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"OGM Santé : Les végétaux cultivés et les microorganismes génétiquement modifiés sont-ils bons pour notre santé ?" par le Professeur Joe Cummins et le Dr. Mae-WAN Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
jeudi 16 novembre 2006 par Cummins Professeur Joe, Ho Dr Mae-Wan

OGM Santé
Les végétaux cultivés et les microorganismes génétiquement modifiés sont-ils bons pour notre santé ? Ou présentent-ils des risques en matière de santé publique ?

Les plantes à usage alimentaire, ou vivrières, génétiquement modifiées pour produire davantage de nutriments élémentaires, sont susceptibles de présenter des risques en matière de santé publique, du fait du surdosage réputé toxique de beaucoup de nutriments élémentaires.

Des bactéries bénéfiques, qui sont naturellement hébergées au niveau de l’intestin, pourraient, après avoir été génétiquement modifiées, se transformer en agents pathogènes qui auraient alors la capacité d’envahir l’intestin humain, nous rappellent le Professeur Joe Cummins et Dr. Mae-WAN Ho

La version originale en anglais intitulée GM Crops and Microbes for Health or Public Health Hazards ? et contenant toutes les références bibliographiques, est accessible par les membres de l’Institut ISIS sur le site suivant : www.i-sis.org.uk/GMCMHPHH.php

Communiqué de presse de l’Institut ISIS en date du 16/11/2006
“The Institute of Science in Society” = ISIS, est une organisation non gouvernementale basée à Londres, Grande Bretagne. Le site web est http://www.i-sis.org.uk

Les informations générales concernant cet institut sont disponibles auprès de Sam Burcher, joignable par sam@i-sis.org.uk L’institut ISIS est dirigé par Mae-Wan HO, dont la messagerie est m.w.ho@i-sis.org.uk

 Biotechnologie du métabolisme

La première plante cultivée modifiée génétiquement, fut la tomate "Flavr Savr" de la société de biotechnologie Calgene aux Etats-Unis, caractérisée par une longue durée de conservation après récolte ("Long shelf life") ; elle fut autorisée pour une dissémination commerciale en 1992. Elle fut un échec complet. Depuis lors, les surfaces cultivées avec des plantes génétiquement cultivées n’ont cessé d’augmenter et selon des sources d’information en provenance des professionnels du secteur, elles auraient atteint 90 millions d’hectares en 2005 [1].

Deux caractères principaux sont concernés : la tolérance à des herbicides et la résistance à des insectes, qui couvrent actuellement presque toutes les surfaces consacrées aux plantes génétiquement modifiées ; mais cela pourrait bientôt changer.

De nouvelles plantes cultivées, modifiées génétiquement pour d’autres caractères génétiques, sont sur le point d’être mise sur le marché, sous le couvert d’avantages nutritionnels et d’aliments de santé. En 2004, Monsanto a reçu l’autorisation pour la dissémination et la distribution commerciale d’un maïs à haute teneur en lysine, modifié avec un gène bactérien pour une augmentation de cet acide aminé [2] ( Why Not Transgenic High Lysine Maize ).

Cette même année, Monsanto a lancé le soja "Vistive" qui présente une réduction du taux d’acide linolénique, un caractère sélectionné par des méthodes d’amélioration conventionnels [croisements et sélection], mais introduit dans un soja résistant au glyphosate [3] ( Beware Monsanto’s "Vistive Soybeans" ). Pour cette raison, il pourrait ne pas être considéré comme une plante modifiée génétiquement, mais uniquement comme une amélioration des qualités nutritionnelles.

En 2005, Syngenta a déposé une demande pour la mise en marché d’un maïs modifié génétiquement afin de produire une enzyme d’amylase thermostable et utilisable dans les industries de transformation de produits alimentaires destinées aux êtres humains et aux animaux. [4].

Il y a en préparation beaucoup d’autres plantes modifiées génétiquement qui concernent la « qualité des produits alimentaires ». En outre, beaucoup d’activités sont également consacrées à la création de microorganismes génétiquement modifiés pour améliorer leurs usages dans les domaines de la nutrition et de la santé. Mais sont-elles sans danger en terme de sûreté et de sécurité alimentaire ? Et quels critères sont employés lors de leur évaluation en la matière ?

Le Codex alimentarius, qui est chargé de la réglementation de sûreté et de la sécurité alimentaire au niveau de l’Organisation des Nations Unies, a publié une consultation qui a pris fin le 1er octobre 2006 et qui est un gage de sérieux en vue d’une commercialisation future.

Un certain nombre de revues opportunistes sont apparues et l’une des plus complètes émane de l’Institut International des Sciences de Vie [International Life Sciences Institute] de Washington, District of Columbia aux Etats-Unis, dont les administrateurs incluent des universitaires aussi bien que des représentants de Monsanto, de Syngenta, de Novartis, d’Unilever et d’autres sociétés [5].
La « biotechnologie du métabolisme » y est très répandue : elle concerne des augmentations ou des réductions dans la régulation des réseaux biochimiques, ou bien encore des voies métaboliques entièrement nouvelles destinées à l’augmentation de la production de nutriments importants dans l’alimentation [6].

Des gènes codant pour des enzymes biosynthétiques ou des gènes de régulation sont introduits, de même que des gènes anti-sens, dans le but de bloquer des voies métaboliques en compétition et de favoriser ainsi la production des métabolites secondaires qui sont recherchés [7].

Chez le soja, les biotechnologies appliquées à cette espèce ont été focalisées sur des changements de certaines propriétés fonctionnelles des protéines, afin d’améliorer la transformation industrielle et la saveur des produits alimentaires à base de soja [8].

