‘Green Cross’ fait des propositions lors du G7 : l’Arctique a urgemment besoin de vos actions

Traduction et compléments de Jacques Hallard

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ISIAS Climat

‘Green Cross’ fait des propositions lors du G7 : l’Arctique a urgemment besoin de vos actions

Message de ’Green Cross France et Territoires’ - 22/08/19 17:29

Green Cross partage pour le G7 à Biarritz, 7 propositions concrètes, rédigées suite à la collaboration avec le Prix Carmignac du Photojournalisme lors de sa 9ème édition, pour mieux protéger l’Arctique, afin de nous préserver nous-mêmes. Vous les trouverez ci-joints.

Les phénomènes climatiques extrêmes survenus en Arctique cet été, incendies et températures jamais rencontrées auparavant, sont autant de témoins qui montrent l’urgence d’agir beaucoup plus concrètement.

Nous avons également le plaisir de vous informer que le 10ème prix, dont le contenu sera dévoilé à la rentrée, portera sur le thème de l’Amazonie, et que l’appel à candidature pour le 11ème prix, sur le Congo, est en cours : https://www.fondationcarmignac.com/en/project/democratic-republic-of-congo/

Les propositions sont disponibles ICI en français (ci-dessous) et en anglais.

1. Les effets du dérèglement climatique en Arctique transformeraient-ils la région en Nouveau Far West ?

Qu’il s’agisse de nouvelles routes de navigation, de traits de pêche opérés sur des eaux autrefois recouvertes de glace, de trafic de vestiges d’une vie aujourd’hui disparue ou
d’une course effrénée à l’exploitation pétrolière et minière que l’on pensait d’un temps révolu, les trésors de l’Arctique sont l’objet de nombreuses avidités.

Comme lors de la conquête de l’ouest ou des grandes transitions historiques, nous y retrouvons des cowboys et des indiens, des gendarmes et des voleurs. Quels
seront les équilibres…ou les déséquilibres… qui se feront jour en Arctique ?

Les scientifiques observent avec inquiétude l’évolution du climat et de la biodiversité,
mais aussi l’impact de ces nouvelles activités humaines. Des publications convergentes et de plus en plus alarmantes nous précisent que l’évolution climatique en Arctique a probablement atteint un point d’irréversibilité, et que nous devons enclencher urgemment les mesures d’atténuation et d’adaptation à la hauteur des enjeux.

Les armées, les activités de police et de contrôle tentent de s’organiser et font évoluer leurs organisations sans forcément déployer des moyens à la hauteur des enjeux.
Les tensions géopolitiques réapparaissent, tout comme les conflits entre intérêts économiques de court terme et visions de moyen terme pour les territoires. Qu’en subsistera-t-il ? Nous sommes à la croisée des chemins.

2. Les habitats deviennent de plus en plus vulnérables, la nature a déjà initié une transition irréversible mais que nous pouvons atténuer.

Des brèches et des cicatrices se développe dans l’Arctique. Au-delà des spectaculaires cratères formés dans le pergélisol qui se multiplient, des cours d’eau et nappes phréatiques dont la vitalité est de plus en plus compromise, ce sont les caractéristiques essentielles des habitats végétaux, animaux et humains qui sont désormais atteintes.

Qu’ils soient terrestres ou marins, les grands animaux migratoires ne peuvent plus reproduire le périple qu’ils parcouraient jusqu’alors. Cette situation préoccupante
les désoriente, incite à de nouveaux comportements qui bouleversent les écosystèmes, et met à risque jusqu’à leur survie.

Le cercle arctique, autrefois continent blanc, parsemé de quelques pépites vertes et bleues, s’illustre désormais beaucoup plus en marron, gris, vert et bleu. Est-ce
une bonne nouvelle ? Assurément pas. Ce poumon de la planète, qui contribue à la fois à la régulation des courants marins et du climat, recèle des stocks de biodiversité et est
un creuset de vie terrestre et marine aussi intense que méconnu, nous appelle à l’aide pour mieux l’aimer, mieux le connaître, mieux le préserver.

