"Les défauts dans le génome sont négligés chez des bovins sans cornes qui proviennent d’une édition génomique : les nouvelles techniques de génie génétique (édition du génome) ne sont pas aussi précises que certains le prétendent " par GMWatch

Traduction et compléments de Jacques Hallard



ISIAS Génétique Animaux

Les défauts dans le génome sont négligés chez des bovins sans cornes qui proviennent d’une édition génomique : les nouvelles techniques de génie génétique (édition du génome) ne sont pas aussi précises que certains le prétendent

Ajout de documents sur les races bovines sans cornes

L’article d’origine a été publié le 09 août 209 par GMWatch sous le titre « Gene-edited hornless cattle : Flaws in the genome » et il est accessible sur ce site :https://www.gmwatch.org/en/news/latest-news/19084-gene-edited-hornless-cattle-flaws-in-the-genome-overlooked

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Photo – A gauche, veau génisse sans cornes n°1 issue d’un taureau modifié par génie génétique, aux côtés d’un veau témoin de race Hereford à cornes, à droite (source de l’image : Alison Van Eenennaam / Twitter)

[Rappel sur l’édition génomique selon Wikipédia :

L’édition des gènes, ou l’édition du génome ou l’édition génomique ou encore la modification localisée de séquence génomique (genome editing pour les anglophones), regroupe un ensemble de techniques de manipulation du génome visant à la modification du matériel génétique (et donc de l’information génétique. Les termes « édition génomique » ou « édition du génome », bien que couramment employés, sont à éviter car contrairement au mot anglais « editing », le mot « édition » ne signifie pas « modifier, corriger, retoucher ». L’expression « édition génétique » est aussi à éviter car ayant un autre sens1. Ces techniques peuvent être appliquées aux plantes, aux animaux2, aux champignons et aux microbes. Certains laboratoires proposent d’aussi de les appliquer au génome humain.

Sommaire

On peut aussi consulter le document INSERM intitulé Edition génomique - Des ciseaux moléculaires pour modifier les génomes avec précision :

L’édition génomique - Étude conduite à l’échelle du génome, portant sur le fonctionnement de l’organisme, d’un organe, d’une pathologie... permet d’effectuer des modifications génétiques ciblées dans tout type de cellule, grâce à des ciseaux moléculaires spécifiques. Disponibles depuis les années 80, ces outils ont gagné en efficacité et en spécificité au cours du temps. En 2012, l’avènement du système CRISPR-Cas9, caractérisé par sa très grande simplicité et son coût modeste, a révolutionné cette approche : l’édition génomique a désormais gagné tous les domaines de la science et de la médecine. Elle permet aux chercheurs d’effectuer les modifications génétiques de leur choix, afin de développer des modèles cellulaires et animaux sur mesure, pour progresser dans la connaissance du développement des organismes vivants, des maladies, ou encore pour tester des molécules thérapeutiques. Des premiers essais cliniques se fondant sur cette approche ont débuté, visant à à traiter des maladies monogéniques, certains cancers ou encore des maladies infectieuses.

L’article complet est accessible sur ce site : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/edition-genomique ].

Des bovins ont été génétiquement modifiés en utilisant des outils d’édition génomique pour éviter la pousse des cornes chez les animaux. Toutefois, selon des recherches récemment publiées par des experts de la l’organisme américain ‘US Food and Drug Administration‘ (FDA), les erreurs d’édition des gènes dans le génome de ces bovins sont souvent négligés (voir résumé ci-dessous).

Les animaux ont été génétiquement modifiés par la société de biotechnologie ‘Recombinetics.’ La société a également déposé un brevet sur le bétail génétiquement modifié. Depuis quelques années, les bovins sont considérés comme une application positive des nouvelles techniques de génie génétique et une aubaine pour le bien-être des animaux, car ces bovins génétiquement modifiés n’auront pas besoin d’être opérés. Cependant, jusqu’à présent, il semble être passé inaperçu que l’édition génomique a eu d’importants résultats tout à fait inattendus.

[Voir Production of hornless dairy cattle from genome-edited cell lines Daniel F Carlson , Cheryl A Lancto , Bin Zang , Eui-Soo Kim , Mark Walton , David Oldeschulte , Christopher Seabury , Tad S Sonstegard & Scott C Fahrenkrug - Nature Biotechnology volume 34, pages 479–481 (2016) | Download Citation ].

