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"L’écopsychologie en appui sur les théories de l’effondrement (collapsologie) ? " par Jacques Hallard

samedi 3 août 2019 par Hallard Jacques



ISIAS Climat Météo

L’écopsychologie en appui sur les théories de l’effondrement (collapsologie) ? Renouer les liens entre les êtres humains et la nature plutôt que viser l’actuelle "croissance exponentielle qui tend vers l’explosion" (Edgar Morin)

Jacques Hallard , Ingénieur CNAM, site ISIAS 02/08/2019

L’écopsychologie veut renouer le lien entre les humains et la nature

L’écopsychologie veut renouer le lien entre les humains et la nature - 7 février 2017 « Un écolieu du Jura, côté suisse, lors d’un « WE en écologies » pendant lequel étaient proposés certains exercices d’écopsychologie pratique.© Samuel Socquet/Reporterre

PLAN : Météo et climat Effondrement Introduction Sommaire Auteur


Météo et climat

Tout d’abord, « Climat ou météo, quelle différence ? »

C’est Nathalie Mayer, journaliste, qui donne une réponse à travers une publication de ‘www.futura-sciences.com’ [voir Futura-Sciences[]->https://www.google.fr/url?sa=t&...;;rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwi7ws-Av-TjAhURyoUKHR0VCW8QFjAAegQIBBAC&url=https%3A%2F%2Fwww.futura-sciences.com%2F&usg=AOvVaw3gFWdNMybf-PlxVsm1t_bk]https://www.google.fr/url?sa=t&... : « Aujourd’hui, on parle beaucoup du changement climatique et de son impact sur l’augmentation des événements météorologiques extrêmes. Pour bien comprendre ce que cela implique, il faut déjà avoir les idées claires sur ce qui distingue météo et climat ».

« Ce qui dissocie la météo du climat, c’est aussi bien une composante temporelle qu’une composante spatiale. Un événement météorologique se produit sur le pas de nos portes, dans l’heure, la journée ou la semaine pour les plus grosses perturbations. On parle de climat lorsque sont considérés une série d’événements météorologiques sur une longue période. Il n’y a pas de durée précise, mais les climatologues évoquent souvent une période d’au moins 30 ans qui leur permet d’établir une moyenne significative. Ainsi la dernière période de référence s’étend-elle de 1981 à 2010 ».

La météo, une question de mécanique des fluides

« La météo se définit par quelques valeurs instantanées et locales de température, de précipitations, de pression, d’ensoleillement, etc. Des valeurs qui sont fournies par des stations météorologiques situées au sol, des ballons sondes ou encore par des satellites. Les prévisions météorologiques sont données à partir de modèles d’évolution atmosphérique. La météorologie est la science des nuages, de la pluie et du vent. On parle ici mécanique des fluides, en l’occurence de l’air et de l’eau. Le développement de cellules orageuses, les tornades ou les tempêtes sont des événements météo majeurs ».

À l’image, les différents climats du monde, qui varient des tropiques aux pôles. © Historicair, Wikipédia, GNU 1.2

À l’image, les différents climats du monde, qui varient des tropiques aux pôles. © Historicair, Wikipédia, GNU 1.2 

Le climat, également variable

« La science du climat, quant à elle, rend compte des conditions moyennes de l’atmosphère, sur une longue échelle de temps et sur une vaste zone géographique. De par le monde, on rencontre une diversité de climats qui dépend des conditions atmosphériques, océaniques mais aussi astronomiques. À l’instar de la météo, un climat varie mais sur une échelle de temps tout autre. Ainsi le phénomène El Niño peut être à l’origine de variations climatiques régionales s’étendant sur quelques années.

En climatologie donc, il faut prendre en compte un grand nombre de paramètres comme par exemple :

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Les aléas météorologiques et les dérèglements climatiques : voir par exemple Dérèglements climatiques : origines et impacts , de Greenpeace publié le 8 mars 2017], se multiplient à travers le monde, en fréquence et/ou en intensité, selon les lieux.

Événements météorologiques extrêmes et changement climatique PDF 20-09-2018 – Photo – Reprise d’un document de ‘encyclopedie-environnement.org’.

« Comment évoluent les événements météorologiques extrêmes avec le changement climatique ? Deviennent-ils plus fréquents ? Plus intenses ? Est-ce la faute de l’Homme ? Cet article dresse un état des connaissances scientifiques sur ce sujet. L’évolution récente et future des extrêmes de température, extrêmes hydrologiques, cyclones tropicaux et tempêtes extra-tropicales est discutée, en détaillant les incertitudes liées à la variabilité naturelle du climat et à la modélisation numérique. Le changement climatique modifie déjà et va continuer à modifier les probabilités associées aux aléas météorologiques, rendant certains phénomènes extrêmes plus fréquents et/ou intenses, et d’autres moins. Pour autant, il ne faut pas vouloir tenir l’homme comme seul responsable de tel ou tel événement météorologique, mais plutôt se demander, en termes probabilistes, comment il a modifié le risque que l’événement survienne.

1. Un lien difficile entre météo et climat

anicules, vagues de froid, pluies torrentielles, sécheresses, cyclones, tempêtes et autres événements météorologiques extrêmes alimentent régulièrement l’actualité, notamment en raison de leurs impacts considérables sur les sociétés et l’environnement. La question du lien entre l’occurrence de tels événements et le changement climatique est légitimement posée aux scientifiques, et fait l’objet d’un travail croissant. La réponse n’est pas toujours triviale, d’autant que la médiatisation de plus en plus systématique de ces phénomènes et la vulnérabilité parfois accrue des populations à l’aléa météorologique peuvent donner une fausse impression sur les tendances climatiques.

Figure 1. Scénarios d’évolution de la température moyenne globale (en ºC) basés sur les 4 trajectoires de concentration en gaz à effet de serre (RCP). La référence zéro est la moyenne sur la fin du 20e siècle (1986-2005). L’incertitude autour de chaque courbe comprend le choix du modèle de climat et l’aléa météorologique. Le nombre de simulations utilisées sur chaque scénario et chaque période est indiqué. (Source : Figure SPM7 du 5e rapport du GIEC, réf [1]).Dans le contexte du changement climatique d’origine anthropique, l’enjeu scientifique est double : isoler l’empreinte de l’homme dans les événements observés d’une part, et prévoir les évolutions en climat plus chaud d’autre part. Ce second point est étudié à partir de simulations numériques du climat futur, ou « projections climatiques » (Figure 1, [1]). Les projections actuellement utilisées considèrent quatre trajectoires possibles de la concentration des gaz à effet de serre pour le 21e siècle (« Radiative Concentration Pathways », RCP), associés à différents scénarios socio-économiques d’émissions de ces gaz à effet de serre. Avec le scénario bas RCP2.6, la surface de la Terre se réchauffe de 1ºC (± 0,7) au cours du 21e siècle (soit de 1,6ºC par rapport à la période pré-industrielle) ; avec le scénario haut RCP8.5 de 3,7ºC (± 1,1), soit de 4,3ºC par rapport à la période pré-industrielle.

L’étude de l’évolution récente ou future des événements météorologiques extrêmes se fait généralement par type d’événement. Ainsi cet article s’intéressera successivement aux extrêmes de température, aux extrêmes hydrologiques, aux cyclones tropicaux (terme générique incluant ouragans et typhons) et aux tempêtes extra-tropicales. Nous verrons que plusieurs études montrent que des changements sont déjà perceptibles dans la fréquence et/ou l’intensité de certains types d’événements extrêmes, et que d’autres pourraient apparaître ou se renforcer au cours du 21e siècle. Ces résultats qualitativement robustes ne doivent pas masquer deux difficultés majeures de l’étude des événements extrêmes :

  • La première tient au rôle prépondérant de la variabilité climatique naturelle dans ces phénomènes, ce qui tend à brouiller le signal anthropique et nécessite de disposer d’observations de qualité et/ou d’un grand nombre de simulations pour être capable de détecter des changements.
  • La seconde tient au caractère imparfait des modèles de climat, d’où la nécessité de poursuivre leur développement et leur évaluation et de s’appuyer sur une multiplicité de modèles aussi indépendants que possible.
    2. Extrêmes de température

Le réchauffement global observé depuis plus d’un siècle n’affecte pas seulement la moyenne des températures, mais bien l’ensemble de leur distribution statistique, c’est-à-dire toute la gamme des températures possibles en un lieu et un instant. Aux extrémités de cette distribution se trouvent les événements les plus rares — les extrêmes froids et chauds — dont l’occurrence s’accompagne généralement d’impacts socio-environnementaux importants. On définit traditionnellement les extrêmes par rapport à leur fréquence d’occurrence, soit, en termes statistiques, par les quantiles de leur distribution. Par exemple il est d’usage de qualifier un jour d’anormalement chaud quand sa température se situe dans les 10 % les plus élevées des valeurs attendues pour ce jour (on dit ainsi qu’elle « excède le 90e centile -ou 9e décile- de la distribution »). Par construction, sur la période utilisée comme référence, il y a donc 10 % des jours qui sont considérés comme anormalement chauds. On utilise une définition symétrique pour les jours anormalement froids, et on tient généralement compte du cycle saisonnier des températures, si bien que l’on peut parler de jours chauds en hiver ou de jours froids en été. Pour étudier l’évolution de ces extrêmes, on considère soit l’évolution de leur fréquence (nombre de jours en deçà ou au-delà du décile actuel de température), soit l’évolution de leur intensité, définie par exemple comme la température moyenne des 10% de jours extrêmes.

2.1. Occurrence des jours extrêmes

Figure 2. En haut : distribution de la température estivale (moyenne juin-juillet-août) en France métropolitaine sur la période 1900-2018 (données Météo-France). Chaque ligne verticale correspond à un été : l’axe inférieur donne leur température (en °C), l’axe supérieur l’anomalie de cette température par rapport à la moyenne sur toute la période (en °C). Les étés extrêmes froids et chauds, i.e. appartenant respectivement au premier et au dernier déciles de la distribution, sont surlignés, notamment les canicules de 2003 et 2018. La courbe noire est la distribution gaussienne la plus proche des données. En bas : représentation schématique d’un changement futur de cette distribution, qui suivrait une simple translation (réchauffement homogène de la courbe noire à la courbe rouge). Pour l’illustration le climat futur est pris comme un climat pour lequel l’été 2003 serait devenu la moyenne (cf. nouvel axe supérieur). [Source : © Julien Cattiaux]Dans un climat qui se réchauffe, toute la distribution de température se décale vers le chaud selon, au premier ordre, une translation (Figure 2). Selon la définition utilisée pour les extrêmes, on s’attend à ce que les extrêmes froids deviennent moins fréquents et les extrêmes chauds plus fréquents (à seuil de température fixé), ou bien à ce que les extrêmes froids deviennent moins froids et les extrêmes chauds plus chauds (à seuil de fréquence fixé). Et c’est bien ce qu’on observe.

Figure 3. Évolution observée de la fréquence annuelle de jours anormalement chauds (haut) et anormalement froids (bas) en moyenne sur le globe (continents uniquement). On raisonne à seuil de température fixé (premier et dernier déciles de la distribution de référence 1961-1990). Les courbes sont centrées sur la période 1961-1990 et issues de 3 jeux de données (couleurs).

Source : Adapté de la Figure 2.32 du 5e rapport du GIEC, réf. [1].A l’échelle globale, on mesure une hausse significative du nombre de jours anormalement chauds depuis 1950 (Figure 3, [1]

Source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/06/02/jean-jouzel-l-effondrement-n-est-pas-imminent-je-nous-vois-griller-a-petit-feu_5470360_3244.html

« Vivre avec la fin du monde », retrouvez les six épisodes de notre série - Publié le 28/07/2019, mis à jour à 15h42 - Document ‘Le Monde’ – « De plus en plus de citoyens adhèrent aux théories de l’effondrement, qui annoncent la fin de notre civilisation industrielle. Pour mieux en cerner les enjeux, nous avons publié une série de tribunes cette semaine. Les thèses de « l’effondrement » de notre civilisation, défendues par des chercheurs, des experts et quelques hommes et femmes politiques, rencontrent un succès inattendu auprès du grand public. Nous avons sollicité plusieurs personnalités qui, chacune, apportent un regard neuf sur cette grande peur du XXIe siècle. Si vous avez manqué l’une de ces tribunes, les voici rassemblées ». Source : https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/28/vivre-avec-la-fin-du-monde-retrouvez-les-six-episodes-de-notre-serie_5494338_3232.html

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Introduction

La notion d’effondrement industriel, ou encore d’effondrement écologique, qui est présentée ci-dessus, est une menace qui pèse sur nos civilisations actuelles dans tous les pays au niveau mondial, comme le suggèrent, entre autres, les observations climatiques et météorologiques récentes dont un certain nombre sont rapportées à la suite dans ce dossier.

Enumération d’un certain nombre de phénomènes météorologiques et/ou climatiques qui se manifestent un peu partout et leurs conséquences : hausses des températures terrestres et des océans avec canicules à répétition, cyclones et orages violents, inondations soudaines, glissements de terrain, élévation du niveau des mers et destructions et érosion sur les littoraux, fonte des glaces polaires et des glaciers dans les montagnes, ainsi que la fonte dupergélisol ou permafrost, qui contribue à d’énormes émissions attendues de méthane – Voir Gaz à effet de serre : CO2 ou méthane, quel est le pire ? , ainsi que : La hausse rapide du méthane alarme les climatologues – Reporterre]. Mais on assiste également une recharge insuffisante des nappes phréatiques et des sécheresses cumulées sur certains territoires qui affectent gravement les cultures et les élevages, causant parfois des dommages aux habitations qui se fissurent, des centrales nucléaires en surchauffe (Réseau ’Sortir du nucléaire’ - 23 juillet 2019 – « Ces dernières années, les fortes chaleurs se font plus intenses et plus fréquentes, une tendance malheureusement appelée à se confirmer. Or les sécheresses et les canicules viennent accroître les nuisances générées par le fonctionnement habituel des centrales nucléaires. En outre, elles rajoutent des risques supplémentaires pour la sûreté et peuvent imposer l’arrêt des installations… ». Concernant la sécheresse : « la guerre de l’eau est déjà déclarée en France » selon Novéthic (31 juillet 2019) ; « Faut-il oui ou non construire de nouvelles retenues d’eau d’irrigation en France pour pallier les épisodes de sécheresse qui sont plus intenses et plus fréquents ? C’est une question sur laquelle les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique peinent à s’accorder, à l’instar de ce qu’il se passe sur le terrain. Des situations de plus en plus conflictuelles éclatent ! »

Il faut encore citer des incendies répétés sur de nombreuses et larges étendues, et pas seulement en France, mais également en Californie [voir Incendies de 2018 en Californie et À cause des incendies, la Californie pourrait être plongée dans le noir (15 mai 2019)[] ->https://www.google.fr/url?sa=t&...;;rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=5&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwjd2YvunN_jAhVlA2MBHYNRAncQFjAEegQIBxAB&url=https%3A%2F%2Fwww.ouest-france.fr%2Fleditiondusoir%2Fdata%2F50617%2Freader%2Freader.html%23 !preferred%2F1%2Fpackage%2F50617%2Fpub%2F73417%2Fpage%2F4&usg=AOvVaw0ykBj_liM69svb6ysR8Kka]et au Portugal [voir Dans le sud du Portugal, les incendies laissent derrière eux un paysage noirci 10/08/2018 et Pourquoi le Portugal brûle-t-il ? 29 juillet 2019].

Parfois, ce sont de gigantesques zones qui sont sont touchées par des incendies comme en Sibérie russe - Par exemple « EnRussie : près de 3 millions d’hectares en flammes  » - Par Lucie Lespinasse — 30 juillet 2019 à 10:42 – Photos : à gauche, les feux localisés dans l’est de la Russie et en Sibérie ; à droite, les zones concernées par l’aérosol atmosphérique dû aux incendies. Photos prises par satellite le 25 juillet 2019. NASA/GSFC – « La Sibérie et l’est de la Russie connaissent l’un des plus grands feux de forêt de l’histoire du pays. Les autorités ont décidé d’attendre que la pluie et la neige éteignent l’incendie, alors que les fumées atteignent le Kazakhstan. La fumée s’étale sur six fuseaux horaires. Les incendies qui ravagent les forêts de Sibérie depuis le mois de juin ont déjà embrasé 3 millions d’hectares, soit une superficie équivalente à celle de la Belgique… » - Source : https://www.liberation.fr/planete/2019/07/30/russie-pres-de-3-millions-d-hectares-en-flammes_1742691 - Carte de Russie–Sibérie. La fumée des incendies dans la taïga fait suffoquer l’est de la Russie ; « Les feux ne concernent pour l’instant que des zones inhabitées, les autorités de Sibérie ne cherchent pas à les éteindre… » (Benoït Vitkine in Le Monde 28-29/07/2019 - Rubrique ‘Planète’ page 6).

Un certain nombre de documents d’actualité pour argumenter sur le climat sont encore rapportés dans le sommaire ci-dessous. Ils illustrent les interrogations, les craintes, les peurs, les angoisses et les désenchantements induits par toutes ces observations météorologiques et climatiques.

L’écopsychologie, établie par la mise en commun des principes de l’écologie et de la psychologie, se propose de renouer les liens entre les êtres humains et la nature. Cette nouvelle branche des savoirs, qui est développée à travers une série de documents dans ce dossier, [à partir du document 12], est-elle en mesure de venir en appui aux théoriciens de l’effondrement ou collapsologues, et de réconforter les individus qui ont pris conscience des risques subis par les diverses civilisations terriennes ?

Malgré tout, il est sans doute réconfortant de constater également certains faits selon lesquels :« De 1800 à 2020 sur les territoires de l’Europe, de l’Amérique du Nord et de l’Australie et en moyenne :

Quoi qu’il en soit, les situations à risques se précisent en de nombreux lieux et des indicateurs sont à prendre en considération : voir « Jour du dépassement : combien deplanètes Terre faudrait-il si tout le monde consommait autant que vous ? Par Coralie Lemke le 29.07.2019 à 12h35 – Document ‘sciencesetavenir.fr’

En ce 29 juillet 2019, Jour du dépassement - le jour où l’humanité a épuisé toutes les ressources naturelles normalement disponibles pour une année entière -, calculez votre empreinte écologique. Illustration. En quelques questions précises, le test permet de calculer notre empreinte écologique sur la Terre. ‘Global footprint network’.

À partir du lundi 29 juillet 2019, l’humanité vit à crédit : c’est le Jour du dépassement. L’humanité a épuisé toutes les ressources naturelles normalement disponibles pour une année entière et vit donc désormais ’à crédit’, selon le groupe de réflexion Global Footprint Network. Face à ce constat, comment peut-on agir individuellement ? Pour répondre à cette question, un test mis au point par ce groupe de réflexion permet de calculer sa propre empreinte écologique, en indiquant combien de planètes Terre il faudrait si chaque habitant vivait comme vous... Type de logement, alimentation, transports : notre mode de vie est passé au crible. Pour faire le test, il suffit de se rendre sur le site ’Foot Print Calculator’.

