ISIAS

"Au laboratoire, une recherche portant sur de forçage génétique a permis d’éliminer une population de moustiques : le succès de l’outil de génie génétique suscite l’espoir de supprimer le vecteur du paludisme" par Tina Hesman Saey

Traduction et compléments de Jacques Hallard
jeudi 14 février 2019 par Hesman Saey Tina


ISIAS Biologie

Au laboratoire, une recherche portant sur de forçage génétique a permis d’éliminer une population de moustiques : le succès de l’outil de génie génétique suscite l’espoir de supprimer le vecteur du paludisme

Ajout d’un dossier sur forçage génétique et ‘gene drive’

L’article d’origine de Tina Hesman Saey a été publié le 24 septembre 2018 par Science News Genetics, Ecology sous le titre « In lab tests, this gene drive wiped out a population of mosquitoes  » ; il est accessible sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/lab-tests-gene-drive-wiped-out-population-mosquitoes

Un nouveau virus se transmet par les moustiques dans les Alpes-Maritimes.

Marqué pour sa disparition - Le nombre de moustiques Anopheles gambiae porteurs du paludisme peut être évalué. Les scientifiques ont mis au point une méthode génique qui a permis de réduire les populations de moustiques lors des tests en laboratoire. James D. Gathany/CDC/

[« Anopheles gambiae est le principal complexe d’espèces cryptiques vecteur du paludisme sévissant en Afrique et découvert en 1902, comme une nouvelle espèce, par Giles… »].

Une nouvelle campagne de dissémination de gènes pourrait faire disparaître une espèce de moustique porteur du paludisme.

Dans une étude réalisée en laboratoire à petite échelle, l’outil de génie génétique a empêché les moustiques Anopheles gambiae de produire une progéniture en huit à douze générations, ont rapporté les chercheurs le 24 septembre 2018 dans la revue ‘Nature Biotechnology’. Si les résultats sont valables dans des études de plus grande envergure, les recherches génétiques pourraient être la première application capable d’éliminer une espèce de moustique porteur de maladies.

« C’est un grand jour », déclare James Bull, un biologiste évolutionniste de l’Université du Texas à Austin, qui n’a pas participé à l’étude. ’Nous sommes ici avec une technologie qui pourrait changer radicalement la santé publique pour le monde entier.’

Les lecteurs de gènes utilisent les ciseaux moléculaires connus sous le nom de CRISPR / Cas9 pour se copier et se coller dans l’ADN d’un organisme à des endroits précis. Ils sont conçus pour enfreindre les règles de l’hérédité, en propageant rapidement une modification génétique à tous les descendants.

Le nouveau mécanisme génique perturbe un gène de moustique appelé ‘doublesex’. Les moustiques femelles qui héritent de deux copies du gène perturbé se développent comme des mâles et ne peuvent ni piquer ni pondre des œufs. Les mâles et les femelles qui héritent d’une seule copie du gène perturbé se développent normalement et sont fertiles.

Développement modifié

Le développement du moustique Anopheles gambiae femelle a été altéré par une pulsion génétique qui perturbe le gène du ‘doublesex’. Les femelles ayant hérité de deux copies du gène drive (en bas à droite) ont développé une antenne (flèche rouge) et des pinces (flèche bleue et images agrandies) similaires aux mâles. Les parties de la bouche des femelles ont également changé, les empêchant de piquer pour obtenir un repas de sang. Ces altérations ont rendu les femelles incapables de pondre des œufs.

K. Kyrou et al / Nature Biotechnology 2018

Dans chacune des deux cages, les chercheurs ont mélangé 300 moustiques de A. gambiae, femelles et 150 mâles, avec 150 mâles porteurs du gène. A chaque génération, 95% à plus de 99% de la progéniture ont hérité de la pulsion génétique. Normalement, seulement 50% des descendants héritent d’un gène.

En sept générations, tous les moustiques d’une cage portaient le gène. Aucun œuf n’a été produit dans la génération suivante et la population s’est éteinte. Dans l’autre cage, il a fallu 11 générations pour que la pulsion génétique se propage à tous les moustiques et écrase la population.

D’autres études sur la recherche de gènes ont mené des simulations informatiques pour prévoir le temps nécessaire à la propagation des gènes dans une population. C’est la première fois que l’approche a réussi sur des moustiques réels.

Les versions précédentes des mécanismes génétiques ont également été transmises à la progéniture à des taux élevés (SN : 12/12/15, p. 16). Mais ces expériences ont été en proie à des mutations qui détruisent le site de coupe du CRISPR / Cas9, rendant les moustiques porteurs de la mutation résistants à la pulsion.

Quelques moustiques dans la nouvelle étude ont également développé des mutations, mais « aucune résistance n’a été observée », déclare le co-auteur de l’étude, AndreaCrisanti, généticien médical de l’Imperial College London. C’est parce que ces mutations ont brisé le gène de ‘doublesex’, produisant des femelles stériles qui ne pouvaient transmettre les mutations à la génération suivante.

En chemin vers l’extinction

Alors que de plus en plus de moustiques au sein de deux populations en cage (lignes rouges et bleues) ont hérité d’une transmission génique, le nombre de moustiques a chuté, ne produisant finalement aucune progéniture après huit et douze générations. La tendance observée dans le laboratoire correspond aux prévisions simulées par ordinateur (lignes grises et noires).


K. Kyrou et al / Nature Biotechnology 2018

Tous les insectes ont une version de ‘doublesex’. ’Nous pensons que ce gène peut représenter un talon d’Achille pour le développement de nouvelles mesures de lutte contre les ravageurs’, dit Crisanti.

[Selon Wikipédia, « Un talon d’Achille est une faiblesse fatale en dépit d’une grande force générale, pouvant mener à la perte. Bien que la référence mythologique se rapporte à une vulnérabilité physique, le talon d’Achille peut se référer de manière métaphorique à d’autres attributs qui peuvent mener à l’échec ou à la chute… » Site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Talon_d%27Achille ].

L’outil ouvre la perspective de provoquer intentionnellement l’extinction d’une espèce. A. gambiae est le principal moustique qui propage le paludisme en Afrique. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le paludisme tue plus de 400.000 personnes chaque année dans le monde.

« Si vous possédez une technologie capable d’éradiquer ce moustique, il serait contraire à l’éthique de ne pas l’utiliser », explique Omar Akbari, généticien à l’Université de Californie à San Diego, qui n’a pas participé aux travaux. Mais M. Akbari pense qu’il est peu probable que la recherche de gènes fonctionne aussi bien dans la nature, car une résistance est appelée à apparaître à un moment donné.

Personne ne connaît non plus les conséquences écologiques de l’élimination des moustiques ou si la pulsion génétique pourrait être transmise à d’autres espèces. Et si un « méchant à la James Bond » utilisait une technique génétique similaire pour attaquer les abeilles ou d’autres insectes bénéfiques, explique le généticien Philipp Messer de l’Université Cornell aux Etats-Unis. « Les humains trouveront toujours des moyens d’abuser de la technologie, et dans ce cas, c’est tellement simple. C’est ce qui m’inquiète ».

Citations

K. Kyrou et al. A CRISPR–Cas9 gene drive targetingdoublesexcauses complete population suppression in cagedAnopheles gambiaemosquitoes. Nature Biotechnology. Published online September 24, 2018. doi : 10.1038/nbt.4245.

Further Reading – Lectures complémentaires

S. Milius. Current CRISPR gene drives are too strong for outdoor use, studies warn. Science News. Vol. 192, December 9, 2017, p. 16.

T. H. Saey. Resistance to CRISPR gene drives may arise easily. Science News Online, July 20, 2017.

T. H. Saey. Seeing the upside in gene drives’ fatal flaw. Science News. Vol. 190, August 20, 2016, p. 13.

T. H. Saey. Gene drives spread their wings. Science News. Vol. 188, December 12, 2015, p. 16.

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Dossier sur le forçage génétique et le ‘gene drive’


Contenu du dossier

1. Forçage génétique d’après Wikipédia 

2. Moustiques - ‘Gene drive’ : les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur les organismes génériquement modifiés (OGM) boostés qui pourraient se répandre dans la nature et causer des catastrophes écologiques -Résumé posté par ‘Meridian Institute’ le 8/5/2015

3. L’outil CRISPR/Cas9 ouvre la voie à la modification génétique de population sauvage - Publié le vendredi 4 décembre 2015 , document ‘Mission pour la Science et la Technologie de l’Ambassade de France aux Etats-Unis

4. Vandana Shiva : la nouvelle conspiration du forçage de gènes (gene drive) – 26 juiliet 2016.- Diffusé sous le bandeau Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels – « Osons l’avenir... pour nos enfants et nous ».

