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"Des catastrophes climatiques simultanées et cumulatives qui s’annoncent selon 3.300 études scientifiques parues depuis 1980" par Jacques Hallard

dimanche 25 novembre 2018 par Hallard Jacques

ISIAS Climat
Des catastrophes climatiques simultanées et cumulatives qui s’annoncent selon 3.300 études scientifiques parues depuis 1980
Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS 23/11/2018

PLAN Introduction Sommaire Auteur

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In Nicolas Hulot : « L’humanité est au pied du mur » Entretien coordonné par Laurence Le Fur, Frédéric Mouchon, Charles de Saint Sauveur, Vincent Vérier et Henri Vernet| 12 septembre 2017, 8h13 – Source : http://www.leparisien.fr/politique/nicolas-hulot-l-humanite-est-au-pied-du-mur-12-09-2017-7253064.php


Introduction

Nous avons, au cours de ces dernières semaines, tenté de rapporter des ’Constats, idées, propositions et appels pour tenter de convaincre à combiner d’urgence l’écologie et l’économie afin de limiter les dérèglements climatiques qui affectent la planète terre’, (par Jacques Hallard, mardi 11 septembre 2018).

Puis nous avons également souligné que deux prix Nobel d’économie états-uniens viennent en appui aux conclusions du rapport du GIEC 2018 sur les dérèglements climatiques, incitant à des politiques volontaristes de fiscalité environnementale, et que pour le Climat : « il n’est pas trop tard pour agir », (par Jacques Hallard, samedi 13 octobre 2018).

Plus récemment, avec d’autres auteurs, nous nous sommes aussi posé la question, à propos du ’Réchauffement climatique : pourquoi cela n’intéresse pas ?’, (par Jacques Hallard, dimanche 11 novembre 2018).

La publication d’une revue scientifique relance le sujet des dérèglements climatiques en examinant les voies par lesquelles les changements climatiques affectent les êtres humains et montre que d’ici à 2100, la population mondiale sera simultanément exposée à au moins trois aléas, et jusqu’à six à certains endroits, selon le scénario RCP 8.5. Article d’origine : Broad threat to humanity from cumulative climate hazards intensified by greenhouse gas emissions - Review Article / nature climate change 19 November 2018. This Review examines the pathways through which humans are impacted by climate change and shows that by 2100 the world’s population will be simultaneously exposed to at least three hazards, and in some locations as many as six, under an RCP 8.5 scenario. Camilo Mora, Daniele Spirandelli, […], Cynthia L. Hunter… - Source : https://www.nature.com/nclimate/research

D’après Wikipédia «  ‘Nature Climate Change’ est une revue scientifique mensuelle à comité de lecture éditée par le groupe de presse britannique Nature Publishing Group depuis avril 2011 et rattachée à la revue Nature. Elle traite des divers aspects du réchauffement climatique. D’après le Journal Citation Reports, son facteur d’impact (indicateur de la visibilité d’une revue scientifique) est en 2014 de 14,547, ce qui la place au second rang des 221 revues de la catégorie « Sciences environnementales »1 ; en 2013-2014, son facteur d’impact est de 15,2952… » Article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nature_Climate_Change

Nous rapportons à la suite quelques articles d’actualités qui s’appuient sur la précédente publication, en provenance des média ‘Le Monde’ et ‘l’Obs’.

Nous relatons également le ‘live’ (ou diffusion en direct) transcrit par LCI à partir d’une émission politique de l’A2, en date du 22/11/2018, qui donne la parole à l’ancien ministre Nicolas Hulot.

Ces évènements du monde médiatique suscitent à la fois des critiques (dont celles émises par un citoyen sur ‘AgoraVox’), mais aussi des engagements sous le vocable ‘Extinction Rebellion’, de partisans d’une action non violente contre le changement climatique.

Cette contribution s’ajoute aux centaines d’autres articles sur le climat qui ont été postés sur le site ISIAS, ainsi que sur le site ‘Yonne Lautre’.

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Sommaire

1. L’humanité soumise à des catastrophes climatiques en cascade Par Audrey Garric LE MONDE

2. Changement climatique : une bombe à retardement Par ‘Le Monde’. Publié le 20 novembre 2018

3. Que faire face aux futures catastrophes climatiques ? Posez vos questions Le Monde 20 novembre 2018 – Document ‘Le Monde.fr’

4. L’humanité va au-devant de catastrophes climatiques simultanées (et ça va empirer) Éditorial ‘L’Obs’ - Publié le 20 novembre 2018 à 11h13 - Avec AFP

5. Kiribati, Spitzberg, Chine, Bangladesh - Portraits d’un monde ébranlé par le changement climatique – Documentation ‘Le Monde’ avec 14 reportages interactifs.

6. REVIVEZ - Nicolas Hulot à ’L’Emission politique’ : l’ex-ministre ’ne regrette pas’ son départ du gouvernement - 22 novembre 2018 18:47 - La rédaction de LCI

7. Les Gilets jaunes à l’avant-garde, Hulot ringardisé. Stop à l’instrumentalisation politique de l’écologie  Par guylain chevrier vendredi 23 novembre 2018 – Document ‘AgoraVox le média citoyen’.

8. Extinction Rebellion : « Pourquoi je m’engage dans l’action non violente contre le changement climatique »21 novembre 2018 – ‘theconversation.com’ - Diffusé le 22 novembre 2018, par Yonne Lautre

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1.
L’humanité soumise à des catastrophes climatiques en cascade Par Audrey Garric LE MONDE | 19.11.2018 à 17h03 • Mis à jour le 20.11.2018 à 11h01 |

Une étude inédite, originale et très inquiétante, publiée dans ‘Nature Climate Change’ » lundi aborde les risques cumulés entraînés par le dérèglement climatique.

La moitié de la population pourrait être soumise à trois dangers climatiques extrêmes cumulées d’ici à 2100.

