultes à l’initiale. Singapour s’est d’ailleurs engagée récemment dans cette voie de la formation toute au long de la vie. Avant, bien entendu, il y avait comme partout de la formation professionnelle. Ce qui est différent de la formation à tous les moments de sa vie pour tous les métiers. A n’importe quel moment de sa carrière ou de sa vie, tout le monde aura la possibilité de reprendre des études, d’améliorer ses compétences ou de changer de métier.

Ce ne sont plus les diplômes long terme qui font la différence en entreprises, mais les blocs de compétences et il faut s’ouvrir au monde pour le comprendre.

Pourquoi la formation tout au long de sa vie devient–elle si cruciale ?

D’abord, je pense que cela permet une certaine « gymnastique du cerveau » : il faut toujours apprendre pour garder son cerveau alerte. Je crois que si vous n’arrivez plus à cultiver votre intelligence, vous pouvez être vite déconnecté.

Aujourd’hui, je ne crois pas qu’un jeune ait besoin d’un diplôme Bac + +. Cela ne lui donnera pas un emploi. Par contre, si l’université ou les écoles développent des nouvelles compétences comme coder, être créatif, comment travailler avec les autres, apprendre à saisir des opportunités, parler plusieurs langues etc. Là, il a surement plus de chance sur le marché de l’emploi. Dans le monde du travail, il n’y a plus de certitudes.

Ce ne sont plus les diplômes long terme qui font la différence en entreprises, mais les blocs de compétences et il faut s’ouvrir au monde pour le comprendre.

Il y a aussi un dernier élément : que l’on soit radiologiste, enseignant, commerçant, restaurateur etc., les métiers changent ou disparaissent. Il faut donc se former pour suivre ces évolutions, notamment auprès des formations qui mettent en avant des méthodologies.

Il faut que les parents et l’école avec le plan numérique arrêtent de donner aux enfants des tablettes, des ordinateurs et des téléphones avant l’entrée au Collège. D’ailleurs, tous les acteurs dans la Tech n’en donnent jamais à leurs propres enfants !

Ne pensez-vous pas que ce mouvement laisse de côté une partie des personnes, peu formées initialement ? N’y aurait-il pas la nécessité de renforcer la formation initiale également ?

La formation initiale et la formation continue ne s’opposent pas. Bien au contraire. Par contre, pour l’une ou l’autre, il est nécessaire d’avoir l’implication de tous les acteurs. Aujourd’hui, il y a de nombreux appels à projet dans le domaine de la Recherche et de l’Enseignement. Pour schématiser, celui qui remplit bien son dossier, a des chances de l’emporter et d’obtenir des financements. Je pense qu’il faut retourner ce processus : repérer ceux qui font, qui innovent. Et quand ça marche, mettre des financements pour essaimer ce modèle. 

Par ailleurs, il faut former les enseignants du primaire, du secondaire et des Universités. Après leur formation initiale, les formations continues sont volontaires. Il faut valoriser la pédagogie, multiplier les échanges d’expériences. Et ceux qui le font, doivent être valorisés. Aujourd’hui, qu’un enseignant se forme ou pas, peu importe : le salaire et la progression de carrières restent inchangés.

Pour progresser et proposer des solutions innovantes, il faut appliquer le triptyque : j’observe, je fais, je partage. Le nouveau enseignant-chercheur est dans cette logique. 

Que pensez-vous également du « tout numérique » dans les écoles. Est- ce un plus pour les élèves ?

C’est un véritable drame. Il faut que les parents et l’école avec le plan numérique arrêtent de donner aux enfants des tablettes, des ordinateurs et des téléphones avant l’entrée au Collège. D’ailleurs, tous les acteurs dans la Tech n’en donnent jamais à leurs propres enfants !

Pour ces acteurs, le numérique est un champ de travail mais pas un outil d’éducation. Il faut que les bases soient acquises : écrire, compter, savoir raisonner. Et valoriser la relation à l’autre. Ce ne sont plus les diplômes long-terme qui font la différence en entreprises, mais les blocs de compétences et il faut s’ouvrir au monde pour le comprendre.

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[Auteure : d’après Wikipédia, « Cécile Dejoux est Professeur des Universités au CNAM Paris - voir Conservatoire national des arts et métiers — Wikipédia - et professeur affiliée à l’ESCP Europe. Elle est spécialisée sur les thématiques du management, des RH à l’heure de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle1. En 2015, elle crée, au Cnam, le Learning Lab « Human Change [archive] », chaire d’entreprise sur la thématique « le futur du travail et les innovations managériales ».Responsable de la filière RH et du Master RH au Conservatoire national des arts et métiers, elle enseigne également à l’ENA et donne de nombreuses conférences dans les entreprises sur Manager à l’ère du numérique et de l’Intelligence Artificielle…] » Article complet sur https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9cile_Dejoux ].

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Source : https://lepetitjournal.com/singapour/les-mooc-offrent-des-opportunites-incroyables-pour-les-expatries-163160

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10.
Lozère : un MOOC dédié à la construction chanvre - Actualité - MidiLibre.fr – 18/11/2017

Le chanvre, un matériau naturel et sain à bonne performance énergétique. Cette formation en ligne s’adresse plus particulièrement aux auto-constructeurs, aux maîtres d’ouvrage et aux artisans du bâtiment.

Rémy Chorda, président de l’École nationale du chanvre de Mende, présente le MOOC (formation en ligne) construction chanvre qui commencera ce lundi 20 novembre 2017, sur la plateforme MOOC bâtiment durable. Pour Rémy Chorda, l’idée est de faire connaître au plus grand nombre les qualités du chanvre pour la construction.

Bénéfique pour particuliers et artisans

’À travers ce MOOC, nous allons pouvoir informer les autoconstructeurs, les maîtres d’ouvrage qui souhaitent en savoir plus sur ce matériau naturel et sain, mais aussi les artisans sur les bonnes pratiques. Les prescripteurs aussi peuvent suivre ce MOOC pour en apprendre plus. D’abord, nous y expliquons les caractéristiques et les bénéfices des mélanges chaux-chanvre, la performance énergétique qu’ils permettent dans la rénovation patrimoniale tout en respectant le bâti ancien. À l’issue du cursus, les particuliers sauront de quoi ils parlent et pourront échanger positivement avec les professionnels. Ils pourront faire leur choix de matériaux en toute conscience. Quant aux artisans, ils auront toute la base théorique nécessaire.’

’Nouveau mode d’apprentissage’

Une attestation leur permettra de suivre la formation pratique sur la mise en œuvre en deux jours plutôt qu’en trois. Quant aux défis à relever pour ce MOOC, Rémy Chorda explique  : ’Il nous a fallu comprendre ce nouveau mode d’apprentissage, nous mettre véritablement à la place des apprenants. Pour rendre ce MOOC plus vivant et plus pédagogique, nous avons varié les contenus et nous les avons rendus rapidement compréhensibles. Le MOOC s’étale sur quatre semaines en 16 modules. Les apprenants peuvent y consacrer 20 minutes par jour.’

Middi Libre - A propos : CGUMentions légalesContact– Source : http://www.midilibre.fr/2017/11/18/lozere-un-mooc-dedie-a-la-construction-chanvre,1590631.php

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11.
Se former en santé : quoi de neuf sur les MOOC 2017-2018 ? Publié le 06/11/2017 à 17:24 - Document ladepeche.fr : Actualités Toulouse, Actualités Santé Actu Santé

Illustration - France Université numérique (FUN). RelaxNews / France Université Numérique FUN

Pour les curieux, les personnels médicaux ou les étudiants en recherche de formation complémentaire, les MOOC (’massive online open courses’), ces formations en ligne gratuites et certifiantes, permettent d’accéder à des contenus experts mais accessibles, élaborés par des universités ou des grandes écoles. Tour d’horizon des nouveautés en matière de santé.

Tout savoir sur l’allaitement maternel

Deux semaines après la semaine mondiale de l’allaitement maternel, des spécialistes de l’hôpital Necker-Enfants-malades, du Réseau de santé périnatal parisien et du Groupe d’étude en néonatalogie d’Île-de-France (GEN-IF) lancent un MOOC consacré à l’allaitement maternel pour informer les patientes et les professionnels de santé sur ses modalités pratiques, ses bénéfices et ses évolutions récentes. Au total, six cours hebdomadaires seront dispensés. Un quiz est proposé à la fin de chaque session hebdomadaire. Début des cours en ligne le 6 novembre.

Plonger au coeur des mécanismes des addictions

Quelques jours après le coup d’envoi de l’opération ’Mois sans tabac’ le 1er novembre, ce MOOC consacré aux addictions, proposé par France Université numérique (FUN), la principale plateforme en ligne pourvoyeuse de MOOC francophones, pourrait intéresser les fumeurs désireux d’arrêter. Délivré par des enseignants de la faculté de médecine de l’université Paris-Sud et du Collège universitaire national des enseignants d’addictologie, ce cours, qui s’adresse aussi au personnel médical et aux éducateurs confrontés aux addictions, se décline en six sessions dédiées aux différents types de dépendance (tabac, alcool, cannabis, sexe, jeux, achats compulsifs) et aux traitements et prises en charge. Début des cours en ligne le 6 novembre.

