ISIAS

"Les molécules de micro-ARN présentes dans les aliments peuvent-elles affecter l’expression des gènes chez les consommateurs ? Il n’y a aucune preuve d’un effet des aliments provenant d’OGM … car les recherches n’ont tout simplement pas été faites !" par GMWatch

Traduction et compléments de Jacques Hallard
samedi 2 février 2019 par GM Watch


ISIAS Alimentation OGM

Les molécules de micro-ARN présentes dans les aliments peuvent-elles affecter l’expression des gènes chez les consommateurs ? Il n’y a aucune preuve d’un effet des aliments provenant d’OGM … car les recherches n’ont tout simplement pas été faites !

Ajout d’une introduction sur les m
icro-ARN

L’article d’origine a été publié le 19 janvier 2019 par GMWatch sous le titre « Food miRNA molecules can affect gene expression  » ; il est consultable ici : https://www.gmwatch.org/en/news/latest-news/18710-food-mirna-molecules-can-affect-gene-expression

Healthy vegetables



Introduction sur les Micro-ARN d’après Wikipédia

Les micro-ARN (ou miARN) sont de courts acides ribonucléiques (ARN) simple-brin propres aux cellules eucaryotes. Ils possèdent en moyenne 22 nucléotides (en général de 21 à 24), soit beaucoup moins que les autres ARN.

Les miARN sont des régulateurs traductionnels capables d’extinction de l’expression d’un gène1,2 : leur appariement à une séquence complémentaire de l’ARN messager du gène cible conduit à la répression traductionnelle ou à la dégradation de cet ARNm. Le génome humain comprendrait environ 1 000 gènes à l’origine de la transcription de miARN3,4, lesquels sont abondants dans un grand nombre de types cellulaires et cibleraient environ 60 % des gènes5,6. Ils sont abondants dans plusieurs types cellulaires chez l’homme7.

Il existe de grandes différences entre les miARN des plantes et des métazoaires. Chez les végétaux, la répression post-transcriptionnelle requiert généralement une hybridation parfaite ou quasi parfaite entre le miARN et son ARNm cible8 ; une hybridation imparfaite conduit plutôt à une répression au niveau traductionnel. Chez les métazoaires au contraire, l’hybridation des miARN à leur cible concerne typiquement une région plus restreinte du miARN s’étendant sur les bases 2 à 7. Un miARN peut alors cibler de nombreux sites différents sur un seul ou plusieurs ARNm. Une autre différence entre plantes et métazoaires concerne la position du site cible sur l’ARNm. Chez les métazoaires, le site d’hybridation se trouve dans la région 3’ non traduite (3’UTR) ; ceci explique pourquoi un même miARN peut cibler plusieurs ARNm. Chez les plantes, le site d’hybridation peut se trouver dans la région 3’UTR, mais se situe plus souvent dans la séquence codante. Les miARN sont bien conservés chez les organismes eucaryotes et seraient une composante ancestrale et indispensable de la régulation de l’expression des gènes.

Les premiers miARN ont été caractérisés au début des années 1990. Toutefois, il a fallu attendre le début des années 2000 pour que les miARN soient reconnus comme une classe distincte de régulateurs biologiques possédant des fonctions conservées. Depuis lors, les travaux de recherche menés sur les miARN ont mis en évidence leurs multiples rôles dans la régulation négative (dégradation et séquestration des transcrits, suppression traductionnelle) et leur implication possible dans une régulation positive (activation transcriptionnelle et traductionnelle). Parce qu’ils affectent la régulation de l’expression des gènes, on peut penser que les miARN interviennent dans la plupart des processus biologiques. On a déjà décrit que les miARN peuvent être exprimés différemment d’un tissu ou d’un type cellulaire à l’autre.

L’expression aberrante de miARN serait également impliquée dans de nombreuses pathologies, et des thérapies fondées sur les miARN sont actuellement à l’étude. On sait également que les miARN obtenus d’autres organismes par l’alimentation peuvent influencer le métabolisme, si bien qu’ils pourraient être considérés comme une nouvelle classe de micronutriments, au même titre que les vitamines, les phytohormones et les autres phytonutriments9,10. Ce point de vue est cependant remis en cause, une étude remettant en cause la reproductibilité des résultats de la publication sur laquelle est fondée cette théorie11.

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Structure secondaire d’un précurseur d’une séquence micro-ARN chez le chou commun (Brassica oleracea), modélisée par le programme MFOLD.