La génomique des plantes a également été proposée comme une alternative aux techniques de modifications génétiques. En faisant appel à la sélection assistée par marqueurs dans les schémas conventionnels d’amélioration génétique, pour des améliorations de la saveur, au niveau de la santé et pour la valeur nutritive des produits, il est déjà possible de parer à l’emploi des techniques de modification génétique des plantes [9] ; les applications de la génomique s’avéreraient finalement beaucoup plus acceptables auprès des consommateurs du monde entier.

Cependant, beaucoup de travaux qui font appel aux modifications génétiques sont en cours : elles visent en particulier différents aspects de la nutrition et de la santé. Nous présentons une vue d’ensemble de ce que quelques sociétés de biotechnologies ont l’intention de mettre dans notre régime alimentaire ; cet article est basé sur un rapport beaucoup plus volumineux qui a été publié précédemment [10] ( GM Crops for Health ? ).

 Des plantes génétiquement modifiées destinées au secteur de la santé et de la nutrition

Une grande partie des plantes génétiquement modifiées, qui sont en cours de développement, vise l’amélioration de plantes alimentaires pour des propriétés nutritionnelles et des critères de qualité qui touchent à la santé. Elle inclut des caractères génétiques qui améliorent les protéines de stockage, l’augmentation des teneurs en composés antioxydants pour combattre les cancers, l’élévation des taux de vitamines spécifiques, d’éléments minéraux et d’acides gras essentiels. En outre, des plantes sont modifiées génétiquement avec des peptides normaux et des peptides synthétiques qui présentent un pouvoir antimicrobien, ainsi qu’avec des enzymes qui améliorent la transformation industrielle des produits alimentaires.

 Des protéines de stockage

La racine de manioc, qui est un aliment de base pour plus de 500 millions de personnes sous les tropiques, a fait l’objet d’une recherche mettant en jeu une nouvelle protéine complètement synthétique dans le but d’augmenter la teneur en protéines. Le tubercule de pomme de terre a été génétiquement modifié avec le gène d’albumine de la graine d’amaranthe, Amaranthus hypochondriacus (plume du Prince-de-Galles), là encore, pour augmenter sa teneur en protéines.

Une tentative entreprise pour transférer dans le soja, la protéine de stockage delta-zéïne, riche en méthionine et venant du maïs, - afin de surmonter l’insuffisance en acides aminés soufrés du soja - s’est traduite par un échec : la teneur en méthionine dans la farine de grains de soja n’a pas été augmentée. Chez le riz, le niveau de la protéine de stockage n’a pu être augmenté que dans des souches mutantes à faible taux de la protéine de stockage qui se trouve dans la graine.

 Des nutriments protecteurs pour la santé et qui permettent de combattre les cancers

De nombreuses preuves, démontrant que les produits issus de l’agriculture biologique sont plus riches en antioxydants et permettent de combattre certains cancers, ont été accumulées, [11] Organic Strawberries Stop Cancer Cells ; [¤ La version en français est intitulée " Les fraises biologiques bloquent la prolifération des cellules cancéreuses " ; elle est disponible sur Internet au site suivant : www.i-sis.org.uk/OSSCCfr.php].

Les ingénieurs en génie génétique ont été focalisés pour tenter d’augmenter, par modification génétique, ces composés à effets antioxydants, particulièrement la famille des flavonoïdes et la tomate fut leur premier sujet de recherche pour cela.

Le vin rouge est riche en un type de flavonoïde : le stilbène, dont on a pensé qu’il pouvait présenter un avantage pour la santé par son rôle bénéfique sur les maladies cardiaques. Des tomates ont été transformées génétiquement avec le gène de la synthèse du stilbène dans le raisin ; avec un gène de la fleur du pétunia qui synthétise le stilbène, ainsi que d’autres gènes semblables à partir de la vigne, du raisin, de la luzerne et de l’espèce ornementale, le Gerbera ; ces travaux ont eu pour résultat la production des niveaux élevés des flavonoïdes favorables à une bonne santé.

Les taux de certains précurseurs phénoliques de ces flavonoïdes, des lignanes et des phénols bénéfiques pour la santé, ont été augmentés chez la tomate en bloquant une voie métabolique concurrente, en utilisant des ARN interférants ou ARNi dans le but d’inhiber le gène codant pour la cinnanomyl-CoA réductase, bien que les ARNi se soient avérés être fortement mortels chez des souris dans des expériences récentes de « thérapie génique » [12] ( Gene Therapy Nightmare for Mice ) ; [¤ La version en français est intitulée " Santé Thérapie génique : un cauchemar pour les souris " ; elle sera prochainement disponible sur Internet].

Des tomates ont également été modifiées génétiquement avec les gènes codant pour des enzymes qui ont augmenté la production des phytostérols, lesquels ont comme effet de diminuer le taux de ’mauvais’ cholestérol et de prévenir certains cancers. Le pommier a aussi été modifié génétiquement pour augmenter la synthèse du stilbène avec un gène qui code pour le synthèse du stilbène dans le raisin.

Les niveaux de phytostérol dans les graines du tabac ont été augmentés en utilisant un gène partiel codant pour une enzyme de l’arbre à caoutchouc : la réductase du 3 hydroxy-3-methyl-CoA ; le gène a été tronqué pour faire disparaître une séquence obligatoire de liaison au niveau des membranes cellulaires, afin d’augmenter l’activité dans les graines). Le taux de phytostérol a été multiplié par trois, pour atteindre 3,5 pour cent dans l’huile de graines de ce tabac.

De telles constructions génétiques sont susceptibles d’être transférées à des plantes oléagineuses et alimentaires telles que le colza ’canola’, le soja ou le maïs.

