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"Microcéphalie : les pesticides une nouvelle fois dans la ligne de mire", par GMWATCH

Traduction et compléments de Jacques Hallard
lundi 11 avril 2016 par GM Watch

ISIAS GMWATCH Pesticides Santé
Microcéphalie : les pesticides une nouvelle fois dans la ligne de mire
Des médecins et des chercheurs nous disent que l’utilisation généralisée des produits chimiques toxiques, fortement encouragée par l’industrie chimique et pharmaceutique pour lutter contre les moustiques, ne sont pas à même de prévenir la propagation du virus Zika, mais qu’elle met en danger la santé des populations d’une façon générale.

Publié le 12 Mars 2016 par GMWATCH sous le titre Microcephaly Pesticides once again in the crosshairs  ; l’original est accessible sur le site http://www.gmwatch.org/news/latest-news/16790-microcephaly-pesticide-spraying-once-again-in-the-crosshairs

Aedes aegypti mosquito Dengue virus Zika virus

Voici un article intéressant écrit par le journaliste argentin Dario Aranda, qui a rapporté pendant des années des informations sur les problèmes causés par la pulvérisation de pesticides sur les cultures de sojas génétiquement modifiés (OGM) et sur d’autres plantes cultivées. L’article explique comment les préoccupations au sujet de la propagation de la dengue et du virus Zika, d’une part, et l’augmentation des cas de microcéphalie au Brésil, d’autre part, sont exploitées par des entreprises commercialisant des pesticides.

La microcéphalie * est une anomalie congénitale dans laquelle le bébé nait avec une tête anormalement petite.

[* Voir l’illustration de cette anomalie congénitale en annexe 1 et quelques informations complémentaires en annexe 2 à la fin de l’article de GMWATCJH].


Bien que la preuve commence maintenant à émerger selon laquelle le virus Zika peut avoir un rôle dans certains cas de microcéphalie, Dario Aranda rapporte les préoccupations des chercheurs d’après lesquels les pesticides peuvent aussi être un facteur pour cette maladie.

Il révèle aussi l’immense effort de lobbying qui est déployé par les entreprises de pesticides, en collaboration avec des représentants du gouvernement, derrière l’organisation de vastes programmes de pulvérisations d’insecticides pour lutter contre les moustiques porteurs du virus Zika, malgré que les moustiques soient connus pour être résistants à de nombreux produits chimiques. Le groupe de pression des sociétés concernées aurait indiqué aux gens qu’ils peuvent « sauver des vies humaines et prévenir les malformations chez les nouveau-nés et les jeunes enfants » en ouvrant les portes et les fenêtres de leurs maisons pendant les pulvérisations, de sorte que les pesticides puissent pénétrer dans leurs maisons.

La perspective critique qui est présentée dans l’article de Dario Aranda est un écho aux médias anglophones. Il y a un effort déterminé pour convaincre le monde que les traitements insecticides ne peuvent pas être une cause de l’augmentation des cas de microcéphalie et que ceux-ci sont provoqué par le virus Zika. Mais cette hypothèse n’a pas encore été corroborée par une preuve qui pourrait prouver le lien de causalité [relation de cause à effet].

Entre l’idée que tous les cas de microcéphalie sont uniquement causés par le virus Zika, et la notion opposée selon laquelle le virus Zika ne serait pas responsable, il existe de nombreuses hypothèses intermédiaires qui sont plausibles. Celles-ci comprennent la possibilité que le virus Zika soit un cofacteur, conjointement avec d’autres agents tels que des pesticides, ou encore que le virus Zika soit responsable de certains cas de microcéphalie, mais non de la totalité des cas observés, et que les pesticides peuvent être de leur côté responsables d’autres cas. Toutes les hypothèses possibles doivent être explorées et des conclusions définitives ne devraient être établies sur la base d’une unique preuve de la causalité.