S’initier aux neurosciences

Nul besoin d’être scientifique ou expert en mathématiques pour suivre ce nouveau MOOC proposé par FUN et intitulé ’Des neurones à la psyché, introduction aux réseaux de neurones biologiques et artificiels’. Piloté par un chercheur du CNRS, ce cours en vidéo, échelonné sur quatre semaines, propose d’aborder les bases de la psychologie cognitive et des neurosciences. Début des cours en ligne le 27 novembre.

Se renseigner sur la chirurgie de l’obésité

Illustré en dessins par des saynètes, ce MOOC, dispensé par un professeur de nutrition clinique au CHU de Toulouse spécialisé dans la chirurgie de l’obésité, propose de plonger dans les histoires vécues de patients obèses ayant eu recours à ce type d’opération, pour apprendre les indications, l’efficacité, les contraintes et les risques, la préparation et les techniques de cette chirurgie. Début des cours en ligne le 9 janvier 2018.

Dans les coulisses des enquêtes de santé

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Comment sont conçues les grandes enquêtes de santé publiées chaque jour dans la presse ? Pour en comprendre les ficelles, le MOOC PoP-HealtH décortique les étapes de construction des enquêtes épidémiologiques de santé et les outils de recueil des résultats. Accessible à tous, cette formation de six semaines est dispensée par quatre intervenantes de l’université de Bordeaux (ISPED, centre de recherche Inserm-université de Bordeaux U1219 et UF sciences de l’éducation) accompagnées de professionnels en santé publique (experts et responsables d’enquête). Début des cours en ligne le 1er février 2018.

RelaxNews : Actu Santé - ©ladepeche.fr - S’abonner] - Source : https://www.ladepeche.fr/article/2017/11/06/2679443-former-sante-quoi-neuf-mooc-2017-2018-2018.html

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12.
Écrire pour le web 2017/2018 : Le célèbre MOOC Rue89 est ouvert ! Par Laurent Bour 8 novembre 2017 – Communiqué : « Le Mooc Rue89 ’Ecrire pour le web’ 2017/2018 est ouvert aux inscriptions depuis le 24 octobre et débutera le 20 novembre 2017 ! » - Illustration

L’ouverture des cours du Mooc « Ecrire pour le web » 2017/2018

Un MOOC devenu célèbre après son lancement et un programme complet pour acquérir les bases de la rédaction web. Le MOOC Rue89 Ecrire pour le web, revient pour une session qui débutera le 20 novembre 2017 et qui s’achèvera le 16 janvier 2018.

Un MOOC à suivre absolument, qui nécessitera un investissement temps de 3 à 4 heures par semaine. A l’issue du MOOC et si vos résultats obtiennent au moins 80% de moyenne aux différents quiz, exercices, activités et cas pratique vous obtiendrez une attestation de réussite.

Les inscriptions ont débuté depuis le 24 octobre 2017. Les cours démarreront dès le 20 novembre 2017.

Pour accéder au cours, vous devez au préalable régler l’accès payant sur la plateforme de paiement en cliquant sur ce lien. La participation est de 50€, ce qui est largement abordable pour un MOOC de cette qualité, de nombreuses fois vanté par ceux qui ont eu l’opportunité de le suivre.

Pour obtenir plus d’informations sur le contenu des cours : Le MOOC Rue89 Ecrire pour le Web

Les 4 Modules qui seront abordés :

Module 1 : Comprendre les principes d’une publication web

  • – L’impact des technologies sur l’écriture : pourquoi la pratique journalistique change-t-elle ?
  • – Les habitudes de lecture : comment les lecteurs se comportent-ils face à un écran ?
  • – Les grands principes de la rédaction web : à bas les clichés sur le journalisme web
  • – Ecrire pour le Web, c’est avant tout écrire : soignez votre style
    Module 2 : Les spécificités de l’écriture web
  • – La mise en forme des articles : comment créer une structure d’article qui incite le lecteur à lire ?
  • – Créer un article multimédia : les règles pour intégrer des photos ou des vidéos dans un article
  • – Tweets, posts Facebook, photos Instagram : comment utiliser les contenus en provenance des réseaux sociaux dans son récit ?
  • – Les formats éditoriaux spécifiques au web : de la curation au live-blogging, quels contenus pour quels moyens ?
    Module 3 : Connaître son audience et diffuser ses contenus
  • – Analyser son audience : quelles sont les sources de trafic sur un site et comment fidéliser son public ?
  • – Optimiser son référencement : comment faire remonter les articles dans le moteur de recherche de Google ? (SEO)
  • – Le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion des contenus : le SMO (Social Media Optimization)
  • – Le journalisme participatif : comment intégrer le lecteur dans la création de contenus ?
    Module 4 : Les nouvelles temporalités de la publication Web
  • – Ecrire en bi-media : les complémentarités entre site éditorial et magazine, radio ou télévision
  • – La spécificité d’un « Pure Player » : comment organiser sa journée de publication ?
  • – Adapter le contenu web à l’écran mobile : enjeux techniques et éditoriaux
  • – Les nouveaux récits sur tablette : quelle temporalité, quelles histoires ?
  • – Snapchat, l’eldorado des médias
    Pour obtenir plus d’informations sur le contenu des cours : Le MOOC Rue89 Ecrire pour le Web – Source : https://www.journalducm.com/mooc-rue89-ecrire-pour-le-web/

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13.
Un MOOC pour mieux intégrer les personnes handicapées en entreprise 08/11/2017 – Document ART. Diffusé par l’Agence régionale de la Formation tout au long de la vie Poitou-Charentes Entreprise et aides aux employeurs – Illustration

La plateforme de cours Openclassroom proposera à partir du lundi 13 novembre 2017 un cours en ligne, réalisé en partenariat avec Agefos PME avec le soutien de l’Agefiph.

Ce MOOC a pour objectif de donner aux dirigeants de TPE/PME, managers de proximité ou professionnels RH, des clés pour mettre en oeuvre une politique handicap opérationnelle dans l’entreprise.

Le cours proposera des repères sur ce que recouvre le handicap, les différents statuts et les obligations légales auxquelles les entreprises sont assujetties. Il présentera des outils qui permettent de développer une démarche d’accompagnement des personnes en situation de handicap tout au long de leur parcours professionnel.

Les objectifs du cours :

  • Dépasser les a priori sur le handicap en privilégiant une démarche opérationnelle
  • Appliquer la loi en activant les leviers permettant d’augmenter le taux d’emploi
  • Recruter, accueillir et intégrer durablement une personne en situation de handicap
  • Maintenir dans l’emploi une personne en difficulté de santé au travail
  • Accompagner les parcours et les carrières des personnes en difficulté de santé au travail
    Plus d’infossur le MOOC ’Handicap et entreprise’ : intégrez durablement le handicap dans votre entreprise.

HANDICAP ENTREPRISE GRH Nos sites : ARES Atout GRH Alternance Echo/Preco Horizon Qui fait quoi ? – Source : https://www.arftlv.org/actualites/19992/Mooc-pour-mieux-integrer-les-personnes-handicapees-entreprise.aspx

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14.
Un MOOC citoyen pour coconstruire l’Occitanie par La rédaction ‘Le Journal Toulousain’ 14 novembre 2017

La Région a lancé une concertation sur l’aménagement du territoire « Occitanie 2040 ». Les Occitans peuvent ainsi participer à l’élaboration du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET). Encore faut-il qu’ils en aient des clés de compréhension. C’est l’objectif dumooc (formation en ligne) citoyen que propose la Région jusqu’au 1er décembre. Photo.

C’est la première fois qu’une collectivité organise une session de formation à cette échelle-là !“, se félicite Aurélie Maillols, vice-présidente de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée. Près de 5 millions d’Occitans peuvent s’inscrire et suivre le mooc citoyen ouvert sur le site de la Région. Une formation accélérée de trois semaines pour devenir “acteur de la concertation” afin de coconstruire le projet Occitanie 2040 : “Cela s’appelle un Sraddet (schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires). Un acronyme qui n’évoque pas grand-chose et dont l’élaboration est compliquée ! Il nous fallait donner aux citoyens les outils qui leur permettront d’y participer”.

« Même si l’on n’a qu’une centaine de participants, ce sera très intéressant pour nous »

Cohésion sociale, tension environnementale, relation entre les territoires, diversité des ressources, etc. En une douzaine de vidéos thématiques en ligne, animées par des experts et des élus, le mooc livre aux citoyens les prérequis indispensables et les moyens d’action : “Même si l’on n’a qu’une centaine de participants, ce sera très intéressant pour nous. Car on les retrouvera ensuite dans les cafés citoyens ou les rencontres départementales organisés pour cette concertation. C’est grâce à la présence physique de ces gens-là qu’on connaîtra l’ampleur de la participation citoyenne“, estime Aurélie Maillols. Une remontée de terrain indispensable pour que la Région adapte ses politiques à ses territoires.