La biotechnologie du métabolisme des proanthocyanidines (les anthocyanidines sont une classe des flavonoïdes à effet antioxydant) fait appel à des gènes codant pour la réductase d’anthocyanidine et pour le facteur de transcription de la protéine Myb provenant de l’espèce Arabidopsis dans le but d’exploiter une voir métabolique qui augmente la teneur en antioxydant : le composé (epi)-flavan-3-ol. La protéine Myb a été identifiée une première fois comme un virus oncogène (gène associé à un cancer).

 A propos des vitamines

Une revue remontant à l’année 2004, a identifié à l’échelle mondiale une crise dans la disponibilité de certains micronutriments. Les enfants (principalement chez les pauvres) peuvent mourir, en particulier, des suites de carences fer, en zinc et en vitamine A.
Le « riz doré » a été promu comme réponse possible à l’insuffisance de la vitamine A dans les régimes alimentaires : les plantes de ce riz génétiquement modifié pourraient, par conséquent, aider les pauvres. La voie biochimique complète de la biosynthèse du bêta-carotène a été intégrée dans l’endosperme du riz par une simple opération de transformation génétique. Les gènes concernés provenaient de la jonquille et de bactéries. Le gène de la jonquille a été remplacé plus tard par un gène du maïs pour augmenter la synthèse dans le riz. L’ISIS a publié une revue critique sur ce sujet en 2000 [13] ( The ’Golden Rice’ ).

Parmi les observations exprimées, il était avancé que le riz produisait trop peu de bêta-carotène pour corriger pratiquement les carences alimentaires que l’on rencontre généralement.

Depuis lors, des lignées de « riz doré » ont été améliorées, mais elles n’améliorent toujours pas suffisamment pour corriger les carences des régimes alimentaires. D’une part, l’augmentation du niveau du bêta-carotène peut provoquer un surdosage en vitamine A chez des consommateurs dont les régimes en fournissent déjà suffisamment.

Dans les faits, l’insuffisance de vitamine A, tout comme la supplémentation d’un régime en vitamine A, peuvent provoquer des anomalies congénitales à la naissance. C’est pourquoi il serait absolument nécessaire d’étiqueter le « riz doré » s’il devait être lancé commercialement, afin d’alerter les personnes sensibles de ses impacts défavorables potentiels.

Les plantes sont les sources habituelles et normales de fourniture de la vitamine E, une classe de composés biochimiques appelés les tocochromanols qui comprennent quatre tocophérols et quatre tocotriénols.

Les huiles des graines de maïs, de soja et de blé sont toutes les trois riches et bien pourvues en tocophérols. L’espèce Arabidopsis a été la source principale des gènes utilisés pour augmenter la production de la vitamine E à partir d’une sur-expression qui existe chez cette espèce ; le travail a été réalisé chez le colza ’canola’ et le soja.

La supplémentation en vitamine E a été recommandée pour prévenir les maladies cardiaques et certains cancers et pour traiter ces derniers. Cependant, cette supplémentation en vitamine E a occasionné une augmentation significative des cancers ovariens dans une étude, alors que l’on a constaté, selon une autre étude capitale, qu’une supplémentation à des dosages élevés accroissait la mortalité d’une façon générale et que cet usage devait être évité.
Les plantes ont aussi fait l’objet de recherches en biotechnologie du métabolisme pour augmenter la biosynthèse de la vitamine C, mais les résultats obtenus ont été très modestes.

Des augmentations des taux de folates ont été réalisées chez l’espèce Arabidopsis, mais sans aucun succès pour cette classe de vitamines lorsque cette technologie était transférée à des plantes cultivées

Les vitamines du groupe B incluent la riboflavine (B2) et le pantothénate (B5). Leurs voies métaboliques sont bien connues chez les plantes cultivées, mais il n’y a eu aucun succès jusqu’ici pour obtenir des productions plus élevées de ces vitamines dans des espèces vivrières.

D’une manière générale, les voies métaboliques de la biosynthèse des vitamines dans les plantes sont bien connues et documentées. Cette connaissance de base peut être exploitée dans le cadre de méthodes de sélection assistée par des marqueurs génétiques, dans le but d’augmenter les teneurs en certaines vitamines ; ces applications seraient beaucoup plus profitables que de faire appel aux biotechnologies des modifications génétiques.

 A propos des minéraux

Les manipulations génétiques ont été tentées pour améliorer la nutrition minérale des plantes pour les macronutriments, tels que le calcium et l’azote, et les micronutriments dont le sélénium.
En faisant appel à un gène de l’Arabidopsis qui code pour un transporteur et un échangeur de calcium, la teneur en calcium des tubercules de pommes de terre a été multipliée par trois.

Les fertilisants azotés minéraux sont associés à un certain nombre de problèmes tels que la pollution des eaux potables par les nitrates, qui sont nocifs pour les enfants en bas âge. Les nitrates contribuent par ailleurs à l’eutrophisation des eaux et nuisent à la faune aquatique par raréfaction de l’oxygène dans l’eau. L’amélioration de l’utilisation des nitrates par des plantes est supposée solutionner le problème en mettant à disposition des populations une eau de meilleure qualité vis-à-vis de la pollution par les nitrates, mais cet avantage pourrait être compensé par l’inconvénient de générer de plus hauts niveaux de nitrates dans les plantes cultivées et consommées. Jusqu’à maintenant, il y a eu très peu de progrès enregistrés dans le développement de plantes transgéniques qui absorbent l’azote et l’utilisent plus efficacement.

