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"Le moyen de s’éclairer en Afrique" par le Dr. Mae-Wan Ho

Traduction et compléments de Jacques Hallard
mardi 23 août 2011 par Ho Dr Mae-Wan

ISIS Energie solaire photovoltaïque
Le moyen de s’éclairer en Afrique
Lighting Africa
Rapport de l’ ISIS en date du 06/04/2011
L’énergie solaire fait son chemin rapidement dans de nombreux pays africains et les femmes en sont à l’origine. Dr. Mae-Wan Ho


La version originale en anglais, avec toutes les références, est intitulée Lighting Africa ; elle est accessible par les membres de l’ISIS sur le site www.i-sis.org.uk/LightingAfrica.php
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Green Energies 100% Renewables by 2050 - By Mae-Wan Ho, Brett Cherry, Sam Burcher & Peter Saunders – ISIS.

  Les femmes ingénieures solaires au Malawi

Sept ingénieures en énergie solaire, habitant dans des villages éloignés du Malawi en Afrique, ont gagné la récompense ‘Best Electrification Africa Award’ en Afrique en 2010 [1]. 

Le Centre for Community Organisation and Development (CCODE), le Centre de développement et d’organisation des communautés, travaillant dans des régions rurales du Malawi, a sélectionné sept femmes semi-analphabètes dans les villages de Chimonjo et de Chitala dans le district de Salima, du village de Kaphuka dans le district de Dedza et du village de Makunganya dans le district de Zomba, puis il les a envoyées au ‘Barefoot College’, le ‘Collège aux pieds nus’ en Inde (voir encadré ci-dessous), où elles ont été formées pendant six mois comme "ingénieures en énergie solaire" [2].

De retour dans leurs villages, elles ont réalisé les choses suivantes :
- L’installation de 316 systèmes domestiques autonomes d’énergie solaire dans les ménages du village et la poursuite d’une aide pratique consistant à offrir un soutien technique à ces ménages locaux.
- La création facilitée et la construction de quatre ateliers électroniques ruraux, un dans chacun des quatre villages, qui ont également été installés avec des systèmes d’énergie solaire autonomes.
- La création d’un fonds dans chacun des quatre villages en vue de l’entretien des systèmes d’énergie solaire qui ont été mis en place.

L’histoire de ces sept femmes n’est pas unique. La même chose se passe dans d’autres parties de l’Afrique et, en conséquence, la vie des populations pauvres des zones rurales s’est rapidement transformée.

  De la lumière dès la nuit tombée au Kenya

Dans les régions rurales du sud-ouest du Kenya, les villageois de Olando et Got Kaliech vivent avec de la lumière dès la nuit tombée, sans avoir à allumer leurs lampes à huile, grâce à Phoebe Jondiko, Joyce Matunga et Phoebe Akinyi, les trois "femmes ingénieures solaires" qui ont installé leurs éclairages d’origine solaire et qui envisagent d’équiper d’autres villages dans les régions éloignées de la Division Gwassi dans le district de Suba [3].

L’énergie solaire y est abondante, mais elle est restée inexploitée au Kenya en raison principalement des kits solaires qui étaient trop chers. Mais le gouvernement kenyan a fait baisser les tarifs d’importation sur les kits solaires, les rendant ainsi plus abordables. En Juin 2010, les tarifs d’importation ont été complètement éliminés et le taux de TVA a été réduit de 26 à 16 pour cent ; en novembre 2010, le gouvernement a publié une nouvelle directive exigeant que des panneaux solaires soient installés dans les nouvelles maisons [4].

Victor Ndiege est le chef de projet ‘Green Forest Social Investment Trust (GFSIT)’, une organisation non-gouvernementales (ONG) basée à Kisumu, avec la mission de rendre les femmes autonomes dans les zones rurales grâce à la fourniture d’énergie renouvelable, ce qui facilite les tâches domestiques, en particulier quand la nuit tombe : cela aide les femmes du village à développer des activités génératrices de revenus.
Les recherches menées par l’organisme GFSIT, ont permis de constater que les femmes dépensent entre 850 et 1.200 Shillings du Kenya (Kes) (soit 10 à $ 15 US $) chaque mois, seulement pour l’éclairage. Les femmes utilisent diverses sources, telles que la paraffine et du bois pour s’éclairer la nuit et pour faire cuire la nourriture.