Effets involontaires ou non intentionnels

Les ciseaux d’édition génomique (nucléases) utilisés dans ce cas sont connus sous le nom de TALEN, une méthode souvent décrite comme étant très précise. En fait, aucun changement génétique non ciblé n’a été détecté par les développeurs de ces bovins sans corne chez ‘Recombinetics’.

Cependant, la recherche de la FDA montre des effets non voulus majeurs sur l’un des deux sites ciblés. Le variant de gène ’POLLED’ souhaité a été correctement inséré dans les deux sites génomiques prévus. Mais il y avait un changement supplémentaire inattendu : deux copies de la construction entière de l’ADN (plasmide) qui portait la séquence POLLED étaient également intégrées dans l’un des deux sites cibles. Au sein de ces intégrations involontaires des plasmides, les chercheurs ont découvert des séquences géniques complètes conférant une résistance à trois antibiotiques différents.

Il est essentiel de reconnaître que l’insertion prévue des variants du gène POLLED et l’intégration involontaire des plasmides dans le génome du bétail, ont lieu une fois que TALEN a achevé sa tâche, consistant à couper l’ADN sur les sites d’édition envisagés. Ces événements d’insertion d’ADN souhaités et non désirés, se produisent via les processus de réparation innés de la cellule, qui sont activés une fois que l’outil d’édition génomique génétique des gènes TALEN a coupé et endommagé l’ADN.

Par conséquent, quelle que soit la ’précision’ de l’événement initial d’édition de gènes en termes de localisation, des résultats indésirables peuvent survenir sur le site prévu, en raison des processus de réparation de l’ADN qui suivent la suppression de l’ADN par l’outil de modification.

Les résultats décrits dans le document présenté par les scientifiques américains de la FDA sont un autre exemple, montrant que la recherche d’effets non ciblés à partir d’une procédure d’édition de gènes ne suffit pas pour identifier l’ensemble des résultats indésirables, qui peuvent se produire même au niveau du site de la modification ciblée et intentionnelle.

Les effets sur la santé animale ne sont pas connus

Aucune recherche n’a été menée sur les conséquences possibles pour la santé animale, ni sur la question de savoir si ces gènes supplémentaires sont biologiquement actifs.
Comme le soulignent les experts de la FDA, il est peu probable que les erreurs causées par la technique du génie génétique soient des cas isolés. Ils soupçonnent que de telles erreurs sont ’sous-déclarées ou négligées’. Les scientifiques de la FDA soulignent plusieurs raisons pour lesquelles ‘Recombinetics’ n’a pas détecté ces erreurs dans ses méthodes de dépistage et recommandent des procédures à suivre à l’avenir afin de fournir une image plus précise.

GMWatch conclut que ‘Recombinetics’ a émis des hypothèses sur les résultats de l’édition du génome de POLLED et que, de ce fait, leurs procédures analytiques étaient insuffisantes pour détecter les effets non intentionnels sur la cible - en l’occurrence, l’intégration de la molécule d’ADN plasmidique modèle POLLED. Cette erreur élémentaire est évidemment revenue les hanter.

Étant donné que l’événement d’édition de gène POLLED est présent dans chaque cellule de l’animal, les gènes de résistance aux antibiotiques seront également présents dans chaque cellule. Si ces gènes sont actifs, ils produiront une résistance aux antibiotiques à l’échelle du corps des animaux, ce qui rendra ces médicaments inefficaces lorsqu’ils seront utilisés pour lutter contre des infections bactériennes pathogènes chez les animaux. Ce facteur invalide toute revendication des avantages pour le bien-être des animaux découlant de la production de bovins POLLED modifiés par l’édition génomique.

Un battage médiatique trompeur est exercé

La nouvelle recherche révèle qu’une grande partie du battage publicitaire entourant les animaux avec des gènes modifiés est fausse et trompeuse. Par exemple, Alison Van Eenennaam, de l’Université Davis, Californie, Etats-Unis, spécialiste des sciences animales et promoteur d’animaux génétiquement modifiés, publie un article intitulé « La modification génétique - l’un des outils les plus récents et les plus prometteurs de la biotechnologie - permet aux éleveurs de faire des changements génétiques bénéfiques, sans entraîner de changements génétiques non désirés » ; (’Gene editing — one of the newest and most promising tools of biotechnology — enables animal breeders to make beneficial genetic changes, without bringing along unwanted genetic changes’).