Les carences minérales en fer dans les denrées alimentaires sont très marquées dans beaucoup d’endroits du globe, en particulier dans certains pays asiatiques. On estime qu’à travers le monde, environ 40 pour cent des femmes souffrent d’une carence en fer. Les femmes sont les plus sévèrement affectées par une insuffisance de fer avant leur ménopause, alors que les hommes ont une tendance à maintenir un meilleur niveau de fer dans leur organisme.

Il a été envisagé de créer un riz avec une teneur accrue en fer ; cependant, une augmentation du taux de fer chez le riz risque d’être accompagné, dans le même temps, d’une augmentation des teneurs en arsenic [14] ] ( Rice in Asia : Too Little Iron, Too Much Arsenic ).
Des plantes vivrières améliorées, contenant un taux élevé de fer, doivent être étiquetées pour leur mise de vente car la surcharge de fer est un problème significatif majeur chez les hommes et elle peut conduire à l’hémochromatose, à une perturbation due à une absorption excessive et à un stockage de fer qui est susceptible d’endommager le foie et d’autres organes, et pouvant avoir comme résultat l’apparition d’un cancer du foie ou un cancer colorectal.

L’hémochromatose est héréditaire et un pour cent de la population peut porter cette mutation qui rend les individus concernés très sensibles à une surcharge de fer, même avec des niveaux relativement modestes d’absorption du fer à partir des aliments. La relation entre un stockage excessif du fer par l’organisme et le risque de cancer, est par ailleurs bien connue.

Le sélénium est un élément minéral qui est essentiel pour les êtres humains, mais il présente une toxicité à partir de niveaux relativement peu élevés. Un gène de souris codant pour une enzyme, la lyase de la sélénocystéine, a été intégré dans le génome chloroplastique d’une espèce de Brassicacées : Brassica juncea, dans le but de limiter l’accumulation de la sélénocystéine pour atténuer la toxicité du sélénium. La plante transgénique a présenté une teneur réduite en sélénium dans ses protéines. Comme c’est le cas pour le fer et d’autres éléments minéraux, le sélénium est un élément essentiel, mais il devient toxique à des niveaux élevés.

 A propos des acides gras

Les acides gras polyinsaturés à longue chaîne sont essentiels pour la santé humaine et les poissons et les huiles de poisson constituent les sources principales ; mais des efforts sont faits dans le but de modifier génétiquement des plantes cultivées pour leur faire produire les matières grasses essentielles qui nous viennent des poissons. Jusqu’à présent, le transfert de gène à partir d’une algue microscopique a été réalisé au laboratoire chez l’espèce Arabidopsis.

Monsanto entreprend de modifier génétiquement des graines de colza ‘canola’ pour favoriser une accumulation d’acide stéaridonique, un autre acide gras oméga-3 polyinsaturé à longue chaîne qui a 18 carbones et 4 doubles liaisons. Le Département de l’Agriculture des Etats Unis, l’USDA et l’université du Nébraska ont créé un soja transgénique qui produit de l’acide stéaridonique.

De l’huile de graines de tournesol a été modifiée génétiquement avec de multiples copies d’un gène de désaturase du ricin afin de diminuer les teneurs en acide stéarique, qui nuit à la qualité de l’huile de graines de tournesol.

Il y a de grandes chances pour que les acides gras n-3 et n-6 polyinsaturés aient un effet thérapeutique à des niveaux modérés dans le régime alimentaire ; mais ils peuvent également être nocifs à des niveaux élevés, en provoquant un stress oxydatif et en formant des peroxydes lipidiques qui sont toxiques.

Une ingestion quotidienne d’acides gras polyinsaturés au-dessus de 10 pour cent de la ration alimentaire n’est pas recommandée. En outre, une nourriture avec des teneurs élevées en lipides provenant des poissons, riches en acides gras n-3 polyinsaturés peut prolonger la période de gestation, ce qui peut avoir comme résultat un poids élevé de l’enfant à la naissance et une exposition du foetus au méthylmercure contenu dans les poissons.

  A propos des acides aminés

Certains acides aminés sont essentiels dans le régime alimentaire des êtres humains parce que les mammifères ne peuvent pas les synthétiser. Le maïs est normalement déficient en lysine, un acide aminé essentiel. Comme cité précédemment, le maïs transgénique à haute teneur en lysine a été autorisé pour sa mise en marché en 2004, alors que des variétés de maïs à haute teneur en lysine et provenant des méthodes d’amélioration conventionnelles, sont déjà disponibles.

L’albumine des graines de tournesol, naturellement riche en méthionine et en cystéine, deux acides aminés soufrés essentiels, a été employée pour modifier génétiquement le lupin, une plante alimentaire importante dans beaucoup de pays.

Les teneurs en méthionine et en cystéine ont également été augmentées chez la luzerne avec l’aide d’un gène d’Arabidopsis qui code pour une surproduction de l’enzyme gamma-synthase de la cystathionine (c’est la première enzyme dans la voie métabolique pour la biosynthèse de la méthionine).

Le maïs possède une protéine de stockage qui est riche en méthionine mais qui est habituellement peu présente dans les graines. Un gène régulateur de la fonction cis- a été remplacé afin de conférer une plus grande stabilité à son ARN messager : cela a eu comme résultat des teneurs plus élevées en méthionine dans les graines transgéniques.

La pomme de terre a été modifiée avec (E. coli) un gène bactérien codant pour l’acétyle-transférase de la sérine et une séquence de transit d’Arabidopsis pour diriger la protéine transgénique vers le chloroplaste : cela a eu comme résultat des teneurs élevées en cystéine et en glutathion.