La rédactionPolitique Société Sport Culture Solutions S’abonner Se connecter S’abonner Contactez-nous Qui sommes-nous ? Mentions légales Conditions générales de vente – Source : https://www.lejournaltoulousain.fr/societe/53708-53708

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15.
La formation fait sa révolution numérique Par Anne Eveillard vendredi 24 novembre 2017 15:46

Paris (75) À l’heure où le secteur de l’hôtellerie et de la restauration ne peut plus se passer du numérique, la formation initiale et continue s’adapte. Du Mooc au e-learning, une nouvelle façon d’apprendre se met en place. Photo © DR - Ferrandi parie sur le MOOC pour transmettre savoir et savoir-faire.

Le numérique dans l’enseignement est devenu le thème de réflexion du moment. En particulier dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, où de la réservation à la gestion des stocks, tout passe désormais par la Toile. Ajoutons à cela l’envie des jeunes générations d’apprendre avec des outils qui font partie de leur quotidien depuis leur naissance. En effet, difficile de faire prendre des notes avec un stylo à un jeune qui pianote déjà avec dextérité sur un clavier. Les associations impliquées dans la formation initiale et même continue en sont bien conscientes. 

L’Association mondiale pour la formation hôtelière et touristique (Amforht) s’intéresse de près à la numérisation du système d’enseignement. ’Nous sommes attentifs aux Mooc [massive open online course] et au e-learning. Nous souhaitons également créer une bibliothèque numérique, dotée de toutes les ouvrages recensés dans les écoles hôtelières du monde’, confie son président, Philippe François

Quant à Joseph Le Gal, président de l’Association nationale des écoles privées d’hôtellerie et de tourisme (Anephot), il souligne l’importance de la maîtrise des nouvelles technologies tant par les enseignants que par les élèves. D’ailleurs ’le numérique dans l’enseignement’ figurait sur la liste des thèmes prioritaires abordés lors du congrès 2017 de l’Anephot, du 22 au 24 novembre au lycée hôtelier Notre-Dame de la Providence à Orchies (Nord). Congrès organisé en présence des représentants d’une soixantaine d’établissements scolaires et de 30 entreprises partenaires.

Ferrandi propose des Mooc depuis 2015

D’ores et déjà certaines écoles ont pris les devants en matière de numérique. À l’instar de Ferrandi, à Paris (VIe), qui propose, depuis mars 2015, un Mooc ciblé sur le métier de designer culinaire. Fort du succès de cette première expérience, un autre Mooc, concernant cette fois les tendances culinaires, a été créé en 2017. Ce cours en ligne fait intervenir les savoir et savoir-faire de professionnels tant sur le plan économique que sociologique et même conceptuel, avec une approche liée au design et à la créativité. 

Une implication qui fait écho à la volonté du Gouvernement d’intégrer le numérique de la maternelle au bac, notamment par le biais d’espaces numériques de travail (ENT). Actuellement, une trentaine d’académies sont concernées par au moins un projet d’ENT en phase de généralisation dans le second degré, en partenariat avec les collectivités territoriales. 

Enfin, l’Umih apporte, elle aussi, sa pierre à l’édifice : fin 2016, avec le soutien de la Direction générale des entreprises (DGE), elle a édité un guide sur le numérique, destiné aux restaurateurs. Cet ouvrage, très pratique, explique comment le numérique peut aider à conquérir de nouveaux marchés, mobiliser les salariés et ainsi séduire les plus jeunes recrues, issues de la génération Y.

L’Hôtellerie Restauration - 5 rue Antoine Bourdelle - 75737 Paris cedex 15 Tél : +33 1 45 48 64 64 - Fax : +33 1 45 48 04 23 - Copyright © L’Hôtellerie Restauration – Source : https://www.lhotellerie-restauration.fr/journal/formation-ecole/2017-11/La-formation-fait-sa-revolution-numerique.htm

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16.
Deux cents (200) universités prestigieuses vous offrent des cours en ligne gratuits Camille H 07/11/2017 – Document ‘Le Bonbon’ - Photo - © Le cercle des poètes disparus

Adepte des MOOC, mets-toi au garde à vous devant ton écran car pas moins de 600 cours gratuits sont mis en ligne par 200 universités à travers le monde entier. De quoi devenir aussi intelligent qu’un ordinateur programmé de la Silicone Valley !

Tu as toujours rêvé d’étudier à l’université de Stanford ? Pas de problème bro ! Tu pourras bénéficier de 160 cours de la prestigieuse usine à génie et te taper par exemple une « introduction à la pensée mathématique ». Sur le site Class Central, 200 universités pour le moins reconnues à travers le monde, t’ouvrent les portes de leur savoir et ce, gratuitement.

Photo - En surfant sur la vague pédagogique, tu trouveras notamment les cours de l’université de Polytechnique de Lausanne, de Columbia, de la Hong Kong University of Science and Technology, de l’ESSEC, HEC Paris, Princeton et même la mythique école de musique de Boston, le Berklee College of Music !

Pour la plupart en anglais mais également en français, ces MOOC (Massive Open Online Course) haut de gamme sont à consulter sans modération. Si tu veux tout savoir de la négociation salariale, l’Ecole Polytechnique te répond, si tu veux apprendre à écrire des chansons le Berklee College of Music éclaire ta lanterne artistique et si tu souhaite changer le monde en créant ton entreprise sociale, l’ESSEC Business School se fera un plaisir de t’aiguiller. Tu peux même t’offrir une introduction aux droits de l’homme par l’Université de Genève (un petit rappel ne fait jamais de mal).

Le savoir à portée de main et en un clic, ça se passe ici

© 2009 - 2017 Tous droits réservés Mentions Légales - Le Bonbon est un magazine mensuel gratuit créé en 2009 » - Source : https://www.lebonbon.fr/paris/loisirs/idees-hiver-nordique-paris-loisir/

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17.
Reportage audio – RFI] Mohamadou Diallo : « Avec les MOOC, on n’a pas besoin d’aller à l’université pour se former dans le code » 13 novembre 2017 – Document / CIO MAG

Photo - Mohamadou DIALLO, Directeur général de CIO Mag et président du comité d’organisation des ATDA 2017.

Quelles ressources humaines pour soutenir la transformation digitale du continent ? C’est la question posée à Bruno Mettling (PDG de Orange MEA) Guillaume Boudin (DG de Sofrecom) et Mohamamadou Diallo (DG de CIO-MAG) par Radio France International, lors de la 6e édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique (ATDA 2017), tenue du 25 au 27 octobre 2017 à Paris-Bercy, 

Sur le même sujet :

Résultat de recherche d’images pour ’cio mag’

Source : https://cio-mag.com/audio-mohamadou-diallo-avec-les-mooc-on-na-pas-besoin-daller-a-luniversite-pour-se-former-dans-le-code/

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Partie C - Des doutes, des critiques et des dangers, malgré l’essor des MOOC

18.
À quoi ressemble l’après-MOOC Par Jean-Marc De Jaeger • Publié le 22/11/2017 à 16:37 • Mis à jour le 29/11/2017 à 16:22

Photo - L’année dernière, Neoma a introduit la réalité virtuelle dans une étude de cas portant sur la logistique. Crédits photo : Neoma

Face aux abandons élevés, des écoles de commerce misent sur d’autres formes d’apprentissage numérique que le Mooc. Neoma et l’Inseec ont beaucoup investi dans l’innovation pédagogique.

1999 :l’ESC Paulance une formation, révolutionnaire à l’époque, permettant à des élèves de MBA d’obtenir leur diplôme… devant leur ordinateur. La formation est prisée des cadres qui veulent étudier sans quitter leur emploi. À l’époque, ils échangeaient par écrit. Cette formation online préfigurait ce que l’on nommera quinze ans plus tard les Mooc (Massive Open Online Course, ou cours en ligne ouverts et massifs). Ces cours au format vidéo peuvent être suivis n’importe où et n’importe quand par tous les internautes. La France n’a pas résisté à cette mode lancée par les universités américaines. Universités, institutions et entreprises ont investi des plateformes américaines comme Coursera et edX et le français Fun-Mooc.

 » LIRE AUSSI - Jeff Maggioncalda (Coursera) : « Les cours en ligne sont très loin de disparaître »

Avec une trentaine de formations créées en cinq ans, l’Essec fait figure de leader. Un positionnement voulu par l’ancien directeur de l’école, un certain… Jean-Michel Blanquer. Au programme, des cours de management hôtelier ou de négociation assurés en français ou en anglais. « Se lancer dans les mooc, c’est promouvoir la marque de l’école et son offre de formation à travers le monde. Nos cours ont attiré 200 000 apprenants. C’est quatre fois plus que le nombre d’anciens élèves de l’Essec », s’enthousiasme Nicolas Glady, directeur de la transformation digitale. Les élèves de l’Essec sont eux-mêmes incités à suivre des Mooc dans des disciplines non proposées par l’école, comme l’histoire ou la psychologie. En BBA, obtenir une certification sur Coursera délivre des crédits ECTS.

