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"Un média français accable Bayer / Monsanto à propos d’un nouveau lobbying, de fausses informations (infox) et d’autres révélations sur des harcèlements et intimidations"

Traduction et compléments de Jacques Hallard
dimanche 10 février 2019 par isias

ISIAS

Un média français accable Bayer / Monsanto à propos d’un nouveau lobbying, de fausses informations (infox) et d’autres révélations sur des harcèlements et intimidations

L’article d’origine a été posté le 03 février 2019 par Sustainable Pulse sous le titre « French Media Destroys Bayer/Monsanto with New Lobbying, Fake News and Bullying Revelations  » et il est accessible sur ce site : https://sustainablepulse.com/2019/02/03/french-media-destroys-bayer-monsanto-with-new-lobbying-fake-news-and-bullying-revelations/?utm_source=newsletter&amp ;utm_medium=email&utm_campaign=gmos_and_pesticides_global_breaking_news&utm_term=2019-02-09

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Le Monde (jeudi 31 janvier 2019) : par Stéphane Foucart et Stéphane Horel

« Ne rien laisser » : mentionné à plusieurs reprises dans les « Monsanto Papers », le nom de cette contre-offensive médiatique, destiné à défendre leurs produits bec et ongles dans les médias ou les réseaux sociaux et les forums en ligne. Les documents mis dans le domaine public par un juge fédéral américain révèlent certains éléments du fonctionnement de ce programme, mais son opérateur restait inconnu jusqu’à présent.

Selon nos informations, c’est la société Fleishman-Hillard - l’une des plus grandes sociétés de relations publiques américaines - qui a été mandatée en France et en Europe pour mettre en œuvre ce programme. Il est destiné à promouvoir un faux débat public sur les produits Bayer / Monsanto.

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Glyphosate : comment Monsanto mène sa guerre médiatique

De nouveaux documents internes dévoilent les pratiques agressives du géant de l’agrochimie pour « placer activement » des contenus favorables dans la presse et sur Internet.

Par Stéphane Foucart et Stéphane Horel Publié le 31 janvier 2019 à 13h30 - Mis à jour le 31 janvier 2019 à 15h10 - Article réservé aux abonnés

« Ne rien laisser passer » (« Let nothing go », en anglais) : à plusieurs reprises, dans les « Monsanto Papers », apparaît le nom de cet énigmatique programme de contre-offensive médiatique, destiné à défendre bec et ongles les produits de la société dans les médias ou les réseaux sociaux et les forums en ligne. Les documents mis dans le domaine public par la justice fédérale américaine révèlent certains éléments du fonctionnement de ce dispositif, mais son opérateur demeurait jusqu’à présent inconnu.

Selon nos informations, c’est la firme Fleishman-Hillard — l’une des plus grandes sociétés de relations publiques américaines — qui a été mandatée en France et en Europe pour mettre en œuvre ce programme. Celui-ci est destiné à faire promouvoir dans le débat public, par des tiers sans liens apparents avec Monsanto, les éléments de langage de l’agrochimiste, propriété de l’européen Bayer.

Une brève mention du « Let nothing go » apparaît dans un mémo transmis le 24 avril 2017 au juge fédéral américain Vince Chhabria, par les avocats de plaignants, dans l’une des affaires lancées outre-Atlantique contre Monsanto. Les avocats s’inquiètent de ce que la société « s’active furieusement hors du prétoire à produire tout une “littérature” qui tombe à pic » pour influencer les décisions du juge…

Photo - Le photographe Mathieu Asselin a travaillé sur les produits dérivés de Monsanto. Il dit avoir été frappé par leur « apparente naïveté contrastant avec la sombre histoire industrielle » du géant de l’agrochimie. Mathieu Asselin/Neutral Grey

« Monsanto a même lancé un programme, apparemment nommé “Let nothing go”, pour ne rien laisser sans réponse, même pas des commentaires sur Facebook, écrivent les avocats. A travers des organisations tierces, Monsanto emploie des individus qui n’apparaissent pas liés à l’industrie et qui postent des contenus positifs sur Facebook ou sous les articles de presse, pour défendre Monsanto, ses produits et ses OGM. »

Les avocats n’inventent rien : ils se fondent, expliquent-ils, sur la déposition sous serment d’un cadre de Monsanto, dont la retranscription n’a pas été rendue publique sur décision du juge Chhabria — son contenu étant semble-t-il de nature à nuire à la société.