5. Note du Comité d’éthique de l’INSERM Février 2016 - Saisine concernant les questions liées au développement de la technologie CRISPR (clustered regularly interspaced short palindromic repeat)-Cas9 - PFD

6. Faut-il relâcher le « gene drive » dans la nature ? - Enjeux civilisationnels des « OGMs sauvages » -18 mai 2016 - BAPTISTE MORIZOT1 et VIRGINIE ORGOGOZO2

7. Gene Drive (1) : y a-t-il un pilote au volant ? Par c.audebert > Visit Authors Websitehttp://www.biorigami.com/?p=7126- 22 août 2016 - Document ‘Biorigami’

8. Moustiques OGM, une arme à double tranchant – Emission de France Inter du vendredi 9 juin 2017 à (re)écouter

9. Le virus du Nil se propage dans les Alpes-Maritimes 25 septembre 2018 Par Sébastien Germain et Violaine Ill, France Bleu Azur et France Bleu

10. Virus West Nile : la surveillance est renforcée autour des chevaux dans le Var et les Alpes-Maritimes Par la rédaction de ‘Var Matin’- 08/10/2018

1.
Forçage génétique d’après Wikipédia : Le forçage génétique (gene drive en anglais), est une technique du génie génétique qui permet à un gène d’être transmis avec quasi-certitude par reproduction sexuée, même si cela va à l’encontre des lois de Mendel. Cette technique, apparue au début du XXIe siècle, utilise la technique CRISPR/cas9. Le forçage génétique permet de favoriser l’héritage d’un gène particulier et d’augmenter sa prévalence dans une population1.

Le forçage génétique peut - en théorie - être utilisé pour la prévention de la propagation d’insectes porteurs de maladies (en particulier les moustiques transmettant le paludisme, la dengue ou le virus zika), pour contrôler les espèces envahissantes ou pour éliminer la résistance aux herbicides ou aux pesticides de certaines espèces1,2,3. La technique peut être utilisée pour ajouter, interrompre ou modifier des gènes d’une population entière de manière à provoquer une réduction drastique de cette population en réduisant ses capacités de reproduction4. Le forçage génétique fonctionne uniquement pour les espèces ayant une reproduction sexuelle active, elles ne peuvent pas être employées pour modifier des populations de virus ou de bactéries. Ces exemples restent à l’heure actuelle des promesses.

Plusieurs mécanismes moléculaires peuvent servir au forçage génétique5. Le forçage génétique peut apparaître naturellement lorsque des mécanismes moléculaire augmentent les chances à plus de 50 % qui constituent la probabilité normale d’un allèle d’être transmis. Des modules génétiques synthétiques ayant des propriétés similaires ont été développés en laboratoire comme une technique d’édition de génomes de populations. Le forçage génétique par endonucléase est le mécanisme synthétique connu le plus polyvalent et le plus activement en développement en 2017.

Parce que le forçage génétique constitue un moyen d’altérer artificiellement l’héritage de certains gènes, cette technique constitue une étape majeure dans le monde de la biotechnologie. L’impact potentiel de la libération des mécanismes de forçage génétique dans la nature soulève des préoccupations bioéthiques majeures concernant leur développement possible et la gestion qui devra en être faite.6

Sommaire

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2.
Moustiques - ‘Gene drive’ : les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur les organismes génériquement modifiés (OGM) boostés qui pourraient se répandre dans la nature et causer des catastrophes écologiques

Résumé posté par ‘Meridian Institute’ le 8/5/2015 - Source : The Independent (2 août 2015) - Auteur(s) : Steve Connor

Des scientifiques ont récemment exprimé des craintes concernant la génération d’organismes génétiquement modifiés (OGM) boostés qui sont mis au point au moyen de la technologie dite « gene drive ». Ils sont particulièrement préoccupés par cette technologie, car elle s’apparente à une réaction nucléaire en chaîne dans la mesure où elle permet l’amplification de gènes GM au sein d’une population d’insectes ou d’autres animaux en reproduction, sans autre intervention une fois le caractère introduit. En principe, la technologie « gene drive » pourrait enrayer la propagation des maladies transmises par les moustiques, et aussi éliminer les ravageurs des cultures et les espèces envahissantes, comme les rats et les crapauds géants. Cependant, les scientifiques au premier plan de son développement pensent que si la technologie tombait dans de mauvaises mains, elle constituerait une grave menace pour l’environnement et la santé humaine, en cas de diffusion accidentelle ou délibérée sans aucune mesure de protection appropriée .Un groupe de généticiens supérieurs exige à présent des mesures de protection internationales à appliquer aux chercheurs qui veulent mettre au point les ‘gene drives’, notamment des mesures de sécurité strictes pour les laboratoires afin d’empêcher la fuite accidentelle d’organismes GM « boostés », susceptibles de se propager rapidement dans la nature. Écrivant dans la revue Science, le groupe a appelé la communauté scientifique à faire preuve d’ouverture et de transparence en ce qui concerne les risques et les avantages liés aux ‘gene drives’. « Ils ont un potentiel extraordinaire pour traiter les problèmes mondiaux dans les domaines de la santé, l’agriculture et la conservation, mais leur capacité à modifier des populations sauvages en dehors du laboratoire requiert la prudence », ont déclaré les scientifiques. Kevin Esfeldt, expert en ‘gene-drive’ à la Wyss Institute de Harvard Medical School, aux États-Unis, a indiqué que si la technologie a été théoriquement développée il y a de cela 10 ans, elle est désormais possible en laboratoire grâce à la découverte de l’outil d’édition de gènes Crispr/Cas9. « Si nous avons raison sur ce point, c’est une avancée solide susceptible de rendre le monde nettement meilleur, mais à la seule condition que nous l’utilisions judicieusement, a conclu Esfeldt.

L’article original peut être encore disponible à http://www.independent.co.uk/news/science/scientists-sound-alarm-over-supercharged-gm-organisms-which-could-spread-in-the-wild-and-cause-environmental-disasters-10434010.html

Source : http://merid.org/fr-FR/Content/News_Services/Food_Security_and_AgBiotech_News/Articles/2015/Aug/04/gene_drive.aspx

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3.
L’outil CRISPR/Cas9 ouvre la voie à la modification génétique de population sauvage - Publié le vendredi 4 décembre 2015 , document ‘Mission pour la Science et la Technologie de l’Ambassade de France aux Etats-Unis Office for Science & Technology of the Embassy of France in the United States’/

L’outil de modification génétique CRISPR/Cas9, dont la montée en puissance et les questions éthiques associées ont été abordées dans des brèves antérieures [1] [2], a permis récemment de concrétiser des approches nouvelles dont les implications épidémiologiques, sociétales et éthiques soulignent la nécessité d’une réflexion autour de cet outil.

Le développement récent de kits de transgenèse CRISPR/Cas9 disponibles pour les particuliers pour moins de 160 dollars illustre l’évolution de l’accessibilité à de tels outils [3].

Des recherches utilisant CRISPR/Cas9 pour mettre au point un système d’ingénierie génétique qui permettrait de modifier génétiquement une population sauvage ont fait l’objet d’une publication récente très remarquée et ces travaux sont présentés ci-dessous. Les avancées rendues possibles par CRISPR/Cas9 en termes de modification du génome humain et de modification génétique d’espèces animales ou végétales d’intérêt agro-alimentaires, ainsi que les régulations autour de cet outil, seront abordées dans deux brèves ultérieures.

Un bref aperçu de l’outil CRISPR/Cas9
Contrairement aux outils de modification du génome précédemment développés (nucléases à doigt de zinc, TALENs -Transcription activator-like effector nuclease-), qui étaient des protéines devant être finement conçues et optimisées pour assurer la reconnaissance et la coupure de la séquence ADN ciblée, la spécificité du système CRISPR/Cas9 repose sur la complémentarité d’un ARN guide (dont la structure moléculaire est proche de celle de l’ADN) avec la séquence d’ADN ciblée, la nucléase Cas9 assurant ensuite la coupure de l’ADN à cet endroit. La conception de cette séquence d’ARN guide complémentaire est plus facile et sa synthèse moins coûteuse que l’ingénierie et la production de protéines, ce qui rend cet outil beaucoup plus versatile et accessible que les systèmes précédents. Une synthèse de ces différentes techniques, détaillant le système CRISPR/Cas9, a fait l’objet d’une brève précédente [4].

CRISPR/Cas9 et « gene drive » : une stratégie de modification génétique « transmissible » pour lutter contre le paludisme
Des chercheurs californiens viennent de produire des moustiques modifiés génétiquement par CRISPR/Cas9 pour résister au parasite responsable du paludisme et capables, contrairement aux règles d’héritabilité classique, de transmettre cette modification à près de 98% de leur descendance grâce à un mécanisme de copier-coller génétique (gene drive). [5] [6]. Si ces moustiques modifiés étaient relâchés dans la nature, ce gène de résistance pourrait envahir la population de moustiques sauvages en une dizaine de génération (une saison chez ces espèces) et avoir une incidence majeure sur ce vecteur de contamination [7]. Le paludisme est causé par des parasites du genre Plasmodium transmis par des moustiques infectés. Environ 650 000 personnes en meurent chaque année (rapport OMS de 2013), principalement sur le continent africain.

Si la modification génétique de moustiques pour lutter contre le paludisme est une piste à l’étude depuis plusieurs années (certaines études utilisent déjà CRISPR/Cas9 pour cela), la mise au point d’un mécanisme de conversion (gene drive) pour propager ces modifications au sein de la population sauvage au fil des générations est une avancée majeure [8].

https://www.france-science.org/loca...

Comparaison des mécanismes de transmission héréditaire d’une modification génétique ’classique’ ou comportant un gene drive. Grâce à ce dernier, la modification peut se répandre dans la population sauvage

Développé il y a quelques mois par le duo Valentino Gantz et Ethan Bier de l’University of California San Diego chez la mouche grâce à l’outil CRISPR/Cas9 [9], ce système permet de copier-coller le gène de résistance et le système de propagation au chromosome homologue. Lorsqu’un moustique modifié génétiquement (comportant le transgène de résistance à l’infection et ce gene drive), se reproduit avec un moustique non modifié (sauvage), la progéniture obtient une copie maternelle et une copie paternelle de chaque gène, soit un gène modifié et un sauvage dans ce cas. Le gene drive assure (grâce à un système CRISPR/Cas9) un copier-coller au niveau du gène non modifié et y insère le gène de résistance et la cassette de copier-coller, ce qui permet la transmission du mécanisme à l’intégralité de la génération suivante et l’installation progressive du transgène dans la population. Ce système pourrait ainsi conduire à l’immunisation, au fil des générations, de cette espèce de moustique face au parasite.