« Cela a des effets négatifs sur l’environnement, car des arbres doivent être coupés pour le bois de chauffage, tandis que la combustion de la paraffine présente des risques sanitaires pour les femmes et leurs familles, tandis que l’inhalation des fumées émises par les lampes à pétrole sont nocives », a déclaré Ndiege.

Les chercheurs ont identifié que l’énergie solaire était l’énergie de remplacement qui est la plus appropriée et, en partenariat avec l’Université ‘Barefoot College’ en Inde, il a été programmé la formation de personnes analphabètes et semi-analphabètes, afin que les populations rurales puissent fabriquer, installer et entretenir des systèmes d’éclairage solaire dans les villages.

Les femmes ont en effet acquis l’essentiel des compétences techniques solaires qui sont actuellement applicables dans les villages d’Olando et de Got Kaliech. Des comités de village solaire (VSC) veillent à ce que les villageois contribuent à hauteur de 500 et 800 Kes (soit 7 à 10 US $) pour les abonnements mensuels de chaque ménage, afin de maintenir le programme en cours d’exécution.

Les femmes du village ont également installé une usine de posho alimenté par l’énergie solaire, pour générer des revenus pour les groupes de femmes, et un petit atelier où les jeunes peuvent acquérir des compétences localement et gagner de l’argent tout en soutenant le programme de village solaire.
Le GFSIT organise l’importation d’un nouveau lot de kits solaires mis au point en Inde pour les installer dans d’autres villages de lan Division territoriale Gwassi.

Le Barefoot College [2]

Le Barefoot College [‘Université aux pieds nus’] basé à Tilonian d’Ajmer, dans le district du Rajasthan, en Inde, a été le pionnier pour l’électrification solaire en milieu rural, dans des villages reculés, depuis 1989. Sa mission est de « démystifier » et de « décentraliser » la technologie solaire en la rendant accessible aux communautés pauvres et délaissées, en plaçant la fabrication, l’installation, l’utilisation, la réparation et l’entretien des unités sophistiquées d’éclairage solaire dans les mains des hommes et des femmes des collectivités rurales, qui sont analphabètes et semi-alphabètes.

Seuls les villages qui sont inaccessibles, éloignés et non électrifiés sont considérés pour l’électrification solaire. Dans la première réunion, les membres de la communauté sont informés sur l’éclairage solaire et ses avantages. Si les villageois décident qu’ils veulent installer l’éclairage solaire, un Comité villageois de l’énergie de l’environnement (en anglais VEEC) est formé, composé d’hommes et de femmes parmi les anciens du village. Le comité consulte alors toute la communauté du village et il identifie les ménages qui sont intéressés par l’acquisition des unités d’éclairage solaire. 

Chaque ménage qui veut obtenir un éclairage solaire doit payer une contribution mensuelle, indépendamment de leurs moyens financiers, de sorte que même les plus pauvres peuvent ressentir un sentiment d’appartenance envers leur équipement et prendre soin d’elle. La redevance mensuelle à payer par chaque ménage électrifié est déterminé par le montant que chaque famille dépense chaque mois en kérosène, en bougies, en piles pour les lampes et en bois pour leurs besoins en éclairage. 

Le comité est également responsable de manière à ce que les ‘ingénieures solaires aux pieds nus’ (voir ci-dessous) puissent installer, réparer et entretenir correctement toutes les installations solaires et qu’ils reçoivent bien leur allocation en temps voulu.

Dans le cadre du processus de décentralisation et de démystification, le Collège forme quelques membres de la communauté afin qu’ils deviennent des « ingénieurs en énergie solaire aux pieds nus, et qu’ile puissent installer, réparer et entretenir les unités d’éclairage solaire pour une période de cinq ans au moins, et qu’ils puissent mettre en place un « Atelier rural d’électronique » où les composants et les équipements nécessaires pour la réparation et l’entretien des unités de l’énergie solaire seront stockés.
Le village doit s’engager par écrit, à construire ou à faire don d’un bâtiment pour l’atelier rural d’électronique, pour sélectionner les personnes à former et leur permettre d’aller en Inde pendant six mois pour suivre leur formation. Le village doit aussi identifier les personnes qui seront chargées de collecter les cotisations mensuelles des ménages. De cette façon, la communauté rurale peut participer collectivement à l’électrification solaire et en assurer le contrôler et la gestion.