Dans la Bible, Dieu a puni l’Egypte en lui infligeant dix plaies. L’humanité actuelle, elle, a subi les foudres du changement climatique d’au moins 467 façons différentes. Surtout, ces châtiments vont redoubler, puisqu’en 2100, la moitié de la population pourrait être menacée par trois à six catastrophes climatiques (sécheresses, vagues de chaleur, inondations, etc.) d’intensité maximale de manière simultanée si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites drastiquement. Voilà les deux conclusions d’une étude inédite, originale et très inquiétante, publiée dans ‘Nature Climate Chang’e lundi 19 novembre 2018 qui aborde pour la première fois les risques cumulés entraînés par le dérèglement climatique.

Pour estimer le danger qui pèse sur la population, les auteurs – une vingtaine de chercheurs internationaux, essentiellement issus de l’université d’Hawaï – ont commencé par étudier le passé en passant au peigne fin près de 3.300 études scientifiques publiées depuis 1980 relatives au changement climatique, qu’il soit dû à l’action des hommes ou à la variabilité naturelle du climat – sachant que les émissions de gaz à effet de serre sont déjà responsables de l’augmentation de la température de la planète de près d’un degré.

Ils ont retenu dix aléas climatiques (réchauffement, inondations, sécheresses, vagues de chaleur, incendies, montée du niveau des eaux…) qui touchent six aspects cruciaux de la vie humaine : la santé, l’alimentation, l’eau, l’économie, les infrastructures et la sécurité, ces thèmes étant déclinés en 89 sous-rubriques. En croisant ces données, ils ont découvert que l’humanité avait déjà été affectée par le climat sous 467 formes différentes, exemples détaillés à l’appui.

Ainsi des décès ou des maladies provoquées par les inondations, les incendies ou les vagues de chaleur ; des dégâts sur l’agriculture, l’élevage ou les pêcheries après des précipitations ou des sécheresses ; des effets néfastes sur...

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Source : https://www.lemonde.fr/climat/article/2018/11/19/malnutrition-maladies-guerres-les-467-facons-dont-l-humanite-est-deja-affectee-par-le-changement-climatique_5385653_1652612.html

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2.
Changement climatique : une bombe à retardement Par ‘Le Monde’. Publié le 20 novembre 2018 à 11h37 - Mis à jour le 20 novembre 2018 à 18h20 - Photo - Vue aérienne, le 16 novembre 2018, de la plus grande carte postale du monde, posée en haut du glacier d’Aletsch (Suisse) pour alerter les participants de la COP24 face au réchauffement climatique. Fabrice Coffrini / AFP

Editorial du « Monde ». Arrêtons de croire que le climatosceptique, c’est toujours l’autre, et réalisons enfin que, comme pour la menace nucléaire, l’humanité est à l’origine de ce qui peut la détruire.

Le 6 août 1945, avec le largage de la bombe atomique sur Hiroshima, l’humanité réalisait qu’elle disposait désormais de la capacité de s’autodétruire. Le fait que cette menace soit clairement identifiée nous a permis d’apprendre à la domestiquer en faisant émerger une conscience mondiale qui, depuis trois quarts de siècle, a réussi à éviter l’apocalypse.

Aujourd’hui, un péril tout aussi grand met en danger l’avenir de la planète : le changement climatique. Contrairement à la destruction nucléaire, il s’agit d’une bombe à retardement, dont les effets, plus diffus dans le temps, donnent le sentiment à certains que le danger est imaginaire et à d’autres que l’on a tout le temps pour s’atteler au sujet. L’immense majorité de l’humanité est ainsi plongée dans une sorte de déni, plus ou moins assumé, pour mieux différer la mise en œuvre de solutions qui heurtent frontalement nos modes de vie.

Pourtant, ceux-ci sont d’ores et déjà affectés. Une étude, publiée lundi 19 novembre 2018 dans la revue ‘Nature Climate Change’, apporte de nouveaux éléments sur l’inéluctabilité et l’ampleur du désastre. Une vingtaine de chercheurs internationaux démontrent le degré de vulnérabilité de l’humanité face au risque climatique en répertoriant 467 formes d’impacts sur nos vies quotidiennes, qu’il s’agisse de santé, d’alimentation, d’accès à l’eau, d’économie, d’infrastructures ou de sécurité.

Lire aussi Décès, famines, pénuries d’eau, migrations : tous les secteurs touchés par le changement climatique

Son originalité consiste à mettre en perspective l’aspect cumulatif des fléaux entraînés par le dérèglement climatique à partir de milliers de données sociales, économiques ou géographiques publiées depuis les années 1980. Jusqu’à présent, beaucoup de travaux se sont contentés d’examiner séparément les conséquences de chaque aléa. Cette étude a le mérite de mettre en exergue la concomitance et la combinaison des risques auxquels nous sommes confrontés à travers une approche pluridisciplinaire.

De notre capacité à réduire les émissions de gaz à effet de serre dépend notre avenir. Malheureusement, la prise de conscience se heurte à un climatoscepticisme entretenu pendant de nombreuses années par les industries liées aux énergies fossiles. Le phénomène a fini par se diffuser dans l’opinion au travers de courants politiques qui ont fait de la contestation de la réalité scientifique un marqueur idéologique.

Un déni permanent

Mais croire que le climatosceptique, c’est toujours l’autre, est une facilité qui empêche d’appréhender pleinement la difficulté de la tâche qui nous attend. Comme le dit le philosophe australien Clive Hamilton, nous sommes tous climatosceptiques à des degrés divers, dans la mesure où nous n’acceptons ni « la vérité sur ce que nous avons fait subir à la Terre » ni le changement de vie radical qu’impose le réchauffement climatique, et encore moins la remise en cause du principe de modernité et d’un progrès linéaire qui tend vers le toujours plus.

Article réservé à nos abonnés - Lire aussi « Nous sommes tous des climatosceptiques »

C’est ce déni permanent qui a conduit Nicolas Hulot à annoncer sa démission le 28 août de son poste de ministre de l’écologie, estimant que la stratégie « des petits pas », pour préserver coûte que coûte « un modèle économique cause de tous les désordres climatiques », conduit à une impasse mortifère.