Des mécanismes de gene drive sont étudiés de longue date, de nombreux gènes présentant une fréquence de transmission supérieure à 50%, et la réflexion autour de l’ingénierie du gene drive n’est pas nouvelle [10]. La découverte et l’appropriation technique récente du système CRISPR/Cas9, qui permet une coupure précise de l’ADN chez virtuellement n’importe quelle espèce, fournit aujourd’hui l’outil moléculaire nécessaire à son développement concret.

Perspectives
Si ces recherches suscitent beaucoup d’espoirs, les scientifiques attirent l’attention sur le caractère irréversible de l’introduction de ces animaux au sein de populations sauvages et sur les conséquences écologiques imprévisibles qui pourraient en résulter. Par ailleurs, la population de moustiques sauvages présente une variabilité génétique bien plus importante que les modèles de laboratoire et la preuve de concept de cette approche ne garantit pas son efficacité ou sa stabilité à court et moyen terme. Des évènements naturels incontrôlables comme des mutations génétiques pourraient conduire à une perte de fonction du système.

Notons qu’en théorie, il est possible d’utiliser un nouveau transgène dont le gene drive reconnaîtrait la modification génétique précédente, pour la corriger [11]. Cette possibilité d’édition successive offre une piste de retour en arrière ou de mise à jour du système, mais soulève des questions concernant l’accès à ces technologies. Le flou juridique à l’échelle nationale et internationale concernant la régulation d’organismes génétiquement modifiés comportant un gene drive, est également mis en avant par les scientifiques [12].

Néanmoins, ces travaux constituent une réelle percée scientifique et technique et la preuve de concept de cette stratégie dans le cadre de la lutte contre le paludisme ouvre des perspectives extrêmement prometteuses en santé publique et dans le domaine agronomique, où cet outil pourrait être utilisé pour éditer les bases génétiques des résistances aux insecticides et aux pesticides [13]

Rédacteurs :
- Flora Plessier, Attachée adjointe pour la Science et la Technologie, Atlanta, deputy-univ@ambascience-usa.org

Notes

[1http://www.france-science.org/Les-nucleases-de-fabuleux-outils.html

[2http://www.france-science.org/Modification-du-genome-humain-la.html

[3https://www.genomeweb.com/gene-silencinggene-editing/bay-area-synthetic-biologist-looks-establish-crispr-diy-science

[4http://www.france-science.org/Les-nucleases-de-fabuleux-outils.html

[5http://universityofcalifornia.edu/news/uc-scientists-create-malaria-blocking-mosquitoes

[6http://www.pnas.org/content/early/2015/11/18/1521077112.full.pdf

[7http://www.nytimes.com/2015/11/24/science/gene-drive-mosquitoes-malaria.html

[8http://www.technologyreview.com/news/543721/with-this-genetic-engineering-technology-theres-no-turning-back/

[9http://www.sciencemag.org/content/348/6233/442.abstract?sid=f19d7067-2fa0-4930-bc25-d01f1d3dbdf0

[10http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/270/1518/921

[11http://elifesciences.org/content/3/e03401.full

[12http://www.sciencemag.org/content/345/6197/626.full

[13http://elifesciences.org/content/3/e03401.full

Embassy of France in the USA

Source : https://www.france-science.org/L-outil-CRISPR-Cas9-ouvre-la-voie.html

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4.
Vandana Shiva : la nouvelle conspiration du forçage de gènes (gene drive) – 26 juiljet 2016.- Diffusé sous le bandeau Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels – « Osons l’avenir... pour nos enfants et nous ».

https://www.sciencenews.org/sites/d...Source

Ah, les conspirations !

« Biodiversity, GMOs, Gene Drives and the Militarised Mind  » (biodiversité, OGM, forçage génétique et l’état d’esprit militarisé) est un morceau d’anthologie. Et plus c’est crétin, plus c’est repris par la bien-pensance (par exemple par IPS News qui propose des nouvelles et des points de vue du Sud global)...

Les nouvelles techniques génétiques

Mme Shiva prend appui sur un rapport de l’Académie des Sciences des États-Unis d’Amérique, « Gene Drives on the Horizon : Advancing Science, Navigating Uncertainty, and Aligning Research with Public Values  » (forçage génétique à l’horizon : faire progresser la science, naviguer autour des incertitudes et aligner la science sur les valeurs publiques), ou plutôt sur la critique qu’en a faite le Guardian, dont la ligne éditoriale est similaire à celle du Monde de M. Stéphane F...

http://www.nytimes.com/2015/12/22/s...

http://www.nytimes.com/2015/12/22/s...

Le forçage génétique (gene drive) est une technique qui permet de conférer un caractère à un organisme en s’assurant qu’il est transmis à toute sa descendance et qu’il se répand ainsi dans la population. Une des applications serait de réduire ou d’éradiquer une population d’organismes indésirables, par exemple les moustiques vecteurs de maladies ou les rats dans une île. Le rapport de l’Académie – fortement imprégné de précautionite – aborde le cas de l’amarante de Palmer, dont des populations sont devenues des « super mauvaise herbe » résistantes au glyphosate, à la page 53, évoque la possibilité d’une escapade de la construction génétique vers d’autres pays et s’interroge à la page 110 :

« Quelle est la probabilité qu’une amarante de Palmer (Amaranthus palmeri) modifiée par forçage génétique se répande à une espèce voisine, non cible, utilisée pour l’alimentation ?  »

Dans l’article du Guardian, cela devient :

« Le rapport a noté que si l’amarante de Palmer était éradiquée en Amérique du Nord par un forçage génétique, cela pourrait se traduire par inadvertance par une réduction des récoltes de son espèce voisine, l’amarante, une importante source d’aliments en Amérique du Sud. Oups !  »

Une conspiration du Département états-unien de la défense

Mme Shiva voit bien plus loin :

« Le rapport NAS [de l’Académie] cite le cas de l’éradication de l’amarante comme un exemple de ’bénéfice potentiel’. Pourtant, la ’technologie magique’ du forçage de gènes reste un fantôme, ou l’’arme’ secrète du Département de la Défense du gouvernement des États-Unis pour poursuivre sa guerre contre Amaranthus Culturis.  »

« Amaranthus Culturis  » ? Bienvenue dans le monde de la botanique virtuelle de Vandana Shiva...

  https://www.sciencenews.org/sites/d...

Un gene drive a donné à une drosophile normale (A) une couleur jaune (B). Mais le gene drive n’a pas fonctionné parfaitement. Dans une drosophile (C), il n’a fonctionné que dans les cellules de la moitié gauche du corps. V.M. GANTZ AND E. BIER/SCIENCE 2015 (source)

Houston, elle a un problème

C’est l’occasion d’une digression savoureuse. C’est rapporté par Houston Press en novembre 2000 : « Avant de quitter Alvin pour se préparer pour une conférence à 19 heures. à Houston, intitulée ’OMC, riz basmati et Stolen Harvest’ [récolte volée, son livre], Shiva a traversé la route et regardé un champ peu présentable. ’Ils ont l’air malheureux’, dit-elle. ’Les plants de riz. Les nôtres, à la maison, ont l’air très heureux.’ ’Ça,’ rapporte RiceTec, ’c’est parce que ce n’est pas du riz. C’est notre champ d’essai, il a été récolté en août. Ce sont des mauvaises herbes.’  »

RiceTec, rappelons-le, c’est l’entreprise qui avait produit le riz Texmati, un cheval de bataille pour l’altermonde et Mme Shiva en particulier contre la (prétendue) biopiraterie et les brevets (dans le cas de Texmati, le brevet initialement délivré contenait cependant des revendications incroyablement excessives).

La DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) et le faisceau de conspirateurs

Retour au présent. Une bonne conspiration ne saurait avoir qu’un seul acteur : ce rapport de l’Académie a été « sponsorisé par le DARPA (Fantôme de la Recherche du Pentagone) et la Fondation Bill et Melinda Gates (le Fantôme du Monopole de Microsoft)  ».

En fait, le rapport a été appuyé sur deux contrats, avec le NIH et la FNIH, qui ont bénéficié de fonds de la DARPA et de la BMF, respectivement. Mais ça doit être trop subtil pour Mme Shiva :

« De manière intéressante, Microsoft BASIC a été développé sur un super-ordinateur de DARPA, à Harvard, en face du MIT. Où s’arrête le DARPA et où commence le MIT ? Où s’arrête Microsoft et où commence la Fondation Bill et Melinda Gates ?  »

http://www.extremetech.com/wp-conte...

L’« Expérience d’Extermination  »

Cela permet de passer à la notion de « DARPA-Mind  » (esprit DARPA). Et (nous respectons ci-dessous les majuscules)... « Il y a 75 ans l’esprit DARPA a commencé son Expérience d’Extermination, et envoyé l’humanité à la dérive. Les produits chimiques, les matériaux et les technologies acquis au cours de ’La guerre’, et brevetés (intéressant, le brevet du moteur à combustion interne appartient à Texaco), ont été forcés sur Amaranthus Culturis – Les Cultures de Cycles de Vie.