Podcast à l’Inseec

Mais le problème numéro un du Mooc, c’est le taux d’abandon. Seuls 10 % des apprenants suivent leur formation jusqu’au bout selon Matthieu Cisel, auteur d’une thèse sur les Mooc. « Beaucoup d’internautes s’inscrivent par curiosité, parcourent quelques vidéos et ne reviennent plus. Cette situation épargne davantage les cours à faible effectif qui reproduisent les conditions d’un cours en présentiel », observe-t-il.

 » LIRE AUSSI - Le classement des écoles de commerce

Du reste, certaines écoles n’ont pas investi les Mooc, préférant miser sur d’autres formes d’apprentissage pour leurs propres élèves. Neoma a développé une dizaine de Spoc (Small Private Online Course), une variante des Mooc sans la dimension massive. Ces cours sont menés en effectif restreint afin de préserver le lien entre les enseignants et les élèves. L’année dernière, Neoma a introduit la réalité virtuelle dans une étude de cas portant sur la logistique. « Nous entrons dans l’ère de l’après-Mooc, affirme Delphine Manceau, directrice de Neoma. En mettant l’accent sur l’expérience, les étudiants s’impliquent davantage dans leur apprentissage ».

 » LIRE AUSSI - « J’ai testé un cours en réalité virtuelle à Neoma »

L’Inseec se projette également dans l’ère de l’après-Mooc. En 2015, l’école a lancé une formation gratuite pour aider les étudiants des classes préparatoires à passer leur concours. L’année dernière, 2 000 des 9 000 candidats se sont inscrits à Mooc Prépas. Malgré ce succès, il ne sera pas renouvelé, du moins pas dans le même format. « En décembre, nous lancerons ce cours sous la forme de podcasts, des fichiers audio à télécharger. Cela convient mieux aux jeunes, qui cherchent à rentabiliser le temps passé dans les transports. La vidéo n’est pas indispensable à la compréhension d’un cours », analyse Éric Cobast, enseignant et concepteur du Mooc. Le cours philosophie du management combine virtuel et présentiel, questionnaires en ligne et devoirs sur table. « Entrecouper les formations en ligne par des cours en présentiel ravive la motivation des élèves. Sans cette implication, ils risquent d’abandonner », poursuit Éric Cobast.

Figaro Étudiant - A propos : Contact Plan du site Mentions légales - Source : http://etudiant.lefigaro.fr/article/a-quoi-ressemble-l-apres-mooc_909bd75e-ce9f-11e7-8ec4-fc070299eb66/

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19.
Les Moocs, un peu moins virtuels, un peu plus efficaces ? Par Samuel Chalom. Publié le 08/03/2017 à 11h31 – Document ‘capital.fr’ – Illustration. Liam Norris / Getty Images.

Malgré leur succès, les MOOCs peinent à démontrer leur efficacité sur la durée. Certains réfléchissent à réintroduire plus de réel dans le virtuel

Sous-titre : “Certaines tâches ne peuvent pas se limiter à un apprentissage virtuel”

© 2017 Prisma Media - Tous droits réservés – Source : https://www.capital.fr/votre-carriere/les-moocs-un-peu-moins-virtuels-un-peu-plus-efficaces-1212328

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20.
MOOC : la gratuité à l’épreuve de la réalité par Outbrain29 août 2017 Document ‘defisdamphi.blog.lemonde.fr’ – Illustration.

A l’aube de la rentrée universitaire, quelle est aujourd’hui la place des Mooc dans notre système ? Cinq ans après la création des premières plateformes américaines, les impératifs économiques vont-ils avoir raison de l’idéal de démocratisation du savoir promis à leurs débuts par ces cours massifs et ouverts ? Si l’engouement pour ce nouveau type de formation était sans doute excessif, on assiste aujourd’hui à une évolution en profondeur de l’offre proposée par les plateformes de diffusion.

Certes, les Mooc gratuits perdurent, participant de la stratégie globale de marque des universités et des écoles. Cependant, contrairement à ce que l’on entend parfois et alors que les étudiants continuent à chaque rentrée d’affluer vers les universités, les MOOC sont loin de constituer la solution aux amphis bondés : en effet, le public qu’ils séduisent avant tout, et qui représente la majorité des inscrits, n’est pas constitué de jeunes en formation initiale, mais de salariés déjà en activité. Par ailleurs, les plateformes doivent trouver leur business model comme le montre l’exemple d’une des plus importantes d’entre elles : Coursera, créée en 2012 à Stanford.

Du gratuit au payant

Au-delà des certifications payantes mises en place depuis plusieurs années, Coursera s’apprête à lancer à la rentrée un programme de HEC totalement en ligne qui permet à des étudiants intéressés par l’innovation et l’entrepreneuriat de suivre le cursus à distance et d’être in fine diplômé de la prestigieuse école, sans jamais s’être rendu sur le campus de Jouy-en-Josas.

Le partenariat prévoit qu’une partie des frais de scolarité, fixés à 20.000 € par an, sera reversée à Coursera. En contrepartie, HEC, qui a investi entre quatre et cinq millions pour créer ce cours, entend bénéficier de la visibilité de la plateforme qui revendique 26 millions d’utilisateurs. « Beaucoup d’universités souhaitent nouer des partenariats avec nous, souligne Jeff Maggioncalda, le CEO de Coursera, parce que nous leur permettons d’atteindre de nouveaux utilisateurs qu’elles n’auraient jamais touchés autrement ».

Le créneau de la formation professionnelle

Autre créneau désormais investi par la plateforme : la formation professionnelle, avec la création, il y a un an, de « Coursera for business », qui permet aux entreprises d’avoir accès à un catalogue de 1 800 cours. 90 organisations utilisent aujourd’hui cet outil. Parmi elles, le groupe Axa a signé un partenariat avec Coursera qui va permettre à ses 165.000 salariés de se former via la plateforme à partir de fin septembre.

« Nous avons pré-sélectionné plus de 300 cours, essentiellement autour de la transformation (design thinking, méthodes agiles, data science…), qui viennent compléter notre offre », explique Stéphanie Ricci, responsable formation d’Axa. A ses yeux, la plateforme présente plusieurs avantages : « elle est non seulement intuitive et facile d’utilisation, mais aussi modulable » dans la logique de l’ATAWAD (« any time anywhere any device »), puisqu’on peut venir se former quand on veut, où l’on veut, sur son ordinateur ou son téléphone. Autre intérêt selon Stéphanie Ricci : la « dimension sociale » apportée notamment par le système de chats et d’évaluation par les pairs.

Pour autant, Axa continue à « avoir des stratégies ciblées avec certaines universités, mais l’offre de Coursera est beaucoup plus large, poursuit la responsable. C’est une façon de démocratiser les cours universitaires » poursuit la responsable du groupe qui ambitionne de devenir « une entreprise auto-apprenante » en « [nourrissant] l’appétit d’apprendre propre à chaque être humain ».

De son côté, Coursera estime qu’il s’agit d’une évolution naturelle : « les vidéos gratuites sont toujours disponibles mais nous avons étendu notre modèle, indique Jeff Maggioncalda qui préfère parler de partenariat plutôt que de concurrence avec les universités. A défaut d’avoir suffisamment développé leur offre de formation professionnelle, celles-ci doivent désormais compter avec une plateforme comme Coursera, mais aussi d’autres francophones comme Coorpacademy ou Openclassroom.

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Education et numérique : quels enjeux pour demain ?

Prof en ligne, un métier émergent

Ce que l’intelligence artificielle peut apporter à l’éducation

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Le Blog de Sophie Blitman - A propos -

A quoi ressemblera l’enseignement de demain ? Quelques années passées dans un lycée m’ont permis d’expérimenter la difficulté de transmettre des savoirs et des savoir-être à des jeunes, et de mesurer combien la posture du prof influe sur la relation pédagogique.
Devenue journaliste, je m’attache depuis une dizaine d’années à suivre la manière dont les enseignants et les entrepreneurs inventent l’éducation de demain, avec ou sans technologies.

Plongée dans le bain de l’enseignement supérieur, je souhaite, sur ce blog, repérer les tendances et analyser les innovations qui émergent dans les universités et les écoles.
Sans m’interdire des pas de côté dans les collèges, les lycées ou les centres de formation professionnelle. J’y parlerai bien sûr de numérique, de data et de start-up EdTech, mais aussi des individus qui portent cette révolution. Pour me suivre sur Twitter @BlitmanS et me joindre par mail

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21.
Les MOOCs ne peuvent se substituer totalement à l’université traditionnelle Par Paul Seabright (Institut d’études avancées de Toulouse - LE MONDE ECONOMIE | 11.10.2017 à 11h00 • Mis à jour le 11.10.2017 à 11h34 |)

Dans sa chronique, l’économiste Paul Seabright constate que les cours en ligne (MOOCs) ont ouvert un accès à l’éducation pour beaucoup d’étudiants mais se révèlent moins efficaces que ceux auxquels on assiste physiquement. Illustration.

Chronique. L’impact sur le monde de l’éducation des cours en ligne, et notamment des MOOCs (« Massive Open Online Courses », ou enseignement de masse disponible en ligne), est souvent évoqué mais reste très difficile à mesurer scientifiquement. S’il est à peu près certain qu’il est plus facile de s’inscrire dans un cours à distance plutôt que dans un cours « physique », il est en revanche difficile de comparer les résultats entre étudiants qui prennent des cours en ligne et ceux qui y assistent physiquement (« présentiel »), car les deux groupes sont très différents par ailleurs.

