"Le glyphosate altère les capacités sensorielles et cognitives des abeilles" par GMWatch

Traduction et compléments de Jacques Hallard


ISIAS Abeilles

Le glyphosate altère les capacités sensorielles et cognitives des abeilles : une nouvelle revue scientifique montre que l’exposition à cette matière active herbicide pourrait avoir des ’implications pour la survie globale à long terme des colonies d’abeilles’

Ajout d’informations sur la notion d’eusocialité

L’article d’origine a été publié le 24 octobre 2019 par GMWatch sous le titre « Glyphosate impairs honeybee sensory and cognitive abilities  » et il est accessible sur ce site : https://gmwatch.org/en/news/latest-news/19190-glyphosate-impairs-honeybee-sensory-and-cognitive-abilities

Bee apis

Une nouvelle revue de la littérature scientifique (voir résumé ci-dessous) a révélé que l’exposition au glyphosate, l’ingrédient actif des herbicides à base de glyphosate comme le ‘Roundup’, altère le comportement alimentaire des ouvrières chez les abeilles mellifères et a des effets néfastes à différents niveaux au sein de la colonie.

Les points clés de cette sont les suivants :
* En 2015, sur les 179,9 millions d’hectares de la superficie mondiale cultivée en OGM, environ 84% contenaient des plantes portant des gènes de résistance à des herbicides. La plupart des plantes OGM cultivées conçues pour la tolérance aux herbicides à base de glyphosate.

* Les herbicides à base de glyphosate sont également utilisés sur de nombreuses cultures de plantes non génétiquement modifiées et dans des environnements non agricoles.

* La consommation d’aliments contenant des concentrations élevées de glyphosate par les abeilles a entraîné une plus forte proportion de butineurs qui étaient désorientés. Malgré cela, les abeilles ont continué à se nourrir de ressources contenant des traces de glyphosate. Ces effets subtotaux sur leurs capacités d’apprentissage pourraient avoir une incidence non seulement sur l’efficacité de la recherche de nourriture, mais également sur la coordination des activités collectives dans la colonie.

* La capacité d’une abeille à établir une association entre une odeur et une récompense de saccharose était altérée par une exposition aiguë au glyphosate.

* Il existe des preuves que le glyphosate diminue la rétention de la mémoire à court terme chez les abeilles.

* Les colonies d’abeilles mellifères exposées en permanence au glyphosate sont susceptibles de présenter un déficit de propagation de l’information et de la distribution du nectar.

* Le glyphosate modifie le microbiote intestinal et accroît la vulnérabilité aux agents pathogènes et à la malnutrition.

* Les couvées d’abeilles nourries avec des aliments contenant des traces de glyphosate étaient plus susceptibles de montrer une mue retardée et pesaient moins que les couvées témoins.

* Le glyphosate agit en tant que facteur de stress affectant le développement larvaire (se manifestant par une exposition in vitro par une proportion plus faible de larves atteignant le succès de la mue et un poids final réduit), ce qui pourrait avoir des conséquences sur la survie globale des colonies à long terme.

Pour plus d’informations sur ce problème, voir :
https://gmwatch.org/en/news/archive/2014/15710

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Effects of the herbicide glyphosate on honey bee sensory and cognitive abilities : Individual impairments with implications for the hive (Effets de l’herbicide glyphosate sur les capacités sensorielles et cognitives des abeilles mellifères : déficiences individuelles ayant des conséquences pour la ruche) - Par Walter M. Farina, M. Sol Balbuena, Lucila T. Herbert, Carolina Mengoni Goñalons et Diego E. Vázquez
Insectes 2019, 10 (10), 354 - 18 octobre 2019
https://doi.org/10.3390/insects10100354 (accès libre)

Résumé

L’abeille domestique Apis mellifera est un pollinisateur important dans les écosystèmes non perturbés et agricoles. Sa grande polyvalence en tant que modèle expérimental en fait un excellent substitut pour évaluer l’impact environnemental des produits agrochimiques à l’aide des méthodologies et procédures actuelles en toxicologie environnementale. L’augmentation de l’utilisation de produits agrochimiques, y compris ceux qui ne ciblent pas directement les insectes, peut avoir des effets délétères si elle est effectuée sans discernement.