La biotechnologie du métabolisme a été également employée pour augmenter la production des composés soufrés chez la pomme de terre.
La manipulation génétique de gènes simples pour surproduire n’importe quel élément minéral ou vitamine, ou tout autre élément essentiel du point de vue de la nutrition, est pleine de difficultés car ces éléments essentiels sont souvent toxiques à des teneurs élevée qu’il convient d’éviter.

Cela souligne l’importance d’obtenir un bon équilibre quant au contenu de notre nourriture pour les nutriments essentiels. Ceci peut uniquement être réalisé en éliminant les apports extérieurs en engrais chimiques et en favorisant les engrais organiques couplés à un mode d’agriculture intégrée qui fournit un régime complet à base de légumes frais, de viandes et de poissons [11, 15] ( Organic Strawberries Stop Cancer Cells [¤] ; Dream Farm 2 - Story So Far [¤¤]).

[¤ La version en français est intitulée " Les fraises biologiques bloquent la prolifération
des cellules cancéreuses " ; elle est accessible sur Internet au site suivant : www.i-sis.org.uk/OSSCCfr.php].

[¤¤ La version en français est intitulée "Développement durable - Mise à jour concernant la Ferme Visionnaire 2 ’Dream Farm 2’ " ; elle est accessible sur Internet au site suivant : http://www.i-sis.org.uk/DreamFarm2fr.php]

 A propos des peptides naturels et des peptides synthétiques

Le glutathion (GSH) est un antioxydant qui se compose de trois acides aminés ; il protège les cellules contre les radicaux libres et participe à la réaction métabolique. GSH est le thiol (composé avec un groupe -SH) de faible poids moléculaire le plus abondant chez les végétaux. Il s’accumule à des concentrations élevées, en particulier en réponse à des stress.

Une enzyme bactérienne catalysant la synthèse du glutathion et dépourvue d’inhibition rétroactive, a été employée pour augmenter la production de glutathion chez les plantes. Mais des teneurs plus élevées en glutathion chez le tabac ont eu comme conséquence inopinée un stress oxydant continu chez cette plante.

Les peptides antimicrobiens fournissent la première ligne de défense contre des invasions par des bactéries, des champignons et des virus, aussi bien chez les plantes que chez les animaux. Ils font partie de l’immunité innée de l’hôte, agissant principalement au niveau des membranes cellulaires. Ils ont une longueur de 15 à 40 acides aminés ; la plupart d’entre eux sont hydrophobes (sans affinité pour l’eau) et cationiques (positivement chargés) et on commence à leur trouver des applications en médecine et dans la protection des plantes contre leurs ennemis.

Un peptide synthétique D4E1, basé sur la toxine peptidique de la cécropine B (obtenue à partir d’une teigne, Cecropia), s’est avéré avoir une action antimicrobienne à large spectre . Son activité s’étend des champignons microscopiques appartenant aux ordres des Ascomycètes, des Basidiomycètes, des Deutéromycètes et des Oomycètes, aux agents pathogènes bactériens Pseudomonas et Xanthomonas. Il s’est également montré efficace pour le traitement des infections à Chlamydia chez l’homme.

Des peptides synthétiques de 11 acides aminés ont prouvé leur efficacité contre des agents pathogènes bactériens des plantes, avec une cytotoxicité et une dégradation des protéases minimales, permettant ainsi une amélioration de la protection des plantes, soit comme pesticide externe, soit en étant incorporé dans des plantes transgéniques.

Des chercheurs ont créé au Japon un riz transgénique avec un peptide antimicrobien, la défensine, issu d’une espèce de Brassica. Les plantes de riz transgéniques étaient résistantes à une maladie du riz provoquée par le champignon Magnaporthe grisea.

Les chercheurs ont alors changé systématiquement le code génétique pour que la défensine produise des peptides synthétiques qui étaient bien plus toxiques pour le champignon que les peptides naturels normaux. Des riz avec des gènes et des peptides synthétiques sont en cours d’expérimentation au champ, avant leur dissémination et de leur distribution commerciale au Japon.

Un système d’expression du virus X de la pomme de terre a été employé pour produire un peptide tueur qui a une forte activité contre des agents pathogènes affectant les êtres humains. Ce peptide tueur a été expérimenté contre les agents pathogènes bactériens et cryptogamiques des plantes et il s’est montré efficace. La toxine tueuse a été associée à la protéine de la capside du virus X dans un système qui a permis sa production rapide. Le système de production du virus est capable de répandre la toxine à des pommes de terre non transgéniques, pour le meilleur ou pour le pire.

Des critiques et objections ont été émises à propos des expérimentations en plein champ des plantes modifiées génétiquement avec des peptides synthétiques. L’évolution de la résistance aux peptides antimicrobiens compromettra sévèrement aussi bien la défense naturelle du système immunitaire humain contre des maladies, que les possibilités d’emploi de thérapies émergeantes et efficaces, à la suite du désastre qui résulte de la dissémination de la résistance aux antibiotiques [et de la diminution de l’efficacité de ces derniers] [16] ( No to Releases of Transgenic Plants with Antimicrobial Peptides ) .

  Des enzymes pour améliorer les procédés de transformation industrielle des produits alimentaires

La gluténine est une protéine de stockage importante chez l’orge, qui peut être maltée pour faire de la bière. Pendant le maltage, la gluténine est digérée par une enzyme : la bêta-glucanase. La stabilité à la chaleur de l’enzyme peut être problématique pendant le maltage à une échelle industrielle.

Une enzyme hybride thermostable a été réalisée à partir des gènes de deux espèces de bactéries, avec des ajustements dans les séquences d’ADN au niveau des codons afin d’augmenter la biosynthèse de cette protéine chez l’orge.