L’esprit DARPA a appelé cela ’la révolution verte’, a colonisé la signification de ces deux mots, et a commencé le Stockage des Produits Chimiques de Guerre dans nos Champs ; il n’y a rien de ’vert’ ou de ’révolutionnaire’ à propos de l’Extermination, cela doit être un nom de code des services secrets pour l’assaut qui a maintenant pour noms ’forçage de gènes’, ’CRISPR’, ou plus exactement, Génie Génétique.  »

http://image.slidesharecdn.com/ppto...

Source

Petit détour par les brevets

 

http://patentimages.storage.googlea...

 

« [I]ntéressant, le brevet...  » ? Mme Shiva se réfère à un brevet qui porte ce titre (bien abusivement car l’invention concerne un revêtement interne de la chambre de combustion destiné à limiter la dégradation de l’huile et le dépôt de calamine) et a été délivré le 3 février... 1942.

Un aparté... et une démonstration de plus de l’incroyable ignorance de Mme Shiva.

  http://www.google.no/patents/US2271...

http://www.google.no/patents/US2271...

La Nature intelligente et généreuse

Il n’y a pas que les conspirations. La vie a été un long fleuve tranquille – jusqu’à l’esprit DARPA : « Notre planète a évolué, en équilibre, créant l’équilibre, depuis 4,6 milliards d’années. Homo sapiens est apparu il y a environ 200.000 ans. Il y a environ 10.000 ans, les Paysans ont développé la sélection et l’amélioration des semences et l’agriculture domestiquée a commencé. La créativité humaine combinée avec la nature pour fournir l’abondance qui a permis l’évolution des sociétés et des espèces. L’Humanité et la Nature se sont renouvelées réciproquement, soutenant la civilisation et fournissant le potentiel pour la Révolution Industrielle.  »

https://qqcitations.com/images-cita...

Mme Shiva serait-elle animiste ? En tout cas, elle met en doute la santé mentale des Nobel signataires : « Une évaluation scientifique nous apprendrait que les plantes évoluent pour produire une résistance aux herbicides qui sont censés les tuer parce qu’elles sont dotées d’intelligence, et elles évoluent. Le déni de l’intelligence de la vie, et le déni de l’évolution est non scientifique. 107 lauréats du Prix Nobel – dont deux qui sont morts depuis longtemps – ont ’signé’ une lettre d’appui au Génie Génétique il y a quelques jours. Il est clair que la ’Science’ n’a pas suscité cette ’communication’.  »

Petite précision : sauf erreur, il n’y a qu’un seul Prix Nobel décédé avant la publication de la lettre : M. Alfred G Gilman (23 décembre 2015). On peut sans nul doute faire confiance sur ce point à Independent Science News. Encore un exemple de l’incroyable légèreté...

Le panégyrique de l’amarante, long et enflammé se termine par : « La femme la plus pauvre, sans terre, et ses enfants ont accès à la nutrition par le don généreux de l’Amarante. »

Retour à une autre conspiration

Mais, patatras... « L’agriculture industrielle – promue par la Politique Étrangère des États-Unis – a traité les Amarantes légumes verts de ’mauvaises herbes’, et a essayé de les exterminer avec des herbicides. Puis vint Monsanto, avec les cultures Round Up Ready [...]. Comme l’a déclaré un porte-parole de Monsanto pendant les négociations de la Convention sur la diversité biologique (CDB), les OGM résistant à l’herbicide ’empêchent les mauvaises herbes de voler le soleil’. »

C’est curieux ! La Convention a été signée à Rio de Janeiro le 5 juin 1992... et les premières plantes tolérant le glyphosate (un soja) ont été mises sur le marché en 1996. De plus, on voit mal un représentant de Monsanto faire ce genre de déclaration... encore un mensonge, au mieux une affabulation.

« Voler est un concept créé par Monsanto & Co  »

https://www.facebook.com/vandanashi...

https://www.facebook.com/vandanashi...

La vision du monde de l’esprit DARPA est donc déformée : «  Premièrement, ce que sont des mauvaises herbes pour Monsanto sont des aliments et de la nutrition pour les femmes du Sud. Deuxièmement, le soleil brille avec abondance pour tous. Partager les bienfaits du soleil est un droit pour toutes les espèces. Dans Amaranthus Culturis – le monde de la biodiversité et le soleil, la pénurie est étrangère, il n’y a que l’abondance. Partager l’abondance crée l’abondance. Ce n’est pas voler. Voler est un concept créé par Monsanto & Co. Lorsque les agriculteurs gardent et partagent des semences, Monsanto aimeraient le définir comme ’voler’. Quand le soleil brille sur la terre et que les plantes poussent, Monsanto voudrait définir cela comme une plante ’volant’ le soleil, alors que Monsanto Co. privatise notre biodiversité. C’est exactement comme cela que la famine semencière et la famine alimentaire sont conçus par une vision du monde qui transforme la richesse de la diversité en monocultures, l’abondance en rareté. [...]  »

Et le délire continue. Mais nous nous arrêterons là. Ce qui est dramatique dans tout cella, c’est que les délires de Mme Shiva bénéficient d’une certaine audience et, surtout, de chambres de résonance. Photo : Avec le prince Charles, visitant une ferme Navdanya (ici, Bija Vidyapeeth, à Dehradun, en Inde), en novembre 2013.

Un autre délire :

« Rendez-vous compte que la firme texane RiceTec ( 04 ) a tenté, en 1997, de s’approprier toutes les souches et les grains de riz basmati en déposant le brevet n° US5663484, cela au prétexte qu’elle y avait apporté une modification. Il a fallu cinq ans de combat juridique pour rappeler que le peuple indien cultive, sélectionne et améliore ces souches depuis toujours, et que ce patrimoine appartient à tous. Si l’on avait perdu, aucun paysan indien n’aurait pu continuer de cultiver son riz sans verser des royalties à cette société ou acheter ses graines. Je suis sûre que ce combat-là serait aujourd’hui celui de Mahatma Gandhi. »

Références : http://meteopolitique.com/fiches/Heros-Heroines/Vandana-Shiva/Comme-Gandhi/Comme-Gandhi-et-ses-luttes.htm - Accès à la source du document critique : http://seppi.over-blog.com/2016/07/vandana-shiva-la-nouvelle-conspiration-du-forcage-de-genes-gene-drive.html

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5.
Note du Comité d’éthique de l’INSERM Février 2016 - Saisine concernant les questions liées au développement de la technologie CRISPR (clustered regularly interspaced short palindromic repeat)-Cas9 -

Document PDF à consulter sur ce site : https://www.inserm.fr/sites/default/files/2017-10/Inserm_Saisine_ComiteEthique_Crispr-Cas9_Fevrier2016.pdf

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6.
Faut-il relâcher le « gene drive » dans la nature ? - Enjeux civilisationnels des « OGMs sauvages » -18 mai 2016 - BAPTISTE MORIZOT1 et VIRGINIE ORGOGOZO2

1philosophe, maître de conférences, Université Aix-Marseille - 2biologiste, directrice de recherche au CNRS, Institut Jacques Monod, Paris

Éradiquer le paludisme, qui tue plus de 500.000 personnes par an, ainsi que les autres maladies transmises par les moustiques. Faire disparaître les algues du genre Caulerpa et toutes les autres espèces invasives qui causent tant de dégâts écologiques, matériels et économiques. Empêcher l’apparition de résistance aux pesticides et herbicides. Éliminer le SIDA. Tous ces souhaits semblent maintenant à portée de mains grâce à une nouvelle technique génétique appelée « gene drive », ou « forçage génétique » en français.

En ce moment, les médias parlent beaucoup de CRISPR, une technique révolutionnaire qui permet d’éditer facilement les gènes comme on le souhaite. CRISPR a été quasi-simultanément déclarée découverte scientifique de l’année 2015 et classée au rang des armes de destruction massive par la NSA1. Dans cet article, nous nous intéressons à l’application de CRISPR qui nous semble la plus préoccupante et néanmoins la moins mise en lumière : le « gene drive ». Nous nous interrogeons ici sur les implications et les risques liés au lâcher d’individus « gene drive » dans la nature.

« gene drive » : un puissant propulseur de mutations

Le « gene drive » est une technique de manipulation génétique qui permet de booster la propagation d’une mutation dans une population (Fig. 1). En relâchant simplement quelques individus qui possèdent une portion d’ADN élaborée par l’homme (appelée cassette « gene drive ») dans une population naturelle, on peut théoriquement obtenir en quelques dizaines de générations une population entièrement contaminée par la cassette « gene drive ». En introduisant au préalable dans la cassette « gene drive » la séquence d’ADN qui convient (conférant une résistance au parasite du paludisme par exemple), l’homme a donc maintenant les pouvoirs de transformer les espèces de la nature selon son bon vouloir : faire que les espèces invasives arrêtent d’envahir, que les plantes ne soient plus résistantes aux herbicides, que les humains soient résistants au virus du SIDA, etc…

propagation-gene-drive Fig. 1. Propagation d’une mutation classique (à gauche) comparée à celle d’une cassette gene drive (à droite).

Chaque individu est représenté schématiquement par une paire de chromosomes. Les individus portant la mutation rouge ou la cassette gene drive sont encadrés en rouge.

