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"L’herbicide 2,4-D perturbe le microbiome à une dose correspondant à celle des usages professionnels" par GMWatch

dimanche 5 mai 2019 par GM Watch



ISIAS Pesticides

L’herbicide 2,4-D perturbe le microbiome à une dose correspondant à celle des usages professionnels

Ajout d’un rappel sur le microbiome et le microbiote d’après Wikipédia 

Annexe sur l’herbicide 2,4-D

L’article d’origine a été publié le 31 mars 2019 par GMWatch sous le titre « Herbicide 2,4-D disrupts microbiome at occupationally relevant dose » et il est accessible sur ce site : https://www.gmwatch.org/en/news/latest-news/18853-herbicide-2-4-d-disrupts-microbiome-at-occupationally-relevant-dose

Photos - Les chercheurs concluent que la relation entre les polluants environnementaux et le microbiome est sous-estimée.


Une nouvelle étude effectuée chez les souris montre que le 2,4-D, un herbicide utilisé sur les cultures de plantes OGM conçues pour le tolérer (notamment le maïs et le soja), perturbe le microbiome intestinal à des doses inférieures aux niveaux autorisés par la réglementation. Voir le résumé ci-dessous.

On sait maintenant que l’équilibre du microbiome est crucial pour la santé. Il affecte un grand nombre de maladies, de l’obésité à l’anxiété en passant par le cancer.

La nouvelle étude montre que les organismes chargés de la réglementation et des contrôles doivent ajouter les effets sur le microbiome intestinal à l’ensemble des tests requis pour évaluer la toxicité chimique. Ceci n’est pas fait actuellement.

Les études sur les rongeurs sont acceptées comme étant pertinentes pour les risques pour la santé humaine.

Dans une étude précédente, le Roundup, le principal herbicide utilisé sur les cultures de plantes OGM et son ingrédient actif, le glyphosate, avaient un impact sur le microbiome intestinal de rats lorsqu’ils étaient administrés à des doses très faibles, supposées être sans danger. Une autre étude a montré que le glyphosate perturbait le microbiome intestinal des abeilles et augmentait la mortalité des abeilles exposées à un agent pathogène.
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Référence ; Subchronic low-dose 2,4-D exposure changed plasma acylcarnitine levels and induced gut microbiome perturbations in mice (Une exposition subchronique à faible dose de 2,4-D a modifié les taux plasmatiques d’acylcarnitine et induit des perturbations du microbiome intestinal chez la souris) - Pengcheng Tu, Bei Gao, Liang Chi, Yunjia Lai, Xiaoming Bian, Hongyu Ru and Kun Lu - Scientific Reports (2019) 9:4363 - https://doi.org/10.1038/s41598-019-40776-3

Le microbiote intestinal confère divers avantages pour la santé, alors que les produits chimiques environnementaux peuvent affecter sa constitution et sa fonctionnalité, augmentant ainsi le risque de maladies. Dans la présente étude, nous cherchons à évaluer les effets toxiques d’un herbicide très largement utilisé, le 2,4-D (acide 2,4-dichlorophénoxyacétique) sur le microbiome intestinal et l’hôte en utilisant une dose adaptée à l’activité professionnelle.

Un modèle de recherche avec des rongeurs a été utilisé en combinaison avec un séquençage métagénomique et un profil métabolomique pour examiner les altérations induites par une exposition subchronique à faible dose de 2,4-D dans des échantillons de selles et de plasma.

Les résultats de la métagénomique ont révélé une communauté microbienne intestinale distincte avec de profonds changements dans diverses voies microbiennes, notamment la dégradation de l’urée, le métabolisme des acides aminés et des glucides chez les souris traitées au 2,4-D.

[Selon Wikipédia, « La métagénomique est une méthode d’étude du contenu génétique d’échantillons issus d’environnements complexes (ex : intestin, océan, sols, air, etc.) prélevés dans la nature (par opposition à des échantillons cultivés en laboratoire)1. Cette approche, via le séquençage direct de l’ADN présent dans l’échantillon, permet une description génomique du contenu de l’échantillon, mais aussi un aperçu du potentiel fonctionnel d’un environnement. L’utilisation du préfixe « méta » fait référence à « ce qui vient après » ; ici, la métagénomique vient après la génomique en étudiant les organismes directement dans leur environnement sans passer par une étape de culture en laboratoire. À titre d’exemple1 : Indices comparés de biodiversité pour 19 métagénomes marins échantillonnés par l’expédition Global Ocean Sampling Expedition (en), tels qu’analysés avec GenGIS… ». Article complet ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tag%C3%A9nomique ].

De plus, les résultats de la métabolomique ont révélé que les profils métaboliques dans le groupe des animaux traités étaient différenciés du groupe des témoins de contrôle dans les échantillons de selles et de plasma. Des effets toxiques sur l’hôte du 2,4-D à une dose correspondant à celle qui est courante dans l’activité professionnelle ont été observés, ce qui est indiqué par une diminution des concentrations plasmatiques d’acylcarnitine.

Ces découvertes indiquent que le 2,4-D peut être toxique et avoir un impact considérable sur le microbiome intestinal chez la souris à des doses pertinentes correspondant aux usages professionnels, laissant supposer que la relation entre les contaminants environnementaux et le microbiote est largement sous-estimée : ceci appelle à une prise en compte plus complète de la toxicité des expositions professionnelles.