Captures d’écran

La description du « Let nothing go » correspond bien aux services offerts par Fleshman-Hillard à ses clients. « Le savoir-faire relatif à la conception des contenus est ce qui rassemble l’ensemble des expertises de Fleishman-Hillard, écrit la société sur sa plaquette de présentation. Derrière une campagne de relations presse, un compte Twitter, un partenariat avec un blogueur ou une activation online, il y a d’abord une histoire à raconter et à adapter à chaque canal et à chaque audience. »

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La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter - Abonnez-vous à partir de 1 €—[BLOC_RESTREINT_ABO]] - Source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/31/glyphosate-comment-monsanto-mene-sa-guerre-mediatique_5417218_3244.html

Monsanto, poids lourd des pesticides et spécialiste des kits d’information

Le Monde (jeudi 31 janvier 2019) : par Stéphane Foucart et Stéphane Horel

« Merci Kate », a signé « Sam » à la fin de son courrier électronique. « Kate » est Kate Kelland, journaliste pour la grande agence de presse britannique Reuters. “Sam” Murphey travaille en tant que Responsable mondial des affaires extérieures pour Monsanto. En pièce jointe à son courrier électronique daté du 27 avril 2017, il a joint un document de six pages - ’kit d’information’ -, chaque élément alimentant faussement l’impression que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a délibérément ignoré des données qui auraient pu changer sa décision de classer le glyphosate en tant que ’cancérigène probable’ pour l’homme.

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Monsanto, poids lourd des pesticides et spécialiste des infos en kit

La dernière livraison des « Monsanto Papers » montre comment l’entreprise tente de décrédibiliser les chercheurs et organismes qui lui déplaisent.

Par Stéphane Foucart et Stéphane Horel Publié le 31 janvier 2019 à 13h31 - Mis à jour le 31 janvier 2019 à 13h31 - Article réservé aux abonnés – Photo

Photo - Manifestation contre Monsanto à Bonn, en mai 2018. PATRIK STOLLARZ / AFP

« Merci, Kate », signe « Sam » à la fin de son courriel. « Kate » est journaliste pour Reuters, la grande agence de presse britannique. « Sam » Murphey, lui, travaille comme responsable mondial des affaires extérieures pour Monsanto. En pièce jointe de son courriel daté du 27 avril 2017, l’homme a glissé un document de six pages – un « kit » dont chacun des éléments nourrit l’impression que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a volontairement ignoré des données qui auraient pu changer sa décision de classifier le glyphosate « cancérogène probable » pour l’homme.

Ce verdict scientifique, en mars 2015, avait suscité le courroux de Monsanto, et marqué le début d’une contre-attaque d’une ampleur inédite pour défendre l’ingrédient actif du Roundup, l’herbicide le plus vendu au monde.

Lire l’enquête : Comment Monsanto mène sa guerre médiatique

Ces échanges entre l’influenceur de Monsanto et la journaliste font partie de la dernière livraison des « Monsanto Papers », ces documents internes de la firme, déclassifiés dans le cadre de procédures intentées aux Etats-Unis par des victimes attribuant leur maladie – pour la plupart un cancer du sang appelé lymphome non hodgkinien – à une exposition au glyphosate. Or, deux mois plus tard, en juin 2017, Reuters publie une enquête accablante pour le CIRC.

