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"Un lien possible entre l’insuffisance rénale et les effets dus à la matière active herbicide glyphosate" par GMWatch

Traduction et compléments de Jacques Hallard

samedi 16 novembre 2019, par isias


ISIAS Santé Pesticides

L’Association américaine pour le progrès de la science (The American Association for the Advancement of Science AAAS) décerne le prix de l’indépendance scientifique aux chercheurs qui ont identifié un lien possible entre l’insuffisance rénale et les effets dus à la matière active herbicide glyphosate : le prix est attribué malgré les réactions négatives des industriels concernés

L’article d’origine a été publié le 05 novembre 2019 par GMWatch sous le titre « AAAS gives scientific freedom award to scientists who identified possible glyphosate kidney disease link  » et il est accessible sur ce site : https://www.gmwatch.org/en/news/latest-news/19204-aaas-gives-scientific-freedom-award-to-scientists-who-identified-possible-glyphosate-kidney-disease-link

‘The American Association for the Advancement of Science’ (AAAS), l’Association américaine pour le progrès de la science, a résisté à la pression de certains industriels et elle a confirmé l’attribution du Prix 2019 pour la liberté et l’indépendance scientifique, en reconnaissance de la responsabilité de deux scientifiques originaires du Sri Lanka, Sarath Gunatilake et Channa Jayasumana, qui ont émis l’hypothèse d’un lien entre une exposition à la matière active à effet herbicide et une maladie rénale chronique.

L’association états-unienne AAAS avait d’abord annoncé son intention de récompenser les Drs. Gunatilake et Jayasumana au début de cette année 2019. Mais son annonce avait déclenché une réaction acharnée des défenseurs du glyphosate. Parmi ceux-ci figurait Kevin Folta, promoteur des pesticides et des OGM, qui a faussement affirmé qu’il n’existait « pas de données » dans les articles publiés par ces chercheurs scientifiques.

En réponse, l’AAAS avait annoncé en février 2019 qu’elle réexaminerait sa décision concernant l’attribution du prix. À la suite de cet examen, elle a confirmé que le prix était tout à fait mérité, tout en reconnaissant que la façon dont l’AAAS avait annoncé sa nomination posait problème : « La communication de l’AAAS annonçant le prix 2019 plus tôt cette année comprenait des déclarations trompeuses, concernant un lien de causalité entre le glyphosate et les infections chroniques. Une liaison a été suggérée par les chercheurs, mais le lien de causalité n’est pas concluant à ce jour ».

L’association AAAS a le mérite d’avoir décidé de maintenir sa décision initiale d’honorer les Drs. Gunatilake et Jayasumana, bien qu’il soit dommage qu’il ait fallu atendre neuf mois pour procéder à la révision.

Comme GMWatch l’avait dit au moment de l’annonce de l’examen, le problème ne venait pas de la recherche elle-même : « Les Drs. Sarath Gunatilake et Channa Jayasumana… n’ont nullement exagéré leur cas. Ils sont conservateurs et prudents dans la formulation de leurs conclusions ».

Le communiqué de presse de l’AAAS disait des choses probablement surévaluées ... Mais un choix de mots, pas tout à fait idéal et ni conforme, de la part de l’auteur d’un communiqué de presse est un argument en faveur de la modification du communiqué de presse, sans reconsidérer l’attribution d’une récompense à des chercheurs honnêtes travaillant dans l’intérêt public, en particulier ceux qui ont déjà été des victimes d’intimidations provenant du secteur industriel conceerné.

Les Drs.Gunatilake et Jayasumana ont enquêté sur une épidémie de maladies rénales qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes dans leur pays, le Sri Lanka et, au-delà, dans le monde entier. Leurs recherches ont mis en évidence une association entre l’exposition à des herbicides à base de glyphosate, d’une part, et les maladies rénales chroniques observées chez des agriculteurs des zones où l’eau est dure, d’autre part.

Et dans une série d’articles examinés par des pairs, ils ont présenté leur hypothèse selon laquelle le glyphosate transportait de l’arsenic, du cadmium et d’autres métaux lourds vers les reins de ceux qui buvaient de l’eau contaminée, provoquant une maladie rénale chronique. À la suite de leurs travaux, le Sri Lanka a mis en place une interdiction partielle des herbicides à base de glyphosate, à titre de précaution. Mais les chercheurs eux-mêmes ont fait l’objet d’une campagne de dénigrement et ils ont même reçu des menaces de mort.

Commentant la décision de l’AAAS, le journaliste scientifique expérimenté Michael Balter a déclaré qu’il était très heureux de voir le prix décerné aux Drs. Gunatilake et Jayasumana : « Leur hypothèse est raisonnable et leurs recherches suggèrent un tel lien. Cela indique certainement qu’une étude ultérieure est nécessaire, plutôt que le licenciement et l’obscurcissement de leurs travaux parrainés par les industriels ».

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Traduction avec ajout de compléments d’informations et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant 15/11/2019

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