"Inconscient écologique, anxiété climatique, frilosité politique, peur inédite face aux prédictions sur les dérèglements climatiques : des militants malmenés et Nicolas Hulot qui appelle à nouveau chacun, y compris les maires, à l’unité et à l’action déterminée" par Jacques Hallard



ISIAS Climat

Inconscient écologique, anxiété climatique, frilosité politique, peur inédite face aux prédictions sur les dérèglements climatiques : des militants malmenés et Nicolas Hulot qui appelle à nouveau chacun, y compris les maires, à l’unité et à l’action déterminée

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS 30/06/2019

PLAN : Introduction Sommaire Auteur


Introduction

Ce dossier à usage didactique introduit tout d’abord une longue étude de Julien Delord, maître de conférences en histoire et philosophie des sciences à l’Université de Bretagne Occidentale, à Brest : il traite de la notion de la responsabilité collective et individuelle face aux grands bouleversements planétaires, en particulier de ce qui résulte des effets des émissions des gaz à effets de serre sur les dérèglements climatiques qui affecte gravement la planète Terre.

(Re)voir en particulier le contexte du changement environnemental global et des changements globaux dans le cadre des ressources de géographie pour les enseignants : document ‘éduscol Géo-confluences’

Les populations et les gouvernements, bien qu’informés sur la situation et les prédictions émises par les spécialistes du climat, sont en même temps aussi touchés par le niveau d’impréparation et le manque de courage politique pour enclencher des actions qui s’imposent et que les grands sommets internationaux peinent à valider et à faire accepter par les populations.

Le présent dossier présente une douzaine de documents choisis dont les accès et les titres sont indiqués dans le sommaire ci-après

Par ailleurs, le sujet du climat a été travaillé de multiples fois en vue de la mise en ligne des dossiers sur le Site ISIAS. Une sélection d’articles ci-dessous donne une idée des détails déjà abordés :

’Les particuliers peuvent s’engager concrètement dans la transition écologique et bénéficier de conseils divers et d’avantages financiers’ par Jacques Hallard samedi 8 juin 2019 par Hallard Jacques - français

’Malgré la fonte de l’Arctique, l’expansion effrénée du transport aérien est programmée’ par Jacques Hallard dimanche 23 juin 2019 par Hallard Jacques - français

Climat : « il n’est pas trop tard pour agir », par Jacques Hallard - samedi 13 octobre 2018 par Hallard Jacques - français

’Constats, idées, propositions et appels pour tenter de convaincre à combiner d’urgence l’écologie et l’économie afin de limiter les dérèglements climatiques qui affectent la planète terre’ par Jacques Hallard mardi 11 septembre 2018 par Hallard Jacques - français

’S’adapter pour demain aux conditions climatiques locales de la Provence – et d’ailleurs – en vue de la culture estivale des tomates au potager d’amateur’ par Jacques Hallard dimanche 2 septembre 2018 par Hallard Jacques - français

’France - Le plan climat : qu’est-ce que c’est ?’, un dossier de Jacques Hallard samedi 8 juillet 2017 par Hallard Jacques - français

’Retour sur les changements ou dérèglements climatiques. Révision des fondamentaux et aperçu des actions engagées. Mise en perspective d’après Jacques Attali – Partie 2’, par Jacques Hallard mercredi 27 juillet 2016 par Hallard Jacques - français

’Eléments d’une méthode de travail pour l’innovation, une adaptation au changement et à la transition : Partie 5 : Aptitude et rôle de leader pour entraîner un changement avec une communication bienveillante et non violente’ par Jacques Hallard jeudi 3 août 2017 par Hallard Jacques - français

D’une façon plus générale, d’autres documents sélectionnés à partir du mot-clef CLIMAT sont consultables à la fois sur le site ISIAS et sur le site ‘yonne lautre’.

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Sommaire

1. La responsabilité en crise face aux changements globaux-* Mis en ligne sur Cairn.info le 01/03/2016 – Auteur : Julien Delord

2. La sostalgie, ou l’inconscient écologique - Slate.fr — 1er février 2010 à 0h00 ; mis à jour le 02 février 2010 à 9h34

3. Une nouvelle maladie pour les psy : l’anxiété climatique – Psychiatrie culturelle : Consultations pour anxiété climatique - Par Dr Janet Lewis - Article suisse publié le 08.02.2019

4. Réchauffement climatique, frilosité politique - Par Martin Morend, philosophe
Publié mardi 7 mai 2019 à 18:50 - Document ‘letemps.ch’

5. La France n’est pas préparée au « choc climatique » qu’elle subira d’ici à 2050 Par Pierre Le Hir et Audrey Garric - Publié le 16 mai 2019 à 10h30 - Article ‘Le Monde’

6. « Le climat suscite une peur inédite, car elle est planétaire » Propos recueillis par Marc-Olivier Bherer - Publié le 21 juin 2019 à 15h28 - Article ‘Le Monde’

7. Controverse sur le réchauffement climatique selon Wikipédia

8. Accord fragile sur climat au G20 : ’On n’a heureusement pas assisté au pire, mais on l’a frôlé’, déplore le président de Greenpeace France - Mis à jour le 29/06/2019 – Document ‘franceinfo Radio France’

9. Désobéissance civile - Des militants pour le climat délogés par les lacrymogènes sur un pont de Paris – Vidéo 3:16 ajoutée le 29 juin 2019 - LeHuffPost

10. Le mouvement social international ‘Extinction Rebellion’ selon Wikipédia

11. Des militants écologistes évacués violemment par les CRS lors d’un rassemblement pour le climat à Paris - Par Cécile Bouanchaud Publié le 29 juin 2090 à 15h59, mis à jour à 08h44 – Document ‘Le Monde’ PlanèteClimat

12. ’Nous sommes en guerre’ : Nicolas Hulot appelle à l’unité pour ’affronter la réalité climatique’ - Mis à jour le 30/06/2019

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1.
La responsabilité en crise face aux changements globaux - Mis en ligne sur Cairn.info le 01/03/2016 – Auteur : Julien Delord (Chercheur, Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques, Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne-CNRS) - Dans Revue de métaphysique et de morale 2016/1 (N° 89), pages 87 à 102

Résumé Français (English abstract on Cairn International Edition)

Nous montrons qu’aussi bien au niveau individuel qu’au niveau collectif il est très difficile de trouver des responsables clairement identifiés pour les émissions passées de gaz à effet de serre. La notion même de responsabilité semble inapplicable, voire contreproductive, lorsqu’elle est appliquée à la question générale des changements climatiques. Nous défendons plutôt une notion de responsabilité future et de dette positive sur la base d’une expérience de pensée, le « vulcanocène », qui dédouane les hommes de toute responsabilité causale en matière de changements climatiques.

1 L’idée d’anthropocène rend l’espèce humaine causalement responsable de bouleversements biogéologiques planétaires. Au premier chef, les changements climatiques (CC) induits par l’augmentation de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère. Quoi que l’on puisse trouver à redire sur les implications philosophiques et politiques des discours relatifs à l’anthropocène [1][1]Voir l’article de M.-H. Parizeau dans ce numéro., dans la mesure où Homo sapiens est un être social qui a colonisé de larges parts de la surface terrestre, il serait du même ordre de contester la responsabilité causale de l’anthropocène à l’ensemble de l’humanité qu’il y aurait à discriminer entre les catégories de termites pour savoir lesquels sont « responsables » de la construction de ces édifices remarquables que sont les termitières. L’humanité entière, en tant que nexus ininterrompu de causes et d’effets environnementaux de plus ou moins grande amplitude, est causalement solidaire des changements biogéologiques que nous nommons anthropocène.

2 Pourtant, il serait malhonnête de nier que les générations récentes, et parmi elles, les classes supérieures en termes de pouvoirs socio-économiques ont un impact écologique bien plus important que les générations anciennes et que les humains les plus démunis. Ce que visent en réalité les sceptiques de l’idée d’anthropocène est la responsabilité non pas causale, mais bien pratique ou morale au sens large. Or, nous souhaitons démontrer dans la réflexion qui suit que cette notion de responsabilité morale est largement inadéquate à saisir le caractère inédit des aspects normatifs du changement climatique en montrant qu’elle est soit infondée, soit inefficace, et cela aussi bien au niveau de la responsabilité individuelle que de la responsabilité collective. En développant une expérience de pensée, nous montrerons en quoi la recherche de responsabilités passées en matière d’évitement et d’atténuation des changements climatiques est même contreproductive.

La notion de responsabilité morale

3 Selon Dale Jamieson [2][2] D. Jamieson, « Climate Change, Responsibility, and Justice »,…, le cas paradigmatique de la responsabilité morale consisterait en « un individu agissant intentionnellement [qui] nuit à un autre ; les individus aussi bien que le dommage sont identifiables ; les individus et le dommage sont reliés étroitement dans le temps et dans l’espace ». Or, selon Stephen Gardiner [3][3]S. Gardiner, « Is no One Responsible for Global Environmental… et Walter Sinnott-Armstrong [4][4]W. Sinnott-Armstrong, « It’s not my Fault : Global Warming and…, on peut caractériser le problème moral des changements climatiques (CC) comme suit : un nombre important de personnes depuis quelques décennies jusqu’à aujourd’hui, plutôt riches, émettent de manière non intentionnelle une quantité faible de GES qui, additionnés, vont augmenter sérieusement dans un futur plus ou moins lointain et principalement dans des pays éloignés et pauvres les risques de dommages environnementaux graves tels que inondations, dégâts cycloniques, sécheresses, etc.

4 Sur la base de ce constat, Jamieson affirme qu’en matière d’attribution de responsabilité pour le changement climatique il devient difficile d’identifier clairement les agents, les victimes ainsi que le lien causal entre les deux.

5 Peut-on dès lors se reposer sur la notion de responsabilité morale pour nous aider à juger de ce qui est bien ou juste en matière de gestion du climat et des émissions de GES ?

6 L’intérêt de la notion de responsabilité morale est certes multiple : il s’agit d’une notion morale largement répandue, comprise et mise en œuvre instinctivement par tous. Qui plus est, juger quelqu’un responsable d’un acte, c’est l’obliger à répondre de son acte. Le jugement de responsabilité possède ainsi une force d’obligation que ne possèdent pas d’autres propriétés morales (comme l’indignation par exemple). Si quelqu’un est reconnu responsable d’insultes, il ne s’agit pas simplement de s’indigner de son caractère ou de ses intentions, mais d’attendre de lui une réaction, de contrition par exemple. Dans une problématique comme les CC, chercher à établir des responsabilités à l’échelle de la planète, c’est par là même imputer des obligations d’agir (ou de ne plus agir, ou d’agir différemment), et sans autre motif, aux responsables.