En particulier, l’article met en cause le scientifique qui a présidé son groupe d’experts sur le glyphosate, Aaron Blair, un chercheur émérite de l’Institut national du cancer américain. D’après une déposition sous serment, révèle Reuters, Aaron Blair a « délibérément dissimulé » à ses collègues la mise à jour des données d’une étude épidémiologique à laquelle il participait. Cette étude, l’Agricultural Health Study (AHS), n’étant pas encore publiée, les experts du CIRC n’avaient pu en prendre connaissance. Conformément aux règles de l’organisation, seules les études publiées sont prises en compte.

Caractères gras

Le rapport du CIRC sur le glyphosate « aurait-il été différent si les données manquantes avaient été incluses »  ? Aaron Blair a répondu « exact » lors de sa déposition, écrit la journaliste de Reuters, citant des « documents judiciaires » qu’elle dit avoir pu consulter. Différent, certes, mais pas au point de faire basculer la classification du glyphosate, ce que l’article de Reuters ne précise pas.

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Source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/31/monsanto-poids-lourd-des-pesticides-et-specialiste-des-infos-en-kit_5417225_3244.html

EXCLUSIF. Nicolas Hulot (ex-ministre français de l’Environnement) : « Monsanto a demandé à une société de pharmacie belge de prendre soin de ma réputation »

Le ‘Journal du Dimanche’ (samedi 2 février) : Par Anne-Laure Barret - Nicolas Hulot donne son avis sur Monsanto - « la pire entreprise du monde ».

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Nicolas Hulot révèle au JDD avoir été sous la menace de l’entreprise Monsanto (désormais propriété du groupe Bayer) quand il est devenu ministre de l’Ecologie.

Photo - Nicolas Hulot prend position contre Monsanto. (Arnault Serriere/Abaca)

Nicolas Hulot ne retient pas sa colère contre l’entreprise Monsanto, désormais propriété du groupe Bayer. L’ancien ministre commente pour le JDD le procès qui s’ouvre mercredi et qui opposé le géant mondial de l’industrie agrochimique à un agriculteur français, Paul François. Ce dernier ’ne réclame pas vengeance mais justice pour lui et pour toute sa profession’, juge Nicolas Hulot qui livre son opinion sur Monsanto, ’la pire firme du monde’. Il révèle ainsi au JDD qu’il aurait été la cible du groupe agrochimique à partir du moment où il est devenu ministre de l’Ecologie d’Emmanuel Macron.

Paul François est doublement victime : dans sa chair car il a été livré à des produits dangereux ; et d’un rapport de forces inégal dans le combat devant les tribunaux. C’est le pot de fer contre le pot de terre. Il ne réclame pas vengeance mais justice pour lui et pour toute sa profession. Ses deux précédentes victoires en première instance et en appel à Lyon ont été de grandes avancées. S’il perdait ce nouveau procès, ce serait évidemment une humiliation pour toutes les victimes.

Lire aussi - ’La justice va plus vite que les politiques’ : l’agriculteur en procès contre Monsanto se confie

Cet agriculteur de Charente fait partie des centaines de personnes en lutte, sur le plan judiciaire, contre la pire firme au monde. Au-delà des pesticides, cette entreprise cherche, avec ses OGM, à mettre les ressources alimentaires en coupe réglée. Ces mêmes OGM étaient, par exemple, supposés permettre aux producteurs de coton en Inde de se passer de pesticides, mais c’est le contraire qui s’est produit.

Je ressens une profonde colère face à l’indulgence dont bénéficie Monsanto : toutes les portes lui sont ouvertes dans la plupart des institutions. Ce lobbying musclé est intense. Lors d’une visite ministérielle au Saint-Siège, à Rome – j’étais venu parler du climat –, le cardinal présidant l’Académie des sciences m’a gratifié d’un plaidoyer pro-Monsanto. Et, quelques mois après que j’ai été nommé ministre, une personne de ma connaissance, haut placée dans une entreprise travaillant dans le domaine de l’environnement et qui pourra confirmer ce que je révèle ici, est venue me voir avec ce message menaçant : Monsanto avait demandé à une officine belge de s’occuper de ma réputation*.