Un article de la très prestigieuse American Economic Review nous aide à faire une comparaison plus scientifique (« Virtual Classrooms : How Online College Courses Affect Student Success », par Eric P. Bettinger, Lindsay Fox, Susanna Loeb et Eric S. Taylor, American Economic Review n°107-9, 2017, lien vers PDF en anglais).

Les auteurs analysent des informations concernant plus de 230 000 étudiants inscrits dans 750 cours proposés par une université privée aux Etats-Unis. 59 % des étudiants se sont inscrits pour les versions en ligne de ces cours, et l’on voit tout de suite que leurs caractéristiques démographiques sont fortement corrélées à leurs choix.

Variations de disponibilité

Les cours en ligne comptaient 55 % de femmes parmi leurs inscrits, les cours « en présentiel » seulement 35 % de femmes. L’âge moyen en ligne était de 33 ans, contre 28 ans en présentiel. Tout comme on ne pourrait en conclure que suivre des cours en ligne permet de rajeunir, il serait futile de comparer directement les résultats des deux groupes d’étudiants pour évaluer l’efficacité de ces deux méthodes.

La technique des auteurs consiste à utiliser les variations de la disponibilité des cours en « présentiel » d’un semestre à l’autre ; car la version en ligne, elle, est quasiment toujours disponible. A part cette différence, les sujets...

L’accès à la totalité de l’article est protégé - Déjà abonné ? Identifiez-vous - Abonnez vous à partir de 1 € Réagir Ajouter - © Le Monde.frCGVFréquentation certifiée par l’OJDDonnées personnelles - Idées Tribunes Enquêtes Rencontres Controverses Livres Analyses Editoriaux Chroniques Blogs Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/11/les-moocs-ne-peuvent-se-substituer-totalement-a-l-universite-traditionnelle_5199289_3232.html

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22.
Les MOOC se cassent-ils la figure ? Par Philippe Silberzahn. 7 novembre 2017

Un article du journal « Le Monde » prétend que les MOOC sont en train de « faire pschitt ». Comment peut-on s’illusionner à ce point ?

Ainsi donc le petit Landerneau de l’enseignement s’est retrouvé bien agité récemment par un article du Monde intitulé, excusez le sens de la nuance, « Les MOOC font pschitt ».

Soulagement palpable chez les dinosaures si l’on en juge par les retweets plein d’allégresse, soupirs d’exaspération chez les technologues et concert d’auto-congratulation générale sur le thème « Je vous l’avais bien dit ».

Outre le fait que, comme c’est bien souvent le cas avec la presse, le contenu de l’article est bien plus nuancé que son titre ne le laisse suggérer, il est opportun de rappeler quelques principes de l’innovation de rupture qui devrait rendre certains jugements plus sobres, et surtout moins prompts.

Un million d’utilisateurs

Plus d’un million. Ils sont plus d’un million d’utilisateurs à s’être inscrits pour le nouveau MOOC de Coursera sur Bitcoin. Mais les MOOC font pschitt. Coursera compte près de trente millions d’utilisateurs enregistrés et deux mille cours en une quinzaine de langues (dont celui de votre serviteur sur l’effectuation). Mais les MOOC font pschitt.

Coursera facture un accès à sa plate-forme de cours aux entreprises, avec des factures annuelles en millions d’euros. Mais les MOOC font pschitt. Plus de 35 millions de personnes ont suivi un MOOC en 2016 et plus de 6.500 différents étaient offerts sur les différentes plates-formes, par environ 700 universités. Mais les MOOC font pschitt.

En France, OpenClassroom revendique 3 millions d’étudiants par mois, issus de plus de 120 pays, propose 300 cours certifiants, et près de 30 programmes diplômants. Mais les MOOC font pschitt.

Bien sûr on pourra objecter qu’il s’agit d’un feu de paille. On note par exemple que le taux de complétion (ceux qui terminent le MOOC) est très faible, de l’ordre de 5% et ce chiffre est brandi ad nauseam pour démontrer l’échec du concept. Mais c’est mal comprendre ce à quoi servent les MOOCs et surtout cela revient à juger une innovation de rupture avec les critères de l’ancien monde, erreur classique.

L’enseignement traditionnel est entièrement focalisé sur la délivrance d’un diplôme ou d’un certificat. Aller jusqu’au bout et décrocher le-dit diplôme ou certificat est donc la mesure de succès de la formation. Mais les MOOCs fonctionnent différemment : ils correspondent à un enseignement à la carte, piloté par l’apprenant.

Plusieurs participants de mon MOOC m’ont ainsi dit qu’ils avaient choisi certains modules et ignoré les autres. Ils se moquaient de terminer le MOOC et encore plus d’avoir un certificat à la fin. Avec les outils de mesure de l’ancien monde, ils sont considérés comme ayant échoué.

Avec celui du nouveau monde, ils ont obtenu ce qu’ils voulaient en étant en contrôle de leur apprentissage. C’est une réussite. L’ancien monde ne mesure pas l’apprentissage ; il mesure la réussite à l’examen. Quelles leçons a-t-il à donner au nouveau monde ?

Sous-estimer l’impact d’une innovation de rupture : une erreur classique

Comme je l’ai écrit à de nombreuses reprises, sous-estimer l’impact d’une rupture dans son environnement est le propre des acteurs en place. Cela tient en grande partie au fait que dans sa période initiale, et souvent durant très longtemps, la rupture résout un problème des non consommateurs.

Elle ne prend pas de clients aux acteurs existants, elle étend le marché en offrant un service à ceux qui jusque-là ne pouvaient se l’offrir. Ainsi, les premiers clients de SouthWest Airlines, la première compagnie low cost, étaient des étudiants et des touristes. Voyant que SWA ne leur prenait pas de clients, les compagnies classiques ont pu se rassurer en se disant qu’elles n’étaient pas menacées.

Et donc aujourd’hui les MOOCs ne prennent pas de clients aux grandes écoles. Comme j’en ai fait l’expérience avec mes 3 MOOCs, les utilisateurs sont surtout ceux qui ne peuvent pas utiliser l’enseignement traditionnel : soit parce qu’ils travaillent déjà, soit parce qu’ils habitent dans une région où aucune école ne délivre l’enseignement souhaité, soit parce que le format ne leur convient pas (enseignement à la carte pour une technique très spécialisée comme c’est le cas du MOOC Bitcoin par exemple).

Comme très souvent pour une rupture, celle-ci n’a donc pas tellement vocation à remplacer l’existant mais plutôt à offrir une configuration alternative, complémentaire, du moins au début. Il est donc tout à fait probable que subsisteront côte à côte à l’avenir un enseignement traditionnel et une large offre de MOOCs, comme coexistent aujourd’hui Netflix, TF1 et les cinémas multiplexes.

Lente mise au point de l’innovation

Il est évident, et l’article du Monde, plus cité que lu, le souligne très clairement, que les MOOCs se cherchent encore. Il serait ridicule d’attendre qu’ils soient parfaits du premier coup.

Les formats pédagogiques évoluent, les plates-formes développent leurs spécificités, elles font des choix pédagogiques différents et mettent peu à peu au point leur modèle. Comme l’observe Pierre Dubuc, cofondateur d’OpenClassroom, « il est clair sur le fond que les MOOC seuls ne sont qu’un (petit) élément de l’équation. En rajoutant des projets, des mentors, un diplôme, un emploi garanti, etc. on commence à avoir quelque chose d’intéressant. »

Si l’industrie automobile a mis près de 150 ans à devenir mature, de grâce laissons au moins quelques années aux MOOCs pour faire de même, et n’excipons pas d’échecs çà et là – ils sont inévitables c’est la nature de l’innovation – pour tirer des conclusions hâtives et surtout, pour les acteurs en place, se rassurer en se disant, Madame la Marquise, que tout va bien.

Amazon a-t-il fait pschitt ?

La grande distribution mesure aujourd’hui le danger d’une telle attitude, elle qui a sous-estimé Amazon durant des années et voit aujourd’hui le géant américain, longtemps pris pour un simple vendeur de livres, écumer méthodiquement leurs marchés. Des années à crier partout qu’Amazon fait pschitt, à se rassurer, à se mentir pour se retrouver avec un train de marchandises qui vous arrive droit dessus.

Parce qu’un jour, inévitablement, la rupture va au-delà des non consommateurs et déborde sur les marchés historiques. Le low cost aérien devient mainstream et les étudiants des années 70 sont devenus des adultes et trouvent parfaitement normal de continuer à voyager avec SWA, EasyJet ou RyanAir. Netflix remplace BlockBuster.

Amazon prend la tête des ventes de produits non alimentaires devant les acteurs historiques de la grande distribution (Carrefour, Leclerc). Oui, il reste des cinémas, mais leur nombre et le chiffre d’affaires qu’ils représentent est désormais infime au regard des chiffres d’affaires des autres distributeurs de films que sont Netflix, Orange, ou Free.