7 Enfin, par le lien de causalité qui relie les actions et les dommages des protagonistes, la responsabilité possède une dimension épistémique objective (la connaissance de la chaîne des événements qui a conduit à attribuer au responsable l’origine d’un dommage) qui ferait défaut à bien d’autres approches éthiques.

8 Ces propriétés inhérentes à la notion de responsabilité cachent pourtant de nombreuses faiblesses, qui ne peuvent manquer d’apparaître face à des cas limites comme celui des changements globaux. Pour la suite, nous avons choisi d’articuler notre analyse critique de l’idée de responsabilité des CC au niveau individuel dans un premier temps, et au niveau collectif dans un second temps, principalement sur la base d’une analyse rétrospective.

Responsabilité individuelle du changement climatique

9 Devant l’inaction des gouvernements mondiaux à se coordonner pour réduire les émissions de GES et prévenir les risques des CC, il est tentant de ramener la responsabilité de ces désordres environnementaux à l’individu, atome et dépositaire de toute conscience morale. Ainsi, du petit enfant bengali au milliardaire qatari, nous rejetons tous une certaine quantité de GES dans l’atmosphère. Sur quels critères alors identifier les individus « réellement » responsables ?

10 La première hypothèse de partition généralement proposée vise en priorité les citoyens des pays riches sur la base des émissions nationales par habitant. Outre que se posent d’emblée des questions sur l’inclusion ou non des émissions historiques, des périodes de référence choisies, des émissions directes ou indirectes et autres subtilités arithmétiques, ce type de calcul, en réalité, ne répond pas à la question posée au départ qui était celle de la responsabilité individuelle. En effet, la part d’émissions par individu dérive des émissions du collectif auquel il appartient, et ce type de responsabilité sera traité dans la partie suivante.

11 Une deuxième hypothèse, d’inspiration cosmopolitique, reviendrait à incriminer les humains qui, à l’échelle de la planète, émettent plus que la moyenne mondiale. Mais là encore, n’est-ce pas irréaliste comme le souligne Stephen Gardiner [5][5]S. Gardiner, « Is no One Responsible… », op. cit. de faire abstraction du mode de vie actuel d’un pays, tels les États-Unis, où les infrastructures ne rendent guère possible une existence décarbonée, sauf à renoncer à toute vie économique et sociale ?

12 Troisième hypothèse : peut-être faut-il dès lors se focaliser sur les individus qui gaspillent les ressources fossiles et émettent des GES évitables, des émissions de « luxe » [6][6]H. Shue, « Subsistence Emissions and Luxury Emissions », Law… : prendre l’avion pour passer des vacances sous les tropiques ou faire un tour en 4x4 le dimanche pour le plaisir. Or, si cette dernière activité paraît vraiment superflue, et donc potentiellement condamnable du point de vue moral, Sinnott-Armstrong [7][7]W. Sinnott-Armstrong, « It’s not my Fault… », op. cit. en fait le cas paradigmatique d’une action individuelle qui résiste à toute tentative d’imputation de responsabilité [8][8]Plus précisément, Sinnott-Armstrong montre qu’aucun principe….

13 Voici quelques-uns de ses arguments. Tout d’abord, une personne qui conduit n’a pas l’intention de causer un dommage, quand bien même elle serait consciente des effets des GES. L’infime quantité de GES que cette personne émet n’aura aucun effet sur le déclenchement ou non de catastrophes climatiques dans cinquante ou cent ans ; inversement, s’abstenir de conduire le dimanche n’aidera en rien à diminuer le problème.

14 Effectuer un tour de voiture le dimanche n’est ni nécessaire ni suffisant pour provoquer ou même aggraver les CC, donc ce type d’action individuelle ne peut être tenu pour causalement lié à un dommage. De plus, émettre des GES dans ces conditions n’est en rien un acte inhabituel susceptible de constituer une différence causale dans une chaîne d’événements qui va éventuellement générer des nuisances [9][9]Une cause signifiante d’un point de vue moral peut être une….

15 Les propositions de l’article, assez provocatrices il est vrai, de Sinnott-Armstrong ont subi de nombreuses tentatives de réfutation. John Nolt [10][10]J. Nolt, « The Individual’s Obligation to Relinquish… juge que toute émission de GES non nécessaire contribue à atteindre un seuil au-delà duquel des changements catastrophiques vont causer des dommages sérieux et rapides. Dans la mesure où le système climatique aurait franchi ce seuil de dangerosité, tout le monde devrait se sentir responsable de sa contribution aux catastrophes climatiques. Selon Steve Vanderheiden [11][11]S. Vanderheiden, « Climate Change and the Challenge of Moral…, qui se réfère à un argument de Derek Parfit [12][12]D. Parfit, Reasons and Persons, Oxford, Clarendon Press, 1984., la croyance que des effets imperceptibles ne comptent pas moralement est fausse, même si les personnes affectées ne peuvent pas même identifier le dommage qu’elles subissent. Ces contre-arguments, aussi cohérents soient-ils en théorie, restent néanmoins déraisonnablement exigeants en pratique : en calquant la responsabilité morale sur la causalité d’un phénomène sensible aux conditions initiales – tel le fameux battement d’aile de papillon à l’origine d’un ouragan dans la théorie des systèmes critiques de Lorenz [13][13]E. N. Lorenz, « Un battement d’aile de papillon au Brésil… – Vanderheiden et Nolt rendent à peu près toute action humaine condamnable qui dévierait, même de façon minime, de la survie pure !

16 Une autre tentative, moins maximaliste, de contrer les arguments de Sinnott-Armstrong consiste à rapporter le dilemme de l’émission individuelle de GES à une situation proche de la théorie du choix social, le « paradoxe du vote ». Dans le cadre d’une élection – présidentielle par exemple – les chances que l’élection se joue à quelques voix près est infime ; mon vote n’est, en toute logique, ni suffisant, ni nécessaire pour élire le président, car en cas d’abstention de ma part, le même président serait élu [14][14]S. Vanderheiden, op. cit., effectue la même comparaison. Il…. D’un point de vue conséquentialiste, il n’est effectivement ni irrationnel ni irresponsable de ma part de m’abstenir. Mais, selon Raymond Boudon [15][15]R. Boudon, « Le paradoxe du vote et la théorie de la…, l’explication de la participation au vote relève d’une rationalité axiologique, basée non sur un jugement d’utilité, mais sur un jugement relatif à la valeur des principes de l’action. Ne pas voter est moralement blâmable, parce que cette omission porte un préjudice immédiat à notre contrat social. Peut-on rapporter de même l’émission inutile de GES, même mineure, à la transgression irresponsable d’un principe relatif aux valeurs de l’action ? Sinnott-Armstrong montre qu’il n’en est rien dans la mesure où son petit tour en 4x4 ne contrevient à aucun principe collectif moral, sauf à remettre en cause des principes moraux bien plus précieux : la liberté de se déplacer, le droit de jouissance individuel dans le respect d’autrui, etc. Néanmoins, Sinnott-Armstrong affirme qu’on peut légitimement conduire sa voiture thermique pour le plaisir le dimanche et être convaincu que le gouvernement devrait se soucier de limitation des émissions de GES. « Il vaut mieux profiter d’un tour de voiture le dimanche tout en contribuant à changer la loi, laquelle rendra illégal le plaisir de votre tour de voiture dominical [16][16]W. Sinnott-Armstrong, « It’s not my Fault… », op. cit., p. 304.. »

17 Si la conclusion de l’article de Sinnott-Armstrong laisse croire que la finalité de sa réflexion est avant tout pragmatique, ses arguments n’en visent pas moins la légitimité de l’imputation d’une responsabilité individuelle en matière de CC. Son travail discrédite une stratégie souvent employée – et peu justifiée – par les éthiciens du climat, à savoir l’assignation descendante des responsabilités individuelles : cela consiste à partir des conséquences collectives d’actions ou de décisions agrégées pour distribuer ensuite la responsabilité individuelle aux membres du groupe. Cette responsabilité descendante concernerait ainsi soit les actions, soit les intentions (à travers les élections par exemple) de chaque membre du collectif en lien avec l’émission de GES ; plus encore, la seule acceptation tacite des règles normatives qui régissent un fonctionnement social indifférent aux changements globaux suffirait à engager la responsabilité des individus comme le soutient Melany Banks [17][17]Melany Banks, « Individual Responsibility for Climate Change »,…. Steve Vanderheiden va jusqu’à affirmer qu’un membre d’un groupe peut être tenu pour responsable de conséquences qui étaient inévitables, tel un nouvel immigré dans une nation fortement émettrice de GES [18][18]S. Vanderheiden, op. cit..

18 Une seconde manière d’interpréter la position de Sinnott-Armstrong est de lui savoir gré d’avoir dénoncé le sophisme « bien-pensant » en matière de CC qui fait que parce qu’on serait individuellement motivé à agir (éviter des émissions de GES jugées inutiles), ceci serait nécessairement justifié. Sans entrer dans le débat sur l’internalisme moral, qui implique de dériver la motivation de la justification, et de ses opposants, qui estiment les deux indépendants, Sinnott-Armstrong montre que la motivation à agir moralement peut primer sur la phase de justification au point de forger une justification « illusoire », la notion même de responsabilité individuelle des CC !

19 Toutefois, tel n’est pas le cas au niveau collectif selon Sinnott-Armstrong. Seule une justification morale collective ferait sens lorsque entrent en jeu le bien-être et l’existence même de populations entières à moyen et à long terme. D’autre part, la motivation nécessaire à la prise de mesures systémiques et coordonnées contraignantes en vue de régler les problèmes multiples des CC ne semble pouvoir résulter que d’une volonté générale émanant de collectifs humains.

Responsabilité collective des changements climatiques

20 La responsabilité du changement climatique, aussi bien en termes d’atténuation que d’adaptation, semble donc échoir à des collectifs. La notion de responsabilité collective pose néanmoins de sérieux défis théoriques, dont nous souhaitons montrer qu’ils échouent de nouveau à nous orienter sûrement et efficacement en matière de CC.

21 Pour débuter, arrêtons-nous un instant sur la légitimité même d’une idée de responsabilité collective. Nous avions vu au niveau individuel que la responsabilité s’expliquait par l’existence d’une attitude réactive envers les personnes auxquelles on attribue l’intention d’avoir agi en fonction des conséquences de leur action. Mais un groupe peut-il « agir » ? Ou bien ne parle-t-on que de la collection des actions individuelles des membres du groupe [19][19]Sara Rachel Chant démontre qu’il est nécessaire qu’il existe… ? Un groupe est-il doué d’intention ou bien parle-t-on seulement de l’intention du chef ou des dirigeants du groupe ? Enfin, le groupe en tant que tel peut-il légitimement revoir des blâmes ou des louanges pour ses actions ?