Si tout le monde vivait comme les Français, il faudrait 2,7 planètes

Certains pays développés consomment bien plus rapidement les ressources de la Terre que d’autres, encore en voie de développement. ’Le Qatar atteint son jour du dépassement après seulement 42 jours, tandis que l’Indonésie a consommé toutes les ressources pour l’année entière après 342 jours’, explique l’association WWF (Fonds mondial pour la Nature), associé à Global Footprint Network. ’Si tout le monde vivait comme les Français, il faudrait 2,7 planètes.

Consulter l’illustration sur ce site : https://www.wwf.fr/sites/default/files/2019-07/How_many_Earths_2019_French_Jour_du_depassement_GFN.png

Alors qu’il ne faudrait que 0,7% de la Terre si tout le monde vivait comme les Indiens, il en faudrait cinq si tout le monde vivait comme les Américains. Crédit photo : Global Footprint Network

Des pistes d’amélioration

Pour améliorer son score, Global Footprint Network propose deux pistes. ’Le principal levier d’action concerne nos émissions de gaz à effet de serre qui représentent à elles seules 60% de notre empreinte écologique mondialeEn diminuant les émissions de CO2 de 50%, nous pourrions gagner 93 jours dans l’année, soit faire reculer le jour du dépassement à octobre’, souligne l’association WWF. Un conseil qui touche directement nos modes de transport, à savoir, moins prendre l’avion ou la voiture et privilégier les transports en commun. 

L’autre solution se trouve dans notre assiette. Les aliments ne nécessitent pas tous les mêmes ressources pour être produits. ’En divisant par deux la consommation de protéines animales, nous pourrions repousser la date du jour du dépassement de 15 jours par an’, continue le WWF, qui propose aussi de diminuer le gaspillage alimentaire. Il y a 20 ans, cette journée intervenait deux mois plus tôt. Aujourd’hui, l’humanité utilise les ressources écologiques 1,75 fois plus vites que la vitesse de régénération des écosystèmes.

Le Jour du dépassement recule chaque année. Il se trouve à la jonction des lignes vertes et roses. Crédit photo : AFPVoir le graphique sur ce site : https://www.sciencesetavenir.fr/assets/inline-img/2019/07/29/w453-105336-58a4769e4e668386772cf378813323bb2651837e.jpg - Sciences et Avenir, l’actualité des sciences -Réchauffement climatique Changement climatique Terre - Source : https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/combien-de-terres-faudrait-il-si-tout-le-monde-vivait-comme-vous_135948

Toutefois, voici un tout autre son de cloche qui se fait entendre : Le « jour du dépassement », une théorie mensongère Par Michel Gay - (Tiré d’un article de Michael Shellenberger paru sur Forbes le 29 juillet 2019). Extrait - « La théorie du « Jour du dépassement » n’a aucun sens. Elle est à reléguer au rang des ‘pseudo-sciences’. Depuis ce 29 juillet 2019 et jusqu’à la fin de l’année 2019, l’humanité consommera plus de ressources que notre planète ne peut en produire de manière durable, selon le ‘Global Footprint Network’ (GFN), qui détermine de telles dates depuis 1986 »… « Le « jour du dépassement » (Earth Overshoot Day) est fondé sur la notion « d’empreinte écologique » utilisée par le Fonds mondial pour la nature, le Programme des Nations Unies pour l’environnement et le développement humain, et l’Union internationale pour la conservation de la nature. Mais l’empreinte écologique est-elle un concept scientifique ? Non !… ». Lire l’article complet sur ce site : https://www.contrepoints.org/2019/07/31/350252-le-jour-du-depassement-une-theorie-mensongere

Pour tout savoir (ou presque !) sur le Jour du dépassement, on peut aussi suggérer de visiter le site Wikipédia, ou encore de se reporter au site de WWF : « Jour du dépassement > Ensemble, agissons pour l’humanité et pour la planète ! »

Le présent dossier, qui donne accès à une vingtaine de documents choisis et énumérés dans le sommaire ci-dessous, se termine par la reprise d’une récente contribution pour France Culture d’Edgar Morin, intitulée ’La croissance exponentielle tend vers l’explosion’… - Cet auteur prolixe exprime encore ses vues personnelles dans une vidéo 1:08:49 de Thinkerview intitulée Edgar Morin : L’effondrement ? [En direct] - Interview de Edgar Morin diffusé en direct le 19/09/2018 à 18h15.

Et finalement, pour faire bon poids, on peut encore très utilement se référer à une vidéo de Thinkerview relatant un Interview de Jean-Marc Jancovici : Anticiper l’effondrement énergétique ? , en direct à 19h00 le 14/12/2017.

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Sommaire

1. Ce que dit Greta Thunberg sur Macron, la France, les ’gilets jaunes’, les idéologies... Par Poutchie Gonzales publié le 22 juillet 2019 à 17h15 – Document ‘franceinter.fr’

2. Sécheresse : va-t-il falloir s’y habituer ? Enregistrement ‘franceinter.fr’ de 41 minutes dans le cadre de l’émission Le Téléphone sonnelundi 22 juillet 2019

3. La vérité, Greta et la canicule - 23/07/2019 - Chronique d’ Anne Bringault Membre du réseau pour la transition énergétique et du réseau action climat – Document ‘alternatives-economiques.fr’

4. Contre les canicules, comment les villes vont-elles lutter ? Par Bénédicte Magnier- 25/07/2019 04:21

5. ’On joue tellement gros dans les 18 prochains mois’ : le dérèglement climatique proche du point de non retour – Document ‘franceinfo’ avec Reuters France Télévisions - Mis à jour le 28/07/2019

6. Le réchauffement climatique est universel et de plus en plus rapide Par Sofiane Aklouf - 17h40 , le 25 juillet 2019 – Document ‘lejdd.fr’

7. Péril imminent pour les beautés alpines 16:15 / 24.07.2019 Le Monde - Alain Constant

8. Climat : du jamais vu en 2000 ans - France 3 France Télévisions Mis à jour le 25/07/2019 – Avec vidéo

9. Revue de presse – vendredi 25 juillet 2019 par Danièle Revel · 26 juillet 2019 - Dossier canicule, le Monde, 26/07/2019

10. « Nous ne sommes pas la cause de la fin du monde, mais la fin du monde nous donne une cause : vivre la meilleure vie possible » Tribune Par Marianne Durano

11. « Le changement climatique n’est pas forcément une mauvaise nouvelle » (Sylvie Brunel) -Publié le 25 juillet 2019 – Document ‘Le Monde’

11Bis. Sylvain Tesson : « Vivre mieux aujourd’hui consiste à échapper aux développements du progrès » Par Nicolas Truong – Publié le 27 juillet 2019 à 02h20 - Mis à jour le 27 juillet 2019

12. L’écopsychologie, ou quand les écolos ont besoin d’aller chez le psy Par Aude Lorriaux — 16 avril 2019

13. L’écopsychologie introduite par Wikipédia

14. L’écopsychologie expliquée par Michel Maxime Egger - 10/01/2016 – Enregistrement France Culture 54 minutes

15. L’écopsychologie veut renouer le lien entre les humains et la nature 07 février 2017 /Samuel Socquet (Reporterre)

16. « Qu’est-ce que l’écopsychologie ? » - Document ‘eco-psychologie.com’

17. L’écopsychologie, ou quand les écolos ont besoin d’aller chez le psy Par Aude Lorriaux Journaliste, 16 avril 2019

18. Edgar Morin : ’La croissance exponentielle tend vers l’explosion’ Par Hélène Combis - 02/08/2017 – Document France Culture

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1.
Ce que dit Greta Thunberg sur Macron, la France, les ’gilets jaunes’, les idéologies... Par Poutchie Gonzales publié le 22 juillet 2019 à 17h15 – Document ‘franceinter.fr’ - Photo - Greta Thunberg a reçu le Prix Liberté à Caen, mardi elle sera à Paris pour donner un discours à l’Assemblée nationale © AFP / Artur Widak / NurPhoto

La militante écologiste suédoise va prononcer un discours mardi devant les députés de l’Assemblée nationale. Depuis quelques mois, ses prises de parole se multiplient. Voici Greta Thunberg dans le texte.

Greta Thunberg va s’adresser aux députés français mardi 23 juillet 2019. L’échange avec les parlementaires se déroulera dans la salle Victor Hugo, située au sous-sol du bâtiment, entre midi et 13 h 45. Voici ce que la jeune Suédoise de 16 ans a dit dans le passé sur les dirigeants français, les ’gilets jaunes’, les hommes politiques, le capitalisme, les idéologies, Donald Trump... 

Emmanuel Macron n’a pas ’réalisé l’urgence de la situation’

Allemagne, Italie, Belgique, Suède... Comment est perçue Greta Thunberg à l’étranger ?

Greta Thunberg a rencontré une journaliste de Libération le 15 juillet dernier. Lorsque qu’elle lui demande si pour elle, le Président français a intégré l’urgence de la crise environnement, elle répond qu’Emmanuel Macron ne lui en ’a pas donné l’impression quand il parlait’ : ’Aucun politique que j’ai pu rencontrer ne semblait avoir réalisé l’urgence de la situation. Ce n’est pas de leur faute. On ne peut pas reprocher cela aux individus. C’est le système qui est problématique. Bien sûr, il y a quelques personnes qui peuvent être tenues pour responsables et qui ont causé beaucoup de dégâts’.

Dans une interview pour Konbini, la militante se souvient de sa rencontre avec Emmanuel Macron en février dernier, ’il a dit qu’il fallait continuer et qu’il allait accélérer les initiatives. C’est ce que tout le monde dit. J’espère qu’il est sincère mais le temps passe et ce n’est pas l’impression que ça donne.[...]On ne peut pas l’accuser de tout. Mais sa responsabilité est énorme.’ 

Dans une interview pour Brut, elle disait déjà : ’Cher Monsieur Macron, vous devez agir maintenant et pas simplement dire que vous allez agir. Si vous continuez à faire comme si de rien n’était, vous allez échouer. Et si vous échouez, vous allez être perçu comme l’un des pires méchants de l’histoire de l’humanité’.

Sur la ’France’ : ’45,9° en juin, ce n’est que le début’ 

Alors que Greta Thunberg va prononcer son discours à l’Assemblée nationale en pleine semaine de canicule, elle déclarait déjà en juin, lors de la précédente canicule, dans un tweet, ’45,9° en juin en France. L’ancien record de 44,1° a été dépassé (qui avait été établi en août 2003). Ce n’est pas ’la nouvelle norme’. Ce n’est que le début du #ClimateBreakdown et #ClimateEmergency. Nous devons arrêter de brûler des combustibles fossiles.

Sur les ’gilets jaunes’ : ’c’est normal que nous soyons en colère’

Dans une interview pour le journal Ouest-France, la militante parle des gilets jaune et explique qu’il faut ’aider les pauvres, ce sont les riches qui consomment et menacent notre existence. Nous, les enfants, allons vivre avec le bazar que les générations précédentes ont créé. C’est normal que nous soyons en colère.

Donald Trump peut-être ’un des pires méchants de l’humanité’

Toujours dans une interview pour Brut, Greta Thunberg lance un message clair au Président américain Donald Trump, ’Cher Monsieur Trump, beaucoup de gens ont essayé de vous convaincre que la crise climatique actuelle est la plus grande crise à laquelle l’humanité a été confrontée. Pourtant, cela ne semble pas vous alarmer. Je pense que vous devriez savoir que si vous n’agissez pas maintenant, vous serez considéré comme l’un des pires méchants de l’histoire de l’humanité’.

Greta ou CETA ? Les députés de la majorité sont divisés

Sur l’Union Européenne : ’il ne se passe rien’

Devant les membres du Parlement européen, Greta Thunberg va mettre en cause le manque d’action de Bruxelles sur les questions climatiques. ’Si notre maison était en train de s’effondrer, vous ne tiendriez pas trois sommets d’urgence pour le Brexit et aucun sommet d’urgence concernant la crise écologique. Eh bien… notre maison est en train de s’effondrer et nous manquons de temps. Et pourtant, il ne se passe rien.

Elle va conclure son discours en implorant les eurodéputés : ’Je vous demande de vous réveiller et de faire les changements nécessaires. Faire de votre mieux n’est plus suffisant. [...] Ce n’est pas grave si vous refusez de m’écouter. Je suis, après tout, juste une enfant suédoise de 16 ans. Mais vous ne pouvez pas ignorer les scientifiques ou la science, ni les millions d’enfants en grève qui se battent pour avoir le droit à un avenir. Je vous en prie, s’il vous plaît ne nous abandonnez pas.

Les hommes politiques ’savent qu’ils n’ont pas fait leur devoir’

Greta Thunberg est beaucoup attaquée par des personnalités politiques à travers le monde, mais ne se laisse pas démonter : ’Nous savons que la plupart des politiciens ne veulent pas nous parler. Très Bien. Nous ne voulons pas leur parler non plus. Nous voulons plutôt qu’ils parlent aux scientifiques’ dit-elle pendant son discours à la Session plénière du Comité économique et social européen.

En Autriche, au Austrian World Summit, en mai dernier, la militante déclare que ’Pendant une seconde, les politiciens disent ’le dérèglement climatique c’est très important et nous allons tout faire pour l’arrêter’. Et la seconde suivante, ils veulent étendre les aéroports, créer de nouveaux moteurs. Ils prennent l’avion en jet privés pour assister à une réunion à l’autre bout du monde. Ce n’est pas comme ça que l’on agit en situation de crise. Tant que vous agirez comme si tout allait bien et que tout était sous contrôle, alors nous, les citoyens, nous ne comprendrons pas qu’il y a urgence’.

Les pays riches et les pays pauvres

Les efforts doivent être faits par tout le monde, rappelle la suédoise pendant la conférence TEDxStockholm en novembre 2018. ’Comment pouvons-nous attendre de pays comme l’Inde ou le Nigéria qu’ils se préoccupent de la crise climatique si nous, qui avons déjà tout, ne nous en préoccupons pas, même une seconde, de nos engagements vis-à-vis de l’Accord de Paris ?’. 

’Les pays riches doivent cesser complètement leurs émissions d’ici six à douze ans […] pour que les habitants des pays pauvres puissent augmenter leur niveau de vie’, affirme-t-elle devant les députés du Parlement britannique le 23 mai 2019.

’Toutes les idéologies ont échoué’ jusqu’à présent 

David Lammy, député britannique, demande à la militante, dans une interview pour le journal britannique The Guardian, si l’on peut être conservateur pour la croissance et le capitalisme tout en soutenant le mouvement pour le climat et les questions écologique. La jeune femme répond : ’Ce n’est pas à moi de le dire. Je ne fais que communiquer les faits scientifiques. On ne peut pas répondre à cette question sans parler de nos opinions personnelles et je laisse cela à d’autres personnes. Je pense que nous pouvons affirmer que toutes les idéologies ont échoué. Si certaines ont échoué plus que d’autres, ce n’est pas à moi de le dire.

Dans l’interview, Konbini lui parle des accusations à son encontre. Certains lui reprochent d’être manipulée par le Capitalisme vert, Greta Thunberg se défend : ’Non il n’y a personne derrière ce que je dis, il n’y a que moi. Bien entendu, je reçois beaucoup d’aide. Tous ceux qui s’accordent à dire que la crise climatique est un sujet important m’offrent leur aide. C’est triste. Les gens sont désespérés et ils inventent des choses. Ils ont plus peur de moi et des manifestations de jeunes que du vrai problème’.

Photo Fin mai 2019, Greta Thunberg a prononcé un discours lors de la cérémonie d’ouverture du Sommet mondial autrichien R20 Regions of Climate Action à Vienne, en Autriche. © AFP / APA/ Georg HOCHMUTH

La COP25, ’c’est maintenant que tout doit se passer’

Dans son interview pour Libération, Greta Thunberg déclare : ’Beaucoup de gens me disent que la COP25, organisée au Chili en décembre, n’a pas d’intérêt, car c’est une année intermédiaire dans le processus onusien, qu’il faut se concentrer sur la COP26 en 2020 [organisée au Royaume-Uni, ndlr]. Mais aucune année nest une année intermédiaire. C’est maintenant que tout doit se passer. Nous devons saisir toutes les opportunités.’ 

Les médias ’n’en font pas assez’

Pour Greta Thunberg, le monde politique et le monde industriel ne sont pas les seuls coupables. Elle critique aussi le manque de couverture médiatique sur la crise environnementale. Pendant une manifestation à Berlin le 19 juillet elle déclare : ’Ce ne sont pas nous qui n’en faisons pas assez, ce sont le gouvernement, le monde économique et les médias qui n’en font pas assez’. Dans son discours au Parlement européen, elle va dire que ’la crise climatique et écologique devrait faire la Une des journaux’. 

Certaines ’critiques’ à son encontre l’énervent 

Pendant une rencontre entre le quotidien The Guardian, Alexandria Ocasio Cortez, jeune élue démocrate de la Chambre des représentants américaine et Greta Thunberg, la Suédoise va parler de nombreuses attaques de ses opposants. ’La critique la plus courante c’est que je suis manipulée et qu’on ne devrait pas utiliser des enfants à des fins politiques, que c’est un abus, et que je ne peux pas penser par moi-même, etc. Ça m’énerve énormément ! Je peux, moi aussi, avoir mon mot à dire. Pourquoi ne pourrais-je pas me faire ma propre opinion et essayer de changer l’esprit des gens ?

Sur son ’avenir’ : ’La politique ne m’intéresse pas beaucoup’.

Quand on lui demande, dans l’interview dans le Guardian, ce qu’elle envisage de faire dans le futur, l’adolescente va alors répondre : ’Je pense que j’aimerais travailler là où je me sens le plus utile. J’adorerais étudier la science mais les faits scientifiques sur le réchauffement climatiques sont déjà là. Nous devons maintenant parler de ces faits et ensuite prendre des mesures politiques. La politique d’aujourd’hui ne m’intéresse pas beaucoup. Tout est une question de concurrence, maintenant le contenu du message est moins important que la manière dont on le dit. Cela doit changer.

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2.
Sécheresse : va-t-il falloir s’y habituer ? Enregistrement ‘franceinter.fr’ de 41 minutes dans le cadre de l’émission Le Téléphone sonnelundi 22 juillet 2019 - Photo : Arrosage à la tombée de la nuit © AFP / Philippe Lopez

Tandis que la France s’apprête à vivre sa seconde vague caniculaire en deux mois, Le Téléphone sonne pointe son mercure sur la sécheresse.