Oui, les MOOCs sont la grande rupture, mais pas la seule, qui menace les grandes institutions d’éducation. Ces institutions souhaitent-elles à l’avenir être un multiplex rentable dans une banlieue ou une multinationale ?

L’article du Monde, « Les MOOC font pschitt », conclut de manière plus nuancée que son titre ne le suggère que toute rupture prend du temps et que les MOOCs n’ont pas dit leur dernier mot, loin s’en faut.

Par Philippe Silberzahn- Nos dossiers spéciaux : Innovation de rupture Le Monde MOOC philippesilberzahn.c... - Ancien entrepreneur, Philippe Silberzahn est professeur à EMLYON Business School et chercheur associé à l’École Polytechnique. Il écrit sur l’innovation, l’entrepreneuriat et la stratégie face à l’incertitude.

Article similaire : Le tsunami numérique va déferler sur nos écolesComment l’innovation remet la technologie entre les mains des utilisateursInnovation : La démocratisation des outils, le vrai facteur de ruptureL’ingénieur du son est mort. Vive le studion

Auteur : Philippe Silberzahn philippesilberzahn.c... - Ancien entrepreneur, Philippe Silberzahn est professeur à EMLYON Business School et chercheur associé à l’École Polytechnique. Il écrit sur l’innovation, l’entrepreneuriat et la stratégie face à l’incertitude.

© Contrepoints.org | Mentions légales - Contrepoints – C’est un journal en ligne qui couvre l’actualité sous l’angle libéral. Source : https://www.contrepoints.org/2017/11/07/302621-mooc-se-cassent-figure

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23.
À quoi ressemble l’après-Mooc Par Jean-Marc De Jaeger • Publié le 22/11/2017 à 16:37 - Document ‘figaro.fr’ Etudiant

Photo - L’année dernière, Neoma a introduit la réalité virtuelle dans une étude de cas portant sur la logistique. Crédits photo : Neoma

Face aux abandons élevés, des écoles de commerce misent sur d’autres formes d’apprentissage numérique que le Mooc. Neoma et l’Inseec ont beaucoup investi dans l’innovation pédagogique.

1999 :l’ESC Paulance une formation, révolutionnaire à l’époque, permettant à des élèves de MBA d’obtenir leur diplôme… devant leur ordinateur. La formation est prisée des cadres qui veulent étudier sans quitter leur emploi. À l’époque, ils échangeaient par écrit. Cette formation online préfigurait ce que l’on nommera quinze ans plus tard les Mooc (Massive Open Online Course, ou cours en ligne ouverts et massifs). Ces cours au format vidéo peuvent être suivis n’importe où et n’importe quand par tous les internautes. La France n’a pas résisté à cette mode lancée par les universités américaines. Universités, institutions et entreprises ont investi des plateformes américaines comme Coursera et edX et le français Fun-Mooc.

 » LIRE AUSSI - Jeff Maggioncalda (Coursera) : « Les cours en ligne sont très loin de disparaître »

Avec une trentaine de formations créées en cinq ans, l’Essec fait figure de leader. Un positionnement voulu par l’ancien directeur de l’école, un certain… Jean-Michel Blanquer. Au programme, des cours de management hôtelier ou de négociation assurés en français ou en anglais. « Se lancer dans les mooc, c’est promouvoir la marque de l’école et son offre de formation à travers le monde. Nos cours ont attiré 200 000 apprenants. C’est quatre fois plus que le nombre d’anciens élèves de l’Essec », s’enthousiasme Nicolas Glady, directeur de la transformation digitale. Les élèves de l’Essec sont eux-mêmes incités à suivre des Mooc dans des disciplines non proposées par l’école, comme l’histoire ou la psychologie. En BBA, obtenir une certification sur Coursera délivre des crédits ECTS.

Podcast à l’Inseec

Mais le problème numéro un du Mooc, c’est le taux d’abandon. Seuls 10 % des apprenants suivent leur formation jusqu’au bout selon Matthieu Cisel, auteur d’une thèse sur les Mooc. « Beaucoup d’internautes s’inscrivent par curiosité, parcourent quelques vidéos et ne reviennent plus. Cette situation épargne davantage les cours à faible effectif qui reproduisent les conditions d’un cours en présentiel », observe-t-il.

 » LIRE AUSSI - Le classement des écoles de commerce

Du reste, certaines écoles n’ont pas investi les Mooc, préférant miser sur d’autres formes d’apprentissage pour leurs propres élèves. Neoma a développé une dizaine de Spoc (Small Private Online Course), une variante des Mooc sans la dimension massive. Ces cours sont menés en effectif restreint afin de préserver le lien entre les enseignants et les élèves. L’année dernière, Neoma a introduit la réalité virtuelle dans une étude de cas portant sur la logistique. « Nous entrons dans l’ère de l’après-Mooc, affirme Delphine Manceau, directrice de Neoma. En mettant l’accent sur l’expérience, les étudiants s’impliquent davantage dans leur apprentissage ».

 » LIRE AUSSI - « J’ai testé un cours en réalité virtuelle à Neoma »

L’Inseec se projette également dans l’ère de l’après-Mooc. En 2015, l’école a lancé une formation gratuite pour aider les étudiants des classes préparatoires à passer leur concours. L’année dernière, 2 000 des 9 000 candidats se sont inscrits à Mooc Prépas. Malgré ce succès, il ne sera pas renouvelé, du moins pas dans le même format. « En décembre, nous lancerons ce cours sous la forme de podcasts, des fichiers audio à télécharger. Cela convient mieux aux jeunes, qui cherchent à rentabiliser le temps passé dans les transports. La vidéo n’est pas indispensable à la compréhension d’un cours », analyse Éric Cobast, enseignant et concepteur du Mooc. Le cours philosophie du management combine virtuel et présentiel, questionnaires en ligne et devoirs sur table. « Entrecouper les formations en ligne par des cours en présentiel ravive la motivation des élèves. Sans cette implication, ils risquent d’abandonner », poursuit Éric Cobast.

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Le Figaro Etudiant - A propos Contact Plan du site Mentions légales – Source : http://etudiant.lefigaro.fr/article/a-quoi-ressemble-l-apres-mooc_909bd75e-ce9f-11e7-8ec4-fc070299eb66/

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24.
MOOC Démocratisation ou mort du système éducatif ? Par Pascal Engel Photo

Pascal Engel est directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et membre du Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL, CNRS, EHESS). Il est titulaire de la chaire de philosophie moderne et contemporaine du département de Philosophie de la faculté de lettres de l’université de Genève.

IntroductionActeursEntre MOOC et enseignement traditionnelApprendre avec les MOOCsQuels publics pour les MOOCs ?Un autre modèle d’évaluation ?MOOC et business modelQuels usages des MOOCs ?

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Pascal Engel, qui s’est intéressé aux MOOCs en tant que philosophe et professeur à travers l’étude des problèmes entourant la connaissance, est un fervent critique des cours en ligne ouverts et massifs. En effet, il ne croit pas qu’il s’agit d’une révolution technologique. Il explique qu’à leur création, l’objectif était de remplacer l’université traditionnelle mais cette idée lui semble utopique. D’ailleurs, il avance le taux d’échec comme preuve de l’insuccès de ce système. Il estime que les MOOCs ne peuvent s’inscrire qu’en complément de l’enseignement présentiel classique, en tant que ressources de travail.

Il insiste sur le fait qu’il n’est pas opposé à la technologie. De fait, il trouve formidable cette possibilité de stockage de connaissances. Toutefois, il pense que l’enseignement est une activité sociale et non une activité solitaire car un bon enseignement nécessite des interactions sociales et des échanges entre professeurs et élèves. Il s’agit, selon lui, d’un « changement de vitesse permanent ». Ainsi, il est nécessaire de s’adapter aux élèves que l’on a en face de soi. Or, les MOOCs sont standardisés et ne permettent de modifier la façon d’enseigner du professeur, selon le public qui l’écoute.

Les MOOCs seraient dès lors un outil permettant aux pouvoirs publics de faire des économies sur le nombre de professeurs et les locaux utilisés. Néanmoins, le lancement d’un MOOC est cher et toutes les universités ne peuvent pas se le permettre, d’autant plus qu’ils peuvent s’avérer rapidement obsolètes (il faudrait les refaire tous les 3 ans selon le directeur de l’ENS). Il soulève donc comme un paradoxe.

Il défend un échange vertical du savoir. Selon lui, le savoir se transmet des professeurs aux « apprenants ». Tout du moins, il est convaincu que le savoir part d’un « sachant » et qu’on ne « construit pas son savoir » ; c’est une illusion de croire que l’étudiant peut apprendre seul. Il existe deux types d’enseignements : les enseignements techniques qui correspondent assez bien à la forme des MOOCs et les enseignements plus théoriques que les MOOCs ne peuvent transmettre puisqu’ils ne permettent pas de s’approprier la totalité d’une pensée, ou d’une argumentation, pour pouvoir construire la sienne. Or, Pascal Engel attribue deux rôles à l’université :

  • Délivrer une formation professionnelle,
  • Elargir la culture générale de ses étudiants dans une optique non utilitariste des études.
    Ainsi, il conceptualise l’enseignement non seulement comme la transmission d’informations mais également comme l’apprentissage de la manière d’utiliser les connaissances et d’avoir un regard critique ; tant de compétences incapables d’être transmises par les MOOcs, selon lui.