[Voir Alison Van Eenennaam examines how gene editing can enhance sustainability plus animal health and welfare ].

Pourtant, les ’modifications génétiques indésirables’ de l’édition de gènes sont exactement ce que les scientifiques de la FDA ont découvert.

L’article émanant de l’UC Davis poursuit en affirmant que « l’édition de gènes présente un potentiel considérable pour renforcer la durabilité de la production animale, tout en améliorant la santé et le bien-être des animaux destinés à l’alimentation ».

En vérité, personne n’a évalué les effets de l’édition de gènes sur le bien-être des animaux, mais il est facile de prédire que le gâchis créé dans le génome par la nouvelle recherche n’aura pas d’effets bénéfiques sur l’animal et pourrait même créer des problèmes majeurs chez les animaux.

Les effets inattendus de l’édition de gènes au site ciblé

La nouvelle publication résume également les résultats de la recherche récente utilisant l’outil d’édition de gène CRISPR dans des cellules des mammifères. Le processus d’édition de gènes a entraîné des ’altérations inattendues’ du génome, notamment des « réarrangements génomiques complexes au site cible ou à proximité de celui-ci dans le cadre de 34 expériences d’édition du génome de mammifères ». Ces réarrangements complexes « comprenaient 35 insertions, délétions, inversions et translocations difficiles à détecter », à l’aide des méthodes de séquençage standard.

Ces découvertes, combinées aux nouvelles découvertes des experts de la FDA, soulignent le fait que les effets non ciblés ne sont qu’une partie du problème de l’imprécision que l’on peut rencontrer avec l’édition des gènes. L’autre partie concerne les effets inattendus sur le site cible à modifier. Ces effets sont souvent ignorés dans les recherches portant sur les effets non intentionnels de l’édition de gènes.

De plus, la modification des gènes (par édition génomique) n’est pas nécessaire

Des questions demeurent quant à savoir si du bétail modifié de cette façon est nécessaire ou non. GMWatch a reçu un commentaire d’un producteur de bœuf qui souhaite rester anonyme. « Nous pouvons tout à fait faire du bétail sans cornes sans faire appel à des modifications génétiques de ce type. C’est une excuse ridicule pour utiliser la nouvelle technologie ».

Certes, le gène POLLED est plus répandu chez les bovins de boucherie que chez les vaches laitières. Les bovins que ‘Recombinetics’ a édités avec le gène POLLED étaient des bovins laitiers de la race laitière Holstein. Quelles sont donc les raisons pour lesquelles les développeurs ont édité le génome du bétail ? La publication de ‘Recombinetics’ présente plusieurs justifications, parmi lesquelles :

* Le petit nombre de taureaux reproducteurs produisant du sperme POLLED qui sont disponibles dans le commerce
* Le coût pour l’éleveur et la douleur pour l’animal, impliqué dans l’écornage du bétail, ce dernier ayant amené les groupes de défense des animaux à faire campagne pour une anesthésie obligatoire ou une interdiction de l’écornage
* Le faible ’mérite génétique’ des taureaux Holstein concerné : la sélection pour le caractère POLLED s’accompagne d’autres caractéristiques génétiques indésirables, telles qu’un faible rendement en production de lait
* La vitesse plus élevée de l’édition de gènes par rapport à la reproduction conventionnelle dans la production d’animaux mâles concernés.

[Voir : Production of hornless dairy cattle from genome-edited cell lines Daniel F Carlson , Cheryl A Lancto , Bin Zang , Eui-Soo Kim , Mark Walton , David Oldeschulte , Christopher Seabury , Tad S Sonstegard & Scott C Fahrenkrug - Nature Biotechnology volume 34, pages 479–481 (2016) | Download Citation ].

[Voir : Comparison of gene editing versus conventional breeding to introgress thePOLLEDallele into the US dairy cattle population - Author links open overlay panel
M.L.Mueller1
J. B.Cole2
T.S.Sonstegard3
A.L.Van Eenennaam1 - https://doi.org/10.3168/jds.2018-15892Get rights and content ]

Le document co-rédigé par Alison Van Eenennaam reprend plusieurs de ces arguments, tels que la rareté et le faible mérite génétique des taureaux laitiers concernés, ainsi que le coût et la douleur associés à l’écornage. En outre, dans le document, Van Eenennaam souligne que l’élevage d’un plus grand nombre d’animaux étudiés à partir de si peu de taureaux pose des problèmes de consanguinité.