Combien faudra-t-il d’études comme celle publiée dans Nature Climate Change et de catastrophes aux effets dévastateurs pour se rendre compte que le coût de l’inaction reste très supérieur à celui de la lutte contre les changements climatiques ? Il est pourtant urgent qu’émerge enfin une prise de conscience identique à celle qui s’est forgée autour de la menace nucléaire : l’humanité est à l’origine de ce qui peut la détruire. La Conférence des Nations unies (COP24), qui débute le 2 décembre à Katowice, en Pologne, constituera une nouvelle occasion pour tenter de reprendre en main notre destin et éviter l’irrémédiable. Une de plus.

Article réservé à nos abonnés - Lire aussi Climat : « Le débat sur les financements nous accompagnera à Katowice »

Source : https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/11/20/changement-climatique-une-bombe-a-retardement_5385985_3232.html

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3.
Que faire face aux futures catastrophes climatiques ? Posez vos questions Le Monde 20 novembre 2018 – Document ‘Le Monde.fr’ - Photo.

D’ici 2100, la moitié de la population pourrait être menacée par au moins trois catastrophes climatiques cumulées. Le climatologue Robert Vautard répond à vos questions sur cette inquiétante perspective.

Les faits :

La moitié de l’humanité sera menacée d’ici à 2100 par des catastrophes massives et simultanées : sécheresses, famines, inondations.

L’analyse publiée par ‘Nature Climate Change’ synthétise 3.300 études sur le changement climatique depuis 1980.

La santé, l’alimentation, l’eau ou l’économie sont affectées sous 467 formes différentes.

Le ‘live’ :

Le Monde le 20 novembre à 12h00 - C’est la fin de ce tchat, merci de l’avoir suivi. Nous continuerons à vous informer sur les conséquences du réchauffement climatique.

Tchat - Y a-t-il un intérêt à se former à l’adaptation en tant que citoyen, ou bien est-ce fondamentalement quelque chose qui relève de l’action collective ? - EsBa

Robert ­Vautard : Il est indispensable de comprendre les changements majeurs qui nous attendent et comment s’y adapter à toutes les échelles : des Etats, des collectivités, des citoyens. En France, cela reviendrait par exemple à ne pas investir dans une maison trop exposée au débordement d’un cours d’eau. Il s’agirait également de bien se protéger, surtout pour les personnes âgées, aux vagues de chaleur qui vont augmenter en fréquence grâce à une meilleure isolation et aussi climatisation. Se prémunir contre des événements extrêmes comme les inondations dans l’Aude. Sur les régions côtières, il faut se préoccuper de façon très importante de la montée du niveau des mers. Pour les régions de montagne en basse ou moyenne altitude, cela revient à penser à une évolution des activités touristiques hivernales, qui est un gros secteur économique.

Tchat - Comment alerter sur la réalité climatique, faire réagir les décideurs, quand même le GIEC dans sa présentation consensuelle au Sénat en minimise l’impact ?Les scénarios SR15 sont ’bloqués’ sur l’ordonnée à +2°C en 2100, alors que nous allons tout droit vers du 3.8-5.2°C pour 2100 ? Pourquoi une présentation si consensuelle ? - Yann.R.

Robert ­Vautard : Les scientifiques étudient tous les scénarios mais les Etats, lors de la COP21 en 2015, ont demandé au GIEC ont demandé d’étudier le cas d’un scénario à 1,5°C de réchauffement, un seuil au-delà du lequel un certain nombre de systèmes sont menacés. Ce rapport a suscité de nombreuses études sur les risques, même dans un réchauffement assez limité.

Le GIEC fait une étude de la littérature scientifique existante et apporte des conclusions sur l’état des connaissances sur l’évolution du système du climat physique, les impacts du changement climatique et les solutions pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre. Il n’exagère ni ne minimise les risques du changement climatique.

Tchat - Bonjour, Pensez-vous que ce soit utile d’essayer de développer de l’innovation trans-sectorielle face au changement climatique, comme le font des initiatives comme Climate-KIC, Rocky Mountain Institute, EcoAct et d’autres, en impliquant les sciences physiques et sociales, les gouvernants, les entreprises, ou vaut-il mieux continuer à travailler principalement secteur par secteur ? -candide

Robert ­Vautard : Il est non seulement souhaitable, mais aussi indispensable de lutter contre le changement climatique de manière interdisciplinaire. C’est ce qu’a commencé à faire le GIEC avec son rapport sur la limitation du réchauffement à 1,5°C. Cela demande une grande organisation au niveau de la recherche : les méthodes et les mots sont différents selon les disciplines.

Tchat - La récolte des Icebergs est-elle enfin sérieusement envisagée comme le proposait Georges Mougin ou plus récemment Thierry Chapin dans son Ice Water Project Just Ice For All ? -de l’eau de là

Robert ­Vautard : Cette idée ne semble pas physiquement réalisable, et cela ne résoudrait pas les problèmes majeurs du changement climatique : refroidir les eaux à certains endroits pourrait résoudre quelques problèmes, mais pas celui du changement climatique global et tous les aléas qui sont associés (sécheresses, inondations, tempêtes, etc). Cela paraît un effort titanesque pour des effets très mineurs - sans compter la consommation d’énergie pour transporter des centaines d’icebergs.

Tchat - Fait-on des recherches sur des gaz qui pourraient avoir un effet ’contraire’ aux gaz à effets de serre ? Merci. -bleech

Robert ­Vautard : Ajouter des gaz supplémentaires ne retirerait pas les gaz à effet de serre et leurs effets au niveau du rayonnement. Ce n’est pas possible d’un point de vue physique.

Tchat - Bonjour, qu’en est-il de la géo-ingénierie, lorsque l’on parle par exemple de refroidir la terre en diffusant de la craie dans la haute atmosphère, en renvoyant une partie du rayonnement solaire dans l’espace ou en séquestrant massivement du CO2 par des procédés industriels ? Est-ce vraiment envisagé et cela peut-il fonctionner ? -John

Robert ­Vautard : Il y a de nombreuses études sur ces technologies et il faut prendre cette recherche au sérieux. Une partie des scientifiques pensent qu’il vaut mieux se préparer à l’utilisation de ces technologies dans le futur. On n’a pas la certitude qu’elles fonctionnent aujourd’hui.