Il dénonce le leurre que serait la démocratisation de l’enseignement par les MOOCs car la fracture technologique empêche de nombreux pays peu développés d’accéder à ces cours. En effet, les MOOCs nécessitent une connexion internet et des équipements auxquels tout le monde n’a pas accès. De plus, seuls les cours d’introduction sont gratuits, servant ainsi de simples vitrines pour attirer des étudiants. Par ailleurs, un développement accru des MOOCs créerait un système à deux vitesses partageant ceux qui suivraient les cours via des MOOCs et ceux qui pourraient bénéficier de l’enseignement en présentiel dans les grandes écoles.

Aussi, il s‘interroge sur la certification envisageable dans les MOOCs. Ils ne peuvent pas avoir de valeur diplômante, n’étant pas des formations équivalentes aux formations universitaires classiques. En outre, il est très difficile de contrôler l’identité des participants aux MOOCs. De même, à cause du nombre d’élèves suivant les MOOCs il est possible uniquement de réaliser des évaluations automatisables sous forme de quizz ou de QCM, ne permettant alors pas, dans certaines disciplines, de contrôler si l’étudiant a bien intégré et/ou compris son cours. En effet, il faudrait qu’il réutilise ses connaissances dans une argumentation propre mais le coût serait démesuré pour corriger des milliers de copies. Par ailleurs, il note que l’absence de certification reconnue ne permet pas à l’employeur de savoir si le salarié prétendant avoir suivi un MOOC l’a réellement fait.

Enfin, il aborde la problématique de la privatisation de l’enseignement. Pascal Engel pense que l’enseignement doit toujours être encadré et dirigé par les pouvoirs publics afin de contrer le risque d’un formatage des connaissances enseignées, dans le but de correspondre aux demandes et besoins des entreprises. Le rôle de l’Education Nationale est de rendre la connaissance « accessible à tout le monde et utilisable par tout le monde ». La formation professionnelle adaptée aux uniques besoins de sociétés privées doit rester à l’intérieur de celles-ci et non pas envahir l’université.

Home Résumés des entretiens Remerciements Vous pouvez voir les résumés des entretiens que nous avons été amenés à rencontrer lors de notre étude : Matthieu Cisel El Mahdi El Mhamdi et Rémi Sharrock Pascal Engel Henri Isaac Fabienne Keller François Taddéi - Par les étudiants du CPES de PSL dans le cadre du cours de description des controverses aux Mines ParisTech - MINES ParisTech : école d’ingénieurs, formation et recherche Controverses - Le droit à la réparation.

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Source : http://controverses.mines-paristech.fr/public/promo14/promo14_G9/www.controverses-minesparistech-2.fr/_groupe9/entretiens/index.html

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25.
Quatre ans de MOOC Bilan 2013-2016 de l’IMT (Institut Mines-Télécom)

L’Institut Mines-Télécom, en abrégé IMT, est, selon Wikipédia, « un établissement public rattaché au ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, dédié à l’enseignement supérieur et la recherche pour l’innovation dans les domaines de l’ingénierie et du numérique au service de l’industrie. Il regroupe les écoles des mines et les écoles des télécommunications françaises, écoles qui pour la plupart dépendent du même ministère. Il est placé sous la tutelle du Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies. Créé en 1996, il est nommé « Groupe des écoles des télécommunications » ou GET, puis « Institut Télécom ». En mars 2012, les écoles des Mines, sous tutelle du ministère de l’industrie, lui sont rattachées. Il prend alors le nom d’Institut Mines-Télécom, ainsi que le statut de grand établissement. L’IMT participe à la création de l’Université Paris-Saclay, et le siège doit déménager sur le plateau de Saclay en 2019… » Article complet sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_Mines-T%C3%A9l%C3%A9com

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Source PDF/IMT ; https://www.imt.fr/wp-content/uploads/2017/04/IMT_BilanMooc_web.pdf

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26.
Matière grise : 600 cours en ligne gratuits (en anglais) par Faskil · 6 novembre 2017 – Document Geekzone.fr

Une petite news rapide en passant pour vous signaler que nos confrères de Quartz ont mis en ligne une impressionnante liste de 600 cours offerts gratuitement par quelques 200 universités à travers le monde.

MOOC

On a déjà eu l’occasion de mettre un coup de projecteur sur certains MOOCs (Massive open online course, qu’on appelle FLOT par chez nous, je ne déconne même pas), mais là, il y a de quoi se faire une bonne indigestion de savoir.

Compilée par le site Quartz, la liste propose pas moins de 600 cours gratuits, généreusement fournis par 200 universités, et classés par catégories : informatique, mathématique, programmation, data science, sciences sociales, santé et médecine, ingénierie, art & design, il y en a pour tous les goûts.

Seul petit bémol : les cours sont bien évidemment en anglais, désolé pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue. Mais en 2017, vous attendez quoi, sérieusement ?

Cela dit, si vous avez des catalogues similaires en VF, n’hésitez pas à faire tourner dans les commentaires ! §§§§§§

La Rédaction Règles du jeu Mentions légales Contact RSS © Geekzone 2002 - 2099 (ça c’est fait) – Source : https://www.geekzone.fr/2017/11/06/matiere-grise-600-cours-ligne-gratuits-anglais/

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27.
Le paradoxe des MOOC : cheval de Troie et vecteur d’éviction… ou innovation de rupture ? 12 décembre 2016, 22:25 CET – Auteurs : {{}}Mélanie Ciussi, Professeure en Knowledge Management & technologies digitales, SKEMA Business School – UCA ; Michel-Henry BouchetProfesseur distingué de Finance, SKEMA Business School – UCA - Déclaration d’intérêts : Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

Illustration originale  : Dans l’acronyme MOOC, « chaque lettre peut être discutée ». Mathieu Plourde/Flickr, CC BY

On dénombre aujourd’hui environ 1 million de cours sous forme de MOOC, dont l’immense majorité (environ 80 %) aux États-Unis. Cependant, l’enjeu de démocratisation culturelle doit être revu avec modestie : les deux tiers des participants à des MOOC sont titulaires d’un diplôme de licence et la moyenne d’âge est de 28 ans.

Les MOOC ont-ils un avenir ? Trois paradoxes se profilent.

Le paradoxe du modèle pédagogique : karaoké numérique ?

La pédagogie sous forme numérique repose sur un modèle de transmission des connaissances très traditionnel, et presque obsolète : l’étudiant confronte, que ce soit en amphithéâtre ou devant son écran, un professeur qui, parfois, a tendance à adopter le mode karaoké. Il lit son polycopié ou ses diapositives PTT.

Pour enrichir le MOOC, il faut combiner de manière optimale présentiel et distanciel, c’est-à-dire mixer deux modèles pédagogiques aux antipodes l’un de l’autre. Cela suppose un accompagnement des étudiants sous forme de « classes inversées » et de coaching, ce qui impacte sur le business model et donc sur la rentabilité du MOOC.

Ce paradoxe du modèle pédagogique est renforcé par celui de la finalité du MOOC : plusieurs études et sondages montrent que l’objectif principal du MOOC n’est pas l’amélioration de la qualité pédagogique et de sa transmission mais plutôt l’image de marque et la notoriété de l’institution. L’innovation elle-même ne représente que 38 % des motivations contre 65 % pour dynamiser le recrutement.

Le paradoxe de la rentabilité : business model très incertain

Comme observé par Yuan et Powell, ce processus d’innovation disruptive consiste à faire basculer le coût de l’éducation des étudiants vers les institutions académiques et les employeurs.

Or, construire un MOOC est onéreux car il requiert un investissement humain important. Le retour sur investissement difficile à mesurer car le coût d’un MOOC est proportionnel à sa complexité et à sa sophistication technique. Il dépend aussi de son mode de création, soit en interne, soit externalisée. Il dépend enfin d’économies d’échelle, si l’institution les multiplie, de son modèle payant ou lucratif, et enfin de sa capacité à résister au temps.

Le paradoxe de la rentabilité d’un MOOC provient d’un modèle qui vise aux économies d’échelle via un cours enregistré pour une population a priori sans limites, alors qu’il exige un investissement en temps et en matériel substantiel. Un exemple de MOOC « premium » est celui lancé par SKEMA en 2011 sur le thème des enjeux de la globalisation et qui rassemble aujourd’hui plus de 7100 participants : il combine présentiel et distanciel, et est adossé à une large équipe de professeurs, de techniciens, d’assistants et d’animateurs qui assurent un suivi personnalisé à plusieurs centaines de groupes d’étudiants, le tout sur la plateforme américaine UDEMY.