Des microorganismes génétiquement modifiés chez les produits alimentaires

  Les probiotiques génétiquement modifiés

Les probiotiques sont des symbiontes normaux et habituels de l’intestin d’humain et animal ; ils comprennent les espèces de Lactobacillus, de Bifidobacterium ainsi que la levure Saccharomyces boulardii.

Ces probiotiques ont été employés comme compléments alimentaires qui présentent des avantages en matière de santé, tels qu’une protection contre les agents pathogènes du système digestif, la neutralisation des agents mutagènes des aliments qui sont produits dans le colon, le conditionnement du système immunitaire pour diminuer l’allergie et la diminution du taux de cholestérol dans le sérum sanguin [17] ] ( Health-promoting Germs ). [¤ La version en français est intitulée " Des germes auxiliaires de santé " et elle disponible sur Internet à partir du site www.i-sis.org.uk/probioticsRev.php].

En tant que probiotiques, les bactéries lactiques ont été intensivement modifiées génétiquement pour servir dans l’industrie alimentaire et pour d’autres objectifs, tels que la thérapie génique.

Les modifications génétiques effectuées concernaient diverses fonctions : la modulation du système protéolytique pour augmenter l’affinage du fromage, l’augmentation de la production de l’alpha-cétoglutarate, une enzyme du cycle de Krebs, l’utilisation de l’ARN d’anti-sens pour rendre silencieux le bactériophage lytique Lactoccocus, l’introduction d’un ensemble de séquences génétiques codant pour les folates, le réacheminement du pyruvate vers la L-alanine, et enfin une production accentuée au niveau de la voie biochimique de biosynthèse de la riboflavine.

Des modifications génétiques ultérieures des bactéries lactiques concernaient l’inactivation de la fermentation du glucose et l’introduction de la fermentation lactique, l’introduction de l’alpha-galactosidase, de la phytase, de l’alpha-amylase et de la cellulase.

Les bactéries lactiques ont également été génétiquement modifiées avec la toxine bactériocine dans le but de prévenir les caries dentaires, pour une augmentation de l’activité de bêta-galactosidase, pour la production de lacticine (une bactériocine), pour la production accrue de niacine et une amélioration de l’activité protéolytique et acidifiante.
Des bactéries probiotiques ont été améliorées pour la production de glutathion et pour la tolérance au stress oxydatif.
La lysostaphine, une endopeptidase de glycylglycine, qui scinde spécifiquement les ponts croisés de la pentaglycine et qui se trouve dans le peptidoglycane du staphylocoque, a été inséré dans des bactéries lactiques pour son usage en vue de détruire cet agent pathogène.

Les bactéries probiotiques génétiquement modifiées n’ont pas attiré l’attention du public, parce que la réglementation des tels microorganismes est séparée de celle qui s’applique aux plantes cultivées. Il y a une forte probabilité pour que des bactéries probiotiques génétiquement modifiées soient mises en marché avant que de sérieuses préoccupations aient été prises en compte en matière de sûreté et de sécurité alimentaire.

L’emploi des bactéries probiotiques génétiquement modifiées exige une attention toute particulière. Ces symbiontes qui se trouvent naturellement dans l’appareil gastro-intestinal se sont adaptés à leurs hôtes humains et animaux au cours des millions, sinon des milliards d’années d’évolution.

Une modification génétique de ces probiotiques pourrait facilement les transformer en agents pathogènes qui seraient prêts à envahir l’intestin des êtres humains et des animaux. En outre, le milieu gastro-intestinal est un environnement idéal pour le transfert génétique horizontal et les recombinaisons : l’itinéraire principal pour créer de nouveaux agents pathogènes. Pour toutes ces raisons, nous avons proposé que toute modification génétique des bactéries probiotiques soit interdite [18.19] ( Ban GM Probiotics [¤] ; GM Probiotic Bacteria in Gene Therapy ) [¤¤].

[¤ La version en français intitulée " OGM - Interdisons les probiotiques génétiquement modifiés " est disponible sur Internet par www.i-sis.org.uk/BanGMprobioticsFR.php].
[¤¤ La version en français intitulée " OGM - Des bactéries probiotiques génétiquement modifiées sont utilisées en thérapie génétique " est disponible sur Internet par yonne.lautre.net/article.php3 ?id_article=1876].

  Les autres bactéries génétiquement modifiées

La croissance des volailles est de 10 pour cent plus rapide lorsqu’elles sont nourries avec la levure Pichia pastoris transgénique qui a été modifiée génétiquement avec un gène d’hormone de croissance du porc. Les microorganismes véhiculant l’hormone de croissance peuvent être attractifs pour les éleveurs de volailles, mais leur utilisation peut transporter ces agents microbiens dans les populations humaines et personne n’accepterait volontiers de grossir comme un porc.

Des agents microbiens de contrôle de la régulation ont été développés et l’impact de tels agents sur les nourritures exige la plus grande et sérieuse considération. Un Trichoderma atroviride modifié génétiquement avec un gène d’Aspergilus Niger, codant pour l’oxydase du glucose, a rapidement envahi et dégradé les agents phytopathogènes Rhizoctonia solani et Pythium ultimum. L’agent microbien transgénique qui contrôle la régulation a bien combattu ces agents phytopathogènes et induit une résistance systémique aux plantes traitées, mais il devrait être étudié de façon approfondie pour connaître sont impact sur la sûreté alimentaire et sur la qualité des aliments.