Cela semble être le cas de l’herbicide glyphosate, le produit agrochimique le plus utilisé dans le monde. Sa présence dans le miel a été signalée dans des échantillons provenant de différents environnements. Par conséquent, pour comprendre les risques actuels et potentiels pour ce pollinisateur, il est devenu essentiel d’étudier non seulement les effets sur les colonies d’abeilles mellifères situées en milieu agricole, mais également ses effets en laboratoire.

Des effets délétères subtils peuvent être détectés en utilisant des approches expérimentales. Le glyphosate affecte négativement les processus d’apprentissage associatif des butineuses, ainsi que les capacités cognitives et sensorielles des jeunes abeilles et favorise les retards de développement des couvées. Une approche intégrée tenant compte du comportement, de la physiologie et du développement permet non seulement de déterminer les effets de cet agent agrochimique sur cet insecte eusocial, mais également de déduire des effets potentiels dans des environnements perturbés où il est omniprésent.

Image : Maciej A. Czyzewski via Wikimedia Commons. Sous licence Creative Commons comme 4.0 International, 3.0 Unported, 2.5 Generic, 2.0 Generic et 1.0 Generic.

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La notion d’eusocialité selon Wikipédia

Photo - Abeilles ouvrières entourant la reine (thorax noir, en bas).

L’eusocialité est un mode d’organisation sociale chez certains animaux suivant lequel un même groupe d’individus vivant ensemble est divisé en castes d’individus fertiles et non fertiles.

Les individus fertiles sont chargés de la reproduction tandis que les autres s’occupent de les nourrir et de les protéger, accordant ainsi aux petits, plus nombreux, une plus grande chance de survie. À long terme, le fait que tout individu du groupe travaille pour la colonie et non pour lui-même engendre un superorganisme, par exemple, une fourmilière.

Les conditions d’eusocialité

On définit l’eusocialité par :

  • une division et spécialisation des rôles entre les membres, dont une caste reproductrice ;
  • la cohabitation de différentes générations ;
  • une forte cohésion des membres (échange d’information et de matière entre les individus) ;
  • un soin aux jeunes collectif.
    Ainsi, les blattes ou les locustes, bien que grégaires, ne sont pas eusociaux.

Animaux eusociaux : abeilles bourdons crevettes eusociales fourmis frelons guêpes rats-taupes nus rats-taupes de Damaraland termites - Quelques coléoptères, dont Austroplatypus incompertus

L’intelligence en essaim

La notion d’intelligence en essaim met en œuvre des agents très petits, disposant à l’échelle unitaire de ressources très limitées (intelligence, puissance mécanique…). Le sens de la coopération demeure donc des plus rudimentaires et paradoxalement des plus efficaces au niveau d’ensemble. Les tâches dévolues à chaque agent sont simples : ramasser un œuf et l’amener vers un endroit sûr, prendre de la nourriture acheminée par un autre individu et la déposer en un lieu donné, etc. Un comportement primitif certes, mais dont le résultat d’ensemble est riche et très cohérent. À la différence des modèles sociaux humains, le comportement de l’individu privilégie exclusivement l’intérêt de la collectivité.

Ce principe de plusieurs entités simples en interaction desquelles émerge à un niveau collectif une structure complexe (qualifiée d’intelligente) est présent dans différentes disciplines : biologie, physique, informatique, etc. Dans ces domaines, différents modèles ont vu le jour pour décrire et analyser de tels systèmes.

Informatique

En informatique ubiquitaire, les systèmes multi-agents réactifs offrent un cadre théorique permettant la représentation et la simulation de tels systèmes. Mais utiliser ce principe pour la résolution de problèmes reste encore difficile : il s’agit de déterminer les comportements individuels et les mécanismes d’interaction les plus simples possibles qui permettent l’apparition de la propriété ou de la structure collective souhaitée ; cette propriété ou structure pouvant alors s’interpréter comme la solution au problème posé au système. Déterminer ces comportements et mécanismes d’interaction est d’autant plus difficile que, généralement, ceux-ci sont décrits à un niveau d’abstraction différent de celui dans lequel est décrit le phénomène collectif.

Religion

Le travail de Pierre Teilhard de Chardin peut être interprété au regard de la notion d’eusocialité, mais en prenant en compte le niveau d’interaction sociale déjà atteint par l’être humain. Il l’exprime notamment dans La Place de l’homme dans la nature en 1965….

L’article complet avec références est à consulter sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Eusocialit%C3%A9

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Traduction avec ajout de compléments d’informations et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant 29/10/2019

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Abeilles Glyphosate impairs honeybee sensory and cognitive abilities French version.2

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