Permettre à l’Arctique de passer de la vulnérabilité à la résilience, c’est aider à en préserver la vitalité, mais c’est aussi nous protéger nous-même.

3. Les peuples autochtones, qui vivaient en symbiose avec le milieu, se sont rapprochés du mode de vie occidental.

Historiquement, la vie des peuples de l’Arctique se structurait autour de quelques repères : l’autonomie, l’affirmation identitaire et culturelle forte entre communautés, les solidarités locales et l’organisation collective de la société, l’interaction permanente entre l’humain, le vivant et les éléments. Le développement des industries extractives,
la mécanisation des transports, l’arrivée du confort moderne et la révolution des communications ont métamorphosé ces codes.

À la transmission intergénérationnelle a succédé l’internat et l’école à distance loin de la maison et de la communauté. La maison est devenue individuelle, l’électricité
indispensable, la voiture et l’accès à la consommation industrialisée, un standard inévitable. L’alcool et le tabac coulent à flot, le tourisme a substitué à la rudesse du
voyage, l’immédiateté d’une rencontre fortuite de deux univers qui se croisent sans jamais se rencontrer. L’intemporalité et la lente dégradation avec des déchets, les besoins sans cesse plus grands d’énergie, d’espace et de ressources minières, les pollutions multiples et grandissantes laissent un espace de plus en plus restreint pour des modes de vie préservée.

L’éducation formelle, l’accès à la connaissance se sont améliorés. L’accès à la médecine et aux sciences occidentales a amélioré l’espérance de vie, et affaibli les savoirs traditionnels.

La situation de l’Arctique nous oblige et nous incite aux solidarités. Il s’agit en même temps de coopérer avec les peuples de l’Arctique, de s’assurer qu’ils peuvent choisir leur
destin commun, et vivre sereinement dans un environnement préservé. Mais aussi, en les respectant de nous préserver d’une avidité accrue qui obérerait leurs ressources, et
que nos choix de société ne mettent à risque ni leur mode de vie, ni leur vitalité, ni leur culture et leur patrimoine immatériel.

Proposition 1
Revitaliser et faire évoluer la Commission Arctique pour qu’elle devienne un Comité de l’Océan Arctique doté de moyens et d’objectifs de résilience à la hauteur des enjeux,
communs et différenciés.

Un levier d’action immédiat et important concernant l’Arctique, et sur le G7 peut être pionnier, est la sécurisation et la régulation du trafic maritime dans l’Arctique. Il s’agit d’éviter que ce continent-océan ne soit laissé à la pêche prédatrice et au braconnage, et d’accélérer la transition énergétique mondiale plutôt que de lorgner sur une exploitation déraisonnée des ressources pétrolières et minières de la région.

Proposition 2
Mettre en place une « autoroute à péage », fonctionnant sur un principe similaire au Canal de Panama, entre Vladivostok et Hammerfest, réservée aux seuls porte-containers
récents, surs (double coque), et peu polluants (propulsion gaz).

Proposition 3

Prendre des décisions immédiates de classification en Aires Marines Protégées (AMP) concernant les souverainetés nationales des États membres, et mettre en place
un plan d’action pour annoncer au plus tard en juin 2020 à Marseille lors du Congrès de l’UICN un plan d’action concerté et ratifié permettant la classification de 30% de
la surface maritime de l’Arctique en AMP avant le 1er juillet 2025.

Un autre levier est la préservation du patrimoine culturel, de l’identité et du mode de vie des populations, de développer de nouvelles solidarités, d’encourager à la diversité, d’encourager la rencontre entre les peuples au-delà du tourisme superficiel et distant.

Proposition 4

En concertation avec les organisations internationales, notamment OMI (Organisation Maritime Internationale) et OIT (Organisation Internationale du Tourisme), mettre
en place avant mi-2021 une charte du tourisme arctique responsable, et s’assurer d’un engagement volontaire pionnier au G7 Biarritz d’opérateurs pionniers et de personnalités
représentatives.

