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"Une nouvelle revue appelle à faire des études contrôlées avec témoins sur les effets de régimes équivalents d’aliments complets biologiques et non biologiques" par GMWatch

Traduction et compléments de Jacques Hallard

dimanche 8 décembre 2019, par GMWatch



ISIAS Alimentation Santé

Il apparaît que les preuves sont insuffisantes pour argumenter sur les avantages du régime bio pour la santé : une nouvelle revue appelle à faire des études contrôlées avec témoins sur les effets de régimes équivalents d’aliments complets biologiques et non biologiques

Fruit muesli with yogurt and cereals

L’article d’origine a été publié le 22 novembre 2019 par GMWatch sous le titre « Evidence gap on health benefits of organic diet » et il est consultable sur ce site : https://www.gmwatch.org/en/news/latest-news/19228-evidence-gap-on-health-benefits-of-organic-diet-highlighted

Un nouvel examen scientifique met en évidence une lacune concernant les avantages potentiels pour la santé d’un régime biologique par rapport à un régime non biologique équivalent.

La revue (résumée ci-dessous) détaille une abondance de preuves liant l’exposition aux pesticides à un risque accru de développer diverses maladies, notamment la maladie de Parkinson et le cancer.

L’analyse attire également l’attention sur les preuves montrant que le passage à une alimentation biologique réduit rapidement la charge de pesticides dans l’urine.

Les auteurs montrent que ce qui manque, ce sont des études contrôlées, avec témoins, et publiées dans la littérature scientifique évaluée par des pairs, dans lesquelles la consommation d’un régime alimentaire complet biologique durable aurait des effets bénéfiques sur la santé.

La revue cite une exception rare, sous la forme d’une étude comparant les effets d’un régime méditerranéen italien, biologique et non biologique, sur des patients de sexe masculin atteints d’insuffisance rénale chronique (CKD) et des sujets normaux. L’intervention alimentaire n’a duré que deux semaines, mais elle a révélé que les sujets du régime biologique présentaient des améliorations statistiquement significatives dans plusieurs mesures de la fonction corporelle, suggérant une réduction du risque de maladies cardiovasculaires et rénales chez les sujets sains témoins et les patients atteints de CDK.

La revue se termine par un appel pressant à la réalisation d’études avec des interventions contrôlées comparant les effets de régimes équivalents d’aliments complets biologiques et non biologiques chez les êtres humains, qui doivent également inclure des mesures d’indicateurs de santé.

La revue ajoute : « Des animaux de laboratoire peuvent permettre également d’étudier des scénarios d’exposition réels. Une expérience typique consisterait à faire passer les rongeurs de laboratoire à un régime biologique afin de comparer leur état de santé à celui d’animaux nourris avec un régime standard, contaminé par des pesticides. Parallèlement, d’autres groupes d’animaux recevraient un mélange de pesticides à des doses reflétant les niveaux réels d’ingestion humaine dans l’environnement, à un niveau égal ou inférieur aux apports journaliers autorisés par la réglementation ».

Aux États-Unis, certains médecins et pédiatres font état d’avantages pour la santé des patients qui passent à un régime biologique, sans OGM. Mais ces remarques et avis sont souvent considérées par les critiques comme anecdotiques et manquant de la rigueur scientifique nécessaire pour justifier des changements d’ordre politique.

Il semble clair que si des études telles que celles recommandées dans le nouvel examen étaient menées et révélaient les avantages d’un régime bio pour la santé, cela contribuerait à déclencher des changements de politique en faveur de l’agriculture biologique et de l’approvisionnement alimentaire, par exemple dans les écoles et dans les hôpitaux.

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Limitations in the evidential basis supporting health benefits from a decreased exposure to pesticides through organic food consumption (Limites de la preuve probante justifiant les avantages pour la santé d’une exposition réduite aux pesticides résultant de la consommation d’aliments biologiques). Auteurs : Robin Mesnage, Ioannis N. Tsakiris, Michael N. Antoniou, Aristides Tsatsakis

‘’Current Opinion in Toxicology’ - Available online 19 November 2019 (in press)
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2468202019300919?via%3Dihub

Points forts

• L’agriculture biologique est l’un des secteurs les plus dynamiques de l’industrie alimentaire.
• Ceci est basé sur la conviction que les régimes biologiques protègent des effets toxiques des pesticides.
• L’adoption d’une alimentation biologique réduit l’exposition des consommateurs aux pesticides.
• Il existe des preuves insuffisantes pour conclure que cela peut avoir des effets bénéfiques sur la santé des consommateurs.

Résumé

La demande des consommateurs pour les aliments biologiques repose principalement sur la conviction que les produits biologiques sont meilleurs pour leur santé car ils sont moins contaminés par des résidus de pesticides. Nous expliquons pourquoi les avantages pour la santé d’une exposition réduite aux pesticides résultant de la consommation d’aliments biologiques restent insuffisamment fondés. Il existe suffisamment de preuves pour conclure que les produits alimentaires non biologiques contiennent des niveaux plus élevés de pesticides de synthèse. Cependant, un certain nombre de covariables de mode de vie et de variables démographiques confondent le lien entre la consommation d’un régime biologique et ses bienfaits pour la santé. Nous recommandons de mener des études d’intervention de nature diététique, telles que des contrôles randomisés (avec témoins) en double aveugle avec placebo, pour déterminer si un groupe de personnes consommant un régime complet bio ou un régime non biologique équivalent présente des différences quant à leur état de santé.

GMWatch

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Traduction avec ajout de compléments d’informations et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant 07/12/2019

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Fichier : ISIAS Alimentation Santé Evidence gap on health benefits of organic diet French version.2

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