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"Ce que les pesticides dans notre urine nous disent à propos des aliments de l’agriculture biologique" par GMWatch

Traduction et compléments de Jacques Hallard
dimanche 7 avril 2019 par GM Watch


ISIAS Pesticides

Ce que les pesticides dans notre urine nous disent à propos des aliments de l’agriculture biologique

L’article d’origine a été publié par GMWatch le 19 février 2019 sous le titre « What the pesticides in our urine tell us about organic food  » et il est accesisble sur ce site : https://www.gmwatch.org/en/news/latest-news/18774-what-the-pesticides-in-our-urine-tell-us-about-organic-food

Assorted Organic Vegetables

Après seulement deux semaines de régime bio, les concentrations de pesticides dans les urines ont chuté de 49 à 95%.

L’étude présentée dans l’article réalisé confirme les conclusions d’études précédentes, à savoir que la consommation de produits issus de l’agriculture biologique réduit considérablement les concentrations des pesticides dans l’urine.

Seules, les preuves provenant d’études contrôlées, montrent qu’un tel changement de régime alimentaire présente des avantages mesurables pour la santé, et permettront d’atteindre un objectif significatif de changements politiques que les auteurs de l’article ci-dessous veulent entrevoir.

D’après les expériences de médecins et de pédiatres aux États-Unis, qui prescrivent des régimes biologiques à leurs patients et constatent des améliorations dans de nombreux états pathologiques en l’espace de 2 à 3 semaines, il semble probable qu’un changement positif et mesurable se produira, mais ces expériences ne peuvent plus être ignorées par les décideurs politiques sceptiques et que de tels constats soient considérés comme ’anecdotiques’.

Il est temps de passer de l’anecdote aux données, avec des études appropriées qui fourniront des preuves solides du type attendu par les décideurs politiques.
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Référence : Organic diet intervention significantly reduces urinary pesticide levels in U.S. children and adults (Ce que les pesticides dans notre urine nous disent à propos des aliments biologiques) - Carly Hyland, Asa Bradman, Roy Gerona, Sharyle Patton, Igor Zakharevich, Robert B.Gunier, Kendra Klein
Environmental Research Volume 171, April 2019, Pages 568-575
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013935119300246

* Une étude permet de répondre à une question posée par beaucoup d’entre nous au moment de décider d’acheter des aliments biologiques : est-ce que cela fait vraiment une différence ?

Quand Andreina Febres, une mère de deux enfants vivant à Oakland, en Californie, s’est inscrite pour une recherche visant à déterminer si un régime biologique pouvait faire une différence dans la quantité de pesticides détectée dans son corps, elle ne savait pas ce que les chercheurs trouveraient. On découvre que les résultats sont observables après six jours seulement de régime bio ; chaque personne verrait des baisses importantes des taux de ces pesticides, y compris de certains qui sont liés à un risque accru d’autisme, de cancers, de maladie de Parkinson, de cas d’infertilité et d’autres impacts importants sur la santé.

’C’est bien de voir cela avec une telle chute spectaculaire’, a déclaré Febres après avoir constaté les résultats. ’J’aimerais beaucoup pouvoir éliminer ces pesticides de mon corps et de ceux de ma famille’.

Cette étude récemment publiée et révisée par des pairs, aide à répondre à une question qui se pose chez beaucoup d’entre nous au moment de décider comment passer à l’option d’achat au magasin : le bio fait-il vraiment la différence ? Les résultats disent que oui, une grande différence, permettant de vous protéger ainsi contre l’exposition aux pesticides toxiques.

Cette étude, dirigée par des chercheurs de l’Université de Californie, de Berkeley et des ‘Amis de la Terre’ et co-écrite par l’un de nous, a permis de suivre les niveaux de pesticides dans quatre familles de tout le pays pendant deux semaines. Les échantillons d’urine prélevés au cours de l’étude ont été testés pour les pesticides et les produits chimiques dégradés, appelés métabolites.

Les niveaux de tous les pesticides ont diminué de plus de la moitié en moyenne. Des niveaux détectables pour le malathion, un pesticide considéré comme un cancérigène probable pour l’homme, selon l’Organisation mondiale de la santé, a diminué de manière spectaculaire de 95%.

Le malathion n’était que l’un des pesticides découverts dans le cadre de cette étude et faisant partie d’un groupe de produits appelé composé organophosphoré (OP), qui préoccupent depuis longtemps les experts en santé publique en raison de leur impact sur le développement du cerveau des enfants. Créés comme agents neurotoxiques pendant la Seconde Guerre mondiale, les composés organophosphorés ont été associés à des taux accrus d’autisme, de troubles d’apprentissage et à un QI réduit chez les enfants.

L’organophosphoré chlorpyrifos, présent chez tous les membres de la famille, est tellement préoccupant pour la santé publique que l’Environmental Protection Agency (EPA) a prévu de l’interdire en 2017, une proposition qui fut ensuite abandonnée par l’administration Trump. À la suite de l’inaction de l’administration, Hawaii a adopté la première interdiction du chlorpyrifos au niveau de l’État en 2018 ; et la représentante Nydia Velázquez a présenté un projet de loi fédéral pour l’interdire.