Dans la plupart de ces affaires, il y a la responsabilité de Monsanto mais aussi celle, collégiale, d’une accoutumance à sa puissance de feu

La journaliste Marie-Monique Robin a, elle aussi, fait les frais de ces méthodes. Des agriculteurs en ont été victimes aux États-Unis : Monsanto leur a envoyé des huissiers, en plein champ, pour constater que certains des plants qu’ils cultivaient ne leur appartenaient pas. Les paysans ont eu beau rétorquer que la contamination s’était produite à cause de la proximité des parcelles OGM, ils ont été poursuivis devant les tribunaux.

[Voir par exemple 20 ans après sa bataille contre Monsanto, Percy Schmeiser reste fier du chemin parcouru. Publié le vendredi 3 août 2018. Radio Canada].

Dans la plupart de ces affaires, il y a la responsabilité de Monsanto mais aussi celle, collégiale, d’une accoutumance à sa puissance de feu. Tous ses agissements se font sous le regard de la plupart des décideurs mondiaux. Leur silence et leur indifférence valent presque complicité.

De manière plus générale, la question des pesticides est tranchée : même si la relation de cause à effet est difficile et longue à démontrer, on dispose désormais d’un faisceau de présomptions attestant leur toxicité pour la santé humaine. Tout cela devrait conduire non à des tergiversations, mais à l’application du principe de précaution. L’Histoire comme la Justice ne seront pas amnésiques : tous ceux qui ont participé par ignorance, complaisance ou cupidité à leur défense auront un jour à rendre des comptes.’

* Sollicité par le JDD, Bayer Monsanto dément ’formellement ces allégations très graves et diffamatoires’.

Sur le même sujet :

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Sourcde : https://www.lejdd.fr/Politique/nicolas-hulot-monsanto-a-demande-a-une-officine-belge-de-soccuper-de-ma-reputation-3850433

OGM : ce que les journaux Monsanto révèlent sur le lobbying en France

‘Le Parisien’ (17 janvier 2019) : de Gaël Lombart

Un nouveau document que nous révélons suggère qu’un scientifique ’indépendant’ intercédait pour le compte de Monsanto auprès d’agences françaises en 2012. Objectif : peser de nouveau pour la poursuite de la vente de son maïs transgénique NK 603, à la suite de l’étude Seralini, qui montrait les dangers associés avec les OGM.

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OGM : ce que les Monsanto Papers révèlent du lobbying en France

>Environnement Gaël Lombart (@gaellombart)| 17 janvier 2019, 20h56 | MAJ : 17 janvier 2019, 21h30 - Photo - Du maïs transgénique, au Mexique, en 2009 (photo d’illustration). AFP/Ronaldo Schemidt – Document : ‘leparisien.fr’

Un nouveau document que nous révélons suggère qu’un scientifique aurait intercédé pour Monsanto auprès d’agences françaises en 2012. Objectif : peser sur le maintien de la vente de son maïs transgénique NK 603.

A l’époque, ces photos de rats difformes (voir ci-dessous) n’avaient pas seulement fait le tour du monde, elles avaient provoqué l’une des plus spectaculaires controverses scientifiques de cette décennie. Controverse dans laquelle Monsanto, fabricant du Roundup et d’OGM racheté l’an dernier par Bayer, a alors joué de son influence, y compris en France, ce que prouve aujourd’hui un nouveau document révélé par Le Parisien.