22 D’abord, nous distinguerons les groupes formels ou structurés des groupes informels ; pour ces derniers, il semble exclu de posséder une responsabilité en matière d’évitement des CC tant ce problème nécessite réflexion et coordination [20][20]Ces groupes pourraient néanmoins être tenus responsables de…. Ensuite, les émissions de GES étant de nature additive [21][21]Je parle ici des émissions de GES, pas de leurs conséquences. – ce qui fait du réchauffement climatique la résultante de l’accumulation de milliards d’actions individuelles –, il n’y aurait pas de sens, du point de vue éthique, à considérer le groupe en tant que tel, même structuré, comme responsable. On retomberait donc sur les apories de la responsabilité individuelle. Cependant, on ne peut faire abstraction des conditions d’émission de GES, assurément non additives au sens où le système d’extraction et d’usage des énergies fossiles apparaît comme un organe vital au fonctionnement des sociétés modernes. Si la responsabilité d’une action collective doit être envisagée, on se tournera donc vers ce deuxième type d’action. C’est ce que Stephen Gardiner souligne en affirmant :

23 Le point est qu’il est difficile de voir chaque individu américain comme « agissant indépendamment » lorsqu’il émet des GES. Les actions de ces individus sont liées entre elles de manière importante et approfondie par des relations structurelles propres à leurs activités économiques et leurs modes de vie [22][22]S. Gardiner, « Is no One… », op. cit..

24 Par conséquent, faut-il tenir les entreprises et les États, assurément les types de collectifs formels les plus puissants et les plus vastes, comme responsables des émissions de GES et des catastrophes du CC ? Une réponse positive ne pourra être défendue qu’à la condition de trancher l’épineuse question de l’attribution de la responsabilité « au nom » de l’entité collective.

25 Plusieurs solutions sont possibles. Celle que l’on va d’emblée écarter revient à faire porter également la responsabilité à l’ensemble des membres du groupe. Il s’agit d’une responsabilité descendante qui présuppose que l’on punisse l’ensemble des membres d’un groupe (une entreprise, un État) dont l’un ou plusieurs des membres seulement sont tenus pour responsables (causalement ou intentionnellement) d’une faute. Outre que cette conception présuppose des responsabilités individuelles bien identifiées, son injustice la rend d’autant plus difficilement applicable volontairement par un groupe à lui-même [23][23]S. Gardiner, « Ethics and Global Climate Change », Ethics, 114,….

26 Une deuxième conception revient à incriminer seulement les « responsables » d’un groupe. L’argument principal en faveur de cette option est que les intentions et les buts sur la base desquels le groupe est tenu pour responsable sont en réalité ceux des individus possédant le pouvoir de décision et d’exécution des ordres [24][24]L. May, « Vicarious Liability and Corporate Responsibility »,… : le gouvernement pour un État ; la direction pour un groupe privé. Dans le cadre du CC, cela revient à tenir responsables les gouvernements des pays riches, des pays extracteurs de combustibles fossiles ou autorisant une forte déforestation ; les PDG et directions des grands groupes industriels et des majors du pétrole. Toutefois, ils ne peuvent être tenus pour responsables que des intentions qu’ils insufflent au groupe depuis leur prise de fonction, ce qui réduit drastiquement la durée de responsabilité imputable au groupe. Par ailleurs, si l’on souhaite étendre cette responsabilité à l’ensemble des dommages historiques du groupe qu’ils dirigent, la réponse évidente est d’affirmer que la responsabilité doit revenir, par itération dans le passé, aux dirigeants initiaux. Cette fuite en arrière de la responsabilité revient bien évidemment à la réduire à néant, car on ne peut tenir pour responsable des CC à venir le fondateur de Total ou l’inventeur du moteur à explosion. Enfin, David Thompson [25][25]D. F. Thompson, « Moral Responsibility and Public Officials :… et Tracy Isaacs [26][26]T. Isaacs, Moral Responsibility…, op. cit. ont remarqué que plus une personne possède de responsabilités, plus celles-ci sont assimilées à des attentes vis-à-vis du « rôle » joué par cette personne dans l’institution (et non vis-à-vis des conséquences causales des tâches qu’elle accomplit) ; rôle dont, par ailleurs, la géométrie peut varier à la convenance du responsable. Ainsi la responsabilité dont répondent les politiques est avant tout d’ordre symbolique. Les élus sont officiellement irresponsables en tant qu’individus sur les plans financier, juridique, et même moral, sauf cas exceptionnel.

27 La troisième et dernière conception de la responsabilité collective est que le groupe, en tant que groupe – et aucunement ses membres – est responsable des conséquences de son action. Cela suppose que l’on puisse définir une forme d’intention collective propre au groupe et non réductible aux désirs ou aux croyances de ses membres. Sur la base de résultats bien connus sur les paradoxes du choix social, un résultat dû aux procédures de décision du groupe conduit à ce que la décision prise ait été celle qu’aucun des membres du groupe n’avait souhaitée individuellement [27][27]K. Ludwig, « The Argument from Normative Autonomy for….

28 En matière d’émissions de GES, on peut par exemple accueillir l’adoption d’un marché carbone soumis à des quotas comme un acte responsable de la part du collectif que constituent les pays les plus développés [28][28] Lorsque ce marché (dit EU ETS) fut mis en place en 2005, les…. Mais le fonctionnement réel de ce type de marché, loin de l’efficience optimale promise par les économistes, a conduit à un échec cuisant en termes de limitations d’émissions polluantes. Qui doit être blâmé pour cette inefficacité ? Les concepteurs de ce marché ? Rien n’est moins sûr car ils étaient sûrement bien intentionnés en proposant cette solution. Alors ceux qui échangent des quotas d’émissions sur ce marché ? Non plus, car ils ne font que suivre les règles édictées par d’autres. Ou les États qui autorisent trop de quotas ? Là encore, ce n’est pas certain, car les règles d’allocation de quotas relèvent d’accords collectifs au niveau du Conseil européen ; là encore, la volonté collective est loin d’être réductible à celle de quelques dirigeants [29][29] En réalité, le fait qu’un acteur comme les États-Unis ait fait….

29 Enfin, un dernier argument porté par Dale Jamieson [30][30] D. Jamieson, « Climate Change… », op. cit. nous rappelle salutairement que les émissions de GES, qui relèvent avant tout des activités privées (professionnelles et personnelles) de millions d’individus, ne peuvent être de la seule responsabilité de l’État. Si l’on peut établir un parallèle, un État se doit d’avoir une administration qui analyse la démographie de sa population, et son gouvernement a toute légitimité pour formuler une politique familiale (pro- ou anti-nataliste). Toutefois, l’État n’est pas responsable de la naissance de chacun des bébés – fort heureusement pour les parents ! – et n’en est nullement le premier bénéficiaire.

30 L’une des implications pratiques de cet argument n’est autre que la remise en cause d’un principe majeur de la pensée environnementale : le principe de « pollueur-payeur » qui stipule que tout responsable d’une pollution doit indemniser les victimes pour les dommages occasionnés par cette pollution, même involontaire. Or, au niveau national, bien plus indiqué que le niveau individuel pour quantifier les émissions de GES et exiger une réparation financière [31][31] Cette position est soutenue depuis longtemps par un des…, Jamieson rétorque que « provoquer des CC n’est pas comme si un pays envahissait injustement un autre pays [32][32] D. Jamieson, « Climate Change… », op. cit. ». Ainsi, les émissions de GES n’ont jamais été concernées par la Convention de Genève [33][33] Il s’agit plus précisément de la Convention sur la pollution…, fondée sur le principe du « pollueur-payeur », qui régit depuis 1979 les pollutions transfrontalières de l’atmosphère.

Le changement climatique n’exige pas de responsabilité morale

31 S’il en était encore besoin, deux autres types d’arguments, l’un méta-éthique et l’autre constructiviste, finissent de déconstruire les idées mêmes de responsabilités individuelle et collective.

32 Pour les « incompatibilistes » qui poursuivent un débat qui remonte au moins à saint Augustin, la notion de responsabilité individuelle est illusoire car elle s’appuie sur l’idée de libre arbitre, antinomique avec celle du déterminisme physique. Par conséquent, personne ne mérite d’être blâmé pour son action dans la mesure où les motifs de cette dernière ne ressortissent pas à une auto-détermination [34][34] Voir D. Pereboom, Living Without Free Will, New York, Cambridge…. William Edmundson [35][35] W. A. Edmundson, « Morality without Responsibility », Social…, comme Derk Pereboom, défend une moralité dépourvue de responsabilité, c’est-à-dire d’attitudes réactives face aux pensées, actions et attitudes d’autrui. Les jugements éthiques légitimes devraient se restreindre à l’identification des propriétés morales et à l’encouragement à respecter le bien, notamment par des renforcements positifs.

33 L’argument de Toshiaki Kozakai [36][36] T. Kosakai, « De la responsabilité collective : esquisse d’une…, moins métaphysique, ramène la responsabilité à une construction sociale. La responsabilité n’est pas le contrôle a posteriori de l’exercice de notre liberté. Au contraire, c’est parce que la responsabilité est un phénomène psycho-social (supposé) indispensable à l’existence du social, qu’elle nécessite l’élaboration de cette fiction qu’est la liberté conative des individus pour leur imputer des intentions autonomes et satisfaire les besoins sociaux d’explication, d’incrimination et de punition. Ces arguments renforcent l’idée que la recherche des responsables des CC relève d’une forme d’illusion, sans doute rassurante, dans sa référence à un idéal de société juste et stable. Lucide, Benjamin Hale [37][37] B. Hale, « Nonrenewable Resources and the Inevitability of… affirme que compte tenu des contraintes psychologiques et économiques actuelles, il est inenvisageable d’éviter la combustion de la plupart des énergies fossiles. Par conséquent, chercher des responsables ressemble à la désignation de boucs émissaires, et non à un engagement collectif à régler les problèmes du CC [38][38] Cela n’enlève rien aux formes de responsabilité contractuelle,….

34 Kozakaï nous dévoile par ailleurs l’arrière-plan social et moral requis à l’exercice des prérogatives de la responsabilité et éclaire l’une des raisons qui nous ont amenés à douter de la pertinence de la notion de responsabilité en matière de CC : l’évanescence pratique et politique de la notion de dette écologique, et de dette climatique en particulier [39][39] J. Delord et L. Sébastien, « Pour une éthique de la dette…. Cette dernière fait porter une responsabilité aux générations passées (des pays riches) envers les générations actuelles et futures (des pays pauvres) à hauteur de leur contribution fortement excédentaire aux CC. Or, l’échec du projet Yasuni ITT a agi comme un révélateur de ce point de vue. Rappelons les faits : l’Équateur s’engageait à renoncer à l’exploitation de réserves de pétrole importantes situées dans le sous-sol du parc national Yasuni si la communauté internationale l’indemnisait d’une partie des recettes non perçues en vertu des tonnes de carbone restées sous terre. Il s’agissait bien là d’acter le remboursement de la dette écologique en faveur des pays pauvres. Malheureusement, le fonds de compensation reçut si peu de promesses que le président Correa annonça en 2013 l’abandon du projet. Voilà comment la dette écologique s’est trouvée transformée en son opposée, une « dette de pollution » : les pays en développement, en vertu de cette dette écologique (que les pays riches ne rembourseront jamais), s’autorisent le droit d’extraire et de polluer autant que les nations industrielles, menant sans ciller la politique du pire.