Cela nous ramène à la cause du bio. Lorsque vous choisissez des produits issus de l’agriculture biologique, vous avez la garantie qu’ils n’ont pas été cultivés avec du chlorpyrifos ou avec l’un des quelque 900 pesticides de synthèse autorisés dans l’agriculture non biologique. On pense maintenant que beaucoup de ces pesticides sont cancérigènes, agissent sur le système hormonal du corps, perturbent la fertilité, entraînent un retard de développement chez les enfants et la maladie de Parkinson, la dépression ou la maladie d’Alzheimer au cours du vieillissement.

Cette étude montre que la consommation de produits biologiques peut réduire considérablement les pesticides auxquels nous sommes exposés.

Mais nous savons qu’il ne suffit pas de fournir aux gens des informations sur les avantages pour choisir des aliments biologiques. Beaucoup d’entre nous n’ont pas le choix. Aujourd’hui, des milliards de dollars de nos impôts financent une agriculture à forte intensité de pesticides, tandis que les programmes et la recherche sur l’agriculture biologique sont terriblement sous-financés. Cette mauvaise utilisation des fonds publics est l’une des raisons pour lesquelles de nombreuses personnes dans tout le pays n’ont toujours pas accès à la nourriture biologique, ou ne peuvent pas se le permettre.

La représentante (députée) Alexandria Ocasio-Cortez a fait valoir que dans une société moderne, morale et riche, personne ne devrait être trop pauvre pour vivre. Nous pensons qu’il en découle que, dans une telle société, aucun d’entre nous ne devrait être trop pauvre pour se payer des aliments produits sans produits chimiques toxiques et que nous devrions tous pouvoir soutenir une chaîne alimentaire qui protège la santé des agriculteurs, des ouvriers agricoles et des communautés qui sont autrement sur les lignes de front de l’exposition aux pesticides.

[Selon Wikipédia, « Alexandria Ocasio-Cortez [alexanˈdɾia ɔˈkazjɔ koɾˈtes]2, née le 13 octobre 1989 à New York, est une femme politique américaine. Elle est élue le 6 novembre 2018 représentante du 14e district de New York à la Chambre des représentants des États-Unis, devenant la plus jeune représentante jamais élue au Congrès américain. Elle incarne la nouvelle vague démocrate, qui se revendique du socialisme démocratique dans la lignée de Bernie Sanders… » - Photo - Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandria_Ocasio-Cortez ].

Comme l’a expliqué une autre mère participant à l’étude : « La santé ne devrait pas être limitée à notre revenu, à notre éducation, à notre origine éthnique, à notre sexe ou à notre situation géographique. Je pense que tout le monde a le droit de manger des aliments sains et provenant de l’agriculture biologique.

Viser une alimentation issue de l’agriculture biologique pour tous, est-ce trop radical ?

Kendra Klein est responsable scientifique chez ‘Friends of the Earth-US’, une organisation nationale américaine qui œuvre pour créer un monde plus juste et plus sain. Anna Lappé est une auteure à succès et co-directrice nationale de ‘Real Food Media’. Ensemble, ils ont collaboré sur ‘Organic for All’ (le bio pour tous).

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Les faits saillants

• L’alimentation est l’une des principales sources d’exposition aux pesticides.
• Le régime biologique réduit l’exposition aux néonicotinoïdes, aux composés organophosphorés (OP), aux pyréthrinoïdes de synthèse et au 2,4-D chez les familles américaines.
• La plus grande réduction observée concerne le malathion, la clothianidine et le chlorpyrifos.

[D’après Wikipédia, « Le malathion (CAS n° 121-75-5) est un composé organophosphoré parasympathomimétique qui se fixe irréversiblement à la cholinestérase, utilisé comme insecticide neurotoxique. Classé cancérogène probable en 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), c’est un produit peu persistant dans le sol selon l’ANSES, mais il est très écotoxique notamment pour les organismes aquatiques, les abeilles et les oiseaux6, et son principal produit de décomposition, le malaoxon est très toxique. Il est pour ces raisons interdit d’usage dans l’Union européenne, dont en France depuis le 1er décembre 20087. En Guyane, son utilisation a été autorisée dans le cadre d’une dérogation8 provisoire (et controversée) pour lutter contre le moustique Aedes aegypti, vecteur du virus du chikungunya, à la suite de la demande de la préfecture de Guyane (qui concernait le malathion et le fénitrothion (CAS n° 122-14-5)… » Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Malathion ].