Un climat de peur est généré autour du virus Zika qui n’est pourtant pas encore justifié par l’état d’une preuve. La panique qui en résulte est exploitée par les intérêts des entreprises qui sont indifférentes aux risques d’exposition des personnes à des pulvérisations massives des pesticides insuffisamment testés ; beaucoup de ces produits sont connus comme étant des perturbateurs endocriniens, des toxiques pour la reproduction, et / ou qu’ils sont liés à des malformations congénitales.

Plus d’informations de GMWATCH sur le virus Zika et les cas de microcéphalie : Argentine and Brazilian doctors name larvicide as potential cause of microcephaly *

[* Version en français ! ’Des médecins argentins et brésiliens désignent un produit larvicide comme cause potentielle de microcéphalie chez les nouveau-nés’, par Claire Robinson pour GMWATCH. Traduction et compléments de Jacques Hallard, jeudi 18 février 2016. Robinson Claire -ISIAS GMWATCH Pesticides Santé. Le virus Zika et les moustiques génétiquement modifiés (OGM) sont-ils accusés à tort ? Publié le 10 février 2016. Auteure : Claire Robinson pour GMWATCH. Article à lire sur le site suivant : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article469 ]

Brazilian government denies microcephaly/larvicide link
Zika, microcephaly, and pesticides : Half-truths, hysteria, and vested interests
What did Brazilian public health researchers really say about Zika, pesticides, and birth defects ? -

Les pulvérisations de pesticides sont dans le collimateur

Par Dario Aranda - agina12, 10 mars 2016
http://www.pagina12.com.ar/diario/sociedad/3-294226-2016-03-10.html
Traduction en anglais par GMWatch (avec des modifications supplémentaires pour plus de clarté à l’attention des lecteurs non-Argentins).

* Les médecins et les chercheurs disent que l’utilisation des produits chimiques toxiques que l’industrie chimique et pharmaceutique promeut contre les moustiques n’empêche pas la propagation du virus de la dengue et du Zika, mais qu’elle affecte la santé des populations.

Avec plus de 16.000 cas de dengue en Argentine et avec l’avancement du virus Zika en Amérique latine, les entreprises de pesticides mènent une campagne de promotion de la pulvérisation avec de nombreux produits chimiques, qu’ils prétendent pouvoir contrôler les moustiques. Mais les médecins et les chercheurs disent qu’une fois de plus, l’industrie chimique et pharmaceutique en profite pour jouer avec la santé des populations. « La littérature scientifique et la pratique de la promotion de la santé publique soutiennent l’idée que les produits chimiques toxiques et la biotechnologie transgénique sont loin d’être une partie de la solution et nous pourrions dire qu’ils sont une partie du problème », a déclaré Damian Verzeñassi, de l’Université nationale de Rosario den Argentine [Universidad Nacional de Rosario (UNR) - Argentina ...].

L’association de l’industrie agrochimique Argentine CASAFE a publié une déclaration sur les maladies transmises par les moustiques, le 10 février 2016 sous le titre, ’Prévenir la dengue, le chikungunya et Zika est possible’. Il a annoncé qu’une « épidémie majeure » se produirait en mars 2016 et il a averti que cela ’pourrait menacer des vies’. Il a proposé que les gens « prennent des mesures préventives » et il a suggéré des produits adaptés : « Il y a plusieurs insecticides qui nous permettent de limiter la prolifération des moustiques et donc de sauver des vies humaines et de prévenir les malformations ».

Parmi les membres de CASAF se trouvent Syngenta, Monsanto, BASF, Bayer, Dow, Dupont, Nufarm et Rizobacter. Cinq jours plus tard, CASAFE a renouvelé la déclaration le 29 février 2016, et cette organisation a insisté : « Partout à travers le pays des programmes de pulvérisations sont en cours d’élaboration et pour faire le travail correctement et efficacement, il est recommandé de garder les portes et les fenêtres de votre maison ouvertes de sorte que les pulvérisations puissent y pénétrer ».