40 degrés. C’est ce que s’apprêtent à endurer certaines vallées d’Auvergne et de Rhône-Alpes. Et le reste de l’Hexagone n’est pas en reste : en cette fin de mois de juillet, c’est bien l’ensemble du pays qui va suer à grosses gouttes. Avec déjà 59 départements en vigilance orange canicule, ce deuxième épisode de forte chaleur augure un été difficile.

Les canicules à répétition, combinées aux faibles précipitations des mois précédents, ont conduit à la multiplication des alertes à la sécheresse. 73 départements sont déjà concernés par des restrictions d’eau. Et aucun secteur n’est épargné : agriculture, énergie, biodiversité, fourniture en eau potable.

Et qui dit manque dit conflits d’usage. Entre agriculteurs, producteurs d’énergie ou autres industriels, la concurrence pour la précieuse ressource est rude. Ces tensions viennent aussi souligner la difficile répartition des ressources hydriques en période de restriction.

Alors, va-t-il falloir s’habituer à ces périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes ? 

Quels dangers à la fois pour notre santé et la biodiversité ? 

Comment parvenir à une meilleure gestion de nos ressources en eau ? 

Le traitement des eaux usées et la désalinisation sont-ils des solutions pour pallier le déficit hydrique ?

Les invités : Marillys Macé Directrice du Centre d’Information sur l’Eau (CIE) et Bernard Barraqué Directeur de recherches émérite au CNRS sur les ressources en eau

L’équipe : Yves Decaens, Journaliste - Anna Buy Réalisatrice - Pierre Gaufre ttaché de Production - Emma Férey Attachée de production Mathilde Sourd Stagiaire - Contact : Twitter0145247000Contact

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3.
La vérité, Greta et la canicule - 23/07/2019 - Chronique d’ Anne Bringault Membre du réseau pour la transition énergétique et du réseau action climat – Document ‘alternatives-economiques.fr’

La canicule s’invite à nouveau à l’actualité. En juin, les fortes chaleurs ont été le prélude des effets dorénavant perceptibles par tous d’un climat qui se dérègle : élevage de poules décimé, pieds de vigne brûlés par la chaleur, incendies, pénuries d’eau... C’est ainsi notre agriculture et notre alimentation qui sont en jeu.

Et les impacts ne s’arrêtent pas là. La hausse du niveau des mers va affecter particulièrement notre pays. Selon une récente étude de la Fabrique écologique, 25 % des côtes françaises sont aujourd’hui en érosion, tandis que la submersion marine menace 1,4 million de résidents. Et ce n’est rien comparé aux impacts des sécheresses, des événements climatiques extrêmes ou de la montée du niveau des océans en Inde ou en Afrique.

Mauvais chemin

Le dérèglement climatique ne peut plus être nié. Nous y sommes confrontés avec brutalité. Reste à affronter une vérité qui dérange : les solutions à mettre en œuvre pour limiter les changements climatiques et leurs pires impacts impliquent des transformations profondes de nos modes de production et de consommation, et ceci à une vitesse jamais vue précédemment. C’est l’enseignement des récents rapports des scientifiques du GIEC et du Haut Conseil pour le Climat. C’est ce message que relaie Greta Thunberg....

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PORTRAIT Albert Hirschman, penseur iconoclaste du capitalisme

Homme engagé, Albert Hirschman rejette les interprétations économiques monocausales et puise dans diverses sciences sociales pour expliquer les transformations des sociétés capitalistes… - Gilles Dostaler 29/07/2019

Source : https://www.alternatives-economiques.fr//anne-bringault/verite-greta-canicule/00090048?utm_source=emailing&amp ;utm_medium=email&utm_campaign=NL_Quotidienne%2F23072019

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4.
Contre les canicules, comment les villes vont-elles lutter ? Par Bénédicte Magnier- 25/07/2019 04:21 CEST | Actualisé 25/07/2019 10:12 CEST - LE HUFFPLAY - 2 vidéos à écouter à la source : https://www.huffingtonpost.fr/entry/comment-les-villes-vont-elles-lutter-contre-les-fortes-chaleurs_fr_5d388858e4b020cd994d71fd?utm_hp_ref=fr-homepage

La végétalisation des immeubles, un urbanisme plus logique ou les rues et toits peints en blanc sont des pistes envisagées, voire déjà appliquées.

CANICULE - Les températures caniculaires de cet été 2019 poussent à adopter une réflexion encore plus rapide sur les manières de faire baisser le thermomètre en centre-ville, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus. Car au sein des grandes agglomérations comme Paris, il fait toujours 1 ou 2 degrés de plus que dans les petites villes à proximité. 

Pourquoi un tel écart ? Car les villes ont été construites sans réflexion autour des ”îlots de chaleur”, ces endroits qui s’approchent de la fournaise en cas de températures très élevées. 

Avec le réchauffement climatique, les experts estiment que les canicules seront deux fois plus nombreuses en France, avec des épisodes plus sévères et plus longs.

Aussi, les villes entament une réelle réflexion pour faire baisser la température. Anne Hidalgo, maire de Paris, a récemment annoncé la végétalisation de plusieurs endroits de la capitale, comme la place de l’Hôtel de ville, qui pourrait devenir une “forêt urbaine” d’ici 2020. Sept places sont également en travaux pour réduire la circulation des voitures et permettre plus d’espaces verts, comme Nation, inaugurée le 7 juillet dernier, ou Bastille, toujours en travaux.

D’autres villes tentent de végétaliser leurs constructions, à l’instar de Singapour ou de Liuzhou, une ville chinoise dans la province du Guangxi. En 2020, “une ville dans la forêt” devrait sortir de terre. 

La végétalisation est bénéfique à plusieurs niveaux. Les feuilles des arbres permettent de faire plus d’ombre et donc de rafraîchir les rues, notamment le soir, car le bitume n’aura pas emmagasiné de chaleur. De plus, la verdure pourrait aussi aider à lutter contre la pollution des grandes agglomérations en absorbant les rejets de CO2 trop importants.

L’urbanisme en question

Ailleurs, comme à Lisbonne ou Stuttgart, c’est aussi la physionomie de la ville qui est remise en question. Ainsi, dans la ville allemande, il faut “consulter un météorologiste membre de l’équipe municipale avant de faire construire un bâtiment”, rapporte Franceinfo.

Le but est de construire les nouveaux immeubles en veillant à créer des “couloirs à vents” permettant de rafraîchir les îlots de chaleur. À Lisbonne, des préconisations d’aménagement (hauteur des bâtiments, orientation des rues, etc.) ont été ajoutées dans le nouveau plan de zonage de la ville.

Des mégalopoles comme Hong Kong ou Tokyo n’hésitent pas à détruire d’anciens bâtiments en front de mer, qui empêchent l’air de pénétrer dans la ville.

Autre technique employée, notamment à New York et Los Angeles : peindre les routes ou les bâtiments en blanc. Une manière de lutter contre la chaleur qui n’est pas nouvelle puisque déjà utilisée en Grèce ou au Maroc par exemple, avec des villes entièrement recouvertes de peinture blanche. Cela permet la réverbération des rayons du soleil. 

À New York, ce sont les toits des immeubles qui sont blanchis. Ainsi, la chaleur pénètre beaucoup moins, et la climatisation n’est parfois même plus nécessaire. Le bâtiment est donc plus frais, et les rues de la ville aussi en bénéficient, car l’air conditionné rejette beaucoup d’air chaud.

À Los Angeles, ce sont carrément les routes qui sont repeintes. Ainsi, le bitume ne peut pas emmagasiner la chaleur. Les relevés ont montré des différences de près de 10 degrés entre les endroits blancs et le bitume. 

À voir également sur Le HuffPost - Lire aussi :

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Source : https://www.huffingtonpost.fr/entry/comment-les-villes-vont-elles-lutter-contre-les-fortes-chaleurs_fr_5d388858e4b020cd994d71fd?utm_hp_ref=fr-homepage

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5.
’On joue tellement gros dans les 18 prochains mois’ : le dérèglement climatique proche du point de non retour – Document ‘franceinfo’ avec Reuters France Télévisions - Mis à jour le 28/07/2019 | 15:09, publié le 28/07/2019 | 15:09 – Photo : La plage de Beresford, dans la province du Nouveau-Brunswick au Canada, lors de la fonte des glaces au printemps, le 9 avril 2019. (RENAULT PHILIPPE / HEMIS.FR / AFP)

Selon plusieurs scientifiques, les prochains mois s’annoncent déterminants dans la diplomatie climatique afin de convaincre les Etats à s’engager réellement dans la lutte contre le changement climatique.

Il y a urgence. La succession de vagues de chaleur caniculaire et d’inondations qui frappent l’Europe et d’autres continents cet été ne sont sans doute qu’une préfiguration de ce que sera le monde de demain si les hommes persistent à ne pas relever le défi du changement climatique, alertent les scientifiques.

Ces évènements dramatiques agissent comme une piqûre de rappel alors que les négociations sur les moyens de mettre en œuvre les engagements pris en 2015 par les Etats signataires de l’Accord de Paris sur le climat entrent dans une phase décisive. ’On joue tellement gros dans les 18 prochains mois’, estime Sue Reid, vice-présidente de l’ONG américaine Ceres, qui incite les entreprises et les investisseurs à adopter des pratiques durables.

Même les objectifs de la COP21 semblent insuffisants

’Nous entrons dans une période cruciale pour que les responsables politiques comme le secteur privé inversent réellement la courbe des émissions carbone’, déclare-t-elle. Alors que les études scientifiques montrent les unes après les autres une accélération bien plus rapide que prévu des conséquences du dérèglement climatique, comme la fonte des glaces et la hausse du niveau des mers, même les objectifs convenus à Paris en 2015, lors de la COP21, semblent insuffisants pour contenir la hausse de la température mondiale à 1,5°C au-dessus du niveau de l’époque pré-industrielle.

En octobre dernier, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a prévenu que les émissions de Co2 devraient commencer à baisser dès l’année prochaine pour qu’il y ait une chance d’atteindre cet objectif. Alors que selon la trajectoire actuelle, la hausse de la température pourrait dépasser 3°C d’ici la fin du siècle, le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, s’efforce de convaincre les Etats de renforcer leurs engagements avant la session de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre. Soulignant qu’il serait ’suicidaire’ de ne rien faire, le diplomate portugais espère provoquer un sursaut en vue de la prochaine conférence mondiale sur le climat (COP25) en novembre au Chili.

’La belle vie d’avant n’est plus viable’

’Dans les 18 mois qui viennent, la diplomatie climatique va atteindre une intensité d’un niveau sans égal depuis la signature de l’Accord de Paris’, souligne Tessa Khan, une avocate spécialisée dans la lutte contre le changement climatique. Mais l’enjeu majeur reste de convertir les engagements des Etats en actes concrets car jusqu’à présent, aucune des grandes économies n’a véritablement entamé sa mutation.

Pour le climatologue américain Michael Mann, cela implique que les gouvernements accordent à la transition énergétique la même priorité que la mobilisation de l’industrie pendant la Seconde Guerre mondiale. L’affaire semble mal engagée avec un président Donald Trump déterminé à désengager les Etats-Unis de l’Accord de Paris, et une Union européenne incapable de s’entendre sur l’objectif de neutralité carbone en 2050.

Face à l’inaction des Etats, certains préfèrent se préparer à l’effondrement du monde actuel. ’Soit nous transformons radicalement notre mode de vie collectif en renonçant aux énergies fossiles, soit, et c’est plus probable, le changement climatique précipitera la fin de la civilisation capitaliste mondiale alimentée par les énergies fossiles’, écrivait l’auteur américain Roy Scranton dans une tribune publiée en avril dans la MIT Technology Review. ’Révolution ou effondrement. Dans les deux cas, la belle vie d’avant n’est plus viable.’

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6.
Le réchauffement climatique est universel et de plus en plus rapide Par Sofiane Aklouf - 17h40 , le 25 juillet 2019 – Document ‘lejdd.fr’ - Photo - Jamais le changement climatique n’a été aussi rapide et global qu’en cette période. (Abaca)

Alors qu’une grande partie de l’Europe suffoque depuis plusieurs jours, une étude publiée mercredi 24 juillet 2019 tend à montrer que le dérèglement climatique n’a jamais été aussi rapide.

Une analyse de la reconstitution des températures mondiales sur 2.000 ans. C’est le travail réalisé par un groupe de chercheurs qui vient d’être publié mercredi dans les revues Nature et Nature Geoscience. Deux rapports sur l’évolution des climats dans le monde en arrivent à cette conclusion : nous vivons la période la plus chaude de ces deux derniers millénaires. Ce résultat concerne la quasi-totalité du globe : 98% du monde est concernée par cette acception. Pour les scientifiques à l’origine de l’étude, ’cela montre clairement que le réchauffement climatique anthropique est non seulement sans précédent en termes de températures absolues, mais également en termes de cohérence spatiale’.

Une étude inédite par son ampleur

Ce travail présente un caractère inédit par l’étendue des pays analysés et de la temporalité. Des reconstitutions de températures moyennes globales sur 2.000 années ont été effectuées. La méthodologie de l’étude explique aussi l’aspect nouveau de cette contribution : sept méthodes statistiques distinctes permettent ces ’enregistrements paléo-climatiques’, c’est-à-dire ces reconstitutions des variations climatiques passées, analysées en fonction des conditions environnementales de chaque période.

Les outils d’observations n’étant mis au point qu’à partir de 1850, les scientifiques ont décidé d’analyser 700 indicateurs climatiques. Ainsi des coraux, de la glace, des arbres ont servi de relevés. Ces derniers sont calculés sur 51 ans et permettent donc de dessiner l’évolution du climat mondial.

Les reconstitutions montrent, représentations graphiques à l’appui, que la température moyenne à la surface du globe, était plus élevée pendant le premier millénaire qu’au cours du second sauf… pendant le 20e siècle. Trois éléments sont pris en compte : l’année, le pourcentage de surface de la Terre impliquée et l’anomalie de température. Ce dernier critère est calculé en fonction des moyennes reconstituées. A partir du 20e siècle, ces anomalies sont beaucoup plus récurrentes, plus fortement marquées et concernent particulièrement les records de chaleur, plutôt que le froid.

Lire aussi - TRIBUNE. ’Climat : donnons-nous les moyens de nos ambitions’

Une responsabilité humaine indéniable

La période identifiée historiquement comme le ’petit âge glaciaire’ de 1300 à 1850 est comparée à notre période actuelle pour mettre en avant les spécificités de notre époque.

Les phases froides de la fin de cette période étaient en grande partie dues aux éruptions volcaniques. Elles ont eu des conséquences pour toute la planète. En effet, en libérant du souffre dans la stratosphère, les éruptions atténuent le rayonnement du soleil et donc empêchent le réchauffement. Mais ce ’petit âge glaciaire’ n’a pas été uniforme sur la planète. Les phases froides sont aussi survenues à des époques différentes selon les régions du monde. Ce sont des différences majeures avec la période actuelle. Aujourd’hui, les causes naturelles sont moins nombreuses (il n’y a plus d’éruption massive de volcan). La cause humaine du réchauffement globale est donc la plus probable.

Une accélération du réchauffement climatique depuis les années 1970

La période moderne de ’fort réchauffement’ est identifiée comme étant entre le milieu des années 1970 et aujourd’hui. C’est d’autant plus important qu’habituellement, les cycles de températures relevaient une période de réchauffement après un refroidissement volcanique. Sur la période analysée entre 1948 et 1998, ce ne fut même pas le cas.

Les instruments de cette étude d’ampleur pourront désormais être utilisés pour analyser les modifications scientifiques futures.

Sur le même sujet :

JDD : Actualités du jour

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Source : https://www.lejdd.fr/Societe/le-rechauffement-climatique-est-universel-et-de-plus-en-plus-rapide-3911494

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Péril imminent pour les beautés alpines 16:15 / 24.07.2019 Le Monde - Alain Constant

Depuis treize ans, Morad Aït-Habbouche, ancien reporter de guerre, parcourt la planète pour révéler sa beauté fragile et les multiples dangers qui la guettent à travers Sale temps pour la planète, série documentaire de qualité proposant quatre ou cinq épisodes par saison. Pour cette treizième saison, la direction de France 5 a choisi de se concentrer sur la France avec des sujets consacrés aux Landes de Gascogne, à la Martinique, aux Alpes-Maritimes. Ainsi que cet édifiant épisode consacré au massif alpin, l’un des plus beaux panoramas au monde dont l’avenir, climatique mais aussi économique, est mis en danger par le réchauffement d’une planète en péril.

Recul des glaciers, éboulements, inondations, absence de plus en plus fréquente de neige, les problématiques sont nombreuses. De Chamonix à la frontière italo-suisse en passant par Tignes, La Clusaz, Thônes ou Autrans-Méaudre, les reporters de la série ont enquêté et fait parler des témoins : géomorphologue, géologue, guide de haute montagne, maire de station de ski.

D’inquiétants extraits vidéo montrent des chutes spectaculaires de pierres, des coulées de boue, une route coupée, des villages évacués de justesse face aux parois gelées qui résistent de plus en plus mal à la hausse des températures. Les glaciers agonisent, la neige se fait plus rare, moins épaisse, et toute l’économie des sports d’hiver s’en trouve bouleversée.

Alpes, le défi climatique, de Morad Aït-Habbouche (France, 2019, 55 min). Disponible à la demande sur France.tv jusqu’au 23 août.

Source : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/07/27/soul-donnees-et-fonte-des-glaciers-trois-documentaires-a-voir-en-replay_5494007_3246.html

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La Mer de Glace a perdu 220 mètres d’épaisseur en un peu plus d’un siècle. LPBV - FRANCE 5 Mercredi 24 juillet 2019- 20H50 - SERIE DOCUMENTAIRE - Par Alain Constant - Article réservé aux abonnés au journal ‘Le Monde’

Glaciers agonisants, neige raréfiée, ski compromis : la série documentaire « Sale temps pour la planète » montre comment les Alpes subissent de plein fouet le réchauffement climatique.

Depuis treize ans, Morad Aït-Habbouche, ancien reporter de guerre, parcourt la planète pour révéler sa beauté fragile et les multiples dangers qui la guettent à travers Sale temps pour la planète, série documentaire de qualité proposant quatre ou cinq épisodes par saison. En août 2007, le premier épisode de la série (intitulée à l’époque Paradis en sursis) est diffusé sur France 5. Au programme, des sujets concernant les Maldives, le Tchad, l’Alaska et les Tuvalu, dans l’archipel polynésien, retiennent l’attention.