Une image différente

Tout cela semble assez convaincant - jusqu’à ce que vous sortiez du petit monde restreint des passionnés de l’édition de gènes. Curieusement, un article du magazine en ligne ‘Progressive Dairy’ intitulé ’Holstein sondés : passé, présent et futur’ donne une image totalement différente de la situation actuelle des animaux Holstein ainsi modifiés.
[Voir : Polled Holsteins : Past, present and future - Kathleen O’Keefe for Progressive Dairyman Published on 18 October 2016].

L’article admet la rareté relative des mâles modifiés - ces animaux ne représentent que 1% des Holstein enregistrés auprès de la ‘Holstein Association’. Mais il cite des chiffres de l’Association selon lesquels « il y a 12 taureaux concernés qui sont actifs et disponibles avec des descendances laitières, et il y a 136 taureaux génomiques sans cornes qui sont disponibles. De ces taureaux, 23 sont homozygotes, ce qui signifie que toute la progéniture de ces taureaux les taureaux seront donc sans cornes ».

En ce qui concerne les femelles « 795 femelles sans cornes ont été enregistrées en 2010 et ce nombre a connu une augmentation spectaculaire de 3.698 femelles sans cornes étaient enregistrées en 2015, soit une augmentation de 365% ». ‘Progressive Dairy’ qualifie cette croissance d ’’exponentielle’, d’ ’impressionnante’.

C’est un tableau un peu plus satisfaisant que celui décrit par Van Eenennaam et ses collègues qui déclaraient : « En mars 2018, seuls 3 taureaux homozygotes actifs de la race Holstein et 0 de la race Jersey étaient enregistrés auprès de l’Association nationale des éleveurs d’animaux ». Association différente, données différentes ?

’Une bonne vache, ce n’est pas seulement une vache sans corne’

L’article de ‘Progressive Dairy’ contient une interview de John Burket de ‘Burket Falls Farm’ en Pennsylvanie. John Burket est un éleveur de Holstein sans cornes, qui a toujours insisté pour produire « une bonne vache, pas seulement une vache sans corne ». Le principal problème de Burket n’est pas d’élever du bétail sans cornes, mais de subir les aléas de la mode : « L’enthousiasme pour le bétail sans corne est brûlant », en particulier du fait de l’action des organisations nationales d’insémination artificielle.

De manière révélatrice, le plus grand enthousiasme pour la génétique de Burket Farm vient d’Europe. Burket a déclaré : « Ils ont choisi le caractère de manière agressive et ils ont maintenant plusieurs années d’avance sur la génétique des bêtes sans cornes par modification génétique. La législation européenne sur le bien-être animal, basée sur la pression des consommateurs, incitera encore à utiliser encore plus ce genre d’animaux.

En ce domaine, nous avons tout ce qu’il nous faut. Les bovins sans cornes de haute qualité peuvent être élevés facilement, sans faire appel à aucune modification génétique. Les animaux sont épargnés de la douleur de l’écornage, tandis que les agriculteurs en assument les coûts. Et l’Europe a ’des années’ d’avance sur les États-Unis dans l’élevage de ces animaux, apparemment parce qu’ils ont été plus rapides à reconnaître une chose utile quand ils l’ont vue.

Des porcs soumis à l’édition génomique sont prêts à être castrés

Les intérêts de Recombinetics vont bien au-delà du bétail sans cornes. Selon Testbiotech, Recombinetics a déposé plus d’une douzaine de brevets sur des animaux modifiés par génie génétique. Les grandes entreprises d’élevage, Genus et Hendrix Genetics, pourraient être parmi celles qui tirent profit de l’introduction de ces animaux sur le marché. Les deux sociétés ont sous-traité et financé les travaux de Recombinetics et de sa filiale Acceligen. En plus des bovins sans cornes, Recombinetics s’emploie à mettre au point une méthode de reproduction par édition de gènes afin d’éliminer le besoin de castrer les porcs.