[D’après Wikipédia, « La clothianidine est un insecticide de la famille des néonicotinoïdes. La clothianidine est notamment le principe actif du Poncho, insecticide systémique commercialisé par Bayer et Sumitomo. C’est aussi le principal métabolite toxique du thiamétoxame (Syngenta). Elle est interdite sur certaines cultures en Europe avec deux autres principes actifs (imidaclopride et thiaméthoxame) à partir du 1er décembre 20132, en raison de leur probable responsabilité dans la mortalité des abeilles et autres pollinisateurs, telle qu’évaluée par l’EFSA en 2013. Plus généralement les insecticides systémiques ont fait l’objet d’une attention croissante de la communauté scientifique du fait de leurs impacts sur la biodiversité et l’agriculture3. Conduite par Jean-Marc Bonmatin (CNRS), une méta-analyse basée sur l’examen de toute la littérature existante concernant les néonicotinoïdes et le fipronil a été publiée fin 2014 par 29 chercheurs indépendants, sous la forme d’un numéro spécial dans Environmental Science and Pollution Research (Bijleveld van Lexmond et al. 2014 [archive]). Ce groupe de scientifiques de la Task Force on Systemic Pesticides [archive] a publié 8 articles scientifiques consécutifs concluant à un impact élevé pour les pollinisateurs (dont les abeilles et bourdons), invertébrés du sol (dont les vers de terre), invertébrés et vertébrés aquatiques (dont les amphibiens) et d’autres vertébrés non cibles (dont les oiseaux) (Van der Sluijs et al. 2014 [archive]). Les néonicotinoïdes sont bien moins actifs sur le système nerveux des mammifères. Toutefois, l’impact sur la santé humaine des néonicotinoïdes reste peu étudié bien que l’Homme soit exposé de façon multiple et chronique au travers de la nourriture (céréales, fruits, légumes...), des boissons (eau, jus de fruits...), insecticides pour animaux (anti-puces et tiques...), traitements des charpentes contre les termites, anti-blattes etc… Interdiction en France : Cette molécule est interdite en France depuis le 1er septembre 20184. Les 55 néonicotinoïdes interdits sont Acétamipride, Clothianidine, Imidaclopride, Thiaclopride et Thiaméthoxame… » Article complet avec références ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Clothianidine ].

[D’après Wikipédia, « Le chlorpyriphos-éthyl (ou chlorpyrifos-éthyl) est une substance active de produit phytosanitaire (ou produit phytopharmaceutique, ou pesticide), qui présente un effet insecticide, et qui appartient à la famille chimique des organophosphorés organochlorés. En France, cette molécule entre dans la composition du Pyristar4 utilisé dans la culture des épinards5, pour lutter contre les insectes (pucerons, chenilles et mouche des semis). Quand on parle dans les médias du chlorpyriphos, il s’agit habituellement du chlorpyriphos-éthyl, à distinguer du chlorpyriphos-méthyl, aux propriétés bien différentes… » Article complet àl ire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chlorpyriphos-%C3%A9thyl ].

Résumé

Le fond

Des études antérieures sur les régimes alimentaires avaient démontré qu’un régime biologique pouvait réduire l’excrétion des métabolites urinaires des pesticides, mais il s’est en grande partie concentré sur les pesticides organophosphorés qui sont de plus en plus utilisés aux États-Unis et dans le monde.

Objectif

Étudier l’impact d’une intervention alimentaire biologique sur les niveaux d’insecticides, d’herbicides et de fongicides ou de leurs métabolites dans l’urine collectée chez l’adulte et l’enfant.

Les méthodes

Nous avons prélevé des échantillons d’urine auprès de quatre familles de différentes cultures et origines raciales et géographiques, avant et après une intervention de régime biologique (n = 16 participants et un total de 158 échantillons d’urine).

Les résultats

Nous avons observé des réductions significatives des taux urinaires de treize métabolites de pesticides et des composés parents d’insecticides OP, de néonicotinoïdes, de pyréthrinoïdes et de l’herbicide 2,4-D (Acide 2,4-dichlorophénoxyacétique ), à la suite à l’introduction d’un régime bio.

Les réductions les plus importantes ont été observées pour les produits suivants :

  • la clothianidine (-82,7%, intervalle de confiance 95% : de -86,6% à -77,6%) ;
  • l’acide dicarboxylique du malathion (MDA), un métabolite du malathion (-95,0% ; IC à 95% : -97,0% à -91,8% ; p < 0.01) ;
  • et le 3,5,6-trichlor-2-pyridinol (TCPy), un métabolite of chlorpyrifos (− 60.7% ; intervalle de confiance 95% : − 69.6%, − 49.2% ; p < 0.01).
    Les composés mères des fongicides boscalid, iprodione et thiabendazole et de l’insecticide néonicotinoïde imidaclopride, n’ont pas été détectés parmi les participants à notre étude.

Conclusion

Cette recherche s’ajoute à un nombre croissant de publications indiquant qu’un régime avec des aliments provenant de l’agriculture biologique, peut réduire l’exposition à une large gamme de pesticides chez les enfants et les adultes. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour évaluer l’exposition par l’alimentation aux néonicotinoïdes, qui constituent désormais la classe des insecticides qui sont les plus largement utilisés dans le monde.

[D’après Wikipédia, « Les néonicotinoïdes sont une classe de produits toxiques employée comme insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes. Ces substances sont utilisées principalement en agriculture pour la protection des plantes (produits phytosanitaires) mais aussi par les particuliers ou les entreprises pour lutter contre les insectes nuisibles à la santé humaine et animale (produits biocides)… » Article à lire en totalité sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9onicotino%C3%AFde ].

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Traductions avec compléments entre […] et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 05/04/2019

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