35 Dans notre réflexion sur la dette écologique, nous avions omis ce détail que cette dette était due par les plus puissants aux plus faibles. Or, depuis Nietzsche [40][40] F. Nietzsche, Généalogie de la morale (1887), Paris,… jusqu’à Graeber [41][41] D. Graeber, La Dette : 5000 ans d’histoire, Paris, Les Liens…, les penseurs de la dette ont tous insisté sur le dispositif de domination qu’elle implique, corrélatif obligé de la responsabilité à rembourser. Exiger la reconnaissance d’une dette, donc d’une culpabilité de la part des puissants revient à méconnaître les conditions politiques minimales fondant la responsabilité de la dette.

36 Doit-on dès lors complètement remettre en cause les idées de dette et de responsabilité en contexte de CC ? Il n’est pas nécessaire d’être aussi radical, car n’oublions pas qu’il s’agit de fictions sociales, certes profondément ancrées, mais que rien ne soustrait aux effets de fictions alternatives. Partons d’une petite expérience de pensée : et si les humains n’étaient pas responsables causalement des CC [42][42] Il s’agit bien d’un exemple contrefactuel, et aucunement d’une…

« Vulcanocène » et responsabilités futures

37 Imaginons une Terre exactement identique à la nôtre avec précisément la même concentration atmosphérique de GES. Sauf qu’au lieu de résulter de la combustion d’énergies fossiles ces grandes quantités de GES s’échapperaient d’une myriade de petits volcans, avec la même répartition historique et géographique que celle que nous avons connue. Les humains ne seraient en rien causalement responsables de cette situation tout aussi inquiétante que celle que nous vivons ; pour autant, la limitation de ces GES ainsi que l’atténuation des CC demeureraient identiquement souhaitables. Supposons enfin que les solutions pour faire diminuer les émissions de CO2 de ces volcans, très coûteuses aussi, nécessitent des sacrifices financiers comparables aux nôtres à l’échelle planétaire.

38 Quelle réaction collective émergerait d’une telle situation ?

39 D’un point de vue psychologique, il y aurait certainement plus d’empathie avec les victimes potentielles car les victimes de catastrophes « naturelles » suscitent plus d’élan de solidarité que celles qui succombent aux destructions humaines ou aux guerres – sans doute le sentiment d’être tous aussi vulnérables face aux aléas de la nature, et de devoir se ressouder face à l’adversité des éléments. La motivation sociale pour agir en sortirait vraisemblablement renforcée.

40 Sur le plan moral et politique surtout, ce « voile d’ignorance » causal modifierait radicalement la teneur des grandes conférences intergouvernementales qui ne manqueraient pas d’être convoquées. Il n’y aurait d’abord pas de sens à vouloir tenir quiconque responsable de cette situation, ce qui éliminerait toute acrimonie a priori envers les pays ou les personnes les plus riches.

41 L’idée d’une communauté de destin en sortirait certainement renforcée en faisant des conséquences de ces émissions volcaniques de GES une contingence historique et géographique au sens où, à une autre époque, c’est un autre pays, en un autre lieu, qui aurait pu être le plus émetteur de GES ou, au contraire, le plus vulnérable.

42 Si l’on adoptait une position rawlsienne à ce niveau, on pourrait légitimement supposer que des questions de justice interétatique surgissent qui obéissent aux principes du maximin, le fait de privilégier la solution acceptable qui maximise dans tous les scénarios le sort du pays le plus défavorisé [43][43] J. Rawls, A Theory of Justice, Cambridge (MA), Harvard…. Les pays les plus vulnérables seraient certainement mieux entendus, ce qui nécessiterait par conséquent une remise en cause radicale des modalités de coopération entre les pays [44][44] Rawls a pris ses distances avec l’application directe de sa….

43 En toute probabilité, les motivations des États seraient certainement beaucoup plus orientées vers l’horizon des défis futurs communs. Ainsi voit-on ressurgir une nouvelle forme de responsabilité, une responsabilité future.

44 Mais n’est-ce pas contradictoire avec notre critique de la responsabilité collective en situation de CC, et de quelle responsabilité future parle-t-on ?

45 D’abord, la responsabilité future ne repose pas obligatoirement sur les mêmes fondements éthiques que la responsabilité passée. Au lieu de penser la responsabilité future comme projection dans le futur du fait de répondre de ses actes passés (entre le présent et le point futur déterminé), c’est-à-dire au futur antérieur, il s’agit de prendre une responsabilité orientée vers le futur. Or, dans la mesure où les actions n’ont pas encore eu lieu, et qu’au mieux seule leur intention est déterminée, il ne pourra s’agir d’une responsabilité causale portant sur les conséquences de ces actions. La responsabilité future d’une action collective (la seule qui vaille pour le CC) doit donc plutôt s’envisager comme une disposition à rester ouvert aux différentes possibilités et opportunités pour, en tant que collectif, parvenir à certains buts [45][45] C. Rovane, « Forward-Looking Collective Responsibility : A…, à tenir compte des besoins des membres du collectif [46][46] I. Van de Poel, J. Nihlen Fahlquist, N. Doorn, S. Zwart, L.…, à favoriser la coopération [47][47] D. Jamieson, « When Utilitarians Should be Virtue Theorists »,… et à prendre en considération la diversité des points de vue pour réfléchir à la dynamique singulière du collectif en tant que tel ; enfin, et surtout, à accepter l’émergence de conséquences inattendues issues du collectif.

46 En reprenant Van de Poel et al., on peut envisager une responsabilité, non comme l’obligation, mais comme l’incitation envers les citoyens et les dirigeants de toute nationalité à exercer un mélange de confiance et de vigilance envers les conséquences des actions collectives [48][48] Responsabilité mondaine, qui dépasse le simple principe…. À condition évidemment qu’on ne tienne responsables (à rebours) les individus des effets pervers de ces accords collectifs, mais seulement de leur qualité d’élaboration pour reprendre l’argument de Tracy Isaacs [49][49] T. Isaacs, Moral Responsibility…, op. cit..

47 Dans ce cadre, l’idée de dette climatique reste néanmoins possible car ce n’est pas la notion de dette qui pose problème, mais celle de responsabilité sur laquelle elle se moule. On doit pouvoir penser, à l’encontre de Nietzsche, une dette sans culpabilité, une dette positive [50][50] J. T. Godbout, Le Don, la dette et l’identité. Homo donator vs…. C’est tout le sens de notre proposition. Ainsi, même dans le scénario « vulcanocène », les pays dont les volcans émettent le plus de CO2 doivent se sentir redevables aux pays dont les volcans sont moins actifs et dont l’atmosphère et les océans ont tamponné cet excès de GES. Le sentiment de dette, ici, ne serait plus basé sur la culpabilité, mais sur l’entretien du lien de reconnaissance et de redevabilité. Paradoxalement, l’une des vertus de la dette est de sortir des bilans d’émissions de GES pour devenir une dette ontologique, celle qui garantit la diversité et la singularité des aspirations vitales de chaque collectif national. Dans le domaine des CC, comme dans bien d’autres, dès que la responsabilité devient affaire de chiffres, alors elle cesse d’être morale !

Conclusion

48 Le paradoxe du CC est que, d’un côté, il nous rend tous causalement responsables d’une catastrophe sans équivalent depuis des millions d’années alors que, d’un autre côté, il sape la signification même de la notion de responsabilité tant ses présupposés philosophiques et sociaux sont mis à l’épreuve par les caractéristiques inédites des changements globaux. Telle une ordalie, le réchauffement climatique défait les responsabilités morales passées, aussi bien individuelles que collectives, et limite drastiquement les obligations auxquelles seraient tenus les individus. On ne peut tenir les gens moralement responsables d’un dommage aussi ténu et éloigné dans le temps, à moins de soumettre notre vie dans ses actes les plus minuscules à l’inquisition constante d’une morale hyperbolique. De même, les imputations hâtives de responsabilité aux dirigeants des organisations privées ou publiques ne résistent pas aux nombreuses apories qu’elles soulèvent.

49 Sur la base de conclusions similaires, plusieurs auteurs ont proposé des résolutions éthiques spécifiques aux changements globaux écartant le cadre normatif de la responsabilité. Dale Jamieson a développé une éthique du respect de la nature car le relargage en masse des GES peut être considéré comme une forme extrême de domination humaine sur la nature [51][51] D. Jamieson, « Climate Change… », op. cit.. Simon Caney [52][52] S. Caney, « Cosmopolitan Justice, Responsibility, and Global… a argumenté en faveur de l’élaboration d’un droit humain à ne pas souffrir des désavantages liés aux CC. Notre modeste proposition est d’invoquer un principe de responsabilité future collective, par exemple appuyé sur une notion de dette climatique positive, car face à un dommage à la fois ténu et généralisé, une disposition d’esprit, généralisable, non culpabilisatrice et positive est sans doute nécessaire pour s’assurer d’une participation générale et pour minimiser les risques de défection, d’indifférence ou de procrastination.