Il faut répondre à des questions urgentes concernant la sécurité et l’éthique des techniques de modification des gènes - y compris les effets réels, par opposition aux effets imaginés, sur le bien-être des animaux.

Pour plus d’informations, voir l’article de Testbiotech et les téléchargements : https://www.testbiotech.org/en/news/genetically-engineered-hornless-cattle-flaws-genome-overlooked

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Référence : Template plasmid integration in germline genome-edited cattle
(Intégration de plasmides modèles chez des bovins édités par le génome de lignée germinale) – Alexis L. Norris, View ORCID ProfileStella S. Lee, Kevin J. Greenlees, Daniel A. Tadesse, Mayumi F. Miller, Heather Lombardi
doi : https://doi.org/10.1101/715482 (open access)
https://www.biorxiv.org/content/biorxiv/early/2019/07/28/715482.full.pdf

Résumé
Nous avons analysé les données de séquençage du génome entier qui sont disponibles pour le public et provenant de bovins qui ont été ‘édités’ pour modifier le génome afin d’introduire le caractère ‘absence de cornes’ (polledness). Notre analyse a permis de découvrir l’intégration hétérozygote involontaire du plasmide et une seconde copie de la séquence de matrice de réparation, au site cible. Notre découverte souligne l’importance d’utiliser des méthodes de criblage adaptées à la détection fiable de l’intégration non intentionnelle de plasmides et de copies de matrices multiples ».

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Ajout de documents sur les races bovines sans cornes


Contenu de ces comléments

1. Complément Wikipédia

2. Les races bovines sans cornes selon Wikipédia (extraits)

3. Les vaches sans cornes - Par Louis-Marie Houdebine - SPS n°321, juillet 2017

4. Pourquoi les vaches nées sans cornes gagnent-elles du terrain dans les prés de la Creuse ? Par Julien Rapegno - Publié le 17/04/2019

5. Creuse : faire naître des vaches sans cornes, pour la sécurité des éleveurs et le bien-être des animaux Par Emeline Ferry, France Bleu Creuse - Emeline FerryFrance Bleu Périgord - Lundi 15 avril 2019

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1.
Complément Wikipédia - D’après ‘From Wikipedia, the free encyclopedia’ : « Les animaux dits Polled livestock (ou ‘interrogés‘) sont des animaux sans cornes appartenant à des espèces normalement à cornes. Le terme désigne à la fois des animaux des races ou des souches naturellement sans cornes, par le biais d’une reproduction dirigée sélectivement, ainsi que les animaux à cornes naturelles qui ont été écornés [1] ». Chez les ango-saxonx, Le terme poll ou polled signale le caractère sans cornes dans le potentiel génétique des animaux.

« Les bovins, les yacks, les buffles d’eau et les chèvres sont soumis à des expressions naturelles de bêtes sans cornes : le phénomène affecte les deux sexes de manière égale ; chez les moutons, en revanche lors de la reproduction, les deux sexes peuvent être sans cornes, soit à partir des deux parents sans cornes, soit à partir d’accouplement avec seulement des femelles sans cornes. L’histoire de l’élevage du bétail interrogé commence vers 6000 ans av. J.-C. [2] » - Article complet (en anglais) à lire sur ce site : https://en.wikipedia.org/wiki/Polled_livestock

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2.
Les races bovines sans cornes selon Wikipédia (extraits)

Le rameau des races bovines sans cornes regroupe des races à la morphologie voisine et qui ont en commun ce caractère. Cependant, il existe d’autres races bovines sans cornes apparentées à d’autres rameaux.

Sommaire

Les races exclusivement sans cornes sont originaires de Grande-Bretagne. Il existe cependant une population variable (de 0 à 60 %) de bovins spontanément sans cornes en Norvège et en Suède au sein de certaines races.
Il est possible que la Scandinavie soit le berceau de cette mutation, les Vikings ayant introduit des individus ’sans cornes’ en Grande-Bretagne.

Elles ont été sélectionnées sur le critère sans cornes et ont subi des croisements pour donner les races actuelles. Elles ont par la suite été exportées dans les colonies de l’empire britannique. Ainsi, on les retrouve aujourd’hui dans les pays membres du Commonwealth et aux États-Unis.