Un pourcentage de la contribution totale sert à payer une allocation mensuelle pour tous les ‘ingénieurs solaires aux pieds nus’, et le reste couvre les coûts des composants et des pièces de rechange utilisées pour les réparations. Les batteries utilisées dans les unités d’éclairage solaire doivent être remplacées tous les cinq à dix ans. 
Les ménages qui souhaitent remplacer leur batterie à travers l’organisation doivent payer un montant à l’avance qui sera collectivement déposé dans une banque, où il percevra un intérêt pour la durée des cinq à dix ans. Une fois que le dépôt arrive à échéance, le montant est utilisé pour acheter de nouvelles batteries. Toutefois, si ce montant est inférieur à l’achat de toutes les batteries nécessaires, les villageois doivent alors payer le solde.

Le Barefoot College a tout d’abord adopté la technologie solaire à Tilonia en 1984. Cela a commencé sous la forme d’un petit projet expérimental pour électrifier un centre de santé communautaire avec une mini-usine de 145W, puis il est devenu le premier et le seul campus solaire entièrement électrifiée dans l’Inde rurale.

Avec des modules solaires de 45 kilowatts et 5 banques de la batterie, l’alimentation est fournie pour l’alimentation des 500 lampes, des ventilateurs, d’une photocopieuse, plus les 20 ordinateurs et imprimantes, qui fonctionnent dans un laboratoire de pathologie et à l’hôpital, dans une bibliothèque, dans un centre de commercialisation pour la vente des produits de l’artisanat, dans un centre de formation pour des hommes et des femmes analphabètes, d’origines rurales, en vue de les instruire sur l’énergie solaire pour électrifier leurs villages

Ces équipements alimentent également un centre de médias qui présente des spectacles traditionnels de marionnettes, et un centre de communication, y compris un écran d’impression, le nécessaire pour le montage de films et des installations audio-visuelles, enfin une cabine téléphonique et un stand de distribution de lait. Ce qui rend cette réalisation tout à fait unique, c’est que l’installation de tous ces modules et leurs applications ont été effectuées par des ‘ingénieures solaires aux pieds nus’ qui n’ont jamais bénéficié de plus de 10 années de scolarité en milieu rural.

Dans une période de 25 ans, le ‘Barefoot Collège’ a contribué à produire de l’énergie solaire avec une capacité totale de 819.88 KWp (kilowatt pic), et il a permis l’électrification de villages répartis dans 16 états de l’Inde et dans 17 pays en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud.
Le Collège vise à fournir des sources durables d’énergie de substitution au niveau de base pour la cuisson (fours solaires paraboliques), pour l’électricité (éclairage d’origine solaire), pour le chauffage (chauffe-eau solaire) et pour la force motrice (gazogènes de biomasse et micro-centrales hydroélectriques).

  De la lumière partout en Afrique

Phoebe Jondiko a déclaré que le projet d’énergie solaire est un soulagement bienvenu pour les gens de son village en milieu rural parce que l’éloignement et un territoire très accidenté rendent difficile l’accès à l’énergie à partir du réseau électrique national dans le cadre du programme kenyan d’électrification rurale qui est mené par le gouvernement (REP) [4 ].

Actuellement, seulement 20 pour cent des ménages du Kenya sont connectés au réseau national. Patrick Nyoike, le secrétaire permanent du Ministère de l’Énergie, a déclaré qu’il est pratiquement impossible de raccorder tous les ménages du Kenya au réseau national d’ici à 2030, en raison des investissements énormes qui sont nécessaires en capitaux. 
L’organisme gouvernemental Rural Electrification Authority (REA), l’Autorité chargée de l’électrification rurale, s’occupe de relier les zones rurales au réseau national ; elle a déjà consacré plus de 552 millions de dollars au cours des quatre dernières décennies dans ce programme. La dispersion de l’habitat rural rend impossible le raccordement complet au réseau dans un avenir proche.

Zachary Ayieko, le chef de la direction de cette autorité REA, a déclaré que l’énergie solaire offre un potentiel de puissance électrique énorme pour la nation et que l’énergie d’origine solaire au Kenya pourrait générer jusqu’à trois fois les besoins quotidiens en électricité du réseau national. L’organisme REA a conclu un partenariat avec une Société financière internationale, afin de lancer une nouvelle initiative intitulée “Lighting Africa”, « Éclairer l’Afrique » (voir encadré ci-dessous). Ce projet ambitieux est en cours d’exécution sur une base pilote au Kenya et au Ghana, en vue de permettre l’éclairage de plus de 2,5 millions de foyers au cours des deux prochaines années, avec une estimation de 250 millions de foyers à équiper à travers toute l’Afrique.