Notes

  • [1]
    Voir l’article de M.-H. Parizeau dans ce numéro.
  • [2]
    D. Jamieson, « Climate Change, Responsibility, and Justice », Science and Engineering Ethics, publié en ligne, 22 octobre 2009, pp. 435-436.
  • [3]
    S. Gardiner, « Is no One Responsible for Global Environmental Tragedy ? Climate Change as a Challenge to our Ethical Concepts » in D. Arnold (dir.), The Ethics of Global Climate Change, Cambridge University Press, 2011, pp. 38-59.
  • [4]
    W. Sinnott-Armstrong, « It’s not my Fault : Global Warming and Individual Moral Obligations », in W. Sinott-Armstrong et R. Howarth (dir.), Perspectives in Climate Change : Science, Economics, Politics, Ethics, Amsterdam, Elsevier, 2005, pp. 285-307.
  • [5]
    S. Gardiner, « Is no One Responsible… », op. cit.
  • [6]
    H. Shue, « Subsistence Emissions and Luxury Emissions », Law and policy, 1993, 15, pp. 39-59.
  • [7]
    W. Sinnott-Armstrong, « It’s not my Fault… », op. cit.
  • [8]
    Plus précisément, Sinnott-Armstrong montre qu’aucun principe moral raisonnable ne permet de juger immoral le tour en 4x4 « pour le fun ». Il suffit ici de rapporter l’irresponsabilité au fait de contrevenir à un principe qui permettrait de limiter les émissions de GES.
  • [9]
    Une cause signifiante d’un point de vue moral peut être une différence causale inhabituelle, ce qui explique qu’on peut être tenu causalement responsable par le fait d’une omission d’agir inattendue.
  • [10]
    J. Nolt, « The Individual’s Obligation to Relinquish Unnecessary Greenhouse-Gas-Emitting Devices », Philosophy and Public Issues (New Series), 2013, 3, 1, pp. 139-165.
  • [11]
    S. Vanderheiden, « Climate Change and the Challenge of Moral Responsibility », Journal of Philosophical Research Special Issue, 2007, pp. 85-91.
  • [12]
    D. Parfit, Reasons and Persons, Oxford, Clarendon Press, 1984.
  • [13]
    E. N. Lorenz, « Un battement d’aile de papillon au Brésil peut-il déclencher une tornade au Texas ? », Alliage, 1993, 22, pp. 42-45.
  • [14]
    S. Vanderheiden, op. cit., effectue la même comparaison. Il souligne à juste titre qu’en matière de vote on évalue des chances alors qu’en matière de CC on évalue des effets qui, aussi minimes soient-ils, peuvent se renforcer collectivement.
  • [15]
    R. Boudon, « Le paradoxe du vote et la théorie de la rationalité », Revue française de sociologie, 1997, 38, pp. 217-227.
  • [16]
    W. Sinnott-Armstrong, « It’s not my Fault… », op. cit., p. 304.
  • [17]
    Melany Banks, « Individual Responsibility for Climate Change », Southern Journal of Philosophy, 51, 2013, pp. 42-66.
  • [18]
    S. Vanderheiden, op. cit.
  • [19]
    Sara Rachel Chant démontre qu’il est nécessaire qu’il existe des conséquences non additives d’une collection d’actions (causales ou conventionnelles) pour qu’on puisse les regrouper en une seule action collective (S. R. Chant, « The Special Composition Question in Action », Pacific Philosophical Quaterly, 2006, 87, pp. 422-441).
  • [20]
    Ces groupes pourraient néanmoins être tenus responsables de s’organiser pour faire face à un dilemme pratique. Voir T. Isaacs, Moral Responsibility in Collective Contexts, New York, Oxford University Press, 2011, p. 150.
  • [21]
    Je parle ici des émissions de GES, pas de leurs conséquences.
  • [22]
    S. Gardiner, « Is no One… », op. cit.
  • [23]
    S. Gardiner, « Ethics and Global Climate Change », Ethics, 114, 2004, pp. 555-600 (p. 595). Surtout dans le cas où les pauvres des pays riches sont touchés et les riches des pays pauvres par exemple exemptés d’efforts.
  • [24]
    L. May, « Vicarious Liability and Corporate Responsibility », Philosophical Studies, 1983, 43, pp. 69-82.
  • [25]
    D. F. Thompson, « Moral Responsibility and Public Officials : The Problem of Many Hands », American Political Science Review, 1980, 74, 4, pp. 905-916.
  • [26]
    T. Isaacs, Moral Responsibility…, op. cit.
  • [27]
    K. Ludwig, « The Argument from Normative Autonomy for Collective Agents », Journal of Social Philosophy, 2007, 38, 3, pp. 410–427.
  • [28]
    Lorsque ce marché (dit EU ETS) fut mis en place en 2005, les pays développés étaient de loin les pays les plus émetteurs de GES.
  • [29]
    En réalité, le fait qu’un acteur comme les États-Unis ait fait défection, a envoyé un signal de défiance à l’ensemble des autres dirigeants, limitant sûrement la portée de leur engagement.
  • [30]
    D. Jamieson, « Climate Change… », op. cit.
  • [31]
    Cette position est soutenue depuis longtemps par un des pionniers de l’éthique des CC pour qui seuls les pays développés devraient porter le fardeau économique des CC. Voir H. Shue, « Global Environment and International Inequality », 1999, 75, International Affairs, pp. 533-537.
  • [32]
    D. Jamieson, « Climate Change… », op. cit.
  • [33]
    Il s’agit plus précisément de la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance, qui regroupe 8 protocoles différents.
  • [34]
    Voir D. Pereboom, Living Without Free Will, New York, Cambridge University Press, 2001.
  • [36]
    T. Kosakai, « De la responsabilité collective : esquisse d’une théorie de la fiction sociale », Bulletin de psychologie, 2008, 494, pp. 131-144.
  • [37]
    B. Hale, « Nonrenewable Resources and the Inevitability of Outcomes », The Monist, 2011, 94, pp. 369-390.
  • [38]
    Cela n’enlève rien aux formes de responsabilité contractuelle, celles qui engagent par exemple le climatologue à faire au mieux son travail pour comprendre les CC ; le journaliste chargé de diffuser honnêtement l’information sur les CC, etc.
  • [40]
    F. Nietzsche, Généalogie de la morale (1887), Paris, Flammarion, 1996.
  • [41]
    D. Graeber, La Dette : 5000 ans d’histoire, Paris, Les Liens qui libèrent, 2013.
  • [42]
    Il s’agit bien d’un exemple contrefactuel, et aucunement d’une quelconque légitimation des positions climato-sceptiques !
  • [43]
    J. Rawls, A Theory of Justice, Cambridge (MA), Harvard University Press, 1971.
  • [44]
    Rawls a pris ses distances avec l’application directe de sa théorie de la justice au niveau interétatique pour lui préférer un « devoir d’assistance ». Voir J. Rawls, The Law of Peoples, Cambridge (MA), Harvard University Press, 1999.
  • [45]
    C. Rovane, « Forward-Looking Collective Responsibility : A Metaphysical Reframing of the Issue », Midwest Studies in Philosophy, 2014, 38, pp. 12-25.
  • [46]
    I. Van de Poel, J. Nihlen Fahlquist, N. Doorn, S. Zwart, L. Royakkers, « The Problem of Many Hands : Climate Change as an Example », Science and Engineering Ethics, 2012, 18, pp. 49-67.
  • [47]
    D. Jamieson, « When Utilitarians Should be Virtue Theorists », Utilitas, 2007, 19, 2, pp. 160-183.
  • [48]
    Responsabilité mondaine, qui dépasse le simple principe prudentiel, et non hyperbolique comme celle de Jonas basée sur l’heuristique de la peur.
  • [49]
    T. Isaacs, Moral Responsibility…, op. cit.
  • [50]
    J. T. Godbout, Le Don, la dette et l’identité. Homo donator vs homo œconomicus, Paris, La Découverte, 2000.
  • [51]
    D. Jamieson, « Climate Change… », op. cit.
  • [52]
    S. Caney, « Cosmopolitan Justice, Responsibility, and Global Climate Change », Leiden Journal of International Law, 2005, 18, pp. 747-775.

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2.
La sostalgie, ou l’inconscient écologique - Slate.fr — 1er février 2010 à 0h00 ; mis à jour le 02 février 2010 à 9h34

Vous habitez au sud-est de l’Australie, vous voyez se creuser autour de vous des mines de charbon qui défigurent le paysage ? Ou vous habitez n’importe où sur terre et les transformations engendrées par le réchauffement climatique vous dépriment ? Vous êtes sans doute atteint de sostalgie.

Le New York Times enquête sur cette maladie de l’âme définie par un chercheur australien, Glenn Albrecht, sorte de mal du pays sans l’avoir quitté.

Les travaux d’Albrecht ont été fortement corroborés l’été dernier par la parution d’une étude intitulée « Les liens entre la psychologie et les changements climatiques mondiaux ». Une large partie de cette étude se concentrait sur le « coût » émotionnel étonnant des détériorations de l’environnement : anxieté, désespoir, apathie, chagrin.

L’un des auteurs de l’étude, un psychologue clinicien, est l’un des spécialistes de « l’écopsychologie » (psychologie de l’écologie). Cette discipline, née dans les années 60, révolutionne la psychologie. Alors que Freud estimait que les névroses étaient la conséquence d’une ignorance de nos instincts sexuels et agressifs profonds, les écopsychologistes estiment que l’inconscient est le fruit de l’ignorance de nos instincts écologiques profonds.

La sostalgie entre dans cette branche de la psychologie et prend de plus en plus d’ampleur.

Lire l’article complet sur le NYTimes

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Source : http://www.slate.fr/story/16719/sostalgie-inconscient-ecologique-freud-psychologie-environnement

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3.
Une nouvelle maladie pour les psy : l’anxiété climatique – Psychiatrie culturelle : Consultations pour anxiété climatique - Par Dr Janet Lewis - Article suisse publié le 08.02.2019 - Photo - Documents ‘lesobservateurs.ch/’

Les psychiatres et autres cliniciens en santé mentale sont de plus en plus appelés à répondre aux inquiétudes des patients face à la déstabilisation de nombreux aspects de notre monde. […] 

La majorité des Américains se disent maintenant « préoccupés » par les changements climatiques et un pourcentage record de 21 %, soit un Américain sur cinq, en est « très préoccupé » . Les récents ouragans, inondations et feux de forêt ont été des rappels des changements climatiques. Bien qu’aucun événement ne puisse être attribué à lui seul au changement climatique, la tendance à des tempêtes plus violentes, à plus de chaleur et à une déstabilisation générale du climat est claire.

Nos patients sont exposés par les nouvelles, et parfois par leur expérience personnelle, à un rythme croissant de catastrophes climatiques et d’extinctions d’espèces et à des informations sur une réaction inadéquate des dirigeants. Les patients bien informés savent aussi que […] nous ne sommes pas simplement confrontés à une « nouvelle norme » de chaleur accrue, d’incendies, d’inondations et de tempêtes, mais que notre situation est encore plus grave et urgente […]. Nous participons tous aux systèmes sociaux, culturels et économiques à base de combustibles fossiles qui ont engendré et qui aggravent cette catastrophe qui se propage lentement.

Comprendre l’anxiété résultant de cette réalité

L’inquiétude au sujet du changement climatique peut être considérée comme justifiée et n’est généralement pas inadaptée. […]

Cependant, une détresse importante au sujet du changement climatique a été décrite. Certaines de ces descriptions concernent des populations particulièrement touchées. Par exemple, les peuples autochtones ont des liens étroits avec la terre et certains perdent leurs terres - des aspects chers de leur identité culturelle - à cause des changements climatiques, ce qui produit une détresse considérable.

Dans une étude menée auprès de patients atteints de TOC en Australie, 28 % des participants à l’étude avaient des descriptions spontanées de TOC liés aux changements climatiques, comme de toujours vérifier que les robinets étaient complètement fermés ou les lumières éteintes. Une étude sur des Australiens, dont la moitié vivaient en milieu urbain, a documenté une détresse importante face aux changements climatiques, en particulier chez les femmes et chez les personnes âgées de moins de 35 ans.