Un dernier levier concernant le changement au quotidien de nos modes de vie à la hauteur des enjeux du dérèglement climatique, des dégradations de l’environnement et de notre qualité et vie, et d’accélérer vers l’efficience des comportements dans une société en transition énergétique, économique et sociétale, qui respecte la vitalité de l’Arctique et son rôle essentiel par une préservation prioritaire, et rapide.

Proposition 5

Actualiser les réglementations de pêche des États Membres du G7 et de l’Union Européenne pour traiter les zones nouvellement découvertes par le dérèglement climatique de manière au moins similaires aux réglementations de pêches déjà existantes, et les doter de quotas permettant de maintenir la qualité annuelle prélevée dans l’Arctique à son niveau de 2017.

Proposition 6

Dans la continuité de l’impulsion française initiée par le CIMER de novembre 2018 à Dunkerque, faire étendre aux États Membres du G7 Biarritz l’engagement « 0 plastique
dans l’océan en 2025 ».

Proposition 7

Identifier en 24 mois les zones à enjeux prioritaire pour limiter les effets de la pollution plastiques, des micro-polluants et des perturbateurs endocriniens sur l’Arctique, et
mettre en place les outils de remédiation appropriés sur ces zones à enjeux prioritaires.

Éclairons ces possibles… il vous appartient d’y trouver vos équilibres, et vos engagements. Nous nous engageons, en préparation et en appui du G7 Biarritz, à mettre en place les mobilisations de haut niveau qui facilitent l’examen et l’éventuelle appropriation de ces propositions, et sensibiliserons sur l’urgence d’agir et les modes d’actions qui nous semblent prioritaires, ci-avant décrits.

Urgences d’agir – Quelques faits et chiffres emblématiques

  • Si nous contenons le climat à + 1,5°C à horizon 2100, il existe 1 % de risque que l’Arctique soit libre de toute glace chaque été. Si nous contenons le climat à + 2,0°C à horizon 2100, il existe 10 % de risque que l’Arctique soit libre de toute glace chaque été. Et, pour contenir le climat à 1,5°C, il nous faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 47% avant 2030, en initiait l’essentiel de nos évolutions de comportement dans les 3 ans à venir.
  • Malgré ses engagements souverains de sortie des énergies fossiles, la Norvège a confirmé début 2018 la concession de 13 permis d’exploration (dont Chevron, Cocono Philipps, Lukoil, Statoil...) en Mer de Barents
  • Durant la seconde moitié du XXe siècle, la Mer de Barents a servi de poubelle nucléaire, sans précaution et sans suivi. Désormais, et depuis mi-2018, elle héberge en plus des centrales nucléaires flottantes.
  • Le 20 décembre 2017, le congrès américain a adopté une loi autorisant le développement pétrolier et gazier en plein parc naturel (Arctic National Wildlife), en Alaska.
  • Le 28 juin 2018, la revue Antiquity notait que plusieurs cimetières amérindiens de l’Arctique, donc certains proviennent de villages habités depuis le VIe siècle, ont disparus noyés.
  • Le 1er mai 2017, le Comité sur la Situation des Espèces en Péril Au Canada (COSEPAC) dénombrait 62 espèces de l’Arctique menacées d’extinction prochaine.
  • En septembre 2018, le Japon demandait la reprise de la pêche commerciale à la baleine, au-delà des quotas de pêche prétendue scientifique dont il dispose déjà, et vise pour ceci les zones polaires, à la fois arctique et antarctique.
  • Désormais, les chalutiers industriels s’emparent sans quotas ni discernement des zones de l’Arctique laissées libre par la fonte des glaces. Il s’agit d’effectuer avec des navires usines des campagnes de pêche au cabillaud, peu sélectives et peu performantes, mais très dangereuses pour la biodiversité de l’Arctique.
    Nous vous souhaitons une agréable lecture.

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Transmis avec ajout de compléments d’informations et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 25/08/2019

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http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Climat Green Cross fait des propositions lors du G7.2

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