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En théorie, si 10 individus génétiquement modifiés et possédant une cassette d’ADN « gene drive » sont introduits dans une population naturelle de 100 000 individus, alors en moyenne plus de 99 % des individus seront porteurs de la cassette « gene drive » au bout de seulement 12-15 générations. A l’inverse, une mutation génétique présente dans les mêmes proportions aura disparu de la population au bout de quelques générations en moyenne, sauf si elle favorise le nombre de descendants.

Le mode de transmission du « gene drive » échappe aux lois de Mendel et permet ainsi de répandre en accéléré une modification particulière du génome dans l’ensemble d’une population d’individus à reproduction sexuée (avec mâles et femelles). D’autres éléments génétiques échappant aux lois de Mendel ont déjà été mis en évidence (les distorteurs de ségrégation, les éléments transposables, les éléments Médéa, les bactéries endocellulaires comme Wolbachia, et les endonucléases qui se copient elles-mêmes)2 mais le « gene drive » est beaucoup plus rapide et plus efficace que tous les autres mécanismes connus : il n’a pas d’effets collatéraux délétères sur les organismes qui le portent (contrairement aux quatre premiers cas) et il a une probabilité de transmission plus forte que les deux derniers.

Le « gene drive » manipule à son avantage les trois piliers de la sélection naturelle : mutation, hérédité et adaptation. Premièrement, les mutations n’apparaissent plus au hasard mais exactement là où le « gene drive » a été conçu pour couper, et la séquence d’ADN souhaitée est produite. Deuxièmement, alors qu’un parent transmet normalement la moitié de ses gènes à son enfant, un parent « gene drive » transmet la cassette « gene drive » à tous les coups. Troisièmement, un individu « gene drive » qui est mal adapté et qui devrait produire peu de descendants va tout de même transmettre ses gènes « gene drive » à la génération suivante du fait de son mode de transmission accru.

La cassette « gene drive » peut être assimilée à une mutation auto-amplifiante, qui s’auto-réplique elle-même et qui diffuse plus rapidement que par la génétique habituelle. Au regard de sa capacité à faire sauter les trois verroux caractéristiques du rythme évolutionnaire depuis 4 milliards d’années, le « gene drive » est probablement l’invention biologique la plus effective et imprédictible qu’on n’ait jamais possédée quant à la gestion du vivant, en nous et hors de nous.

Un dispositif génétique sans précédent dans l’histoire de l’évolution

Le « gene drive » met en jeu une cassette d’ADN qui contient 3 éléments : un gène qui code la protéine Cas-9, un gène qui code un ARN guide capable de reconnaître une séquence d’ADN cible bien particulière, et des séquences en bordure de la cassette qui permettent d’insérer la totalité de la cassette « gene drive » au site de coupure cible. En bref, la cassette se copie elle-même à un endroit souhaité dans le génome et diffuse ainsi automatiquement dans toute la descendance.

mechanisme-moleculaire-gene-drive

Fig. 2. Mécanisme moléculaire de multiplication de la cassette gene drive.
Une cassette gene drive contient quatre éléments : un gène codant la protéine Cas-9 (en bleu), un gène codant l’ARN guide (correspondant à un élément en rouge et un autre élément en rose) et des séquences flanquantes (en gris) permettant la reconnaissance du site ciblé et l’insertion d’une nouvelle cassette gene drive à l’endroit du site ciblé. La séquence de l’ARN guide est choisie de telle sorte que le complexe (Cas-9 + ARN guide) coupe l’ADN exactement au site ciblé. ©Virginie Orgogozo

Auparavant, dans la nature, les trois éléments de la cassette « gene drive » n’avaient jamais été combinés ensemble dans un ADN de taille minimale. Si les bactéries ont inventé Cas-9 pour supprimer les virus insérés dans leur génome, Cas-9 était néanmoins exprimé par une séquence indépendante de la séquence cible : la protéine était produite, allait scanner les chromosomes, puis couper la séquence d’ADN cible. Dans la cassette « gene drive », la séquence qui code Cas-9 est placée juste à côté de la séquence cible, ce qui fait que la cassette peut se découper elle-même et se déposer automatiquement dans les régions choisies sur les chromosomes. En fait, c’est même quatre éléments, localisés normalement à quatre endroits différents du génome, qui ont été combinés ensemble dans la cassette « gene drive » : l’équivalent de l’ARN guide correspond, chez les bactéries dans lesquelles le système de coupure Cas-9 a été identifié, à deux molécules d’ARN codées par deux gènes isolés. C’est la main de l’homme qui a, pour la première fois, rassemblé quatre éléments génétiques normalement dispersés dans le génome au sein d’une seule séquence d’ADN de taille minimale. La cassette ainsi produite constitue un dispositif génétique sans précédent qui s’auto-réplique lui-même.

Mais pourquoi la nature n’a pas inventé le « gene drive » ? Parce qu’il a fallu plusieurs millions d’années d’évolution pour que les microorganismes unicellulaires produisent un outil génétique efficace basé sur l’ARN leur permettant d’éradiquer les virus (CRISPR), et parce que l’homme a ensuite rendu ce système plus compact, et l’a importé dans des organismes à reproduction sexuée. Nous sommes en présence d’une cassette génétique aux propriétés très particulières, qui n’a jamais existé auparavant.

La méthode est splendide, et enchante les biologistes par sa beauté, sa simplicité et son efficacité. Cependant, il nous semble important de ne pas nous laisser aveugler par ce pouvoir soudain. Il convient de rester prudent afin de pouvoir soupeser correctement les arguments pour ou contre le « gene drive ».

Domestiquer tout le vivant

La technique « gene drive » marche chez toutes les espèces pour lesquelles elle a été testée : levures, moustiques, mouches, cellules humaines, etc.3 Alors que les techniques OGM « classiques » s’appliquent uniquement aux espèces domestiques qui peuvent être cultivées pendant plusieurs générations au laboratoire et qui peuvent se soumettre à des manipulations expérimentales complexes, il semble aujourd’hui possible de construire des individus « gene drive » de n’importe quelle espèce, du moment que l’on peut injecter un mélange bien choisi de protéines et d’ARNs dans l’embryon ou dans les organes reproducteurs de quelques individus sauvages prélevés puis relâchés dans la nature.

La domestication peut être définie comme la série d’opérations techniques qui façonnent et maintiennent un trait de caractère dans une population d’une espèce à l’avantage de l’espèce humaine, et non plus à celui de l’espèce concernée (comme c’est naturellement le cas dans l’évolution). Avec CRISPR et le « gene drive », le processus de domestication sort du champ restreint des espèces avec lesquelles on entretient des relations domesticatoires (soin, gestion, interaction) : le « gene drive » peut s’appliquer à tout le sauvage avec reproduction sexuée. Il s’agit donc ici, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, d’un pouvoir de domestication de la totalité du vivant. Jusqu’à hier, pour gérer les nuisibles et améliorer la productivité, on transformait le génome des semences. Désormais, on entend changer le génome des « nuisibles » eux-mêmes, pour qu’ils soient à notre avantage. On peut considérer les organismes génétiquement modifiés par CRIPR et « gene drive » comme les premiers OGM sauvages. Cette formule en apparence paradoxale entend qualifier pourtant précisément le statut nouveau de ces organismes dont le génome est modifié alors que l’on n’entretient avec eux aucune relation de domestication : ils sont modifiés par simple lâcher dans les populations naturelles de quelques individus au génome édité.

C’est le sens même de « naturel », ou « sauvage » qui est remis en cause par CRISPR et le « gene drive ». Les espèces naturelles ou sauvages étant ce qui existe par soi-même et pour soi-même, ce qui résiste à notre stricte volonté, i. e. dont les traits sont à son avantage et pas à notre avantage et à notre usage (les nuisibles, les adventices, les espèces invasives, mais surtout toute la biodiversité non domestiquée). Si on décide de relâcher des individus « gene drive » dans la nature, il faut être conscient que l’on se dirige alors vers un monde différent, où l’on ne pourra plus regarder ce goéland, le moustique de Camargue, la daurade dans l’assiette, les hêtres des forêts, les fleurs dont les abeilles font le miel, sans ignorer si leur matériel génétique a été manipulé imperceptiblement de main humaine à notre avantage (c’est-à-dire la plupart du temps à l’avantage d’un groupe humain particulier). Avec CRISPR et le « gene drive », on possède désormais le pouvoir technique d’accomplir de main humaine et avec une indéniable facilité ce que la métaphysique judéo-chrétienne prétendait être le fait de Dieu : faire à notre usage et à notre avantage n’importe quelle espèce, et potentiellement la totalité de la Création (à l’exclusion des espèces non sexuées sur lesquelles le « gene drive » ne possède pas les mêmes effets de diffusion non-mendélienne). Au moment où la montée d’une conscience écologique plaide pour la reconnaissance du droit fondamental des espèces sauvages à vivre pour elles-mêmes, sans être détruites ou exploitées sans discernement, on peut s’interroger sur les implications éthiques de ce pouvoir. Le problème est par ailleurs que sous couvert d’humanisme, ce pouvoir peut avant tout servir les intérêts économiques particuliers de groupes peu soucieux de l’intérêt général, comme on l’a vu au XXième siècle dans l’usage des biotechnologies. C’est pourquoi la question de relâcher le « gene drive » dans la nature ne comporte pas seulement des risques écologiques et sanitaires réels, mais constitue aussi un enjeu métaphysique, politique et économique. Les problèmes éthiques soulevés par le « gene drive » et par CRISPR sont ainsi beaucoup plus amples qu’avec les OGM classiques. 

