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"Ces phénomènes météorologiques, qui sont devenus extrêmes du fait des dérèglements climatiques, sont bien d’origine humaine" par Carolyn Gramling

Traduction et compléments de Jacques Hallard
mercredi 24 janvier 2018 par Gramling Carolyn



ISIAS Climat
Ces phénomènes météorologiques, qui sont devenus extrêmes du fait des dérèglements climatiques, sont bien d’origine humaine
Les scientifiques excluent une origine uniquement naturelle des chaleurs meurtrières et des réchauffements des océans, observés en 2016

L’article d’origine de Carolyn Gramling a été publié le 14 décembre 2017 par Science News Climate, Earth, AGU 2017 sous le titre « These weather events turned extreme thanks to human-driven climate change »  ; il est accessible sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/these-weather-events-turned-extreme-thanks-human-driven-climate-change?utm_source=email&amp ;utm_medium=email&utm_campaign=latest-newsletter-v2

https://www.sciencenews.org/sites/d...

Des villageois essayent d’attraper des poissons au milieu d’un étang asséché dans le Bengale occidental, en Inde. Une vague de chaleur meurtrière a balayé toute l’Asie en 2016 et a provoqué une sécheresse généralisée qui a touché des centaines de millions d’habitants en Inde. Selon les scientifiques qui le rapportent maintenant, une telle vague de chaleur, intense et prolongée, conduisant à ce dérèglement climatique, n’aurait pas pu se produire sans une origine humaine. Xinhua / Alamy Photo.

NEW ORLEANS - Pour la première fois, des scientifiques ont définitivement relié ces phénomènes météorologiques extrêmes au changement climatique causé par les activités des êtres humains.

Une série d’événements extrêmes qui se sont produits en 2016 - y compris une vague de chaleur meurtrière qui a balayé l’Asie dans sa totalité – n’aurait tout simplement pas pu se produire à cause de la seule variabilité naturelle du climat, comme le démontrent notamment de nouvelles études. Les études faisaient partie d’un numéro spécial du Bulletin de la Société météorologique américaine, (theBulletin of the American Meteorological Society), également connu sous le nom BAMS, qui a été publié ces résultats le 13 décembre 2017.

[Voir Explaining Extreme Events from a Climate Perspective - This BAMS special report presents assessments of how human-caused climate change may have affected the strength and likelihood of individual extreme events].

Ces résultats apportent une modification majeure, selon Jeff Rosenfeld, rédacteur en chef de BAMS, lors d’une conférence de nouvelles qui a coïncidé avec la diffusion des études à l’assemblée annuelle de l’American Geophysical Union. « Nous ne pouvons plus rester timides pour parler de la connexion entre les causes humaines du changement climatique et les observations météorologiques », a-t-il déclaré.

Au cours des six dernières années, BAMS a publié un numéro au mois de décembre, contenant des recherches sur les phénomènes climatiques extrêmes de l’année précédente, qui cherche à démêler le rôle des changements climatiques anthropiques par rapport à la variabilité naturelle. Dès le départ, l’objectif a été de trouver des moyens d’améliorer les connaissances scientifiques sur ces relations, d’après Stephanie Herring du ‘National Oceanic and Atmospheric Administration’ auprès des ‘National Centers for Environmental Information’. (Les centres nationaux de l’administration fédérale d’information sur l’environnement océanique et atmosphérique, à Boulder, dans l’état du Colorado aux Etats-Unis. Stephanie Herring a été rédactrice en chef du dernier numéro de cette revue scientifique.

À ce jour, la revue BAMS a publié 137 études relatives à ces sujets. Mais ceci est la première fois qu’une étude a démontré qu’un événement météorologique d’une telle ampleur était en dehors des limites de la variabilité naturelle acceptable et que trois évènements allaient ans le même sens, a déclaré Stephanie Herring. Le texte continue après cette carte.