La détresse face au changement climatique est décrite dans un ensemble de termes connexes tels que « anxiété climatique », « éco-anxiété  », « éco-paralysie » et « deuil climatique », qui pourraient tous être considérés comme des syndromes « psychoterratiques ». Ce terme inventé par le philosophe Glenn Albrecht désigne les troubles mentaux découlant de notre relation avec le monde naturel. Un syndrome dit psychoterratique est la « solastalgie », un autre terme inventé par Albrecht [à partir des mots anglais solace (consolation) et nostalgia], désignant la détresse que l’on ressent lorsqu’un environnement bien connu a changé et n’offre plus le même réconfort. […]

Une étude quantitative des visites à l’urgence dans le Kentucky a révélé un risque accru de dépression et de troubles liés à la consommation d’alcool et d’autres drogues dans les régions où il y avait des activités d’extraction minière au sommet des montagnes, un processus qui modifie radicalement le paysage. […]

Un autre syndrome psycho-terratique proposé est le « trouble du manque de nature », terme créé par le journaliste Richard Louv, mieux connu pour son livre Last Child in the Woods. Il définit ce trouble comme le coût humain de l’aliénation de la nature, affirmant qu’il y a « une diminution de l’utilisation des sens, des difficultés d’attention et des taux plus élevés de maladie émotionnelle et physique » en raison de notre aliénation de la nature. […]

Une littérature psychanalytique croissante explore également notre relation avec le changement climatique. Comme d’autres psychanalystes, Sally Weintrobe, psychanalyste britannique, éditrice du livre Engaging with Climate Change,a reconnu que le changement climatique peut être considéré comme un problème de développement [de la personne]. Weintrobe écrit que, tout comme dans le développement du jeune enfant, nous cherchons collectivement à passer d’une relation avec la nature en tant que « mère qui allaite et qui toilette » à une relation plus mature où nous reconnaissons que la Terre Mère a des limites.

Des psychanalystes documentent la détresse climatique. Rosemary Randall décrit la détresse causée par la conscience de la dette écologique. 

Une fois qu’une personne est profondément consciente du fait que, dans sa vie occidentale ordinaire, elle est engagée dans des activités qui affectent négativement l’environnement, nuisant à la fois aux gens d’aujourd’hui et aux générations futures, cela peut être une crise pour cette personne. Prendre conscience de cette dette peut parfois mener à la dépression, au masochisme ou à l’amertume. Elle recommande un « sentiment de proportionnalité » […] et un engagement dans la réparation en réponse au sentiment de dette écologique […].

La psychanalyste Susan Bodnar décrit des cas de détresse climatique chez de jeunes adultes qui se lancent dans des modes de vie autodestructeurs parce qu’ils se sentent désespérés quant à leur vie future sur une planète qu’ils considèrent comme endommagée. Elle recommande la « métaphore environnementale » comme intervention thérapeutique utile. Il s’agit de lier l’auto-négligence et l’autodestruction du patient au comportement de l’humanité envers la Terre et de souligner l’importance de ne pas perpétuer ce modèle […].

L’anxiété face au changement climatique est un peu différente des autres anxiétés que nous traitons souvent, car notre but ne devrait pas être d’éliminer ce qui, dans ce cas, est généralement une anxiété justifiée. […]

De nombreux patients éprouvent une profonde détresse lorsqu’ils observent les souffrances causées par les changements climatiques et qu’ils pensent à ce qui attend leurs enfants et petits-enfants. […]

Ce que nous pouvons faire pour lutter contre le changement climatique et nous y préparer :

  • Réduire l’utilisation des combustibles fossiles
  • Réduire la consommation de viande
  • S’engager dans des activités politiques pour faire sortir les dirigeants d’entreprises et les dirigeants politiques de leur déni ou de leur complaisance.

[…]

  • Aider les autres à renouer avec la nature pour faire l’expérience de notre bonne mère la Terre.
  • Aider à sensibiliser le public […] au changement climatique

[…]

Le Dr Lewis est professeur adjoint de clinique au Département de psychiatrie de l’Université de Rochester, NY, et elle exerce en pratique privée à Penn Yan et Ithaca, NY. Source : In the Room With Climate Anxiety – Psychiatric Times n° 35/11, 27 nov. 2018 - Traduction Cenator pour ‘LesObservateurs.ch’

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Réchauffement climatique, frilosité politique Par Martin Morend, philosophe
Publié mardi 7 mai 2019 à 18:50, modifié mardi 7 mai 2019 à 18:50 - Document ‘letemps.ch’ Climat Environnement - Photo - Cheminée d’usine. Ludwigshafen, 2018. © Michael Probst/AP Photo

OPINION. Face au changement climatique, notre mauvaise conscience nous rend de plus en plus cynique, de plus en plus mauvais. Nous voulons agir, mais comment ? interroge le philosophe Martin Morend

Notre inquiétude pour la question du climat et de l’environnement grandit de jour en jour. Elle tend même à devenir de l’angoisse devant la pollution généralisée de notre eau, de notre terre et de nos corps. Tout dans la nature se corrompt par la faute de notre activité et de notre mode de vie. Telle est la chanson que l’on s’est habitué à entendre sans pour autant réussir à changer quoi que ce soit.

Or l’angoisse ira s’approfondissant si nous n’avons pas le courage collectif d’être à la fois audacieux et radicaux dans nos décisions politiques. Notre écartèlement entre notre goût du confort et la question environnementale nous fait souffrir chaque jour davantage. Notre mauvaise conscience nous rend de plus en plus cyniques et agressifs, en somme, de plus en plus mauvais. Nous voulons agir, mais comment ? Nous voulons des « mesures », mais lesquelles ?

L’adaptation n’est plus possible

Dans ce contexte tendu, il est fort probable que la plupart des partis libéraux tenteront d’user de certains cosmétiques afin de se mettre en règle avec la névrose du jour. Ils chercheront à accommoder notre insoutenable désir de tranquillité et de permanence avec notre âme tourmentée par l’écologie. Ils nous serviront des solutions qui n’en seront guère, des leurres voués à perpétuer notre « niveau de vie », fût-ce même dans le mensonge.

Et nous, nous serons séduits, nous aurons l’impression de faire quelque chose de significatif. Avec quelques taxes, nous pensons bien nous en sortir ; à croire que tout problème se règle en payant (bien triste prémisse de notre modernité). Mais méfiez-vous ! Dans certains journaux, on chante déjà le refrain : « Après tout, nous ne sommes pas de mauvais élèves ! »

Devant l’urgence climatique et sociale, il faut qu’une nouvelle espèce de politiciens prenne le pouvoir

Comment agir ? « Mais en comptant sur nos élus ! » Je crains malheureusement que l’atavisme de la majorité de nos parlementaires ne puisse résoudre ce genre de problème qui dépasse leur cadre de pensée. Après tout, leur ADN est toujours tressé à partir des mêmes idées : croissance, économie, emploi, prospérité. Comment, dans ces circonstances, pourrait-on attendre quelque chose de nouveau, d’efficace et de radical ? Autant demander à un prêtre de renier Dieu (cela est peut-être possible, mais cela demanderait un temps que nous n’avons plus).

Aussi, je le crains, devant l’urgence climatique et sociale, il faut qu’une nouvelle espèce de politiciens prenne le pouvoir ; une nouvelle espèce qui ressent dans sa chair l’angoisse et l’urgence, qui est volontaire, audacieuse, qui en a assez de notre culture du compromis pusillanime et qui se donne les moyens de ses difficiles idéaux. C’est-à-dire presque tout le contraire de ce que l’on connaît aujourd’hui. L’adaptation n’est plus possible, il faut « remplacer », et, en cela, imiter la nature elle-même.

Le danger de l’inertie

Notre plus grand danger, c’est aujourd’hui notre confort et notre inertie, notre tempérance et notre prudence. Les vertus d’antan doivent être remplacées ; une nouvelle Suisse doit se dessiner, pleine d’audace et de destin. Parviendra-t-on à changer ou bien donnerons-nous raison aux philosophes pessimistes selon lesquels l’humanité ne pourra qu’apprendre dans la souffrance, qu’elle est destinée à se détruire elle-même ?

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5.
La France n’est pas préparée au « choc climatique » qu’elle subira d’ici à 2050 Par Pierre Le Hir et Audrey Garric - Publié le 16 mai 2019 à 10h30 - Mis à jour le 16 mai 2019 à 13h43 - Article ‘Le Monde’ réservé aux abonnés -

Vagues de chaleur, sécheresses, submersions : l’Hexagone doit anticiper les effets du réchauffement, en adaptant l’agriculture, le bâti ou les territoires vulnérables.

Photo - Inondations dans le Var en novembre 2018. YANN COATSALIOU / AFP

Un climat méditerranéen sur la moitié de l’Hexagone, des sécheresses des sols intenses et longues, des phénomènes de submersions marines plus fréquents. D’ici à 2050, la France devra absorber un « choc climatique inévitable ». Comment y faire face ? Avec quels outils et quels moyens ? C’est l’objet d’un vaste rapport rédigé par les sénateurs Ronan Dantec (écologiste, Loire-Atlantique) et Jean-Yves Roux (divers gauche, Alpes-de-Haute-Provence) sur l’adaptation de notre pays aux dérèglements climatiques au mitan du siècle, publié jeudi 16 mai. Ce travail, le plus complet jamais réalisé sur le sujet, conclut en substance que la France n’est pas préparée.

Dans ce document de 150 pages, commandé et adopté par la délégation à la prospective du Sénat et rédigé à l’issue de l’audition de 36 experts, les sénateurs avancent une trentaine de propositions pour « enclencher une véritable mutation de la société », telles que la mise en place d’un plan national d’adaptation de l’agriculture, le développement de normes de construction anti-inondations ou la mise en open source (accès libre) des données climatiques.

« Les politiques d’adaptation souffrent encore d’un déficit persistant de reconnaissance et de légitimité, à la fois dans le débat public et dans les politiques publiques », regrette Ronan Dantec. De fait, les acteurs envisagent encore trop souvent les enjeux climatiques au travers du seul prisme de l’atténuation, c’est-à-dire la limitation des émissions de gaz à effet de serre et la protection et l’amélioration des puits de carbone, ce qui revient à s’attaquer uniquement aux causes du changement climatique. Son corollaire, l’adaptation, qui traite des conséquences du dérèglement du climat en limitant ses impacts négatifs, est moins pris en compte. Par exemple, seuls 20 % des financements internationaux sur le climat y sont consacrés. Or, les deux stratégies, « éviter l’ingérable » et « gérer l’inévitable », comme les nomme le rapport, devraient aller de pair.

Les politiques d’adaptation sont un « enjeu à la fois urgent et majeur ». Car, rappelle le rapport, « le réchauffement climatique et ses stigmates sont déjà là, transforment la géographie physique et humaine de la France et font peser sur nos existences des contraintes et des risques tangibles ».