Dès la deuxième saison, la série change de nom et devient Sale temps pour la planète. Depuis, Morad Aït-Habbouche, devenu également producteur et réalisateur, a enquêté dans plus de 150 pays, confirmant le constat des débuts : notre planète est à la fois d’une grande beauté et d’une fragilité de plus en plus inquiétante. De notion floue pour le grand public, le réchauffement climatique est, par exemple, devenu au fil des années une menace de plus en plus concrète. Comme l’expliquent avec clarté de nombreux reportages de cette série documentaire.

En 2018, les quatre épisodes de la saison 12 étaient consacrés à des problématiques touchant des régions françaises, du Pays basque à la Corse en passant par les Antilles et la Bretagne. Un choix permettant aux téléspectateurs français de constater les dangers qui guettent des paysages proches ou bien connus.

Pour cette treizième saison, le choix de se focaliser sur la France a été de nouveau retenu par la direction de France 5 et des sujets consacrés aux Landes de Gascogne, à la Martinique, aux Alpes-Maritimes ont été choisis. Ainsi que cet édifiant épisode consacré au massif alpin, l’un des plus beaux panoramas au monde dont l’avenir, climatique mais aussi économique, est mis en danger par le réchauffement d’une planète en péril.

Inventer le ski de fonte

Recul des glaciers, éboulements, inondations, absence de plus en plus fréquente de neige, les problématiques sont nombreuses. De Chamonix à la frontière italo-suisse en passant par Tignes, La Clusaz, Thônes ou Autrans-Méaudre, les reporters de la série ont enquêté et fait parler des témoins : géomorphologue, géologue, guide de haute montagne, maire de station de ski. D’inquiétants extraits vidéo montrent des chutes spectaculaires de pierres, des coulées de boue, une route coupée, des villages évacués de justesse face aux parois gelées qui résistent de plus en plus mal à la hausse des températures. Des photos prises en 1909 à la Mer de Glace sont comparées à des photos prises au même endroit en 2017 et soulignent le désastre. En un peu plus d’un siècle, la Mer de Glace a perdu 220 mètres d’épaisseur…

Diffusé par World News LLC – Source : https://theworldnews.net/fr-news/peril-imminent-pour-les-beautes-alpines

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Climat : du jamais vu en 2000 ans - France 3 France Télévisions Mis à jour le 25/07/2019 | 22:51, publié le 25/07/2019 | 22:51 – Avec enregistrement vidéo

Une étude démontre que depuis 2000 ans, le réchauffement n’a jamais été aussi rapide et universel. ’Nous vivons tout simplement la période la plus chaude depuis 2000 ans. Le réchauffement est planétaire. Aujourd’hui 98% de la planète est concernée par ce réchauffement. Seul l’extrême sud de l’Antarctique y échappe pour l’instant’, précise Jean-Christophe Batteria sur le plateau du 19/20 de France 3.

1870, le début de la période chaude

L’étude montre que par le passé les périodes chaudes ou froides ne concernaient pas l’ensemble de la Terre. (...) La période que nous connaissons aujourd’hui, c’est une montée des températures. On a passé d’une période relativement fraîche à la période actuelle en seulement 150 ans. Le début de cette montée en puissance, c’est 1870. Ce n’est pas un hasard, c’est le début de l’ère industrielle, du charbon, du pétrole’, conclut le journaliste.

#AlertePollution : rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez près d’un site pollué ? Alertez-nous - Franceinfo mène une vaste enquête participative sur la pollution en France. Il vous suffit de remplir notre formulaire : cela vous prendra moins de cinq minutes.

Source : https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/cop21/climat-du-jamais-vu-en-2000-ans_3551473.html

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9.
Revue de presse – vendredi 25 juillet 2019 par Danièle Revel · 26 juillet 2019 - Dossier canicule, le Monde, 26/07/2019

  • Le réchauffement n’a jamais été aussi universel. La quasi-totalité de la Terre vit sa période la plus chaude depuis 2 000 ans. Des paléo-climatologues confirment le caractère inédit, par son ampleur et par sa répartition géographique, de cette hausse des températures… lire
  • « Les vagues de chaleur fragilisent l’agriculture et le cycle du vivant ». Diversifier les cultures est la meilleure stratégie d’adaptation, analyse Chantal Gascuel, directrice de recherche à l’INRA, spécialiste de l’eau… lire
  • En Bretagne, une journée en vigilance maximale. Le mercure a franchi la barre des 40 °C, mardi 23 juillet, à Rennes… lire
  • Les sécheresses déciment les forêts. Les arbres sont très sensibles au stress hydrique. Certaines essences, vivant des centaines d’années, ont une mobilité trop lente pour s’adapter au réchauffement climatique… lire
    Source : https://energieclimat.hypotheses.org/49130

https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/07/27/soul-donnees-et-fonte-des-glaciers-trois-documentaires-a-voir-en-replay_5494007_3246.html

Autres documents :

Jean-Baptiste Fressoz « Depuis la genèse, on pratique la collapsologie sans le savoir »
Belle illustration en couleurs

Rubrique ‘Vivre avec la fin du monde( 2/6. Un retour aux racines historiques de la collapsologie permet de comprendre que les discours sur la fin des temps ...

In Le Monde Le 23 juillet 2019 - Lire l’article sur Le Monde – Rubrique ‘L’été des idées’ 2/6 page 24.

« Un retour historique aux racines historiques de la collapsologie permet de comprendre que les discours sur la fin des temps et l’effondrement des civilisations est vieux comme le monde. Et pour l’historien, il ne permet pas de prendre conscience de l’urgence climatique… »

« Notre manière de penser la crise environnementale sous l’angle d’une catastrophe brutale tient précisément au creuset militaire dont sont issues les sciences du système Terre…. »

Accès diffusé par ‘Alvinet’ : https://www.alvinet.com/similaires/jean-baptiste-fressoz-depuis-la-genese-on-pratique-la-collapsologie-sans-le-savoir/50921796

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10.
« Nous ne sommes pas la cause de la fin du monde, mais la fin du monde nous donne une cause : vivre la meilleure vie possible » Tribune Par Marianne Durano [née le 10 juillet 1991 à Lyon, est une essayiste et philosophe française, membre de la rédaction de la revue Limite1.] - Publié le 24 juillet 2019 à 00h46 - Mis à jour le 24 juillet 2019 à 10h18 Temps de Lecture 8 minutes - Article réservé aux abonnés

Rubrique ‘Vivre avec la fin du monde 3/6’. « A quoi bon des enfants en temps d’effondrement ? », s’interroge la philosophe Marianne Durano. Elle rappelle que bien avant l’époque de l’éco-anxiété, la philosophie s’était chargée de penser cette mortalité.

Tribune. Au moment où j’écris ces lignes, je suis enceinte de mon troisième enfant. Les deux premiers cueillent des groseilles dans le jardin. Les oiseaux chantent. La brise souffle. Un arbre, par-dessus le toit, berce sa palme. Et moi, je rédige un article sur la fin du monde.

En amont de toute réflexion philosophique, deux sentiments contradictoires, mais indissociables, hantent mon esprit : l’incrédulité et la culpabilité. N’est-il pas criminel d’enfanter dans un monde promis à la destruction ? Ce point d’interrogation jette son ombre en forme de faux sur tous les débats d’écologie.

On connaît le succès des discours néomalthusiens, justifiés par les rapports scientifiques et les chiffres qui s’accumulent depuis des dizaines d’années. Les inégalités ne cessent d’augmenter, les ressources de s’épuiser, la biodiversité de décliner, la température d’augmenter, les glaces de fondre, les migrants de migrer, l’angoisse de monter. « A quoi bon des poètes en ces temps de détresse ? », disait Friedrich Hölderlin. A quoi bon des enfants en temps d’effondrement ? Sommes-nous tentés de penser. A quoi bon vivre puisque nous devons mourir ?

Formulé dans sa nudité, ce problème révèle son obscène banalité. Nous engendrons des vies précaires, nous créons des œuvres périssables. « Nous autres, civilisations, savons désormais que nous sommes mortelles », disait Paul Valéry bien avant le premier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Toute la philosophie s’est chargée de penser cette mortalité pour donner un sens à l’absurde et donner la réplique à l’à-quoi-bonisme qu’il implique.

Les réponses sont variées, mais s’accordent peu ou prou sur ce point : l’horizon de la mort donne un sens à la vie. C’est parce que ma vie a une fin qu’elle peut avoir un but. C’est parce que mon temps est limité qu’il doit être utilisé à bon escient. Seule la conscience de ma finitude peut me permettre de mener une œuvre jusqu’au bout. La « fin », c’est aussi bien le terme que le but. Une vie, ou une œuvre, « achevée », c’est une vie accomplie, à la fois parfaite et passée. Je mets des enfants au monde en leur souhaitant de bien finir leurs jours, quel qu’en soit le nombre imparti.

Trois scénarios

La perspective d’un effondrement écologique ne change pas les termes de cette sagesse immémoriale, elle en radicalise la leçon. Alors, comment penser la fin du monde ? Distinguons trois approches complémentaires, de la plus superficielle à la plus radicale.

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In Le Monde Le jeudi 25 juillet 2019 - Lire l’article sur Le Monde – Rubrique ‘L’été des idées’ 3/6 page 22.

« L’idée fin du monde est un remède nécessaire à l’absence sens… »

« N’est-il pas criminel d’enfanter dans un monde promis à la destruction ?, se demande la philosophe Marianne Durano qui, enceinte de son troisième enfant, rejoint un éco-village afin de vivre en accord avec ses idées, loin de la société de consommation ».

Source : https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/07/24/marianne-durano-l-idee-de-fin-du-monde-est-un-remede-necessaire-a-l-absence-de-sens-de-la-civilisation-industrielle_5492684_4415198.html

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11.
« Le changement climatique n’est pas forcément une mauvaise nouvelle » (Sylvie Brunel) - Publié le 25 juillet 2019 à 01h30 - Mis à jour le 25 juillet 2019 à 18h08 - Illustration en couleurs – Document ‘Le Monde’ - Tribune - Réservé à nos abonnés

Rubrique ‘Vivre avec la fin du monde 4/6’. Les discours catastrophistes sont démobilisateurs et ne tiennent pas compte de la capacité des hommes à innover et à coopérer, soutient la géographe Sylvie Brunel.

Tribune. Et si nous remettions un peu de sérénité dans nos existences ? Une planète bientôt invivable nous est prédite. Les cris d’alarme répétés jettent les jeunes dans la rue et rendent nos modes de vie anxiogènes.

Beaucoup d’entre nous se sentent désormais coupables de profiter du confort et de la mobilité et s’imposent des sacrifices au nom de la survie de la planète. Certains en viennent à détester l’humanité, au point de voir en chaque bébé une mauvaise nouvelle.

Loin d’être constructifs, de tels discours ont un effet démobilisateur, clivant. Il y aurait les bons, ceux qui vivent conformément au respect de la planète, et les mauvais, qu’il faudrait excommunier, voire éliminer. La haine se déchaîne.

Pourtant, la géographie, cette science des territoires et des ressources, qui mobilise les échelles d’analyse et la comparaison dans le temps et dans l’espace, nous invite au contraire à traiter les grandes questions de notre époque avec mesure. Non, nous ne courons pas à la catastrophe : certes les atteintes à la planète sont importantes mais nous avons désormais les moyens de la réparer. Il n’est aucune irréversibilité.

Des logiques de survie

Certes, le climat change. Certaines régions se trouvent confrontées à un réchauffement marqué et rapide. Le changement climatique n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. En ouvrant de nouveaux territoires à l’agriculture et aux forêts, il accélère la production végétale pour le bien commun, puisque les plantes captent le gaz carbonique de l’air et rejettent de l’oxygène en produisant de la matière organique renouvelable. Il permet à des populations confrontées jusque-là à des logiques de survie en milieu hostile, comme celles des hautes latitudes glaciales, d’envisager l’avenir avec espoir grâce à de nouvelles ressources alimentaires et énergétiques.

Nous déplorons que ces milieux se transforment rapidement en regrettant un passé idéalisé. Mais les Inuits vivaient dans la faim chronique et sacrifiaient leurs personnes âgées faute de pouvoir nourrir ces bouches inutiles.

Dans l’histoire, les périodes chaudes ont toujours été qualifiées d’optimum climatique. Le réchauffement est une bénédiction pour la Russie, le Groenland, l’Alaska, le Canada… D’autres territoires souffrent, mais c’est d’abord la pauvreté qui les rend vulnérables.

Plus le niveau de vie d’un pays s’élève, plus il se préoccupe de son environnement et plus il a les moyens de le réparer

Nous ne sommes pas « trop nombreux ». Le surpeuplement est une notion relative : la « capacité de charge » d’un territoire dépend des techniques mobilisées pour le mettre en valeur. Une agriculture intelligente nourrit bien plus d’êtres humains à l’hectare sans abîmer les écosystèmes que la chasse, la cueillette ou l’essartage.

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Source : https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/07/25/sylvie-brunel-le-changement-climatique-n-est-pas-forcement-une-mauvaise-nouvelle_5493113_4415198.html

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11Bis.
Sylvain Tesson : « Vivre mieux aujourd’hui consiste à échapper aux développements du progrès » Par Nicolas Truong – Publié le 27 juillet 2019 à 02h20 - Mis à jour le 27 juillet 2019 à 11h41 - Entretien - Réservé à nos abonnés – Illustration

Vivre avec la fin du monde 6/6. C’est un phénomène inédit dans l’histoire humaine : la vie s’invente à présent en faisant des pas de côté, loin de la modernisation, explique l’écrivain et aventurier.

Entretien. Sylvain Tesson est géographe, journaliste et écrivain. Il est notamment l’auteur de Sur les chemins noirs (Gallimard, 2016) ; Un été avec Homère (France Inter-Ed. des Equateurs, 2018), et a obtenu en 2011 le prix Médicis essai pour Dans les forêts de Sibérie (Gallimard). Il partage sa vie entre les expéditions au long cours, l’écriture et la réalisation de documentaires d’aventure. Une expérience qui le conduit à alerter ses contemporains sur la dégradation de la Terre et la « starbuckisation du monde ».

Dans quelle mesure est-on passé de « l’usage du monde », tel que l’écrivain et voyageur Nicolas Bouvier pouvait en faire l’expérience, à l’usure du monde que vous observez ?

« C’est une révolte ? », demandait Louis XVI. « Non Sire, une révolution ! » Pour le monde, ce n’est pas une usure, c’est une dégradation. Les rapports scientifiques se succèdent, formels : les espèces animales disparaissent, les sols s’érodent, les eaux s’acidifient. Parallèlement, les langues s’éteignent, les villes s’étendent, similaires. Dégradation d’un côté. Uniformisation de l’autre. « Le divers décroît », s’inquiétait l’écrivain Victor Segalen il y a 100 ans. La seule statistique qui prospère, c’est la démographie humaine. Notre espèce a pris le contrôle de la Terre, il y a 70 millions d’années.

La mondialisation historique a sa chronologie : industrialisation, massification, accélération, hypertrophie. S’ajoute un phénomène qui est l’effet des précédents : uniformisation des modes de pensée, des comportements, des formes urbaines, des paysages et des moyens de communication. Internet a constitué la parousie de ce mouvement globalisant. Il manquait une machine capable de réaliser la conformation absolue de l’homme à un modèle unique, rêve universaliste. Nous y sommes. Le digital est le doigt d’honneur de la technologie à la variété des cultures humaines. L’usure du monde, c’est cela : indifférenciation, fin du chatoiement, effacement de la mosaïque, règne de l’Unique, reproduction du même. Appelons cela la starbuckisation du monde.

Ce que chantait Nicolas Bouvier dans L’Usage du monde (Droz, 1963), c’était le contraire. La route de Bouvier offre ses présents : on se met au volant d’une voiture, sur un cheval, on part à la rencontre de ce qui n’est pas soi-même. Dans le monde de Bouvier, on rentre dans un paysage, on découvre des hommes, on respire un autre air, on ne soupçonnait rien. Le voyage, c’est l’expérience de l’autre, contraire de moi. L’autre véritable vous heurte, vous emporte ou vous indigne, mais au moins n’est-il pas votre reflet ! …

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Source : https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/07/27/sylvain-tesson-vivre-mieux-aujourd-hui-consiste-a-echapper-aux-developpements-du-progres_5493986_4415198.html

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12.
L’écopsychologie, ou quand les écolos ont besoin d’aller chez le psy Par Aude Lorriaux — 16 avril 2019 à 10h06 - Photo - Quand nous marchons au milieu d’une forêt, que nous retrouvons le rythme naturel de nos pas, nous ressentons un profond bien-être. | Casey Horner via Unsplash

Il s’agit de favoriser à la fois le bien-être des êtres humains et celui de la planète.

Quelques années avant de lancer une grève scolaire mondiale pour le climat, l’adolescente Greta Thunberg avait arrêté de jouer du piano, de parler et de manger, nous racontait il y a peu un portrait d’elle dans Le Monde. Elle plongeait dans une dépression déclenchée par la crise climatique. Elle a trouvé une façon de guérir son mal en prenant le problème à bras-le-corps. Elle aurait pu, sinon, se tourner vers l’écopsychologie, un mouvement social et une science qui réunit l’écologie et la psychologie, comme son nom l’indique.

« En général, la psychologie va aborder les souffrances de l’âme humaine sans faire le lien avec les souffrances de la Terre ; l’écologie approche les problèmes de pollution et les problèmes climatiques dans leur globalité sans faire le lien avec la psyché humaine », analyse Michel Maxime Egger, auteur du livre Écopsychologie. Il s’agit donc de combiner les deux aspects.

À lire aussi : L’écoféminisme, mouvement quasi inconnu au bataillon français

Comprendre les mécanismes autodestructeurs

Pour mieux comprendre l’écopsychologie, il faut savoir à qui elle s’adresse. Elle a d’abord un public ciblé de « transitionneurs » et « transitionneuses », comme on les appelle : des militant·es écolos qui souffrent de voir la planète se détruire. L’écopsychologie les aide à mieux vivre cette déception, à faire le deuil des nombreuses espèces qui disparaissent, à accepter les négociations qui patinent, sans pour autant baisser les bras. Elle leur permet de garder intacte leur envie d’agir, sans que cette énergie se transforme en marasme et en dépression.

Plus largement, l’écopsychologie s’adresse à tous les êtres humains qui souffrent de déconnexion avec la nature, parfois sans le savoir. Beaucoup d’entre nous subissons le bruit des villes, la pollution qui étouffe et rend malade, l’espace restreint d’appartements trop petits et sans lumière, les attroupements humains. Quand nous marchons au milieu d’une forêt, que nous retrouvons le rythme naturel de nos pas, un sommeil profond sans stimulations des lampadaires et des écrans, le contact des rayons de soleil sur la peau, un horizon dégagé et mille autres choses, alors nous ressentons pour la plupart un profond bien-être. Voire un apaisement. Le souffle reprend, l’esprit devient plus clair, les parasites et les questions qui assaillent notre mental se font moins présentes.