Repérer la vague de chaleur – Le sud-est de l’Asie suffoque sous une vague de chaleur record en avril 2016 (en jaune sur cette carte qui montre les températures les plus élevées. Même si une forte action d’El Niño a contribué à une élévation des températures, une nouvelle étude conclut que la vague de chaleur n’aurait pas atteint une telle intensité sans influence humaine claire sur le climat. Reto Stockai / Equipe de l’Observatoire de la Terre de la NASA, Equipe MODIS Land Science.

En plus de la vague de chaleur qui a sévi en Asie, ces évènements ont été accompagnés des record mondiaux de températures en 2016, ainsi que la croissance et la persistance d’une large bande de hautes températures des océans, surnommées ‘The Blob’, dans la mer de Béring, au large des côtes de l’Alaska. Les eaux anormalement chaudes, qui traînaient pendant environ un an et demi, ont été liés à des mortalités massives d’oiseaux, à un effondrement des populations de morues dans le golfe de l’Alaska et à une modification des modèles météorologiques qui ont conduit aux sécheresses en Californie.

La plupart des 24 autres études publiées dans la nouvelle édition de la revue BAMS ont rapporté les résultats indiquant une forte probabilité d’influence humaine sur les phénomènes météorologiques extrêmes, qui indiquent sans hésitation les observations étaient complètement hors de la sphère imputable à une seule variabilité d’origine naturelle.

Une étude a déjà révélé que l’intensité d’El Niño en 2016 a probablement été renforcée par une influence humaine, contribuant à la sécheresse et aux situations de famine en Afrique australe

Une autre étude a permis de conclure que le réchauffement entraîné par les gaz à effet de serre, avec une hausse des températures à la surface des eaux dans la mer de Corail, était le principal facteur d’augmentation du risque de blanchiment du corail le long de la Grande Barrière de Corail.

Mais toutes les études n’ont pas relié les événements extrêmes de 2016 à l’activité humaine. Par exemple, les précipitations record enregistrées dans le sud-est de l’Australie, entre juillet et septembre, étaient dues à la variabilité naturelle, comme l’indique une étude.

Avec les ouragans, les incendies de forêt et les sécheresses, l’année 2017 est pleine à craquer de candidats d’événements extrêmes, prêts pour les publications prévues l’année prochaine avec les études de la revue BAMS.

Voir l’article « Attributable Human-Induced Changes in the Likelihood and Magnitude of the Observe Extrême Précipitation dring Hurricane Harvey ». First Publisher : 23 Décembre 2017 Full publication history - DOI : 10.1002/2017GL075888 View/save citation - Last update 27 Décembre 2017]. Source : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2017GL075888/full

Déjà, la probabilité de l’influence humaine sur les pluies extrêmes de l’ouragan Harvey a fait l’objet de trois études indépendantes, dont deux ont été présentées à la réunion de l’American Geophysical Union. La tempête a déversé environ 1,3 pieds, soit 39,624 cm d’eau sur Houston et ses environs en août. Les trois études, qui ont été discutées séparément lors d’une conférence d’actualités le 13 décembre 2017, ont conclu que l’influence humaine a probablement augmenté les précipitations totales de l’ouragan, de l’ordre d’au moins 15 à 19 pour cent. Le texte continue après la photo

IrinaK / Shutterstock

Hautes eaux – Des jours après le passage de l’ouragan Harvey, plus d’un mètre d’eau dans les rues inondées ont paralysé la ville de Houston. De nouvelles recherches suggèrent que l’influence humaine a augmenté les précipitations d’au moins 15 pour cent.

’Je pense que [les études de BAMS] parlent de la nature profonde des impacts que nous voyons maintenant’, explique Michael Mann, un climatologue à Penn State qui n’a été impliqué dans aucune des études. Mais Mann se dit préoccupé par le fait que de nombreux chercheurs sont trop concentrés sur la quantification de l’influence de l’homme sur un événement particulier, plutôt que sur la manière dont l’influence humaine affecte divers processus sur la planète.