Bien que les coûts initiaux d’un kit solaire soient élevés par rapport au kérosène utilisé pour les lampes utilisées actuellement, le coût global des kits solaires est plus faible car il n’y a pas de coûts opérationnels à financer par la suite.

« Les prix varient entre 10 $ et 93 $ pour les kits solaires, en fonction de leur capacité, par rapport à la moyenne mensuelle de 10 $ qui sont dépensés par chaque ménage pour le kérosène », a déclaré Arthur Itote, le chef de projet “Lighting Africa Private Enterprise Partnership for Africa” (LAPEPA), une entreprise privée de partenariat avec le programme « Éclairer l’Afrique ».

Afin de rendre les kits solaires facilement disponibles et abordables pour les pauvres en milieu rural, l’organisme LAPEPA travaille à partir du modèle d’affaires de la microfinance qui leur permet aux gens pauvres des villages ruraux d’effectuer de petits paiements au fil du temps, jusqu’à ce qu’ils aient entièrement remboursé le montant des kits proposés.
Joyce Matunga a dit également que les kits d’énergie solaire peuvent aussi être utilisés pour alimenter en électricité les pompes d’irrigation, ce qui serait un grand pas en avant, parce que les produits de la ferme peuvent ensuite générer des revenus pour les ménages pauvres ; cela aura des effets d’entraînement à travers les villages concernés : la réduction de la pauvreté sera un avantage à long terme.

L’exploitation de l’énergie solaire est sur le point d’exploser au Kenya. Le Kenya est la base d’intervention dans les états de cette partie d’Afrique de l’Est, à travers le programme ’International Communication Technolog hub ‘ [4].

Le Kenya Data Networks (KDN) est un fournisseur d’accès à internet qui est basé à Nairobi ; il a des plans pour construire le premier centre de gestion des bases de données à Nairobi, entièrement alimenté à partir de l’énergie solaire ; il sera le seul centre de son genre à être installé en Afrique. 

Les coûts de construction sont estimés autour de 600 millions de Kes (7,5 millions $ US). Selon Kai Wulff, qui en est le PDG, l’organisme KDN envisage également d’utiliser l’énergie solaire pour alimenter la plupart de ses villages numériques répartis dans les régions éloignées du pays, en accord avec l’initiative Green Solar Power. 
Kai Wulff a indiqué que cette initiative sera un projet à deux volets : il va permettre d’apporter la technologie aux gens dans les populations villageoises à travers la fourniture de connexions rapides à Internet, tandis que dans le même temps, il va fournir de l’énergie sous forme d’électricité à bon marché pour alimenter les centres de TIC (technologies de communication et d’information] en milieu rural.

  L’initiative Lighting Africa, « Éclairer l’Afrique »

Il s’agit d’une initiative conjointe d’un programme de la Banque mondiale avec l’organisme International Finance Corporation, la Société Financière Internationale (bras armé privé de la Banque mondiale) qui vise à contribuer au développement commercial des marchés de l’électricité hors réseau en Afrique sub-saharienne, dans le cadre d’efforts plus larges de la Banque mondiale pour améliorer l’accès à l’énergie. 

Lighting Africa, « Éclairer l’Afrique » est une mobilisation du secteur privé qui vise à créer des marchés durables pour permettre un accès sûr, abordable et moderne à l’électricité hors réseau, qui devrait permettre d’alimenter 2,5 millions de personnes en Afrique d’ici 2012 et 250 millions de personnes d’ici à 2030.

« Éclairer l’Afrique » a déjà piloté son approche au Kenya et au Ghana et l’organisation est maintenant en train d’étendre ses activités en Tanzanie, en Ethiopie, au Sénégal et au Mali. Il supprime les barrières d’entrée sur le marché de l’éclairage hors réseau à chaque étape, de la conception de produits d’éclairage, jusqu’à la production commerciale et la distribution. Les partenaires du programme travaillent avec les fabricants de produits d’éclairage, des distributeurs, des consommateurs, des institutions financières ainsi qu’avec les gouvernements, pour créer un marché durable avec des produits fiables, pratiques et pour un éclairage facilement accessible.