Jusqu’à + 5 °C en été

Nous sommes donc en 2050. Selon le scénario « relativement optimiste » retenu dans le rapport, la machine climatique mondiale ne s’est pas complètement emballée et le cadre géopolitique n’a pas fondamentalement évolué par rapport à aujourd’hui. Si notre société ne s’est pas effondrée, les impacts du changement climatique se sont aggravés de « manière significative », même si « encore non critique ». Dans cette France à + 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, les vagues de chaleur sont plus fréquentes et plus intenses, l’enneigement en montagne continue de diminuer et les glaciers de reculer.

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Source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/05/16/la-france-n-est-pas-preparee-au-choc-climatique-qu-elle-subira-en-2050_5462785_3244.html

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6.
« Le climat suscite une peur inédite, car elle est planétaire » Propos recueillis par Marc-Olivier Bherer - Publié le 21 juin 2019 à 15h28 - Article ‘Le Monde’ réservé aux abonnés.

Illustration - Cette série est une recherche, menée comme à l’aveuglette, autour de l’adolescence et de l’individualité. Une cartographie poétique de ce que cela pourrait être. Projet réalisé en 2017 dans le cadre d’une résidence culture Santé, avec les patients et soignants de l’Unité de santé de l’adolescent de l’Hôpital Saint Vincent de Paul à Lille ; en partenariat avec l’ARS et la DRAC Hauts-de-France. Sortie pédagogique au planétarium de Villeneuve-d’Ascq. LUCIE PASTUREAU / HANS LUCAS

Entretien avec Frédéric Le Blay, maître de ­conférences à l’université de Nantes et coordinateur scientifique du programme de recherche interdisciplinaire Atlantys, « Penser la fin du monde : imaginaire et expérience de la catastrophe ».

L’anxiété que suscite chez certaines personnes le réchauffement climatique ressemble-t-elle, selon vous, à d’autres grandes peurs qui ont pu s’emparer de l’humanité par le passé ?

Le climat suscite à mon sens une peur inédite : elle est la première à prendre une dimension planétaire. On peut certes faire une analogie avec l’angoisse suscitée par l’apocalypse nucléaire, engendrée par les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, en août 1945. L’essayiste autrichien Günther Anders (1902-1992) a été l’un de ceux qui ont ­théorisé ce risque et il était clair pour lui que cette menace était la première qui pesait sur l’ensemble de l’humanité. Mais si on regarde de plus près, cette peur a surtout touché le monde occidental. En ­revanche, aujourd’hui, la peur du ­réchauffement climatique est beaucoup plus largement partagée.

Les « grandes peurs » constituent un phénomène fréquent dans l’histoire de l’humanité. Même si son importance n’est pas aussi grande qu’on l’a cru, le millénarisme a bien existé. Autre exemple, au cours des dernières années, on a vu une fraction de la population croire que la fin des temps surviendrait le 21 décembre 2012, date à laquelle le calendrier maya devait se terminer. On ne peut pas dire que c’était une hystérie ­collective, elle était plutôt limitée à une communauté bien précise, mais il y a bien eu une forme d’emballement médiatique.

Autre manifestation récente, qui a connu pour sa part une application institutionnelle et politique forte, c’était la peur du bug de l’an 2000. L’Etat américain avait mis en place une cellule de suivi pour informer le public et inciter les entreprises à prendre les mesures nécessaires. Finalement, l’apocalypse technologique n’a pas eu lieu.

Qu’est-ce qui caractérise ­généralement ces « grandes peurs » ? Dans quel contexte les voit-on surgir ?

Les peurs apocalyptiques sont une manifestation d’une crise que vit une communauté particulière. Elles sont le fait d’un contexte culturel, ­religieux, spirituel précis. Elles procèdent de causes factuelles qui font surgir l’angoisse et cet imaginaire. Par exemple, les grandes pandémies, telles que les grandes pestes du Moyen Age, ont préparé le retour du spectre de la fin du monde.

Des variations climatiques peuvent aussi être à l’origine d’un tel trouble, car elles ont parfois été suffisamment importantes pour provoquer des situations de crise, voire de ­profonds bouleversements, au sein de certaines sociétés. On sait que l’éruption de super volcans au Japon et en Indonésie au XVIIIe siècle a provoqué un hiver volcanique qui a perturbé le climat. Conséquemment, les récoltes ont été moins bonnes. Pour cette raison, certains historiens considèrent que ces perturbations ont pu jouer un rôle dans le déclenchement de la Révolution française. Sans que ces explosions génèrent de grande peur, cet exemple montre que l’environnement peut être un acteur de l’histoire…

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Source : https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2019/06/21/le-climat-suscite-une-peur-inedite-car-elle-est-planetaire_5479806_4497916.html

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7.
Controverse sur le réchauffement climatique selon Wikipédia

Les controverses sur le réchauffement climatique concernent le débat public sur l’existence, les causes et les conséquences du réchauffement climatique. Au sein de la communauté scientifique, l’existence n’est plus mise en doute, mais l’ampleur du réchauffement l’est davantage, notamment par rapport à d’autres périodes de réchauffement plus anciennes. En 2014, le GIEC estimait la « probabilité » que le réchauffement soit dû aux activités humaines « supérieure à 95 % »1. Tandis qu’une étude publiée en 2018 dans la revue Science, estime la probabilité que le changement climatique soit anthropique à plus de 99,99%2 La certitude est aujourd’hui quasi-unanime chez les climatologues mais reste encore l’objet de recherches faisant intervenir aussi bien des mesures et observations que des modélisations en climatologie.

Deux sujets suscitent des débats importants du côté des scientifiques. D’une part, les conséquences du réchauffement climatique sont très débattues, puisque dépendantes de l’ampleur du réchauffement. Les scientifiques ne nient pas l’existence de conséquences, mais certains modèrent sur l’ampleur et la nature de celles-ci3. Le niveau actuel des connaissances dans ce domaine est de surcroît assez faible[réf. nécessaire] et dépend notamment de modèles climatologiques. D’autre part, les actions à mener pour lutter contre le réchauffement climatique font l’objet de nombreux débats, puisqu’il s’agit très fréquemment de reconsidérer les choix politiques à de multiples niveaux (social, économique, technologique, environnemental, sanitaire, moral).

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8.
Accord fragile sur climat au G20 : ’On n’a heureusement pas assisté au pire, mais on l’a frôlé’, déplore le président de Greenpeace France - Mis à jour le 29/06/2019 | 22:35 ; publié le 29/06/2019 | 22:35 – Document ‘franceinfo Radio France’ - Photo - Une partie des dirigeants réunis pour le G20 d’Osaka (Japon), le 29 juin 2019. (KAZUHIRO NOGI / POOL / AFP POOL)

Jean-François Julliard était invité de franceinfo après un accord sur le climat adopté au forceps par 19 chefs d’État et de gouvernement, sans les États-Unis. Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France déplore sur ‘franceinfo’ le manque d’avancée dans la lutte contre le réchauffement climatique à l’issue de ce G20.

Les grands dirigeants du G20 réunis à Osaka (Japon) ont réussi à préserver in extremis un consensus minimal sur le climat samedi 29 juin. Mais les négociations ont été âpres, certains pays semblant prêts à basculer du côté américain et à se retirer de l’accord de Paris, signé pendant la COP 21. Le communiqué final de leur sommet, signé par 19 chefs d’État et de gouvernement, fait référence à ’l’irréversibilité’ du grand accord de lutte contre le réchauffement climatique signé en 2015 à Paris. Les États-Unis ont fait bande à part comme lors des deux précédents G20 après avoir tenté de bloquer la déclaration, selon l’Élysée. 

franceinfo : Est-ce que vous aussi ce G20 vous a déçu ?

Jean-François Julliard : Cela a été très décevant. On n’a heureusement pas assisté au pire, mais on l’a frôlé avec le Brésil, la Turquie et le Japon, qui envisageaient à un moment de quitter l’accord de Paris, ou en tout cas de ne plus maintenir une ambition sur le climat. Mais on ne peut pas se contenter de cela. On n’a pas avancé d’un iota. On voit l’urgence écologique prendre partout sur la planète au sein des citoyens, les sociétés civiles se mobilisent partout pour avancer et pendant ce temps, les dirigeants du G20 signent un énième communiqué qui rappelle l’urgence climatique. Ce que l’on attend maintenant, c’est qu’ils mettent en œuvre des mesures fortes et ambitieuses dès qu’ils reviennent dans leur pays.

Est-ce qu’à Greenpeace, vous pensez encore que la solution va venir des États et de ces sommets internationaux ?

Non, absolument pas, on ne met pas tous nos moyens dans le suivi des G7, G20 et des sommets internationaux. En revanche, on a besoin des États pour gagner du temps, pour fixer des normes qui permettent aux citoyens de s’engager encore plus sur le terrain de la protection de l’environnement. Les citoyens seuls ne parviendront pas à régler la crise climatique si les États ne leur donnent pas les moyens de le faire. On a besoin que tout le monde agisse. Si l’on a un G20 qui n’avance pas, comment voulez-vous que ce soit motivant, ne serait-ce qu’en matière de leadership, pour les citoyens qui se mobilisent ? 

Si l’on prend l’exemple des États-Unis : Donald Trump se retire de l’accord de Paris, il dit à ses électeurs que cela va ramener des emplois, de la croissance, etc... Comment lutter contre cette pensée ?

En répétant que c’est faux. L’économie américaine va bien, mais ce n’est pas grâce à Donald Trump, ni grâce à la sortie de l’accord de Paris. Au contraire ! Les industries qui vont être pourvoyeuses d’emploi demain ne sont pas les centrales à charbon, ou les énergies fossiles, mais ce sont les industries des énergies renouvelables, des transports propres, de la rénovation thermique, etc... Ce sont sur ces secteurs qu’il faut compter, pour que demain, non seulement le plus grand nombre d’entre nous ait un emploi, mais surtout des emplois qui fassent du bien à la planète et non qui accélèrent la crise climatique.

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9.
Désobéissance civile - Des militants pour le climat délogés par les lacrymogènes sur un pont de Paris – Vidéo 3:16 ajoutée le 29 juin 2019 - LeHuffPost

Vendredi 28 juin, des militants du mouvement ’Extinction Rebellion’ ont envahi un pont de Paris pour alerter sur le réchauffement climatique. Leur action a été stoppée par une intervention policière jugée démesurée par plusieurs personnalités politiques et écologistes. ----- Abonnez-vous à la chaîne YouTube du HuffPost dès maintenant : https://www.youtube.com/c/lehuffpost Pour plus de contenu du HuffPost : Web : https://www.huffingtonpost.fr/ Facebook : https://www.facebook.com/LeHuffPost/ Twitter : https://twitter.com/LeHuffPost Instagram : https://www.instagram.com/lehuffpost/ Pour recevoir gratuitement notre newsletter quotidienne : https://www.huffingtonpost.fr/newslet... Catégorie : Actualités et politique

Source : https://www.youtube.com/watch?v=saw83j_JwUA

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10.
Le mouvement social international ‘Extinction Rebellion’ selon Wikipédia

Avertissement - La dernière modification de cette page a été faite le 29 juin 2019 à 02:45. Cet article concerne un événement récent ou en cours. Ces informations peuvent manquer de recul, ne pas prendre en compte des développements récents ou changer à mesure que l’événement progresse. Le titre lui-même peut être provisoire. N’hésitez pas à l’améliorer en veillant à citer vos sources. Photo  : ‘Extinction Rebellion’ à Londres le 17 novembre 2018.