Caractéristiques communes

Ce sont des races de taille moyenne, au squelette fin mais à la silhouette massive. Elles ont donc une propension à la production de viande avec un bon rendement et une bonne adaptation au climat froid et humide. Aucune de ces races n’a été sélectionnée pour la production de lait. Le reproche qui peut leur être fait est la quantité de gras de leur viande ; à une époque où les excès alimentaires font craindre le cholestérol, c’est un désavantage par rapport aux races bouchères françaises.
Les males de ces races confèrent à leur progéniture leur morphologie et leur vitesse de croissance. C’est pourquoi, ils ont servi à la création de races croisées, entre autres avec des zébus, donnant des bêtes musclées et productives, résistantes à la chaleur et aux parasites. Il ne faut pas inclure ici les races sans cornes provenant d’une autre origine et qui ne possèdent pas les autres caractères particuliers à ce rameau… »

Photo : Taurillons galloway. Photo : bovin Aberdeen-Angus

Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rameau_sans_cornes

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3.
Les vaches sans cornes - par Louis-Marie Houdebine - SPS n°321, juillet 2017 - Publié en ligne le 14 janvier 2018 - OGM et biotechnologies - OGM

Photo - Les vaches sont couramment appelées les bêtes à cornes même si elles n’ont pas toutes des cornes. Dans les troupeaux, on peut noter que certaines vaches sont normales mais n’ont pas de cornes. Il y a plusieurs raisons à cela. Il est admis que le petit pourcentage des vaches qui n’ont pas de cornes sont des mutants. Les vaches de la race Angus n’ont pas de cornes et ce fait n’est pas dû au hasard mais est le résultat d’une sélection volontaire qui s’est étalée sur une vingtaine d’années. Beaucoup de vaches n’ont pas de cornes parce que les éleveurs les ont retirées. L’écornage évite en effet que les vaches se blessent mutuellement et blessent les éleveurs. L’écornage est actuellement effectué par des moyens mécaniques laborieux qui comportent des risques. Un éleveur nord-américain a résumé la situation en notant qu’à la fin d’une journée consacrée à l’écornage, du sang des vaches et des éleveurs coule souvent.

Le gène clef responsable de la croissance des cornes a été identifié, ce qui permet de sélectionner les animaux sans cornes en se basant sur la séquence du gène de croissance des cornes. Une toute autre approche a récemment été suivie. Elle consiste à remplacer le gène responsable de la croissance des cornes par son allèle inactif qui fait que les vaches de la race Angus sont sans cornes. Une telle opération est devenue possible grâce aux systèmes mettant en œuvre des endonucléases, entre autres les systèmes TALEN et CRISPR-Cas9 qui permettent un ciblage des modifications génétiques et notamment des remplacements d’allèles. C’est le système TALEN qui a été utilisé pour l’écornage des vaches [1].

Des vaches sans cornes de la race Holstein, très présentes dans les élevages en raison de leur haute production de lait, sont ainsi nées en une seule génération sans modifier le reste de leur génome. Ces résultats montrent les avantages que représente l’utilisation des outils permettant un ciblage de gènes. Les auteurs de ces travaux n’ont pas jugé bon de proposer rapidement aux éleveurs les animaux sans cornes. Les groupes opposés aux OGM et au mal-être des animaux ont en effet manifesté leur désapprobation de principe malgré les avantages évidents de l’opération pour les animaux et les éleveurs. Les auteurs du projet tempèrent leur pessimisme en faisant remarquer que les opposants sont plus anti-écornages qu’anti-OGM. Il faudra donc faire un choix en connaissance de cause.

Références

[1] Carlson D.F., Lancto C.A., Zang B., Kim E.S., Walton M., Oldeschulte D., Seabury C., Sonstegard T.S., Fahrenkrug S.C. “Production of hornless dairy cattle from genome-edited cell lines”, Nat Biotechnol., 2016, 34:479-481.
[2] Regalado A. “On the Horns of the GMO Dilemma”, MIT Technology Review, 2014, September 2.

Source : https://www.pseudo-sciences.org/Les-vaches-sans-cornes

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4.
Pourquoi les vaches nées sans cornes gagnent-elles du terrain dans les prés de la Creuse ? Par Julien Rapegno - Publié le 17/04/2019 à 19h00 – Photo Alex Overton, © Agence GUERET

La Creuse est en pointe sur le gène sans cornes, qui se répand, de génération en génération, tant chez les charolaises que chez les limousines. La chambre d’agriculture organise une journée technique sur le sujet le 25 avril 2019 à Chénérailles.