Fig. 3. Elevage de moustiques dans un laboratoire du Royaume-Uni. Les moustiques sont élevés dans des cages recouvertes de tissu blanc. Les tuyaux noirs font partie d’un dispositif permettant de nourrir les moustiques de sang. ©Émilie Pondeville (Voir à la source)

  AgambiaeFig. 4. Moustique femelle Anopheles gambiae. Service Imagerie et Reprographie Institut Pasteur.

Un outil puissant qui peut nous échapper

Quels sont les risques associés au « gene drive » ? Il existe deux types de risques : (a) les risques d’utilisation malveillante de la technique et (b) les effets collatéraux involontaires malgré une intention bienveillante. Les risques (a) doivent être pris en compte car aujourd’hui il peut être très facile et peu coûteux de construire des individus « gene drive » (quelques mois, 1000 euros de produits de base). N’importe quelle coopérative agricole pourrait se doter d’un petit laboratoire et d’un biologiste renégat pour éditer le génome de ses nuisibles, sans même que ce soit reconnaissable ni isolable. La protéine Cas-9 est disponible en poudre pour quelques centaines d’euros sur internet.

Dans cet article, nous voulons insister sur les risques (b), c’est-à-dire les effets collatéraux imprévisibles d’une volonté bienveillante car ils présentent une dimension préoccupante. Trois types de risques peuvent être envisagés (voir encadré bleu). Tout d’abord, le « gene drive » peut contaminer d’autres populations (risque (1)). Pour évaluer ce risque, il est nécessaire de connaître certains paramètres de biologie moléculaire pure, qui sont inconnus pour l’instant (à notre connaissance) : taille maximale de la cassette « gene drive », longueur des séquences de bordure de la cassette et pourcentage d’identité minimale requise avec les séquences ciblées afin que la transmission « gene drive » ait lieu.





Trois risques majeurs non quantifiés du « gene drive »

(1) une cassette « gene drive » peut se répandre dans de nouvelles populations qui n’étaient pas ciblées, suite à un phénomène d’hybridation ou de transfert horizontal d’ADN.

(2) si une séquence d’ADN étrangère s’insère par mégarde dans la cassette « gene drive » alors que la cassette n’est pas encore présente dans tous les individus de la population, alors cette séquence d’ADN étrangère va pouvoir se répandre comme une traînée de poudre, à la vitesse du « gene drive ». Si cette séquence apporte, par malchance, une résistance aux insecticides ou une meilleure attirance envers les odeurs humaines, alors la manipulation « gene drive » des moustiques peut se retourner contre nous.

(3) Si les conséquences du « gene drive » sur les individus qui portent la cassette « gene drive » sont bien comprises, celles à l’échelle des écosystèmes sont extrêmement difficiles à estimer.

Le risque (2), à savoir que la cassette « gene drive » soit utilisée par la nature comme un nouveau véhicule pour répandre rapidement de nouvelles mutations qui ont des effets néfastes pour les populations humaines, semble assez préoccupant. En effet, si, par mégarde, une séquence d’ADN étrangère s’insère dans la cassette « gene drive » alors que la cassette n’est pas encore présente dans tous les individus de la population, alors cette séquence d’ADN étrangère va pouvoir se répandre comme une traînée de poudre, à la vitesse du « gene drive ». Si cette séquence apporte, par malchance, une résistance aux insecticides ou une meilleure attirance envers les odeurs humaines, alors la manipulation « gene drive » des moustiques peut se retourner contre nous. Relâcher le « gene drive » dans la nature, c’est mettre à disposition de la nature des nouveaux propulseurs de mutations génétiques, pour le meilleur et pour le pire. Le « gene drive » n’est pas une simple entité physique, à la manière des pesticides ou des médicaments : il porte une information qui a des conséquences sur la nature, et cette information est capable, en dehors de notre contrôle, de se modifier, mélanger et se répandre. Un peu comme une phrase qu’on n’aurait pas voulu dire : une fois lâchée, on ne peut la récupérer.

Une fois les cassettes « gene drive » relâchées dans la nature, nous n’avons plus les moyens de les éradiquer. Alors qu’il est possible d’arrêter l’épandage d’herbicides, on ne peut pas éliminer les cassettes « gene drive » sans laisser de traces dans le génome. Pour maîtriser le « gene drive », il a été préconisé d’utiliser des cassettes « gene drive » garde-fous qui pourraient restaurer la séquence d’ADN originale, au cas où on veuille finalement arrêter le « gene drive ». Mais tous les garde-fous proposés jusqu’à présent (le dernier dans une publication de février 20164) laissent toujours une pseudo-cassette « gene drive » dans les individus. De plus, si un ADN qui confère un avantage aux porteurs s’est déjà inséré dans la cassette « gene drive », alors c’est trop tard : le « gene drive » garde-fou ne pourra pas contrer le processus car il ne sera pas aussi avantageux que le « gene drive » qu’on aimerait supprimer.

En conclusion, les garde-fous qui ont été proposés jusqu’à présent ne sont pas totalement convaincants. Le risque que la cassette « gene drive » nous échappe est réel : il ne doit pas être négligé.

Des effets nets et précis à l’échelle moléculaire, mais flous à l’échelle des écosystèmes

Au niveau moléculaire, les techniques CRISPR et « gene drive » sont extrêmement efficaces, précises et sans erreur. A cette hyper-maîtrise à l’échelle moléculaire s’oppose un savoir très hypothétique concernant les effets de « gene drive » à l’échelle des populations et des écosystèmes (risque (3)). Les biologistes qui ont mis au point la technologie « gene drive » sont des spécialistes de la biologie moléculaire. Ils ne connaissent ni l’écologie ni la dynamique des écosystèmes. Or il faut connaître les paramètres de dynamique démographique et de reproduction de la population en question si on veut modéliser l ’effet du « gene drive » dans cette population. Il faut aussi connaître ses relations écologiques complexes avec les autres espèces de la communauté biotique pour pouvoir estimer l’impact, à l’échelle de l’écosystème, d’un lâché d’individus « gene drive ». Malheureusement, ces paramètres ne sont connus pour aucune des espèces pour lesquelles la technique « gene drive » est envisagée.

Le terme « gene editing » est souvent employé pour parler de CRISPR, afin de souligner son efficacité et sa précision remarquable. Le fait même d’exercer un contrôle remarquable au niveau microscopique rend invisible l’absence de contrôle au niveau macroscopique, de l’organisme, de la population et de l’écosystème.

Les biologistes qui proposent dès maintenant et sans analyse approfondie de relâcher des organismes « gene drive » dans la nature ont une particularité : s’ils connaissent bien l’échelle moléculaire des causes et de la manipulation génétique, ils sont beaucoup plus ignorants à l’échelle macroscopique des effets écologiques, là où se joueront les conséquences importantes de l’action. Parce qu’ils sont la plupart du temps biologistes moléculaires d’abord, mais surtout parce que le niveau écosystémique est enchevêtré, et que les modèles scientifiques pour prédire le devenir de ces systèmes complexes avec exactitude sont encore manquants. En conséquence, les biotechnologies CRISPR et « gene drive » confèrent à ses manipulateurs, à l’égard du vivant, un pouvoir de dieux myopes.

Ce qui manque aujourd’hui au débat scientifique sur le « gene drive », c’est une pensée relationnelle systémique et complexe, armée de l’humilité et la patience caractéristique des approches d’écologie scientifique. De même, il manque un débat éthique sur les conditions morales et les droits d’une domestication par les humains (au sens précis de transformation de leurs caractères à notre avantage) de toutes les espèces de la biosphère. C’est pour cela que les législateurs devraient mettre en place tous les dispositifs légaux nécessaires pour geler ou ralentir l’utilisation de ces dispositifs en condition réelle (car dans l’immense majorité des cas, il n’y a aucune urgence à appliquer ces techniques), ou les limiter drastiquement à des cas particuliers lorsque l’urgence est manifeste (le cas du paludisme5 exige un débat), pour donner le temps à la société civile de réfléchir collectivement à ce qu’elle veut faire de cet outil, avant que des intérêts particuliers peu prévoyants ne commettent des dommages irréparables à la biosphère.

Pour ou contre le lâcher de moustiques « gene drive » résistants au parasite Plasmodium pour éradiquer le paludisme ? POUR

- moins cher que les techniques actuelles (élimination des points d’eau qui constituent les gîtes larvaires, moustiquaires, insecticides, vaccins, mâles stériles)

- potentiellement plus rapide que les techniques actuelles

- potentiellement plus efficace que les techniques actuelles

CONTRE

- la cassette « gene drive » peut échapper à notre contrôle (risques 1 et 2)

- impacts sur l’écosystème non chiffrés (risque 3)

- potentiellement moins efficace que prévu (apparition de gènes de résistances au « gene drive » dans les populations (ce risque a été relativement bien évalué par rapport aux autres risques et les chercheurs ont mis au point plusieurs moyens de s’affranchir de ce risque), réservoirs d’espèces cryptiques ou de populations qui ne s’hybrident pas avec les individus « gene drive » introduits).

moustique Anopheles transgéniqueMoustique Anopheles gambiae transgénique exprimant la protéine fluorescente YFP dans les yeux. ©Émilie Pondeville

Pourquoi le débat est urgent

Tout va très vite :

2003 : premiers modèles théoriques du « gene drive » , mais les moyens génétiques de le faire n’existent pas6.