Extinction Rebellion, abrégé en XR, est un mouvement social international qui vise à susciter par le biais d’actions directes et d’une résistance non violente un changement radical afin de limiter le réchauffement climatique et de minimiser le risque d’extinction de l’humanité et d’effondrement écologique 1.

Le mouvement débute au Royaume-Uni en octobre 2018 avec la publication d’un appel à l’action signé par une centaine d’universitaires 2 suivi d’un lancement officiel le dernier jour du mois par plusieurs militants de Rising Up ! 3. Durant le mois suivant, plusieurs actions de désobéissance civile sont recensées dans la capitale, Londres 4.

Depuis l’appel d’Extinction Rebellion UK, des mouvements se sont notamment formés aux USA, en Italie, en Allemagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en France 5, au Québec 6 et en Belgique 7… » - Article complet à lire sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Extinction_Rebellion

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11.
Des militants écologistes évacués violemment par les CRS lors d’un rassemblement pour le climat à Paris - Par Cécile Bouanchaud Publié le 29 juin 2090 à 15h59, mis à jour à 08h44 – Document ‘Le Monde’ PlanèteClimat

Plusieurs dizaines de personnes, occupant le pont de Sully, à Paris, pour presser le gouvernement d’agir en faveur du climat, ont été évacuées de façon musclée par les forces de l’ordre, vendredi 28 juin 2019.

Ils sont plusieurs dizaines d’activistes – 400 selon les organisateurs –, assis au sol, en tailleur, se tenant par le bras, dans le calme. Autour d’eux, des policiers, debout, armés d’aérosols, les aspergent de gaz lacrymogène, à moins d’un mètre de leur visage. « Policiers, doucement, on fait ça pour vos enfants ! », crient quelques manifestants d’Extinction Rebellion, un mouvement de désobéissance civile non violente né à la fin d’octobre 2018 au Royaume-Uni et présent aujourd’hui dans une cinquantaine de pays.

La scène, filmée par des journalistes, et reprises des milliers de fois sur les réseaux sociaux, se déroule vendredi 28 juin, sur le pont de Sully, qui relie les 4e et 5e arrondissements de Paris. Les militants écologistes sont réunis pour bloquer des axes de circulation, alors que la France traverse un épisode de chaleur sans précédent, imposant ce jour-là une circulation différenciée dans la capitale. Comme à l’accoutumée, les militants d’Extinction Rebellion, dont l’objectif est de forcer les gouvernements à agir face à l’urgence écologique et climatique, sont regroupés de façon pacifique. « Nous essayons de rendre les gens conscients des problèmes écologiques qui ne sont qu’un symptôme du système », a expliqué Sophia Karpenko, une neuroscientifique et porte-parole de l’organisation.

Jets de gaz lacrymogène sur des personnes à terre

Il est environ midi, la chaleur étouffante est à son maximum. Après avoir bloqué sporadiquement quelques rues du 4e arrondissement, faisant face à des automobilistes impatients, voire énervés, les militants convergent vers leur lieu de rassemblement : le pont de Sully. Ils s’installent alors sur le bitume, scandant : « Sur le pont, Rébellion/On y lutte, on l’occupe/Sur le pont, Rébellion/on y lutte contre l’extinction ». La manifestation se veut d’abord festive : « On dansait, on chantait, il y avait des familles, des gens qui avaient fait à manger… » témoigne Ingrid, militante d’Extinction Rebellion. Ils savent que la police ne tarderait pas : la manifestation n’a pas été déclarée officiellement mais la préfecture a été prévenue « la veille » de l’action, pour « jouer franc jeu ». Puis « tout a été très vite, la police est arrivée et ça a été violent dès le départ, ils ont gazé vite sans dialogue. On pensait qu’on aurait le temps de discuter, de négocier, mais non, ça a été très répressif. »

Selon les images tournées sur place, les policiers, l’air bravache, utilisent à bout portant leur aérosol de gaz lacrymogène sur les manifestants. Ces derniers, qui tentent de garder leur calme, suffoquent alors sous les nuages de lacrymogènes. Une riposte que les manifestants, debout, huent alors l’attitude des forces de l’ordre. « Vous n’avez pas le droit de nous traîner », lance l’un des manifestants, tiré par le bras par un policier, alors que des militants observant la scène répètent inlassablement : « Non violent ». Une autre, aspergée de gaz lacrymogène, demande au policier d’arrêter : « Je n’arrive plus à respirer », répète-t-elle deux fois. L’un des policiers, l’air impassible, arrache les lunettes de soleil d’un manifestant.

« Sur le coup, ça été violent, c’était dur de subir une telle répression alors que l’on était tellement dans une action non violente pacifique, déplore Ingrid. Le jour où on passe un message sur le climat, un jour de chaleur sans précédent, on vient, on ne comprend pas une telle violence. »

Les images de militants pacifiques aspergés de gaz lacrymogène, ont choqué et fait réagir : des voix se sont élevées, notamment celles de la jeune activiste suédoise Greta Thunberg ou de l’ancienne ministre écologiste et actuelle directrice de l’ONG Oxfam France, Cécile Duflot, pour dénoncer l’attitude des policiers. La préfecture de police de Paris a quant à elle fait savoir qu’elle avait « effectué les sommations réglementaires ». Deux personnes ont par ailleurs été interpellées puis placées en garde à vue pour « délit d’entrave à la circulation », précise la préfecture, contactée par Le Monde. De son côté, l’organisation dit n’avoir eu aucun de ses membres en garde à vue mais précise que deux contrôles d’identité ont été menés. Extinction Rebellion France affirme réfléchir à déposer plainte.

Les lacrymogènes, une arme à priorité défensive

Si les aérosols lacrymogènes peuvent être utilisés avant la deuxième sommation (et toujours sans sommation dès lors que des violences sur les forces de l’ordre sont établies), l’usage de la force doit pourtant rester strictement proportionné et nécessaire. Une note du ministère de l’intérieur émise en 2004 précise que les gaz lacrymogènes doivent en priorité être employés pour parer à une menace à plus d’un mètre de la personne et par jets brefs, des conditions d’emploi que ne respectent pas à plusieurs moments les policiers, selon les vidéos tournées sur place.

Photo - Capture écran d’une vidéo tournée par un journaliste sur place, Clément Lanot, et diffusée sur YouTube. CLÉMENT LANOT / CL Press / YouTube (capture écran)

Délogés du pont de Sully, une cinquantaine de manifestants ont fini par rejoindre les militants de Youth for Climate France, qui s’étaient eux donnés rendez-vous pour occuper la rue du Faubourg-Saint-Honoré, où se trouve le palais de l’Elysée. Selon l’ONG, l’Elysée a proposé une entrevue à huis clos à quelques responsables, « sans possibilité de filmer l’entretien ». Une proposition rejetée par les militants, qui ont estimé que « la discussion devrait pouvoir être rendue publique  ». Sous la menace des forces de l’ordre, les occupants ont quitté les lieux vers 22 heures.

Lire aussi Ce que la police peut et ne peut pas faire pendant une manifestation

Auteure : Cécile Bouanchaudpour ‘Le Monde’

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Source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/06/29/des-militants-pour-le-climat-evacues-violemment-par-les-crs-lors-d-un-rassemblement-a-paris_5483227_3244.html

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12.
’Nous sommes en guerre’ : Nicolas Hulot appelle à l’unité pour ’affronter la réalité climatique’ - Mis à jour le 30/06/2019 | 11:11 ; publié le 30/06/2019 | 10:48 – Document ‘franceinfo’ avec AFP France Télévisions –Photo  : Nicolas Hulot, le 25 avril 2019 à Paris. (DANIEL PIER / NURPHOTO / AFP).

Nicolas Hulot, qui a démissionné du gouvernement en septembre 2018, se dit prêt à apporter son soutien ’à un gouvernement qui fera la démonstration qu’il veut véritablement faire rentrer l’écologie dans la modernité’. 

Une énième fois, il tire la sonnette d’alarme. L’ancien ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a appelé à l’unité par-delà les clivages politiques afin d’affronter la ’guerre’ contre le dérèglement climatique, dans un entretien accordé à Dimanche Ouest-France, dimanche 30 juin 2019. 

’Il est urgent d’affronter la réalité climatique, écologique plutôt que de toujours lui tourner le dos. Nous devons absolument nous rassembler, au-delà de toutes nos barrières politiques, religieuses, pour changer nos modes de vie. En temps de guerre, on est capable de s’unir sur l’essentiel. Et nous sommes en guerre !’ estime Nicolas Hulot.

« Ce modèle économique est obsolète. On est au bord de l’abîme ». Nicolas Hulot Dimanche Ouest-France

’Quand Notre-Dame brûle, les flammes sont visibles, que l’on soit croyant ou pas, on est tout prêt à prendre un seau pour aller aider les pompiers. La planète se consume, mais on continue à cultiver nos différences, à s’appuyer sur des idéologies creuses, poursuit l’ancien ministre. Il faut arrêter de dire aux gens qu’on a une grippe alors qu’il s’agit bien d’une tumeur.’

Il appelle les maires à ’faire un effort’

Nicolas Hulot, qui a démissionné du gouvernement en septembre 2018, se dit ’prêt’ à apporter son ’soutien à un gouvernement qui fera la démonstration qu’il veut véritablement faire rentrer l’écologie dans la modernité’. ’Je ne serai pas avec lui politiquement, mais je serai derrière en appui pour faire en sorte que les citoyens adhèrent. C’est beaucoup plus important que de reprendre une posture partisane’, explique-t-il.

S’il affirme qu’il ne sera pas candidat aux municipales, Nicolas Hulot appelle cependant ’les maires de tous bords’ à ’faire un effort’ pour ’cesser de consommer des terres agricoles à tous crins avec des projets immobiliers, des projets de grandes surfaces, des projets d’une autre époque au moment où il faut revitaliser les cœurs des villes’.

Source : https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/nous-sommes-en-guerre-nicolas-hulot-appelle-a-l-unite-pour-affronter-la-realite-climatique_3514573.html

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 30/06/2019 Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

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Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

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