« Éclairer l’Afrique » a élaboré un programme d’assurance qualité qui prend en charge le développement du marché, fournit des services consultatifs techniques aux entreprises axées sur la qualité, et protège les intérêts des consommateurs à faible revenu. Il fournit des tests de contrôle de la qualité des produits et la vérification des performances.

L’organisation « Éclairer l’Afrique » fournit des informations sur le marché, réalise des études de marché pour les industriels et aide à obtenir un financement pour réaliser des investissements chez les fabricants.
Cette organisation est active dans l’éducation des consommateurs. Sa campagne de sensibilisation vise actuellement 13,5 millions de personnes dans les régions rurales du Kenya, les ménages et les petites entreprises, et elle leur apprend comment passer de l’éclairage à base de combustibles traditionnels à l’éclairage moderne d’origine solaire qui peut améliorer la situation sanitaire, réduire les dépenses sur les carburants chers, fournir un meilleur éclairage et permettre un temps plus productif dans les maisons, dans les écoles et dans les entreprises. 

La campagne permet également aux consommateurs de devenir des acheteurs plus exigeants et d’être en mesure de faire la distinction entre des produits déclassés et des lampes de bonne qualité. Elle a organisé 66 forums à ce jour dans les petites villes rurales pour aider les populations de ces contrées à améliorer la façon dont ils éclairent leurs maisons et leurs installations d’entreprises. Les présentations publiques attirent des foules de 300-500 personnes chaque soir, et sont « accompagnées avec d’anecdotes, des spectacles de danse et une possiblité de voir et de tester les lampes solaires ». Une campagne similaire pour une éducation à l’éclairage est configurée et préparée pour démarrer prochainement au Ghana.

« Éclairer l’Afrique » fournit également des conseils aux gouvernements et aux décideurs et il a été organisé des ateliers nationaux, entre plusieurs états de la région et pan-africains.

 L’Afrique va-t-elle passer à l’éclairage par le photovoltaïque ?

Selon Daniel Kammen, directeur technique spécialiste pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique auprès de la Banque mondiale, l’éclairage est souvent l’élément le plus lourd dans le budget des ménages des familles les plus pauvres de l’Afrique : il représente généralement 10-15 pour cent du revenu total du ménage. 

Les pêcheurs sur le lac Victoria au Kenya, par exemple, passent souvent la moitié de leur revenu pour le kérosène qu’ils utilisent pour pêcher pendant la nuit. Les pays pauvres en en énergie en Afrique dépensent environ 17 milliards de dollars par an pour l’éclairage à base de combustibles. Les dépenses mondiales sur l’éclairage à base de combustibles dans les pays en développement sont de 38 milliards de dollars par an [7].

Le Kenya est un des plus grands marchés et des plus dynamiques pour les systèmes solaires photovoltaïques par habitant, parmi les pays en développement ; Kammen a déclaré « avec plus de 300.000 ménages ayant installé l’énergie solaire photovoltaïque depuis le milieu des années 1980. Depuis 2000, les ventes annuelles de ces systèmes ont régulièrement dépassé 15 pour cent, et représentent environ 75 pour cent de toutes les ventes d’équipements solaires dans le pays. La propagation rapide de cette solution d’énergie verte sous forme d’électricité hors-réseau dans un pays à faible revenu est d’autant plus remarquable qu’elle est propulsée par la demande du marché non subventionné ». précise Kammen. « Avec le réseau électrique du Kenya, qui est largement dépendant du système hydraulique très coûteux, seulement 5,2 pour cent des ménages ruraux utilisent l’électricité, et la plupart d’entre eux sont relativement bien disposés à le faire ».

Il est clair que le marché potentiel pour l’énergie solaire avec de l’électricité hors réseau est énorme, sans parler des batteries de stockage qui lui sont associées, ainsi qu’avec l’éclairage et les dispositifs électroniques de communication.

Les organisations non gouvernementales, bien implantées localement, ont pris beaucoup d’initiatives pour se défaire des systèmes de distribution d’électricté raccordés au réseau (à partir de l’énergie solaire), dans les communautés rurales qui fonctionnent essentiellement avec un abonnement de coopération élaboré par le Barefoot College, ‘l’Université aux pieds nus’ en Inde, qui a également offert une formation cruciale. 
Le gouvernement kenyan a agi promptement pour atténuer les obstacles financiers, tandis que les banques d’investissement ont fourni un élan supplémentaire, et nous espérons que viendront d’autres compléments manquants encore, tels que la microfinance, l’assurance qualité et le soutien pour le secteur privé.