2012-2013 : développement de la technologie CRISPR : possibilité de couper l’ADN à n’importe quel site choisi grâce à seulement deux éléments : une protéine Cas-9 et un ARN guide (alors que les bactéries utilisent une protéine Cas-9 et deux ARN différents)7,8.

avril 2015
 : 1ère publication sur d’organismes « gene drive », des mouches drosophiles de laboratoire9.
novembre 2015 : les premiers moustiques de laboratoire « gene drive » qui sont résistants au parasite vecteur du paludisme10.

décembre 2015 : les premiers moustiques de laboratoire « gene drive » qui sont femelle-stériles et qui pourraient permettre l’extinction des populations de moustiques11.

mars 2015 : l’OMS a accepté le relarguage de moustiques OGM Oxitec dans la nature12. Ces moustiques ont été produits par les techniques traditionnelles de manipulation génétique (sans CRISPR et sans « gene drive »).

Il est grand temps de réagir

La fondation Bill et Melinda Gates a déjà engagé plus de 40 millions de dollars pour essayer de fabriquer des moustiques « gene drive » qui permettraient d’éradiquer le paludisme13. La fondation Gates espère mettre au point la technologie et la laisser ensuite à disposition aux pays d’Afrique en leur laissant le choix de décider ou non si ils veulent prendre le risque de l’utiliser. Mais le « gene drive » ne respecte pas les frontières entre pays. La décision doit-elle être véritablement être prise à l’échelle d’un seul pays voire d’un seul continent ? Il est grand temps d’ouvrir le débat à l’échelle planétaire, en impliquant des scientifiques et des non scientifiques. Les enjeux ne sont pas seulement écologiques, sanitaires et civilisationnels : ils sont urgents.

Références


1. Rapport de la NASA de février 2016 (p. 9).

2. Esvelt, K. M., Smidler, A. L., Catteruccia, F., & Church, G. M. (2014). Concerning RNA-guided gene drives for the alteration of wild populations.Elife,3, e03401.

3. G. Church, interview du 30/03/2016, Edge.

4. Wu, B., Luo, L., & Gao, X. J. (2016). Cas9-triggered chain ablation of cas9 as a gene drive brake.Nature biotechnology,34(2), 137-138.


5. Rapport de l’OMS sur le paludisme, décembre 2013.


6. Burt, A. (2003). Site-specific selfish genes as tools for the control and genetic engineering of natural populations.Proceedings of the Royal Society of London B : Biological Sciences,270(1518), 921-928.

7. Mali, P., Yang, L., Esvelt, K. M., Aach, J., Guell, M., DiCarlo, J. E., ... & Church, G. M. (2013). RNA-guided human genome engineering via Cas9.Science,339(6121), 823-826.

8. Cong, L., Ran, F. A., Cox, D., Lin, S., Barretto, R., Habib, N., ... & Zhang, F. (2013). Multiplex genome engineering using CRISPR/Cas systems.Science,339(6121), 819-823.

9. Gantz, V. M., & Bier, E. (2015). The mutagenic chain reaction : a method for converting heterozygous to homozygous mutations.Science,348(6233), 442-444.

10. Gantz, V. M., Jasinskiene, N., Tatarenkova, O., Fazekas, A., Macias, V. M., Bier, E., & James, A. A. (2015). Highly efficient Cas9-mediated gene drive for population modification of the malaria vector mosquito Anopheles stephensi.Proceedings of the National Academy of Sciences,112(49), E6736-E6743.


11. Hammond, A., Galizi, R., Kyrou, K., Simoni, A., Siniscalchi, C., Katsanos, D., ... & Burt, A. (2016). A CRISPR-Cas9 gene drive system targeting female reproduction in the malaria mosquito vector Anopheles gambiae.Nature biotechnology,34(1), 78-83.


12. Kelland K., WHO Backs Trials of Bacteria, Genetic Modification to Fight Zika Mosquitoes.Scientific American. 21 mars 2016.

13. Regalado A, The Extinction Invention.MIT Technology Review. 13 avril 2016.

Source : https://www.normalesup.org/ vorgogoz/gene-drive.html

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7.
Gene Drive (1) : y a-t-il un pilote au volant ? Par c.audebert > Visit Authors Websitehttp://www.biorigami.com/?p=7126- 22 août 2016 - Document ‘Biorigami’

A moins de sortir d’une longue phase d’hibernation, tout un chacun aura eu les oreilles rebattues par les applications liées à la technologie CRIPSR/Cas9, la révolution de l’édition de gènes (comprenez modification). Plus facile à mettre en oeuvre que les technologies TALEN et autres nucléases doigt de zinc (voir la table ci-dessous), cette technologie est tout à la fois moins onéreuse et nettement plus efficace. Cette technologie est souvent comparée, du fait de sa précision d’utilisation, à une méthode de micro-chirurgie. Un nombre exponentiel d’articles scientifiques et non scientifiques font le panégyrique de cette révolution qui est la conséquences des travaux de Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier. Ces dernières ont permis de configurer cette technologie à partir de l’élucidation d’un mécanisme de vaccination primitif bactérien (nous reviendrons sur ce point fondamental dans un futur article).

Technologie

Première utilisation

Première application sur animaux vivants

Echelle de temps pour la mise en œuvre

Zinc finger nucleases 1996 2002 mois / année
TALENs 2010-2011 2011 semaines
CRISPR/Cas9 2012 2012-2013 jours

Donc non ! il ne s’agit pas ici uniquement de contribuer à l’enthousiasme, certes communicatif, de cette révolution dans le domaine des biotechnologies qui est lui-même friand de ces révolutions qui se succèdent les unes aux autres… Il s’agit dans ce premier article abordant CRISPR/Cas9 de proposer un début de décryptage de ce qui se cache derrière la terminologie de Gene Drive, application de CRISPR/Cas9. Cette terminologie est encore une fois peu aisée à traduire à mi-chemin entre le pilotage et le forçage génétique. Quoi qu’il en soit derrière l’appellation Gene Drive, se cache une technologie qui mérite que l’on s’arrête pour pousser plus avant la réflexion, tant l’enfer est pavé de bonnes intentions… Pour faire monter la pression, il faut savoir que James Clapper, le directeur du renseignement national des États-Unis, a placé la technologie CRISPR mais surtout sa formulation « Gene Drive » au niveau des armes de destruction massive… rien que ça.

Gene Drive, technologiquement concentre dans une cassette, l’outil permettant d’accélérer sa propagation (les ciseaux permettant la microchirurgie sont embarqués et encodés au sein même du génome ciblé) ainsi que le gène que l’on souhaite voir introduire au niveau d’une espèce donnée, évidemment cette technologie s’intéresse principalement aux populations sauvages. Ainsi cette cassette possède sa propre capacité de propagation, échappant aux lois de Mendel. Correctement encodée au sein d’une partie de population « augmentée ou diminuée », une dizaine de générations d’individus se reproduisant de façon sexuée permet de faire en sorte que la cassette a contaminé l’intégralité ou l’extrême majorité de la population sauvage (voir le schéma ci-dessous). L’exemple souvent développé, sponsorisé par la Fondation Bill-et-Melinda-Gates, consiste à proposer aux dirigeants africains des anophèles modifiés par cette technologie pour être résistants au parasite, Plasmodium falciparum, l’agent du paludisme. Rappelons que 650 000 personnes meurent chaque année de la malaria (rapport OMS de 2013), principalement sur le continent africain. Toujours dans les bons coups, Bill, pour soigner son karma ! Ce dernier oublie néanmoins que le moustique génétiquement modifié agent mutagène puisque porteur de la cassette Gene Drive ne s’arrête pas aux frontières… mais qu’importe le moyen technologique existe donc que ne serions nous pas de fâcheux obscurantistes à réfléchir aux conséquences de l’utilisation de cette technologie avant de l’employer la fleur au fusil. Les « obscures rabat-joie » souvent du côté des écologues s’opposent aux biologistes moléculaires, rapides prescripteurs d’une technologie prometteuse pour éradiquer un nombre substantiel de fléaux, quitte à modifier durablement la nature pour l’intérêt supérieur humain ou parfois même pour l’intérêt supérieur de quelques uns…

 

moustique_gene_drive

La technologie Gene Drive peut être utilisée pour :

• Éradiquer les maladies telles que le paludisme, la dengue, la fièvre jaune, virus du Nil occidental, la maladie du sommeil ainsi que beaucoup d’autres en modifiant les espèces d’insectes vecteurs des parasites, virus, bactéries causes de ces maladies

• Éradiquer les espèces envahissantes. Les dix premières espèces envahissantes aux États-Unis causent environ 42 milliards USD de dommages chaque année

• Certains évoquent avec beaucoup d’aplomb, l’utilisation de cette technologie pour une agriculture plus « durable » en inversant la résistance aux pesticides et aux herbicides. Cette fois c’est la plante résistante au glyphosate (la molécule du RoundUp) qui est ciblée.

Que de beaux et bons sentiments… en guise de promesses de cette technologie !

Les limites de la technologie :

• De « nombreuses » générations sont nécessaires pour répandre la mutation dans la population. La durée totale dépend du cycle de reproduction de l’organisme, du nombre d’individus porteurs de la cassette Gene Drive introduit initialement dans la population, de l’efficacité de la cassette et du flux génétique (transfert d’allèles d’une population à une autre). Par exemple, cela pourrait prendre quelques années pour modifier une population d’insectes. Si 10 individus d’une population étaient porteurs d’une cassette Gene Drive parmi une population constante de 100.000 organismes, il faudrait environ 16 générations – environ un an- pour se propager à 99% de la population sous de peu réalistes, conditions optimales.