Tout démarre le 19 septembre 2012, lorsqu’une étude du professeur Gilles-Eric Séralini publiée dans la revue américaine Food and Chemical Toxicology affirme, images à l’appui, que les rats ayant ingéré du maïs transgénique résistant au glyphosate et du Roundup développent plus facilement des tumeurs. Dans l’Hexagone comme ailleurs, la communauté scientifique se divise : le protocole est rapidement décrié par les uns, comme le mathématicien Cédric Villani, aujourd’hui député LREM, quand d’autres s’alarment du danger que représenteraient ces produits Monsanto commercialisés en Europe.

Photos - Les photos de rats accompagnant l’étude de l’équipe de Gilles-Eric Séralini, en 2012, avaient fait réagir partisans et détracteurs des OGM./AFP/Criigen

Devant le tollé suscité par ces travaux, quatre ministres, — Benoît Hamon, Stéphane Le Foll, Marisol Touraine et Delphine Batho —, demandent le 24 septembre 2012 à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) et au Haut Conseil des biotechnologies (HCB) de rendre un avis sur cet article. Les deux organismes vont devoir consulter des experts.

Organismes secrètement influencés

Toujours soucieuse de convaincre les autorités de la prétendue innocuité de ses produits, Monsanto va recevoir, le même jour, un soutien inespéré. Au petit matin, David Stark, alors vice-président de la société, trouve dans sa boîte e-mail une offre alléchante : « J’aurai à apporter ma contribution à une réunion très importante prévue vendredi prochain avec des organismes gouvernementaux de très haut niveau (NDLR : en France). Il me serait très utile d’avoir plus d’informations en provenance de Monsanto. » Une proposition de lobbying qui doit rester secrète : « Je ne retracerai pas la source, nous devrons être très informatifs, sinon une très mauvaise décision pourrait être prise. »

Monsanto reçoit l’aide d’un scientifique français pour décrier Séralini publié par Le_Parisien

Ce document, que nous publions aujourd’hui, est l’une des très nombreuses pièces transmises par Monsanto à ses adversaires dans le cadre des procédures judiciaires enclenchées aux Etats-Unis, les fameux Monsanto Papers. Toutes n’ont pas été versées aux dossiers, mais elles sont néanmoins toutes partiellement anonymisées.

Lire aussi > La folle risposte de Monsanto sur le glyphosate

Nous avons identifié l’auteur de ces messages, un membre de longue date de l’International Life Science Institute (Ilsi), une organisation de lobbying qui réunit de nombreux groupes industriels, dont Monsanto, et qui a une partie de ses bureaux à Bruxelles. Cette personne ne pouvant s’expliquer puisqu’elle est aujourd’hui décédée, nous ne donnerons pas son identité complète. Biologiste de formation, F.G. a fait ses armes dans une entreprise leader dans le domaine de la levure avant de passer dix ans chez Danone, où il a mené, de 1999 à 2003, des programmes conjoints notamment avec Monsanto. Quand il fait sa proposition, F.G. est conseiller au sein du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), un organisme de recherche public.

A ses collègues qu’il invite dans l’échange d’e-mails, David Stark présente F.G. comme un « ami » du temps où le Français travaillait pour le groupe agroalimentaire. Afin de répondre à sa demande, un salarié de Monsanto lui envoie un lien vers une synthèse de la firme sur l’article de Gilles-Eric Séralini. Mais le biologiste insiste : « Il ne suffit pas de convaincre les organismes gouvernementaux, ils auront besoin de plus d’informations sur le test de toxicité et l’expérience qui ont été réalisés par ou pour Monsanto. Je vais devoir apporter des données expérimentales. » Au lieu de quoi, « l’opinion publique pensera que Monsanto n’a pas de données scientifiques à montrer, ce qui donne plus de crédit aux trucs de Séralini ».

Aucune mention officielle

En moins de 24 heures, pas moins de trois salariés de Monsanto s’activent pour lui trouver des études contredisant les recherches sur les rats. Des références que l’on retrouvera plus tard dans l’argumentaire que le fabricant du Roundup s’est résolu à faire parvenir à l’Anses… F.G., lui, n’apparaîtra nulle part dans les listes officielles des personnes auditionnées.