Photo - Le paysage idéal pour un grand bol d’air | Lukasz Szmigiel via Unsplash

Martine Capron, écopsychologue et écothérapeuthe qui a initié en Belgique le premier congrès francophone d’écopsychologie en 2016, décèle ces manques et invite ses patient·es à des promenades. « Les personnes s’ouvrent à ce qu’elles ressentent et les réponses viennent. Les questions se refont. Ce qui est important en tant qu’écopsychologue, c’est de comprendre les mécanismes autodestructeurs en nous et d’arriver à les transformer », explique-t-elle.

L’écopsychologie s’intéresse aussi aux comportements humains dans leur rapport à la transition écologique : il s’agit de comprendre ce qui aide la psyché humaine, ou au contraire quels mécanismes psychologiques freinent cette transition. Par exemple en analysant les ressorts du consumérisme, qui fait passer des besoins non nécessaires pour des besoins nécessaires et joue sur cette dépendance.

Le bien-être de la planète

Le mot « écopsychologie » est né dans les années 1990, sous la plume de Theodore Roszak, un historien américain, auteur de Ecopsychology : Restoring the Earth, Healing the Mind, jamais traduit en français. À partir de la notion d’inconscient collectif de Carl Jung, il a introduit la notion d’« inconscient écologique », soit l’idée qu’il existe en chacun et chacune une mémoire profonde d’un lien très fort entre l’humanité et la nature.

« Nous portons en nous la mémoire de l’évolution de la Terre. Les strates les plus archaïques de la psyché humaine sont tissées de relations avec les autres humains et les “autres qu’humains” : on peut le voir à travers l’expérience de l’enfant qui va adorer caresser la fourrure animale, ou prendre plaisir à un bain de mer », résume Michel Maxime Egger.

L’écopsychologie prend ses racines dans les années 1970 et le développement du mouvement hippie, mais ce n’est que dans les années 2000 qu’elle arrive en France comme un champ à part.

Les soins par la nature existent quant à eux depuis très longtemps. Le XIXe siècle était friand de cures en altitude, cures thermales et autres thérapies par le soleil. Mais à la différence de ces thérapies, l’écopsychologie ne prône pas un usage de la nature au profit de la santé humaine. Elle souhaite le bien-être des êtres humains, mais aussi de la planète elle-même. « C’est une posture éthique différente », résume Michel Maxime Egger. Le sociologue parle du passage d’un moi « égocentré » à un moi « écocentré ». Il faut s’agrandir, en somme, pour faire coïncider soin de soi et soin de la planète.

Un cadre en burn-out devenu viticulteur bio

Martine Capron travaille à Bruxelles. Son cabinet s’ouvre sur un jardin avec un « cercle de transformation », matérialisé par des copeaux de bois, où les personnes qu’elle reçoit peuvent méditer. Il y a là un pommier, un noyer, des noisetiers et des rondins où l’on peut s’asseoir en silence. « C’est un endroit calme, tranquille, avec des oiseaux. Cela permet de travailler dehors avec l’aide de ce qui nous entoure », dit-elle.

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, simplement en imaginant ce petit jardin, je me sens déjà mieux. Je prends conscience de mon souffle. Mes épaules tendues sur le clavier se détendent. J’ai des images de paysages ensoleillés qui surgissent et le souvenir des rayons dorés sur la peau.

« Cela me permet de traverser toutes les difficultés. Cela m’habite. Cela m’ancre. Je me sens centrée, alignée et joyeuse » - Martine Capron, écopsychologue

Parmi la patientèle de Martine Capron, beaucoup ont voulu changer leur vie après ces consultations. Elle raconte le cas de ce cadre dans une grande entreprise belge, d’une quarantaine d’années, qui faisait un burn-out. En marchant dans ce jardin, il s’est souvenu du bien-être qu’il éprouvait lorsqu’il gambadait tout petit dans la nature, dit-elle. Il est devenu par la suite viticulteur bio. « Il se sentait à nouveau un homme puissant et joyeux », se souvient l’écopsychologue.

Son cabinet est encore loin de n’accueillir que des personnes en mal de chlorophylle, mais les consultations d’écopsychologie se développent de plus en plus. « Ce n’est pas encore majoritaire, mais cela pourrait le devenir », dit-elle, sans qu’on sache s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise nouvelle. En attendant, sa pratique la rend heureuse : « Cela me permet de traverser toutes les difficultés. Cela m’habite. Cela m’ancre. Je me sens centrée, alignée et joyeuse ».

À lire aussi Psychanalyse du changement climatique : comment faire le deuil de la planète que nous connaissons

Et si vous voulez constater par vous-même la joie de Martine Capron, allez jeter un œil sur ce documentaire de Clément Montfort. Vous verrez une femme qui arbore un grand sourire, qui plisse ses yeux et étire ses lèvres au moment de parler de son mari, Jean-Pascal van Ypersele de Strihou, climatologue, ex-président du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ndlr] : « C’est un homme magnifique, formidable, que j’adore », dit-elle, radieuse, en présentant celui qu’elle aime visiblement très fort. Cet élan d’amour qui se passe de mots en dit aussi beaucoup sur l’écopsychologie.

Source : http://www.slate.fr/story/175785/ecopsychologie-ecologie-psychologie-retour-nature

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13.
L’écopsychologie introduite par Wikipédia

Ne doit pas être confondu avec Psychologie environnementale.

L’écopsychologie étudie la relation entre les êtres humains et la nature par le biais de principes d’écologie et de psychologie.

L’écopsychologie cherche à comprendre et développer le lien émotionnel entre les individus et le monde naturel, aidant ainsi les gens à développer des modes de vie durables et à remédier à leur aliénation de la nature.

Histoire

L’invention du terme est attribué à Theodore Roszak, dans son livre de 1992, The Voice of the Earth1, auquel le sous-titre An Exploration of Ecopsychology est ajouté à une édition ultérieure2. Roszak est aussi le co-éditeur avec Mary Gomes et Allen Kanner d’un ouvrage collectif, Ecopsychology : Restoring the Earth, Healing the Mind, publié en 19953 et qui fait suite à des échanges ayant eu lieu à Esalen en Californie2. Un groupe de psychologues et d’environnementalistes de Berkeley, dont Mary Gomes et Allen Kanner, auraient utilisé le terme indépendamment en même temps [source ?].

Le domaine de l’écopsychologie s’étend au-delà du domaine conventionnel de la psychologie, qui avait traditionnellement considéré le psychisme comme une question qui ne concernait que les humains. L’écopsychologie examine les raisons pour lesquelles les gens continuent d’adopter des comportements nuisibles à l’environnement et de développer des méthodes de motivation positive pour l’adoption de pratiques durables4.

La notion centrale de l’écopsychologie proposée par Roszak est celle d’« âme du monde » (anima mundi). Roszak reprend le concept d’inconscient collectif développé par Carl Gustav Jung pour le généraliser à l’ensemble du vivant sous la forme d’un « inconscient écologique ». Il existerait ainsi une psyché universelle, l’âme du monde, à laquelle tous les êtres de tous les temps participeraient en interdépendance1. Cette perspective holiste et moniste peut être rapprochée de l’hypothèse Gaïa de James Lovelock et Lynn Margulis, ainsi que de l’écologie profonde proposée par Arne Naess, même si elle s’en différencie sur de nombreux points2.

Écopsychologie pratique : le « Travail qui relie »

Joanna Macy, auteure de Écopsychologie pratique et rituels pour la terre (avec Molly Young Brown)5 et L’espérance en mouvement (avec Chris Johnstone)6, est une référence du domaine. Elle a initié les premiers ateliers du «  Travail qui relie  »7. Ces ateliers vise à faire prendre conscience aux participants, par des exposés théoriques ainsi que de manière expérientielle par des exercices et des rituels, de l’interdépendance de tous les êtres et de l’interrelation entre soi et la Terre. La souffrance ressentie par les participants et partagée au cours du « rituel clé » du « Mandala de nos vérités » doit être comprise comme l’expression d’une souffrance de la Terre elle-même2. « Soigner l’esprit » revient ainsi à « guérir la Terre »8. L’atelier vise alors à « changer de perspective », c’est-à-dire à réinsérer l’humain à sa juste place au sein de la « toile de la vie » et du « temps profond » (deep time) afin de « changer de cap » et « d’aller de l’avant » en favorisant des initiatives et des projets s’inscrivant dans une perspective écocentrique2. Le « Travail qui relie » (TQR) est ainsi une pratique centrale de l’écopsychologie, même si celle-ci ne se réduit pas à celle-là.

Dans l’espace francophone européen, les ateliers de Travail qui relie sont organisés principalement par les associations Terr’Eveille en Belgique, Roseaux dansants en France et le Réseau Romand d’écopsychologie en Suisse romande. L’ethnographie menée par Jean Chamel montre que ces ateliers intéressent particulièrement les personnes de revendiquant de la « transition intérieure » au sein du mouvement des Villes en transition, et qu’ils sont aussi prisés des initiateurs de la collapsologie, lesquels trouvent dans cette « apocalyptique écologique expérientielle » une manière de s’armer spirituellement face à l’effondrement et de fonder des « réseaux de temps difficiles »9. Selon lui, le TQR peut être approprié de différentes manières : « chacun peut trouver dans l’écopsychologie ce qu’il cherche, et en donner des interprétations différentes. J’ai constaté que certains en attendaient la résolution de leurs propres problèmes, d’autres étaient dans une démarche plus politique »10… »

Article complet avec notes et références sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89copsychologie

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14.
L’écopsychologie expliquée par Michel Maxime Egger - 10/01/2016 – Enregistrement France Culture 54 minutes – Dans le cadre des émissions
Les Racines du cielpar Leili Anvar les dimanches de 16h à 17h

Sociologue et journaliste de formation, Michel Maxime Egger travaille comme responsable d’ONG pour le développement durable et des relations Nord-Sud plus équitables. Il a fondé le réseau « Trilogies » qui met en dialogue traditions spirituelles et grandes problématiques de notre temps.Dans Soigner l’esprit, guérir la Terre , il nous fait découvrir un mouvement clé et très peu connu en Europe continentale : l’écopsychologie.

Il s’est cristallisé dans les années 1990 aux Etats-Unis et développé essentiellement dans le monde anglo-saxon. Transdisciplinaire, inspirée par les traditions premières, l’écopsychologie estime que, pour répondre en profondeur à la crise environnementale, l’écologie et la psychologie ont besoin l’une de l’autre. Elle montre comment sortir du déni et de l’impuissance, traite à la racine l’aliénation de l’humanité envers son habitat naturel, qui ne serait pas étrangère aux formes d’addiction à la consommation. Elle propose un changement du regard, à travers les idées fécondes de moi et d’inconscient écologiques, qui réinscrivent la psyché humaine dans la Terre et sa mémoire. Il en résulte des thérapies prometteuses qui ouvrent la porte pour s’immerger dans la nature sauvage, interpréter autrement les rêves et coopérer avec les animaux. Un champ d’intervention primordial est l’éducation, qui doit permettre à l’enfant de se construire une identité en interrelation non seulement avec les autres humains, mais aussi avec la toile de la vie. L’ouvrage offre une synthèse de l’écopsychologie, de son histoire et de ses enjeux, agrémenté de portraits de quelques grandes figures : Carl G. Jung, Paul Shepard, Theodore Roszak et Joanna Macy.

Intervenant : Michel Maxime Egger , sociologue

À découvrir

Que sait-on de la sexualité des poissons ?

Résurrection de la Terre : une seule solution l’agro-révolution

Un trop bel été ?

Tags : psychologie Idées Écologie et environnement

L’équipe – Production : Leili Anvar – Chronique : Frédéric Lenoir – Réalisation : Clotilde Pivin - Avec la collaboration de Thierry Beauchamp

Autres lectures :

Bergson : ’L’intelligence est caractérisée par une incompréhension naturelle de la vie.’

3 minutes de philosophie pour redevenir humain

Après la mort, la vie : tomber du ciel

Grande traversée : Virginia Woolf, la traversée des apparences

Simone de Beauvoir : ’L’homme ne doit pas tenter de dissiper l’ambiguïté de son être mais au contraire accepter de la réaliser.’

Méditation de pleine conscience : trouver son refuge intérieur -Université de Strasbourg

Uluru, site sacré en terre aborigène

logo france culture

https://www.franceculture.fr/emissions/les-racines-du-ciel/l-ecopsychologie

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15.
L’écopsychologie veut renouer le lien entre les humains et la nature 07 février 2017 / Samuel Socquet (Reporterre) – Lausanne, correspondance - Photo : Un écolieu du Jura, côté suisse, lors d’un « WE en écologies » pendant lequel étaient proposés certains exercices d’écopsychologie pratique. Extraits.

Née aux États-Unis, l’écopsychologie porte un regard inédit sur les problèmes environnementaux. Entre recherche et pratique, ce mouvement, qui a des affinités avec la simplicité volontaire, la permaculture ou les villes en transition, propose des stages pour développer notre perception sensible de la nature. Et, ce faisant, devenir acteurs d’un changement politique.

Sous-titres :

« Contribuer au ré-enchantement de notre relation au monde » Photo

« C’est une contribution au changement, mais il y a d’autres voies » Photo

Lors d’un « WE en écologies » dans le Jura suisse, des exercices d’écopsychologie pratique étaient proposés. Photo

Livres et stages pour approfondir Photo

Lire aussi : Pour guérir la Terre, il faut soigner notre tête

Source : Samuel Socquet pour Reporterre - Photos : © Samuel Socquet/Reporterre

Reporterre, le quotidien de l’écologie

Ou https://reporterre.net/L-ecopsychologie-veut-renouer-le-lien-entre-les-humains-et-la-nature

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« Qu’est-ce que l’écopsychologie ? » - Document ‘eco-psychologie.com’

C’est la question que l’on se pose quand on rencontre le terme pour la première fois.

« Les sciences humaines et sociales (telles que la psychologie) dépeignent un monde sans nature, tandis que les sciences naturelles (telles que l’écologie) dépeignent un monde sans hommes. Alors où conduit un champ (tel que l’écopsychologie) qui enfourche sans se décontenancer la division redoutée homme-nature ? » Andy Fisher

Notre groupe, constitué de personnes appartenant à des disciplines différentes en sciences humaines et en sciences de la nature, s’est mobilisé pour répondre à la question. Nous sommes allés voir de près, en participant à des ateliers ainsi qu’à des groupes de réflexion, tout en nous documentant sur le sujet.

Ainsi nous avons mesuré l’intérêt de l’écopsychologie, car elle permet de repenser notre mode d’être au monde. Nous avons aussi perçu ses manques et les risques de dérive d’une approche qui se cherche encore. Un plus grand discernement en la matière paraissait nécessaire. Pour répondre à ce besoin, nous avons commencé à creuser la question :

Qu’est-ce que l’écopsychologie ?
Nous avons étudié les textes fondateurs, débattu ensemble des interrogations qu’ils soulevaient et décidé de rendre le résultat de nos recherches accessible à tous. Ce site se veut une plate-forme présentant une clarification du champ de l’écopsychologie, encore mal connu en France. En le parcourant, vous pourrez nourrir votre réflexion :

Sommaire

Comprendre la genèse de l’écopsychologie et identifier les courants qui l’ont influencée,
Découvrir la diversité des définitions,
Accéder à des ressources,
Pénétrer dans le champ de recherche que nous avons constitué.

Notre travail nous ayant conduits à mieux saisir les enjeux de l’écopsychologie, vous pourrez découvrir : les « Questions soulevées par le sujet ».

Source : http://eco-psychologie.com/

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L’écopsychologie, ou quand les écolos ont besoin d’aller chez le psy Par Aude Lorriaux Journaliste, 16 avril 2019 à 10h06 – Document diffusé par ‘slate.fr/story’

Il s’agit de favoriser à la fois le bien-être des êtres humains et celui de la planète.

Photo - Quand nous marchons au milieu d’une forêt, que nous retrouvons le rythme naturel de nos pas, nous ressentons un profond bien-être. | Casey Horner via Unsplash

Quelques années avant de lancer une grève scolaire mondiale pour le climat, l’adolescente Greta Thunberg avait arrêté de jouer du piano, de parler et de manger, nous racontait il y a peu un portrait d’elle dans Le Monde. Elle plongeait dans une dépression déclenchée par la crise climatique. Elle a trouvé une façon de guérir son mal en prenant le problème à bras-le-corps. Elle aurait pu, sinon, se tourner vers l’écopsychologie, un mouvement social et une science qui réunit l’écologie et la psychologie, comme son nom l’indique.

« En général, la psychologie va aborder les souffrances de l’âme humaine sans faire le lien avec les souffrances de la Terre ; l’écologie approche les problèmes de pollution et les problèmes climatiques dans leur globalité sans faire le lien avec la psyché humaine », analyse Michel Maxime Egger, auteur du livre Écopsychologie. Il s’agit donc de combiner les deux aspects.

À lire aussi L’écoféminisme, mouvement quasi inconnu au bataillon français

Comprendre les mécanismes autodestructeurs

Pour mieux comprendre l’écopsychologie, il faut savoir à qui elle s’adresse. Elle a d’abord un public ciblé de « transitionneurs » et « transitionneuses », comme on les appelle : des militant·es écolos qui souffrent de voir la planète se détruire. L’écopsychologie les aide à mieux vivre cette déception, à faire le deuil des nombreuses espèces qui disparaissent, à accepter les négociations qui patinent, sans pour autant baisser les bras. Elle leur permet de garder intacte leur envie d’agir, sans que cette énergie se transforme en marasme et en dépression.

Plus largement, l’écopsychologie s’adresse à tous les êtres humains qui souffrent de déconnexion avec la nature, parfois sans le savoir. Beaucoup d’entre nous subissons le bruit des villes, la pollution qui étouffe et rend malade, l’espace restreint d’appartements trop petits et sans lumière, les attroupements humains. Quand nous marchons au milieu d’une forêt, que nous retrouvons le rythme naturel de nos pas, un sommeil profond sans stimulations des lampadaires et des écrans, le contact des rayons de soleil sur la peau, un horizon dégagé et mille autres choses, alors nous ressentons pour la plupart un profond bien-être. Voire un apaisement. Le souffle reprend, l’esprit devient plus clair, les parasites et les questions qui assaillent notre mental se font moins présentes.

Photo - Le paysage idéal pour un grand bol d’air | Lukasz Szmigiel via Unsplash

Martine Capron, écopsychologue et écothérapeuthe qui a initié en Belgique le premier congrès francophone d’écopsychologie en 2016, décèle ces manques et invite ses patient·es à des promenades. « Les personnes s’ouvrent à ce qu’elles ressentent et les réponses viennent. Les questions se refont. Ce qui est important en tant qu’écopsychologue, c’est de comprendre les mécanismes autodestructeurs en nous et d’arriver à les transformer », explique-t-elle.