L’article complet est à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Micro-ARN

Traduction

Une nouvelle étude réalisée par des toxicologues internationaux examine ce que l’on sait du sort de l’ADN et des miARN (microARN, petites molécules d’ARN non codantes) provenant des aliments présents dans le système digestif et l’organisme des consommateurs qui les ingèrent. La revue est publiée dans le journal scientifique ‘Food and Chemical Toxicology’ et elle a permis de déterminer ceci :

* Le traitement mécanique et chimique, avant d’entrer dans le système digestif, compromet l’intégrité de l’ADN.

* Néanmoins, des fragments d’ADN pouvant atteindre quelques centaines de paires de bases peuvent survivre et atteindre le sang et les tissus de consommateurs humains et animaux.

* Il existe peu de preuves que l’ADN alimentaire puisse s’intégrer dans le génome des cellules somatiques (cellules non reproductrices du corps) ou des bactéries intestinales.

* Il n’y a aucune preuve que l’ADN alimentaire intégré dans les cellules somatiques des consommateurs et des bactéries intestinales possède une expression génétique.

* Les microARN ou miARN d’origine alimentaire peuvent survivre à la digestion, pénétrer dans le corps du consommateur et affecter l’expression de leurs gènes dans différents organes.

Les auteurs n’ont trouvé aucune preuve que les transgènes contenus dans des aliments dérivés de plantes génétiquement modifiées(OGM) aient une plus grande propension à être absorbés et intégrés que l’ADN provenant d’aliments non génétiquement modifiés. Ils n’ont également trouvé aucune preuve de la fonction ou de l’expression de l’ADN des aliments d’origine végétale après leur transfert dans les bactéries intestinales ou les cellules somatiques.

Cependant, de solides preuves suggèrent que les miARN de plantes alimentaires peuvent survivre à la digestion, pénétrer dans l’organisme et affecter les schémas d’expression des gènes. Cette recherche sur les miARN n’a pas été menée sur les aliments issus d’organismes génétiquement modifiés (OGM), mais il y a tout lieu de s’attendre à ce que les miARN issus des aliments génétiquement modifiés se comportent de la même manière.

On ne sait pas s’il pourrait y avoir un effet spécifique des OGM sur l’expression des gènes via ce mécanisme. Cette voie de recherche doit être explorée.

Référence : Addressing concerns over the fate of DNA derived from genetically modified food in the human body : A review
Nawaz MA, Mesnage R, Tsatsakis AM, Golokhvast KS, Yang SH, Antoniou MN, Chung G
Food Chem Toxicol. 2018 Dec 21 ;124:423-430. doi : 10.1016/j.fct.2018.12.030. [Epub ahead of print] - https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30580028

Une revue scientifique pour tenter de répondre aux préoccupations concernant le destin de l’ADN dérivé d’aliments issus d’organismes génétiquement modifiés (OGM) dans le corps humain - https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30580028

Résumé

La commercialisation à l’échelle mondiale des denrées alimentaires et des aliments pour animaux génétiquement modifiés (OGM) a suscité de nombreuses discussions sur le sort de l’ADN dérivé des denrées alimentaires génétiquement modifiées dans le corps des consommateurs et sur le point de savoir s’il présente un risque pour la santé.

Nous avons examiné le sort de l’ADN dérivé d’aliments génétiquement modifiés dans le corps humain. Lors du traitement mécanique / chimique, l’intégrité de l’ADN est compromise. L’ADN alimentaire peut survivre à des processus difficiles et à des conditions digestives avec des fragments pouvant atteindre quelques centaines de paires de base (pb) détectables dans le tractus gastro-intestinal.

Des preuves irréfutables ont confirmé la présence d’ADN dérivé d’aliments (également d’aliments génétiquement modifiés) dans le sang et les tissus humains / animaux. Il existe peu de preuves que l’ADN d’origine alimentaire s’intègre dans le génome du consommateur et que le transfert horizontal de l’ADN d’une plante génétiquement modifiée (OGM) se produise dans les bactéries intestinales.

Nous ne trouvons aucune preuve que les transgènes dans les aliments dérivés de plantes génétiquement modifiées aient une plus grande propension à être absorbés et à être intégrés, que l’ADN hôte de l’aliment végétal. Nous n’avons trouvé aucune preuve de la fonction / expression de l’ADN des aliments d’origine végétale après leur transfert dans les bactéries intestinales ou les cellules somatiques.

Des preuves solides suggèrent que les miARN des plantes alimentaires peuvent survivre à la digestion, pénétrer dans l’organisme et affecter les schémas d’expression des gènes. Nous prévoyons que cet examen multidimensionnel abordera des questions concernant le destin de l’ADN dérivé des aliments génétiquement modifiés et de l’ARN régulateur des gènes dans le corps humain.

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Traduction avec compléments entre […] et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 01/02/2019

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