  Le point de basculement pour les lanternes solaires

Selon ‘Éclairer l’Afrique’, le marché africain pour les produits d’éclairage hors réseau devrait croître de 40 à 50 pour cent par an, avec 5-6 millions de ménages africains possédant des lampes portatives (essentiellement solaires) d’ici à 2015 [8]. Dans la seule année 2010, les ventes de lanternes portatives fonctionnant à l’énergie solaire qui ont subi des tests de qualité ‘Éclairer l’Afrique’, ont augmenté de 70 pour cent en Afrique, entraînant plus de 672.000 personnes à disposer d’un accès propre, plus sûr, avec un éclairage fiable et amélioré, grâce à cette forme de capacité énergétique utilisée.

Le marché de l’éclairage hors réseau a été initialement soutenu par des initiatives des bailleurs de fonds, caractérisées par des coûts unitaires élevés et des produits qui n’étaient pas adaptés aux besoins des consommateurs africains. 

Aujourd’hui, le marché est poussé par le secteur privé avec des modèles commerciaux innovants, des stratégies de marketing uniques, et des produits adaptés pour répondre à la demande des consommateurs.
Les lampes de nouvelle génération offrent des fonctionnalités que les consommateurs demandaient, tels que les chargeurs de téléphones cellulaires. Les prix des diodes électroluminescentes (LED), des composants solaires et des batteries ont également fortement diminué au cours des cinq dernières années. En conséquence, les produits hors réseau sont plus abordables pour les ménages à faible revenu.

Pour les consommateurs africains, le coût initial des lanternes portatives fonctionnant à partir de l’énergie solaire peut être prohibitif. Un foyer rural alimenté hors réseau au Kenya dépense généralement entre 20 et 50 shillings kenyans (0,25 à 0,63 US $) par jour pour le kérosène -, mais il leur serait difficile de trouver les 2.000 shillings kenyans (24,60 $) nécessaires pour acquérir une lampe solaire portable de bonne qualité. 
Dans plusieurs pays africains, les distributeurs sont en partenariat avec des sociétés coopératives de crédit et d’épargne pour accorder des prêts aux consommateurs pour l’achat d’une lampe solaire portable. Le projet : “Developing a Delivery Model to Support Consumer Financing Schemes for Solar Powered Lighting Systems”, "Développer un modèle de prestation de soutien aux consommateurs par des systèmes de financement avec des systèmes d’éclairage à partir de l’énergie solaire", mis en œuvre au Kenya de Novembre 2008 à Juin 2010, a été lauréat de Lighting Africa Development Marketplace Competition, le Concours pour les marchés en matière de développement de l’éclairage en Afrique, qui offre un financement d’amorçage pour l’innovation et le développement des produits pour l’éclairage hors- réseau.

Les gouvernements africains cherchent à améliorer l’éclairage hors réseau en tant que mesure provisoire pour les communautés rurales non encore reliées aux réseaux de distribuution d’électricité. ‘Éclairer l’Afrique’ a signé des protocoles d’entente avec les gouvernements du Mali, du Sénégal et de l’Ethiopie pour soutenir leur travail en améliorant l’accès à l’éclairage pour les populations rurales.

Les institutions de microfinance et les banques commencent à voir le potentiel de l’assainissement du marché de l’éclairage hors réseau en Afrique. ‘Éclairer l’Afrique’ prédit que d’ici 2015, quelque 65 millions d’habitants en Afrique pourraient avoir des téléphones portables avec l’électricité d’origine solaire, via le photovoltaïque. 

Elles travaillent en collaboration avec les banques pour développer une installation de partage des risques pour les distributeurs. Au cours des six derniers mois, Faulu - une importante institution de microfinance au Kenya - travaillant avec ‘Éclairer l’Afrique’ - a commencé à accorder des prêts aux ménages ruraux pour permettre d’acheter des lampes solaires portatives.

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 Définitions et compléments

Le moyen de s’éclairer en Afrique

 Traduction, définitions et compléments :

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles
honoraire.
Adresse : 19 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard921@orange.fr
Fichier : ISIS Energie solaire photovoltaïque Lighting Africa French version.2


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