L’écopsychologie s’intéresse aussi aux comportements humains dans leur rapport à la transition écologique : il s’agit de comprendre ce qui aide la psyché humaine, ou au contraire quels mécanismes psychologiques freinent cette transition. Par exemple en analysant les ressorts du consumérisme, qui fait passer des besoins non nécessaires pour des besoins nécessaires et joue sur cette dépendance.

Le bien-être de la planète

Le mot « écopsychologie » est né dans les années 1990, sous la plume de Theodore Roszak, un historien américain, auteur de Ecopsychology : Restoring the Earth, Healing the Mind, jamais traduit en français. À partir de la notion d’inconscient collectif de Carl Jung, il a introduit la notion d’« inconscient écologique », soit l’idée qu’il existe en chacun et chacune une mémoire profonde d’un lien très fort entre l’humanité et la nature.

« Nous portons en nous la mémoire de l’évolution de la Terre. Les strates les plus archaïques de la psyché humaine sont tissées de relations avec les autres humains et les “autres qu’humains” : on peut le voir à travers l’expérience de l’enfant qui va adorer caresser la fourrure animale, ou prendre plaisir à un bain de mer », résume Michel Maxime Egger.

L’écopsychologie prend ses racines dans les années 1970 et le développement du mouvement hippie, mais ce n’est que dans les années 2000 qu’elle arrive en France comme un champ à part.

Les soins par la nature existent quant à eux depuis très longtemps. Le XIXe siècle était friand de cures en altitude, cures thermales et autres thérapies par le soleil. Mais à la différence de ces thérapies, l’écopsychologie ne prône pas un usage de la nature au profit de la santé humaine. Elle souhaite le bien-être des êtres humains, mais aussi de la planète elle-même. « C’est une posture éthique différente », résume Michel Maxime Egger. Le sociologue parle du passage d’un moi « égocentré » à un moi « écocentré ». Il faut s’agrandir, en somme, pour faire coïncider soin de soi et soin de la planète.

Un cadre en burn-out devenu viticulteur bio

Martine Capron travaille à Bruxelles. Son cabinet s’ouvre sur un jardin avec un « cercle de transformation », matérialisé par des copeaux de bois, où les personnes qu’elle reçoit peuvent méditer. Il y a là un pommier, un noyer, des noisetiers et des rondins où l’on peut s’asseoir en silence. « C’est un endroit calme, tranquille, avec des oiseaux. Cela permet de travailler dehors avec l’aide de ce qui nous entoure », dit-elle.

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, simplement en imaginant ce petit jardin, je me sens déjà mieux. Je prends conscience de mon souffle. Mes épaules tendues sur le clavier se détendent. J’ai des images de paysages ensoleillés qui surgissent et le souvenir des rayons dorés sur la peau.

« Cela me permet de traverser toutes les difficultés. Cela m’habite. Cela m’ancre. Je me sens centrée, alignée et joyeuse » - Martine Capron, écopsychologue

Parmi la patientèle de Martine Capron, beaucoup ont voulu changer leur vie après ces consultations. Elle raconte le cas de ce cadre dans une grande entreprise belge, d’une quarantaine d’années, qui faisait un burn-out. En marchant dans ce jardin, il s’est souvenu du bien-être qu’il éprouvait lorsqu’il gambadait tout petit dans la nature, dit-elle. Il est devenu par la suite viticulteur bio. « Il se sentait à nouveau un homme puissant et joyeux », se souvient l’écopsychologue.

Son cabinet est encore loin de n’accueillir que des personnes en mal de chlorophylle, mais les consultations d’écopsychologie se développent de plus en plus. « Ce n’est pas encore majoritaire, mais cela pourrait le devenir », dit-elle, sans qu’on sache s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise nouvelle. En attendant, sa pratique la rend heureuse : « Cela me permet de traverser toutes les difficultés. Cela m’habite. Cela m’ancre. Je me sens centrée, alignée et joyeuse ».

À lire aussi Psychanalyse du changement climatique : comment faire le deuil de la planète que nous connaissons

Et si vous voulez constater par vous-même la joie de Martine Capron, allez jeter un œil sur ce documentaire de Clément Montfort. Vous verrez une femme qui arbore un grand sourire, qui plisse ses yeux et étire ses lèvres au moment de parler de son mari, Jean-Pascal van Ypersele de Strihou, climatologue, ex-président du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ndlr] : « C’est un homme magnifique, formidable, que j’adore », dit-elle, radieuse, en présentant celui qu’elle aime visiblement très fort. Cet élan d’amour qui se passe de mots en dit aussi beaucoup sur l’écopsychologie.

En savoir plus : SantéSociétéécologiepsychologieenvironnementnature

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Source : http://www.slate.fr/story/175785/ecopsychologie-ecologie-psychologie-retour-nature

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Edgar Morin : ’La croissance exponentielle tend vers l’explosionPar Hélène Combis - 02/08/2017 (mis à jour le 29/07/2019 à 10:25) – Document France Culture - Photo : Une carrière • Crédits : Getty

1974 - L’humanité vit à crédit jusqu’à fin 2019 depuis ce 29 juillet 2019. Les ressources renouvelables en un an ont toutes été consommées. Le ’jour du dépassement’ intervient de plus en plus tôt... Il y a 40 ans, certains intellectuels s’alarmaient déjà des conséquences d’une croissance à tout va.

À partir de ce 29 juillet 2019, l’humanité vit à crédit jusqu’à la fin de l’année, d’après l’ONG Global Footprint Network. Toutes les ressources que la planète peut renouveler en un an ont été consommées. Alors que la ’date du dépassement’ tombait systématiquement en août depuis 2012, elle intervient cette année, pour la première fois, en juillet. En 1974, il y a 43 ans, elle tombait le 1er décembre. Pourtant, certains intellectuels commençaient déjà à s’alarmer de cette ’fuite en avant’ de l’humanité, induite par la croissance, en roue libre depuis l’ère industrielle. Preuve en est de cette émission du 13 avril 1974, intitulée ’Demain la terre’, qui interrogeait déjà la croissance à l’aune de l’écologie. Une réflexion ayant pris son essor lors du premier choc pétrolier de 1973, venu sonner le glas des Trente Glorieuses. Les discours tenus semblent étonnamment contemporains…

Écouter 26 minutes

Demain la terre : la croissance_Sciences humaines aujourd’hui, 13/04/1974

Après le choc pétrolier, la croissance au banc des accusés

Photo - Avril 1974 : station essence reconvertie en centre prosélyte du ’réveil religieux’, à Potlatch (État de Washington) • Crédits : Wikipédia / Domaine public

À partir de la crise de 1973, la croissance commence à avoir mauvaise presse, au grand dam des technocrates… En 1974, certains pointent déjà d’un doigt accusateur la production industrielle, la croissance frénétique des biens matériels. Comme l’économiste Louis Puiseux, auteur de L’Energie et le désarroi post-industriel (1974), dans cette émission :

Le reste de la croissance qui est par exemple la croissance du tertiaire, la croissance des services, la croissance des choses immatérielles… le nombre d’émissions de radio, de télévision, la consommation artistique, etc. peut se poursuivre indéfiniment, ne pollue pas, ne pèse pas, ne consomme pas, et est assez inoffensive. Ce qui est en question, c’est la croissance de l’artillerie lourde que représentent les biens matériels, et par exemple, les automobiles, les avions, tous les gros machins quoi. […]

Il est évident que quand on part d’un niveau de vie très bas, d’un très grand dénuement, les premiers biens matériels qu’on acquiert ont une utilité considérable : la première paire de chaussures, pour quelqu’un qui est toujours allé pieds nus, la première pompe électrique, pour quelqu’un qui a toujours été obligé d’aller chercher de l’eau avec un seau, sont des choses d’une utilité énorme. En revanche, à partir d’un certain niveau d’équipement, quand on se met à avoir cinquante paires de chaussures, la cinquante-et-unième ne sert vraiment pas à grand chose ! Quand on a déjà une voiture dans une famille, la deuxième voiture a une utilité beaucoup plus faible. […] De ce point de vue-là, la critique d’Ivan Illich est très forte, consistant à montrer qu’à partir d’un certain niveau, la croissance se dévore elle-même, devient comme Prométhée qui deviendrait son propre vautour et se dévorerait lui-même le foie. Louis Puiseux

Ré-adopter une forme de civilisation primitive ? Trop tard.

Photo - Robinson Crusoé, illustration de 1920

Balayer d’un mouvement de manche les Trente Glorieuses ? Voire, revenir en arrière et adopter une forme de civilisation primitive ? Trop tard déjà pour le biologiste et naturaliste Jean Dorst, désireux de changer le rapport de l’homme avec la nature. Ce qui est à la portée d’un individu qui peut s’il le souhaite se retirer dans une île déserte sur le Pacifique, n’est plus à la portée de nos sociétés.

Une société aussi complexe, aussi nombreuse que notre société industrielle ne peut plus revenir en arrière. Il faudra bien que nous trouvions une autre solution. La croissance est devenue une fin en soi. Et c’est là où déjà est l’erreur. Très souvent nos civilisations ont l’air d’être dans une sorte de fuite en avant. On ne se rend pas compte qu’on complique les problèmes en les projetant dans l’avenir et en leur donnant simplement une échelle totalement différente. Jean Dorst

Et le biologiste de dénoncer les courbes de production, exponentielles. Les ’plans d’accroissement de 5 à 8% par an’ dans certains pays… : ’Je peux vous dire en tant que biologiste que toutes les courbes exponentielles que nous observons dans le monde végétal et dans le monde animal parmi les êtres vivants, finissent toujours extrêmement mal.

Casser la courbe exponentielle de croissance : pas plus de solution il y a 40 ans qu’aujourd’hui

Taux de croissance annuel du PIB (1950-2010) et taux de croissance annuel moyen pour trois périodes, dont les Trente Glorieuse. D’après des données de l’INSEE.

GRAPHIQUE - Taux de croissance annuel du PIB (1950-2010) et taux de croissance annuel moyen pour trois périodes, dont les ‘Trente Glorieuse’. D’après des données de l’INSEE.• Crédits : Wikipédia/ CC BY-SA 3.0

Dans cette archive de 1974, Jean Dorst se voulait quand même optimiste, soulignant le fait que l’homme, à l’inverse de l’animal, était suffisamment intelligent pour faire des courbes et anticiper. Il disait son espoir d’une solution politique et d’une prise de conscience individuelle. Mais concernant la question de la suffisance des ressources naturelles de la Terre, si la courbe de croissance était maintenue, sa réponse était sans appel :

Je peux répondre carrément non. Nous vivons dans un univers qui est fermé, qui est limité, qui a des limites extrêmement précises. Or, nous ne pouvons pas inscrire une courbe mathématique qui est une courbe exponentielle, dans une enveloppe qui est finie. Nous ne pouvons pas concevoir qu’il y a à la surface du globe suffisamment de matière première, suffisamment d’énergie, pour permettre cette fuite en avant. […] Dans un certain nombre de domaines, nous avons déjà atteint ces limites. Nous les avons dépassées sur des points précis, dans des régions précises, mais il reste encore une certaine marge. Ça doit nous inciter à un certain optimisme, en nous disant : ‘Nous avons encore le temps, avant que la catastrophe, ce qu’on a appelé une éco-catastrophe, survienne’. Mais d’un autre côté, c’est aussi inquiétant, parce qu’on se dit : ‘Nous avons encore le temps, nous allons remettre la solution du problème à demain’ […] or ce danger est quand même proche. Jean Dorst

Et de prendre l’exemple de la crise du pétrole, soulignant que le monde avait été alerté par les géologues… “mais ça ne nous a pas empêchés d’avoir de plus en plus de voitures, des voitures de plus en plus puissantes, et de reconvertir aussi bien notre industrie et notre chauffage domestique à des produits pétroliers.’

Un appel à lutter contre la pauvreté intellectuelle individuelle pour favoriser une prise de conscience globale

Reproduction - Une publicité automobile, en 1974

Enfin, à la fin de cette archive, François Ramade, professeur émérite d’écologie, appelait à une croissance non plus quantitative, mais qualitative, développant les techniques les moins consommatrices d’espace et de ressources : ’Je pense par exemple à certains aspects de l’informatique qui représentent un progrès spirituel somme toute.

Mais il allait plus loin, criant haro sur le manque d’intelligence de ses semblables, qu’il estimait (déjà, en 1974 !) conditionnés par les médias.

Je pense aussi qu’il faut donner à l’ensemble de l’humanité un niveau culturel qui n’est pas celui d’aujourd’hui. Car quand je vois dans le pays où nous vivons la pauvreté, sinon l’indigence intellectuelle du plus grand nombre, et cela de façon volontaire peut-être parfois, car il y a une presse qui paraît de nos jours qui semble être destinée de façon délibérée au conditionnement psychologique de l’individu. Je crois que de ce côté-là il y a fort à faire, et qu’au lieu de raser toutes nos forêts pour faire du papier qui sert à imprimer des prospectus publicitaires, je pense qu’il serait préférable de limiter notre consommation de papier et de faire une croissance qualitative de la pensée et de la culture. […] Il est probable que l’homme, s’il continue sur la tendance actuelle, en aurait pour deux siècles avant d’arriver à une crise finale de ressources et une intoxication du milieu.

Les risques d’une guerre thermo-nucléaire

Les conflits liés à l’exploitation de ressources naturelles datent de Mathusalem. En 1974, les risques politiques étant exacerbés par la crise de 1973, le scénario du pire était déjà envisagé. François Ramade estimait même qu’il était bien plus probable qu’il intervienne, avant l’éco-catastrophe elle-même.

Bien avant qu’on arrive à ce stade, il est probable que les conflits qui naîtront de la différence des systèmes politiques du monde et des besoins croissants sur les ressources, pourraient conduire tout simplement à une guerre thermo-nucléaire, et c’est je crois actuellement la plus grande menace qui pèse sur l’humanité. (…) En tant que scientifique je trouve vraiment pitoyable que les pays les plus développés en viennent actuellement à consacrer des sommes fantastiques à l’obtention d’armements de plus en plus perfectionnés, et en même temps ces pays-là ne consacrent pas à la recherche les fonds qui seraient indispensables pour résoudre les dilemmes du monde moderne.

Difficile d’entrapercevoir ne serait-ce qu’un début de solution à ce problème d’ampleur mondiale, en 1974… En fin d’émission, le philosophe et sociologue Edgar Morin soulignait tout le paradoxe de l’inextricable situation, revenant à l’instant T où la machine ’croissance économique’ s’était emballée, à la fin de la Seconde Guerre mondiale…

Nos sociétés, singulièrement depuis la fin de la guerre, en se fondant sur la croissance économique, en réalité avaient conçu celle-ci comme un moyen de régulation de problèmes et de crises qui auraient éclaté sans la croissance. Ainsi par exemple, le problème de l’inflation, de la monnaie, du niveau de vie, étaient régulés par la croissance. […] Or on a fondé la régulation […] sur l’élément le plus déséquilibrant qui soit c’est-à-dire le dynamisme qui est le contraire de la régulation : une croissance exponentielle, la chose qui évidemment tend vers l’infini et vers l’explosion. Edgar Morin

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Pourquoi les prévisions de croissance sont-elles des ’fails’ ?

En 20 ans, l’économie de la culture a changé de visage

Tags : ressources Terre Edgar Morin Écologie et environnement

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Source : [https://www.franceculture.fr/enviro...LaLettre29072019]

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 02/08/2019

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Climat Météo L’écopsychologie en appui sur les théories de l’effondrement.6

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti.

http://yonnelautre.fr/local/cache-v...

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[11]), avec des jours chauds plus fréquents pendant les décennies 1990 et 2000 qu’avant. Symétriquement, on mesure une baisse du nombre de jours anormalement froids. En parallèle, on observe une tendance globale à battre davantage de records quotidiens et mensuels chauds que froids. Ces résultats se déclinent aux échelles régionales, notamment en Europe.

2.2. Vagues de chaleur et de froid

Au-delà des statistiques quotidiennes, les vagues de chaleur — plusieurs jours chauds consécutifs — ont tendance à être plus fréquentes, plus intenses et/ou plus longues, tandis que le nombre de vagues de froid a substantiellement diminué depuis 1950. Si les canicules récentes, comme par exemple celle d’août 2003 en Europe de l’Ouest, correspondent qualitativement à ce que l’on attend d’un climat plus chaud, les quelques récentes vagues de froid hivernales observées en Europe (hiver 2009/10, décembre 2010, février 2012) pourraient sembler contredire l’idée de réchauffement.

Il n’y a en réalité pas de paradoxe dans le fait que des épisodes froids puissent se produire localement et ponctuellement dans un contexte de réchauffement global et de long terme : c’est toute la différence entre l’aléa météorologique et une tendance climatique.

Le réchauffement est un processus de fond, qui se superpose au bruit de la variabilité interne naturelle du système climatique [Lire Variabilité climatique : l’exemple de l’oscillation nord-atlantique]. Cette variabilité peut continuer de provoquer des événements météorologiques froids, mais on s’attend à ce que ces épisodes soient rendus moins fréquents et/ou moins intenses par le réchauffement climatique [Lire focusAttribution d’événements météorologiques singuliers au changement climatique : la canicule de 2003]. Une fois encore, c’est bien ce que l’on observe : la fraîcheur des vagues de froid récentes n’est en effet que toute relative par rapport aux hivers glaciaux de 1939/40 et 1962/63, pourtant analogues du point de vue de la circulation atmosphérique.

Enfin, il n’est pas exclu que le réchauffement des dernières années, qui a été particulièrement marqué en Arctique, ait pu perturber temporairement la circulation des masses d’air à nos latitudes, et augmenter la probabilité d’occurrence de situations météorologiques produisant des vagues de froid sur l’Europe. Ce point reste néanmoins encore très débattu au sein de la communauté scientifique.

2.3. Évolutions au cours du 21e siècle

Quel que soit le scénario envisagé, le réchauffement global se poursuit — plus ou moins fortement — au cours du 21e siècle. Ainsi, sans surprise, les tendances des extrêmes de température observés sur la période récente se confirment dans les projections climatiques : extrêmes chauds de plus en plus fréquents et intenses, et extrêmes froids de plus en plus rares, et de moins en moins marqués. L’amplitude de ces changements est cependant largement dépendante du choix du scénario d’émission de gaz à effet de serre. Elle varie également d’un modèle à l’autre à scénario donné et reste fortement modulée par la variabilité interne du climat.