La modification génétique des microorganismes touchant aux produits alimentaires exige une étude publique minutieuse et complète, particulièrement du fait que des nombreuses souches modifiées génétiquement attendent d’être disséminées et mises en marché.
Rendements ou qualités nutritionnelles - une fausse dichotomie
La pression qui a été exercée pour faire appel à la génétique afin d’amplifier les rendements des plantes cultivées, tout d’abord avec la révolution verte et puis ensuite avec les technologies des modifications génétiques, a eu comme conséquence une crise en matière de nutrition.

Un trop grand nombre de plantes cultivées pour notre alimentation sont apparues carencées en éléments minéraux, en vitamines et en nutriments essentiels [20], en particulier par le fait que les sols se sont retrouvés eux-mêmes carencés et épuisés. Des sols sains sont nécessaires pour la production des produits végétaux de bonne qualité [21] ( Organic Farms Make Healthy Plants Make Healthy People ).. [¤]

[¤ La version en français est intitulée " L’agriculture biologique produit des plantes de bonne qualité nutritive qui assurent une bonne santé aux populations qui les consomment " ; elle est accessible à partir du site Internet suivant : http://www.i-sis.org.uk/OrganicFarmsHealthyPlants.php ].

Mais la maximisation des rendements ne sacrifie pas nécessairement à la qualité nutritionnelle si les sols sont correctement gérés, de façon à ce que les apports de matières organiques soient corrects. Ceci peut être réalisé en transformant les déchets des animaux, très polluants, ainsi que les déchets végétaux, en nourritures et en ressources énergétiques [15]. Une telle orientation peut contribuer à atténuer le changement climatique et à solutionner de ce fait de la crise énergétique mondiale, tout en garantissant la sécurité alimentaire pour tous.

Les modifications génétiques ne prennent pas en compte le changement climatique ni le tarissement des ressources énergétiques [fossiles] ; elles ne considèrent ni les problèmes de l’eau, ni ceux des éléments minéraux du sol, pas plus que les autres ressources agricoles qui menacent déjà notre sécurité alimentaire. Les modifications génétiques ne sont qu’une perte de temps et une déviation du bon emploi des ressources que notre monde ne peut pas se permettre.

Les risques liés aux plantes et aux microorganismes génétiquement modifiés dans les produits dits « de santé »
Les aliments enrichis en nutriments élémentaires ne constituent pas des « aliments de santé » : ils doivent être étiquetés
Nous remettons en cause l’énorme quantité d’efforts et de ressources qui sont actuellement consacrés à l’amélioration de la qualité nutritionnelle des aliments à travers les modifications génétiques, dans le but augmenter la production des composés nutritionnels élémentaires.

La nutrition dépend d’un bon équilibre entre les macronutriments et les micronutriments, entre les cofacteurs et les vitamines, qui est réalisé de façon optimale en adoptant les pratiques de l’agriculture biologique et un régime alimentaire complet qui comprend des fruits et des légumes frais, de la viande et des poissons.

Le surdosage de n’importe quel facteur alimentaire élémentaire est susceptible d’être nocif. Par conséquent, les plantes cultivées pour leur usage alimentaire, fabriquées à partir des modifications génétiques, pour en faire des « produits de santé », peuvent faire apparaître des risques sérieux en matière de santé publique.
Les documents de la consultation du Codex alimentarius sont eux-mêmes conscients de cela [22] : « Les membres du groupe de travail ont reconnu que des apports alimentaires en nutriments et en substances apparentées, à des niveaux plus élevés, devraient être déterminés pour des raisons de sûreté et pour prévenir des absorptions excessives parmi les individus les plus vulnérables dans les populations. On a aussi identifié qu’il est nécessaire de déterminer la sûreté des nutriments et des substances qui leurs sont proches, lorsque les limites supérieures n’ont pas encore été définies et également pour effectuer un suivi historique de l’emploi, en toute sécurité, du nutriment concerné lorsqu’il a été approuvé. Cependant, on a également identifié que la question était par nature générique. »

Il apparaît déjà évident que plusieurs aliments génétiquement modifiés ont atteint les limites supérieures pour ce qui concerne la toxicité, en particulier pour le fer et pour le sélénium parmi les éléments minéraux, ainsi que pour la vitamine A et peut-être pour la vitamine E.

Il serait fallacieux et même dangereux de lancer commercialement sur les marchés des aliments avec des teneurs augmentées en facteurs nutritionnels élémentaires, en tant qu’ « aliments de santé ». Et il est impératif de bien étiqueter clairement de tels produits afin d’éviter tout surdosage toxique.

La question de la sûreté et de la sécurité alimentaire, en regard des gènes synthétiques et des transgènes en général
Le Codex alimentarius n’a pas fait mention de la sûreté des gènes synthétiques qui sont employés, dont certains produisent des protéines qui sont complètement nouvelles dans notre chaîne alimentaire.

Les exemples extrêmes sont les gènes synthétiques pour les protéines de stockage destinées à augmenter les teneurs en protéines ou en acides aminés, ainsi que les peptides synthétiques pour le contrôle des agents pathogènes. Par définition, les produits des gènes synthétiques ne sont pas « équivalents en substance » car ils n’ont aucune contrepartie naturelle [23] ( GM Food Animals Coming , dans cette série). [¤]

[¤ La version en français de cet article, intitulée "Arrivage imminent d’aliments issus d’animaux modifiés génétiquement" sera accessible prochainement sur Internet]

Indépendamment des gènes complètement synthétiques, beaucoup de gènes sont des approximations synthétiques grossières des gènes normaux ou des gènes hybrides constitués d’approximations synthétiques de deux gènes ou plus. Ceux-ci constituent également des protéines complètement nouvelles dans notre chaîne alimentaire.
Toutes les protéines transgéniques devraient être étudiées de manière approfondie pour leur toxicité et pour leur immunogénicité. Il faut considérer que le transfert d’un gène même entre des espèces qui sont proches et étroitement liées, implique des changements de conformation dans l’espace, des modes de glycosylation qui peuvent transformer une protéine normalement inoffensive en un immunogène puissant, comme cela a été récemment démontré dans le cas du transfert d’un gène du haricot chez le pois [24] ( Transgenic Pea that Made Mice Ill ) .