Javier Souza Casadinho, professeur à la Faculté d’Agronomie de l’UBA - Universidad de Buenos Aires et coordonnateur régional du Réseau d’action pour les pesticides et leurs alternatives en Amérique latine (RAPAL), a expliqué que l’insecticide perméthrine (recommandé par CASAFE) « a des impacts négatifs sur le système nerveux central et qu’il peut provoquer des convulsions, des tremblements, de l’anxiété, des allergies et des maux d’estomac : il est également inclus dans la liste des pesticides liés à des problèmes de fertilité masculine, et l’EPA Environmental Protection Agency (agence américaine de réglementation) met en garde contre les effets possibles sur le système reproducteur féminin et sur la l’incidence du cancer du sein ».

Souza Casadinho dit le produit chimique fénitrothion (qui est également recommandé par les entreprises d’agro-toxiques) est interdit dans l’Union européenne et que son utilisation est « fortement contestée par les institutions en Argentine (y compris par le médiateur), car il peut provoquer des perturbations du système endocrinien, affectant la croissance et la reproduction des êtres humains ».

Le Ministre de la Santé Jorge Lemus a admis le 6 février 2016 que « nous travaillons dur sur les programmes de pulvérisations », mais il a reconnu que le moustique Aedes aegypti qui provoque la transmission de la maladie « est déjà résistant aux produits chimiques ». Cependant, loin d’abandonner la solution des produits toxiques, le ministre a proposé « des changements dans les substances pulvérisées ».

Damian Verzeñassi, du ministère de la Santé Sociale et Environnementale de la Faculté des sciences médicales de Rosario, a commencé par une question : « N’avez-vous pas remarqué que les mêmes entreprises qui avaient « découvert » l’épidémie de grippe A H1N1 (plus tard reconnue comme fausse), bénéficiant ainsi de l’industrie pharmaceutique, apparaissent aujourd’hui avec ce « nouveau problème », tout en signalant que la seule solution est le retour à des produits chimiques comme le DDT ou similaires, ainsi que l’infestation de notre terre avec un moustique transgénique dont l’utilisation a échoué au Brésil (où il a été disséminé pour contrôler le moustique Aedes aegypti) ? ».

Il a demandé que « les mêmes entreprises qui sont responsables de la pulvérisation dénoncée par les collectivités territoriales et les études épidémiologiques qui sont responsables des dommages graves pour la santé (tels que des malformations, des tumeurs, des avortements spontanés, entre autres), soient présentées comme les fournisseurs de la solution sous la forme de leurs produits chimiques toxiques ». Il a rappelé que les chercheurs de l’Association brésilienne de la santé collective (ABRASCO) ont remis en question l’utilisation de larvicides pour lutter contre les moustiques et ont aussi exprimé des soupçons selon lesquels les produits chimiques (et non pas le virus Zika) sont impliqués dans l’augmentation des cas de microcéphalie.

L’Organisation mondiale de la Santé OMS a favorisé la relation directe alléguée entre le virus Zika et la microcéphalie. L’agence a rapporté que 29 cas de Zika ont été détectés dans 49 pays en février 2016, mais que la microcéphalie ne se manifeste seulement qu’au Brésil. Un autre élément a été ajouté par l’Institut national de la santé de la Colombie, qui vient d’annoncer 47.000 cas de Zika, dont 8.900 touchent des femmes enceintes et qu’aucun cas n’a montré la microcéphalie.

Rafael Lajmanovich est chercheur au Conseil national de recherches scientifiques techniques en Argentine CONICET, Docteur en sciences naturelles et Professeur d’éco-toxicologie à l’Universidad Nacional del Litoral (UNL) de Santa Fe en Argentine. Il possède une expérience de 18 ans avec des études sur les impacts des produits agrochimiques et il a écrit plus de quatre-vingts publications scientifiques. « Tous les insecticides (pyréthrinoïdes, organophosphorés et Bt) utilisés contre les moustiques sont toxiques pour la faune et dans une mesure plus ou moins grande pour les êtres humains » a-t-il dit.