Il faut aussi étudier les risques que ces technologies génèrent : par exemple, on ne connaît pas la stabilité à très long terme du CO2 séquestré dans certaines poches de gaz, est-ce qu’il ne va pas ressortir. La géo-ingénierie du rayonnement solaire (le fait de le masquer par des particules comme des sulfates) induirait un refroidissement global car les grandes éruption volcaniques nous le montrent, mais on ne résout pas le problème de l’acidification des océans, et il y aurait des impacts sur l’hydrologie. Les risques sont aussi de nature géopolitique : celui qui contrôlerait le rayonnement solaire aurait un pouvoir terrible. Cela supposerait une gouvernance acceptée par tous avant que ce type de technologie puisse être imaginé.

Tchat - Bonjour, On part du principe qu’aucune énergie n’est propre, aucune. La demigraphie, la consommation et les besoins augmentent partout sur la planete donc le probleme ne peux qu’empirer. Quelles solutions existent si on veut eviter la guerre et le chaos ? J’en vois 2 : soit un bond technologique, une decouverte majeure qui boulverse nos connaissances. Soit une decroissance organisée, une baisse de la demographie, un re-equilibrage global. Aucune de ces 2 solutions paraissent credibles. Avez-vous une autre vision ? -Lord Brit

Robert ­Vautard : La vision actuelle est quand même de dire qu’il faudra faire feu de tout bois, chaque effort compte. Mais ces efforts ne pourront pas être menés s’ils sont perçus comme injustes, trop difficiles ou mal présentés. La question ne peut qu’être abordée de manière interdisciplinaire, entre la physique, la sociologie ou l’économie. Ce ne sont pas seulement les technologies qui permettront de réaliser ces efforts. Il y a aussi une nécessité de conviction de la population.

Il faut diminuer les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi s’adapter au changement climatique. Le rapport du GIEC sur comment limiter le réchauffement à 1,5°C donne une liste des grandes catégories d’efforts et de solutions à déployer : la décarbonisation dans certains secteurs (agriculture, énergie), des pratiques agricoles modifiées, une forte atténuation des émissions dans les transports. Il faut aussi développer de nouvelles technologies pour capturer du carbone de l’atmosphère.

Tchat - Bonjour et merci pour ce live. Le cumul des impacts du changement climatique et des inégalités socio-éco pose des questions en terme d’injustice climatique. On en a parlé lors de l’ouragan Katrina, mais depuis, où en est-on sur ce sujet ? -lilou

Robert ­Vautard : Les grands émetteurs de gaz à effet de serre sont les pays les plus développés et ils auront certainement plus de facilités à s’adapter que les pays en développement qui, eux, n’ont quasi pas contribué au changement climatique. C’est un phénomène très injuste. C’est bien l’enjeu des accords sur le climat : mettre en place un mécanisme qui soit perçu comme juste par tous les pays. Un effort majeur reste à faire par les pays en développement, comme l’Inde, ou en Afrique, qui doivent sauter une étape pour ne pas utiliser le carbone comme vecteur de développement, ce qui est très complexe. Cela signifie des investissements “décarbonés, qui nécessitent des financements et des garanties.

Tchat - Que conseillez-vous aux générations futures ? Vivre dans une mégapole ? ou à la campagne ? -jiemel

Robert ­Vautard : Quel que soit l’endroit où l’on vit, des adaptations majeures seront à apporter pour faire face aux impacts qui sont à venir. Dans les villes, il faut bien sûr craindre les effets de température qui vont être exacerbés par les îlots de chaleur ; à la campagne, on pourra craindre des problèmes de sécheresse sur l’agriculture et sur les sols, qui induisent des phénomènes de risque sur les habitations. Il y aura des adaptations à apporter dans un cas comme dans l’autre.

Tchat - Bonjour. On voit souvent des cartes représentant les anomalies de température prévues selon la région. Quelles sont les régions qui subiront un ’refroidissement climatique’ ou qui ne subiront aucun changement, s’il y en a ? -Bob

Robert ­Vautard : Toutes les régions du monde subiront un réchauffement dans les décennies à venir, à l’exception peut-être de l’Atlantique nord (vers le Groenland) : la température de surface de l’océan à cet endroit-là pourrait diminuer un peu.

Tchat - Bonjour, ces catastrophes naturelles vont-elles inéluctablement amener à des migrations de millions (voire centaines de millions comme le prédisent certains) de personnes dans les décennies à venir ? -Thibaut83

Robert ­Vautard : Selon la revue de littérature, les aléas climatiques ont d’ores et déjà forcé des centaines de millions de personnes à quitter leur foyer, qu’il s’agisse de déplacements temporaires ou de migrations. En l’absence d’adaptation et d’atténuation du changement climatique, il n’y a pas lieu de penser que ces chiffres seront en diminution dans les décennies à venir.

Tchat - Quel continent sera le plus touché par le réchauffement climatique d’ici 2100 ? L’Europe sera-t-elle plus ou moins impactée que le reste du monde ? -chat teigneux

Robert ­Vautard : Tous les continents sont affectés, et en particulier toutes les régions tropicales : Afrique, Asie, Amérique du Sud et Amérique centrale sont les plus touchées, ainsi que toutes les zones côtières. De manière générale, la moitié la population mondiale serait affectée par un aléa d’intensité maximale, dans un scénario où le réchauffement est maintenu à 2 °C. Dans un scénario où les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, la moitié de la population serait exposée à une forte hausse d’au moins trois aléas, et jusqu’à six pour les régions côtières tropicales.

Tchat - Bonjour, quel type de catastrophes climatiques serait le plus à même de se produire en France à cause du changement climatique ? Inondations ? Sécheresses ? -Romain

Robert ­Vautard : Il s’agit du réchauffement de manière générale, des sécheresses et du déficit en eau potable.

Tchat - Bonjour, petite question bête pour commencer, mais qu’entendez-vous exactement par ’catastrophes climatiques cumulées’ ? -Paul

Robert ­Vautard : Il s’agit de la concomitance de plusieurs catastrophes : une sécheresse, des inondations et des tempêtes toutes majeures et cumulées dans la même période de temps relativement courte — comme par exemple une année.