En longeant un pré creusois, il arrive qu’une limousine ou qu’une charolaise vous décoche une œillade et qu’en votre for intérieur, vous vous fassiez cette réflexion : -Tiens, il lui manque quelque chose mais je ne saurais dire quoi. Ne cherchez plus : ce sont les cornes.

Ni la marron ni la blanche ne présentant de grandes aptitudes pour la corrida, l’absence de cette excroissance ne saurait leur porter préjudice. Au contraire, affirment les éleveurs creusois partisans de l’écornage : « Les cornes présentent un risque pour les manipulations, donc pour la sécurité des éleveurs, mais aussi pour les animaux entre eux. Les risques de blessures par corne sont encre plus importants durant le transport ».

1. Quand il n’y a pas de gène, il n’y a pas de plaisir non plus : il faut écorner les veaux

L’écornage est pratiqué chez les veaux par brûlage ou acide, car le « bourgeon » de corne n’est pas encore accroché au crâne. Une technique rustique et sans douleur pour l’animal mais qui représente… du boulot : « Surtout que la taille des troupeaux augmente », observe Dominique Loulergue, éleveur à Saint-Michel-de-Veisse et président du syndicat de la race charolaise en Creuse. Son collègue Pascal Josse, de Saint-Agnant-de-Versillat, lui-même président du syndicat départemental de la race limousine, ainsi qu’Yves Henry, éleveur à Auges et vice-président de la Chambre d’agriculture font front commun pour promouvoir le « gène sans cornes ».

2. Les bovins nés sans cornes ne sont pas des bovins OGM

Photo - Elevage de Dominique Daillet à Jouillat journée technique, le gène sans cornes, Alex Overton - Des vaches sans cornes dès la naissance, on l’aura compris, cela permet d’éviter la corvée d’écornage. « On ne parle pas de manipulation génétique, avertit d’emblée Line Dauphin, technicienne de la Chambre d’agriculture, mais d’un critère obtenu naturellement par le travail de sélection génétique ».

Le gène sans corne est également à la mode chez les salers du Cantal

3. Au départ, il y a trente ans, il a fallu marier une angus à un taureau charolais ou limousin

Ce sont les éleveurs sélectionneurs de reproducteurs qui ont, de génération en génération, fait progresser ce critère, qui reste minoritaire : 5 % des animaux présents chez les sélectionneurs de la race limousine et 20 % des reproducteurs charolais sont nés sans cornes. « Une seule race bovine a originellement ce critère dans son patrimoine génétique et c’est l’angus d’Ecosse », précise Pascal Josse. « Il y a vingt ou trente ans, quelques pionniers ont croisé leurs reproducteurs avec un animal de race angus et ont ensuite sélectionné leur descendance en fonction de ce critère », complète Yves Henry.

Photo - Line Dauphin, technicienne à la chambre d’agriculture. Dominique Loulergeue, président du syndicat de la race charolaise ; Pascal Josse, de Saint-Agnant-de-Versillat, son homologue du syndicat départemental de la race limousine, ainsi qu’Yves Henry, éleveur à Auges et vice-président de la Chambre d’agriculture - Alex Overton,

4. Les vaches sans cornes pèsent aujourd’hui aussi lourd que les cornues 

Si les « sans cornes » n’ont pas fait immédiatement un tabac dans les élevages creusois, « c’est que ce critère s’accompagnait au départ d’une perte au niveau morphologique », reconnaît Dominique Loulergue. Une gestion fine des accouplements a permis aux dernières générations « d’afficher des performances au niveau musculaire et squelettique tout à fait équivalentes à des animaux cornus […] Il y a des concours ou les meilleurs animaux sont nés sans cornes », affirment les représentants des races limousine et charolaise en Creuse.

Selon eux, en plus de faciliter le travail au quotidien et d’éviter des accidents, le gène sans cornes est devenu un argument commercial : « c’est de plus en plus demandé, notamment chez les engraisseurs italiens ». 

Journée technique. Le gène sans cornes, journée technique organisée par la chambre d’agriculture de la Creuse. Jeudi 25 avril, sur le marché de Chénérailles. Contact : Line Dauphin au 05.55.61.50.11 ou Alexandre Lemasson au 06.60.57.09.69.