Figure 4. Projections futures de la fréquence annuelle de jours anormalement chauds (gauche) et anormalement froids (droite), selon 3 scenarii. La fréquence vaut par définition 10 % sur la période de référence 1961-1990. (Source : Figure WGI-AT9 du 5e rapport du GIEC [1]).En moyenne sur les différents modèles de climat, et aux échelles globale et annuelle, la probabilité d’observer une température quotidienne supérieure au 90e centile actuel passe ainsi de 10 % en climat actuel (un jour sur dix, par construction) à 25 % (un jour sur quatre) en scénario RCP2.6, voire 60 % (plus d’un jour sur deux) en scénario RCP8.5, d’ici 2100. A l’inverse, la fréquence de jours anormalement froids tombe à 4 % en RCP2.6 et 1 % en RCP8.5 (Figure 4). Cette évolution se répercute sur les événements très rares : par exemple un événement chaud qui se produit en moyenne tous les 20 ans en climat actuel — on parle alors de durée de retour égale à 20 ans — se produirait en moyenne une année sur deux d’ici 2100 en RCP8.5. Dans ce même scénario, son symétrique froid voit sa durée de retour passer de 20 ans à plus d’un siècle. Malgré ces tendances, la survenue d’extrêmes froids reste toujours possible. Même en scénario fort, il faut s’attendre à battre localement certains records froids au 21e siècle, mais bien moins fréquemment que les records chauds. À titre d’exemple, aux États-Unis, le ratio entre l’occurrence de records chauds et l’occurrence de records froids est actuellement de 2/1 : il est estimé à 20/1 autour de 2050 et 50/1 en 2100 en scénario modéré.

En plus des incertitudes liées au choix du scénario et à la variabilité interne du climat, l’évolution future des extrêmes de température est sensible au choix du modèle numérique de climat, en particulier aux échelles régionales et saisonnières. En Europe, en scénario RCP8.5, la probabilité de dépasser le 90e centile (ou 9e décile) actuel de température estivale — qui vaut par construction 10 % sur le climat présent — s’échelonne ainsi de 30 à 90 % selon le modèle en moyenne sur les étés futurs 2070-2100.

Ces incertitudes se reportent sur les caractéristiques des événements multi-jours. Par exemple, bien que les projections futures s’accordent sur l’augmentation de la fréquence, de l’intensité et de la durée des canicules estivales européennes, leur évolution d’ici 2100 peut varier du simple au triple, à scénario donné, selon le modèle numérique considéré.

Figure 5. Représentation schématique d’un changement de la distribution de température estivale, en France, qui suivrait, en plus d’une simple translation (réchauffement, du noir au rouge, cf. Fig. 2), un étalement (augmentation de la variabilité, du noir au bleu). Dans ce cas, la probabilité des extrêmes chauds augmente davantage. Même légende que la figure 2. [Source : © Julien Cattiaux]Enfin, si les changements dans les extrêmes de température dépendent en premier lieu de l’amplitude du réchauffement moyen (décalage de la distribution), ils sont modulés par les changements de variabilité (forme et étalement de la distribution, voir Figure 5). En Europe, les projections futures suggèrent une faible augmentation de la variabilité en été, ce qui rend encore plus probables les extrêmes chauds, et une faible réduction en hiver, ce qui rend encore moins probables les extrêmes froids. Ces comportements sont respectivement liés à un assèchement des sols en été et une diminution de la couverture neigeuse en hiver.

Figure 6. a) Écart à la normale 1961-1990 de la température estivale (juin, juillet, août) en Europe (rectangle bleu sur la carte) pour les observations (courbe noire), les simulations historiques (31 simulations de modèles, bleu) et les simulations futures en scénario RCP2.6 (18 simulations de modèles, vert) et RCP8.5 (28 simulations de modèles, rouge). Les moyennes sont indiquées par des traits plus épais. L’anomalie observée en 2003 (2.8 °C, marquée par une étoile et le seuil tireté) devient froide en RCP8.5 dès 2040, mais reste chaude en RCP2.6 jusqu’en 2100. b) Température quotidienne de l’été 2003 (ronds noirs) moyennée sur le centre de la France (rectangle hachuré rouge sur la carte), comparée à la normale 1961-1990 observée (courbe en noir épaisse) et à la distribution des centiles en 2070-2099 sur toutes les simulations RCP8.5 (zone bleue délimitée par les premier et dixième centiles pour les jours froids, zone rouge par les 90e et 99e centiles pour les jours chauds, voir échelle de droite). Les jours de début août 2003 restent des jours chauds en fin de siècle, même dans ce scénario (le plus fort). (Source : Figure de Boucher et al., réf. [2]).L’été caniculaire de 2003 est-il un prototype des étés européens du 21e siècle ? A l’échelle de l’Europe de l’Ouest et de la saison estivale, la canicule de 2003 présente une anomalie de température avoisinant les 3°C par rapport aux normales 1961-1990 : un tel été correspond à un été moyen de la décennie 2040 et devient même un extrême froid en 2100, selon le scénario RCP8.5 (Figure 6a, [2]). Il demeure cependant un été anormalement chaud jusqu’en 2100 dans le scénario RCP2.6. Par ailleurs, à une échelle plus ponctuelle (quelques jours) et locale (en France), les jours les plus chauds d’août 2003 restent anormalement chauds même en 2100 en scénario RCP8.5 (Figure 6b, [2]). La réponse dépend donc du scénario et de l’échelle spatio-temporelle considérés.

3. Extrêmes hydrologiques

Au-delà des températures, l’accroissement de l’effet de serre est susceptible de perturber le cycle hydrologique global (échanges d’eau entre l’atmosphère, l’océan et les continents ; lire Risquons-nous d’avoir une pénurie d’eau ?) et ses événements extrêmes (fortes précipitations et sécheresses notamment), et ce pour plusieurs raisons :

  • D’une part, le réchauffement en surface favorise l’évaporation, notamment dans les régions non limitées en eau (océans et continents humides).
  • D’autre part, conformément à la relation de Clausius-Clapeyron (Lire Thermodynamique d’une parcelle d’air ascendante dans un cumulonimbus), une atmosphère plus chaude voit son contenu maximal de vapeur d’eau s’accroître d’environ 7 % par degré de réchauffement, ce qui permet potentiellement de mobiliser un réservoir atmosphérique d’eau plus important en climat chaud lorsque les conditions météorologiques sont favorables aux précipitations.
  • Enfin, les régimes de pluies peuvent être impactés par d’éventuels changements de la circulation atmosphérique puisque c’est cette circulation qui transporte l’essentiel de la vapeur d’eau qui va contribuer aux précipitations en un lieu donné.
    La réponse des extrêmes hydrologiques est cependant particulièrement difficile à appréhender en raison de son hétérogénéité spatio-temporelle et de l’influence directe (hors changement climatique) de l’homme sur les écoulements et les stocks d’eau continentaux.

Au vu des observations in situ disponibles, on constate d’ores et déjà une augmentation en nombre et/ou en intensité des fortes précipitations dans certaines régions du globe, notamment l’Europe et l’Amérique du Nord où l’on dispose de séries de mesures relativement longues. A l’échelle de la France, aucune évaluation systématique des tendances de précipitations extrêmes n’est encore disponible.

3.1. Épisodes « méditerranéens » ou « cévenols »

Figure 7. Illustration d’un épisode de pluie méditerranéen [Source : © Météo-France].En présence d’un régime de vents de Sud à Sud-Est très humides, les épisodes « méditerranéens » ou « cévenols » observés dans le sud-est de la France correspondent aux événements de précipitations les plus forts en métropole (Figure 7). Ils font l’objet d’une attention particulière et quelques études suggèrent une intensification récente de ces événements. Il est en revanche plus difficile de traduire ces changements en termes d’inondations, ces dernières étant fortement sujettes à l’anthropisation croissante (ex : urbanisation, déforestation, agriculture) de nombreux bassins versants (ce qui est encore plus vrai à l’échelle du globe).

3.2. Sécheresses

Figure 8. Pourcentage du territoire métropolitain français touché par la sécheresse agricole chaque année. Le critère utilisé est le premier décile d’humidité du sol sur la période 1961-1990, à partir de données de ré-analyses. Source : © Météo France, Résultat du projet ClimSec, voir Réf. [3].Les sécheresses relèvent d’un déficit hydrique plus ou moins persistant. Pour les caractériser on distingue couramment différents indicateurs : météorologiques (précipitations), hydrologiques (débits des rivières, niveau des lacs ou aquifères), et agricoles (humidité du sol ou état de la végétation). Les sécheresses météorologiques sont les plus aisées à qualifier et montrent des tendances disparates d’une région à l’autre, parfois largement influencée par la variabilité climatique naturelle (au Sahel ou plus récemment en Californie par exemple). L’évolution récente des sécheresses agricoles est plus délicate à évaluer en l’absence d’un réseau global de mesures in situ et malgré les progrès de l’observation spatiale. Une alternative consiste à simuler l’évolution du contenu en eau des sols en réponse à la variabilité observée des paramètres météorologiques. Cette méthode mise en œuvre par Météo-France sur le territoire métropolitain montre un allongement des sécheresses des sols sur plusieurs régions depuis 1958 (Figure 8), notamment dans les régions Méditerranéennes mais aussi dans l’Ouest de la France
[[3].

3.3. Changements hydrologiques futurs à l’échelle globale

Les projections futures suggèrent certains changements robustes sur le plan qualitatif, notamment l’accentuation des contrastes spatio-temporels de précipitations à l’échelle du globe, souvent résumée par la formule anglaise « wet get wetter, dry get drier ». Si cette formule lapidaire fait encore l’objet de débats au sein de la communauté scientifique, l’assèchement du bassin Méditerranéen et plus généralement une expansion vers les pôles des zones arides et semi-arides semblent inéluctables. On s’attend ainsi à un accroissement du contraste entre le Nord (plus humide) et le Sud (plus sec) de l’Europe et certains travaux récents suggèrent même une sous-estimation de l’assèchement estival des moyennes latitudes de l’hémisphère Nord par la plupart des modèles numériques de climat.

Ces modèles indiquent par ailleurs une intensification relativement généralisée des épisodes de fortes précipitations en réponse au réchauffement global, y compris dans des régions qui subiront en moyenne un assèchement. Les exceptions à cette augmentation des pluies extrêmes se trouvent principalement dans les régions subtropicales. Dans les simulations, cette intensification des fortes précipitations est d’autant plus marquée que le scénario d’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre est fort. Également, plus on réduit la période d’analyse du cumul des précipitations (cumuls quotidiens à horaires), plus on constate dans les projections un renforcement de la fréquence et de l’intensité des fortes précipitations. Cette intensification se produit à un rythme qui excède parfois le taux de 7 % par degré de réchauffement moyen prévu et observé pour la vapeur d’eau atmosphérique. Il faut néanmoins considérer avec prudence ces résultats numériques en raison de la résolution horizontale limitée de la plupart des modèles et de leur représentation simplifiée des processus associés à ces phénomènes extrêmes.

L’intensification du cycle hydrologique attendue en climat plus chaud se traduit également par un risque accru de sécheresse dans de nombreuses régions du globe, y compris certaines où la moyenne annuelle des précipitations augmente pourtant au cours du 21e siècle. Cela est dû à la fois à un renforcement de la variabilité temporelle des précipitations (augmentation du nombre de jours consécutifs sans pluie) et à un accroissement de l’évapotranspiration (évaporation des surfaces continentales et transpiration des plantes vers l’atmosphère). En résumé, le réchauffement climatique affecte donc les deux extrémités de la distribution des précipitations, rendant plus probables à la fois les événements de pluie intense et les épisodes de sécheresse.

Les climats de type méditerranéen (pourtour de la Méditerranée, mais aussi certaines régions d’Australie, d’Afrique du Sud, ou d’Amérique) sont susceptibles d’être particulièrement touchés par ces changements hydrologiques, tandis que plus généralement, un décalage vers les moyennes latitudes des zones arides est attendu. Bien que trop simplificateur, le paradigme « rich get richer, poor get poorer » traduit ainsi un renforcement prévisible des inégalités de l’offre climatique en eau. A l’échelle de la France, on s’attend en particulier à une diminution de la quantité d’eau disponible dans le sol, ainsi qu’à une baisse des niveaux bas (d’étiage) de la plupart des cours d’eau.

4. Cyclones tropicaux

Les cyclones tropicaux, appelés aussi ouragans (dans l’Atlantique) ou typhons (dans le Pacifique), sont les événements météorologiques de loin les plus dévastateurs, de par leur puissance, et par la population touchée (Lire Cyclones tropicaux : développement et organisation et Cyclones tropicaux : impacts et risques). Ce n’est que depuis les années 1970 qu’une observation systématique des cyclones a pu être réalisée avec l’avènement des satellites. Ainsi, toute tendance estimée sur l’ensemble du 20e siècle est sujette à caution (Figure 9).

Figure 9. Nombre annuel de cyclones tropicaux ou ouragans dans l’Atlantique (catégories 1 à 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson), et des ouragans les plus forts (catégories 3 à 5 sur la même échelle). Données de la Division de recherches sur les ouragans de l’Administration fédérale américaine pour l’océan et l’atmosphère (NOAA). [Source : © Gilles Delaygue (UGA)]De plus, les cyclones observés sont sensibles à la variabilité climatique naturelle qui s’exprime sur les bassins océaniques concernés. Ainsi, le calme relatif de l’activité cyclonique sur le bassin Atlantique au cours des années 1970-1980 est-il probablement lié à une phase froide de l’Oscillation Atlantique multi-décennale (AMO) qui a également contribué aux grandes sécheresses au Sahel à cette époque. Ce mode de variabilité correspond à une oscillation des anomalies de température de surface de la mer dans l’Atlantique Nord à une échelle de plusieurs décennies . Les décennies qui ont suivi ont été marquées par une activité cyclonique plus importante en Atlantique mais qu’il est difficile de comparer à la précédente phase positive de l’AMO faute de données de qualité, notamment satellitaires. Ainsi, il n’est pas simple de calculer des tendances à long terme de l’activité cyclonique tropicale sur les observations passées. Certaines études ont tenté de mettre en évidence des tendances à la hausse des cyclones les plus intenses au cours des 40 dernières années mais elles n’ont guère fait l’unanimité dans la communauté scientifique.

La modélisation des cyclones tropicaux se heurte à la difficulté de représenter ces phénomènes dans les modèles numériques de climat. En effet, leur taille réduite (de quelques dizaines à plusieurs centaines de kilomètres) impose d’avoir recours à des simulations climatiques sur des grilles de calcul très fines (de l’ordre de 50 km) afin de les représenter de manière réaliste. On peut imaginer la grille d’un modèle comme un réseau de points dont la distance entre chacun limite la taille du plus petit phénomène qu’on peut simuler.

Malgré cette limitation de leur simulation, les travaux réalisés à ce jour convergent sur la tendance de l’activité cyclonique pour la fin du 21e siècle. Ainsi, les modèles de climat suggèrent que le nombre total de cyclones tropicaux resterait stable voire diminuerait en climat plus chaud, car les conditions propices à leur déclenchement deviendraient un peu plus rares. En revanche, une fois déclenchés, les cyclones tirent leur énergie du contenu de chaleur sur les 50 premiers mètres de l’océan de surface. Dans un monde plus chaud, les cyclones les plus forts verraient donc leur intensité augmenter : vents maxima plus forts, et pluies associées plus intenses. Le cyclone Irma qui a touché les îles de Barbuda, Saint-Martin et Saint-Barthélemy en 2017 au stade de cyclone de catégorie 5 (Image de couverture), est un bon exemple de ces cyclones les plus intenses dont la probabilité d’occurrence devrait augmenter avec le réchauffement du bassin Atlantique. Les travaux les plus récents font également état d’une possible extension vers les pôles (au-delà des tropiques) des régions touchées par les cyclones tropicaux.

Il faut également garder à l’esprit que les dégâts engendrés par les cyclones ne dépendent pas uniquement de leurs caractéristiques intrinsèques (intensité, trajectoire, etc.), mais également des phénomènes associés, comme les surcotes. L’élévation du niveau des mers observée, et projetée pour le 21e siècle, rend ainsi les régions côtières de plus en plus vulnérables aux phénomènes cycloniques par submersion, à l’instar de celle provoquée par le cyclone Pam en 2015 au Vanuatu. Par ailleurs, une tendance qui semble être bien marquée dans les projections climatiques concerne l’intensité des pluies associées aux phénomènes cycloniques. Celles-ci accusent une nette augmentation dans les modèles pour la fin du 21e siècle et ce parfois au-delà du taux de 7 % par degré de réchauffement suggéré par la formule de Clausius-Clapeyron. Ce dernier aspect des cyclones tropicaux revêt une importance particulière dans un contexte où les villes côtières se densifient et deviennent ainsi plus vulnérables aux risques d’inondations. Récemment le cyclone Harvey (17 août au 2 sept. 2017) a illustré de manière dramatique les effets d’une forte pluie cumulée sur la durée de vie du système, aggravés par la stagnation du système au-dessus de la ville de Houston.

5. Tempêtes extra-tropicales

Les tempêtes — et plus généralement la circulation atmosphérique — des moyennes latitudes sont liées à la différence de température entre l’équateur et les pôles (Lire La circulation atmosphérique : son organisation). Leur évolution récente et future dépend donc des contrastes méridiens du réchauffement global. Dans l’hémisphère Nord, à la surface, la fonte récente et projetée de la banquise arctique se traduit par un réchauffement plus marqué au pôle, ce qui réduit le gradient de température entre le pôle et l’équateur. Mais à l’inverse, au sommet de la troposphère (environ 10 km d’altitude), le réchauffement culmine sous les tropiques, ce qui renforce ce même gradient. L’évolution de la dynamique atmosphérique des moyennes latitudes, dont dépressions et tempêtes, dépend donc de la compétition du réchauffement entre ces deux régions, haute troposphère tropicale contre basse troposphère arctique. D’autres facteurs plus régionaux, tels que la répartition du réchauffement sur l’Atlantique Nord, peuvent également moduler l’évolution des dépressions sur l’Europe. Si l’on ajoute à cela la grande variabilité naturelle du système climatique à ces latitudes (Lire Modes de variabilité climatique), et le fait que seule une fraction des dépressions évolue en véritables tempêtes, on peut comprendre que l’effet du réchauffement global sur ces phénomènes reste très incertain dans l’état actuel des connaissances.