Un exemple, note-t-il, est le lien établi entre la hausse des températures et l’augmentation de l’humidité dans l’atmosphère qui est également impliquée dans les précipitations extrêmes de l’ouragan Harvey.

Un autre problème possible avec les approches scientifiques qui consistent à mettre en évidence des liens entre les divers facteurs, dit-il, est que la génération actuelle de simulations n’est peut-être pas capable de capter certains changements subtils du climat et des océans - un danger particulier quand il s’agit d’études sans lien avec les activités humaines . C’est un point que le scientifique du climat Andrew King de l’Université de Melbourne en Australie, auteur du document sur les pluies en Australie, a également noté lors de la conférence de presse.

« Quand nous ne trouvons aucun signal clair pour le changement climatique, il n’y a peut-être pas eu d’influence humaine sur l’événement, ou [il se peut que] les facteurs particuliers de l’événement étudié n’aient pas été influencés par le changement climatique ». « Il est également possible que les outils que nous avons aujourd’hui ne puissent pas trouver ce signal de changement climatique ».

Jeff Frauenfeld a noté que les gens ont tendance à parler de probabilités sur de longues durées à propos d’un événement météorologique extrême qui se passe à un moment donné. Mais avec des résultats de recherche et des études qui nous disent maintenant que le changement climatique était une condition nécessaire pour que certains événements extrêmes surviennent, les discussions sur les probabilités sur de longues durées ne s’appliquent plus, a-t-il dit. « Ce sont de nouveaux extrêmes météorologiques qui sont rendus possibles par un nouveau climat ». Haut du formulaire

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Citations

S.C. Herring et al, es. Explaining extreme events from a climate perspective. Bulletin of the American Meteorological Society. December 2017.

K. Emanuel. How unusual were Hurricane Harvey’s rains ? American Geophysical Union fall meeting, New Orleans, December 13, 2017.

M.F. Wehner, C.M. Patricola and M.D. Risser. Estimating the human influence on hurricanes Harvey, Irma and Maria. American Geophysical Union fall meeting, New Orleans, December 12, 2017.

G. J. van Oldenborgh et al. Attribution of extreme rainfall from Hurricane Harvey, August 2017. American Geophysical Union fall meeting, New Orleans, December 12, 2017.

K. Emanuel. Assessing the present and future probability of Hurricane Harvey’s rainfall. Proceedings of the National Academy of Sciences. Vol. 114, November 28, 2017, p. 12681. doi:10.1073/pnas.1716222114.

G.J. van Oldenborgh et al. Attribution of extreme rainfall from Hurricane Harvey, August 2017. Environmental Research Letters. Published online December 13, 2017. doi : 10.1088/1748-9326/aa9ef2.

M.D. Risser and M.F. Wehner. Attributable human-induced changes in the likelihood and magnitude of the observed extreme precipitation during Hurricane Harvey. Geophysical Research Letters. Published online December 12, 2017. doi : 10.1002/2017GL075888.

Further Reading – Lectures complémentaires

C. Gramling. Humans are driving climate change, federal scientists say. Science News Online, November 3, 2017.

C. Gramling. Intense storms provide the first test of powerful new hurricane forecast tools. Science News Online, September 21, 2017.

E. Engelhaupt. Does doom and gloom convince anyone about climate change ? Science News Online, July 28, 2017.

T. Sumner. For three years in a row, Earth breaks heat record. Science News. Vol. 191, February 18, 2017, p. 9.

T. Sumner. Glacier melting’s link to climate change confirmed. Science News. Vol. 191, January 21, 2017, p. 14.

M. E. Mann, E.A. Lloyd, and N. Oreskes. Assessing climate change impacts on extreme weather events : the case for an alternative (Bayesian) approach. Climatic Change. Vol. 144, p. 131. doi:10.1007/s10584-017-2048-3.

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Traduction, compléments entre […] et liens hypertextes ajoutés par Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant - 23/01/2018

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Fichier : ISIAS Climat These weather events turned extreme thanks to human-driven climate change French version.2

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