Photo - Décès, famines, pénuries d’eau, migrations : tous les secteurs touchés par le changement climatique

Les aléas climatiques affectent irrémédiablement six aspects cruciaux de la vie humaine : santé, alimentation, eau, économie, infrastructures et sécurité.

Le Monde le 20 novembre à 10h48 - Vous pouvez d’ores et déjà poser vos questions à Robert ­Vautard, directeur de recherches au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement.

Illustration - « Nous sommes tous des climatosceptiques » - Pour le philosophe australien Clive Hamilton, il est « presque impossible d’accepter toute la vérité sur ce que nous avons fait subir à la Terre ».

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D’après ‘France Culture’, « Robert Vautard, est chercheur au CNRS en météorologie au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement. Ses domaines de recherche sont l’étude de l’atmosphère, des événements extrêmes et de la pollution atmosphérique ».

Dernières publications sur Robert Vautard

Enregistrement de ‘France Culture 55 minutes

Rapport du GIEC : Comment expliquer la stagnation actuelle du réchauffement climatique ?

Science publiqueLE 27/09/2013 - Source : https://www.franceculture.fr/personne-robert-vautard

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4.
L’humanité va au-devant de catastrophes climatiques simultanées (et ça va empirer) Éditorial ‘L’Obs’ - Publié le 20 novembre 2018 à 11h13 - (Avec AFP)

Une photo prise le 26 août 2015 sur la plage de Vridi, quartier industriel d’Abidjan, montre les ruines d’un hôtel détruit par la montée des eaux. (Issouf SANOGO/AFP)

’L’humanité va être confrontée aux impacts dévastateurs combinés d’aléas climatiques multiples qui interagissent’, assurent les auteurs d’une étude.

D’ici à la fin du siècle, certaines régions du monde pourraient faire face à des catastrophes climatiques multiples, jusqu’à six en même temps, de la canicule aux incendies en passant par les inondations. C’est la conclusion d’une nouvelle étude, qui fait froid dans le dos. L’un des auteurs, Erik Franklin, chercheur à l’Institut de biologie marine de l’université d’Hawaï, indique :

’L’humanité va être confrontée aux impacts dévastateurs combinés d’aléas climatiques multiples qui interagissent. Ils se produisent aujourd’hui et ça va continuer à empirer.’

Un déchaînement en cascade

Les émissions de gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique sont déjà responsables de l’augmentation de la température de la planète.

Dans les régions sèches, cela peut conduire à la sécheresse voire à des incendies dévastateurs. Dans les zones plus humides, pluies et inondations se multiplient tandis que des super tempêtes se forment au-dessus des océans réchauffés.

Quelle place l’homme doit-il occuper sur la planète ?

Jusqu’à maintenant, les scientifiques se sont penchés sur ces catastrophes principalement par type. Mais l’étude publiée lundi 19 novembre dans la revue ’Nature Climate Change’ met en garde contre la possibilité, voire la probabilité qu’elles se déchaînent en cascade.

L’an dernier, la Floride a subi une grave sécheresse, des températures record, une centaine d’incendies et l’ouragan Michael.

’Se concentrer sur un risque peut cacher les impacts d’autres aléas, conduisant à une évaluation incomplète des conséquences du changement climatique sur l’humanité’, a commenté l’auteur principal, Camilo Mora, de l’université de Hawaï.

La probabilité de cette simultanéité dépend de la géographie et des efforts à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les pays riches et pauvres indifférenciés

Si, comme le prévoit l’accord de Paris sur le climat de 2015, le monde parvient à limiter son réchauffement au pire à +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, New York subira probablement un aléa climatique unique chaque année à la fin du siècle.

Mais si les émissions de C02 continuent au rythme actuel, la mégalopole américaine pourrait en subir jusqu’à quatre en même temps, tout comme Mexico ; Sydney et Los Angeles trois, et les côtes atlantiques brésiliennes cinq.

Même selon les scénarios optimistes, ’l’exposition cumulée et croissante à une multitude d’aléas climatiques va frapper les pays riches et pauvres de la même façon’, souligne l’étude.

Aurélien Barrau : ’Pourquoi a-t-on encore la liberté d’agresser la planète ?’

Les chercheurs se sont basés sur des milliers d’études se penchant sur 10 aléas spécifiques, la plupart un à la fois (incendies, inondations, augmentation du niveau de la mer, tempêtes, sécheresses, acidification de l’océan...) et ont regardé leur impact sur six aspects de la vie humaine (santé, alimentation, eau, économie, infrastructure et sécurité).

Un autre auteur, Jonathan Patz, de l’université du Wisconsin, explique : ’Si nous ne prenons en compte que les effets les plus directs du changement climatique, canicules ou tempêtes par exemple, inévitablement, nous serons pris de court par des menaces plus importantes qui, en se combinant, peuvent avoir un effet plus large sur la société.’

Si les zones côtières tropicales devraient être les plus touchées, les zones tempérées proches des régions polaires, comme la Tasmanie ou certaines parties du Canada et de la Russie, pourraient être davantage épargnées. Dans le pire scénario, ’le Groenland semble être le moins touché par des aléas climatiques multiples’, a noté Franklin.

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Source : https://www.nouvelobs.com/planete/20181120.OBS5700/l-humanite-va-au-devant-de-catastrophes-climatiques-simultanees-et-ca-va-empirer.html

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5.
Kiribati, Spitzberg, Chine, Bangladesh - Portraits d’un monde ébranlé par le changement climatique – Documentation ‘Le Monde’ avec 14 reportages interactifs.

Fonte accélérée des glaciers, montée des eaux, sécheresses et inondations : aux quatre coins du monde, le dérèglement climatique est à l’œuvre. Partout, il affecte les modes de vie, menaçant les cultures et la sécurité des populations. Pour en saisir la complexité, l’urgence et les adaptations possibles, Le Monde s’est rendu dans les lieux les plus emblématiques du réchauffement de la planète et parfois les plus reculés. Récit en 14 reportages interactifs.