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Source : https://www.lamontagne.fr/gueret-23000/agriculture/pourquoi-les-vaches-nees-sans-cornes-gagnent-elles-du-terrain-dans-les-pres-de-la-creuse_13543062/

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5.
Creuse : faire naître des vaches sans cornes, pour la sécurité des éleveurs et le bien-être des animaux Par Emeline Ferry, France Bleu Creuse - Emeline FerryFrance Bleu Périgord - Lundi 15 avril 2019 à 20:38 - Photo - Une vache de race charolaise sur les hauteurs du Saintois (Meurthe-et-Moselle). © Radio France - Laurent Watrin

Faire naître des vaches sans corne, c’est possible. Et cela présente beaucoup d’avantages pour le bien-être animal et pour la sécurité des éleveurs. La Chambre d’agriculture veut développer cette pratique chez les éleveurs creusois, pour les Limousines et les Charolaises.

Des vaches qui naissent sans cornes, c’est surprenant, mais ça existe ! Et la Chambre d’agriculture de la Creuse veut développer cette pratique chez les éleveurs de Limousines et de Charolaises. Car cela présente beaucoup d’avantages en termes de bien-être animal et de sécurité pour les agriculteurs. 

Le premier argument, c’est la sécurité. Les vaches sans cornes ne se blessent pas quand elles se battent, elles ne s’accrochent pas à la clôture. ’Les animaux sans cornes sont plus calmes et plus dociles que les cornus’, explique Yves Henri, vice-président de la Chambre d’agriculture de la Creuse, en charge de l’élevage. 

Moins dangereux pour les éleveurs

Autre point essentiel : c’est beaucoup moins dangereux pour les éleveurs, qui ne risquent plus de prendre un coup de corne pendant un vêlage, en déplaçant le troupeau ou en distribuant le foin. 

Il n’y a plus besoin de passer par la case écornage, c’est-à-dire qu’il n’est plus nécessaire de brûler ou de couper les cornes lorsque l’animal est encore petit. Un gain de temps et d’argent pour l’éleveur. ’Et c’est un stress en moins pour les animaux, ce sont des risques de blessures en moins. C’est donc plus confortable pour l’animal et pour l’éleveur’, ajoute Yves Henri. 

Des animaux plus calmes ont aussi une meilleure croissance, et donnent une viande de meilleure qualité. En effet, moins d’hématomes ou de bleus entraîne une chair plus présentable. 

Et dernier argument pour convaincre les éleveurs conservateurs : après plusieurs années de croisement, la morphologie d’un bovin, avec ou sans cornes, est équivalente. 

Comment faire naître une vache sans cornes ?

Concrètement, on a pris un gène naturel, présent chez une race de bovin sans corne (l’Angus), et on l’a introduit chez d’autres races, en les faisant se reproduire. 

Il a fallu plus de 20 ans, et plusieurs croisements, pour parvenir à implanter le gène chez les vaches Limousines et Charolaises. ’Aujourd’hui, on arrive à avoir des animaux qui ne sont pas génétiquement modifiés, et qui ont désormais le gêne sans corne naturellement’, explique Dominique Loulergue, président du syndicat charolais en Creuse

Sur la centaine de vaches du troupeau de cet éleveur à Saint-Michel-de-Veisse, 5 sont nées sans cornes. Et il compte bien augmenter l’effectif prochainement. 

Actuellement, les animaux sans cornes représentent 5% des vaches limousines, présentes chez les éleveurs sélectionneurs. Le chiffre devrait augmenter dans les prochaines années. 

Une journée pour expliquer aux éleveurs

Pour informer les éleveurs sur les vaches sans cornes, la Chambre d’agriculture de la Creuse organise une ’journée technique’ le jeudi 25 avril. Le matin, sur le marché de Chénérailles, vous pourrez découvrir une quarantaine d’animaux sans cornes, et écouter les témoignages de leurs éleveurs. 

L’après-midi sera consacré à des ateliers techniques pour expliquer les avantages aux agriculteurs. Toutes les infos pratiques sont sur le site de la Chambre d’agriculture

Mots-clés : agriculture Creuse vaches - Emeline Ferry France Bleu Périgord

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