[¤ La version en français, intitulée "Les pois transgéniques qui rendent les souris malades", est incluse dans l’article suivant : "OGM - De sérieuses réactions immunitaires à une protéine transgénique" ; elle est consultable sur ce site : yonne.lautre.net/article.php3 ?id_article=1503 ].]

Quelques transgènes codent pour des protéines qui présentent des activités biologiques potentielles ; celles-ci incluent les hormones de croissance et les peptides antimicrobiens, qui sont susceptibles d’avoir des effets fâcheux sur la physiologie humaine et sur le système immunitaire.

La sûreté et la sécurité des biotechnologies du métabolisme
Le document de consultation du Codex alimentarius précise que [22], « des nourritures dérivées d’ADNr chez les plantes qui ont subi une modification pour changer intentionnellement leurs qualités nutritionnelles ou leur fonctionnalité, devraient être soumises à une évaluation nutritionnelle complémentaire - mais aussi lorsque les modifications ont d’autres buts - afin d’évaluer les conséquences de ces changements et de vérifier si l’absorption des nutriments est susceptible d’être altérée par l’introduction de telles nourritures dans les apports alimentaires. »

Plusieurs des modifications génétiques concernées comportent des altérations massives, telles que le remplacement d’une ou de plusieurs voies métaboliques. De tels changements augmentent la probabilité de créer fortuitement des sous-produits toxiques. Ces changements nous imposent d’effectuer des comparaisons approfondies des profils des transcrits métaboliques et des protéines, entre les variétés génétiquement modifiées et les variétés non modifiées génétiquement, ainsi que des expériences approfondies en matière de sûreté et de sécurité alimentaire.

L’ARN interférant a déjà montré des inconvénients majeurs chez des souris en situation expérimentale (y compris de la mortalité)
L’ARN interférant ou ARNi - de courtes séquences d’ARN qui interfèrent dans la fonction d’un gène - est de plus en plus employé pour inhiber ou pour stimuler des gènes ou des voies métaboliques. Le besoin d’étudier, par des tests adéquats, de telles constructions est clair et évident.

Les morts intempestives qui ont été relevées chez des souris soumises à une « thérapie génique » en utilisant de l’ARNi [12] devraient nous servir d’avertissement. L’interférence ARN n’est pas actuellement comprise et incluse en tant que modification génétique au sens strict et elle doit faire l’objet d’une attention toute particulière.

Les essais cliniques en matière de sûreté ne devraient pas être faits sur des enfants vivants dans des pays en voie de développement
Le document de consultation du Codex Alimentarius stipule que [ 22 ] : « ... les mesures de sûreté supplémentaire et les considérations nutritionnelles pour l’évaluation des aliments dérivés des plantes modifiées génétiquement par de l’ADNr, pour des caractères avantageux en matière nutritionnelle ou de santé, incluent des aspects tels que la disponibilité biologique et la fonction physiologique de la modification prévue. Une attention particulière sera accordée aux plantes qui présentent un intérêt vital pour les populations dans les pays en voie de développement. »

La sûreté et l’expérimentation portant sur les propriétés nutritionnelles de toutes les modifications décrites dans la documentation concernée, sont effectivement essentielles pour tous secteurs géographiques à travers le monde.

Mais nous insistons sur le fait que les expérimentales initiales ne devraient pas être conduites sur des enfants des pays en voie de développement, sous le prétexte d’apporter une assistance médicale, comme cela s’est déjà produit dans le cas du riz génétiquement modifié et produisant des protéines que l’on trouve naturellement dans le lait. [25] ( FDA in Third World Drug Trial Scandals ). Ceux qui entreprennent de telles expérimentations non conformes devraient être poursuivis en justice.

Les probiotiques génétiquement modifiés devraient être interdits
La modification génétique des bactéries probiotiques devrait être interdite, au moins jusqu’à ce qu’aient été effectuées des études approfondies et des expérimentations qui en garantissent la sûreté.
Ces bactéries ont évolué conjointement avec leurs hôtes humains et animaux depuis des millions, voire des milliards d’années, à travers un réseau complexe et très imbriqué de relations que l’on commence tout juste à comprendre ; ces équilibres fragiles pourraient se traduire par de sérieux problèmes sanitaires, s’ils venaient à être déséquilibrés et perturbés.

Les modifications génétiques de ces bactéries nous font courir le risque de la création de nouveaux agents pathogènes qui seraient tout prêts à envahir l’appareil gastro-intestinal de leurs hôtes, au sein duquel le transfert génétique horizontal et les recombinaisons sont monnaie courante.

« Equivalence en substance » : un concept qui n’a pas sa place dans l’évaluation scientifique des risques sanitaires
En conclusion, le concept d’« équivalence en substance » n’a aucune validité dans l’évaluation des risques qui peuvent provenir d’OGM, de leurs dérivés et d’aliments génétiquement modifiées, tout au moins dans le domaine des biotechnologies du métabolisme (voir GM Food Animals Coming , dans cette série [23] [¤ La version en français de cet article, intitulée "Arrivage imminent d’aliments issus d’animaux modifiés génétiquement" sera accessible prochainement sur Internet].

Ce concept d’« équivalence en substance » devrait être rejeté par le Codex alimentarius.


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