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A consulter sur ce site : https://www.lemonde.fr/planete/visuel/2015/10/12/portraits-d-un-monde-ebranle-par-le-changement-climatique_4787708_3244.html

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6.
REVIVEZ - Nicolas Hulot à ’L’Emission politique’ : l’ex-ministre ’ne regrette pas’ son départ du gouvernement - 22 novembre 2018 18:47 - La rédaction de LCI

POLITIQUE – « Trois mois après sa démission du gouvernement, l’ancien ministre de la Transition écologique était l’invité de ’L’Emission politique’ sur France 2, ce jeudi. Nicolas Hulot a évoqué son passage parfois douloureux au gouvernement, a assuré ne pas avoir ’regretté’ sa démission, et a bien sûr réaffirmé l’urgence à agir pour la planète ».

Live - A (re)voir sur ce site : https://www.lci.fr/politique/en-direct-l-emission-politique-sur-france-2-trois-mois-apres-son-depart-du-gouvernement-les-gilets-jaunes-nicolas-hulot-sort-du-silence-2105365.html

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7.
Les Gilets jaunes à l’avant-garde, Hulot ringardisé. Stop à l’instrumentalisation politique de l’écologie Par guylain chevrier vendredi 23 novembre 2018 – Document AgoraVox le média citoyen’.

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Les Gilets jaunes redonnent du sens à la notion d’Avant-garde. Chaque jour, on nous dit que leur mouvement s’essouffle, mais comment tenir chaque jour au même nombre lorsque l’on travaille, que l’on doit faire face aux obligations familiales, lorsque l’on doit continuer à vivre, alors que justement on manifeste parce que l’on ne vit plus... Mais ils restent mobilisés, assez nombreux pour faire front, pour faire continuité, jusqu’au rendez-vous de samedi à Paris. Bravo et chapeau ! Car c’est à contre-courant d’une idéologie ambiante qui entend tout sacrifier au nom d’une planète dite « déjà vouée à sa fin », qui a déjà tout plié. Ce qui fait écrire à une internaute que, « s’il n’y en a plus que pour 50 ans, pourquoi imposer tant de restrictions… »

On dénonce la violence dans les actions de blocage, mais comment l’exaspération liée au désespoir, pourrait-elle ne pas s’exprimer malheureusement aussi sous cette forme, bien qu’elle soit marginale, alors que l’on méprise. Côté gouvernement et président de la République, on réagit en expliquant que l’on entend la détresse, et que l’on veut faire prévaloir le dialogue… Autrement dit, comme pour le « dialogue social », le « cause toujours tu m’intéresses », pour faire, au final, ce que l’on veut. Un président droit dans ses bottes, à défendre l’ultra-libéralisme avec la caution de l’écologie la plus punitive, tout en menaçant de répression ce peuple en jaune, parce qu’il dit stop, ça suffit !

L’Emission politique : Un Gilet jaune face à Hulot, qui n’a rien compris

Les gens n’y arrivent plus, et donc, ils se révoltent. Ce qui a un petit air de Jacqueries (soulèvements contre les excès de la noblesse ou de la monarchie au moyen-âge), d’avant la grande Révolution française, qui en avaient été les premières mèches. On n’a jamais autant parlé des rois et des reines, pour faire rêver le peuple en le mystifiant, lui faire oublier que c’est lui le souverain, pour mieux le tondre. Mais le pire, c’est cette volonté de passer en force quoi qu’il arrive, au nom d’une grande cause qui devrait justifier que le petit peuple, déjà le couteau sous la gorge, vive un peu plus à genoux. Si on ne vit plus, qu’importe l’écologie, la voilà la morale de l’histoire. Et surtout, cette écologie vue de l’Elysée et des salons dorés, qui sert toujours les mêmes intérêts, les mêmes inégalités. Une écologie instrumentalisée pour s’attaquer toujours aux mêmes, les moins bien lotis, et surtout les petites classes moyennes sur lesquelles pèse déjà l’essentiel des efforts liés à la crise économique.

Hulot était l’invité de l’Emission politique ce jeudi soir, par Léa Salamé, « comme par hasard » pourraient penser certains, avec une mise en scène digne d’une star. C’est précisément lui qui est à l’origine de cette folie furieuse de la taxe sur les carburants, et de la plupart des taxes qui relèvent de l’écologie punitive, et lorsqu’il ne les a pas imaginées, il les a soutenues. Face à un Gilet jaune l’interpellant en duplexe de son lieu de mobilisation, pour lui dire qu’il ne comprend pas ce qui se passe à être totalement hors de la réalité du vrai monde, Monsieur Hulot se dédouane en avançant avoir, avant de démissionner, proposé un volet social d’accompagnement à cette hausse des taxes, et reprend la litanie du chèque énergie, de la prime à la conversion...

On lui répond qu’avec toutes les primes du monde on n’obtient pas un crédit en banque que l’on n’a plus les moyens de payer, pour simplement disposer d’une voiture. La journaliste oublie de rappeler à l’ex-ministre, que les voitures anciennes sont progressivement interdites des grandes villes autrement dit, celles de ces Français qui n’ont pas les moyens d’en changer et subissent là une véritable discrimination sociale, et que les augmentations à venir tous azimuts, électricité, gaz, fioul, diesel…vont laisser un peu plus sur le carreau. Contrairement à son désir de passer pour un gentil, en modérant le propos, s’il a démissionné, c’était en raison d’une surenchère sur laquelle le gouvernement n’entendait pas le suivre, alors que c’était déjà trop.