• Cette technologie est inopérante sur des organismes ne reproduisant pas de façon sexuée comme les bactéries et les virus et aura des problèmes avec les espèces qui peuvent se reproduire de façon sexuée ou non, comme cela peut être le cas pour beaucoup de plantes.

• Certains types d’altérations devraient être réintroduites sans cesse. Par exemple, une cassette Gene Drive engendrant un trait qui est quelque peu nuisible à l’organisme finira par se « briser ». De même, une cassette engendrant une résistance aux herbicides inversée dans une mauvaise herbe aurait à lutter contre la sélection naturelle dans les zones où les herbicides ont été appliqués.

La technologie ouvre donc la boîte de Pandore de la modification génétique de population sauvage. Plus l’intervalle générationnel de la population cible sera court, plus l’objectif d’une population « panmutée » sera facile à atteindre. Ci-dessous vous pourrez avoir un excellent point concernant la technologie à l’aide du travail de « the National Academies of Sciences Engineering and Medicine ».

Textes - Gene Drives on the Horizon Advancing Science, Navigating Uncertainty, and Aligning Research with Public Values

Diaporama - Gene Drives on the Horizon : Advancing Science, Navigating Uncertainty, and Aligning Research with Public Values Public Release Event June 8, 2016.

Tagged with : CRISPRCRISPR/Cas9Gene drive - Source : http://www.biorigami.com/?p=7126

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8.
Moustiques OGM, une arme à double tranchant – Emission de France Inter du vendredi 9 juin 2017 à (re)écouter - Photo : Des moustiques génétiquement modifiés pour combattre certains virus. © Getty / Victor Moriyama

Après les drones chasseurs de moustiques, les moustiques OGM. Une promesse pour lutter contre les maladies qu’ils transmettent comme le paludisme, le chikungunya ou Zika.

Le moustique n’a pas d’amis, sauf Erik Orsenna, auteur de ’La géopolitique du moustique’… Et c’est le plus grand tueur de la planète avec 1 million de morts chaque année à cause des virus ou parasites qu’il transmet à l’homme.

Trouver un moyen de s’en débarrasser, de l’exterminer, c’est l’une des stratégie envisagée parce que les efforts fournis jusqu’ici semblent avoir atteints leurs limites. Moustiquaires imprégnées, insecticides, assèchement des zones humides … on fait beaucoup et cela donne des résultats puisqu’en 15 ans, la mortalité due au paludisme a chuté de 60% mais les progrès marquent le pas.

Des résistances aux insecticides se développent, il n’existe toujours pas de vaccin et à cause du changement climatique, les insectes étendent leur territoire.En France, le moustique-tigre, responsable du Chikungunya est désormais présent dans un tiers des départements. Dans les zones où il est déjà présent, l’insecte a tendance à monter en altitude, exposant des populations qui ne savent pas s’en protéger.

Moustiques devenus stériles

L’idée est donc de ’fabriquer’ des moustiques génétiquement modifiées. C’est ce que fait Oxitec, une société britannique née en 2002 et issue d’un laboratoire de l’université d’Oxford. Elle produit des moustiques mâles dont elle modifie le génome pour les rendre stériles. Comme la femelle ne s’accouple qu’une fois, elle n’a pas de descendance. On fait ainsi chuter la population de moustique.

Le premier lâcher a eu il y a 8 ans aux iles CaÏman , financé par la fondation Bill et Melinda Gates. Puis d’autres essais ont eu lieu en Malaisie, au Brésil , au Panama et en Floride. Des essais pour valider la technique. car, il ne faut pas oublier l’obligation à chaque espèce de moustiques de développer un OGM spécifique.

Une autre stratégie, non OGM, vise à infecter le moustique avec une bactérie, le wolbachia, pour rendre là encore incompatible la reproduction. La Polynésie a testé. La Nouvelle-Calédonie s’apprête à le faire.

Pour quels résultats ?

Ils sont variables c’est pourquoi certains pays ont abandonné les essais. Certes le nombre de moustiques diminue , mais l’évaluation sanitaire complète reste à faire. Y a t-il moins de malades au bout ? On ne sait pas. Quelles conséquences plus globales sur l’homme et l’environnement ? on ne sait pas plus. C’est ce qui a conduit cette semaine, dans l’avis qu’il a rendu, le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) à se montrer très prudent.

Ce n’est pas une solution miracle

Pour le HCB, il reste beaucoup d’incertitudes à lever. Notamment pour les impacts sanitaires et environnementaux. Ensuite, selon cette instance, ces moustiques génétiquement modifiés ne devraient être pensés que comme l’un des outils de lutte. Il met en garde contre une vision erronée des nouvelles technologies. Il faut veiller à ce qu’elle ne conduise par à une dés-appropriation du sujet par les populations qui , s’en remettant au nouveau moyen de lutte, abandonneraient les réflexes traditionnels, lesquels restent efficaces.

Le HCB souligne que ce n’est pas un moyen adapté aux situations de crise comme Zika l’an passé. Ce nouvel outil dans la lutte s’inscrit dans le long terme. De même qu’il faut veiller à ce que la réglementation soit strictement appliquée et les autorisations demandées. Dans le cas du Wolbachia, le flou juridique qui demeure mériterait d’être levé selon le HCB.

Impliquer la société

Enfin, il est indispensable d’impliquer la société dans les processus de décisions et de suivi. La réticence des Européens vis-à-vis des OGM végétaux montre que sans débat, inutile d’espérer le succès de ces moustiques.

Mots-clés : Idées– Source : https://www.franceinter.fr/emissions/futur-proche/futur-proche-09-juin-2017

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9.
Le virus du Nil se propage dans les Alpes-Maritimes mardi 25 septembre 2018 à 6:19 - Mis à jour le mardi 25 septembre 2018 à 11:05 Par Sébastien Germain et Violaine Ill, France Bleu Azur et France Bleu

Le virus du Nil (West Nile) se propage dans les Alpes-Maritimes, il est transmis par les moustiques. L’ARS poursuit ’des investigations complémentaires [...] afin de documenter la circulation du virus sur le pourtour méditerranéen’. Photo : Un nouveau virus se transmet par les moustiques dans les Alpes-Maritimes. © Maxppp

Nice – France - L’Agence Régionale de Santé alerte les habitants des Alpes-Maritimes. Il faut éviter de se faire piquer. Selon l’ARS, le virus du Nil se propage. 20 cas sont recensés à ce jour contre neuf cas le 31 août dernier. Quasiment tous sont dans les Alpes-Maritimes. L’ARS a indiqué que ’des investigations complémentaires sont actuellement menées par les autorités afin de documenter la circulation du virus sur le pourtour méditerranéen’.

Un virus également très présent en Italie et en Grèce et pour la première fois dans le Vaucluse. En région PACA, trois malades avec une atteinte neurologique ont été hospitalisés, mais sont en voie de guérison. Cette maladie est transmise, non pas par le moustique tigre, mais le moustique le plus commun. Le Culex, il pique le soir avec un son caractéristique. Un moustique contaminé par des oiseaux infectés. La maladie peut se manifester comme une grippe avec de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires, et plus rarement par des complications neurologiques graves. 

L’agence régionale de santé PACA recommande à chacun de se protéger contre les piqûres de moustiques, surtout les personnes fragiles.

Mots-clés : maladie - Sur le même sujet

Santé – Sciences Université de Strasbourg : 60.000 moustiques à l’étude à l’insectarium France Bleu - Nous contacter Charte de modération Nos fréquences Nos podcasts Application mobile Newsletter – Source : https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/un-virus-se-propage-dans-les-alpes-maritimes-1537849176

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10.
Virus West Nile : la surveillance est renforcée autour des chevaux dans le Var et les Alpes-Maritimes Par la rédaction de ‘Var Matin’- Mis à jour le 08/10/2018 à 23:01 Publié le 08/10/2018 à 22:43 - Illustration. Photo AFP

La surveillance du virus West Nile chez les chevaux est renforcée dans 16 départements, dont le Var et les Alpes-Maritimes, après la mort d’un équidé en Corse.

Six cas de fièvre West Nile ont été confirmés sur des chevaux dans le Gard et en Haute-Corse. Pour le moment, il n’y a pas de cas en Paca. Mais la surveillance est accrue dans 16 départements, dont le Var et les Alpes-Maritimes.

En Corse, un premier cas chez le cheval a été confirmé en septembre dernier. L’animal présentait les signes neurologiques suivants : ataxie, refus de se relever, tremblements, tachycardie... Il a dû être euthanasié.

Lorsqu’un cheval est contaminé, il ne présente le plus souvent qu’un simple état de fièvre. La guérison s’opère en 20 à 30 jours, et l’animal est ensuite immunisé.

La fièvre West Nile, également connue sous le nom de ’maladie à virus du Nil Occidental’ est une maladie virale, transmise par les moustiques (essentiellement du genre Culex) qui se contaminent exclusivement au contact d’oiseaux infectés qu’ils ont piqués pendant la période de virémie (virus présent dans le sang). 

>> LIRE AUSSI. De nouveaux cas d’infection au virus West Nile signalés dans la région

Source : https://www.varmatin.com/sante/virus-west-nile-la-surveillance-est-renforcee-autour-des-chevaux-dans-le-var-et-les-alpes-maritimes-267358

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Traduction avec compléments entre […] et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 10
/02/2019

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Biologie In lab tests this gene drive wiped out a population of mosquitoes French version.2

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti.

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