Au total, l’ambition de rentabilité dépend à la fois de l’envergure du MOOC et de la définition de la rentabilité pour l’institution. De fait, un MOOC a aussi vocation à devenir un outil de communication en donnant à l’école ou l’université une visibilité internationale, grâce aux plateformes numériques. Étant public, le MOOC est alors un véritable levier de notoriété pour le marketing de l’école. Le MOOC de Skema valorise l’école bien au-delà de son périmètre académique, en particulier auprès du secteur corporate national et international. La rentabilité à court terme n’est pas validée par l’observation : selon le rapport de Columbia University, « Il y a peu d’évidence pour conclure que les MOOC soient un vecteur rentable de transmission pédagogique de bon niveau ».

Le paradoxe de l’inflation des MOOC dans un marché globalisé et hyper-compétitif

L’alliance de la pédagogie avec le numérique produit donc des cours en ligne. Ce nouveau modèle pédagogique connaît une progression exponentielle. L’émergence des MOOC conduirait alors à augmenter le nombre d’acteurs dans le domaine de l’éducation à distance car universités, écoles et entreprises privées seraient en compétition pour entrer sur ce marché potentiellement très lucratif.

En fait, en examinant le business model des MOOC la conclusion inverse peut être formulée : dans un environnement globalisé de plus en plus compétitif, les MOOC sont « un outil d’éviction » à terme des institutions académiques les moins performantes et les moins capitalisées. Ils sont une sorte de « cheval de Troie » dans le monde de l’éducation et vont générer un processus de concentration.

Ce paradoxe tient précisément aux deux précédents : le MOOC est peu rentable, en tous cas à court terme, et n’est pas un vecteur de transmission pédagogique satisfaisant, en tous cas en sciences sociales, à moins d’être réintégré dans un dispositif traditionnel, dont il n’est alors qu’un complément.

Seules les institutions les plus prestigieuses ont vocation à en générer les avantages pour augmenter leur part de marché. Au contraire d’un vecteur de démocratisation de l’éducation dans un système économicopédagogique globalisé, les MOOC peuvent devenir un cheval de Troie dans le marché de l’enseignement supérieur et de la formation exécutive.

Se dessinerait ainsi un processus d’éviction et de concentration des parts de marché avec de puissantes holdings de l’éducation qui résistent aux défis d’un business model complexe. Les MOOC offrent alors une opportunité de refonder le modèle pédagogique en tirant profit des nouvelles technologies pour les intégrer à des interactions innovantes et motivantes telles que les « classes inversées ».

Plus que jamais, le professeur reste au cœur de l’enjeu pédagogique, bénéficiant de nouveaux moyens technologiques pour transformer l’information en acquisition de connaissances.

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Thierry Jeanneret : Adepte inconditionnel des MOOCs, je ne comprends pas vos réticences. Ceux que je suis m’ont permis de me maintenir à flot dans mon univers professionnel, de recouvrer une capacité d’apprentissage mise en péril par la maladie et, finalement, d’éprouver de la joie en assistant à des cours donnés par des gens d’exception. Ils me permettent aussi de combler des lacunes et d’explorer efficacement des domaines que j’avais dû laisser de côté faute de disponibilité.Il est clair que je parle principalement de technique et de sciences dures et des grandes écoles américaines, principalement Stanford et Harvard, avec une exception pour l’EPFL.J’ai tenté un MOOC à l’UPMC, c’était juste affligeant en comparaison.

Michel-Henry Bouchet , Professeur distingué de Finance, SKEMA Business School – UCA - En réponse à Thierry Jeanneret- Bonjour Thierry, merci pour vos commentaires. En fait je suis non seulement adepte des Mooc mais aussi producteur (Globalization et bientôt Country risk management). Le point de vue que je défends est double : d’abord, le Mooc doit être adossé à de l’interactif, du présentiel et du coaching pour ne pas se réduire au suivi de vidéos en ligne, ou pire à ce karaoké qui exaspère les apprenants. Ensuite, compte tenu d’une rentabilité très faible, l’avenir des Mooc est en question, sauf dans le cadre d’institutions publiques (ou financées par du mécénat), ou bien par des institutions très capitalisées, Etats-Unis… ou Chine.

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Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Conversation_(m%C3%A9dia)Source : https://theconversation.com/le-paradoxe-des-mooc-cheval-de-troie-et-vecteur-deviction-ou-innovation-de-rupture-69827

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28.
Nos contributions et mises en garde antérieures sur les MOOC / ISIAS

Extraits rappelés

Avec la diffusion rapide à travers le monde des ‘MOOC’ ou ‘Formations en ligne ouvertes à tous’ et des outils pédagogiques interactifs, de grands bouleversements sont déjà en cours dans l’enseignement, dans l’éducation et dans la formation professionnelle. Mais de nouveaux risques se profilent, notamment sur le plan sanitaire à cause d’une exposition croissante des êtres vivants aux champs électromagnétiques dans leur environnement.

Par ailleurs, la généralisation rapide de ces technologies exige aussi que soient prises en compte les conséquences prévisibles et les mesures qui s’imposent : l’augmentation de la fracture numérique et des inégalités dans les populations et selon la richesse des états, l’accroissement considérable de la consommation d’énergie qui en découle du fait des systèmes éducatifs numériques très énergivores et enfin la nécessité d’une régulation d’ordre éthique et culturelle, face aux risques de dérives pédagogiques des outils mis à disposition et diffusés à grande échelle. Un contrôle suffisant de l’exactitude des sources et de l’utilité des contenus serait souhaitable pour le développement et le bien-être personnel, ainsi que pour la cohésion sociale et pour une contribution efficace envers les populations, etc…

Dossier complet à lire ici ’Arrivée des ‘MOOC’ et des outils pédagogiques interactifs. Usages et risques sanitaires, sociaux, écologiques et psychologiques’, par Jacques Hallard, dimanche 4 octobre 2015 - français

Nous avons sélectionné ci-après quelques contributions qui nous paraissent utiles pour comprendre les enjeux pour le secteur éducatif, de ses nouveautés numériques susceptibles de constituer, d’après Emmanuel Davidenkoff, un véritable « Le tsunami numérique » qui risque de déferler aussi sur l’Europe. Nous rappelons en conclusion les conséquences de ces orientations technologiques et les risques potentiels que la généralisation du numérique dans l’enseignement et dans la formation peuvent entraîner : nous les avons déjà décrits et ils restent apparemment toujours à prendre en compte, en s’appuyant sur les informations disponibles : surconsommation énergétique des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), effets néfastes de l’emploi intensif des appareils sur la santé des utilisateurs, risques de fracture numérique et de renforcement des inégalités sociales, dilution de l’action éducative si l’apprenant n’est pas en contact suivi avec un tuteur et conseiller, risques psychologiques : isolement social et affectif, addiction par tout usage exagéré des appareils numériques, etc …

Voir le dossier complet sur ’Les MOOC se mettent en place mais les risques qui les accompagnent doivent être pris en compte’ par Jacques Hallard, samedi 17 octobre 2015 - français

Voir aussi : ’La santé des jeunes est menacée par les ondes’ par Jacques Hallard, samedi 9 juillet 2016 par Hallard Jacques - français

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Annexe : quelques exemples et sources pratiques d’accès à des MOOC spécialisés

Voir aussi sur ‘yonne lautre’  : Avenir Climatique : le MOOC Énergie & Climat, lundi 30 octobre 2017 par Avenir Climatique http://avenirclimatique.org/
https://avenirclimatique.org/mooc/

Fun MOOC https://www.fun-mooc.fr/

L’excellence de l’enseignement supérieur pour des cours en ligne, gratuits et ouverts à tous.

Tous les cours - Fun MOOC https://www.fun-mooc.fr/cours/

MOOC de la Coopération Agricole. AgroParisTech. Starts mar 12 2018. Learn more. session 2. Kit de contact en langue tchèque. Institut National des Langues et Civilisations Orientales. Starts feb 28 2018. Learn more. session 2. Conversion Thermodynamique de la Chaleur : Modéliser et Simuler. IMT. Starts feb 19 2018.

MOOC Francophone, l’annuaire des cours en ligne https://mooc-francophone.com/

Mooc Francophone est un portail de cours en ligne ouverts à tous, en langue française. Son but est d’informer les visiteurs des MOOC en cours.

‎‎MOOCs gratuits : catalogue de cours en ligne ouverts et massifs - sup ... www.sup-numerique.gouv.fr/.../moocs-calendrier-des-cours-en-ligne-ouverts-et-massi...

Le meilleur des MOOCs gratuits par date de début de cours. MOOC pour cours en ligne ouvert et massif. Pour vous, une sélection de MOOCs gratuits, ouverts à tous et portés par les établissements d’enseignement supérieur. Choisissez votre plateforme de MOOCs préférée et les disciplines qui vous intéressent.

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Actualités - Interdiction confirmée du portable à l’école et au collège en 2018 : une problématique ’compliquée’ dans l’Yonne - Publié le 10/12/2017 à 15h04

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant, avec participation et relecture de l’introduction et du sommaire assurées par Christiane Hallard-Lauffenburger, ex institutrice professeure des écoles – 16/12/2017

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Education Faut-il se réjouir, s’inquiéter ou se moquer des MOOC qui se répandent dans l’enseignement et les formations.2

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti,

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