Quand les peurs irrationnelles de l’écologie rejoignent l’irrationnel religieux

Hulot a de quoi se prendre pour le « sauveur suprême », le « nouveau Jésus », sous le signe de ce qu’il appelle follement, « la fin du monde », à relayer une idéologie de l’alarmisme et du catastrophisme qui confine à l’irrationnel religieux, la preuve. Dans les colonnes du journal Le Monde, on pouvait lire il y a trois jours cet invraisemblable article intitulé, « L’humanité soumise à des catastrophes climatiques en cascade » (1), croisant les Plaies de la Bible imposées à l’Egypte et les catastrophes climatiques en cascade que les écologistes transformés en prédicateurs imaginent, sous le feu de leur pensée panique, à force de se persuader de leur propre peur. On ose aller jusqu’à attribuer à ces prévisions fumeuses le terme de « châtiments ». « Dans la Bible, Dieu a puni l’Egypte en lui infligeant dix plaies. L’humanité actuelle, elle, a subi les foudres du changement climatique d’au moins 467 façons différentes. Surtout, ces châtiments vont redoubler, puisqu’en 2100, la moitié de la population pourrait être menacée par trois à six catastrophes climatiques (sécheresses, vagues de chaleur, inondations, etc.) d’intensité maximale de manière simultanée si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites drastiquement… »

Des irresponsables doublés de croyants furieux qui mélangent écologie et jugement dernier. Des données publiées dans « Nature Climate Change », une de ces sombres officines écolo, partie intégrante de ce lobby écologiste dont on ne vérifie jamais les affirmations les plus fantaisistes, mais qui justifient par leur démesure tous les excès en matière de taxes. On nous raconte n’importe quoi pour nous mettre en panique et nous faire accepter n’importe quoi.

C’est dans cet état d’esprit que Monsieur Hulot nous dit qu’il ne faut rien retarder. S’il fallait une preuve à l’irrationalité de cette fuite en avant, il suffit de savoir que toutes les restrictions imposées en France au nom de ce que l’on appelle la transition écologique, ne représente pas grand-chose au regard des plus gros pollueurs de la planète qui ne font rien ou presque rien. C’est donc une punition gratuite qui nous est proposée, à coups de culpabilisation, pour nous imposer une contrition généralisée.

Pendant ce temps, parallèlement, on casse tout le cadre social qui était notre protection, ce dont ne parlera aucunement Monsieur Hulot. La sécurité sociale est taillée en coupes réglées, les retraites sont ponctionnées comme jamais, le système de retraite saboté, la branche famille mise à l’os avec des suppressions de postes partout dans les CAF avec la nouvelle Convention d’objectifs et de gestion, l’obligation lamentable de travailler lorsque l’on est en arrêt maladie sous prétexte de télétravail, la généralisation des contrats privés dans le public pour remplacer les fonctionnaires et casser cette propriété collective de haute valeur et conquise de hautes luttes, sans compter encore avec un impôt sur les grandes fortunes en diminution de 54%...

Cette forme de vertu écologique à se restreindre toujours plus, qui nous est présentée pour justifier le pire, pendant que les riches et les rentiers continuent d’engraisser, c’est un hold-up politique, au regard de quoi les paranoïaques de l’écologie ne sont que des idiots utiles. On veut fermer nos réacteurs nucléaires, pour en ramener la production à 50% de notre électricité nationale (75% aujourd’hui), cette énergie sur laquelle nous avions le plus d’avance sur tous, qu’on saborde, qui nous permet encore une souveraineté dans ce domaine si précieux de l’énergie, sans laquelle il n’y a pas d’industrie, pas d’avenir. Une énergie électrique qui, grâce à l’énergie nucléaire, est payée deux fois moins chère qu’en Allemagne, et sans émission de ce fameux gaz à « effet de serre », le C02. Que demander de mieux ? Non, ça marche, donc, il faut le casser ! Le prix de l’énergie préoccupe les Gilets jaune, l’avenir de la Nation, sa souveraineté, en bons citoyens, mais pas Monsieur Hulot !

L’écologie entre mauvaise foi et imposture

« Les énergies fossiles sont les ennemis de l’humanité » dit Nicolas Hulot, autre absolue absurdité ! Mais les énergies fossiles sont un acquis formidable, grâce auquel le monde développé a pu devenir un monde vivable pour l’homme dominant la nature au lieu d’être soumis à ses aléas. Sans pétrole, plus de plastique, et quoi à la place ? Les fausses évidences sont toutes au rendez-vous de cette écologie obsessionnelle, ici parce qu’un glacier recule, ou que l’eau des mers monte, ce qui est un phénomène venu du fond des temps et qui appartient à une planète vivante qui n’a pas attendu l’Homme pour se transformer (2)

Une agricultrice sur le plateau laisse sans réponse Hulot qui préfère globaliser en bifurquant, lorsqu’elle lui parle de la cerise française qui est en train de disparaitre, parce que notre pays est le seul à avoir interdit l’unique pesticide essentiel pour lutter contre une mouche asiatique qui détruit ce fruit. Pourquoi, parce que ce pesticide, c’est-à-dire un produit chimique utile issu de la science agronomique, est désigné comme perturbateur endocrinien « probable ». Principe de précaution oblige… Une interdiction qui a délocalisé la production de la cerise, qu’on importe en masse, traitée par ce même pesticide, d’Espagne et d’Italie, de Turquie, sur nos étalages… Il y a de quoi rager, non !

Voilà où mène cet intégrisme écologiste propre au ‘boboïsme’ ambiant des bien-pensants et des nouveaux richards ! Pour justifier le changement des normes alimentaires, il explique que c’est une demande des consommateurs. Forcément, puisqu’on leur bourre le crâne avec des informations fausses, à tout le moins édulcorées et alarmistes, pour les pousser dans ce sens. C’est l’effet d’une propagande qui se fiche du monde, comme cet exemple de la cerise française promise à la mort le montre.

« Une économie basée sur l’infini dans un monde fini n’est pas possible », selon Hulot, pour condamner une société de la croissance économique. Un monde fini, mais il n’y a rien de plus faux. Le monde n’est pas un gâteau à partager, sinon il n’en resterait depuis longtemps pas une miette. L’homme n’a cessé de se développer et de créer, de produire et de transformer, en découvrant et en inventant, de la roue à la navette spatiale, de la charrue à l’industrie agronomique pour nourrir des millions et des millions de gens, avec mille solutions à des problèmes que l’on n’aurait jamais cru pouvoir résoudre, grâce à ce qui lui échappe, et dont il ne parle jamais, la science. Cela porte un nom, l’obscurantisme.