Figure 10. Projections du changement de fréquence des tempêtes hivernales de l’hémisphère nord (gauche) et sud (droite), entre le climat présent 1986-2005 et le climat futur 2081-2100 en scénario RCP8.5. Dans l’hémisphère sud, les modèles prévoient une diminution aux latitudes moyennes et une augmentation aux plus hautes latitudes : cela traduit un décalage des trajectoires des tempêtes vers le pôle sud. Dans l’hémisphère nord, ce signal est moins clair, car contrebalancé par le réchauffement particulièrement intense en surface en Arctique. Les régions pointillées sont celles où les 29 modèles utilisés s’accordent sur le signe du changement. [Source : Adapté de la Figure 12.20 du 5e rapport du GIEC.]Des études basées sur les observations et les ré-analyses atmosphériques ont néanmoins mis en évidence une tendance à l’augmentation du nombre de tempêtes sur les pays scandinaves au cours du 20e siècle. Pour le reste des régions, notamment la France, aucune tendance fiable n’a pu être mise en évidence par le passé. Dans les scénarios du 21e siècle, si une majorité de modèles numériques semblent pencher pour un décalage vers les pôles de l’activité des dépressions de moyennes latitudes (surtout dans l’hémisphère sud) (Figure 10), cette tendance est encore à prendre avec précaution du fait de la complexité des phénomènes mis en jeu. Il est donc encore un peu tôt pour tirer des conclusions sur l’influence du réchauffement anthropique sur les tempêtes extra-tropicales. On peut toutefois s’attendre à ce que les précipitations associées soient plus abondantes, en raison de l’humidification des masses d’air et en accord avec la relation de Clausius-Clapeyron déjà évoquée précédemment.

6. Des phénomènes extrêmes plus fréquents ou plus intenses

L’étude des événements météorologiques extrêmes représente un enjeu à la fois scientifique et sociétal majeur. Le changement climatique modifie déjà et va continuer à modifier les probabilités associées aux aléas météorologiques. Mais ces modifications ne vont pas systématiquement dans le même sens, comme certains messages trop simplificateurs, alarmistes ou climatosceptiques, le laissent parfois entendre. Ainsi, si le réchauffement global rend certains phénomènes extrêmes plus fréquents et/ou intenses (canicules, épisodes de pluies intenses, sécheresses), d’autres sont à l’inverse rendus moins probables (vagues de froid). Le message scientifique peut même être plus compliqué :

  • Pour les cyclones, l’état des connaissances suggère une faible diminution du nombre total mais une augmentation du nombre de cyclones des catégories les plus fortes.
  • Quant aux tempêtes des moyennes latitudes, leur évolution avec le changement climatique reste encore largement incertaine (ce qui ne signifie pas « incomprise »).
    Au-delà des connaissances déjà acquises, de nombreuses questions scientifiques demeurent. Le Programme mondial de recherche sur le climat en a d’ailleurs fait l’une de ses priorités pour la prochaine décennie. Ce défi revêt de multiples dimensions telles que la mise en place, l’exploitation et/ou l’homogénéisation du réseau d’observations, l’amélioration des modèles numériques de climat et l’évaluation de leur capacité à simuler les événements extrêmes, le développement d’outils statistiques permettant de détecter, attribuer et comprendre leur évolution climatique, et la recherche sur leur prévisibilité à différentes échéances (saison, décennie, etc.).

Enfin, répétons que ce n’est pas parce que l’on s’attend à ce que le changement climatique affecte les événements météorologiques extrêmes qu’il faut systématiquement l’incriminer lorsqu’un épisode survient. Plus précisément, il ne faut pas vouloir tenir l’homme comme seul responsable de tel ou tel événement météorologique, mais plutôt se demander, en termes probabilistes, comment il a modifié le risque que l’événement survienne.

7. Messages à retenir

  • Le changement climatique anthropique modifie déjà et va continuer à modifier la probabilité des aléas météorologiques.
  • La plupart des phénomènes extrêmes (e.g. canicules, fortes pluies, cyclones) sont rendus plus fréquents et/ou intenses, certains deviennent moins probables (e.g. vagues de froid), tandis que pour d’autres, les signaux sont contrastés (e.g. tempêtes).
  • L’Homme ne peut être tenu pour seul responsable de tel ou tel événement observé ; en revanche on peut estimer comment il a modifié la probabilité que l’événement survienne.
  • La variabilité climatique et l’hétérogénéité des données historiques compliquent la détection de tendances dans les observations.
  • L’amélioration des outils de modélisation numérique du climat permettra de réduire les incertitudes associées à l’évolution future des événements extrêmes.
    Notes et références

Image de couverture. L’ouragan Irma sur les Petites Antilles (6 sept. 2017) [Source : © NASA/Goddard Space Flight Center Earth Science Data and Information System (ESDIS) project.]


[1] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’étude du climat (Giec), 2013, Cinquième rapport d’évaluation, les éléments scientifiques, contribution du groupe de travail I (http://ipcc.ch/report/ar5/wg1/).


[2] Boucher et al. (2015) Projection des changements climatiques futurs, La Météorologie, n°88, p.56-68. Doi : 10.4267/2042/56362


[3] Projet ClimSec. Voir Soubeyroux et al (2012) Sécheresses des sols en France et changement climatique : Résultats et applications du projet ClimSec. La Météorologie nº78, p.21-30. doi : 10.4267/2042/47512 et site du CNRM : https://www.umr-cnrm.fr/spip.php?article605&amp&nbsp ; ;lang=fr

L’Encyclopédie de l’environnement est publiée par l’Université Grenoble Alpes - www.univ-grenoble-alpes.fr

Pour citer cet article : CATTIAUX Julien, CHAUVIN Fabrice, DOUVILLE Hervé, RIBES Aurélien (2019), Événements météorologiques extrêmes et changement climatique, Encyclopédie de l’Environnement, [en ligne ISSN 2555-0950] url : https://www.encyclopedie-environnem....

Les articles de l’Encyclopédie de l’environnement sont mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

Auteur(s)

  • CATTIAUX Julien, Chargé de recherche CNRS au Centre National de Recherches Météorologiques.
  • CHAUVIN Fabrice, Chercheur au CNRM (Centre National de Recherches Météorologiques), Université de Toulouse, Météo France, CNRS.
  • DOUVILLE Hervé, Chercheur au CNRM (Centre National de Recherches Météorologiques), Université de Toulouse, Météo France, CNRS.
  • RIBES Aurélien, Chercheur au CNRM (Centre National de Recherches Météorologiques), Université de Toulouse, Météo France, CNRS.
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Source : https://www.encyclopedie-environnement.org/climat/evenements-meteorologiques-extremes-changement-climatique/

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Effondrement

Est proposée au préalable une vision panoramique en contrepoint (2. « qui contraste et rend l’ensemble plus équilibré », aux ‘Théories de l’effondrement’ oucollapsologie  : « un néologisme qui désigne l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder1… »

Voir et écouter : La théorie de l’effondrement expliquée simplement - HugoDécrypte – Vidéo 4:32 ajoutée le 21 septembre 2018. « L’humanité va-t-elle disparaître ? Aujourd’hui, décryptage de la théorie de l’effondrement, qui revient beaucoup dans l’actualité ces derniers jours, suite aux déclarations d’Edouard Philippe ou encore la démission de Nicolas Hulot. 📰L’ACTUALITÉ, CHAQUE JOUR SUR INSTA : http://instagram.com/hugodecrypte/ 📰L’ACTUALITÉ, CHAQUE JOUR SUR MESSENGER : http://m.me/hugodecrypte 🧀MON PODCAST AUDIO POUR iPHONE/MAC : https://itunes.apple.com/us/podcast/d... 🧀DISPO SUR SOUNDCLOUD : https://soundcloud.com/fromagelepodca... Vidéo réalisée avec Inès de Rousiers (écriture) Mathieu Hennequin (montage) ! 🙌🏻 Faites un don et participez au développement de la chaîne via Tipeee : https://www.tipeee.com/hugodecrypte Twitter : http://twitter.com/HugoTravers Facebook : https://www.facebook.com/hugodecrypte/ Instagram : http://instagram.com/hugodecrypte Contact pro uniquement : hugo.travers@gmail.com --- Catégorie : Actualités et politique

Voir également : Collapsologie - Conférence de Pablo Servigne au CESE ( Conseil économique social et environnemental ) – Vidéo 2:55:19 - ajoutée le 27 mars 2019. « Risque climatique, instabilité économique, effondrement de la biodiversité, pics de production de ressources fossiles, croissance démographique et instabilité démocratique sont autant de réalités désormais bien documentées par la littérature scientifique. Le caractère exponentiel de ces perturbations et leur combinaison font peser des inquiétudes sur la résilience de notre civilisation thermo-industrielle. Celle-ci risque-t-elle de s’effondrer avant la moitié du siècle en cours ? C’est à cette question que tente de répondre la « collapsologie », discipline pluridisciplinaire en plein essor au point qu’Edouard Philippe, en juillet dernier 2018, s’est dit « obsédé » par cette question de l’effondrement de la civilisation et que de grands médias tels que 20 Minutes, France Culture, Géo, Le Monde et Télérama relayent les thèses proposées par la collapsologie. Ce sujet prend donc de l’ampleur dans la société civile. Il fait l’objet d’intérêts et de débats au sein des ONG, a engendré la création de nombreux groupes sur les réseaux sociaux et de réflexions dans des think tanks. Compte-tenu du rôle du CESE, qui doit éclairer les décisions du gouvernement, il semblait important de porter à la connaissance des conseillères, des conseillers et des organisations représentées l’existence de cette discipline, de ses principales thèses, de la mettre en débat et de considérer ses apports potentiels en matière d’éclairage pour le futur. C’est dans ce cadre que le Groupe Environnement et Nature du CESE a organisé une conférence de l’auteur et chercheur indépendant Pablo Servigne, spécialiste de l’effondrement et de la résilience. Animée par Pascal Mayol, expert associé au conseil scientifique de la fondation Nicolas Hulot, cette conférence s’est tenue le 15 janvier 2019 au CESE, en présence d’une cinquantaine de conseillers et de personnalités extérieures. https://pabloservigne.com/ https://www.lecese.fr/groupe/environn... - Catégorie : Actualités et politique - Licence : Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée) – Source : https://www.youtube.com/watch?v=rUYbJFSiZA0

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La collapsologie est « l’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition et sur des travaux scientifiques reconnus » (Servigne & Stevens, 2015). Son objectif est de nous éclairer sur ce qui nous arrive pour pouvoir discuter sereinement des politiques à mettre en place. (http://www.collapsologie.fr) – Cité in Théorie de l’effondrement : quel lien avec la démission de Nicolas Hulot ? (TV5 Monde Info 31 août 2018).

VIDEO 4:30 - Théorie de l’effondrement : qui sont les collapsologues, qui prédisent la fin du monde pour avant 2030 ? - ’Complément d’enquête’ a rencontré Pablo Servigne, l’auteur du best-seller ’Comment tout peut s’effondrer’ (2015). Ses mots résonnent avec l’air du temps, et ses arguments commencent à être pris au sérieux. Pourtant, la théorie de l’effondrement n’est pas si nouvelle... Qui sont les collapsologues, du latin ’collapsus’ (effondrement) ? - L’effondrement, c’est pour notre génération. Je suis vraiment convaincu que vous, moi, nous allons le vivre.’ Ce trentenaire aux airs de prophète fait partie de ceux qui théorisent la fin de notre civilisation industrielle, et ce à (très) court terme : avant 2030… » - Ecouter en totalité : https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/video-theorie-de-l-effondrement-qui-sont-les-collapsologues-qui-predisent-la-fin-du-monde-pour-avant-2030_3498753.html

La notion d’effondrement écologique – D’après Wikipédia

L’effondrement écologique, ou « collapsus écologique », est un scénario de crise écologique majeure caractérisé par un effondrement brutal des écosystèmes, soit localement, à l’échelle d’une mer fermée, d’un fleuve, d’un lac, etc., soit à l’échelle de la biosphère, c’est-à-dire de la planète tout entière, et dépassant alors éventuellement les capacités de résilience écologique de la biosphère (à court, moyen ou long terme).

Dans ce dernier scénario, la capacité de la biosphère à s’auto-entretenir est détruite pour un temps plus ou moins long, voire définitivement ; c’est la réalisation à grande échelle de phénomènes qui, selon le biogéographe américain Jared Diamond, se sont déjà déroulés dans le passé à petite échelle, par exemple sur l’Île de Pâques.

Sommaire

Ce collapsus général pourrait se produire brutalement, au-delà d’une certaine limite1, ou « point de non-retour »2, à la suite de la conjonction de circonstances s’aggravant les unes les autres, dont :

Cette crise, d’abord évoquée par des auteurs de science-fiction, est devenu un scénario de plus en plus crédible à moyen terme, au vu des indicateurs écologiques5, et est évoquée par de nombreux lanceurs d’alerte ; elle a fait l’objet de livres mais aussi de films (les films d’Al Gore : Une vérité qui dérange et en 2017 : Une suite qui dérange ou ceux de Leonardo DiCaprio : La 11e heure, le dernier virage et, en 2016 : Avant le déluge).

Prospective

Certains chercheurs estiment que les processus d’une collapsus global sont déjà en place. À titre d’exemple :

  • Dans un article du Guardian du 23 mars 2009, intitulé « Perfect storm of environmental and economic collapse closer than you think » 6, Jonathon Porritt (prospectiviste, directeur et fondateur du « Forum for the future (Forum pour l’avenir), président de la Commission du développement durable du Royaume-Uni 7 » et auteur de : « Capitalism as if the World Matters, Revised Edition 2007 (Earthscan) » (Le capitalisme, vu comme un problème mondial), édition complétée en 2007 ; Earthscan) estime que cette crise majeure surviendra non pas vers 2030 comme l’annonce John Beddington, mais plutôt vers 2020. Il tire cette conclusion de son analyse des conséquences croisées de la mise en place des conditions d’une accélération catastrophique et létale du changement climatique anthropique, associée à une démographie non stabilisée, à des conflits transfrontaliers, à des migrations de masse, et à une crise économique et financière également globale.
  • Un article publié dans la revue Nature du 7 juin 2012, signé de 22 scientifiques, et intitulé ’Approaching a state shift in Earth’s biosphere’, met en évidence le risque, à échéance de quelques décennies, d’un basculement brutal de l’écosystème mondial de son état actuel vers un état complètement différent, qui pourrait entrainer une extinction massive des espèces et des conséquences dramatiques pour l’espèce humaine. Il explique que les perturbations considérables apportées par les activités humaines aux écosystèmes et à leurs processus de régulation approchent des seuils au-delà desquels des changements brutaux et irréversibles pourraient se produire. Les actions préconisées pour se prémunir contre ces risques sont, outre l’amélioration de la prospective biologique par la détection des signes précoces de transitions critiques et des boucles de rétroaction qui les renforcent, la réduction du taux de croissance de la population et de la consommation par tête, l’augmentation rapide de la part des énergies autres que fossiles dans les bilans énergétiques, l’amélioration des rendements agricoles au lieu de la mise en culture de nouvelles terres, la préservation des réservoirs de biodiversité. Le journal Libération a consacré un dossier à cet article le 10 août 2012, avec des réactions de Jean Jouzel, climatologue du GIEC, Nathalie Kosciusko-Morizet et Yves Michaud, philosophe.
  • Fin 2014, un nouvel article publié dans le journal Nature8,9 confirme qu’il reste difficile de quantifier précisément l’extinction en cours, faute d’avoir pu recenser toute la biodiversité, mais l’une des estimations (fourchette « haute », avec 36 000 espèces disparaissant par an vers 2010-2014 avec une tendance régulière à l’aggravation de ce phénomène) porte à considérer que la 6e extinction majeure (75 % des espèces auraient alors disparu) pourrait être en place en 2200 (si rien de plus n’est fait pour l’éviter). En 2014, les groupes connus pour être les plus immédiatement menacés sont les amphibiens (41 % d’espèces en danger d’extinction en 2014), les oiseaux (26 %) et les mammifères, mais le monde des insectes ou des coraux est également très touché. (60 % des coraux pourraient déjà périr avant 2050).
  • Le 13 novembre 2017, la revue BioScience publie un manifeste (repris par le journal Le Monde daté du 14 novembre 2017) signé par plus de 15.000 scientifiques de 184 pays qui précise qu’ « Il sera bientôt trop tard... »10.
    Article complet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_%C3%A9cologique

Jean Jouzel : « L’effondrement n’est pas imminent. Je nous vois griller à petit feu » Par Nathaniel Herzberg – Publié le 02 juin 2019 à 00h58 - Mis à jour le 03 juin 2019 à 09h47 - Entretien Réservé à nos abonnés - Je ne serais pas arrivé là si… Le climatologue relate pour « Le Monde » son parcours, ses choix, et évoque son mentor, Etienne Roth.

Climatologue mondialement reconnu, Jean Jouzel est, à 72 ans, un acteur majeur du débat sur le changement climatique. Couvert de prix scientifiques, médaille d’or du CNRS, élu aux Académies des sciences française, européenne et américaine, membre du Conseil économique, social et environnemental, il peut même s’enorgueillir d’avoir reçu une partie du prix Nobel de la paix attribué en 2007 au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), puisqu’il fut vice-président de son groupe scientifique de 2002 à 2015.

Je ne serais pas arrivé là si…

Si Etienne Roth, un scientifique hors du commun, ne m’avait pas proposé un sujet de thèse complètement inattendu. Un concours de circonstances. J’avais fait maths sup, maths spé, puis l’école de chimie de Lyon. Je savais que je voulais faire de la recherche, mais pas du tout dans quoi. Et Roth est arrivé.

Il était responsable du service des isotopes stables au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), à Saclay (Essonne). Sa tâche consistait à suivre l’enrichissement de l’eau lourde utilisée dans les réacteurs nucléaires, mais il avait compris qu’il pouvait faire bien d’autres choses avec les noyaux des atomes. Or il se trouve que pendant la guerre, quand l’Ecole polytechnique s’était repliée sur Lyon, il avait été protégé, lui l’étudiant juif, par un enseignant devenu directeur de l’école de chimie de Lyon. Alors chaque année, comme marque de reconnaissance, il venait proposer un sujet de thèse aux jeunes de Chimie Lyon.

Je voulais me rapprocher de ma Bretagne natale. La région parisienne, c’était plus près. Le sujet portait sur les isotopes du soufre : j’ai dit oui. Mais quand je suis arrivé à la rentrée, il avait complètement oublié et il m’a dit que j’allais travailler sur la formation des grêlons.

Il vous a convaincu ?

Il était tellement passionné qu’il aurait pu me faire faire n’importe quoi. En plus, il avait rapporté du Canada une collection de gros grêlons, de 6 à 8 centimètres, qu’il conservait depuis cinq ans au froid. Des pièces impressionnantes. Je suis donc entré dans l’univers de la glace. Claude Lorius travaillait chez nous. A l’époque, il avait un petit labo sur une péniche, mais il venait analyser ses échantillons au CEA. C’est la deuxième rencontre qui a déterminé le reste de ma vie.

Tout ça par le hasard d’un sujet de thèse ?

C’est toujours déterminant pour un chercheur, le sujet de thèse, et c’est souvent choisi un peu par hasard. Beaucoup d’étudiants viennent chez nous parce qu’ils rêvent d’aller au Groenland ou en Antarctique, pas forcément plus.. v…

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