Il a également souligné que la dengue et le Zika sont directement liés à la tropicalisation climatique, au réchauffement climatique et à l’agriculture industrialisée. « Il est connu que ce vecteur (le moustique) prolifère plus dans les zones urbanisées et avec une population pauvre. Il convient d’expliquer la relation entre le modèle argentin de production agricole, et la pauvreté et l’insécurité dans les grandes villes. Sans doute, devons-nous mettre en place des mesures à court terme tenter un certain « contrôle » de l’épidémie, mais si nous ne changeons pas le modèle, il est clair qu’aucun insecticide ne va nous sauver », a prévenu Rafael Lajmanovich.


Annexe 1

Comparaison du profil d’un bébé microcéphale (à gauche), et d’un bébé au crâne normal (à droite)

Description de cette image, également commentée ci-après

Origine du document : Centers
for Disease Control and Prevention — http://www.cdc.gov/ncbddd/birthdefects/images/microcephaly-comparison-500px.jpg

Source de l’illustration reproduite : https://fr.wikipedia.org/wiki/Microc%C3%A9phalie

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Annexe 2

Microcéphalie – Introduction et extrait d’un article de Wikipédia (Illustrations à consulter à la source)

La notion de microcéphalie désigne toutes les formes de croissance anormalement faible de la boîte crânienne et du cerveau. Elle se manifeste par un diamètre de la tête inférieur à la normale. C’est un trouble grave du neurodéveloppement qui se traduit par une moindre espérance de vie et un déficit cognitif. Ce trouble peut être congénital ou apparaître dans les premières années de la vie. De nombreuses causes peuvent provoquer une croissance anormalement faible du cerveau et du crâne, dont certains syndromes liés à des anomalies chromosomiques. Quand elle est modérée ou non-congénitale, elle se détecte par le suivi des courbes de croissance de l’enfant (Périmètre crânien).

Origine virale de la microcéphalie ? [Extrait de Wikipédia]

Le virus Zika ou un éventuel nouveau variant de ce virus ont été suspecté au Brésil8 d’entraîner une microcéphalie9,10,11, mais en 2016, l’information reste à confirmer par manque d’études sur le sujet12 et parce que dans d’autres régions où l’épidémie règne ou là où ce virus est endémique, il ne semble pas causer de microencéphalies. D’autres études mettent en cause un insecticide, le pyriproxifène utilisé au Brésil durant 18 mois dans la région où a été ensuite constaté le plus grand nombre de cas de microcéphalie13,14. Pourtant lors de l’épidémie survenue en Polynésie française, 18 cas de malformations du système nerveux central ont été répertoriées entre mars 2014 et mai 2015[réf. nécessaire], sans que le pyriproxyfène n’ait été utilisé dans cette région15. Début janvier 2016, on a montré au Brésil que le virus pouvait être retrouvé dans le liquide amniotique (chez deux femmes enceintes porteuses d’un fœtus microcéphales)[réf. souhaitée]. Le 10 février 2016, des chercheurs slovènes ont publié la découverte de copies d’ARN viral dans le tissu cérébral d’un fœtus porteur d’une microcéphalie majeure avec calcifications cérébrales. Ce fœtus avait été autopsié après une interruption médicale de grossesse15. La femme porteuse du fœtus aurait été infectée par Zika quand elle était au Brésil (vers sa 13e semaine de gestation)15. Le virus semble donc pouvoir se développer dans le cerveau du fœtus. Il n’est pas impossible qu’un pesticide puisse faciliter l’activité néfaste du virus pour le cerveau, mais cela reste à confirmer15. En mars 2016, des chercheurs américains ont montré que le virus Zika était capable de provoquer la mort ou de perturber la croissance des cellules souches à l’origine du cortex cérébral16.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Microc%C3%A9phalie

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Traduction en français, complément entre […], annexes sur la microcéphalie et intégration de liens hypertextes : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant - 2016 - Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS GMWATCH Pesticides Santé Microcephaly Pesticides once again in the crosshairs French version.2

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