Juliette Binoche, invitée, admiratrice de maitre Hulot, ‘boboïste’ en cheffe, explique que la peur (de la fin de planète) serait le meilleur moteur de la prise de conscience, comme si les sentiments irrationnels étaient à la source du savoir. Elle a été à l’initiative d’un Appel dans le journal le Monde, signé par 200 personnalités du cinéma, de la musique et des sciences, « pour alerter les politiques et les inciter à mener des actions rapides pour lutter contre le réchauffement climatique ». On doit à ce genre d’initiative aussi, à ces élites moralistes en quête de grande cause, une part de justification à ces taxes absurdes et injustes. 

Reprendre confiance en l’Homme et dans ses facultés pour renouer avec le progrès

Il faut sortir de cette vision défaitiste de l’homme, qui le conduit à un suicide par restrictions et décroissance, lorsqu’il a tous les moyens de dépasser les contradictions qui se mettent en travers de son chemin, de son développement, à condition de ne pas tomber dans le mysticisme et les peurs irrationnelles, mais d’entreprendre le monde et sa planète en la faisant vivre au rythme de ses créations et de sa faculté à se dépasser lui-même, par son intelligence collective, pour peu qu’on en lui laisse l’opportunité.

La prise en compte de l’environnement dans l’action de l’Homme est à reconsidérer dans cette perspective. Les Gilets jaunes, loin d’être de simples révoltés face à l’injustice, nous obligent à nous poser toutes les questions, au regard de ce qui apparait de plus en plus comme une évidence : l’usage de l’écologie comme instrument de domination, au service d’un système en perte de vitesse, de plus en plus discrédité, qui cherche là une ultime justification morale à son existence et à sa pérennité. La seule réponse est à cet endroit, aujourd’hui comme hier, dans l’accélération du progrès. Et l’action pour l’imposer, la mobilisation du peuple !

Références

1L’humanité soumise à des catastrophes climatiques en cascade,

LE MONDE | 19.11.2018 à 17h03 • Mis à jour le 20.11.2018 à 11h01 |Par Audrey Garrich ttps ://abonnes.lemonde.fr/climat/article/2018/11/19/malnutrition-maladies-guerres-les-467-facons-dont-l-humanite-est-deja-affectee-par-le-changement-climatique_5385653_1652612.html ?

2- Délire furieux sur le climat  : Ne nous laissons pas devenir fous ! Agoravox, Guylain Chevrier, vendredi 2 novembre 2018. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/delire-furieux-sur-le-climat-ne-209198

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Selon Wikipédia, « AgoraVox est un site web de journalisme citoyen alimenté par des rédacteurs volontaires et non professionnels, créé par Carlo Revelli avec le soutien de Joël de Rosnay en mars 2005, et proposant des articles à rédacteurs uniques ou multiples1. AgoraVox s’inscrit dans la lignée des journaux participatifs avec un contenu généré par les utilisateurs comme L’Écho du village (1998), Indymedia (1999) ou OhMyNews (2000). Selon le Reuters Institute for the Study of Journalism de l’université d’Oxford, « AgoraVox est un des plus importants exemples en Europe en ce qui concerne les sites web dédiés au journalisme citoyen »2. En décembre 2009, près de 50 000 volontaires étaient inscrits en tant que rédacteurs sur la version francophone3. Ils sont 90 000 en octobre 2017. À cette date, le site compte plus de 3200 modérateurs volontaires contre 1500 en 2009. Une version italienne4 du site a été lancée à la fin de l’année 2008, ainsi que la version vidéo AgoraVox.tv. Plusieurs déclinaisons, désormais gérées indépendamment de la Fondation AgoraVox, ont également vu le jour au fil des années (EducaVox, NaturaVox, SportVox, CareVox, Orserie, etc…).

Selon les statistiques de Google Analytics publiées sur le site5, la version francophone d’AgoraVox fédère environ 1,2 million de visiteurs uniques par mois en moyenne en 2017. Selon la plate-forme américaine Similarweb, AgoraVox reçoit 2,3 millions de visites par mois en 20176. Conspiracy Watch, Street Press et d’autres critiques ont relevé que le site hébergeait ou avait hébergé certains articles et tribunes reflétant diverses théories du complot7… » Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/AgoraVox

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Extinction Rebellion : « Pourquoi je m’engage dans l’action non violente contre le changement climatique » 21 novembre 2018, 21:41 CET – Diffusé le 22 novembre 2018, par Yonne Lautre - Contribution de The Conversation : des analyses de l’actualité par des universitaires« Haut du formulaire

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L’expertise universitaire, l’exigence journalistique ».

Photo - Le 31 octobre 2018, plusieurs centaines de personnes se sont regroupées à Londres devant le Parlement, brandissant un sablier enfermé dans un rond. Le rond symbolise notre planète et le sablier, le compte à rebours de l’extinction. Kay Michael/Flickr, Author provided.

Le dérèglement climatique a affecté l’humanité de 467 façons différentes depuis 1980. C’est le bilan glaçant que dresse une vaste étude publiée dans Nature Climate Change ce lundi 19 novembre. Santé, alimentation, économie, infrastructures, sécurité, accès à l’eau et aux services basiques… Ces manifestations touchent toutes les dimensions de nos vies, et s’intensifieront si les émissions de gaz à effet de serre ne chutent pas d’ici la fin du siècle.

Face à l’urgence climatique, de nouvelles formes de mobilisation émergent. Lancé au Royaume-Uni fin octobre par des activistes anglais, Extinction Rebellion (XR) revendique une vocation internationale et annonce compter déjà 500 personnes formées à l’action non violente et prêtes à aller en prison. Son appel a reçu la signature d’une centaine d’universitaires. Rupert Read, enseignant britannique en philosophie, a rejoint le mouvement. Il nous explique pourquoi.

Accès à l’article complet à partir de ce site : https://theconversation.com/extinction-rebellion-pourquoi-je-mengage-dans-laction-non-violente-contre-le-changement-climatique-107337

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Auteur : Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 23/11/2018

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Climat Des catastrophes climatiques simultanées et cumulatives qui s’annoncent selon 3.300 études scientifiques parues depuis 1980.2

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti.

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