Image associée

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Rappel sur le microbiome et le microbiote d’après Wikipédia 

Microbiome

Le microbiome (du grec micro, «  petit  », et bios, «  vie  ») est l’« aire biotique » (aire de vie) du microbiote, le mot microbiote désignant ici les espèces autrefois regroupées sous le terme « microflore », c’est-à-dire celles qui prédominent ou sont durablement adaptées à la surface et à l’intérieur d’un organisme vivant1. Ce terme est introduit en 2001 par le généticien et microbiologiste américain Joshua Lederberg pour intégrer la notion d’une communauté écologique comprenant symbiotes, commensaux et pathogènes partageant l’espace corporel humain, dans le but de reconnaître leur fonction de déterminants de la santé et de la maladie2. En anglais, le terme microbiome fait référence aux génomes (données génétiques) d’un microbiote. Cette définition ne semble cependant pas faire consensus parmi les auteurs français : d’après Pascale Cossart « on parle de ’microbiote’ pour désigner l’ensemble des espèces microbiennes présentes dans un environnement, et de ’microbiome’ quand il s’agit de l’ensemble des gènes présents dans ce microbiote »3

Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Microbiome

Microbiote

Le microbiote est l’ensemble des micro-organismes (bactéries, microchampignons, protistes, virus) vivant dans un environnement spécifique (appelé microbiome) chez un hôte (animal : zoobiote ; végétal : phytobiote ; aérien : aérobiote) ou une matière (d’origine animale ou végétale).

Photo - Escherichia coli, l’une des espèces bactériennes sous-dominantes du microbiote intestinal

Photo - Candida albicans est l’un des nombreux champignons qui peut naturellement se développer dans l’intestin, contribuant à la digestion, mais pathogène s’il se surdéveloppe ou colonise d’autres organes.

Photo - Toute croissance anormale de cet organisme (Clostridium difficile) est nuisible, voire fatale pour l’hôte.

Les moyens techniques permettant d’étudier le microbiote ont longtemps été limités, seule une minorité d’espèces bactériennes pouvant être cultivée in vitro. La mise au point des techniques de séquençage haut débit du matériel génétique à partir de 2005 ont donné un nouvel élan à cette recherche, avec la construction de banques de clones métagénomiques contenant de grands fragments du métagénome intestinal1. Cette technique a notamment remis en cause le nombre de micro-organismes qui était estimé dans les années 1970 à dix ou cent fois le nombre moyen de cellules de l’organisme humain. Une étude en 20162 évalue le microbiome (constitué essentiellement du microbiote intestinal humain) à environ 39 000 milliards de bactéries et celui des cellules du corps humain moyen à environ 30 000 milliards, le rapport se rapprochant ainsi de 1:1 plutôt que de 10:1 ou 100:1. Chaque humain abriterait 200 à 250 espèces différentes de bactéries3. Ces caractéristiques justifient que le microbiote intestinal, couramment appelé « flore intestinale », soit considéré comme un organe spécifique, et que l’homme symbiotique soit surnommé Homo microbicus4.
Au même titre que le microbiote intestinal (et plus généralement du microbiote de l’organisme humain), il existe également un microbiote chez les végétaux5, et par extension un microbiote du sol (de la rhizosphère notamment6) et de la surface des fruits7 et de l’océan, mais le mot « microbiote » est le plus souvent utilisé pour les animaux.

Un autre pan de la recherche in vivo porte sur les animaux ou les végétaux dont le microbiote est contrôlé puisqu’ils sont étudiés dans un environnement sans bactéries dit gnotobiotique (gnotos, « connu », biota, « biote »)8. La science qui les étudie est la gnobiologie9.

La théorie hologénomique de l’évolution (en) postule que les forces évolutives agissent sur l’holobionte (animal ou plante associé à leurs micro-organismes) et que le devenir évolutif des symbiotes est lié à celui de l’hôte.

La plupart des recherches n’ont pas dépassé le stade exploratoire et les connaissances dans ce domaine ne sont pas scientifiquement établies. Si ces hypothèses scientifiques ouvrent des pistes prometteuses, elles font flamber l’imaginaire de chacun, notamment sur le microbiote intestinal humain et sur le ventre dans la mesure où ce dernier est essentiellement valorisé et approprié dans le circuit de la vulgarisation sans plus de nuances comme étant « le deuxième cerveau »10.

Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Microbiote

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Annexe sur l’herbicide 2,4-D

Selon Wikipédia, « L’acide 2,4-dichlorophénoxyacétique (noté aussi 2,4-D) est un composé organique de formule brute C8H6Cl2O3. C’est un acide fort qui entre, ainsi que ses sels ou esters, en tant que substance active dans la composition d’herbicides. C’est une molécule active contre les adventices dicotylédones mais inactive contre les graminées, qui peut donc être utilisée comme désherbant sélectif pour traiter le gazon et les céréales par exemple. Elle empêche la chute des fruits et agit comme une hormone de croissance (auxine) sur les plantes qui meurent ».

« Comme herbicide, le 2,4-D est classé dans la famille des acides phénoxys, eux-mêmes appartenant au groupe O de la classification HRAC des herbicides, celui des herbicides auxiniques (ou auxines de synthèse), dont le site d’action précis n’est pas élucidé6. C’est un des contaminants de l’eau, des sols, de l’air et des pluies, qu’on retrouve aussi dans l’air intérieur, et adsorbé sur les poussières, sur les moquettes par exemple7. C’était un constituant de l’agent orange, herbicide utilisé à large échelle durant la guerre du Viêt Nam »… Article complet à lire ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_2,4-dichloroph%C3%A9noxyac%C3%A9tique

Voir aussi la fiche toxicologique :

2,4-D, ses sels et esters – INRS- http://www.inrs.fr/publications/bdd/fichetox/fiche.html?refINRS=FICHETOX_208

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Traductions avec compléments entre […] et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 03/04/2019

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

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Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Pesticides Herbicide 2,4-D disrupts microbiome at occupationally relevant dose French version.2

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti.

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