Responsable de l’examen de l’article pour l’Anses, le toxicologue Jean-Pierre Cravedi a fouillé dans ses archives, en vain : « Je n’ai pas trouvé trace d’audition de Monsieur G. dans le cadre du groupe d’expertise que j’ai présidé ni de participation de Monsieur G. à cette expertise. Je ne peux en revanche pas exclure qu’il y ait eu des échanges entre l’Anses et cet expert à propos de l’étude. »

Même son de cloche du côté Jean-Christophe Pagès, président du comité scientifique du HCB : « Nous avons fait appel à quatre experts extérieurs. Pour ma part, je n’ai vu personne d’autre dans ce cadre-là. Est-ce que Monsieur G. a vu d’autres membres du comité ? En tout cas, ça n’a pas servi à construire notre analyse de l’article. » Interrogé, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture à l’époque, n’a aucun souvenir d’une rencontre avec F.G., un nom qui ne lui évoque rien.

Le Roundup toujours suspect

Le 19 octobre 2012, l’Anses rend son avis. Selon elle, l’étude de Séralini ne permet pas « de remettre en cause les évaluations précédentes du maïs OGM NK603 et du Roundup ». Dans la foulée, le HCB pointe des « lacunes et faiblesses méthodologiques rédhibitoires ». « Il n’y a donc pas lieu de revenir sur les autorisations accordées » aux produits Monsanto, conclut le ministère de l’Agriculture. Entre-temps, les commentaires à charge se sont multipliés dans les médias. En novembre 2013, l’article scientifique est même retiré de la revue Food and Chemical Toxicology. On apprendra plus tard que l’éditeur, Wally Hayes, était au moment de la polémique consultant pour Monsanto pour 400 dollars (325 euros) de l’heure

Quant à F.G., il travaillait ces dernières années pour l’ambassade de France aux Etats-Unis. Laquelle, on le sait grâce aux Monsanto Papers, a envoyé l’année suivante une délégation en visite chez Monsanto.

Contacté par Le Parisien, le céréalier se défend : « Les récentes études indépendantes menées après la polémique liée à l’étude de monsieur Séralini ont toutes conclu de façon indubitable au manque total de fondement scientifique des travaux de monsieur Séralini ».

A ce jour, au moins quatre études réclamées depuis l’affaire Séralini affirment que les rats ne développent pas plus de maladies avec du maïs résistant au Roundup qu’avec un autre type d’alimentation. Mais les rongeurs ont été exposés moins longtemps que ceux de Séralini et ils sont d’espèces différentes. De plus, le doute persiste pour le Roundup lui-même, dont la substance active est le glyphosate. Conduite en France par le toxicologue Bernard Salles et publiée en décembre 2018, « GMO90 + » ne tire pas de conclusions sur ce produit, qui n’était pas le sujet d’étude. Les croquettes données à ses différents groupes de cobayes, nourris ou non aux OGM, contenaient toutes du glyphosate, rendant impossibles les comparaisons.

Un « détail » qui n’a pas échappé à Gilles-Eric Séralini : « Nous, nous avions nourri nos contrôles (NDLR : rats témoins) avec de la nourriture qui n’était pas traitée aux pesticides, c’est pour ça que nous avions beaucoup moins de tumeurs chez eux. » Le chercheur de l’université de Caen, qui dénonce une campagne de dénigrement permanente, peut néanmoins revendiquer une victoire : saisie par son comité de recherche, le CRIIGEN, la justice a annulé mardi l’autorisation de mise sur le marché d’un produit à base de glyphosate, le Pro Roundup 360.

Environnement Monsanto OGM Gilles-Eric Séralini glyphosate Roundup

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Source : www.leparisien.fr/.../ogm-ce-que-les-monsanto-papers-revelent-du-lobbying-en-france-...

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Traductions avec compléments entre […] et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 10
/02/2019

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